Karmilla Je suis contente que tu aimes mon histoire. Pour Haldir tu auras la réponse dans ce chapitre. Mais, je ne voudrais pas te faire de faux espoirs, donc je peux d'ores et déjà te dire que je suis l'évolution du film. Effectivement, les trois sœurs sont très largement inspirées des sœurs Halliwell, mais elles ne sont pas de la même famille, et Léo est bien le Léo de Charmed.

And now, Ladies and Gentlemen, le moment que vous attendez tous : la suite ! En avant pour la bataille du Gouffre de Helm !

Anarwen2

La rencontre de deux mondes

Chapitre 2 : Le Gouffre de Helm

Quand Lisa arriva à la porte, elle vit que Gimli l'avait devancée, et serrait dans ses bras le mystérieux visiteur, en disant :

"Vous êtes l'homme le plus courageux, le plus chanceux et le plus inconscient que j'aie jamais connu."

Lisa s'arrêta à quelques pas d'eux, et souffla, le cœur joyeux :

"Aragorn…"

Il la regarda et lui sourit.

"Je vous ai cru mort", murmura la jeune femme.

Il s'approcha d'elle, posa une main sur son épaule, et répondit :

"Je vais bien. Rassurez-vous. Savez-vous où est le roi ?"

"Dans la Tour, je suppose."

Il lui jeta un dernier regard, puis partit dans la direction indiquée. Il était presque arrivé, lorsqu'il faillit se heurter à Legolas. Celui-ci lui tendit le bijou d'Arwen, et lui dit :

"Le ab-dollen." (Vous êtes en retard.)

"Hannon le", répondit Aragorn, en prenant le bijou. (Merci.)

"Vous avez une mine affreuse."

Aragorn rit, et Legolas le serra dans ses bras.


Théoden était sous le choc de la déclaration d'Aragorn. En effet, celui-ci venait de lui dire qu'il avait vu un très grand nombre d'Uruks-Hai se diriger vers le Gouffre de Helm.

"Une grande armée, dites-vous ? Combien ?" fit Théoden.

"Environ dix mille."

"Dix mille ? !"

"Ils seront là à la tombée de la nuit. C'est une armée constituée dans un seul but : détruire le monde des Hommes."

"Qu'ils viennent !"

Ludivine intervint :

"Quoi ? ! Non, mais je rêve ? !"

"Vous vous rendez compte que votre peuple court à sa perte ? !" renchérit Lisa. "Ce sera un véritable massacre !"

Théoden ne les écouta pas, et sortit donner ses ordres. Aragorn, Gimli, Legolas et les trois sœurs le suivirent.

"Ce ne sont pas ces abrutis d'Orcs", dit Gimli. "Ce sont des Uruks-Hai. Ils sont vicieux et féroces."

"Je sais comment protéger mon peuple, Maître nain !" répliqua Théoden. "J'ai fait beaucoup de guerres !"

Voyant l'air énervé de Gimli, Legolas posa une main apaisante sur son épaule. Aragorn essaya de raisonner le roi, mais celui-ci lui répondit :

"Ils vont brûler les récoltes, et piller les maisons. Et alors ? Nous avons déjà vécu cela. Nous reconstruirons."

"Ils ne viennent pas pour piller et brûler. Ils viennent tuer les Hommes… jusqu'au dernier enfant. Envoyer quérir de l'aide."

"Et qui viendra ? Les Elfes ? Les Nains ? Les vieilles alliances sont mortes il y a longtemps. Le Rohan n'a pas la chance d'avoir autant d'amis que vous."

"Le Gondor répondra."

"Le Gondor ? ! Où était le Gondor quand l'Ouestfolde est tombée ? ! Où était le Gondor quand nos ennemis nous ont envahis? ! Où était le Gon… Non, Seigneur Aragorn. Nous sommes seuls. Le Rohan est faible, mais la forteresse tiendra tant que mes hommes la défendront."

Puis, Théoden regarda les trois sœurs, et leur dit :

"Allez-vous mettre à l'abri dans les cavernes."

"Hors de question !" répondit Ludi.

"Vous m'avez dit que nous avions été d'une aide inestimable dans la bataille contre les Wargs", renchérit Lisa. "Nous pouvons vous aider, cette fois encore !"

"Elles sont puissantes, monseigneur", intervint Aragorn.

"Notre Etre de Lumière pourrait nous aider aussi. Il a le pouvoir de guérir les gens."

"Il pourrait me ramener Théodred ?"

Lisa baissa les yeux, puis répondit :

"Il ne peut pas ramener les morts. Ludivine a les mêmes pouvoirs que lui, mais elle ne sait pas très bien s'en servir."

"Je croyais que c'était une sorcière", dit Legolas.

"Son père était l'Etre de Lumière de notre mère. Elle a donc hérité de ses pouvoirs. C'est un sang-mêlé."


Aragorn regardait les femmes et les enfants entrer dans les Cavernes Etincelantes. Legolas vint le trouver, et lui dit :

"Aragorn, vous devez vous reposer. Vous ne nous serez d'aucune utilité à moitié mort."

"Je vais bien."

Legolas n'insista pas. Ce fut alors qu'Eowyn appela le Rôdeur du Nord.

"Aragorn ! Aragorn !"

Celui-ci regarda la princesse. Elle lui dit :

"On m'a ordonné d'aller dans les Cavernes avec les femmes et les enfants !"

"C'est une noble tâche", répondit Aragorn.

"S'occuper des femmes et des enfants, s'assurer que la nourriture ne manque pas, en attendant que les hommes viennent nous chercher… Où est la noblesse là-dedans ?"

Aragorn ne répondit pas. Eowyn insista :

"Pourquoi ne me laissez-vous pas me battre à vos côtés ?"

"C'est trop dangereux."

"Mais vos amis restent avec vous ! Ils vous suivent dans toutes les batailles ! Ils le font parce qu'ils vous aiment !" ajouta-t-elle, lui dévoilant ses sentiments pour lui.

