Oyé ! OUH là là il y a du retard ! MAIS j'ai eu un souci avec ffnet, impossible de poster mon chapitre, j'espère que cela ne se renouvèlera pas -_-'

Du coup je posterais le prochain plus tôt, en espérant que celui-ci vous convienne, merci pour les alerts/reviews/favoris :)

Bonne lecture. (chapitre non corrigé)


Drago ne s'était jamais senti aussi humilié. Il constata avec horreur que l'extérieur de la prison était encore plus lugubre que dans ses cauchemars. Il avait souvent imaginé son père moisir ici mais, le droit de visite ne lui étant pas accordé, il n'avait pas eu le « loisir » de découvrir les lieux. Et à vrai dire, il aurait grandement apprécié ne jamais y mettre un pied. Ses poils se hérissèrent sur sa nuque rien qu'à l'idée de passer une nuit dans ce trou. Il s'arrêta brusquement quand un effroyable cri résonna à l'intérieur, mais l'Auror poussa son épaule avec un grognement. Il continua alors sa marche vers l'enfer et lorgna de toute leur hauteur les grandes portes noires et grinçantes. Celle-ci étaient on ne peut plus…accueillantes. D'un coup de baguette, l'Auror qui était à sa droite, verrouilla le passage derrière eux et s'avança devant un bureau manifestement inoccupé.

-J'emmène Drago Malefoy, dit-il simplement.

L'ancien Serpentard plissa les yeux mais il ne voyait personne. A priori l'Auror que Potter avait appelé Davis s'adressait à du vide. Quelques secondes s'écoulèrent avant que Drago ne sursaute quand une voix rauque s'éleva dans la pièce.

-Cellule 204, numéro 35 248.

L'Auror hocha la tête et Drago sentit presque immédiatement sa cheville brûler. Il ne cilla pas, gardant le peu de dignité qu'il lui restait. Il aperçut une page du carnet qui se trouvait sur le bureau se tourner d'elle-même. Il cligna des yeux pour habituer ceux-ci à l'obscurité mais l'origine de la voix demeurait invisible.

-Je veux mon avocat ! Hurla l'ancien Serpentard pour être sûr qu'on l'entende.

Mais personne ne trouva bon de lui répondre. Davis l'obligea à avancer dans un couloir sombre et un peu trop calme à son goût. On parvenait à entendre des gouttes d'eau qui devaient probablement s'écraser sur la pierre froide. Après quelques minutes de marche sans un mot, ils bifurquèrent dans un autre couloir et s'arrêtèrent enfin devant une porte munie d'un petit loquet, sûrement pour jeter un œil à l'intérieur.

-Votre cellule, Mr Malefoy, dit l'un des Aurors en lançant tout un tas de sorts compliqués pour ouvrir la porte. Un des gardiens va bientôt venir vous voir.

Drago eut seulement le temps de penser qu'il y avait au moins une chose positive dans tout cela : le bannissement des détraqueurs, avant d'être balancé comme du linge sale au fond de la cellule.

Il toussa quand ses narines rencontrèrent l'odeur pestilentielle qui se dégageait de toute part. Il colla sa manche sur son nez et remercia Merlin pour avoir conçu une eau de toilette avec une longévité aussi impressionnante.

-On s'y fait.

Drago sursauta violemment. Il pensait être seul mais, malgré la petitesse de la pièce un recoin était complètement dans le noir. La voix avait été calme et même plutôt douce. L'ancien Serpentard ne savait pas si il devait être rassuré ou non. Avant de répondre il contempla rapidement les alentours. Il y avait un lit superposé, une armoire, une table et deux chaises, ainsi qu'un cabinet de toilette à l'apparence crasseuse.

-Vraiment ? Dit-il toujours le visage dans son bras.

-Oui, et à ta place je commencerais à m'y habituer tout de suite.

Obéissant, Drago retira doucement sa manche et fit la grimace quand il inspira.

