Voilà premier vrai chapitre, en espérant que cela vous plaise...


Un jour sur le Heart

Tout le monde à table ! s'exclama Joe, le chef cuisinier des Hearts Pirates. Une délicieuse

odeur de ragoût de lion de mer embaumait tout le réfectoire.

J'ai la dalle ! Je pourrais manger un âne ! s'exclama Pinguin, se postant devant Joe avec son plateau, un filet de bave au coin de la bouche.

Tu nous feras le plaisir de pas te bâfrer, et encore moins de piquer dans mon assiette cette fois-ci ! J'en ai marre de sentir tes gaz ! surenchérit l'infirmier Yosh juste derrière lui.

Oui, désolé... mais c'est psychosomatique, c'est parce que je sais qu'on doit bientôt refaire

le plein de vivres, du coup, à chaque fois, je me sens obligé de me remplir à l'infini et de

manger tout ce qui se trouve à ma portée... et pour les gaz... bin, c'est la nature les gars , j'y suis pour rien , finit-il par dire, un peu gêné.

T'es vraiment irrécupérable ! répondit Yosh l'air consterné.

Néanmoins, Pinguin n'avait pas tort sur une chose, la nourriture commençait à manquer et même si la cuisine de Joe était incontestablement délicieuse, les menus se faisaient de moins en moins variés.

Le temps était venu de faire escale, pour des raisons pratiques et bientôt vitales. Il n'était pas dans les habitudes d'un bateau pirate de se laisser surprendre par la disette.

Tous s'affairèrent à table dans la bonne humeur générale. Tous sauf le capitaine... Assis les uns en face des autres, Yosh et Pinguin, bientôt rejoints par Bepo l'ours polaire, mangeaient tranquillement.

Où sont Satchi et le capitaine, au fait ? s'interrogea soudainement Pinguin après avoir englouti la moitié de son repas en seulement quelques minutes.

- Satchi est en train d'essayer de réparer la radio et il ne lâche pas l'affaire, quant au capitaine, je crois qu'il dort encore...

- Ça fait plusieurs jours qu'il se lève tard, mais aujourd'hui c'est un record ! s'exclama Bepo.

- Il a des migraines à répétions ces derniers temps et ne trouve le sommeil qu'aux aurores. Il travaille beaucoup, ce qui explique un rythme légèrement décalé, continua l'animal.

Il n'eut pas le temps de finir de parler de son supérieur que Trafalgar Law entra dans le réfectoire. Il y eu un silence, suivi rapidement d'un "bonjour" en cœur de toute l'assemblée.

Le capitaine se contenta de faire un bref signe de tête en guise de salut matinal puis

s'approcha du comptoir pour prendre son café noir quotidien. Les traits tirés, les yeux

cernés plus qu'à l'accoutumée et ses cheveux noirs en bataille dépourvus de leur habituel bonnet tacheté pour les cacher, Law avait vraisemblablement la tête de quelqu'un qui avait très peu dormi. Son allure à la fois froide et faussement décontractée ne laissait cependant pas penser qu'il fût de mauvais poil. Il était juste lui, juste Law...

- Tenez Capitaine, mais faites attention, c'est encore bien chaud.

- Merci Joe, répondit-il encore un peu embué.

Le jeune homme chercha Bepo du regard et ce dernier, comme s'il s'y attendait, courut aussitôt jusqu'à lui.

- Quelque chose à demander, Capitaine ? questionna l'ours blanc au garde-à-vous.

Je viens de croiser Satchi dans la salle des commandes.

Oui, ça fait deux jours qu'il se casse la tête à réparer la radio et...

Va l'aider ! coupa le chirurgien de la mort, sinon il va finir par manger ses tournevis et je n'ai pas pour projet d'opérer mon mécanicien dans les prochains jours...

Clair et pince-sans-rire, le capitaine avait parlé.

Bien Capitaine ! Désolé, j'y cours !

Bepo quitta le réfectoire à toute vitesse et Law se dirigea vers sa place habituelle, sa tasse de café encore fumante portée à la bouche. Il s'assit sur sa chaise et se massa les tempes en fermant les yeux. La migraine revenait...

Cinq minutes s'écoulèrent où il écouta d'une oreille les conversations autour de lui comme pour se réveiller en douceur. Mais il retomba aussitôt dans son monde intérieur, repensant toujours à ce rêve de la nuit dernière, le même depuis des semaines. Il se voyait tuer le flamant rose, lui enfonçant Kikoku entre les deux yeux. II pensait l'assassiner mais à chaque fois le visage coupé en deux de son ennemi se reformait pour l'étrangler à son tour. Il relâcha sa tempe pour serrer le poing.

Ce fut une voix grave et bienveillante qui le tira de ses pensées néfastes.

Tes vieux démons te tourmentent on dirait, Capitaine !

Jean Bart s'était assis à côté de lui. Ce géant si discret qui devait son salut au chirurgien de la mort était bien le seul avec Bepo à voir lorsque Trafalgar Law était préoccupé.

