RAR: Merci beaucoup de vos reviews. Je suis ravie que ça vous plaise. Yeliria et Diidii, j'avoue que j'ai pensé à faire une scène où Casey annonçait à son oncle qu'elle était enceinte, mais ça, c'était avant que je vois la saison. Par la suite, j'ai décidé que ça ne collerait pas avec l'évolution que je voulais donner à son personnage. Donc, j'ai effacé la scène que j'avais écrite. Diidii, j'ai vu sur le net que les scénaristes n'avaient pas l'intention de faire revenir Stephen. Désolée de te décevoir.

Bref, bonne lecture.


Primeval, saison 3

Chapitre 2

Il y a 14 ans

Trois jeunes adolescents se dirigeaient vers une grande maison retirée.

_ Ouah ! T'as vu cette baraque, mon pote, elle est gigantesque ! s'exclama l'un d'eux. Allez, venez. Je vous parie que la clé est planquée dans le pot de fleurs.

Ils arrivèrent sur le perron. Le jeune garçon qui avait parlé, prit la clé de la porte d'entrée, qui se trouvait bel et bien dans le pot de fleur devant la porte.

_ Alors, qui avait raison ? fanfaronna-t-il.

_ On va se faire prendre, dit un de ses amis.

_ Aucune chance, répondit-il en ouvrant la porte.

Les trois garçons entrèrent dans la maison déserte.

_ Ouah, c'est génial, dit le premier. (ils regardèrent l'escalier) Vous avez vu cette rampe ? Elle est parfaite pour la glisse.

Il mit une cassette dans le poste, et lui et un de ses amis montèrent à l'étage, planches de skate en main. Le troisième resta au rez-de-chaussée. Il se dirigea vers la cuisine, ouvrit le frigidaire, et en inspecta le contenu. Quelque chose se faufila derrière lui. Il sentit sa présence, et se retourna, mais ne vit rien. Il retourna à sa fouille du frigo, prit une bouteille de lait, et la porta à ses lèvres. Soudain, un hurlement se fit entendre au premier étage. Il sursauta violemment, et lâcha la bouteille, qui se brisa par terre. Il retourna dans le salon, pour rejoindre les escaliers. Arrivé là, il entendit le bruit d'un animal, et se figea sur place. Il avança lentement vers les escaliers, mais n'osa pas les gravir. En haut, il aperçut comme une lumière qui clignotait. Le bruit d'animal reprit, mais il n'entendit aucun son indiquant la présence de ses amis.

_ Matt ? appela-t-il, d'une voix pas assurée.

Quelque chose qui se déplaçait très vite bougea vers lui. Surpris, il recula, glissa sur la marche qu'il avait gravie, et tomba en arrière. Il percevait des mouvements un peu partout dans la pièce, mais ne voyait rien. Il recula lentement, jusqu'à ce que son dos touche la cheminée. Il vit alors que la créature s'était arrêtée sur le canapé. Elle se fondait dans le cuir. Ce n'est que lorsqu'elle tourna la tête vers lui qu'il vit ses grands yeux jaunes, ses grandes oreilles pointues, et ses dents longues et meurtrières. Il ressemblait à Dobby, l'Elfe de maison dans Harry Potter, en beaucoup plus effrayant et dangereux.


Centre de Recherche des Anomalies, de nos jours.

Nick arriva au CRA, une mallette à la main. Sarah et Connor vinrent aussitôt le rejoindre, pour lui faire le rapport de leurs avancées.

_ J'ai essayé de faire le tracé des origines du Quilin, dit la jeune femme.

_ Plus connu sous le nom de Licorne Chinoise, ajouta Connor.

_ Exactement. On y fait référence pour la première fois au Vème siècle, dans le livre du Zuo Zhuan. Bref, j'ai fait un calcul approximatif, et je l'ai intégré à la matrice.

Ils entrèrent dans le labo de Nick, où il avait monté un modèle de toutes les anomalies recensées. Connor le regarda, et s'exclama :

_ Ce truc est génial !

Il commença à toucher le modèle.

_ Connor ? fit Nick. (Connor le regarda) Si tu touches à ça, tu risques de changer à jamais le destin de tout l'univers.

Connor baissa ses mains, et s'écarta du modèle, en disant :

_ Je touchais pas, je m'assurais juste que…

_ Très bien, fit Nick.

Casey arriva à ce moment là, d'un pas rapide.

_ Pardon du retard, je trouvais plus mes clés de moto.

_ C'est rien, assura son oncle. Tu as l'air en forme.

_ Oui, ces quelques jours de repos m'ont fait du bien. (elle avisa le modèle) Wow, t'as pas chômé, à ce que je vois.

Jenny entra aussi dans le labo, et s'arrêta net devant le modèle.

_ Pardon, mais quelqu'un pourrait m'expliquer ? demanda-t-elle.

_ J'allais justement demander ce que c'était, dit Casey.

_ Ceci est une maquette en 3D représentant l'ensemble des anomalies connues jusqu'à ce jour, à travers l'Histoire, dit Connor, fier comme un Pape.

Casey ne put résister à l'envie de le taquiner.

_ Et, tu étais obligé de prendre un ton théâtral pour nous l'expliquer ? demanda-t-elle.

_ Bah quoi ? Avoue que c'était bien.

Casey lui sourit. Sarah reprit le fil de son exposé :

_ Toutes les cultures ont leurs créatures mythiques, dit-elle. Comme… le Monstre du Loch Ness.

_ Je suis convaincu que partout où il y a un mythe se trouve une anomalie, dit Nick. Tout ce qu'on a à faire, c'est de dater avec précision l'ensemble de ces mythes.

_ Comme une carte routière, mais spatio-temporelle, dit Connor.

Nick prit une autre longue tige en plastique, et la plaça dans son modèle, en disant :

_ Après quoi nous pourrons commencer à prédire où et quand les nouvelles anomalies pourraient bien faire leur apparition.

_ Je dis peut-être une bêtise, mais… ce ne serait pas plus simple d'utiliser un ordinateur ? demanda Jenny.

_ Cette maquette rend les choses plus palpables, répondit Nick.

_ Ça lui permet de se prendre pour Dieu, plaisanta Connor. Vous voyez, le truc de la Création.

_ C'est ça, Connor, moque-toi, lui dit Nick, qui arrangeait le placement de sa tige. En attendant, sauf erreur de ma part, je crois qu'on vient de faire notre première prédiction.

Tout le monde se rapprocha, pour regarder.


Connor était allé rejoindre Abby dans la salle des opérations, pour travailler sur leurs ordinateurs. Casey, restée avec Nick et Sarah, admirait le modèle de son oncle. Celui-ci la rejoignit, et entoura ses épaules de son bras.

_ Je m'absente 3 jours pour un congé maladie, et toi, tu en profites pour construire ça, dit-elle. (elle soupira) Tu es un génie. Mon héros.

Nick rit, puis dit :

_ Ça te dit de bosser avec moi là-dessus ?

Sa nièce tourna la tête vers lui, les yeux pétillants, l'air d'un gamin qui vient de découvrir ses cadeaux de Noël, et répondit :

_ Tu plaisantes ? Bien sûr, que j'aimerais.


Nick, Casey et Sarah poussèrent les portes à battant de la salle des opérations, et le professeur lança :

_ Jenny, Becker, y'a du nouveau. (les deux interpellés le regardèrent) On a analysé les anomalies les plus récentes, et on les a placées dans la maquette.

_ La prédiction est particulièrement précise sur le lieu, poursuivit Casey. Mais, il y a un problème. Ça peut arriver demain, comme dans plusieurs années.

_ Je veux que vous vous rendiez sur les lieux, dit Nick. Et emmenez… (il regarda Abby et Connor) Sid et Nancy avec vous. (1)

Abby et Connor s'entreregardèrent, un peu vexés du surnom que leur avait donné Nick, et détaillèrent leurs vêtements. Nick n'avait pas tort, sur le surnom.

