Chapitre 2 :Celui où on crame.

J'ai mal.

Tu me diras, je me suis faîte kidnapper par un super-vilain qui aime pas ma tronche pour je ne sais quelle raison, c'est pas comme si j'avais fait une virée club Med. D'ailleurs pourquoi il ne m'aime pas ? Je lui ai rien fait ! Je suis peut être une truffe, mais je ne suis pas encore assez conne pour aller chercher des crasse à un type qui sort d'Arkham. Parce que je suis désolée mais ils n'ont pas d'humour les tarés ; ils ricanent tout le temps mais si jamais tu sors un truc qui leur plaît pas ils t'arrachent les fesses et ils les exposent au-dessus de la cheminée. J'avais entendu un truc par mon pote Tony sur un mec qui avait réussi à se trouver un emploi chez le Sphinx même avec un QI de loutre attardée : à la première blague de Toto il est passé par la fenêtre. Quand je vous dis que ça rigole pas.

Et puis, ça peut pas être un de mes presque ex-maris. Si je m'étais tapée un mec consommable dernièrement je m'en souviendrais.

Non pis voilà, on discutait et pan, Monsieur a décidé que je ferais un super cochon d'Inde. Vingt minutes à gueuler puis me suis retrouvée attachée, bâillonnée, piquée bref, la totale. Le pire Bad-Trip de ma vie je ne vous raconte pas ! Et y parait qu'il a des groupies qui paieraient pour ça, bah franchement je leur échangerais bien ma place là. Mon corps tremble de partout, allongée sur le sol dans mon vomi. Je ne sais pas quand est-ce que c'est arrivé ça, je pensais que mon estomac serait vide maintenant. Peut-être que c'est lui ? Pour se venger de tout à l'heure ? Quoi que. Le Modus Operandi de l'épouvantail je crois que c'est la peur, pas le reflux stomacal.

Est-ce que c'est un vrai terme ?

Ça a l'air d'un vrai terme.

On va dire que c'est un vrai terme.

Poussant sur mes bras à un endroit où le plancher n'est pas glissant- ce serait con que je retombe dedans- je me relève difficilement mais sans jurer parce que j'ai mal à la gorge. Je crois que j'ai gueulé. Ou alors c'est moi qui ai vomi et ce sont des remontées acides.

"Euh… Euh… Mademoiselle ? Vous-Vous ne devriez pas vous relever… Je crois ?"

Dans le coin de la pièce, il a un grand type chauve et musculeux, habillé façon cuir cuir cuir moustache, qui ferait limite peur s'il se dandinait pas sur place avec l'air de quelqu'un qui va se pisser dessus. Je le regarde à genoux, assise sur mes chevilles. Ça se trouve c'est lui qui a dégueulé partout, il a pas l'air bien rassuré.

"Bah pourquoi ?" Je demande en relaxant mes épaules.

Elles sont drôlement engourdies, depuis combien de temps je suis avachie sur le sol moi ?

"Et bien euh M-Monsieur le Docteur Crane n'a pas dit que…" Il se gratte fébrilement le coude en regardant ailleurs. "Enfin, je pense que vous devez rester. Il va revenir et après … S'il vous voit partie…"

Il a l'air d'un blaireau ça va être vite vu tiens. Je me relève donc et commence mon petit speech.

"Bon, Gimpy mon ami, dans la vie il faut être logique : est-ce que chuis attachée ?"

Il lui faut bien une minute pour comprendre que c'est à lui que je parle, mais il finit par y arriver. J'espère qu'il mettra moins de temps la prochaine fois parce que j'ai pas envie d'être encore là quand King Creepy refera son apparition.

"Non ?"

"Non, chuis pas attachée" je répète lentement. "Et normalement quand on veut pas que les gens partent on fait quoi ?"

Ses doigts viennent tripatouiller les piques sur son complet en cuir.

"On les attache ?"

Et ben voilà ! Il a de la suite dans les idées ce garçon ! Je prends un morceau de tissu déchiré qui traîne et essuie un peu ma chemise couverte de dégueuli.

"Donc si chuis pas attachée, ça veut dire qu'y veut pas que je reste, si ?"

"Mais il n'a rien dit de-"

"Tatata !" Je le coupe en jetant mon chiffon au pif.

