Voilà le deuxième chapitre de cette petite fic ! J'espère qu'il plaira également, n'hésitez pas à me dire ce que vous en penserez !


Mulan et Aurora étaient partie depuis une heure seulement et le niveau d'agacement de Mulan était déjà presque à son maximum. Elle avait beau savoir qu'Aurora n'était pas à l'aise dans la forêt les geignements incessants de sa compagne de voyage commençaient à lui porter sur les nerfs.

« Mulan, je suis fatiguée. On pourrait faire une pause, non ? Une petite pause. On est parties depuis siiii longtemps.

- Avance ! »

Mulan luttait depuis leur départ pour ne surtout pas succomber aux moues adorables d'Aurora, obligée de se répéter sans cesse de penser à ce que ressentirait son amie en se réveillant de son sort, réalisant qu'elle avait abusé de sa confusion.

« Mulan. Je veux bien avancer si tu me dis pourquoi tu es en colère. Non mais sérieusement ? Est-ce que je ne suis pas celle qui devrait bouder comme une enfant ? Aurora s'arrêta au milieu du chemin, les bras croisés et les sourcils froncés. Je suis celle qui s'est fait briser le cœur ! »

Voyant que Mulan ne s'arrêterait pas elle se mit à trottiner pour remonter à sa hauteur.

« Attends moAaaaah ! »

Malgré sa colère Mulan réagit aussitôt à la chute de son amie et se précipita à ses côtés.

« Est-ce que tu vas bien ?

- Je vais bien ! Aurora se releva rapidement, vexée. Maintenant que tu me regardes dans les yeux, dis-moi ce que je dois faire pour que tu arrêtes d'être en colère.

- Bien. La jeune guerrière soupira ostensiblement. Tu vas te taire. Et ôter cette jupe.

- Tu… Quoi ? Aurora rougit. Ta sympathie contre mon corps ? Je ne suis pas sure que ce soit équitable, mais soit.

- Mais enfin ! Non ! Je veux juste que tu coupes toutes ces fanfreluches dans lesquelles tu te prends les pieds, pas que tu… Te déshabilles. Coupe la jupe au niveau des genoux. Plus court serait préférable mais je doute que tu acceptes… »

Mulan sortit de son fourreau un poignard qu'elle avait récupéré pour remplacer son épée et le tendit à Aurora. La jeune femme s'en saisit, soudainement silencieuse, et tailla dans le tissu mauve de sa robe juste au-dessus du genou. Une sorte de compromis remarqua Mulan.

« Puisque j'ai rempli ma part de marché, est-ce que je peux attendre de toi protection et bonne humeur ?

- Tu n'as rien à faire pour avoir ma protection, elle t'est acquise depuis longtemps déjà. Avant même notre rencontre, en fait.

- Et la bonne humeur ? »

Mulan aurait voulu répliquer, juste pour le plaisir d'avoir, pour une fois, le dessus sur la princesse. Elle aurait voulu répondre que son humeur ou sa sympathie n'étaient pas monnayables, puis elle croisa le regard anxieux de sa compagne de voyage et réalisa qu'elle avait déjà le dessus sur elle. Dès l'instant ou Aurora avait avoué ses sentiments, réalisa-t-elle, tout temporaires ceux-ci soient ils. Aurora avait tout simplement déposé les armes aux pieds de Mulan, sous la forme d'un baiser maladroit et d'une longue chute de tissu couteux. Elle adressa un petit sourire rassurant à Aurora qui lui sourit en retour.

« Bonne humeur, d'accord. Mais sérieusement, continua-t-elle en récupérant son poignard des mains de la princesse, ne tente même pas de me parler chiffon ou ça ne durera pas. »

La jeune femme lui emboita le pas avec plus de facilité. Le tissu de sa robe était réellement épais et elle avait dû se sentir terriblement engoncée là-dedans. Néanmoins, Aurora recommença assez rapidement à ralentir. Mulan comprit la raison en baissant les yeux sur les ronces qui barraient le chemin. Son propre pantalon protégeait efficacement ses jambes. Mais si, comme elle le redoutait, celles d'Aurora étaient nues, celle-ci devait connaitre des difficultés à évoluer dans la forêt. Elle jeta un bref regard en arrière et grimaça. Les mollets délicats de la princesse étaient non seulement nus mais aussi d'ors et déjà couverts d'égratignures sanguinolentes.