_ J'y vais aussi, dit Sarah.

_ Non, j'ai besoin de vous ici.

_ Je peux gérer ça, dit Becker.

_ Non, Cutter a raison, dit Jenny. Nous y allons.

_ Quoi qu'il arrive, appelez-nous, dit Casey, en suivant son oncle hors de la salle.

_ Sarah, appelèrent l'oncle et la nièce, d'une même voix, en sortant.

La jeune femme se tourna vers les autres, et leur dit :

_ Aidez-moi. J'ai été prise en otage par deux scientifiques obsessionnels.

_ Bienvenue dans notre monde, se moqua Connor.


Maison abandonnée.

Jenny gara la voiture du CRA non loin de la maison. Connor et Abby garèrent l'autre, et la rejoignirent. Ils se dirigèrent vers la rivière. Connor, son SDA miniature en main, dit en désignant la maison en ruine, de l'autre côté de la rivière :

_ C'est là. D'après Cutter, c'est ici que l'anomalie devrait s'ouvrir.

Tous trois regardèrent longuement la maison, se demandant où Cutter les avait envoyés.

_ On ferait mieux d'aller vérifier, hasarda Jenny.

Connor la regarda, puis dit :

_ Ah ouais, et après ? On se tourne les pouces jusqu'à ce qu'une anomalie apparaisse ?

_ Quelque chose comme ça, soupira Jenny, qui commençait aussi à croire que Cutter les avait envoyés là pour rien.

_ C'est passionnant. Ça se voit pas, mais là, je cache ma joie, lâcha Connor, qui avait l'impression que tout ceci n'était qu'une monumentale perte de temps.

Il secoua la tête, puis les suivit sur le pont qui menait à la maison. Connor monta les marches du perrons, puis donna un coup dans le carillon suspendit au porche. Il essaya la porte d'entrée, mais elle était verrouillée. Il fit le tour de la maison, pour trouver une issue. Pendant ce temps, Abby et Jenny l'attendirent devant la porte.

_ C'est plutôt calme, je trouve, dit Abby.

Jenny aperçut la sonnette, et décida de l'utiliser, dans le cas fortement improbable où la maison serait habitée. La sonnette résonna plusieurs fois dans la maison déserte. Jenny se penchait pour regarder à travers la vitre encrassée, quand soudain, la porte s'ouvrit d'un coup. La jeune femme se redressa, en sursautant.

_ Oh, Connor, soupira-t-elle, au jeune homme qui lui faisait un grand sourire.

_ La fenêtre était ouverte, il y a personne, lui répondit le jeune homme.

Jenny lui fit signe qu'elle voulait entrer, et il s'écarta. Abby la suivit, et Connor referma la porte derrière elle. Jenny pénétra dans ce qui avait été le salon, mais qui aujourd'hui était dévasté, et dit :

_ Qu'est-ce qui a bien pu se passer ?

_ C'est curieux, s'étonna Abby. Cette maison doit valoir beaucoup d'argent. Pourquoi les gens l'ont abandonnée ? Qu'est-ce qui les a fait fuir ?

_ L'odeur, suggéra Connor. Je les comprends, ça sent vraiment mauvais.

_ Ça vient sûrement des égouts, dit Jenny. A moins que ce soit lié à l'humidité.

_ Je pencherais plus pour une odeur d'animaux, dit Abby.

_ Quel genre d'animaux ? demanda Connor. Des putois ?

Jenny monta à l'étage. Abby allait la suivre, quand Connor lui lança le SDA, et partit inspecter les pièces du bas.

_ Les propriétaires sont peut-être en voyage, suggéra Abby quand elle arriva en haut des escaliers.

_ Je suis d'accord pour inspecter les lieux, mais on ne va pas y passer la journée juste pour satisfaire Cutter et sa dernière lubie.

_ Vous pensez qu'il a tort ?

_ Je pense qu'il est fou, mais il n'a pas forcément tort.

_ Je me trompe ou il ne vous est pas indifférent ? ironisa Abby.

_ Abby, vous est-il déjà arrivé d'être attirée par un homme qui… que vous n'aimez pas du tout ?

Abby rit, puis répondit :

_ Je ne suis jamais tombée amoureuse du bon. Tenez, je vais vous donner un tuyau : s'il vous intéresse, n'attendez pas qu'il fasse le premier pas. Vous serez morte bien avant qu'il ne vous ait déclaré sa flamme.

_ Vous allez suivre ce conseil, vous aussi ?

_ Je vais y penser.

Elles repartirent chacune de leur côté, explorer la maison. Jenny trouva un morceau de ruban de police, indiquant qu'un crime avait eu lieu ici. Abby redescendit, et entra dans la grande pièce qui servait probablement de salle à manger. Alors qu'elle admirait la pièce, un bruit se fit entendre dans la cheminée. Elle la regarda, et vit de la suie tomber du conduit. Elle s'en approcha, posa son sac par terre, et se pencha pour regarder à l'intérieur du conduit.

Dans la cuisine, Connor reçut un appel sur son portable. Il décrocha, et entendant Abby l'appeler, affolée, dit précipitamment :

_ Je vous rappelle.

Il raccrocha, et courut dans la salle à manger. Quand il y arriva, la pièce était vide. Il fit le tour de la pièce, en appelant la jeune femme. Un bruit dans la cheminée le fit s'en rapprocher. Il vit de la suie et des feuilles en tomber, et commença à craindre le pire. Son cœur s'emballa. Il s'approchait au ralenti de la cheminée, quand Abby lui sauta brusquement sur le dos, en criant :

_ Je t'ai eu !

Connor poussa un cri de terreur, et regarda Abby, hilare, qui se moquait de lui. Ayant eu l'impression de frôler la crise cardiaque, il lui demanda, la voix encore pas très assurée :

_ T'as quel âge pour me faire ça ?

_ Je t'ai fait peur ?

_ Non, mentit-il. Un peu, si, finit-il par admettre.

Il sourit, se remettant du choc, puis la regarda. Longuement. Gênés, tous deux se détournèrent.

_ J'ai cru que t'étais en danger, dit Connor.

_ Et tu as volé à mon secours. Merci, dit-elle, en déposant un baiser sur sa joue avant de s'éloigner.

D'abord sous le choc de la frayeur qu'elle lui avait faite, Connor était maintenant sous le choc du baiser qu'elle lui avait donné. La jeune femme se tourna vers lui, et s'exclama :

_ J'adore cette baraque ! Elle est délirante.

Elle sortit de la pièce.

_ Ouais, grimaça Connor avant de la suivre.

Mais, il s'arrêta sur le seuil, et se tourna vers la cheminée. Il se demandait ce qu'il pouvait bien s'y trouver, pour avoir fait tomber de la suie et des feuilles. Il ne se doutait pas que la créature s'y trouvait, et qu'ils venaient d'échapper à une confrontation éprouvante. Il sortit de la pièce.


Rues de Londres.

Sarah sortit d'un bâtiment, les bras chargés de documents. Elle marchait dans la rue quand Helen la heurta, faisant tomber ses documents au sol.

_ Oh, je suis désolée, s'exclama Helen.

_ Ce n'est rien, tout va bien, la rassura Sarah.

Elle se pencha pour tout ramasser. Helen en fit autant, en faisant mine de se confondre en excuses. Elle ramassa un papier représentant une licorne chinoise, et dit :

_ Quilin. Une créature magique de la Chine du 5ème siècle. C'est fou ce que les gens sont crédules. (elle la lui rendit) Ça va aller, vous êtes sûre ?

_ Oui, c'est bon, merci.

La jeune femme ne sentit pas Helen plonger la main dans sa poche pour y subtiliser son pass. Sarah la salua, et s'éloigna.


Maison abandonnée.

La porte d'entrée s'ouvrit, et Jenny sortit de la maison, suivie par Abby et Connor. Elle s'exclama, en passant le seuil :

_ Ça a été mouvementé !