J'entends du bruit de l'autre côté du mur. On passe à la vitesse supérieure.

"Et il ferait quoi de moi hein ?" Je présente ma dégaine de lendemain de cuite avec gusto. "Chuis pas utilisable pour baiser, et il m'a déjà injecté des trucs donc si t'utilisais c'que t'as entre les oreilles, tu te rendrais compte que maintenant qu'il a bien joué au petit chimiste il faut nettoyer derrière lui !"

Je montre la pièce sombre d'un mouvement de bras : sale, encombrée, les meubles recouverts de papiers poussiéreux et une grosse flaque au milieu. Niveau Feng Shui on aura vu mieux. Sérieusement qui fait le ménage ici ?

Non mais pour de vrai les cadavres tout ça, ça schlingue quoi ! Donc moi je bouge ma carcasse, tu t'occupes du reste et s'il pose des questions t'auras qu'à lui dire que t'as foutu mon cadavre dans une bouche d'égout. Je me presse à cause du bruit et le dépasse en le tapotant sur l'épaule pendant qu'il tortille une lanière de cuir cloutée entre ses mains tremblantes. Ou tu peux dire le fleuve aussi. Ou une décharge, une benne à ordure, un abattoir, les marais, une usine de croquettes, c'est ça qu'est bien avec Gotham t'as l'embarras du choix. Allez salut ! Je finis en posant la main sur la clenche.

Sauf qu'elle ne bouge pas.

Peut-être qu'il faut tirer au lieu de pousser … Non ça marche pas non plus.

"Oui et, euh, c'est Monsieur le Docteur Crane qui à la clé… "dit-il, penaud, en me voyant le foudroyer du regard. "Il ne veut plus me la donner d-depuis que…"

Le reste de sa phrase se transforme en marmonnements incompréhensibles, mais pour le moment j'en ai rien à battre de leurs histoires de cul. Je fais comment pour sortir maintenant ? Je me trouve des supers-pouvoirs ? Non ça ne risque pas, à moins de se faire des douches aux produits chimiques personne en a dans cette putain de ville. Ça se trouve, dès qu'ils en ont-ils se barrent par peur de finir par se faire laver le cerveau par un de nos cinglés. Mais je digresse. Il faut que je sorte d'ici parce que je sais pas ce qu'il fout le fermier mais maintenant qu'il a arrêté de foutre le bordel on dirait qu'il se tire une taffe, on sent la fumée d'ici, et je pense qu'il reviendra faire coucou d'ici cinq minutes.

"Ouais ouais c'est ça, je le coupe, tu l'as foutu où mon sac ?"

Il réfléchit deux minutes –pour changer- avant de me répondre en rentrant sa tête encore un peu plus dans ses épaules.

"Je crois que monsieur le docteur Crane l'a laissé dans la camionnette …"

Et évidement on ne peut pas accéder à ça non plus vu que c'est dehors. Ça aurait été trop beau que j'ai mes épingles à portée bien sûr. Je souffle et regarde autour de moi en me grattant derrière la nuque et enfin je me rends compte qu'il y a un peu trop de fumée qui s'échappe de sous la porte pour qu'il soit juste en train de s'en griller une. Mes entrailles se tordent. Et là je panique et je frappe frénétiquement le chauve en lui pointant le problème du doigt.

"Gimpy putain la porte ! On va finir en KFC !"

"Mais Monsieur le-"

"TAGUEULE ET DEFONCE CETTE PUTAIN DE PORTE !"

Après une seconde d'hésitation il m'obéit et soudain nos poumons sont remplis de fumée acide alors que le bois cède face à la bestiole de deux cents kilos qui vient de lui rentrer dedans. Parce que bien sûr, il a pas foncé dans la sortie il a foncé là où il y avait le feu cet ahuri. Gimpy hésite à rentrer dans les colonnes brûlantes mais il se décide après que je lui envoie un bon coup de pied aux fesses, parce que bordel il va falloir qu'on règle ça. Je tousse comme si je m'étais alignée tout un paquet de clopes, mes yeux brûlent, mais je rentre à sa suite. Trouver une fenêtre, je me dis en tâtonnant partout, il faut que j'aère avant qu'on y passe.