Aragorn la regarda, ne sachant que dire ou que faire.

"Pardonnez-moi", dit Eowyn, avant de s'éloigner vers les Cavernes, blessée de voir qu'il ne partageait pas ses sentiments.


Il fut décidé que les trois sœurs participeraient à la bataille. En ce moment, tous sauf Théoden se trouvaient dans la salle d'armes, et discutaient.

"Paysans, garçons de ferme… mais aucun n'est un soldat", constata Aragorn, amer.

"Certains ont vu passer trop d'hivers", renchérit Gimli.

"Ou trop peu", ajouta Legolas. "Ils sont terrifiés. Ça se voit dans leurs yeux."

Puis, il se mit à parler en Elfe, s'adressant à Aragorn. Comme le ton montait entre les deux amis, le silence se fit autour d'eux.

"Boe a hyn : neled herain… dan caer menig ?" dit Legolas (Et il y a de quoi… 300 contre 10 000 ?)

"Si beriathar hyn ammaeg na ned Edoras", répondit Aragorn. (Ils se défendront mieux ici qu'à Edoras.)

"Aragorn… nedin dagor hen ú-erir ortheri. Natha daged dhaer !" (Aragorn, ils ne peuvent pas gagner cette bataille. Ils vont tous mourir ! )

Finalement, Aragorn cria, en Langue Commune :

"Alors je mourrai comme l'un d'entre eux !"

Tout le monde les regarda, puis Legolas s'en fut. Aragorn partit aussi. Lisa rejoignit Legolas.


Pendant ce temps, Théoden se préparait à la guerre. Son second, Gamelin, l'aidait à mettre son armure.

"Qui suis-je, Gamelin ?" demanda Théoden.

"Vous êtes notre roi, Sire", lui répondit son second.

"Et vous faites confiance à votre roi ?"

"Vos hommes, Sire, vous suivront, quelle que soit la fin."

"Quelle que soit la fin…" répéta Théoden. "Où sont le cheval et le cavalier ? Où est le cor qui sonnait ? Ils sont passés comme la pluie sur les montagnes, comme le vent dans les prairies. Les jours descendent à l'Ouest, derrière les collines, dans l'ombre… Comment en sommes-nous arrivés là ?"


Aragorn était assis sur les marches à l'extérieur de la salle d'armes. Un jeune garçon en armure, d'environ 14 ans, en sortit, l'épée à la main.

"Donne-moi ton épée", lui dit Aragorn. "Comment t'appelles-tu ?"

L'enfant lui tendit son épée, en disant :

"Haleth, fils de Hama, monseigneur. Les hommes disent qu'on ne passera pas la nuit. Ils disent qu'il n'y a pas d'espoir."

Aragorn testa l'épée quelques instants, puis la lui rendit, en disant :

"C'est une bonne épée, Haleth, fils de Hama." (il lui mit la main sur l'épaule) "Il y a toujours de l'espoir."


Lisa retrouva Legolas dans une salle déserte. Il tournait le dos à la porte, et ne la vit pas arriver. Cependant, il l'avait entendue.

"Ne restez pas à la porte. Entrez", dit-il sans se retourner.

"Comment avez-vous su que j'étais là ?"

Il se retourna, et la regarda.

"Les Elfes ont l'ouïe très fine. J'ai entendu vos pas."

"On ne peut rien vous cacher, alors ?"

Il s'avança vers elle, le visage grave, s'arrêta à quelques centimètres d'elle, et dit :

"Si. Je n'arrive pas à savoir ce que vous éprouvez en ce moment."

Elle le regarda dans les yeux, puis répondit :

"J'ai peur. Mais pas pour moi. Pour tous ces malheureux qui savent à peine tenir une épée, et qui vont mourir cette nuit. J'ai peur pour Liane et Ludivine. Je ne veux pas perdre d'autre sœur. Et puis…"

"Et puis ?"

Elle se dressa sur la pointe des pieds, et l'embrassa. Il la plaqua contre lui, et l'embrassa longuement. A peine s'étaient-ils séparés, qu'ils s'embrassèrent à nouveau. Puis, Lisa prit la parole :

"Je peux vous poser une question ?"

"Bien sûr. Je vous écoute."

"Qu'avez-vous dit à Aragorn, tout à l'heure ?"

"Que les Rohirrim allaient mourir."

Il lui caressa la joue, puis dit :

"Je vous en prie, allez vous réfugier dans les Cavernes Etincelantes."

"Je ne peux pas. C'est ma mission."

Legolas abdiqua, et dit :

"Soyez prudente."

"Promis."

Ils s'embrassèrent à nouveau. Lisa ne vit pas la lumière bleue apparaître, et se changer en Léo. Celui-ci toussota, la faisant sursauter.

"Léo !"

"Les Fondateurs m'ont dit que vous comptiez prendre part à la bataille. C'est vrai ?"

"Tout à fait."

"Tu es folle ? ! C'est dangereux ! Tu pourrais mourir ! Ou Liane ou Ludivine ! Le Pouvoir des Trois serait brisé, et les Ténèbres n'auraient plus d'ennemis à leur taille !"

"Tu crois que je ne le sais pas ? ! Je ne peux pas partir sans les aider ! Les Fondateurs nous ont envoyées ici ! Ils devaient avoir une bonne raison !"

Elle se radoucit, puis dit :

"Je sais ce que je fais."

"Et tes sœurs ?"

"On va leur demander. LUDIVINE ! ! ! LIANE ! ! !"

Quelques instants plus tard, les deux jeunes femmes se matérialisèrent dans la pièce.

"Oui ?" firent-elle.

"Vous préférez rentrer chez nous, ou rester ici et aider les peuples de la Terre du Milieu ?"

"Quelle question ! Rester ici, bien sûr !" répondirent ses sœurs.

Lisa regarda Léo, qui dit :

"D'accord. Tout ce que je vous demande, c'est d'être prudentes."