Elle s'arrêta en voyant un homme appuyé à un des piliers soutenant le porche. Il leur tournait le dos, et brandit un badge, en demandant :

_ Jolie maison, n'est-ce pas ? Je peux savoir ce que vous faites ici ?

_ Nous la visitions, lui répondit Jenny.

_ De deux choses l'une. Soit vous êtes des cambrioleurs, soit des squatteurs.

Jenny descendit les marches du perron, en disant, amusée :

_ Vous trouvez qu'on a l'air de cambrioleurs ?

L'homme regarda Connor qui souriait à la blague de Jenny, et répliqua :

_ Il me semble avoir vu ce rigolo sur un avis de recherche, oui.

_ Il parle de moi ? demanda Connor à Abby, un peu vexé.

_ Inspecteur… ? commença Jenny.

_ Inspecteur de police Quinn, répondit l'homme. Et vous êtes ?

Jenny tourna la tête, à la recherche d'une excuse valable, et vit une pancarte d'une agence immobilière dissimulée dans les buissons.

_ Nous sommes promoteurs immobiliers, dit-elle.

_ Vous mentez. Je devrais vous arrêter, mais pour être franc, ça m'ennuie. Les gens comme vous n'en valent pas la peine. Allez vous en.

Vexée, la petite troupe se mit en marche. Connor se tourna néanmoins, et lui demanda :

_ Que voulez-vous dire par « les gens comme nous » ?

_ Les touristes du crime. Vous me tapez sur les nerfs. Allez, dégagez d'ici. Et je vous préviens, si je vous revoie dans le coin, vous me le paierez, c'est clair ?

_ Allons-y, dit Jenny.

Mais, Connor ne l'entendait pas de cette oreille. Il revint sur ses pas, et dit :

_ Au risque de vous étonner, j'admire la police. Je trouve même qu'elle fait un travail formidable. La difficulté, c'est de pas tomber dans la caricature du flic grincheux et rebelle que tout le monde déteste.

Tandis que Quinn et lui se défiaient du regard, Abby vint tirer son ami par la manche. Il finit par la suivre. Ils rejoignirent Jenny, et traversèrent le pont vers les voitures. Non loin de là, une petite fille les observait sans qu'ils le sachent.

_ Y'a des choses bizarres, par ici, dit Jenny. Abby, vous restez là. Si quelque chose vous paraît suspect, appelez-nous.

_ Et vous, vous allez où ? lui demanda la jeune femme.

_ Chercher des réponses, lui répondit-elle, en s'éloignant. Connor, vous venez avec moi.

Toujours énervé, le jeune homme la suivit de mauvaise grâce. La petite fille les observait toujours. Elle fit un mouvement qui fit craquer une brindille. Abby l'entendit, et tourna la tête vers le bruit. Elle n'eut que le temps de voir la fillette se cacher.


Centre de Recherche des Anomalies.

Devant le CRA, Helen avait garé sa voiture. Elle était restée au volant, et donnait ses instructions à l'un de ses clones.

_ Gardez la tête baissée, et ne regardez personne dans les yeux. Cutter et Casey sont les seules personnes susceptibles de vous reconnaître, mais si la situation tourne mal, vous savez quoi faire. (elle lui donna une arme) Allez-y.

Le mercenaire prit l'arme qu'elle lui donnait, et se dirigea vers le CRA. Il entra grâce au pass de Sarah. Les soldats chargés de surveiller l'entrée ne le remarquèrent pas. Ils discutaient d'un système défaillant, qu'il fallait réparer. Grâce à la caméra miniature fichée sur son oreille comme un micro, Helen pouvait suivre ses déplacements, et voir ce qu'il voyait en temps réel. Il s'arrêta devant le labo où travaillaient les Cutter. Aucun d'eux ne le vit, car ils tournaient le dos à la porte.


Sarah arriva à l'entrée du CRA, mais ne trouva pas son pass. Becker, debout devant elle, s'amusait grandement d'appliquer les consignes de sécurité à la lettre, et de lui interdire l'entrée sans son pass.

_ Personne ne rentre sans pass, lui dit-il, retenant à grand peine un sourire amusé.

_ Je l'avais sur moi en partant, protesta la jeune femme, en fouillant dans ses affaires. C'est pas comme si vous ne saviez pas qui je suis.

Un des hommes de Becker lui dit alors :

_ C'est bizarre, apparemment, le Dr Page est déjà dans l'immeuble depuis 1/4h.

Becker fronça les sourcils, subitement inquiet, et partit en courant.


Pendant ce temps, le nettoyeur d'Helen avait atteint les vestiaires, et tirant une lime de sa poche, força la serrure du casier de Cutter, pour en sortir sa veste.

Casey entra dans les vestiaires. Elle vit un homme, de dos, qui venait d'ouvrir le casier de son oncle. Il lui semblait reconnaître sa silhouette. Elle l'interpella :

_ Eh ! Qu'est-ce que vous faites ?

L'homme se retourna, et elle reconnut le mercenaire mort dans le désert du Silurien. Choquée, elle fit un pas en arrière. L'homme sortit un pistolet de sa poche, et le lui braqua dessus. A ce moment là, l'alarme du CRA retentit. Becker entra en trombe dans les vestiaires, et lui cria, son arme braquée sur lui :

_ Lâchez votre arme, et allongez-vous, c'est un ordre !

Le mercenaire pointa son arme sur lui. Becker appuya sur la détente, et il s'écroula, une balle dans la tête. Le jeune militaire s'approcha de lui doucement, et du pied, poussa l'arme loin de lui. Nick entra dans la pièce, regarda le cadavre, et dit :

_ Je connais, ce type. (il s'approcha) C'est tout simplement impossible, souffla-t-il.

_ Pourquoi ? demanda Becker.

_ Parce qu'on l'a vu mourir dans le désert Silurien, il y a des millions d'années de cela, répondit Casey, qui s'était laissée glisser au sol, ses jambes ne la portant plus.

Son oncle s'approcha d'elle, et lui demanda :

_ Ça va ?

Elle acquiesça. Becker l'aida à se relever, mais la sentit toute tremblante. La jeune femme resta collé à lui, et il ne fit rien pour la repousser. Elle avait besoin d'un contact pour se rassurer, et il venait de lui sauver la vie. Une main sur sa taille pour l'aider à marcher, ils sortirent des vestiaires.


Centre de tir de la police.

Quinn s'entraînait au tir, avec son chef. Quand ils eurent fini de tirer, il demanda à son supérieur :

_ Alors, chef, ça y est, ils ont rouvert l'enquête ?

_ Quelle enquête ?

_ Il se trouve que j'ai croisé trois agents gouvernementaux près de la maison des Brooks.

_ Ça va pas recommencer, soupira son chef.

_ Ils ont dit qu'ils étaient promoteurs, mais j'ai vérifié leur plaque, c'était une voiture officielle.

_ Un conseil, restez en dehors de ça.

_ Vous voulez mon avis ? Je suis sûr qu'ils ont ouvert une nouvelle enquête.

_ Adressez-vous à quelqu'un d'autre, Danny, je n'ai pas le temps de m'occuper de ça.

_ Et bien, trouvez-le, monsieur, lâcha Danny dans le dos de son supérieur qui s'éloignait.

Son chef s'arrêta, et revint sur ses pas, puis lui dit :

_ Compte tenu de vos antécédents avec cette maison, je veux bien passer l'éponge, et faire comme si je n'avais rien entendu. Oubliez ça, Danny, c'est une affaire classée.

Il partit. Danny murmura :

_ Pas pour moi.


Maison abandonnée.