L'homme -car c'était évidemment un homme- choisit ce moment pour s'avancer dans le peu de lumière qui passait par une minuscule meurtrière. Il était grand, plutôt bien bâti malgré sa maigreur et sa peau était encore plus blanche que celle de Drago, sûrement le manque de soleil pensa celui-ci. Ses cheveux était châtain et son regard azuré était particulièrement bien assorti à sa voix, par conséquent, doux.

Il tendit sa main à Drago et lui envoya un timide sourire.

-Je m'appel Noa Baker.

Drago examina un instant ses longs doigts et se dit que s'il devait cohabiter plusieurs jours avec quelqu'un, autant qu'il s'entende avec. Il serra donc la main tendu en face de lui.

-Enchanté, je suis Drago, Drago Malefoy.

-Je t'avais reconnu, dit le brun avec un clin d'œil.

-Oh…

L'ancien Serpentard ne préféra pas demander par quelle occasion il avait entendu parler de lui car ce n'était certainement pas pour l'entreprise qu'il venait de racheter.

A son plus grand désarroi.

-Alors pourquoi es-tu ici ? Demanda Noa pour engager la conversation.

Drago ne manqua pas le bref regard vers son avant bras, là où la marque des ténèbres le narguait encore.

-Atteinte verbale envers un Auror, récita-t-il.

Noa écarquilla les yeux.

-Tu as dû être drôlement méchant pour atterrir ici rien qu'avec la parole.

Drago haussa les épaules. Il s'assit sur une des chaises et son codétenu en fit de même sur le lit du bas.

-Justement, je ne comprends pas pourquoi je suis ici. Ce que j'ai dis n'était pas dramatique, de plus… Po…L'Auror n'a pas porté plainte.

-Ouille… Souffla Noa en faisant la moue. Ce n'est jamais par hasard qu'on se retrouve à Azkaban, sauf si quelqu'un a décidé qu'on devait être ici par n'importe quel moyen.

-A moins d'avoir été sous imperium je n'ai rien fais, répliqua Drago en fronçant les sourcils.

-Tu seras bien vite de quoi on t'accuse pendant ton procès.

-Mais…on ne devrait pas passer en jugement avant d'aller à Azkaban ?

Noa fit non de la tête. Il s'allongea et chassa une poussière invisible de sa cuisse.

-Ça veut tout simplement dire que ton procès n'est pas pour demain, et ils ne gardent personne plus de 48h en garde à vue, dit-il nonchalamment.

Drago avala de travers. Il allait moisir ici et il ne savait pas pourquoi. Il plaqua son visage dans ses mains. D'ailleurs il nota que l'odeur nauséabonde était moins prononcé maintenant que son corps tout entier baignait dedans. Ses lèvres se tordirent en une mimique dégoûtée. Il n'avait rien à faire ici ! Il devrait être chez lui ! Entrain de manger tranquillement ! En compagnie de Blaise ou de l'une de ses nombreuses maîtresses !

-Est-ce qu'on a le droit d'envoyer au moins un hibou ? Demanda-t-il au bout d'un moment.

-Seulement à ton avocat. Tu pourras informer le gardien de son nom quand il viendra te voir, sinon tu en auras un commis d'office. Il devrait venir dans la journée…s'il ne t'oublie pas.

ooOoo

Harry engagea une course effrénée vers le bureau de son supérieur et frappa vigoureusement à la porte.

-Je peux savoir ce qu'il se passe avec Malefoy ? Claqua t-il quand on lui ordonna de rentrer.

-Harry, dit le vieil homme en levant les yeux par-dessus ses lunettes, que me vaut cette visite impromptue ?

-Pourquoi, par Merlin, mes hommes envoient Malefoy à Azkaban ? Sans m'informer en plus !

-Ceci n'est pas de mon ressort, dit Sturgis calmement, c'est avec le Ministre qu'il faut s'entretenir -si par chance vous obtenez un rendez-vous- il n'a donné aucune raison dans son courrier.

Harry ouvrit la bouche dans une parfaite imitation du poisson.

-Le Ministre ? Aucune raison hein ? Murmura-t-il sarcastiquement. Mais qu'est-ce que Kingsley peut bien lui reprocher qui n'est pas déjà été jugé ?