Il s'apprêtait à s'éclipser, lorsque Lisa dit :

"Attends ! On aura peut-être besoin de toi. Il va y avoir beaucoup de blessés et de morts. On va avoir besoin de toute l'aide possible."

"D'accord, je reste. Je pourrais garder un œil sur vous, comme ça."

Soudain, ils entendirent un cor résonner au dehors.

"Ce n'est pas un cor d'Orc !" s'exclama Legolas.

Tous se précipitèrent dehors, pour voir qui arrivait.


Ils montèrent sur les remparts, et virent une armée d'Elfes pénétrer dans la forteresse. Leur chef se présenta devant le roi.

"J'apporte la parole d'Elrond de Fondcombe. Autrefois, il existait une Alliance entre nos deux peuples. Nous avons combattu et péri ensemble. Je suis ici pour honorer cette Alliance."

Aragorn le serra dans ses bras.

"Mae govannen, Haldir o Lórien. Vous êtes plus que le bienvenu."

Legolas serra aussi Haldir dans ses bras. Soudain, dans un même mouvement, les Elfes se tournèrent vers eux.

"Woh !" fit Lisa en reculant légèrement.

Puis, elle se retourna brusquement vers Léo, et lui demanda :

"Tu crois que si on lançait un sort de protection, ça marcherait ?"

"Je ne sais pas. Ça vaut le coup d'essayer."

Lisa regarda ses sœurs, puis dit :

"Je vais avoir besoin de vous pour trouver une formule."

Elles allèrent s'isoler, afin de mieux réfléchir.


Lorsqu'elles ressortirent, virent que tout le monde s'était mis en position sur les remparts. Elles retrouvèrent leurs amis, et virent les Uruks-Hai qui se rapprochaient dans le ravin.

"Vous avez trouvé une formule ?" demanda Legolas.

"Oui, mais je ne garantie pas le résultat."

Les trois sœurs entonnèrent d'une même voix :

"En cette nuit et en cette heure,

J'appelle les Pouvoirs Supérieurs

Aidez-nous à nous protéger de nos ennemis

Et faites que nous passions la nuit."

"« Faites que nous passions la nuit » ?" s'étonna Legolas.

"C'est tout ce qu'on a trouvé qui rime avec « ennemis »", se défendit Lisa. "C'est sûr qu'avec plus de temps, on aurait pu faire mieux."

"Si ça marche, c'est bon. Même si vous auriez pu trouver autre chose", dit Aragorn.

"Eh ! La prochaine fois, vous vous débrouillerez tout seul ! On verra si vous faites mieux !" s'indigna Lisa.

Soudain, un éclair déchira le ciel, et la pluie se mit à tomber. Legolas regarda Lisa, et vit dans ses yeux de l'appréhension.

"Votre formule marchera", lui dit-il. "J'ai foi en vous."

Lisa lui sourit, ou plutôt grimaça un sourire. Les Uruks-Hai continuaient de se masser dans le ravin, puis s'arrêtèrent devant le mur de la forteresse.

"Que se passe-t-il ?" demanda Gimli, en sautillant pour essayer de voir par-dessus le mur.

"Dois-je tout vous décrire ?" demanda Legolas, amusé. "Ou vous trouver un marchepied ?"

Le Nain rit.

"La formule n'a pas marché", dit Lisa. "Ludi, Liane, donnez-moi la main ! On va la répéter."

Les trois sœurs se prirent la main, et répétèrent leur incantation. Cette fois-ci, les Uruks commencèrent à montrer des signes de douleur.

"Ça marche !" jubilèrent les filles.

Certains Uruks tombèrent, morts. Mais soudain, ils s'arrêtèrent de pousser des cris de douleur, et commencèrent à se sentir mieux. Les filles lancèrent de nouveau leur sort, encore et encore, mais à chaque fois, il finissait par échouer. Lisa se tourna vers Aragorn, et lui dit :

"Quelqu'un contre notre magie. Quelqu'un de très puissant. Beaucoup plus puissant que nous. On ne peut rien faire. A chaque fois, il brise notre sort de protection."

"Saroumane", souffla Aragorn.

Puis, il courut expliquer au roi que Saroumane faisait échouer le sort de protection des sorcières, et revint donner des conseils à l'armée d'Elfes qu'il dirigeait :

"A Eruchîn, ú-dano i faelas a hyn, an uben tanatha le faelas."

"Qu'est-ce qu'il dit ?" demanda Lisa à Legolas.

"Il dit de n'avoir aucune pitié, car eux n'en auront pas."

Ensuite, Lisa reporta son attention sur les Uruks. Ils tapaient avec leurs lances sur le sol. Les archers Elfes et Rohirrim étaient prêts à tirer. Soudain, un Rohirrim lâcha la corde de son arc, et la flèche alla se planter dans le cou d'un des Orcs, qui tomba dans un grand bruit.

"Dartho !" cria Aragorn.

Lisa interrogea Legolas du regard, et l'Elfe dit :

"Attendez."

"Tangado a chalad !" (Préparez-vous à tirer ! ), dit Aragorn, et les Elfes encochèrent leurs flèches.

Puis, Legolas dit quelque chose en Elfe, et le traduisit à Lisa :

"Faeg i-varv… dîn na lanc a nu ranc. Leur armure à une faille sous les bras et au cou."

"Leithio i philinn !" (Tirez ! ), dit Aragorn.

Les Elfes envoyèrent une volée de flèches sur les assaillants.

Dans le ravin, les Uruks avaient l'air très énervés. Ils partirent à l'assaut de la forteresse.

La bataille venait de commencer.

Ils lancèrent des grappins pour hisser leurs échelles.

"Pendraith !" hurla Aragorn. (Des échelles ! )

"C'est bien", jubila Gimli.