« Je sais, soupira la jeune fille, j'ai honte de m'exhiber ainsi. Je suis heureuse que tu sois la seule à me voir comme ça. Est-ce que tu trouves ça choquant ?

- Non, jamais. Je m'inquiétais en réalité. Tu n'as pas mal ?

- Pas vraiment. Je ne suis pas si délicate ! Et je crois que je préfèrerais que tu ne me traites pas comme une petite chose fragile. Tu pourrais agir comme avec tes amies ? Celles que tu avais dans ton pays ?

- Oh… Je crois que je n'ai jamais réellement su comment me comporter avec les filles. J'ai eu des amis hommes, des compagnons d'armes… mais jamais vraiment d'amie. »

L'image de Mei s'imposa à son esprit, la seule femme qu'elle ait jamais réellement fréquentée. La situation était alors bien différente, et Mulan était encore Ping aux yeux du monde. Mulan plongea dans ses pensées, et le trajet se déroula de façon bien silencieuse. Aurora avait même arrêté de soupirer et de râler sans arrêt. En fait, remarqua Mulan, elle semblait même étonnement à l'aise dans les bois maintenant que sa jupe ne gênait plus ses mouvements. Peut-être avait-elle réellement eu tort de la considérer comme une petite chose fragile. La jeune femme avait visiblement des ressources cachées, qu'elle put également démontrer à l'heure du repas : Aurora était incollable sur les plantes comestibles de la forêt, et semblait experte dans l'art de trouver les œufs dans les nids abandonnés. Mulan ne put s'empêcher d'en faire la remarque, ce qui fit rougir de plaisir la jeune fille.

Lorsqu'elles repartirent enfin Mulan se trouva injuste de la contraindre plus longtemps au silence.

« Et si tu me parlais de toi, plutôt ? Comment tu as connu Philippe ? »

Mulan rata le regard un peu blessé que lui adressa la princesse à ces mots.

« Eh bien… Philippe était le fils ainé du royaume voisin au mien. Nos pères s'entendaient à merveille, alors ils ont décidé de recourir à une vieille tradition : ils ont échangés leurs héritiers, pour que chacun soit élevé dans le royaume qu'ils seront amenés à gouverner. Mon petit frère Aubin est parti dans le royaume voisin et Philippe est venu chez moi. Nous étions promis depuis sa naissance, puisqu'il est né un an après moi, et nous ne pouvions fréquenter d'autres enfants. Nous sommes donc très vite devenus très amis. Nous savions que nous n'avions d'autre choix que de nous aimer… Et puis Maléfique a commencé à nous menacer lorsque j'avais 17 ans, et mes parents m'ont envoyée me cacher chez mes marraines. Je crois que la distance a en quelque sorte décuplé nos sentiments : il me manquait, il était le seul jeune homme que j'ai connu… C'était probablement pareil pour lui. J'ai vécu cinq ans avec mes marraines avant que Maléfique ne me retrouve. Là-bas j'étais une jeune fille normale, vivant dans la forêt en plus ! C'est grâce à ça que je connais si bien les plantes. Tu sais, je ne suis définitivement pas une gamine pourrie gâtée. Mes parents ont fait en sorte que je ne le sois pas. Je n'aurais jamais été une bonne souveraine, sinon. Evidemment, ce n'est pas comparable avec ta vie, mais… Attends tu as entendu ça ? »

La question d'Aurora était inutile : Mulan s'était déjà figée, la main posée sur le pommeau du poignard. Trois hommes armés jusqu'aux dents et arborant un large sourire sortirent de l'obscurité.

« La jolie demoiselle a l'ouïe fine, éructa celui qui semblait le chef. Vos bourses, fillettes, et vous pourrez peut-être partir sans plus de dommages… Selon l'humeur de mes gars ! Termina-t-il dans un grand rire. »

Mulan était en train de calculer leurs chances de s'en sortir sans rien donner aux trois brutes, mais c'était sans compter l'impulsivité d'Aurora.

« On ne s'adresse pas comme ça à des dames ! Retirez ça immédiatement, badauds !

- Des dames ! Je ne vois aucune dame ici, rit à nouveau l'homme. Seulement une pâle copie d'homme, et une femme de bien petite vertu visiblement. Pas grand-chose à respecter. »

Aurora blanchit sous l'affront alors que l'homme lorgnait sans vergogne ses jambes nues. En entendant ces mots Mulan s'avança d'un pas, formant une barrière entre Aurora et le bandit et grogna, menaçante :

« Cette femme est ta princesse, sale porc ! Et même nue elle sera toujours cent fois plus respectable que toi.