Abby était retournée sous le porche de la maison, et se balançait sur la balancelle, pour passer le temps, son SDA dans les mains, pour le cas où une anomalie s'ouvrirait. La fillette l'observait toujours à son insu. Abby continua à se balancer, complètement inconsciente du fait que la créature se trouvait juste derrière la fenêtre dans son dos. Celle-ci ouvrit doucement la baie vitrée. A ce moment là, le tonnerre gronda. Abby sauta sur ses pieds, et s'éloigna de la maison, pour retourner à la voiture, se mettre à l'abri. Elle vit alors la petite fille qu'elle avait aperçue un peu plus tôt. Elle se trouvait dans son jardin, de l'autre côté de la rivière, et tenait son petit chien en laisse. Elle était immobile, et ne quittait pas Abby des yeux.


Zone résidentielle.

Connor et Jenny descendirent de voiture, et se dirigèrent vers l'agent immobilier, occupé à signaler les maisons à vendre.

_ Excusez-moi ! l'interpella Jenny.

L'homme se retourna, et lui dit, un sourire aimable aux lèvres :

_ Bonjour.

_ Bonjour, répondit Connor.

_ On a des questions à vous poser sur une propriété, lui dit Jenny.

_ Pas de souci. Laquelle ?

_ La maison abandonnée sur l'île.

Jenny n'eut que le temps de se baisser, et Connor de se reculer, pour éviter de se prendre la pancarte que l'agent sortait de son coffre en pleine tête.

_ Pourquoi ? Elle vous intéresse ?

_ Euh… oui. Oui. En tout cas, on y pense, pas vrai chérie ? fit Connor en enlaçant les épaules de Jenny, endossant le rôle d'un couple.

La jeune femme se dégagea d'un coup de coude dans l'estomac, qui fit regretter son initiative au jeune homme, qui se plia en deux. Connor dit :

_ D'ailleurs, c'est curieux qu'elle soit toujours en vente.

_ Oh, c'est assez calme, en ce moment, rien ne se vend.

_ Je doute que ce soit la seule raison, dit Jenny. Il a dû s'y passer quelque chose.

_ Vous parlez des jeunes ?

_ Des jeunes ? répéta Connor.

_ Trois gamins du coin entrés par effraction dans la maison pour s'amuser.

_ Qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Jenny.

_ Ils ont disparus. Aucune trace d'eux depuis 14 ans.

_ Il y a forcément une explication, dit Jenny.

_ Un seul garçon est revenu. Il s'appelait, euh… Ryan Mason.

_ Mason ? répéta Connor.

_ Oui, Ryan Mason. (il laissa échapper un petit rire) Certaines personnes disent que la maison est hantée. Ils entendent des hurlements et des bruits.

Jenny fit semblant de partager son sentiment, mais elle commençait sérieusement à se dire que Cutter avait vu juste, et qu'une créature devait même être déjà dans la maison. L'agent immobilier lui tendit sa carte, en disant :

_ Si vous êtes intéressés, je peux vous en avoir un très bon prix.

_ Merci, on va y réfléchir, répondit Jenny.

_ Faites vite, que je m'en débarrasse une fois pour toutes.

_ Merci du tuyau, lui répondit Jenny.

Puis, elle et Connor retournèrent à la voiture.

_ Et là, on fait quoi ? demanda Connor.

_ Il faut retrouver Ryan Mason, répondit Jenny. Je vais passer un coup de fil.


Maison abandonnée.

Abby se dirigeait vers la maison, pour se réinstaller sous le porche, quand un mouvement à l'étage attira son attention. Elle vit un rideau remuer, comme si quelqu'un l'épiait d'une des pièces du premier étage. Curieuse, elle courut vers la maison, et y entra.

_ Y'a quelqu'un ? demanda-t-elle. (elle entendit des bruits à l'étage) Qui est là ? (elle commença à lentement monter les escaliers) Y'a quelqu'un ?


Lieu de travail de Ryan Mason.

_ Ryan ! appela Jenny. Ryan, il faut qu'on vous parle.

Elle et Connor montèrent sur le manège qui tournait.

_ Non, fichez-moi le camp, rétorqua le jeune homme.

_ Vous êtes bien Ryan Mason ? insista Jenny.

_ Vous n'avez pas payé, répliqua-t-il, en voyant Connor assis sur l'un des chevaux.

_ J'aurais adoré faire ce boulot, dit celui-ci, avec l'air d'un enfant qui vient de voir le Père Noël.

_ On sait que ce qui est arrivé à vos amis n'est pas votre faute, dit Jenny.

_ On voudrait savoir ce qui s'est passé dans la maison, dit Connor. Ça a dû vous rendre fou pendant toutes ces années, que tout le monde vous prenne pour un tueur, alors que vous n'aviez rien fait de mal.

Ryan s'arrêta, et les regarda. Il n'avait jamais rencontré personne qui le croie, et là, quelqu'un croyait enfin sa version. Jenny l'encouragea du regard à parler.

_ J'ai entendu ce terrible hurlement, dit-il. Il y avait cette… cette lumière, qui brillait. Je ne l'avais pas remarquée avant.

_ Est-ce qu'elle clignotait ? demanda Connor.

_ Comment le savez-vous ?

Ceci confirma leurs soupçons : une anomalie s'était bien ouverte dans cette maison, et une créature l'avait très certainement traversée.

_ Je me suis mis à courir, continua Ryan. J'ai entendu un cri. Le cri d'un animal. Un animal que je n'avais encore jamais vu.

La seule solution qu'il avait trouvée pour s'en sortir vivant, avait été de lui jeter de la suie au visage, ce qui l'avait aveuglé assez longtemps pour qu'il sorte par une fenêtre.

_ Je n'ai plus jamais revu mes amis, ajouta Ryan. Ecoutez, j'aime bien mon job. Personne n'est au courant. Ne dites rien.

_ Comptez sur nous, lui assura Connor.

_ Vous n'avez rien à vous reprocher, Ryan, lui dit Jenny.

_ Je suis retourné près de cette maison des milliers de fois. Je n'ai jamais eu le courage de passer la porte. Mais, j'y arriverai.

Il retourna travailler. Jenny soupira. Elle se sentait désolée pour lui, pour ce qu'il avait dû endurer.

_ On y va, dit-elle.

Ils quittèrent tous deux le manège.


Maison abandonnée.

Pendant ce temps, Abby explorait toujours la maison. Elle entra dans une pièce à l'étage, et dit :

_ Eho ?

Elle se dirigea vers la fenêtre, puis entendit du bruit derrière elle. Elle se retourna brusquement. En retournant sur ses pas, elle s'aperçut que le bruit venait de derrière un matelas, posé debout contre le mur. Elle le souleva légèrement, et vit qu'il masquait l'entrée d'une pièce. Elle se glissa derrière. Une fois de l'autre côté du matelas, elle épousseta son blouson, et s'avança dans la pièce. Elle se trouvait dans la pièce où elle avait vu le rideau bouger. Elle s'en approcha, et l'écarta, pour voir si quelqu'un se cachait derrière. Elle ne vit pas la créature sur le mur, à côté d'elle. Elle perçut soudain un mouvement, et se retourna. Elle entendait des bruits de pas, mais ne vit rien du tout, et pourtant, le bruit venait bien de cette pièce. Elle se dépêcha de sortir, craignant que ce ne soit un prédateur du futur. La créature la suivit. Abby arriva aux escaliers. Elle entendit du bruit tout près d'elle. La créature surgit devant elle, et Abby hurla de peur. Son pied rata la première marche, et elle dévala les escaliers en arrière. Sa tête heurta une marche, et l'assomma.


Connor ouvrit la porte de la maison, et lui et Jenny entrèrent. Le jeune homme repéra vite Abby allongée dans les marches, qui reprenait lentement conscience. Il se précipita vers elle, Jenny sur ses talons.

_ Abby ? dit-il doucement. Réveilles-toi. (la jeune femme ouvrit les yeux). Ça va ?

_ J'ai dû rater une marche, répondit la jeune femme.

_ Essaie de te lever, dit Connor.

Il l'aida à se redresser, puis à se mettre sur ses pieds.