Lisa essayait de maintenir les Uruks à distance, tout en gardant un œil sur ses sœurs. Elle avait pensé à prendre une épée à l'armurerie, car, elle devait bien l'avouer, ses pouvoirs ne lui suffisaient pas. Il y avait un trop grand nombre d'ennemis à vaincre. Elle vit un Uruk foncer sur Ludi, prêt à l'embrocher. Elle cria un avertissement, et Ludi s'éclipsa. L'Uruk empala celui avec lequel Ludi était en train de se battre. Lisa poussa un soupir de soulagement, et ne vit pas qu'un Orc se précipitait vers elle, lame en avant. Elle sentit la lame s'enfoncer dans sa chair. Son regard croisa celui de l'Orc, puis elle s'écroula. Liane se précipita vers elle, fit exploser l'Orc, puis cria à Léo qui s'occupait d'un blessé à quelques mètres de là :

"Léo ! Viens vite !"

Léo se matérialisa à côté d'elle, et se chargea de soigner sa sœur, tandis que Ludi et Liane éloignaient les ennemis. Legolas, Aragorn et Gimli vinrent leur prêter main forte.

"Elle est presque morte", dit Léo. "Je vais avoir besoin de plus de pouvoirs."

Ludi s'agenouilla à côté de lui, et lui demanda :

"Qu'est-ce que je dois faire ?"

"Donne-moi ta main, et place l'autre au-dessus de ta sœur. Ensuite, concentre-toi et laisse l'amour s'exprimer."

Ludi obéit, et Léo fit comme elle. Bientôt, la blessure de Lisa se réduisit, puis disparut. La jeune femme ouvrit les yeux. C'est alors qu'elle entendit Aragorn crier quelque chose en Elfe. Elle se redressa, et ayant entendu le nom de Legolas, se tourna vers l'Elfe.

"Togo han dad, Legolas ! Dago hon ! Dago hon ! ! !" criait Aragorn à Legolas. (Abattez-le ! Tuez-le ! Tuez-le ! ! ! )

Elle vit l'Elfe tirer plusieurs flèches, puis une explosion se fit entendre. Elle vit un pan du mur voler en éclats, et Aragorn fut projeté en bas, face aux Orcs, évanoui. Les Uruks entrèrent dans la forteresse, par la brèche. Aragorn commençait à revenir à lui, mais pas assez rapidement pour éviter de se faire tuer. Lisa faisait voler les Orcs, et Liane les faisait exploser, tandis que Gimli se jetait du mur pour secourir son ami. Aragorn finit par se relever, et se jeta dans la bataille avec Gimli, suivi par les Elfes.

Théoden cria à Aragorn :

"Repliez-vous vers le bastion !"

Aragorn fit signe qu'il avait compris, et appela Haldir. Lorsque celui-ci le regarda, il lui cria :

"Nan Barad !" (Au bastion ! )

Haldir acquiesça, et tous deux se chargèrent de ramener leurs hommes jusqu'au bastion. Mais, Haldir ne vit pas l'Orc qui arrivait derrière lui, tandis qu'il se battait avec un autre. L'Orc lui abattit son épée dans le dos. Haldir tomba à genoux, et tandis que la vie le quittait lentement, il regarda tous les cadavres d'Elfes qui jonchaient le sol, parmi les corps d'Orcs.

"Haldir ! !" hurla Aragorn, en se frayant un chemin jusqu'à lui.

Il arriva juste au moment où Haldir mourait, la tête de l'Elfe reposant sur l'épaule d'Aragorn. Il l'allongea sur le sol, et abattit les quelques Orcs qui se trouvaient à proximité. Dans le même temps, des Orcs réussirent à enfoncer la porte. Des Rohirrim tentaient de la consolider. Aragorn retrouva le roi devant la porte, et lui demanda :

"Combien de temps vous faut-il ?"

"Autant que vous pourrez m'en donner."

Aragorn prit Gimli avec lui, et tous deux sortirent par une porte dérobée, se retrouvant à quelques mètres de la chaussée. Les Orcs ne les voyaient pas ; ils avaient l'effet de surprise. Gimli se pencha pour regarder, puis dit :

"C'est bon, on peut sauter."

Aragorn le regarda, et répondit :

"Ils sont loin."

"Très bien. Lancez-moi."

"Pardon ?"

"Je ne peux pas sauter aussi loin, alors lancez-moi !"

Aragorn s'apprêtait à le faire, lorsque Gimli lui dit :

"Ne dites rien à l'Elfe."

"Pas un mot", le rassura Aragorn.

Il lança le Nain, qui atterrit entre les Orcs et la porte, puis sauta pour le rejoindre. Ils repoussèrent leurs ennemis, permettant aux hommes de Théoden de renforcer la porte. Ils allaient être submergés par le nombre, lorsqu'Arargorn entendit Legolas l'appeler. Il leva la tête, et vit que l'Elfe lui tendait une corde. Il s'en saisit, attrapa Gimli, et Legolas, aidé d'Elfes et de Rohirrim, les remonta tous les deux. Puis, entraînant Lisa, Liane et Ludi à leur suite, ils retrouvèrent Théoden dans le bastion. Les Rohirrim étaient en train de tenir la porte, pour empêcher les Orcs d'entrer. Lisa les aidait grâce à son pouvoir, mais chaque coup sur la porte l'affaiblissait. Legolas, en voyant son visage crispé, lui demanda :

"Ça va aller ?"

"Oui, ne vous occupez pas de moi. Aidez-les à consolider la porte. Je tiendrai."

Bien qu'inquiet, l'Elfe obtempéra. Aragorn regarda le roi, et celui-ci dit :

"Tant de morts… Mais que peuvent les hommes face à tant de haine ?"

"Vous aviez dit que la forteresse tiendrait tant que vos hommes la défendraient ! Ils la défendent encore ! Ils sont morts en la défendant !"

Il se tut un instant, puis dit :

"Venez avec moi. Sortons et allons à leur rencontre."

"Pour la mort et la gloire."

"Pour le Rohan. Pour votre peuple."