- Oh, crois-moi, garçonnet. Si je l'avais nue devant moi, je la respecterais très profondément. »

Les mots de l'homme mirent Mulan suffisamment hors d'elle pour que son corps agisse d'instinct, sans qu'elle n'ait le temps de réfléchir. D'un geste leste elle lança son poignard qui se ficha dans la gorge de l'homme. Ses deux compagnons hésitèrent un moment mais décidèrent de prendre la fuite lorsque Mulan fit mine de sortir un deuxième poignard de sous sa cape. Elle attendit prudemment de ne plus les entendre avant de récupérer son arme toujours plantée dans la gorge du cadavre. Elle récupéra par la même occasion l'épée à l'âme courte que portait le malfrat : le bluff avait fonctionné avec les deux balourds, mais il risquait de ne pas marcher face à des combattants plus intelligents. Elle ne pouvait risquer la sécurité de sa princesse, même si cela signifiait porter l'arme d'un homme qui la répugnait.

Elle nettoya la lame de son poignard et le rangea tranquillement, avant de se tourner vers Aurora. La jeune femme avait les yeux plantés sur le corps du bandit et était toujours mortellement pâle.

« Est-ce que ça va aller ?

- Tu viens de tuer un homme pour moi.

- N'importe quelle personne de valeur l'aurait fait à ma place.

- Non, je ne crois pas.

- Ecoute-moi, Aurora, regarde-moi. Mulan attrapa la princesse par les épaules et l'obligea à fixer son regard dans le sien. J'ai juré de te protéger, et je ne pourrai jamais accepter qu'on te manque de respect comme cette ordure vient de le faire. Et si je dois tuer quelques ordures pour protéger ta dignité, alors je le ferai. Je l'ai fait, et je le referai sans problème. Et si cela te pose un problème, nous serons forcées de suivre des chemins séparés dès que je te saurai e sécurité. Parce que tu ne pourras jamais empêcher mon instinct de réagir comme ça lorsque tu es menacée.

- Je ne veux pas qu'on se sépare. Aurora secoua la tête tristement. Je veux rester avec toi.

- Pour le moment, soupira doucement Mulan.

- Pour toujours, affirma la princesse. Est-ce qu'on peut faire une pause maintenant ? Il fait très sombre et je me sens un peu secouée. »

Mulan hésita un moment : il faisait réellement sombre mais cela était uniquement dû au fait que la végétation était plus dense à cet endroit de la forêt. Ce n'était que la fin de l'après-midi, et elles auraient du pouvoir avaler encore de nombreux kilomètres avant la fin de la journée. Cependant Aurora semblait réellement secouée et Mulan doutait qu'elle put aller bien loin dans cet état. Heureusement pour elles, le cabanon dans lequel Mulan s'était arrêtée la nuit d'avant était tout près, et elle entraina Aurora avec elle dans sa direction. La princesse avait glissé sa main dans celle de la guerrière et avançait la tête basse.

Mulan poussa finalement la porte de la masure. Elle trouva dans un coin un sac abandonné, et trois sortes de traces de pas différentes qui lui indiquèrent que les bandits étaient passés par là avant de disparaitre. Elle ouvrit le sac et découvrit des provisions ainsi que quelques pièces.

En tournant la tête elle constata qu'Aurora n'avait toujours pas bougé, figée sur le palier, tremblant légèrement.

« Assieds-toi là, ordonna Mulan en désignant la paillasse. Prends ça. »

Elle tendit sa cape à la princesse qui s'en saisit avant de s'enrouler dedans. Son visage sembla plus apaisé, mais elle n'avait pas l'air totalement calme. Elle se coucha sur le côté roulée en chien de fusil. Mulan s'assit à côté du lit, bien décidée à y passer la nuit.

« Dors avec moi. »

La voix avait été tellement basse que Mulan crut un instant l'avoir rêvé mais Aurora la répéta doucement. Elle hésita un instant, voulu protester mais fut convaincue par la faiblesse de sa protégée. Elle se coucha elle aussi sur la paille, toute raide alors que la princesse jetait ses bras autour d'elle. Mulan ferma les yeux et s'autorisa à être faible pour seulement une nuit : elle attira la princesse contre elle et enfouit son visage dans ses cheveux.

Juste une nuit…