Je dédis ce chapitre à toi ma chère Carla
Car depuis le temps que tu l'attends,
Je te dois bien ça. (7 mois déjà)
Bonjour à toutes et à tous !
Voilà la suite de « Cursed Fate » !(enfin…)
Ce chapitre me sert de base afin d'introduire le prochain qui marquera le réel commencement de cette histoire.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !
Le soleil venait à se coucher lentement, plongeant petit à petit la forêt dense du pays de l'Eau dans l'obscurité la plus totale. Naviguant le plus discrètement possible sur l'une des innombrables rivières qui morcelait l'immense étendue de terre couverte d'arbres à l'aide d'une embarcation miteuse sur laquelle avait été aménagée une tente servant d'abris, le roi de l'Eau observait les ombres de la végétation, ainsi que les reflets de l'eau calme sur la toile de lin. Les arbres aux troncs blancs et milles feuilles argentés disparaissait progressivement, happée par la noirceur environnante qui semblaient les engloutir sans répit. Les deux soldats au devant de la pirogue se tendirent, attentifs désormais au moindre bruit suspect que la forêt pouvait émettre.
A l'intérieur de la tente, assis sur une chaise, le roi de l'Eau, une main devant ses yeux, respirait avec lenteur. Un combat intérieur féroce s'était engagé depuis qu'il avait quitté le roi du Feu… depuis qu'il l'avait vendue sans état d'âme. L'occasion avait été trop belle et ne serait peut-être plus jamais produite. Même s'il avait montré de la réticence au début de l'entretien à cette idée, il avait finalement cédé… Car au fond, tout le monde y trouvait son compte. Fugaku, par ce mariage, préservait la vie ainsi que la sécurité de son peule et lui, se débarrassait de la fille de sa défunte sœur, obtenant ainsi définitivement le trône de manière légitime… Oui, absolument tout le monde. Ce que cette chose pouvait ressentir ou pense, il n'en avait que faire ! La seule et unique crainte était que l'esprit de Xia He ne vienne le tourmenter pour avoir brisé la promesse qu'il lui avait faite avant sa mort… Cependant ne le tourmentait-elle pas depuis des années ? Ne le tourmentait-elle pas depuis qu'elle lui avait légué cette enfant ?!
L'embarcation se stoppa violemment manquant de renverser Qiao qui, une fois qu'il eut retrouvé l'équilibre, se redressa brutalement et sortit de la tente, près à combattre. Or, ce fut le silence assourdissant de la forêt qui l'accueillit lorsqu'il eut posé un pied au dehors et non un groupe de rebelles quelconque. Devant lui, la rivière se scindait en deux, offrant la possibilité de passer par deux chemins. L'un des deux était baigné par la lumière scintillante de la lune, l'autre était plongé dans les ténèbres, si bien qu'on ne pouvait plus distinguer l'eau de la rive. Les deux soldats qui se trouvaient devant le roi tournèrent légèrement la tête, observant leur souverain de leur regard transparent. Qiao hocha la tête de manière imperceptible, donnant son accord à la demande muette des deux hommes.
Ces derniers reportèrent alors leur attention sur la parcelle de terre se trouvant devant eux et fixèrent la petite fente qui laissait s'engouffrer de l'eau à l'intérieur. Synchronisant leurs mouvements, les deux gardes écartèrent violement les bras, rendant la fente de plus en plus grande, jusqu'à ce qu'un troisième cours d'eau prenne vie. Ce nouveau chemin était tellement étroit que la pirogue passait de justesse entre les deux rives. La terre derrière eux, au fur et à mesure que la misérable flotte avançait, semblait se recoudre petit à petit derrière le bateau, effaçant ainsi son existence. Ainsi cachés par les arbres, le roi de l'Eau se permit de soupirer allègrement. A présent, il n'était plus qu'à quelques minutes de l'endroit où il l'avait caché aux yeux du monde… La décision de l'en sortir anéantissait fortement le combat qu'il avait mené depuis ces dix dernières années afin de la soustraire aux rebelles pour que ces derniers ne la kidnappent pas et n'exigent rien en retour.