-Comme je vous l'ai dit, Harry, je n'en sais pas plus que vous. Malheureusement je ne suis pas assez important pour donner mon avis, et encore moins pour empêcher tout cela, dit-il en remettant le nez dans ses dossiers.

Harry souffla de lassitude et prit le chemin de son bureau, il devait rapidement rédiger une note pour Shacklebolt. Il ne portait pas Malefoy dans son cœur, loin de là, mais s'il y avait une chose qu'il détestait, c'était l'injustice. Et encore plus depuis qu'il faisait ce métier. Sauf si, évidemment, la fouine cachait quelque chose qui méritait Azkaban. Mais il devait en avoir le cœur net, pour ça, il allait rendre visite à son pire ennemi encore vivant.

ooOoo

Installé dans son nouveau lit dont le matelas était aussi dur qu'un cailloux, Drago regardait le plafond l'air pensif. Cela faisait quatre heures qu'il était ici, mais la sensation était tout autre. Si Baker n'avait pas un sens inné pour prédire l'heure, il aurait plutôt dit trois jours. D'ailleurs son codétenu sifflotait depuis une bonne demi-heure et il n'allait pas tenir le coup plus longtemps s'il ne la fermait pas.

-Et toi pourquoi es-tu ici ? Demanda-t-il pour le faire cesser.

-J'ai presque tué un homme.

Drago pensa que sa voix douce et chaleureuse n'allait pas du tout avec sa phrase. Il déglutit discrètement.

-Presque ?

-Je me suis arrêté à temps.

-Pourquoi ?

-On m'a empêché d'aller plus loin, et c'est bien dommage.

Il entendit Noa remuer dans son lit juste en dessous de lui.

-Et qu'est-ce qu'il t'avait fait pour que tu lui en veuilles à mort ? Lança-t-il d'une voix peu assurée.

-Il voulait se taper mon mec.

A ses mots il grogna de rage.

Drago retint son souffle un moment. Si Baker était capable de tuer pour si peu, il allait devoir se tenir à carreaux.

-Tu es donc très possessif, dit-il sur un ton léger pour détendre l'atmosphère.

-Plutôt oui, informa Noa sur le même ton, mais j'ai perdu toute crédibilité depuis que j'ai appris qu'ils étaient ensembles, quelques jours après mon incarcération.

-Vraiment navré, mentit Drago, car à vrai dire, il s'en fichait.

Il s'en fichait jusqu'à ce qu'il réalise quelque chose. Il devint soudainement aussi pâle que le petit lavabo de la cellule. Son mec ? Le sort s'acharnait sur lui, il n'y avait pas d'autres explications possibles. Il se retrouvait enfermé dans huit mètres carré à peine, avec un homo, qui plus est, célibataire. Non vraiment, la chance l'avait totalement laissé tomber. Tentant de se contenir, il respira profondément plusieurs fois de suite. Il n'était pas faible, il ne céderait pas si…si Baker décidait de faire de lui son joujou.

-Et toi tu as quelqu'un dans la vie ? Dit Noa un peu trop paisiblement.

Drago su à cet instant qu'il n'allait plus du tout apprécier sa voix douce.

-Oui ! S'empressa-t-il de répondre en tressaillant.

-Tu es marié ?

Il n'allait pas le lâcher avec ses questions ? Deux options s'offraient à lui, ou soit il répondait, ou soit il risquait de fâcher le tueur.

-Je…c'est prévu, dit-il alors légèrement stressé.

-Femme ? Homme ?

-FEMME !

Mais à l'instant où Drago avait parlé -ou plutôt crié- il savait qu'il avait fait une grossière erreur. Un silence pesant s'installa.

-Tu as quelque chose contre les gays ? Dit enfin Noa au bout d'une minute qui parût interminable.

- Non ! Pas du tout ! Se rattrapa Drago d'une voix qui se voulait franche.

Noa se mit à rire et le Serpentard ne voyait pas ce qu'il y avait de si drôle.

-Tu as peur que je te culbute ? Dit-il toujours en s'esclaffant.

Drago retint une exclamation horrifiée mais ne broncha pas.