"Le soleil se lève", fit remarquer Gimli.

Aragorn regarda par la fenêtre, et vit le soleil pénétrer par l'ouverture. Il se souvint des dernières paroles de Gandalf :

"Attendez ma venue aux premières lueurs du cinquième jour. A l'aube, regardez à l'Est."

Théoden le regarda, et dit :

"Oui ! … Oui ! Le cor de Helm, mes amis, va retentir dans le Gouffre une dernière fois !"

"Oui !" fit Gimli en allant sonner le cor.

"Voici venue l'heure de tirer l'épée ensemble", dit Théoden à Aragorn. "Cruauté, réveille-toi. Qu'importe le courroux. Qu'importe la ruine. Et que l'aube soit rouge !"

"Je vais lâcher !" cria soudain Lisa.

La jeune femme reculait petit à petit. Les Uruks finirent par avoir le dessus, et Lisa vola jusqu'au fond de la salle. La porte s'ouvrit à la volée, et les Uruks pénétrèrent dans le bastion.

"En avant Eorlingas !" cria Théoden.

Legolas se mit devant Lisa, qui s'était évanouie, pour la protéger, tandis que Théoden, Aragorn, Gamelin et quelques Rohirrim sortaient sur leurs chevaux, en coupant des têtes d'Orcs. Puis, Legolas hissa la jeune femme sur son cheval, et chevaucha à l'extérieur, pour rejoindre les autres.

Soudain, tous virent Gandalf apparaître en haut du ravin, monté sur Gripoil.

"Gandalf", murmura Aragorn, ravi.

Puis Eomer apparut à côté du magicien. Celui-ci lui dit quelque chose, et le jeune homme lui répondit, puis cria :

"Rohirrim ! Pour le roi !"

Les 2000 Cavaliers d'Eomer descendirent au grand galop. Les Uruks se tournèrent vers eux, et pointèrent leurs lances en avant. Gandalf entoura les Rohirrim d'une lueur aveuglante. Les Uruks, ne voyant plus rien, levèrent leurs lances, permettant ainsi aux Cavaliers de charger sans risques.

Les Uruks encore vivants furent massacrés, d'autres réussirent à s'enfuir. Les assiégés les poursuivirent, puis remarquèrent qu'une forêt s'était déplacée jusqu'aux abord du Gouffre. Ils s'arrêtèrent net, lorsqu'Eomer leur cria :

"Ne vous approchez pas des arbres ! Restez en dehors de la forêt !"

Ils regardèrent les Uruks y pénétrer, pensant être sauvés, puis virent la forêt se mettre à bouger, massacrant les Orcs qui avaient osé y pénétrer.


Legolas retrouva Gimli, qui était assis sur un Uruk mort. L'Elfe caressait son arc. Il dit à son ami le Nain :

"Mon compte est de 42."

"42 ? Pas mal, pour des oreilles pointues. Je suis assis sur mon 43ème."

Legolas, mauvais joueur, encocha une flèche, et tira sur l'Uruk. La flèche se planta entre les jambes de Gimli.

"43", dit l'Elfe, d'un air satisfait.

"Il était déjà mort."

"Il bougeait encore", répliqua Legolas avec une mauvaise foi flagrante.

Gimli s'énerva, et rétorqua :

"Il bougeait encore, parce qu'il a ma hache plantée dans son système nerveux !"

Ce disant, il remua sa hache, faisant par le même coup bouger l'Uruk comme un pantin.


Gandalf, Théoden, Gamelin, Legolas, Lisa, Gimli, Ludivine, Liane, Eomer et Aragorn se rendirent en haut du ravin, où ils pouvaient voir le Mordor.

"Le courroux de Sauron sera terrible, son châtiment, rapide. La bataille du Gouffre de Helm est finie ; celle pour la Terre du Milieu vient de commencer. Tous nos espoirs reposent désormais sur deux jeunes Hobbits, quelque part dans les régions désertes", dit Gandalf.


Lisa était avec Eowyn, et toutes deux discutaient. La nièce du roi était encore bouleversée par la bataille qui venait de s'achever. Les Rohirrim avaient enterré les leurs, ainsi que les Elfes tombés au combat. Désormais, ils se débarrassaient des corps des Orcs. Legolas s'approcha des deux jeunes femmes.

"Puis-je vous parler, Lisa ?" demanda-t-il lorsqu'il arriva à leur hauteur.

"Bien sûr."

"Je vous laisse", dit Eowyn en s'éloignant.

Lisa regarda Legolas, et le vit froncer les sourcils.

"Qu'y a-t-il ?" demanda-t-elle. "Quelque chose ne va pas ?"

Il la regarda et répondit :

"« Faites que nous passions la nuit » ?"

La jeune femme éclata de rire.

"Ne me dites pas que vous ne vous en êtes pas remis ! Toujours est-il que nous avons passé la nuit."

"C'est vrai", concéda l'Elfe.

Tout en discutant, ils rentrèrent dans la citadelle, et marchèrent dans les couloirs. Machinalement, ils entrèrent dans une salle, qui s'avéra vide.

"Vous allez mieux ?" demanda Legolas.

"Oui, à part une petite douleur dans la nuque. Elle est sûrement due au pilier que j'ai heurté quand les Orcs ont forcé la porte."

"Où avez-vous mal ?"

"Juste là", dit-elle en le lui montrant.

Alors, Legolas commença à la masser. Lisa ferma les yeux, et dit :

"Vous avez les mains douces ! Surtout, ne vous arrêtez pas."

Les mains de l'Elfe descendirent dans son dos, jusqu'à sa taille, et la forcèrent à se retourner. La jeune femme rencontra le regard de Legolas, et elle y lut du désir. Ce fut elle qui prit l'initiative de l'embrasser. Les mains de Legolas s'aventurèrent sous la tunique qu'un Rohirrim avait prêtée à Lisa (son tee-shirt était maculé de sang, et elle avait refusé de porter une robe, comme Eowyn le lui avait suggéré). Le vêtement ne tarda pas à atterrir par terre, bientôt suivi par la tunique de Legolas.


