Tout d'abord merci à tous les lecteurs et particulièrement Mijoqui pour ton retour sur mon texte. J'espère que celui-ci vous plaira également.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture.


L'Opulence. Telle était la vie des Seigneurs lui disait-on, gorgés d'ors sertis de joyaux éclatants, aux poings et au cou, et de tapisseries mondaines que les mécènes s'arrachaient tous à posséder dans leurs demeures, dès que la fabrique venait telle ou telle contrée. Ils se complaisaient dans leur fortune, leurs voix doucereuses comme du miel et à la fausseté abjecte, aussi pures que de la déjection de ces petites pestes de la forêt. Entourés de biens, de femmes et d'hommes, quoiqu'ils les prennent plutôt pour des jouets à déshabiller sous leurs mains grasses, tantôt par la dernière huile parfumée à la mode de ces Dames, tantôt par la peau des oies laquées que dégustaient ces Messieurs à mains nues. Des porcs, qui parce qu'ils portaient de la fourrure des loups blancs des Montagnes, ne se considéraient pas comme tels. Pire, ils en venaient à traiter le peuple comme des gueux, crèves-misères qui n'avaient qu'à être mieux nés. Et ces imbéciles aux guenilles jaunies par la sueur et noircies par le charbon se contentaient d'implorer la Royauté, gémissant comme de naïfs enfants, comme si les Représentants de l'Aigle Royal allaient leur donner par pur bonté des sacs de blé et de pains. Si ces faibles veulent à manger et bien, qu'ils le prennent de leurs mains ! Qu'ils prennent leurs fourches, leurs bêches et autres outils et qu'ils enfoncent les portes avec la rage qui fut modelée par leurs faims. Ils verront bien si les nobles Hyliens se targuaient inutilement de leur puissance ou combat ou non.

Heureusement pour ces couards en robe et leur Garde royale, abrutie par l'alcool et la paix. Le peuple aussi sot que leurs dirigeants, ils ne risquaient pas de céder leur place sous la contrainte. Des faibles. Tous autant qu'ils étaient. Voilà une des raisons pour laquelle il ne pouvait supporter ces Hyliens. Ils avaient hérité de ces longues oreilles ridicules pour entendre les voix des Déesses ? Allons-donc ! S'ils entendaient si bien que cela, ils ne feraient pas leurs imbéciles sourds muets, à rester là à regarder le monde bêtement. La vue de ces niais lui donnait envie de vomir. Comment diable pouvaient-ils avoir annexé la Montagne des Gorons et les eaux propices des Zoras ? Avec leurs belles paroles sur les Trois Créatrices ? Que ces chiens ravalent donc leur arrogance. Aucun d'entre eux ne méritait de posséder un fragment divin de la Triforce ; et certainement pas cette gamine qui se croirait femme et Princesse.

La Princesse… Sa simple vue lui brûlait autant la rétine que le rhum embrasait sa gorge lorsqu'il en avalait une gourde entière. Cependant, si l'enivrement de l'alcool lui était agréable à la nuit tombée, lorsque la chaleur assourdissante du Soleil du Désert laissait place au froid glaçant de la nuit étoilée, la vue de cette petite idiote à la robe brodée lui faisait horreur. Elle était la pire d'entre tous. Elle se croyait digne de régner ? Qu'elle apprenne d'abord à manier une épée. Se croyait-elle la plus sublime à pavaner dans toute sa cour avec des robes plus hideuses les unes que les autres ? Nul n'égalait la beauté de fières guerrières de son peuple, à la peau tannée et brillante sous le Soleil et aux cheveux de feu, leurs cheveux s'étaient imprégnés du sang carmin des massacres perpétrés durant des millénaires disait-on. Quel fut son rire lorsqu'on lui avait conté pour la première fois ces fadaises. Après quoi, avait-il répondu « Si tel était le cas, alors ma peau toute entière serait teintée de rouge pour toutes les têtes que j'ai fait tomber sur le champ de bataille. ». Suivi de son rire grave, le ton avait été léger, comme une blague mondaine. Si seulement ces crétins, qui avaient, par il ne savait quel miracle, pris le monopole sur toutes les ressources céréalières et minières d'Hyrule, savaient. Il se peindrait lui-même la peau avec l'abominable peinture cramoisie des Gorons, poudre faite de rouille tant réputée pour ses soit-disait vertus aphrodisiaques, s'il pouvait décapiter de sa lame la précieuse Petite Princesse du Royaume. Quoique, qu'il les tue tous. Il pourra ensuite jeter leurs entrailles aux chiens et aux Bokoblins et exposer leurs têtes, pleines d'effroi au moment de leur mort, à la vue de tous.

Le peuple verra ensuite le plus fort. Et si ces idiots ne viendraient toujours pas à comprendre alors, il mettra la main sur leur Relique sacrée. Les Déesses à leur côté, ils n'auront pas d'autres choix que de se plier. Il les soumettra par la Force, en tant que légitime Champion de la Trinité, et ils se plieront sous son joug que cela leur plaise ou non. Quel était l'insecte qui émettait son opinion face à la bête ? Ces nabots qui ne savaient que regarder le Ciel en l'attente que l'une de leurs Saintes Déesses écoute leurs lamentations ne pourront qu'attendre. Ils attendront, la rage au ventre et la famine creusant leurs corps décharnés aux os atrocement visibles. Ils attendront, comme son peuple avait attendu sa vengeance durant des siècles, à errer dans le désert et à piller des caravanes. Ils attendront lorsque leurs femmes s'offriront à lui pour survivre à une mort certaine, comme celles de son peuple qui n'avaient pas d'autre choix pour ne pas voir disparaître leur tribu, et lorsqu'ils se feront exécuter par la main ingrate de ses sbires. Ils attendront sans cesse la venue de deux autres Champions, qui n'auront nullement la force de se dresser contre lui, Ganondorf le champion élu de Din.

Ainsi, la Force illuminant son poing, il pourra se venger de Daphnès et des siens. Et cette fois, ils n'auront pas la force de prendre les armes.