Mes mains renversent des boîtes, j'entends des bris de verres sous mes talons, je renverse tout sur mon passage sans en avoir quoi que ce soit à foutre tellement la chaleur est insupportable. Finalement je finis par attraper le métal bouillant d'un extincteur. Ça me cuit les mains mais je l'actionne quand même et arrose les flammes, que je vois pas trop mais putain je les sens. Sauf que ça ne suffira pas, mon torse est en feu, j'ai la tête qui tourne. J'entrouvre difficilement les yeux pour trouver une ouverture et me rends enfin compte que c'était déjà ouvert, quelqu'un a pété la fenêtre. Alors je me contente de tomber sur le sol, position étoile de mer, et d'essayer de faire rentrer un peu d'oxygène dans ce corps de pouffe.

Au bout d'un moment l'air devient plus respirable, même si ça sent toujours le cramé, alors je relève le nez. La pièce est dans un bordel monstre. Tables renversées, du verre partout et il y a un mur complètement noir de suie. Qu'est-ce qui s'est passé, il a voulu faire un barbeuc' avec ses bouquins ? Je me retourne en entendant tousser derrière moi et je vois un Crane encore plus cuit que tout à l'heure qui crache ses poumons, avec l'autre chauve qui a l'air de se demander s'il va s'en prendre une s'il le tapote dans le dos. Vite faire la morte. Si j'ai de la chance il demandera à Gimpy d'aller me flanquer dans une poubelle loin d'ici.

"Je t'ai vue."

Connard. Je m'appuie sur mes coudes et le regarde depuis le sol. Mes yeux doivent être explosés.

"Bah quoi ?" Ma voix ressemble à celle de ma logeuse, c'est une vielle fumeuse de soixante-dix balais qui ouvre tout le temps en grand quand elle se rase la chatte. "Fallait bien essayer, hein. J'ai failli me faire fumer façon saumon, ce serait con que j'te laisse finir le job."

Il tousse encore un peu avant de répondre.

"Je ne vais pas te tuer."

Ah bah. J'aurais cru. Ca a un peu l'air d'être sa spécialité.

"Tu ne travailles pas."

"Si si" je nie, "je suis ex-femme ça rapporte."

Je vois un reste de sourcil carbonisé se relever. Gimpy à pas l'air de comprendre non plus mais ça, ça doit être normal.

"Donc tu as tout le temps de travailler pour moi" il conclut.

J'hésite une seconde avant de me dire que t'façon si je dis non il va me tuer. Ca a pas l'air d'une question.

"Bon, okay, mais ça paie bien ?"

Bizarrement c'est précisément à ce moment-là qu'il se remet à tousser.

Connard de fermier.


Y'a pas que Scarlett qui a mal, mon correcteur souffre lui aussi, il me met des petites vagues bleues partout pour les fautes de grammaires/syntaxe mais je ne peux pas corriger parce que c'est pour le style ^^ ;

- Les évènements de cet OS viennent de la BD où Scarlett et Gimpy apparaissent. On voit Crane lui injecter un truc alors qu'elle est attachée et bâillonnée à une chaise, puis il la détache pendant qu'elle fait son Bad Trip (pourquoi, je sais pas), plus tard il empoisonne Catwoman, elle lui casse la gueule, fout le feu à son bouquin de recherches, pète la fenêtre et s'enfuit alors que Gimpy n'est pas dans la pièce. Puis quelques pages plus loin Scarlett le soigne, pourquoi, je ne sais toujours pas. Mais vu que maintenant Balent fait Tarot, du porno xenophile qui est connu pour avoir des scénarios assez aléatoires et WTFesques, je me demande si lui-même savait vraiment ce qui était censé se passer.

- Et d'ailleurs, Scarlett lui a effectivement fait une crasse, mais elle ne savait pas que c'était lui. Sauf que comme je poste jamais rien dans l'ordre chronologique, vous ne saurez pas ce qu'elle a fait avant que je poste Thrill ce qui n'est pas prévu pour tout de suite, il y a Georgia on my Mind avant (voir mon profil).

- Gimp est le nom du type tout en cuir clouté BDSM dans Pulp Fiction. D'où Gimpy. Il est à noter qu'on est à une lettre près de 'Wimpy', une lavette. Encore une fois, vous m'excuserez mais la BD donnait pas beaucoup d'autres informations, je fais avec ce que j'ai.