Ludivine retrouva Eomer, lorsque celui-ci quitta son oncle.

"Bonjour", lui dit-elle. "Vous vous souvenez de moi ? Vous savez, « l'Homme, l'Elfe et le Nain dans le Riddermark » ?"

"Bien sûr que je me souviens de vous. Vous vous appelez Ludivine, n'est-ce pas ?"

"C'est ça."

"Je peux vous poser une question ?"

"Bien sûr. Je vous écoute."

"Des Rohirrim m'ont dit vous avoir vu disparaître dans un scintillement bleuté. Comment faites-vous cela ?"

"C'est simple : je suis à moitié sorcière et à moitié Etre de Lumière."

Elle lui expliqua brièvement l'histoire de sa famille. Eomer lui portait un intérêt visible, ce qui la ravit, car elle n'était pas insensible à ses charmes.


Liane et Léo se tenaient sur les remparts, dans les bras l'un de l'autre. Liane s'écarta un peu de Léo, et lui dit :

"Tu as parlé de nous aux Fondateurs ?"

"Ils refusent que nous nous marions. J'ai bien essayé de plaider notre cause, mais ils n'ont rien voulu entendre. Les Etres de Lumière n'ont pas le droit de tomber amoureux de sorcières, encore moins quand c'est une de leurs protégées."

Liane soupira, déçue et exaspérée de voir que les Fondateurs refusaient de la laisser vivre une vie normale – ou du moins aussi normale que pouvait l'être une vie de sorcière – et de la laisser épouser l'homme qu'elle aimait.


Legolas avait décroché une tenture, et lui et Lisa s'étaient enroulés dedans. Ils étaient blottis l'un contre l'autre, sans dire un mot. Ils se regardaient, aucun des deux n'osant briser la magie de cet instant. Legolas repoussa une mèche rebelle, qui tombait sur le front de sa compagne, puis l'embrassa passionnément. Enfin, Lisa demanda :

"Qu'est-ce qui va se passer, ensuite ? Je veux dire… pour nous. Nous n'appartenons pas au même monde."

"Ne pense pas à ça maintenant", lui répondit Legolas.

"Désolée, mais je ne peux pas m'en…"

Il la fit taire d'un baiser.

"Elen sila lumenn' omentielvo", dit-il.

Lisa le regarda et lui dit :

"Qu'est-ce que ça veut dire ?"

"Une étoile brille sur l'heure de notre rencontre", traduisit-il.

"Ta langue est magnifique. Tu voudrais bien me l'apprendre ?"

"Bien sûr."

Elle lui sourit, puis l'embrassa.

"Le melon, meleth nin. Je t'aime, mon amour", dit Legolas.

Lisa se blottit un peu plus contre lui. Elle se sentait bien. En sécurité. Jamais, avec aucun homme, elle n'avait eu un tel sentiment. De plus, depuis qu'elle était sorcière, elle ne s'était jamais sentie en sécurité, dans quelque endroit que ce soit. Sa jeune sœur, Laura, avait trouvé le Livre des Ombres, cinq ans auparavant, et avait récité l'incantation leur permettant d'avoir leurs pouvoirs. Depuis ce jour, à cause des attaques incessantes des démons, elle vivait dans la peur qu'il arrive malheur à sa famille. Et c'était arrivé. L'année précédente, Laura était morte à cause d'un démon, et un nouveau bouleversement était arrivé dans la vie de Lisa et Liane. Un bouleversement nommé Ludivine. Elles avaient appris qu'elles avaient une demi-sœur, et cette demi-sœur les avait aidées à vaincre Shax, le démon qui avait tué Laura, et par la même occasion, le Pouvoir des Trois avait été reformé, même si au début, Ludivine avait eu du mal à accepter le fait qu'elle était une sorcière.


Ludivine, quant à elle, discutait toujours avec Eomer. Gimli et Aragorn les observaient de loin, et le Nain glissa à son ami :

"J'ai comme l'impression que Ludivine apprécie beaucoup Eomer."

"Oui, mon ami. Et moi, j'ai comme l'impression que c'est réciproque. On dirait que nous assistons à la formation d'un couple."

"D'ailleurs, en parlant de couple, je me demande où sont passés Legolas et Lisa."

"Comment ça ?"

"Ne me dites pas que vous n'avez pas remarqué les petits regards et les attentions dont ils faisaient preuve l'un envers l'autre ? Vous qui pouvez suivre des Uruks à la trace sur des milles et des milles, vous ne vous en êtes pas aperçu ? Je vous croyais plus perspicace que cela, mon ami !"

Aragorn rit de bon cœur, et répondit :

"Peut-être ai-je été trop absorbé par la guerre qui se prépare pour le remarquer."

A ce moment-là, Legolas et Lisa sortirent de la citadelle. Legolas avait passé son bras gauche autour de la taille de Lisa, et son autre main tenait la main droite de sa compagne.

"Vous voyez ?" dit Gimli. "Je vous l'avais bien dit. Heureusement que les Nains existent."


Léo s'approcha des deux jeunes gens, et dit à Lisa :

"Il faut que j'y aille. Une de mes protégées m'appelle, et ça a l'air urgent."

"D'accord. Merci d'être resté. Sans toi…"

Il lui sourit, puis s'éclipsa.

"Ça ne va pas ?" demanda Legolas.

"Je suis fatiguée. Et puis… et puis aujourd'hui, c'est l'anniversaire de la mort de Laura."

Legolas l'entoura de ses bras, puis tous deux partirent à la recherche d'une chambre.

"Tu as besoin de repos", lui dit Legolas.

Enfin, ils trouvèrent une chambre, et s'allongèrent sur le lit.

"Maedhu nu in elenath, meleth nin", dit Legolas. "Bonne nuit sous les étoiles…"

"… mon amour", compléta Lisa. "Tu vois, j'apprends vite ! Juste une chose : il fait jour."

