Purple Haze.
Partie 01 – Fantasy Isn't Real.
Chapitre 01 – Electricité Statique.
2010.
«Vous êtes obligé de me suivre à la trace comme ça ? Non, parce que si j'ai envie d'allez au toilette, comment ça se passe ?»
Aoi semblait être assez sérieux lorsqu'il s'adressa au gars vêtu d'un costume-cravate noir, qui venait de lui ouvrir la portière de la voiture -la limousine, serait plus exacte-, qui venait de l'emmener jusqu'ici.
«L'intimité qu'il vous est requise à ce moment-là vous sera accordé, Miyamoto-sama.
-Trop aimable. Oh, et arrêter de m'appeler "-sama", c'est gênant.
-Ce sont les ordres, Miyamoto-sama.»
Le jeune homme leva les yeux au ciel, ne s'étant rarement sentit aussi exaspéré de toute sa vie. Il cracha en un soupir bruyant un, à peine audible "ce que la Corée me manque". Et il s'avança, droit dans le tas d'élève, tous plus riche les uns que les autres. Bien sûr qu'il avait espoir de suivre le pot de colle qui s'accrochait désespérément à ses baskets depuis le matin même. Ordre de son père parait-il.
Aoi revenait tout juste de Corée du Sud, où il avait passé les dix dernières années de sa vie. Et cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été scolarisé dans son pays d'origine : le Japon. Il arrivait en plein milieu d'année scolaire, évidement. Et il savait d'avance qu'il allait être perdu en cours. Il n'avait jamais été très bon à l'école, toujours plutôt moyen comme élève… Ce qui en réalité était la façon gentille pour dire "plutôt nul", en faite. Mais passons, son niveau scolaire avait beau être aussi mauvais que possible, il n'en était pas moins qu'il allait se retrouver à suivre des cours dans une langue qu'il ne pratiquait presque plus depuis une bonne décennie.
Le jeune homme poussa un soupir. Et traversa la grande cours qui devait s'apparenté plutôt à un parc, très floral, et très bien entretenu, toute fois. Mais il n'était pas jardinier alors bon. Mais bon en vu du prix que cela coûtait d'étudier ici, il se doutait bien que les lieux ne pouvaient pas être délabrés et mal entretenus. Il rejoins alors le bâtiment le plus imposant qui semblait être le bâtiment administratif, et il avait bien besoin d'un plan, il se sentait déjà bien perdu. Il alla rapidement récupérer un plan, toujours suivit à la trace par son espèce de garde du corps. Chose qui commençait déjà à doucement l'agacer.
«Dites, vous allez venir avec moi en cours et tout ? Demanda-t-il.
-Oui, Miyamoto-sama.
-Et vous faites quoi, en faite ? Vous me protéger d'un truc en particulier ou bien ?
-…»
L'homme en noir lui répondit par le silence le plus total, en regardant juste son protégé, avec un air qui exprimé à la fois l'exaspération et l'ennui. OK, ben si il le trouvait chiant il avait qu'à le dire. En attendant, Aoi était sûr que le plus ennuyer ici, c'était tout de même lui. Non, sans rire, non seulement on lui connait des bons hommes en noir au basket pour la première journée, de cours -super pratique pour la socialisation ça-, et en plus, ils étaient pas sympas et ne répondait pas à ses questions. La journée allait être vraiment longue.
«Dîtes, si je vous file le double de votre paye, vous voulez bien me laisser tranquille ?
-Non, Miyamoto-sama.
-Bon… Vous êtes du genre loyal, hein ? Vous feriez un super chien de compagnie. Je vous verrez bien en fox terrier.
-Miyamoto-sama est condescendant, répondit le garde du corps.
-Miyamoto-sama est surtout agacé, en faite, répliqua le jeune homme réellement agacé, maintenant, en se détournant du chien de garde, pour suivre le plan qu'on lui avait donné.»