-Rassure toi, continua Baker avant que le blond ne réponde, je ne tire pas sur tout ce qui bouge. D'ailleurs j'ai eu très peu de conquêtes dans ma vie. Par contre quand je vise quelqu'un, je ne lâche pas l'affaire de si tôt. A vrai dire, j'obtiens toujours ce que je veux. Mais, tu es sauvé, car…tu n'es pas mon style.

Drago se sentit sur le coup légèrement vexé (Quelle personne seine d'esprit ne pouvait pas le trouver à son style ? C'est évident que Baker n'avait aucun goût), mais il se sentit bien vite apaisé par la nouvelle.

-Et bien…tu m'en vois ravi, avoua-t-il, car je n'ai pas l'intention de tromper ma fiancée.

-Sage idée ! S'exclama le brun en souriant. Je déteste ça.

-Oui, je pense que j'avais compris.

Puis, contre toute attente, ils éclatèrent de rire tous les deux.

ooOoo

-Salut Harry !

-Oh Ginny, tu vas bien ?

La rousse hocha la tête avant d'embrasser son ancien petit ami sur les deux joues.

-Tu as déjà fini ton travail ?

Ginny rougit légèrement.

-J'ai un rencard, dit-elle en se tortillant les doigts.

Harry ressentit son mal à l'aise et cela le fit sourire.

-Tu sais, Gin', notre séparation est déjà lointaine, je ne veux que ton bonheur.

Ginny se mordit la lèvre avant d'arborer, elle aussi, un jolie sourire. Elle remonta ensuite nerveusement son sac sur son épaule.

-Et toi tu pars déjà ? S'enquit t-elle de demander.

-Non, je prends un peu l'air, j'étouffe dans mon bureau, aucune mission aujourd'hui.

-C'est plutôt rare, profites-en pour te reposer.

Pour seule réponse, le brun haussa les épaules.

-A bientôt ! Lança-t-elle en tournant les talons.

-Tiens moi au courant…bonne chance !

Elle acquiesça avant de transplaner.

Harry regarda son ex disparaître et fronça les sourcils l'air perplexe. Ginny ne lui parlait jamais de ses rendez-vous. Il savait qu'elle en avait grâce à Ron qui le lui révélait, mais jamais celle-ci ne lui disait en face. Il pensa avec un léger pincement au cœur qu'elle avait enfin passé le cap et qu'ils pourraient maintenant se comporter comme de bons amis qui n'ont rien à se cacher.

Il enfonça sa main libre dans sa poche et avala le reste de son café avant de redescendre au Ministère de la Magie.

-Harry !

A peine le survivant venait-il d'arriver dans le hall qu'une tignasse brune vint l'aborder avec de grands signes. Hermione, à moitié essoufflée, s'appuya sur son épaule.

-Qu'est-ce que tu fais là ?

-Je suis venue voir Ginny et maintenant je te cherchais, dit-elle en reprenant sa respiration. J'ai un contre temps demain, je n'ai personne pour garder Téo, comme c'est au dernier moment la crèche est complète. Molly est toujours près de Charlie et Ginny vient de me dire qu'elle sera également absente…et comme je sais que c'est ton jour de congé…

Son regard était suppliant.

-Je sais que tu l'as déjà eu une partie du week-end mais…

-J'ai une visite en prison, coupa Harry en se mordant la lèvre, à quelle heure veux-tu me l'emmener ?

-Une visite en prison ? Demanda-t-elle en levant un sourcil.

-Je dois voir Malefoy.

-Pourquoi ?

-Je dois lui parler de quelque chose.

Hermione fronça les sourcils mais Harry ne la laissa pas rétorquer.

-Je veux bien prendre Téo, mais pas avant 10h00.