Legolas sourit, puis dit :

"Dors."

Bien calée contre lui, Lisa sombra vite dans un profond sommeil, tandis que son compagnon dormait d'un sommeil elfique.


Eomer assistait Ludivine, qui avait pris le relais de Léo, et s'occupait des blessés. Comme elle n'arrivait pas à guérir un des blessés, Eomer lui demanda :

"Qu'y a-t-il ?"

"Ses blessures sont trop importantes. Je ne pense pas pouvoir le guérir."

Puis, elle avisa les guérisseuses qui s'occupaient des autres blessés :

"Pourquoi avez-vous tant tardé à me l'amener ? Il va mourir !"

"C'est notre lot à tous", lui répondit une guérisseuse. "Il sera au moins mort avec les honneurs."

Choquée par la réponse de la guérisseuse, Ludivine regarda Eomer, désemparée. Puis, elle se mit à faire les cent pas, les yeux fixés sur le blessé. Finalement, elle s'agenouilla auprès du blessé, en disant :

"Il y a forcément une solution ! Qu'est-ce que m'a dit Léo ? Mets tes mains au-dessus de lui, et concentre-toi. L'amour. C'est la clé."

Elle refit tous les gestes accomplis avec Léo, et ferma les yeux, puisant l'amour au plus profond de son être. Elle ajouta une formule, qu'elle répéta inlassablement :

"Puisse la magie s'accomplir,

Et ce blessé guérir."

La lumière émanant de la main de Ludi devint alors plus forte, et Eomer vit avec stupéfaction la blessure diminuer, pour finalement se refermer totalement, rendant le vêtement intact. Ludivine se redressa, en disant :

"J'ai réussi."

Eomer eut juste le temps de la rattraper, avant qu'elle ne tombe, évanouie. Cette guérison l'avait vidée de son énergie.


Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle remarqua qu'elle était dans une chambre, plus précisément dans un lit. Elle tourna la tête, et vit ses sœurs, Théoden, Eomer, Eowyn, Aragorn, Legolas et Gimli.

"Qu'est-ce qui m'est arrivé ?" demanda-t-elle.

"A toi de nous le dire", répondit Lisa.

"J'étais en train de soigner un blessé. Il était très grièvement blessé. Quand je me suis relevée, je me suis évanouie."

"C'est tout ?" demanda Liane.

"J'ai récité une formule, pour renforcer mon pouvoir."

"Tu l'as ta réponse. Tu as trop sollicité ton pouvoir. Ça ta demandé beaucoup trop d'énergie. Tu es encore novice dans ce domaine. Tu aurais dû appeler Léo."

"Cet homme allait mourir. Je n'ai pas pris le temps de réfléchir. J'ai pris la première décision. Je croyais que c'était la meilleure."

"J'aurai fait la même erreur que toi", dit Lisa

"Toi ? !"

"Et, oui ! Je suis loin d'être aussi parfaite que tu le penses. J'ai fait des erreurs. Mais, comme le disait Grand-Mère, c'est par les erreurs qu'on apprend."

"T'inquiètes pas. Cette fois-ci, j'ai retenu la leçon. Je vais être prudente avec la magie, dorénavant."

"Enfin ! Et n'oublies pas la règle n°1 de toute sorcière : Ne pas utiliser la magie à des fins personnelles. Il y a…"

"… toujours des conséquences. Je sais."

Les autres les regardaient, amusés.

"Mais là", ajouta Ludi, "ce n'était pas à des fins personnelles."

"Je sais, mais je préfère le dire maintenant que je suis sûre que tu m'écoutes."

Ludi essaya de se lever, mais Lisa l'arrêta.

"Tu as de la chance que je ne peux pas me servir de mes pouvoirs contre toi. Tu restes au lit, et tu te reposes."

"Mais…"

"Ne discutes pas ! Qui c'est la grande sœur, ici ?"

Tous sortirent, sauf Eomer, qui resta avec Ludi. Il s'assit sur le lit, à côté d'elle.

"Vous m'avez beaucoup impressionné, tout à l'heure", lui dit-il.

Ludivine laissa échapper un petit rire.

"Je me suis évanouie, il n'y a pas de quoi pavaner."

"Vous avez sauvé la vie de nombreux hommes. Avec notre seule médecine, ils seraient morts à coup sûr !"

"Je n'ai pas pu sauver tous les blessés."

"Ne vous inquiétez pas. Léo a pris le relais. Reposez-vous. Vous êtes blanche comme un linge."

Il commença à se lever, mais elle lui prit la main, et le supplia :

"Restez, s'il vous plaît."

Il la regarda, puis se rassit. Elle garda sa main dans la sienne, et s'endormit.


Lorsqu'elle se réveilla, elle sentit un poids sur son ventre. Tournant la tête, elle vit Eomer, endormi à côté d'elle, la main sur son ventre. Elle sourit, puis se tourna vers lui, le regardant longuement. Le jeune homme finit par ouvrir les yeux, plongeant son regard dans celui de la jeune femme. Puis, se rendant brusquement compte de la situation dans laquelle ils se trouvaient, Eomer bondit hors du lit, en bredouillant :

"Je suis désolé. Je… je n'aurai pas dû."

Ludivine le regarda, un instant abasourdie, puis se mit à rire.

"Vous aviez l'air moins timide la première fois que nous nous sommes rencontrés", le taquina-t-elle.

"Nous n'étions pas dans cette situation."

Ludi rit de nouveau, et dit :

"Ne me dites pas que vous n'avez jamais dormi avec une femme, de votre vie !"

"Là n'est pas la question. Cela ne se fait pas."

Elle se leva et s'approcha de lui, en disant :

"Oh, au diable les convenances !"

Elle l'attira à lui, et l'embrassa. Ses dernières réserves envolées, il la fit basculer sur le lit.