Bon OK, le jeune homme n'était pas des plus poli, mais franchement dans le monde qui était le sien, il essayait de chercher un peu d'humour, et de s'amuser un peu, sans quoi il allait finir par se tirer une balle un jour, tant tout lui paraissait ennuyeux et longs. Et ce n'était encore pas avec des types pareils qu'il allait s'esclaffer. Pour dire, Aoi était déjà entrain de chercher un moyen de se débarrasser. Et vite fait, avant qu'il ne pète un câble. À travers les élèves il essaya bien de le semer, le fox terrier. Mais le fourbe s'accrocher désespérément à lui, et il le suivit jusque dans l'amphi théâtre qu'il avait trouvé et qui semblait être celui où se produirait son premier cours de la journée. Il alla s'asseoir un peu au milieu au côté d'une fille aux longs cheveux auburn et légèrement ondulé qu'il regarda à peine, il est vrai. Et d'ailleurs, elle ne lui accorda pas plus d'attention non plus. Trop concentré qu'elle semblait être sur la musique que ses écouteurs semblaient diffuser. Et il se surprit à l'envier presque un instant cette fille, à qui tout le monde semblait foutre la paix. Elle eût presque envie de la déranger en lui posant une quelconque question sans intérêt juste pour l'embêter et se sentir moins seul. Mais malgré toute son incorrigible indélicatesse et connerie, il savait que faire ça n'était pas cool et il ne savait pas à qui il risquait de s'en prendre. Si ça se trouve il s'agissait de la fille de Dieu sait quel homme influent. Il ne voulait pas s'attirer des problèmes, et puis surtout question copinage ce n'est jamais pratique. Tout le monde sait que le premier jour, il faut toujours faire de la lèche à tout le monde, histoire de finir par se faire un pote avant la fin de la semaine.
Le professeur entra bientôt dans la salle et commença son speech. Un truc agaçant à tel point que le jeune homme fut tenté de décrocher au bout des trente première secondes. Il était plutôt mauvais en science. Même si c'était d'un niveau classé comme basique, et qui était obligatoire ici, ça restait vraiment incompréhensible pour lui. Mais étant donné qu'il ne lui fallait pas abandonner dès le premier jour, il s'accrocha et prit en note à peu près tout ce qu'il était possible de noter. De temps à autres, il jeter des coups d'oeil vers son garde du corps qui était non loin de la porte d'entrer, les bras croisés, et les yeux rivés sur lui pour le surveiller avec attention. Et pour le coup Aoi poussa un soupir exaspéré pour lever les yeux aux ciel.
Kurenai ne faisait que partiellement attention à ce que disait le professeur. Le professeur qui en bas sur la scénette de l'amphithéâtre de cette salle de cours, parler, parler, se déplaçant et faisant de grands gestes pour expliquer ses dires. La jeune femme dessinait sur son petit carnet qui lui servait à prendre des notes en temps normal.
Des notes, elle n'avait pas besoin d'en prendre, ce qu'il disait, elle le comprenait juste en l'écoutant. Ce qui n'était visiblement pas le cas de son voisin, qui notait tout, tellement bien qu'il n'écoutait plus vraiment le professeur et marqué bêtement des informations qu'il ne comprenait, pas sans réfléchir. Et d'ailleurs, le jeune homme fini par s'en rendre compte et il profita du fait que le professeur raconte une petite anecdote de sa vie personnel, pour poser son carnet et son crayon avec lassitude.
Sa voisine jeta alors un coup d'oeil sur ses notes, par curiosité, et accessoirement pour se renseigner sur le sujet dont il était question, tout de même. Et elle esquissa un sourire en voyant les quelques fautes que le jeune homme avait fait, et notamment des fautes assez importante.
«Fission, murmura-t-elle, de façon assez audible toute fois pour que son voisin puisse l'entendre.»
Ledit voisin, qui se frottait le visage comme pour essayer de se réveiller, se stoppa dans son geste et laissa tomber ses mains sur jambe avant de se tourner vers sa voisine, en murmurant à son tour, un "pardon ?" fortement étonné.
«Ici, il est question d'une fission nucléaire, et non pas d'une fusion, c'est totalement différent, expliqua-t-elle calmement en désignant quelques mots sur le carnet, tout en souriant pour que cela passe mieux au près de lui.
-Une fission ?»
Elle acquiesça juste, toujours en souriant et retourna à son dessin tandis que le professeur continuer toujours ses explications en un blabla intempestif, et que le jeune homme effacé à la hâte ses erreurs pour noter à nouveau par-dessus. Ça ne changeait pas grand-chose, puisque de toute façon, c'était un peu du grec ancien pour lui. Mais tout de même, ça pourrait être bien d'avoir des cours justes, ça ferait au moins plaisir à son désespéré de professeur particulier qui n'arrêtait pas de se plaindre de ses résultats pourris.
Mais en toute sincérité, il arrêta là de noter ce cours qui lui paraissait plus qu'ennuyeux et décrocha aussi sec. Il passa la fin de son heure à zieuter en direction de la jeune femme, qui semblait ne même pas se rendre compte du regard qui pesait maintenant sur elle. Le jeune homme regardait ce qu'elle faisait, et le dessin qu'elle s'appliquait à faire. Un dessin plutôt joli d'ailleurs. Juste des esquisses des traits et des arabesques enchevêtraient les uns dans les autres. Très joli, vraiment. De ce fait, la fin de l'heure arriva alors même qu'il n'eût pas vraiment le temps de s'en rendre compte. C'est seulement quand ses voisins de table rangèrent leurs affaires et se levèrent pour partir qu'il s'en rendit compte. Bêtement, perdu dans le monde des rêveries, il n'avait même pas entendu la sonnerie.