_ Doucement, faites attention, dit Jenny à Connor.

Une fois debout, Abby réalisa qu'elle s'était relevée trop vide, et dit en s'asseyant :

_ Euh… je vais m'asseoir.

_ Abby, qu'est-ce qui s'est passé ? demanda Jenny.

_ Et bien, je… j'étais à l'étage. J'ai cru voir quelqu'un dans une des chambres. Après ça, je me souviens plus de rien.

_ On ferait mieux d'appeler un médecin, dit Connor, inquiet.

_ D'accord, dit Jenny. (à Connor) Vous restez ici, mais vous attendez à l'extérieur.

_ D'accord, répondit le jeune homme.

Il releva Abby, et la soutint jusqu'à la voiture. En haut des marches, la créature n'avait pas cessé de les observer.


Centre de recherche des Anomalies.

Sarah, Becker, Casey et Nick étaient réunis dans un labo. Sarah dit :

_ Cutter, ce type s'est fait dévoré par un scorpion géant dans le désert Silurien. Il est peu probable qu'il ait survécu à ça.

_ Je n'ai pas dit que ça avait du sens.

_ D'accord, concéda Becker, en se rapprochant de Sarah. Si ce n'était pas lui, mais son jumeau ?

_ Ça n'explique pas pourquoi il fouillait dans le casier de Nick, dit Casey.

_ Et bien, il a tué son frère… lui, il fouille dans son linge, dit Becker, ne pouvant s'empêcher de rire. (à Cutter) Vous avez dit vous-même que ça n'avait pas de sens.

Les deux Cutter s'entreregardèrent, lisant dans les yeux de l'autre, qu'ils pensaient tous les deux à la même chose.

_ Il y a une autre option, dirent-ils dans un parfait ensemble. Helen.

_ Elle y est sûrement pour quelque chose, il travaillait pour elle, avant, poursuivit Nick.

_ Et alors, vous pensez qu'elle l'a ressuscité ? demanda Becker. C'est plus flippant que je ne le pensais.

_ Vous n'avez pas idée, dit Nick.

Casey regarda le jeune capitaine dans les yeux, et dit :

_ Règle numéro 1 : quand quelque chose d'inexplicable se produit, c'est qu'Helen n'est pas très loin.

_ Faites-moi confiance… Elle est revenue, dit Nick.


Maison abandonnée.

Debout sur le pont, Connor admirait le paysage. Conformément aux instructions de Jenny, il n'était pas retourné dans la maison. Il remarqua alors une fillette, immobile, qui le fixait. Il lui fit un signe de la main, en disant :

_ Salut.

Mais, la petite fille ne bougea pas d'un pouce, et se contenta de le fixer du regard.

_ Ok, dit-il.

Il fouilla dans ses poches, à la recherche de son téléphone, mais ne le trouva pas.

_ Où j'ai mis mon téléphone ? se demanda-t-il.

Il se rappela alors qu'il l'avait fait tomber, quand Abby lui avait sauté dessus dans la salle à manger, pour lui faire peur. Il soupira de sa malchance, et se dirigea vers la maison. La fillette le rappela alors :

_ Non ! (il s'arrêta, et se retourna vers elle) Vous pouvez pas aller à l'intérieur !

_ Je dirai rien si tu dis rien, lui dit-il, croyant qu'elle pensait aux ennuis qu'il pourrait avoir avec la police.

Puis, il sourit, ravi de sa blague, et se dirigea vers la maison.

La créature avait trouvé le téléphone, et se mirait dedans. Puis, d'un coup de griffe, elle l'envoya valser bien plus loin.

Connor ouvrit la porte de la maison, et entra. La créature était retournée à l'étage, et l'observait du palier. Connor regarda un instant en haut, pour voir s'il voyait quelque chose, mais ce ne fut pas le cas.

_ Bon, où il est, ce téléphone ? murmura-t-il.

Il n'eut pas le temps de faire un pas de plus. Quelqu'un ou quelque chose l'agrippa par derrière, et le poussa contre un des piliers de l'escalier. Il tourna la tête, et vit Danny Quinn, qui lui maintenait les mains derrière le dos.

_ Mais qu'est-ce que vous faites ? lui demanda-t-il, stupéfait.

_ Je vous avais prévenu. Je vous arrête pour effraction.

Connor poussa un petit cri de douleur, quand Danny referma les menottes, les serrant un peu trop, pour faire bonne mesure.

_ Non, vous avez tort. Vous faites une énorme erreur, protesta Connor. Je peux pas partir, quelque chose de terrible pourrait arrivé.

Danny lui fit faire volte-face, et lui dit :

_ Ah, vraiment ? Comme quoi ? (Connor ne répondit pas) Suivez-moi.

Il le poussa vers la porte. La créature n'avait pas perdu une miette de leur échange.


Poste de Police.

Assis dans sa cellule, Connor semblait avoir le poids du monde sur les épaules. Après avoir verrouillé la porte, Danny fit sauter les clés dans sa main, en disant :

_ Je vous avais prévenu.


Maison abandonnée.

L'agent immobilier revint à la maison, et replanta une pancarte au nom de son agence, en disant :

_ Ne jamais laisser s'échapper une bonne commission sans combattre.

Puis il se dirigea vers la maison. Il voulut mettre la clé dans la serrure, mais s'aperçut que la porte était déjà ouverte. Il entra, sous le regard attentif de la petite fille, qu'il n'avait pas vue.


Poste de Police.

Connor regarda par la lucarne dans la porte de sa cellule, et vit Danny, appuyé sur le mur d'en face.

_ Vous faites une terrible erreur judiciaire, lui dit-il. (Danny ne réagit pas) Je demande l'Habeas Corpus ! C'est clair ? Enfin, je le demanderais si je savais ce que ça voulait dire. Eh, je connais mes droits, vous savez ?

_ Citez-les.

_ Quoi ?

_ Citez-les !

Connor, prit au dépourvu, et incapable de répondre, se mit à réfléchir intensément. A vouloir faire comme dans les films, on se retrouve dans une impasse. Il réfléchissait encore, quand le téléphone sonna. Pris d'un éclair de génie, il s'exclama :

_ Un coup de fil ! Oui, c'est ça, j'ai droit à un coup de fil !

_ Bon garçon, se moqua Danny.

_ Ouais, et j'ai aussi le droit de garder le silence.

_ Je le ferai valoir tout de suite, si j'étais vous.

Déçu, Connor se retourna, avant de revenir regarder par la lucarne, en disant :

_ Vous vous croyez où, là ? Dans un état policier ? Vous pouvez pas priver les gens de leur droit sans les prévenir… au préalable. (2)

Danny se pencha vers la lucarne, puis en remonta le cache.

_ Ah, super ! Ah ça, super drôle, poursuivit Connor derrière la porte. Allez, soyez sympa. Vous pouvez pas me garder ici. Il faut que je parle à mes amis.

Danny rouvrit la lucarne.

_ Dites-moi ce que vous et vos amis faisiez dans cette maison, dit-il.

_ Je peux pas vous dire.

_ Je sais que vous n'êtes ni promoteur immobilier, ni assez diplômé pour faire partie du MI-5. Qui êtes-vous ?

_ Laissez-moi passer un seul coup de fil, et je vous promets de vous répondre. Dites oui, le supplia-t-il.

Danny se redressa sans rien dire. Connor lui demanda :

_ C'est oui, ou c'est non ?

Pour toute réponse, Danny remonta le cache de la lucarne.


Maison abandonnée.

Jenny gara la voiture derrière l'autre, devant la maison. Son téléphone sonna. Elle décrocha :

_ Connor ? dit-elle. Quoi ? ! Il manquait plus que ça. Je fais au plus vite. (elle raccrocha. A Abby) Devinez: Connor a été arrêté.

_ Allez-y, moi je surveille la maison, dit Abby.

_ Je peux vous laisser seule ?