Un immense couvent apparut soudainement entre les arbres, retenant à présent l'attention de Qiao. Le temps que les soldats amarrent la pirogue lui sembla interminable… Il voulait en finir, mettre fin à tout cela. Posant un pied sur la Terre ferme, il fit signe à l'un des soldats de le suivre. Marchant au travers la forêt, ils ne mirent que quelques minutes à atteindre le cloître qui était gardé par un religieux. Ce dernier, voyant le roi de l'Eau approcher, s'inclina tout en ouvrant l'immense portail de fer. Le souverain n'eut aucun regard à l'égard du moine, l'esprit bien trop accaparé pour prêter une quelconque attention à une quelconque personne. Traversant l'immense cour du monastère, il rejoignit au plus vite l'un des couloirs de la bâtisse avant de s'arrêter devant une porte à l'aspect misérable. La poignée de forme ovale qui servait à ouvrir cette dernière menaçait à chaque instant de tomber, étant donné que rien ne la retenait au bois, mis à part un vulgaire clou rouillé. Se retournant vers ses soldats, il leur intima de rester ici tout en tournant la fragile manette avant de s'engouffrer par le passage qui s'offrait à lui.
Fermant la porte, il ne put s'empêcher d'observer ce qui l'entourait. Ce brusque changement de décor ne cesserait jamais de le troubler. Passer d'une cour froide uniquement composée de gravier et de pierre à un jardin entretenu avec le plus grand soin et possédant diverses sortes d'arbres et de fleurs l'étonnerait toujours. Prenant le petit chemin de pierre marbrée, les pas de Qiao ralentissaient doucement, au fur et à mesure qu'une église apparaissait au travers du feuillage de la végétation aux alentours. Malgré lui, malgré toute sa volonté, toutes ses convictions, il ne pouvait s'empêcher de retarder leur rencontre… Chose bien ironique pour quelqu'un qui souhaitait en finir au plus vite. L'astre lunaire était à son apogée, éclairant de toute sa générosité la petite église, n'omettant aucun de ses détails. Les yeux du roi retracèrent les contours gracieux du bâtiment, soulignèrent les motifs admirablement bien travaillé, contemplant un travail d'orfèvres qu'il avait maintes et maintes fois contemplé, le connaissant à force par cœur. Il se stoppa devant l'entrée, fermant un instant les yeux, humant l'odeur de l'herbe fraîchement coupée. Qiao ouvrit lentement les yeux et tenta de détendre du mieux qu'il pu ses membres, plus particulièrement ses mains avant de se mouvoir.
Lentement, le roi de l'Eau ouvrit la porte marbrée du sanctuaire. Des bans en pierre s'étendaient à l'intérieur par dizaines et les murs abritaient les divinités en lesquelles les êtres de l'Eau croyaient. Leurs visages étaient tournés vers le fond du bâtiment, vers la déesse suprême incarnant celle qui fut jadis la fondatrice de la nation de l'Eau. La pierre dans laquelle cette statue avait été taillée était d'un blanc éclatant. Son polissage ne la rendait que plus pure, plus sacrée.
Les yeux du roi cessèrent alors leur contemplation, se posant sur la silhouette habillée de noir qui était à genoux devant l'autel. Ses murmures se répercutaient sur la pierre, transformant ses paroles celtes en une douce prière de rédemption. Refermant la porte, Qiao s'engagea dans l'une des immenses allées, le son de ces pas troublant le silence du lieu saint. Pourtant, même après qu'il se soit arrêté à quelques centimètres de cette personne, cette dernière ne prêta aucune attention à sa présence, se concentrant uniquement sur les psaumes qu'elle récitait inlassablement. Dans un soupir presque inaudible, le roi leva la tête en direction de la déesse, l'observant avec souffrance. Il ferma alors les yeux tout en fronçant les sourcils et, une fois qu'il eut trouvé le courage de les ouvrir à nouveau, il prit place à ses côtés. La jeune femme cessa alors de parler, attendant que l'homme à côté d'elle prenne la parole. Elle porta sa main gauche vers son capuchon afin de dévoiler son visage mais fut retenu par le roi qui l'en empêcha avec la sienne. Tournant sa tête toujours cachée, Qiao devina de par la position qu'elle venait de prendre sa question muette.
