Voilà le chapitre deux! Bonne lecture :D
Chapitre 2
La scène de crime était entourée de rubans jaunes pour empêcher les curieux de s'approcher de trop près du cadavre. Le lieutenant Rizzoli montra sa plaque à l'agent de police qui contenait les foules et passa sous le ruban. Accompagnée par son légiste préféré, la détective s'approcha du cadavre et l'observa de plus près. Bien qu'une blessure par balle soit visible au niveau de la poitrine, il n'y avait pas autant de sang que sur Samantha Berkings. Jane était presque sûre que cela signifiait qu'on lui avait tiré une balle post-mortem. Pourtant quelques mètres plus loin elle remarqua des tâches de sang et s'apprêtait à le dire lorsque Maura l'en empêcha.
"On ne pourra dire ce que c'est qu'après des analyses Jane. Ce n'est peut-être pas du sang.
-Mais Maur' enfin...
-Tu sais très bien ce que je pense des suggestions! "
Oui, Jane le savait et cela l'exaspération au plus haut point. Elle leva les yeux au ciel et retrouva Korsak penché sur une poubelle.
"Ben alors Vince, tu cherches à manger ?
-Ahah! Rigole Frost! Tu ne veux pas aller voir le cadavre pour moi ? "
L'homme à la peau nuit grogna, il ne supportait pas la vue d'un cadavre. Jane sourit alors avant de reporter son attention sur Maura. Elle imagina un instant la tête de Frost si c'était lui qui avait dû ouvrir la jambe de la légiste au milieu de la forêt.
"La victime se nomme Derek Landword, il avait la même situation que Samantha. Pas de famille, il a un diplôme de physique médicale et un doctorat.
-Ok, et il travaillait où?
-D'après son dossier il était au chômage depuis cinq ans, il a été licencié le jour ou Samantha a eu son poste.
-Intéressant, faites revenir Mr Gardoy.
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Maura arriva à la morgue et commença à examiner le corps froid qui dormait devant elle. La légiste envoya des échantillons de sang au laboratoire et commença l'incision en Y. Après quelques minutes seulement les résultats arrivèrent. Maura se sentit alors déconfite. Elle se précipita pour appuyer sur le bouton d'alerte bactériologique. Une alarme sonna alors et ferma hermétiquement toutes les portes de la salle, emprisonnant en même tant la blonde. Elle appela alors la seule personne à qui elle avait envie de parler en ce moment critique : Jane.
"Salut Maura, tu as du nouveau.
-Oui mais je ne pourrais pas te les apporter, j'ai dû déclencher l'alerte à la morgue.
-QUOI?! J'arrive tout de suite et tu m'expliqueras ça! "
Jane était là seulement quelques minutes après le coup de fil. Elle s'approcha du plus près qu'elle put de la porte du bureau de sa meilleure amie. La femme était en pleine conversation avec un homme en combinaison blanche. Elle aperçut son amie et s'approcha lentement.
"Tout va bien, la victime avait contracté le un syndrome respiratoire aigu sévère, SRAS. C'est une maladie pulmonaire aéroportée qui est apparue en Chine en 2001. Elle se soigne avec une antibiothérapie mais il faut qu'elle soit rapidement traitée.
- En gros, tu ne vas pas mourir?
-Non si je reçois le traitement assez rapidement. Seulement les antibiotiques nécessaire ne sont pas disponible à Boston et on doit les faire venir du laboratoire de de San Francisco et attendre l'autorisation.
-Mais en avion ça ne prend que quelques heures, tu ne peux pas mourir si vite?
-Cette maladie peut tuer en 24 heures si le patient n'a pas un bon système immunitaire..."
Au moment où la blonde prononça ces mots, Jane sentit son cœur se briser. Une larme perla malgré elle au coin de ses yeux et coula lentement sur sa joue. Maura ne pleurait pas, elle essayait de réconforter Jane en lui assurant qu'elle tiendrait même si elle n'en était pas sûre elle-même. La brune aurait voulu se jeter dans les bras de son amie, que tout ceci sous faux... Maura lui parlait mais cela lui semblait lointain jusqu'à ce qu'elle lui dise qu'elle devait aller se changer et se laver.
"Maura, tu auras tes médicaments à temps je te le promets!" Elle remonta dans son bureau et informa l'équipe de la situation. Tous étaient affectés et ne parvenait pas à se concentrer sur l'enquête. La détective ne pouvait pas chasser Maura de ses pensées. Maintenant qu'elle savait que Maura était en danger, ses sentiments étaient mis à rude épreuve.