Il commença alors à ranger ses affaires. Et ne put que regarder sa voisine de table qu'il avait regardait pendant de longues minutes s'en allait très vite, les écouteurs posés sur ses oreilles. Il se dépêcha de remballer le tout et de sortir pour essayer de la chercher dans les couloirs et de la rattraper quelques mètres plus loin au milieu de trop d'élève.
Il posa sa main sur l'épaule de la jeune femme, et celle-ci se retourna aussitôt, faisant voler ses longs cheveux auburn. Elle retira un écouteur et lui sourit.
«Oui ?
-Heu… Je voulais te remercier pour tout à l'heure, grâce à toi mon cours et juste maintenant.
-Mais de rien.»
Sur ce, elle se retourna aussitôt prête à reprendre son chemin, mais le jeune homme ne lui laissa même pas le temps de faire quelques pas qu'il marchait déjà à ses côtés.
«Heu… Qu'est-ce que tu as comme cours, là ?
-Histoire des arts. Pourquoi ?
-Pour savoir… Heu, je suis nouveau dans cet établissement, et là, j'ai cours d'anglais et ce que tu saurais où est-ce que je dois allez ?
-Oh bien, sûr, répondit-elle, en souriant toujours. C'est au deuxième étage du bâtiment E, c'est celui juste en face de celui-là. Je pense que tu ne peux pas te tromper.
-Oh, je… Merci.
-Désolée, je vais te laisser, sinon, je risque d'être en retard. Et je n'aime pas trop ça.»
Il acquiesça bêtement, en restant planté au milieu du couloir, en la regardant entrain de s'éloigner déjà. Elle marchait un peu vite, aussi, quand il l'interpella à nouveau elle était déjà un peu loin, et c'est tout juste, si, avec ses écouteurs et sa musique forte, elle l'entendit.
«Je ne connais même pas ton nom, dit-il en s'approchant d'elle alors qu'elle s'était déjà retourné pour lui faire face, quand il l'avait appelé.»
Elle s'approcha de lui, assez lentement, tout en souriant toujours, à croire qu'elle ne savait exprimer que cela sur son visage. Et vint se planter devant lui, en lui présentant sa main.
«Tashikawa Kurenai. Mais les gens m'appel plus généralement Rena.
-Miyamoto Aoi, répondit-il en prenant la main de la jeune femme pour la serrer dans la sienne. Enchanté.»
Il se passa alors quelque chose d'étrange comme un profond frisson mélangé à la décharge électrique que l'on peut se prendre parfois après avoir touché quelqu'un, qui a joué avec l'électricité statique. Une chose étrange qui leur traversa le corps à tous les deux de façon violente, et qui le firent se figer un instant en même temps. C'était étrange comme une vieille connexion inconnue qui se refaisait entre eux. Comme si l'un comme l'autre sentait qu'ils étaient faits pour se rencontrer. Ils avaient la sensation de déjà se connaître alors que pourtant, l'un comme l'autre pouvait dire avec certitude qu'ils s'étaient rencontrés pour la première fois dans cette salle de cours.
«De même, murmura finalement Kurenai, de façon légèrement crispé, il est vrai, ayant effacé un instant son sourire… Cette fois il faut vraiment que j'y aille, par contre.»
La jeune femme libéra sa main et lui fit dos pour reprendre sa marche déterminé. Un peu pressée de s'éloigner de ce type qui lui avait procuré une sensation bizarre qui laisser encore des picotements dans ses doigts.
«Un de ses quatre, tu m'expliqueras la différence entre une fission et une fusion ?»
Kurenai se retourna, sans s'arrêter de marcher, faisant encore une fois voler ses cheveux et lui répondit un sérieux "promis !", plein d'entrain et de conviction. Pourquoi avait-elle répondue cela alors même qu'elle essayait présentement de s'éloigner physiquement de ce type ? Elle ne le saurait probablement que plus tard. Pour l'instant elle avait cours.
Aoi, sourit bêtement au milieu du couloir, et suivi le chemin que la présentée Kurenai lui avait indiqué. Gentille cette fille, elle lui faisait l'effet d'être une personne directe, mais assez sympa, et souriante, c'est toujours un atout. Pas très bavarde on aurait dit, aussi, mais en même temps, elle lui avait fait comprendre qu'elle était plutôt pressée.
Bientôt, il sentit une présence le suivre et quant il se retourna, il put apercevoir le fox terrier qui le suivait toujours à la trace droit et raide comme un i. Ah tiens, il en avait oublié l'existence de cet emmerdeur de type. C'est dire…