« Au cas où quelqu'un rentrerait. répondit-il en reportant son attention sur la déesse. »
« Mais… tout le monde ici a déjà vu mon visage. murmura-t-elle. »
« Avec la chute de l'empire, l'ennemi n'aurait aucun scrupule à profaner ce lieu. »
« Mais s'il ordonne que je me dé- »
« Je n'hésiterai pas une seconde à le tuer. »
Le ton était sans appel. A cette supposition, les yeux du souverain s'étaient durcis et il avait inconsciemment resserré sa main sur celle de la jeune fille.
« … Peut-être devriez-vous m'envoyer dans un couvent du royaume de l'Air ? tenta-t-elle en espérant calmer sa colère. »
« N'y pense même pas. »
« Les soldats du Feu n'ont jamais profané un seul de leurs couvents ! continua-t-elle. Le roi du feu respecte la volonté du roi de l'- »
« Jamais tu ne franchiras la frontière de ce royaume, Akane. J'y veillerais personnellement. »
A ces mots, la jeune femme retira violement sa main de celle de son oncle, s'attirant ainsi l'attention de ce dernier. Se levant, elle commença à marcher vers la sortie sans que le roi ne prononce mot. Cependant, elle se résigna et se retourna vers lui. Elle observa un instant sa carrure tournée vers la déesse avant d'ouvrir la bouche et de laisser éclater sa rancœur.
« Je ne vois pas pourquoi vous m'interdisez d'aller là-bas ! »
« Je ne souhaite pas que tu te mettes à la recherche de ton père. »
« Vous pensez vraiment que cela m'importe ?! J'en ai plus qu'assez d'être ici ! Je suis constamment observée, moquée à cause de mon physique, jugée à cause de mon histoire. Le peuple de l'Air, lui, m'estimera en tant que personne ! »
Ses derniers mots avaient claqué dans l'air et continuaient de se répercuter dans la chapelle. Le roi, jusqu'alors immobile, se releva et, après avoir exécuté un signe religieux, se retourna vers elle.
« Si le fait de me déplacer vous déplaît je vous promets de ne jamais sortir, de ne jamais parler à quiconque… Je pourrais même convaincre les rebelles de cesser leurs revendications, mais par pitié… Laissez-moi avoir enfin un « chez moi »… prononça-t-elle la voix étranglée par les sanglots. »
« ... Un « chez toi » ? Considères-tu que ce royaume ne soit rien d'autre qu'une prison ? Oublies-tu donc de quelle nation ta mère faisait partie ? Rejettes-tu le sang qui coule dans tes veines ? »
« Non, je- »
« Le sacrifice de ta mère ne représente donc rien pour toi ?! hurla le roi. »
« Je suis désolée ! s'écria-t-elle en s'agenouillant. Je… Je suis profondément désolée, je ne le redirais plus. »
Il s'avança vers elle et, une fois que son corps fut proche du sien, il s'arrêta, l'observant avec haine. Il se pencha vers elle et attrapa son menton entre ses doigts, la forçant à le regarder dans les yeux.
« Le simple fait que tu sois toujours en vie devrait être une raison suffisante pour que tu taises toutes ces pensées infâmes. »
« Veuillez me pardonner… »
A cette distance, le roi de l'Eau pouvait voir son visage, il pouvait observer ses yeux qui ressemblaient tant à ceux de sa défunte sœur. Malgré toute son aversion envers cet être dont la naissance avait absolument tout détruit, l'avoir vendue au roi du Feu le rongeait de remords. Car en dépit de sa condition de bâtarde, il avait trahi la promesse qu'il avait faite à Xia He de toujours la protéger. Mais elle, ne l'avait-elle pas trahie ? Pourquoi devait-il continuer à se soucier d'elle ?