-C'est entendu, dit-elle le regard préoccupé, je te remercie.

ooOoo

Le soleil était au rendez-vous ce matin, et cela énervait Drago. Il avait à peine fermé l'œil et les ronflements de Noa ne l'avait pas aidé. Mais contre toute attente, le pire de tout, c'était le silence. Un silence très inquiétant, comme s'ils étaient seuls au monde. Aucun gardien n'était venu le voir, comme s'il était oublié, coupé de tout. Une gamelle était arrivée magiquement la veille au soir, remplie d'un infecte ragoût puant. Ainsi qu'une pomme. Il avait croqué trois fois dedans et un rat s'était chargé de la finir quand il l'avait jeté de colère sur le sol. Il était épuisé, mais le sommeil ne semblait pas vouloir lui offrir l'immense plaisir d'oublier qu'il se trouvait ici. Comment en était-il arrivé là ? Alors qu'il vivait sereinement il y a quelques jours à peine. Il maudissait ce moment où il avait insulté Potter, pourquoi fallait-il que ce type soit un aimant à emmerdes ? Même lui il se sentait attiré ! Il aurait pu tout simplement le regarder passer sans ressentir le besoin de l'injurier ! Mais non, c'était plus fort que lui, depuis le début. Mais il avait tout de même une bonne raison, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu le bonheur de voir sa tête de balafré. Quoi qu'il en soit, ce n'était pas le moment pour les regrets, il n'avait plus qu'à croupir ici en attendant son jugement, si par chance il pouvait joindre son avocat. En attendant, sa brûlure à la cheville commençait à le démanger sérieusement, il avait découvert avec effroi que l'on avait gravé son numéro d'écrou à vif sur sa peau encore une fois souillée.

-Tu as bien dormi ? Héla Noa d'une voix endormie.

-A merveille, répondit sarcastiquement Drago.

-Tu es sérieux ?

L'ancien Serpentard se tourna dans son modeste lit, bien déçu que son codétenu n'ait pas vu la grimace qui accompagnait sa réponse.

-Comment peux-tu dormir si sereinement ? Au point de ronfler comme un ours ?

-Je dors n'importe où, dit-il de bonne humeur.

Drago bougonna quelque chose qui ressemblait à « gars » et « vraiment spécial » et décida de fermer les yeux, dans un espoir presque perdu d'avance de s'endormir.

Mais quand il sentit que Morphée lui tendait enfin les bras, la porte de leur cellule s'ouvrit dans un grincement insupportable.

-Baker ! Malefoy ! Promenade ! Aboya une voix grave.

-Trois mots que tu entendras tous les matins, dit Noa en se levant.

Le gardien était immense et large, et Drago pensa que son regard cadavérique ferait frissonner n'importe quel courageux Gryffondor. L'homme les laissa passer après les avoir longuement scannés de sa baguette sans dire un mot. Drago retrouva le couloir qu'il avait arpenté la veille avec les deux Aurors, sauf que cette fois-ci il était beaucoup plus bruyant. Il était plutôt sombre mais il percevait déjà d'autres détenus à l'apparence sale, ce qui expliquait une nouvelle odeur repoussante. Il suivit Noa en baissant les yeux, le gardien les mena dans une large pièce où une trentaine d'hommes se tenaient en rang mais chahutaient presque joyeusement. On les plaça à la suite et ils patientèrent pendant que d'autres prisonniers entraient encore. Drago observa la pièce et un frisson remonta le long de sa nuque après une analyse détaillée des individus qui se trouvaient sur l'autre file, en face de lui. Un homme aux cheveux blancs et dont la barbe descendait jusqu'à son torse lui envoyait des sourires qu'un obsédé sexuel aurait largement utilisé. Juste à côté de lui, un petit brun aux épaules larges le regardait une lueur menaçante dans les yeux. Et à vrai dire, beaucoup d'entre eux avaient le regard rivé sur lui. Il empêcha ses satanées mains de trembler.

-Tu es nouvel arrivant, lui murmura Noa comme pour répondre à ses questions silencieuses. Ils vont être après toi, le tout c'est de leur montrer que tu n'as pas peur.

Drago avala difficilement, si c'était digne d'un Malefoy, il en aurait presque pleuré.

-Malheureusement pour toi, continua son codétenu, tu es beau gosse, donc tu auras les obsédés qui en auront après ton petit cul.

-Et dire que je m'inquiétais avec toi, dit Drago d'une voix cassée.