"Pourquoi Maura? Elle a toujours fait son boulot honnêtement, alors pourquoi? Comment je pourrais me remettre de la mort d'une personne si chère à mes yeux... Cette personne qui me fait rire, pleurer et qui occupe mes pensées toute la journée! C'est ma meilleure amie, ma sœur, mon égal... " Ses pensées l'occupèrent tout l'après-midi si bien que ses collègues l'obligèrent à rentrer pour se reposer. Pourtant ce n'est pas vers la sortie qu'elle se dirigea mais vers la morgue. Elle y regarda le bureau sur lequel elles avaient si souvent ri et s'attarda sur les tables d'autopsie en espérant que Maura n'y soit pas tout de suite.
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Le DrIsles était allongée sur son lit d'hôpital, dans une chambre coupée du reste du monde. La douleur qui lui traversait les poumons était minime mais au fond d'elle, la blonde savait que cela signifiait le début des symptômes. Ses pensées divaguaient et s'enfuyaient... Elle ne voulait pas penser à sa maladie. Sa mère ne pouvait pas venir car elle était à l'étranger pour une exposition aussi c'était Angela qui passait de temps à autre pour s'assurer qu'elle ne souffrait pas de solitude. La solitude... C'est un sentiment qu'elle ne ressentait plus depuis qu'elle avait rencontré les Rizzoli. Elle s'était trouvé une deuxième famille, des personnes avec qui elle pouvait partager les moments de bonheur et de peine. Tout cela elle ne le devait qu'à une seule personne : Jane. La brune impulsive et joyeuse qui illuminait ses journées depuis qu'elle la connaissait. Leur complémentarité et leur amitié c'était imposé à elles de façon naturelle et normale. Les rares disputes qu'elles avaient subies avaient renforcés leurs liens. Inséparables. Des sentiments plus forts que l'amitié existaient entre elles. Lorsque Maura prit conscience qu'elle ne reverrait peut être plus jamais la brune des larmes coulèrent abondamment sur ses joues blanchies par la maladie.
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Jane ne pouvait pas s'endormir alors que Maura était seule dans une chambre d'hôpital froide et sombre. Elle décida alors de passer un coup de fil à Dean. Le lieutenant n'avait pas besoin de réconfort mais d'un service...
"Salut Dean, c'est Jane.
-Jane! Mais pourquoi tu m'appelles à 3h00 du matin?
-Je suis désolée je n'avais pas fait attention, j'aurais un service à te demander s'il-te-plaît...
-Je t'écoute.
-Voilà, Maura a chopé le SRAS et les médicaments n'arriveront peut-être pas à temps pour qu'elle survive... Elle est solide mais peut-être pas assez et je me disais ... Enfin si tu pouvais passer quelques coups de fils pour que l'avion parte un peu plus tôt. Je ne m'en remettrai pas si je perdais Maura...
-Je vais voir ce que je peux faire mais je ne te promets rien, les médicaments c'est sensibles...
-Merci, je ferais ce que tu voudras!
-Je vais y réfléchir..."
Après la brève conversation téléphonique Jane décida d'aller voir Maura à l'hôpital. Elle ne savait pas pourquoi ni ce qui la poussait à aller là-bas mais elle ne pouvait s'imaginer ailleurs en cette période critique. Elle se demanda même pourquoi elle n'y était pas aller plus tôt.
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Elle venait à peine d'arriver au service des maladies rares et contagieuses qu'elle entendit le nom de son amie par une infirmière.
" On a besoin de deux infirmières dans la chambre 709 pour Maura Isles ! " Jane n'attendit pas une seconde et se précipita à la suite des deux femmes en blouse blanche. À peine avait-elle entrevue la blonde qu'elle comprit que sa place n'était pas ici. Voir une personne si importante à ses yeux dans un état aussi horrible lui faisait plus de mal qu'elle ne l'avait imaginé. La détective était figé, incapable de faire le moindre mouvement. Son cerveau semblait s'être arrêté subitement sans aucune intention de se réveiller. La femme la plus importante à ses yeux était pliée en deux sur le lit et se tordait de douleur en se tenant la poitrine. De violentes quinte de toux secouait son corps et l'empêchait de reprendre son souffle.