Fronçant les sourcils, il continuait d'observer ce visage similaire au sien sans qu'il n'y ait pourtant une quelconque ressemblance. Un sourire amer étira alors ses lèvres. La comédie avait assez duré et s'il avait encore besoin d'excuses pour justifier l'acte qui l'avait poussé à vendre la fille de sa chère sœur à la nation du Feu, alors il se convaincrait qu'il l'avait fait uniquement pour sauver son peuple, et que c'était là, la seule solution. Relâchant le menton de sa nièce, le roi s'éloigna d'elle, son index droit frottant sa lèvre inférieur, cherchant ses mots. Voyant le trouble du roi, la jeune femme se releva et s'avança vers lui, hésitante.
« Mon oncle ? »
« Es-tu au courant de ma rencontre avec le roi du Feu ? demanda le roi sans émotion. »
« J'en ai entendu parler… répondit la jeune fille sans comprendre. »
« Nous avons finalement trouvé un accord pour cesser cette guerre. »
« C'est merv- »
« Un mariage a été arrangé. »
Un silence pesant suivie cette déclaration. Qiao pouvait deviner son regard effaré sous cet énorme capuchon et aurait très bien pu s'en moquer si l'heure n'avait pas été aussi importante.
« M-Mais enfin, c'est insensé ! Asae ne pourra jamais… »
« Il ne s'agit pas d'Asae. Mais de toi, Akane. »
La concernée resta muette face à cette soudaine déclaration. Sa respiration semblait s'être éteinte. Sous le choc, l'idée de se rebeller ne lui effleura pas l'esprit. Depuis sa plus tendre enfance, on lui avait appris respecter les ordres, quels qu'ils soient. Cependant, rien ni personne ne l'empêchait de penser. Et en cet instant précis, le seul mot qui lui vint à l'esprit fut : injuste. Le roi de l'Eau attendit quelque secondes, guettant un mot, un signe... Mais rien. La jeune fille ne bougeait plus, accusant le coup avec silence et résignation.
« Le mariage aura lieu dans une semaine. souffla-t-il. Des gardes viendront dès demain emporter tes affaires au palais et t'amener là-bas.»
Akane n'écouta pas la deuxième partie de la phrase, s'arrêtant à la première, bien plus meurtrière. Ce n'était qu'un murmure, mais pour Akane, ce fut comme s'il l'avait hurlée. Là encore, aucune réaction n'anima son corps. Elle restait là, debout, immobile… Conscient que sa présence ici n'était désormais plus nécessaire, il entreprit de quitter la chapelle, mais alors qu'il s'apprêtait à partir, il se stoppa. Il voulut réfréner ce besoin malsain de la blesser, mais il ne pouvait pas. Il avait accumulé trop de haine envers elle et sa mère… Sa chère traitresse de sœur.
« Ce n'est pas toi qui voulait un « chez toi » ? Et bien voilà, je me suis chargé de t'en trouver un personnellement. lâcha-t-il cruellement avant de disparaître. »
C'est à ce moment précis que les genoux d'Akane lâchèrent. Son corps vint choir sur le sol, telle une poupée de chiffon que l'on jette après trop joué avec elle. Son capuchon glissa lentement au fur et à mesure qu'elle levait la tête vers le ciel, illuminant son visage d'un rayon de lumière et, sans prévenir garde, les larmes vinrent envahir son visage et un cri déchirant s'échappa de sa poitrine. Pour la première depuis dix ans, elle hurlait enfin tout son désespoir.
- - - - - - - S- - - - - - -
« -sama… ha-sama… Uchiha-sama ! »
Les épaules du roi du Feu émirent un imperceptible mouvement, indiquant clairement que ce dernier venait d'être réveillé. Sa main gauche qui couvrait ses yeux onyx bougea, se contractant sur ses yeux pour enlever tout signe de fatigue inutile. La main retomba alors, laissant apparaître le visage du souverain. Le soldat baissa la tête en signe de respect puis se retira du chemin tout en continuant de tenir la porte de la calèche. Fugaku se décida alors de sortir, une fois que ces yeux furent habitués à la lumière environnante. Il s'engagea dans l'immense allée qui le menait à l'entrée du château, faisant signe à ses gardes de le laisser seul. Du coin de l'œil, il aperçut une servante sortir d'une petite porte qui se trouvait tout à gauche et se diriger vers lui en courant légèrement. Une fois qu'elle fut à sa hauteur, il retira son manteau et le déposa sur ses deux bras tendus.