Noa ria légèrement

-Oui, il aurait mieux valu que ce soit moi, dit-il d'un air gêné.

-Putain, souffla le blond martyr, qu'est-ce que je dois faire pour y échapper ?

-Reste près de moi et utilise tout ton courage pour leur tenir tête.

Sauf que Drago n'était pas le moins du monde courageux, et qu'à cet instant, il préférerait se trouver six pieds sous terre. Mais il remercia silencieusement le brun qui, il le savait, risquait lui aussi sa peau si il le défendait.

Il remarqua qu'il y avait très peu de surveillants, probablement parce qu'ils était suffisamment fort, tout du moins il l'espérait.

L'un deux referma la porte derrière le dernier prisonnier et fit taire l'attroupement d'un seul mouvement de baguette. Il commença à faire l'appel et chaque détenu répondait par un « oui » ferme. Quand vint son tour, il en fit de même. Il parla haut et fort pour montrer son assurance et sa détermination. Quelques personnes rirent à l'entente de son nom, qui était -à son plus grand désarroi- très connu.

Quand l'appel fut terminé, tout le monde se dispersa instantanément dans la salle. Bientôt, Drago eut deux hommes qu'il n'avait pas encore remarqué devant lui. L'un avec des chevaux longs et gras, l'autre avec le crâne rasé. Noa, toujours à ses côtés, leur envoya un regard torve.

-Mais oui c'est bien lui, fit un de deux hommes.

-Le fils Malefoy ! Continua le deuxième.

-Que me voulez-vous, grogna Drago.

-Mais c'est qu'il mordrait ! Siffla le plus grand.

-Bon allez les gars, soyez cool, dit Noa de sa voix douce habituelle.

-Toi, la tapette, je te conseil de ne pas la ramener.

Un troisième homme, le vieux aux cheveux blancs, fit son apparition à ce moment là. Un sourire toujours aussi explicite illuminait son visage ridé.

-Oh ! Dit le crâne rasé, je crois que Marcus a trouvé sa nouvelle proie, félicitation blondy. Il est muet, mais ne t'inquiète pas, il sait tout à fait se faire comprendre.

Drago posa ses yeux froncés sur le muet et, rien qu'à voir l'expression de son visage, il était persuadé que s'il avait la parole, il aurait éclaté d'un rire ignoble et pervers.

Dans un élan d'instinct de survie, il recula mais son dos cogna rapidement la pierre du mur. Noa dandina de la tête d'un air désolé et Drago comprit que reculer n'avait rien de brave et que c'était une première preuve de soumission. Les trois hommes s'avancèrent et le gardien -Merlin soit loué- choisit ce moment là pour appeler Drago.

-Malefoy ! Tu as de la visite !

Le gardien lui montra une petite porte et Drago remercia le ciel pour ce premier sauvetage. Il se força à ne pas courir et n'ignora malheureusement pas la voix sirupeuse du chauve derrière lui.

-Tu es sauvé pour cette fois blondinet !

Drago essuya la sueur qui avait commencé à perlé le long de sa tempe et longea un autre couloir, encore plus étroit que celui qui menait à sa cellule, avec un gardien qu'il n'avait encore pas vu.

-Tu as quinze minutes, cracha-t-il en le poussant dans la première pièce venue.

Et pour la première fois de toute sa vie, Drago poussa un soupir de soulagement quand il découvrit la personne qui venait le voir. A vrai dire, il n'avait jamais été aussi ravi de voir Potter. Il y avait une table et deux chaises dans une minuscule pièce, et à son grand étonnement, pas de séparation entre le détenu et son visiteur. Potter le reluqua de haut en bas, l'air grave. Il avait joint ses mains et posé son menton dessus. Drago s'assit sur l'autre chaise et inspira bruyamment. Il voulait dire tellement de choses à la fois qu'aucun son ne sortit de sa bouche, mais Potter se chargea de parler le premier.

-Ce n'est pas moi qui t'ai envoyé ici, dit-il d'une voix calme.

Drago constata son besoin de se justifier et il se demanda si ce crétin était venu juste pour se déculpabiliser, faisant ainsi perdurer son rôle de grand-sauveur-je-n'ai-rien-à-me-reproché, ou si il allait réellement lui servir à quelque chose.