Eowyn se débattait pour retenir un blessé, que la magie de Léo effrayait. Il ne voulait pas que celui-ci s'occupe de lui, et cherchait par tous les moyens à se lever. Lisa entra dans la pièce, suivie de Liane et de Legolas, et le plaqua contre le lit, à l'aide de son pouvoir.

"Rappelle-moi de ne jamais m'opposer à toi", lui souffla Legolas.

Lisa éclata de rire. Eowyn s'approcha d'elle, et lui dit :

"Merci. Je ne savais plus comment le tenir."

"Je vous en prie. C'est tout naturel."

Elle maintint le blessé, plaqué contre son lit, le temps que Léo s'occupe de lui. Lorsque ce fut fait, il s'enfuit en courant.

"Dites pas merci, surtout !" lui cria Lisa.

"C'était le dernier", lui dit Léo.

"Merci", lui dit Lisa, puis Léo s'éclipsa.

A ce moment, Théoden entra dans la pièce, suivi de Gandalf, Aragorn et Gimli, et lui dit :

"Nous devons partir pour l'Isengard. Où est votre sœur ?"

"Toujours dans la chambre, je pense. Je ne l'ai pas revue."

Tous se dirigèrent vers la chambre.


Lisa ouvrit la porte, en disant :

"Ludi, il faut que…"

Elle s'interrompit en voyant les vêtements d'Eomer et de Ludi par terre, et les deux jeunes gens étroitement enlacés sous les couvertures.

"Oups ! Faites comme si je n'étais pas venue !"

Elle referma la porte. Théoden l'interrogea du regard, et Lisa bredouilla :

"Elle est… euh… très occupée. On devrait lui laisser encore quelques minutes."

Théoden voulut passer, mais elle se mit devant la porte, en disant :

"Elle avait l'air furax quand je suis entrée. Je crois que si vous y allez, elle fera de vous du petit bois pour l'hiver."

"Furax ?" interrogea Gimli.

"Enervée", expliqua Lisa.

Théoden abandonna totalement l'idée d'entrer, quand il entendit Ludi crier à travers le battant :

"Lisa, si je te chope, je peux te jurer que je te tue !"

"Heureusement que son pouvoir n'a aucun effet sur moi", fit Lisa.

Ludivine continua à marmonner derrière la porte, puis celle-ci finit par s'ouvrir violemment. Ludi demanda à sa sœur, d'un ton sec :

"Qu'est-ce que tu veux ?"

"Heu…" (elle regarda Théoden). "Monseigneur, à vous l'honneur."

Théoden prit la parole.

"Nous devons aller en Isengard."

"En quoi ?"

"Isengard. Nous allons défier Saroumane, et l'empêcher de nuire à nouveau."

"Le chef des Istari, c'est ça ?"

"Tout à fait. Savez-vous où est Eomer ?"

Ludi ouvrit la porte en grand, et tous purent voir le jeune homme. Tout le monde, sauf Lisa et Legolas, eut l'air choqué.

"Eomer !" s'exclama Théoden. "As-tu donc oublié toutes les règles d'un gentleman ?"

Eomer ne trouva rien à répondre.

"Euh… monseigneur ?" intervint Lisa. "On en était à Saroumane, je crois. Je pense que vous serez d'accord avec moi, pour dire que cet… incident peut attendre. La guerre est proche, et je vous avoue que je crains que la bataille du Gouffre de Helm n'ait été qu'un prélude à quelque chose de pire."

"Vous avez eu une vision ?" lui demanda Gandalf, qui respectait ses pouvoirs.

"Non, mais j'ai un très mauvais pressentiment. Quelque chose de terrible se prépare. Dans pas longtemps, le destin de la Terre du Milieu va se décider. Je le sens."

"Partons en Isengard, annihiler la menace de Saroumane", décida Théoden.


Lorsqu'Eowyn eut vent des projets du roi, elle le supplia de l'emmener avec lui, mais son oncle refusa catégoriquement.

"Ce n'est pas une place pour une femme !" lui dit-il.

Eowyn regarda les trois sorcières, et répliqua :

"Mais elles, elles vous accompagnent."

"Et oui ! Mauvais exemple !" fit Lisa à Legolas, qui bien qu'amusé, lui fit signe de rester tranquille.

Théoden, devant la perspicacité de l'argument, resta coît un moment, puis finit par changer de tactique.

"Les Rohirrim ont besoin de toi. Eomer et moi partons pour la guerre. Qui va veiller au bon fonctionnement du Royaume, si ce n'est toi ?"

"Mais, je sais me battre ! Vous aurez besoin de moi !"

"C'est vrai, et c'est au Rohan que j'aurai besoin de toi. Ma décision est prise. Je ne reviendrai pas dessus."

Vaincue, Eowyn abdiqua. Le roi se dirigea vers les écuries, suivi par ses compagnons. Les filles fermaient la marche. Ludivine, lorsqu'elle passa devant Eowyn, lui fit un pauvre sourire. Lisa posa la main sur son épaule, et sentit la douleur fulgurante d'une vision lui vriller le crâne. Eowyn était habillée en guerrière, et se battait contre une créature entièrement vêtue d'un linceul noir. Elle fut mortellement blessée.

Legolas se précipita vers elle, et lui demanda :

"Qu'as-tu vu ?"

Lisa regarda Eowyn, et lui dit :

"Vous allez être grièvement blessée."

"Par qui ?" demanda Legolas.

"Une créature effrayante, vêtue d'un grand linceul noir. Très puissant."

"Un Cavalier Noir. Sûrement le Roi Sorcier. Quoi d'autre ?"

"Une ville. Pas en Rohan. Dans ma vision, j'ai aperçu Aragorn, et j'ai ressenti ce que lui ressentait. On aurait dit qu'il était rentré chez lui."

"Une ville du Gondor, alors."

"N'allez pas en Gondor", dit Lisa à Eowyn. "Ecoutez votre oncle. Il vous aime, et veut vous protéger."

To be continued…