« Uchiha-sama, dois-je prévenir Madame de votre retour ? »
« …Ou se trouve-t-elle ? »
« Dans la bibliothèque, Sire. »
Le roi sembla songer un instant avant d'acquiescer. La servante lui offrit sa plus belle révérence et retourna, cette fois-ci, en courant franchement, vers la porte de bois par laquelle elle était sortie. Il eut juste le temps de l'entendre ordonner aux autres bonnes d'avertir la reine de son retour avant de pénétrer par la porte principale. Ignorant les domestiques, il monta directement les grands escaliers de bois vernis, se mit à arpenter les immenses couloirs dont les murs étaient dotés d'immenses baies vitrées, offrant une visibilité absolue et faisant baigner la demeure dans une lumière constante. Fugaku prit un petit couloir isolé qui en réalité le menait à ses appartements personnels. Attrapant la première poignée sur sa gauche, il entra dans le petit salon, qui se trouvait juste à côté de sa chambre, et ne put s'empêcher de pousser un soupir de fatigue. Posant sa main sur le dossier d'un fauteuil, il agrippa ce dernier afin de le traîner jusque devant la baie vitrée qui donnait sur la petite cour intérieur, qui en réalité, était le jardin privé de son épouse. Fugaku se laissa alors choir sur le siège, se délectant du silence environnant.
Petit à petit, les bruits singuliers de chaussures à talons frappant le sol vinrent jusqu'à lui et, sans qu'il n'y puisse rien, un sourire amusé peigna ses traits lorsqu'il reconnut la manière si particulière de marcher de sa femme, Mikoto, quand cette dernière était pressée. C'était un subtil mélange entre l'importance de l'étiquette que prônait son épouse et son envie de courir à sa rencontre qu'elle ne pouvait assouvir complètement à cause de la première cause. La porte s'ouvrit brutalement, chose inhabituelle de la part de la reine emprunte de douceur, faisant soulever légèrement le sourcil droit du roi du Feu. Il entendit le cliquetis du verrou, et reconnu bien là le caractère de sa femme. En procédant de cette façon, c'était comme si elle lui interdisait tacitement d'éviter le sujet ou de tourner autour sans jamais rentrer dans les détails. Les pieds d'une chaise raclèrent le sol et Fugaku put enfin apercevoir sa femme installer devant lui un autre siège pour elle. Cependant, Mikoto ne s'assit pas en face de son mari et le roi ne put s'empêcher de soupirer.
« Alors… Vous lui avez parlé ? »
« Tu as amené une chaise jusqu'ici pour reposer tes bras sur son dossier ? lâcha le roi avec un regard entendu. »
Mikoto comprit immédiatement que le simple fait de lui parler alors qu'elle était debout l'exaspérait. Elle prit place alors, attendant que son mari daigne prendre la parole. Hors ce dernier ne semblait pas disposé à une quelconque discussion.
« Fugaku… encouragea avec douceur Mikoto. »
« Qui te dit que j'ai envie d'en discuter maintenant ? »
« Vous ne m'auriez jamais appelé si cela avait été le cas. fit le remarquer la reine avec tact. »
« … Oui, nous nous sommes parlé et non aucune bataille entre lui et moi n'a éclaté. »
« C'est déjà ça. sourit la reine. »
« Mikoto, un mariage a bien été conclu. »
Les lèvres de la reine s'entrouvrirent légèrement au même titre que ses yeux qui s'écarquillèrent sous le choc d'une nouvelle qui semblait irréelle.
« L-Le roi de l'Eau a accepté ? Je veux dire, il a accepté de donner la main de sa fill- »
« Il ne s'agit pas de sa fille. coupa Fugaku en détournant le regard. »
« Je… Je ne comprends pas… avoua sa femme, perdue. »
« Il s'a- »
Fugaku ne put finir sa phrase, stoppé dans son élan. Quelqu'un venait de frapper à la porte. Alors que Mikoto s'apprêtait à se lever pour voir de qui il s'agissait, son mari la retint par la main, lui intimant de se rasseoir.