- Ils me donnent du fil à retordre, mais je suis tenace, rétorqua-t-il, un sourire arrogant aux lèvres.

Même s'ils te malmènent, ne les laisse pas te submerger, se permit-il de dire, car oui, il faisait partie des rares dans le sous-marin jaune à pouvoir donner un ou deux conseils au capitaine. Cependant, il changea tout de suite de sujet, ne voulant pas le froisser.

Tiens Capitaine !

Il lui tendit un paquet d'une dizaine de revues spécialisées dans la recherche médicale. Law resta interloqué puis il prit les magazines. Il allait lui demander d'où cela provenait quand Jean Bart poursuivit naturellement.

Je les ai retrouvés dans la réserve, ils sont tombés d'une étagère quand j'ai voulu nettoyer le sol.

Law scruta les trois premières pages de l'un d'entre eux, puis le reste.

Ils parlent tous des travaux du Dr Vegapunk et...

Il l'encouragea à finir sa phase en l'accompagnant d'un signe de tête.

Et comme je sais que tu te penches sur son travail en ce moment, j'ai pensé que çela te serait utile, finit-il par dire en souriant.

Le jeune homme ne montra pas qu'il était touché par l'attention. Il se contenta de lui adresser un merci, suivi de son sourire en coin qui le caractérisait tant, puis pensa, dans un coin de sa tête, qu'il ne s'était pas trompé en intégrant le géant dans son équipage. De manière générale, il se considérait comme chanceux d'avoir des subordonnés respectueux, efficaces et pour le coup, prévenants. Le géant repartit d'où il était venu, laissant son supérieur bouquiner et se détendre car il en vraiment besoin.

Une heure passa où le réfectoire se vida progressivement, chaque personne retournant à ses tâches quotidiennes. Law était à présent seul, le nez plongé dans ses lectures, très concentré. Son attention se renforça lorsqu'il tomba sur une coupure de journaux du Grand Line Times datant d'i ans.

"Entretien avec Vegapunk".

L'article était un des très rares entretiens que le scientifique de la Marine avait pu accorder au monde de la presse sur ses recherches. Le gros titre ne manqua pas d'intéresser Trafalgar Law.

"La guérison du cancer : Vegapunk, sauveur de tous les maux ?"

Le chirurgien de la mort lut avec attention.

Grand Line Times : Dr Vegapunk, bonjour et merci de vous entretenir avec nous.

Dr Vegapunk : Bonjour !

GTL : La science est toujours en mouvement et le monde médical encore plus. De nombreux miracles ont été accomplis, allant du vaccin anti-polio aux transplantations cardiaques, mais ce n'est rien en comparaison de vos travaux.

Dr Vegapunk : (tousse) Merci, veuillez poursuivre s'il vous plaît !

GTL : Depuis quelque temps, vous tentez de mettre au point, en accord avec le gouvernement mondial qui sous subventionne, un vaccin anti-cancer, est-ce vrai ?

Dr Vegapunk : Oui, c'est exact !

GTL : Pouvez-vous nous en dire plus ? Même si l'on sait que vous avez passé un accord avec la Marine pour garder le secret médical.

Dr Vegapunk : Le principe de base et très simple, partir d'un élément créé par la nature et le reprogrammer afin qu'il travaille pour le bien de l'organisme et non contre lui.

GTL : Vous êtes parti d'un virus, d'après nos informations ?

Dr Vegapunk : En effet, en l'occurrence, le virus de la rougeole, qui a été génétiquement modifié pour avoir une action bénéfique plutôt qu'agressive.

GTL : Nous savons aussi de ce qu'a laissé filtrer la Marine que vous avez fait vos expériences sur

une île cobaye. (Nous tairons le nom de cette île, car le Docteur nous rappelle que c'est un secret gouvernemental.)

Dr Vegapunk : Oui tout à fait, là où la concentration de cancer de la peau était le plus élevé selon un sondage...

GTL : Ce "combat contre la maladie", vous ne l'avez pas affronté seul, avez-vous était secondé ?

Dr Vegapunk : Oui, de nombreux chimistes et médecins m'ont assisté, mais c'est à une jeune femme, Colonel dans les forces de la Marine et spécialiste en virologie au G-5 que je dois mes heures de sommeil gagnées. Sa rapidité et sa logistique de travail m'ont fait gagner un temps précieux. (Le Docteur refuse de nous dire son nom car la personne préfère rester dans l'anonymat.)

GTL : Combien d'essais avez-vous fait ? Combien de personnes avez-vous traitées jusqu'ici ?

Dr Vegapunk : Eh bien, nous avons fait 10 000 essais cliniques sur l'homme pour l'instant.

GLT : Et combien ont été guéris du cancer ?

Dr Vegapunk: 10 000.

GTL: Donc pouvons-nous dire que vous avez réellement et officiellement guéri le cancer ?

Dr Vegapunk : Oui... Nous l'avons fait.

Law resta quelques secondes à réfléchir sur cette étrange découverte lorsqu'il entendit la voix de Bepo l'appeler de loin en criant.