-J'avais compris, dit tout de même Drago conscient qu'il valait dorénavant mieux se montrer gentil avec le héros.

Harry se mit au fond de sa chaise, le bout des doigts posés sur la table. Quant à Drago, il donnait l'air d'être complètement décontracté, comme s'il était nonchalamment installé dans un fauteuil douillet, à milles lieux d'ici, un pied croisé sur un genoux et un bras sur l'accoudoir de la chaise. En réalité, son cœurs voulait sortir de sa poitrine.

-Mais alors pourquoi je suis ici ? Demanda le blond en haussant les sourcils.

Harry remonta ses lunettes -maintenant rectangulaires- sur son nez et employa un ton sévère.

-Justement, Malefoy, c'est-ce que j'aimerais savoir, Kingsley n'a pas dit pourquoi et…

-Attends, dit Drago en bondissant à moitié, tu veux dire que c'est le Ministre qui m'envoie ici ?

Harry acquiesça.

-Je ne sais pas si cela vient de lui personnellement mais en tout cas c'est lui qui en a donné l'ordre et je compte bien découvrir pourquoi, ce n'est pas la première injustice que je croise dans mon métier et s'il y a bien un truc que je déteste c'est ça, ainsi que l'abus de pouvoir, grogna le brun.

Drago aperçut la lueur de détermination dans ses yeux verts. Et il ne l'aurait admis pour rien au monde, mais cela l'apaisa.

-Je n'ai rien fais, de grave, dit-il en pensant à leur avant dernière entrevue, j'ai réussi à redorer mon nom et j'ai tout ce qu'il me faut, j'ai assez prouvé ma bonne foi depuis ces dernières années alors je ne vois pas pourquoi j'aurais déconné.

Harry le fixa comme s'il cherchait la moindre faille dans sa déclaration ou sur son visage. Drago se sentit mis à nu devant son pire ennemi (qui n'allait bientôt plus l'être avec la belle tripotée d'adversaires qui l'attendaient là-bas), mais il n'avait aucune raison de s'inquiéter, pour une fois il ne le menait pas en bateau.

-Bien, dit enfin Potter, alors je vais m'occuper personnellement de cette affaire.

Drago cligna des yeux plusieurs fois. Il regarda le brun se passer une main dans les cheveux et incliner sa tête dans l'intention de lui poser une question.

-Un problème ?

-Je rêve ou tu veux m'aider ? Se réveilla Drago.

-Je te l'ai déjà dit, je suis quelqu'un de juste au cas où tu ne l'aurais pas remarqué.

-Juste avec quelqu'un qui t'insulte et t'a pourri la moitié de ton enfance ? Lâcha Drago encore ébahis. Ou alors tu culpabilises car à la base c'est à cause de toi que je me suis fait arrêté.

Harry s'avança dans sa chaise en même temps que Drago et celui-ci put sentir son parfum, plutôt agréable d'ailleurs, et il pensa avec une légère honte que son odeur à lui devait être moins sympathique.

-Je suis désolé de t'informer que tu serais au trou quand même, avoua Harry, peut-être que c'est une chance que je tombe à pic pour m'occuper de ton affaire, la Fouine.

Son ton était acerbe et Drago regrettait déjà de l'avoir énervé.

-Je ne pensais pas qu'on pouvait rendre visite au condamné si facilement, dit Drago pour changer de sujet mais surtout pour ne pas avoir à lui dire merci.

-Je suis Auror, dit Harry en s'affaissant de nouveau dans sa chaise, et chef, je viens te voir presque autant que je veux.

-Et tu es contre l'abus de pouvoir, se moqua Drago en levant un sourcil comme il savait si bien le faire.

Le brun leva les yeux au ciel, mais au fond il se sentait rassuré car il était déjà blasé d'avoir une conversation civilisée avec Malefoy. Surtout par manque d'habitude.

-Quand c'est pour la bonne cause cela n'a rien de détestable, dit-il imperturbable.