« Qui est-ce ? s'exclama-t-il. »
« Ushio, Uchiha-sama. Je suis ici afin de m'assurer que vous n'ayez besoin de rien. »
« … Dites à mes fils de venir ici. »
« Bien, Ōsama*.
« … Vous disiez ? l'invita sa femme à reprendre. »
« J'attend que nos fils viennent pour l'annoncer. »
« Est-ce donc si terrible que cela ? »
Fugaku ne répondit pas, se contentant de passer l'une de ses mains sur son front. Il croisa alors le regard de sa femme et fut happer par ce dernier. Un mince sourire illumina les traits de Mikoto, et, avec la plus grande délicatesse, elle posa sa main sur celle de son mari. Un geste plutôt rare mais ô combien agréable. Soupirant, Fugaku ne put s'empêcher de s'emparer de la main de sa femme et de la tenir, tout simplement. Aucune caresse, aucun baiser, juste la chaleur de leur peau l'un contre l'autre, cela leur suffisait, la démonstration et les excès de tendresse n'avait jamais été leur fort.
On toqua une nouvelle fois, et tous deux se lâchèrent. Les deux fils Uchiha firent leur apparition dans la pièce, se suivant. Ce fut Sasuke qui prit soin de refermer la porte derrière lui. Un silence pesant s'installa alors. Itachi et Sasuke n'avaient pas pris la peine de s'asseoir, fixant tous deux leur père sous le regard de leur mère.
« Comme vous le savez, j'ai rencontré le roi de l'Eau. se décida à parler le roi après de longues secondes. Et nous avons trouvé un accord. Itachi, dans une semaine tu seras marié. »
Les yeux de Sasuke s'écarquillèrent à l'entente de la nouvelle. Jamais il n'aurait pu penser que cette rencontre se serait soldée par un arrangement entre les rois des deux nations ennemis. Son regard se braqua sur son frère ainé qui n'avait même pas cillé à l'entente de la nouvelle. Silencieux et plus indifférent que jamais, il se contentait de fixer son père qui attendait une réaction quelconque de sa part. Mais elle ne vint pas.
« Cependant, celle avec qui tu te marieras, n'est pas l'héritière du royaume de l'eau. »
Un tic vint agiter le sourcil droit d'Itachi. A présent, il observait son père comme si ce dernier avait perdu la raison. Il en valait de même pour Sasuke qui n'arrivait décemment pas à comprendre par où son père voulait en venir.
« Tu te marieras avec la nièce du roi de l'Eau. »
« Pardonnez-moi de vous interrompre, mais il y a quelque chose qui cloche. lâcha Itachi. Qu'elle soit la fille de la sœur du roi ne change rien au fait qu'un être de l'eau ne peut pas vivre à l'intérieur de notre pays. »
« Ce n'est pas un être de l'eau. soupira Fugaku. »
« Fugaku… murmura Mikoto. Qu'est-ce que vous di- »
« La fille en question est une chimère ?! questionna Sasuke. »
« C'est une bâtarde ! acheva le roi du feu. »
« Vous n'êtes pas sérieux ? »
La voix empreinte de rage, Itachi n'arrivait pas à croire ce qu'il venait d'entendre. Il s'était attendu à tout sauf à cela. Un mariage avec une de ces… choses ?!
« Xia He a eut une relation interdite avec un homme de la nation de l'air et a eut un enfant… C'est cette personne qui- »
« Vous pensez que savoir qu'elle est la fille de cette Xia He change quelque chose ?! prit soudainement la parole Itachi. L'idée d'être marié avec un être de la nation de l'eau m'était déjà inconcevable alors maintenant !