_ Bien sûr, tout va bien. J'ai glissé, c'est tout. Ça va aller. Sauvez-vous.

_ Je fais au plus vite, l'assura Jenny.

_ Embrassez-le pour moi.

Jenny remonta en voiture, et partit. Abby regarda la maison. Elle se demandait ce qu'elle pouvait bien renfermer.


Centre de Recherche des Anomalies.

Cutter était retourné au travail. Sa nièce était allée s'enfermer dans son bureau, préoccupée par le retour de sa tante. Cela faisait maintenant des heures qu'elle était assise à son bureau, les yeux rivés sur un dossier, complètement coupée du monde extérieur. Becker entra dans le bureau de Casey, une tasse de thé fumante à la main. Il la posa sur le bureau, en disant :

_ J'ai pensé que ça vous ferait du bien.

Sans relever la tête du dossier sur lequel elle travaillait, Casey lâcha un « merci » machinal. Son esprit était à des lieues du CRA, fixé uniquement sur le dossier qui se trouvait éparpillé devant elle sur le bureau. Le jeune capitaine se mit à arpenter la pièce, regardant chaque photo punaisée au mur, lisant chaque annotation. Finalement, agacée par le couinement de ses rangers, Casey releva lentement la tête en soupirant, puis demanda :

_ Vous avez besoin de quelque chose, capitaine ?

_ Non, je regarde juste à quel point votre tante est une obsession pour vous.

Casey se leva, et vint le rejoindre, devant la photo de sa tante qui lui servait de cible aux fléchettes. Tout autour de cette photo se trouvaient un plan, où des punaises marquaient les endroits où elle avait été vue, ainsi que différents post-it couverts de l'écriture de la jeune Cutter.

_ Je ne suis pas obsédée par Helen, se défendit Casey. (Becker lui jeta un regard dubitatif) Bon, d'accord, peut-être un peu. Mais, si je veux avoir une chance de l'arrêter, j'ai besoin de savoir où elle a été, et ce qu'elle y a fait. (elle reporta son attention sur le panneau) Vous savez, une fois, j'étais allée chez mon oncle, et on avait passé une bonne partie de la nuit à discuter. C'était au moment où on venait de découvrir les anomalies. On avait beaucoup parlé d'Helen, et je me rappelle lui avoir dit que depuis qu'il avait découvert qu'il était possible qu'elle soit encore en vie, il était complètement obsédé par elle. (elle regarda Becker) On dirait que c'est mon tour, maintenant.

Becker hocha la tête, puis lui dit :

_ Vous savez, au lieu de mettre des panneaux de liège partout, vous auriez dû demander que les murs soient directement recouverts de liège.

_ Figurez-vous que je l'ai fait, mais on m'a répondu que les murs du CRA seraient tous de la même couleur, et que si ça ne me plaisait pas, c'était pareil.

Becker la regarda, et lui demanda :

_ Ça va mieux ?

_ Oui. Se faire braquer n'est pas une partie de plaisir, j'ai eu la peur de ma vie, mais ça va mieux, maintenant.


Maison abandonnée.

La nuit était tombée. Abby s'était réfugiée dans la voiture, et écoutait de la musique, pour passer le temps, quand la sonnette d'un vélo attira son attention. Elle sonnait à intervalles réguliers. Elle vit alors la petite fille qui l'observait passer non loin de la voiture, en vélo. Abby sortit de la voiture, et choisit de la suivre, afin de savoir où elle allait, à cette heure de la nuit. Elle fut rapidement distancée par la fillette, mais la suivait grâce au son de la sonnette. Elle ne vit donc pas la créature suivre la fillette. Ce n'est que lorsqu'elle entendit le cri d'un animal, qu'elle se mit à courir, subitement inquiète pour la fillette. Elle finit par entrer dans un parc, et vit la bicyclette par terre, la roue arrière qui tournait dans le vide, comme si on l'avait laissée tomber avant de s'arrêter, puis elle aperçut la créature, qui lui tournait le dos, et semblait dévorer quelque chose. Elle alla alors prudemment se cacher derrière un buisson, sans faire de bruit, pour l'observer. En levant un peu les yeux, Abby vit la fillette, perchée sur une branche au-dessus de la créature, qui lui jetait des saucisses grillées. La créature les avalait goulûment. Elle soupira de soulagement. L'espace d'un instant, elle avait cru que la créature l'avait dévorée. Elle essaya de s'avancer un peu, pour mieux voir la créature, mais marcha sur une brindille, qui craqua. La créature se retourna, et Abby la vit changer de couleur de peau, pour se fondre dans le décor, avant de se sauver. La petite fille resta stoïque. Abby l'aida à descendre, et lui tenant son vélo, elles marchèrent toute les deux vers la maison de la fillette.

_ N'ayez pas peur, dit celle-ci. Il ne nous fera aucun mal. Je prends soin de lui. Je le nourris pour qu'il ne mange ni Alfie, ni les autres chiens. Tout le monde ici prétend qu'il n'est pas réel. Mais croyez-moi, il l'est. Je dois à tout prix l'empêcher d'être méchant. C'est mon rôle.

Abby s'arrêta, posa le vélo à terre, et s'agenouilla devant elle.

_ T'inquiète pas, Emily, dit-elle. On va prendre le relais, à présent. D'accord ?

_ Oui.

Abby se releva, repris le vélo, et toutes deux se remirent en marche.

_ Il vit dans cette maison abandonnée, dit Emily. Je vous en prie, n'y allez pas.

_ Rassure-toi, je n'irai pas.


Poste de Police.

Une femme officier emmena Jenny jusqu'à la cellule de Connor, et en ouvrit la porte. Connor en sortit, en disant à Jenny :

_ Oh, merci, vous êtes venue. Merci mille fois. Oh, dans mes bras. (il serra Jenny contre lui) Oh, c'est tellement bon de pouvoir compter sur quelqu'un ! Je suis devenu dingue, moi, là-dedans !

_ N'exagérez pas, vous n'êtes resté que quelques heures.

_ Je ne suis pas Nelson Mandela, mais ça ne veut pas dire que je n'ai pas souffert, protesta Connor.

Danny arriva, et vit Connor hors de sa cellule.

_ Eh ! dit-il. Je peux savoir ce que vous faites là ?

_ Avec plaisir, inspecteur Quinn, lui rétorqua Jenny. Je suis venue chercher mon collègue, et à votre place, je n'essaierais pas de m'y opposer.

_ Et si je refuse ?

Le téléphone de Jenny sonna. Elle regarda l'écran.

_ Tenez, c'est pour vous, dit-elle en lançant le téléphone à Danny.

_ Danny Quinn, dit celui-ci en décrochant. Ah, non, monsieur, non, bien sûr que non… C'est… D'accord, je m'en occupe tout de suite.

Il raccrocha. Jenny choisit d'enfoncer le clou.

_ Je crois savoir que le Ministre de l'Intérieur déteste être réveillé en pleine nuit. Tâchez de vous en souvenir, à l'avenir. Téléphone.

_ Vous croyez que j'ai droit à une indemnité ? lui demanda Connor.

Danny rendit le téléphone à Jenny, en lui disant, menaçant :

_ Si je vous vois encore rôder autour de cette maison, vos amis hauts placés ne vous seront d'aucune aide, alors laissez faire les professionnels.

Jenny leva les yeux au ciel devant tant de machisme, et répliqua, en lui tendant un papier officiel :

_ Aux dernières nouvelles, ce n'est plus du ressort de la police. C'est celui du gouvernement. En gros, si vous ou un de vos hommes entrez dans cette maison, vous commettrez une infraction. Alors, laissez faire les professionnels.


Le jour s'était levé. Jenny et Connor sortirent du poste de police. Jenny décrocha son téléphone.

_ Abby ? dit-elle.

_ La créature peut se camoufler dans le paysage. C'est pour ça qu'on ne la voyait pas.

_ Excellent. J'appelle Becker. En attendant, n'allez pas à l'intérieur.