-Tu viens clairement de me dire que j'étais une bonne cause ? S'étonna Drago avec un sourire mesquin.

-Non, railla Harry presque offensé, la bonne cause c'est de rétablir l'ordre et la justice.

L'ancien Serpentard se renfrogna légèrement. Il croisa les bras.

-En attendant je vais devoir retourner entre les tueurs et les violeurs…

Et à mesure qu'il avait parlé il mesurait l'amplitude de sa situation, il aurait tout donné pour ne pas y retourner…

Harry baissa les yeux puis se racla la gorge. Il paraissait vraiment mal à l'aise et Drago reconnaissait bien son air de héros du monde qui ne voulait pas laisser son nouveau protégé, mais le plus déstabilisant c'est qu'il ne l'avait jamais eu pour lui.

-Et encore tu n'es pas au pire étage, dit-il doucement, je vais essayer de faire quelque chose.

-Les quinze minutes sont écoulées ! Cria le gardien derrière la porte.

Cela faisait beaucoup de première fois pour aujourd'hui, mais Drago ne voulait pas quitter Potter. Il hocha la tête en guise d'au revoir, et se leva.

-Malefoy ?

Celui-ci, prêt à sortir, se retourna.

-Je vais te sortir de là, dit Harry en se levant à son tour.

Et pour une fichue autre première fois, Drago perçut une chaleur salvatrice se répandre dans tout son corps.

ooOoo

De retour dans la salle bondée de détenus, Drago sentit la panique revenir immédiatement. A peine eut t-il posé deux pieds dans la cage aux lions que le dénommé Marcus lui attrapa sauvagement le poignet. Ce dernier se fit aider par le crâne rasé et le graisseux qui le poussèrent dans un coin de la pièce.

-Alors blondasse, tu as déjà de la visite ?

-Les avocats ne sont jamais là si rapidement, serais-tu privilégié par rapport à nous ? dit l'autre en lui caressant la joue.

Drago fit un écart de cinquante centimètres, le regard mauvais.

-Ne me touche pas, gros crado.

Quand il sentit une main sur ses fesses il fit un autre effroyable bon en avant, il se retourna sur le muet qui arborait un sourire dépourvu de dents.

-Fais attention à ce que tu dis, joli gosse, car Marcus te trouve très à son goût, et il pourrait goûter à ton cul plus tôt que prévu.

-Dégagez bande de pervers dégoûtants, siffla Drago en oubliant qu'il était complètement démuni devant eux.

Il regretta aussitôt ses paroles et se demanda où était Noa quand on avait besoin de lui.

Quand il vrilla son regard sur le gros balèze qui lui faisait face, celui-ci lui décocha une bonne droite dans la mâchoire. Sous la force d'un seul coup, Drago s'effondra par terre en se tenant la joue. Une douleur aiguë traversa tout son visage.

-Tu es plus courageux que je ne pensais, dit-il en se massant le poignée. Marcus va s'occuper un petit coup de toi avant qu'on ne rentre et…

Mais l'homme aux cheveux gras ne finit pas sa phrase, car il avait tourné sa tête vers la porte principale et la vision venait de lui couper la parole.

Drago se demanda ce qui pouvait bien faire taire un gorille dans son genre et tourna donc son regard dans la même direction. Il écarquilla les yeux quand il vit Potter, discutant tranquillement avec le gardien qui l'avait conduit dans sa cellule la veille.

Le survivant, conscient maintenant que la moitié des prisonniers le regardait, leva la tête vers le petit groupe qui contenait Drago, et colla des yeux perçants sur les bourreaux. Ceux-ci, mais surtout le gorille, commencèrent doucement à reculer. Harry leur fit un signe de tête à l'opposé de la salle, leur ordonnant de déguerpir vite fait et ils s'exécutèrent en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire.

Drago, toujours un peu sonné, se releva et croisa un instant le regard de Potter avant que ce dernier ne quitte les lieux. A une dizaine de mètres, il aperçut Noa, les bras ballants et la bouche ouverte. Il fixait la porte, l'endroit exacte où se tenait Harry quelques secondes auparavant.


A bientôt !

Vanille-Fraise