« Enfin père vous n'avez pas pu faire ça… souffla Sasuke. »
« L'avez-vous déjà vue ? interrogea Mikoto. »
« Non, nous ne découvrirons son visage que le jour du mariage. »
« Quelle aubaine. lâcha Itachi sombrement. »
« Mais père je croyais que vous ne supportiez pas ces êtres ! s'exclama Sasuke. »
« Cette chose, autant répugnante soit-elle, a le pouvoir de contrôler les rebelles et de les empêcher de nuire à notre peuple ! De plus sa présence ici ne sera pas longue. »
« Que voulez-vous dire ? demanda sa femme en fronçant les sourcils. »
« Je doute qu'un héritier voit le jour alors, à moins qu'être ici ne la plonge dans une dépression atroce, la forçant à partir, elle ne restera qu'un an. »
Mikoto n'arrivait pas à croire les paroles de son mari. En revanche, Itachi en fut surpris, de même pour Sasuke, qui réalisait petit à petit la tournure qu'avait pris la conversation.
« Je n'ai donc aucune obligation envers elle ? s'assura Itachi. »
« Aucune en effet. Tu n'es d'ailleurs pas obligé de rompre tes fiançailles. J'ai parlé au roi de l'eau et il- »
« Vous vous rendez compte de ce que vous dites ?! s'insurgea subitement la reine. Elle n'est pas encore ici que vous la traitez comme si elle n'était rien. »
« De par son sang, elle n'est rien. fit remarquer Fugaku. Mais grâce à elle j'ai un an pour trouver une solution. »
« Vous pensez vraiment que nous sommes les seuls à plaindre ? Vous croyez qu'elle se réjouit de venir ici peut-être ?! Il s'agit d'un mariage arrangé, Itachi n'est pas le seul à être forcé ! »
« Je n'en ai cure. lâcha le roi froidement. Mikoto, il m'est déjà assez pénible d'avoir dû prendre cette décision et de savoir qu'un monstre habitera le château dans une semaine, alors je n'en ai que faire des sentiments qu'elle peut bien éprouver !
Alors que cette phrase assassine venait d'éclater, laissant la reine sans voix et satisfaisant le fils aîné qui se sentait enfin soutenu, Sasuke, qui en retrait observait la scène, se sentit subitement mal. Bien que tout à l'heure il eut été dégoûté qu'une telle chose marie son frère, il se sentait à présent coupable d'avoir eu une telle pensée. Cette être abjecte, nommée de « chose » ou encore « monstre » était peut-être la seule personne à présent à ressentir ce que lui ressentait. Quelques jours plus tôt, il avait espéré que son frère ressente ce que lui avait ressenti à l'annonce de son mariage arrangé avec l'héritière de la nation de la Terre, hors aujourd'hui, il était ouvertement soutenu par son père et avait le droit de continuer à vivre une relation avec sa chère fiancée. Lui, on avait ignoré ses sentiments car ce mariage était d'un intérêt crucial. On l'avait ignoré, comme elle. Elle avait dû se soumettre, comme lui.
Sasuke ne put réprimer un soupir qui ne passa pas inaperçu aux oreilles de son frère. Itachi se retourna, intrigué par le comportement de son frère et le regardant, il sembla lui demander ce qu'il se passait. Telle ne fut pas sa surprise lorsque son petit frère détourna le regard comme s'il était agacé.
Alors que Sasuke comptait prendre congé de cette petite « réunion » familiale, un bruit suspect venant de l'extérieur intrigua tous les membres de la famille, les mettant en alerte. Fugaku se plaça intensément devant sa femme, dégainant le sabre reposant sur le présentoir du meuble se trouvant à sa gauche afin de la protéger. D'un signe de tête, il intima ses deux fils qui eux aussi étaient à présent sur leurs gardes, de se diriger vers la porte. Tous deux de chaque côté, ils se concertèrent une seconde avant qu'Itachi n'ouvre brutalement la porte et que Sasuke ne lance une flamme meurtrière. Seulement, plus personne ne se trouvait derrière la porte. Itachi remarqua alors un bouton au sol. Le prenant, il l'approcha de son visage, l'inspectant.
« Un bouton provenant de l'uniforme de l'une des servantes. lâcha alors Sasuke. »
Itachi acquiesça, soutenant son frère. Son père rengaina le sabre dans son fourreau, soupirant avec exaspération. Il ne faudrait que très peu de temps à présent avant que la nouvelle ne se répande comme une trainée de poudre…
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