Lorsqu'elle pût enfin bouger, Jane ne parvint à faire qu'une seule chose: crier le prénom de Maura. A l'entente de son nom la légiste releva la tête et aperçut son origine. Elle se sentit alors beaucoup plus calme de savoir que la personne qui venait de crier son nom avec autant d'amour était Jane Rizzoli. Elle resta immobile suffisamment longtemps pour permettre aux infirmières en combinaison de lui injecter un sédatif puissant pour qu'elle puisse dormir.
Il fallait que cet avion arrive demain ou bien la blonde ne survivrai pas!
Elle s'assit alors sur une chaise en face de la chambre de son amie et s'endormir comme apaisé par la présence du Dr Isles.
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Le lendemain matin, Frost et Korsak arrivèrent à l'hôpital de bonne heure pour prendre des nouvelles de leur légiste favorite. Ce n'est qu'en entendant les deux hommes discuter que le lieutenant Rizzoli se réveilla. Surprise par l'heure tardive, elle fut rapidement debout. Après une heure de discussions autour d'un café, les deux agents estimèrent préférable de retourner travailler pour arrêter le tueur. Avant de partir cependant, Frost se retourna vers Jane et pris un air grave :
"Je devais te le dire à un moment ou un autre... L'élément qui a été introduit dans les médicaments est une molécule de SRAS. Cela veut dire que si on ne retire pas bientôt tous ces médicaments du marché, il pourrait y avoir une autre épidémie...
-Punaise! Qu'est-ce qui peut bien se passer dans la tête des tueurs... En tout cas je vais rester auprès de Maura, j'espère qu'elle aura ses médicaments à temps."
À ces mots les deux agents et amis de Jane se retirèrent en la saluant chaleureusement. La brune retourna s'asseoir en face de la chambre 709 ou son amie était désormais réveillée.
Durant les quelques minutes où la blonde n'avait pas de quinte de toux les deux femmes discutaient, oubliant la vitre qui les séparait. Alors que Maura retournait se reposer, l'agent Dean fit son apparition dans le couloir aux couleurs pâles. Ce-dernier courut vers la détective et la prit dans ses bras. Les deux représentants de l'ordre s'étreignirent et le grand brun sentit bientôt son épaule s'humidifier au fur et à mesure des larmes s'échappant des yeux sombre de sa partenaire. Au bout de quelques minutes les deux s'éloignèrent de quelques pas...
"Je suis contente que tu sois venu.
-Je suis content que tu m'aies appelé...
-Tu as pu faire quelque chose pour l'avion?
-Je dois un service à beaucoup de personne mais les médicaments vont arriver d'ici deux heures.
-Merci Dean je ne sais pas comment te remercier...
-Un dîner, lundi soir. Tenu de soirée obligée, je passe te prendre à 20h00.
-Entendu mais seulement si Maura va mieux.
-Alors à lundi."
Il l'embrassa sur le front et s'en alla. Jane annonça la nouvelle à la malade dont l'état empirait d'heure en heure. Ses poumons étaient tellement meurtris que dès qu'elle toussait plus de quelques minutes du sang s'échappait de sa bouche.
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De l'autre côté de la vitre, Maura était heureuse de savoir que les médicaments arriveraient à temps pour la soigner seulement, un sentiment d'insatisfaction l'envahissait. Elle était presque sûre de savoir d'où cela venait mais ne voulait pas l'admettre.
"Jane est restée toute la nuit et a même interrompu son enquête pour veiller sur moi... Je ne peux pas refouler tous ces sentiments qui m'assaillent chaque jour. Je ne voulais pas l'admettre mais aujourd'hui je sais... Ce n'est plus de l'amitié que je ressens pour Jane c'est bien plus fort que cela..."
Perdue dans ses pensées la blonde ne remarqua pas tout de suite le médecin en combinaison et les deux infirmières qui le suivaient entré dans la chambre.
"Mme Isles, nous vous apportons vos médicaments. Encore quatre jours en quarantaine et vous pourrez aller dans une chambre normale.
-Merci Docteur. Quand-est-ce que je pourrais sortir de l'hôpital ?
-D'ici deux semaines je pense que cela sera bon. Vos poumons sont très irrités et vous ne pourrez probablement pas faire les gestes du quotidien seule au départ.
-Elle viendra chez moi!"
Maura n'avait pas remarqué que ce n'était pas une infirmière mais Jane qui se trouvait à ses côtés. Une larme coula le long de sa joue pour aller se loger sur son épaule. La brune lui serra la main à travers la combinaison et un sourire vint secouer les lèvres des deux femmes.