Maison abandonnée.

Abby raccrocha. En arrivant au niveau du pont, elle vit Ryan Mason devant la maison, qui avait visiblement l'intention d'y pénétrer.

_ Eh ! l'appela-t-elle. (mais il ne s'arrêta pas) N'entrez pas dans la maison !

Mais, Ryan ne l'écouta pas, et franchit la grille, puis rentra dans la maison. Abby se mit à courir vers la voiture. Elle récupéra son fusil tranquillisant, le chargea, et courut vers la maison, en appelant Jenny :

_ Jenny, changement de programme. Je vais entrer dans la maison. Venez dès que vous pouvez.

Elle raccrocha, et s'arrêta devant la maison, hésitant un instant à y rentrer seule. Mais, la pensée qu'un innocent s'y trouvait avec la créature lui donna le courage d'entrer. Elle brandit son arme, respira un grand coup, et poussa la porte du pied. Des bruits d'animaux, ainsi que des bruits de parquet qui craque lui parvinrent de l'étage. Elle se dirigea lentement vers l'escalier. Soudain, alors qu'elle avait monté les trois premières marches, un bruit vers la porte de la salle à manger attira son attention. Elle ne vit rien, mais savait que la créature pouvait se camoufler. Elle s'avança donc prudemment vers la porte, sans voir la créature se glisser derrière elle, ouvrit la porte, et entra dans la pièce. Elle fit le tour de la pièce, attentive au moindre mouvement. Elle en perçut d'ailleurs un derrière elle, et se retourna brusquement, son arme pointée devant elle, sur… Ryan Mason. Celui-ci leva les mains, en s'écriant :

_ Tirez pas !

Abby baissant son arme, et demanda :

_ Qui êtes-vous ?

_ Ryan Mason. Il fallait que je revienne ici, pour connaître la vérité.

_ Ah ouais ? Vous allez devoir remettre ça, désolée. Venez, ajouta-t-elle, en le tirant par la manche.

Ils sortirent de la pièce. Abby ouvrant la marche, pour neutraliser la créature, en cas de besoin, ils se dirigèrent vers la porte d'entrée restée ouverte. C'est alors que la créature sauta un peu partout dans la pièce, trop vite pour qu'Abby puisse lui tirer dessus, et claqua la porte. Abby fit reculer Ryan. La créature se mit à leur jeter tous les objets se trouvant dans la pièce dessus, pour freiner leur progression, et les garder à sa merci. Elle claqua toutes les portes pour les garder dans cette pièce. Abby essayait de la suivre pour lui tirer une fléchette tranquillisant dessus, mais elle avait beaucoup de mal. Ils commencèrent à monter les escaliers, pour trouver une issue, mais la créature apparut soudain devant eux, dans les marches. Elle était vraiment très rapide. Elle se percha sur la rampe. A ce moment là, la porte d'entrée s'ouvrit à la volée sur Connor et Jenny.

_ Abby ! appela le jeune homme, inquiet.

Celle-ci se retourna, et lui fit signe de ralentir.

_ Attends ! lui murmura-t-elle.

_ D'accord, répondit Connor. Il est monté ?

_ Oui, répondit Abby.

_ On y va.

Ils se dirigèrent tous vers l'étage supérieur, Connor prenant la tête de la troupe.

_ Ça va ? demanda-t-il à Abby.

_ Oui.

_ Après vous, Connor, lui dit Jenny.

_ Merci beaucoup, répondit-il.

Abby se tourna vers Ryan, et lui dit :

_ Vous, restez ici.

Les trois amis montèrent, et se dirigèrent vers les pièces du fond. Soudain, ils entendirent du bruit dans une pièce derrière eux, et s'y dirigèrent, Connor, toujours en tête, ne communicant que par signe de tête, pour faire le moins de bruit possible, lors de leurs déplacements. Ils entrèrent dans la salle de bain. Connor alla sur la gauche de la baignoire, dont le rideau était tiré. Jenny alla sur la droite, et Abby au milieu. Jenny et Connor pointèrent leurs armes sur le rideau, tandis qu'Abby s'avançait pour l'ouvrir. Elle tira d'un coup sec le rideau, et l'agent immobilier bondit sur ses pieds dans la baignoire, en hurlant :

_ Non ! Non ! Aidez-moi ! Pour l'amour du ciel, aidez…

Connor le plaqua contre le mur, et le bâillonna avec sa main.

_ Pas de panique, lui dit Jenny. On va tout faire pour vous sortir de là, mais pour ça, vous devez rester calme et surtout, ne pas faire le moindre bruit.

L'agent hocha la tête, montra qu'il avait compris.

_ D'accord, souffla Connor. Je vais retirer ma main, à présent.

L'agent hocha à nouveau la tête. Connor retira sa main. L'agent les regarda un instant, puis bondit hors de la baignoire, les bouscula, et sortit de la salle de bain, en hurlant :

_ Au secours ! A l'aide !

Connor tomba assis dans la baignoire. Jenny et Abby l'aidèrent à se relever. A ce moment là, ils entendirent l'agent hurler de douleur. La créature l'avait rattrapé dans les escaliers, et le traînait en bas des marches. Ils se précipitèrent, et arrivèrent en haut des marches à temps pour voir la créature planter ses griffes acérées à plusieurs reprises dans la poitrine de l'agent immobilier. Elles avaient fait office de poignard, et ils ne pouvaient plus rien pour lui. La créature les regarda, puis se sauva. Sous le choc, les trois amis restèrent immobiles. Ryan se rapprocha du corps de l'agent immobilier, et le regarda. Danny passa la porte d'entrée, et voyant Ryan au-dessus du corps de l'agent, lui demanda :

_ Qu'est-ce que tu as fait aux autres, Ryan ?

_ C'était la créature, se défendit Ryan.

Danny sortit son arme, et la lui braqua dessus, en disant :

_ Et pour mon frère, hein, c'est pas toi, peut-être ?

_ Vous n'y êtes pas du tout, dit Jenny, qui avait descendu les escaliers de moitié.

Danny lui pointa son arme dessus, en disant :

_ Restez en dehors de ça.

_ Ce n'est plus de votre ressort, inspecteur Quinn. Baissez votre arme. Le tuer n'avancera à rien.

_ Tout ce que je sais, c'est que ce salopard a tué mon frère, dit Danny, en s'approchant de Ryan, avec la ferme intention de le tuer.

_ Non, attendez ! intervint Connor.

_ La ferme !

Danny tira en l'air. Un peu de plâtre et beaucoup de poussière leur tombèrent dessus. Il pointa à nouveau son arme sur Ryan.

_ Non ! cria Jenny.

Danny braqua Ryan encore un moment, partagé entre son envie de le tuer, et son sens moral. Finalement, il baissa son arme, et dit :

_ C'était mon petit frère.

La créature s'avançait vers lui, perchée sur la rampe de l'escalier. Abby la vit, et cria :

_ Attention derrière !

La créature sauta sur Danny, et lui fit subir le même sort qu'à l'agent immobilier. Puis, elle se camoufla à nouveau, et se mit à bouger dans tous les sens, empêchant Jenny et Connor de lui tirer dessus.

_ Reste tranquille, marmonna Connor, agacé de ne pas pouvoir la viser.

La créature se rendit visible puis se camoufla à nouveau.

_ Et en plus, c'est le champion du camouflage ! s'énerva Connor.

Soudain, le SDA que tenait Jenny se mit à biper. Elle le regarda, et dit :

_ Une anomalie ! (elle vit que la créature avait disparu) Où est-il allé ?

L'anomalie s'était ouverte dans la salle à manger. La créature s'y était rendue. Elle était énervée que des intrus aient pénétré son territoire, mais se calma, en voyant la sphère brillante, qui se dressait devant elle. Elle s'en approcha, comme fascinée, et s'arrêta devant pour la regarder. Jenny, Connor, Abby et Ryan se glissèrent sans bruit dans la salle. Connor braqua son arme sur elle.