CAPITAINNNEEE ! CAPITAINNNEEE !

L'ours entra dans le réfectoire, et s'arrêta net en face de son brun patron, manquant de se casser la figure devant lui.

Tu devrais venir voir ! Satchi a réussi à réparer la radio, et il y a un étrange message qui défile sur les ondes, déclara Bepo, essoufflé par cette petite course improvisée.

Trafalgar fronça les sourcils et se leva en direction de la salle des commandes. Un instant plus tard, suivi de Bepo, qui avait réussi à ravaler ses poumons, il trouva Satchi, Pinguin et plusieurs des Hearts Pirates autour de la radio.

Satchi, ton rapport ! lança Law.

Il se força pour paraître le moins désagréable possible, mais il parla fermement, s'asseyant dans son fauteuil de capitaine, les doigts croisés et les pieds sur le tableau de bord.

C'est un message qui défile en boucle, un message de détresse apparemment et c'est la voix d'une femme.

À l'évocation du mot "femme", Pinguin tendit plus attentivement l'oreille, des petits cœurs dans les yeux.

- Depuis combien de temps le message défile ?

Depuis que j'ai réussi à réparer la radio, il y a 10 minutes environ ! répondit Satchi.

Branche le haut-parleur !

Tout de suite, Capitaine ! s'exécuta le mécanicien.

Écoutez vite ! Le message arrive à la fin et elle va recommencer à parler, rajouta-t-il.

Le haut-parleur branché, tous se penchèrent pour écouter :

-Vous n'êtes pas seul...

*pause*

Je m'appelle Jones D. Lara et je suis une survivante. Je vis à Thanaman Island au nord-est

de Marie Joie. J'émets sur toutes les ondes. Je serai sur le pont de Daluna tous les

jours à midi, quand le soleil est au plus haut dans le ciel, lorsqu'ils ne

peuvent pas nous atteindre. Si vous m'entendez, si quelqu'un m'entend, j'ai de la

nourriture, j'ai un refuge, vous serez à l'abri. Je peux vous protéger, si quelqu'un m'entend,

n'importe qui, je vous en supplie, vous n'êtes pas seul.

Je m'appelle Jones D. Lara et vous n'êtes pas seul...

Satchi n'attendit pas l'ordre de son supérieur, il baissa de lui-même le son et le regarda.

Bepo, donne-moi notre position et la distance avec Thanaman Island.

Le commandant en second s'affaira rapidement.

Nous pouvons y être dans trois jours, Capitaine !

Ce n'est pas ce que j'ai demandé, Bepo ! rétorqua Law froidement.

Euh... c'est à trois jours de notre position... Désolé, Capitaine.

Tous restèrent silencieux, l'air grave, attendant que Trafalgar Law prononce son verdict. Ce message en remua plus d'un, Pinguin le premier. Était-ce parce que c'était une femme qui parlait dans cette radio… ? Assurément. Les regards entendus montraient bien que tous les hommes voulaient lui porter secours. Des pirates certes, mais avec un cœur...

En revanche, la sensiblerie ou les mélodrames n'étaient pas du tout la tasse de thé du ténébreux chirurgien, il fallait donc ne rien laisser transparaître pour ne pas qu'il tranche vers la négative.

Si vous me permettez, Capitaine, nous commençons à manquer de vivres...

Tous, sauf Law, se retournèrent vers Joe, le cuisinier resté en retrait jusque-là sur le pas de la porte.

Une escale, qu'importe où elle se trouve, serait la bienvenue... continua-t-il librement.

Le chirurgien se pinça douloureusement l'arête du nez, la migraine persistait et elle allait avoir raison de lui s'ils continuaient tous à minauder de cette manière.

Satchi, remonte le son de la radio ! ordonna-t-il, agacé.

Il se concentra une deuxième fois sur les paroles de cette femme, analysant chaque mot. Il buta sur une phrase qu'il répéta à haute voix.

Quand le soleil est au plus haut dans le ciel, lorsqu'ils ne peuvent pas nous atteindre... Lorsqu'ils ne peuvent pas nous atteindre. Qu'est-ce que cela signifie ? pensa-t-il. Une femme seule, qui plus est une survivante, voulant mettre à l'abri ses semblables et les protéger ? Mais de qui ? De pirates ? De la Marine ? De monstres marins ? Jones D. Lara... La volonté du D...

La curiosité du jeune homme fut piquée au vif et l'appel de l'aventure propre à tous les pirates lui revint en tête.

Il réalisa soudainement que tous ses hommes étaient suspendus à ses lèvres, attendant sa décision. Son côté sadique et manipulateur se réveilla instantanément et il s'octroya la légitimité, due à son statut de capitaine, de laisser durer le suspense, affichant un sourire narquois.

Cap sur Thanaman Island, Bepo ! finit-il par dire le plus calmement du monde.

- HOURRA ! hurlèrent les pirates tous en chœur.

Voilà les amis dites moi ce que vous en pensez, laissez une review , bonne comme mauvaise, mais surtout constructive , la suite arrive bientôt. bis