_ Je l'ai en ligne de mire, dit-il.

_ Attends, lui dit Abby.

_ Quoi ?

_ Il attend depuis des années que l'anomalie réapparaisse. Il veut rentrer chez lui. La créature les regarda, puis passa l'anomalie. Connor baissa son arme. Jenny s'approcha de l'anomalie, et se mit devant.

_ C'est Cutter qui avait raison, dit Abby. L'anomalie est revenue.

_ Il est parti ? demanda Ryan.

A ce moment là, la créature rejaillit de l'anomalie. Jenny n'eut que le temps de se jeter en avant, pour l'éviter. Ce fut alors que Danny entra dans la pièce, son arme à la main.

_ Tous à terre ! cria-t-il, avant de tirer sur la créature.

Il la toucha plusieurs fois, et les impacts de balles eurent pour effet de la renvoyer à travers l'anomalie. Les autres le regardèrent éberlués. Ils étaient sûrs de l'avoir vu se faire tuer par la créature.

_ Gilet pare-balle, expliqua-t-il. Entièrement capitonné, ajouta-t-il en le tapotant de son arme.

_ Il faut d'urgence que je m'achète le même, murmura Connor, épaté.

Danny regarda Jenny, et lui dit :

_ Je suppose que je n'ai pas droit à une explication.

_ Désolée.

_ Je m'en doutais un peu.


Les hommes de Becker étaient arrivés sur place, et barricadaient la maison, afin d'empêcher quiconque d'y entrer pour le cas où une nouvelle anomalie s'ouvrirait. Debout devant la maison, Ryan les regardait faire. Puis, il se détourna. De vieilles blessures avaient été rouvertes aujourd'hui, mais au moins, il avait prouvé son innocence. Danny vint se placer à côté de lui.

_ J'ai cru que c'était toi, lui dit-il.

_ J'avais deviné.

_ Je suis vraiment désolé.

_ Tu pouvais pas savoir. Personne ne pouvait.


Abby s'avança au fond du jardin, et regarda de l'autre côté de la rivière. Emily était en train de jouer avec Alfie. Quand la fillette releva la tête, Abby lui fit un signe de la main, auquel Emily répondit avec un grand sourire, avant de retourner jouer avec son chien.


Danny retourna sous le porche, s'abriter de la pluie. Jenny le rejoignit.

_ Le corps de mon frère n'a jamais été retrouvé, lui dit-il. La créature l'a peut-être dévoré. A moins qu'il ait traversé cette…

_ Anomalie, dit Jenny.

_ Ouais.

_ Ça s'est passé il y a plus de 14 ans, Danny. Il serait peut-être temps de faire le deuil.

_ Sans doute.

Il la regarda, puis partit. Connor sortit de la maison, en raccrochant son téléphone. Jenny le regarda, et se mit à marcher avec lui.

_ Je viens d'appeler Cutter, pour lui dire qu'il avait fait une excellente prédiction, lui expliqua le jeune homme.

_ Ah, et qu'est-ce qu'il a dit ?

_ Ses mots exacts ? Un truc du genre : (imitant Cutter) « Evidemment que j'avais raison. »

Jenny rit.


Centre de tir de la Police.

Danny s'entraînait au tir. Quand il eut fini de tirer, son chef vint le voir.

_ Que se passe-t-il, Quinn ? lui demanda-t-il.

_ Je démissionne, patron. C'est vrai, je suis pas fait pour ce boulot. Vous le savez comme moi. En plus, ça vous laisse une chance d'être champion de la Division, ajouta-t-il en lui donnant son arme.

Son chef la prit. Danny commença à partir. La voix de son chef dans son dos le retint.

_ Vous allez faire quoi ?

_ Je trouverai quelque chose.


Centre de Recherche des Anomalies.

Becker entra dans le gymnase. Il allait aux vestiaires pour se changer avant de partir, quand il avait entendu du bruit dans le gymnase. Sachant que seules deux personnes restaient aussi tard, et qu'il avait vu Cutter dans son labo, la seule personne qu'il restait était Casey. La jeune femme était debout, au milieu des tatamis, pieds nus, en survêtement et débardeur, les yeux bandés. Elle enchaînait des mouvements lents et gracieux, tout en contrôlant sa respiration. Il se doutait que c'était un art martial quelconque, mais il n'y connaissait pas grand-chose. Il regarda sa montre. 3h du matin. Elle venait juste de rentrer d'un congé maladie, ce n'était peut-être pas le moment de s'épuiser. Il s'avança sur le tatami, et lui toucha l'épaule. Il ne s'attendait vraiment pas à ce qu'elle lui attrape le bras, et le fasse passer par-dessus son épaule. Surpris, il vit la pièce basculer, et s'écrasa lourdement sur le tatami, admirant le plafond. La jeune femme retira son bandeau, prête à en découdre avec un éventuel agresseur. Lorsqu'elle vit que c'était Becker, elle s'empressa de l'aider à se relever, en disant :

_ Je suis désolée, je ne savais pas que c'était vous. Qu'est-ce que vous faites encore ici à cette heure, aussi ?

_ J'allais vous poser la même question. Vous venez tout juste de revenir d'un congé maladie. Vous croyez vraiment que c'est le moment de passer vos nuits ici ?

_ J'allais rentrer, se défendit Casey. Je faisais juste un peu de Shintaido pour me détendre.

Posant sa main dans son dos, il l'entraîna d'autorité vers les vestiaires, où ils retrouvèrent Nick. Celui-ci regarda sa nièce, et lui dit :

_ Tu dors à la maison, ce soir ? Je t'attends ?

_ Non, je crois qu'il est temps que je réintègre mon appartement. Je prends une douche, et je rentre. Bonne nuit, oncle Nick.

Elle déposa un baiser sur la joue de son oncle, fit un signe de main à Becker, et se dirigea vers l'espace douche. Becker prit ses affaires, et sortit. Nick ne tarda pas à en faire de même.


Maison de Nick Cutter.

La porte s'ouvrit sur Helen, qui venait de crocheter la serrure. Elle alluma sa lampe de poche, et se dirigea vers le salon. Elle balaya la pièce, vit une veste de Nick, la prit, et en sortit un peigne. Braquant sa lampe dessus, elle vit un cheveu accroché aux dents. Elle prit et le mit dans un tube dont elle revissa le bouchon. Puis, elle vit un verre de scotch à moitié bu sur la table basse, sortit un coton tige, et en essuya les bords avec. Elle entendit soudain une clé tourner dans la serrure de la porte d'entrée, et se figea. Il rentrait plus tôt que prévu.

Nick alluma la lampe de l'entrée, et referma la porte derrière lui. Il fit quelques pas dans l'entrée, puis s'arrêta. Helen était à quelques pas de lui, cachée derrière la porte du salon. Finalement, Nick se détourna, et se dirigea vers les escaliers menant à l'étage. Helen avait en main une grosse chaîne, dont elle n'hésiterait pas à se servir pour étrangler Nick, s'il la découvrait. A mi palier, Nick entendit un bruit dans le salon. Il s'immobilisa, puis redescendit. Une fois dans le salon, il alluma la lampe, et balaya la pièce du regard. Il entendit alors la porte d'entrée grincer, tourna la tête, et vit qu'elle était entrouverte. Il se dirigea vers elle et la referma, se demandant qui avait bien pu entrer chez lui, et pourquoi.

To be continued…


(1) Sid Vicious, bassiste du groupe Sex Pistols était le symbole de la violence et la toxicomanie. Il est devenu une icône du mouvement punk. Sid rencontre Nancy Spungen, une jeune toxicomane américaine avec qui il aura une liaison. Nancy est assassinée, et Sid meurt d'une overdose.

(2) On peut penser que Connor se souvient vaguement de ce qu'est l'Habeas Corpus, car il protège contre la détention arbitraire.