Bonjour à toutes! Voici un nouveau chapitre - beaucoup trop tard j'en suis consciente - surtout que ne peux toujours rien promettre comme délais de publication. Certaines priorités ayant changé en lien avec la famille, il m'est désormais beaucoup difficile de m'octroyer le temps qu'il faut pour écrire. Toutefois, sachez que je ne vous oublie pas et que j'aime recevoir vos commentaires. Miriamme.
-Ça ira certainement mieux demain, conclus-je une seconde avant que mon amie Charlotte arrête sa voiture devant l'entrée de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont où ma sœur était hospitalisée depuis deux jours. Depuis ce maudit incendie qui avait tout détruit de l'immeuble dans lequel nous nous étions installées deux ans plus tôt. C'est-à-dire depuis que j'avais fini mes études et trouvé ce poste dans une compagnie pharmaceutique.
-Si tu savais comme je me serais passée de ces démarches, soupirais-je, la main déjà posée sur la poignée de la portière.
-Tu veux bien saluer Jane pour moi? Me pria mon amie.
-Bien sûr, la rassurais-je en m'extirpant de mon siège. Lorsque je lui ai parlé hier soir, elle m'a dit qu'il était question qu'elle reçoive son congé demain matin, lui appris-je avant de vérifier, ça te va toujours si je lui laisse la clé que tu m'as prêtée?
-Aucun problème, me sourit-elle brièvement, J'imagine que ce sont tes parents qui vont aller la chercher?
-Mon père puisque ma mère souhaite rester à la boutique, enchaînais-je, déterminée à m'éloigner le plus vite possible afin d'échapper à ce qui allait suivre.
-Tu vas rappeler l'enquêteur hein? Vérifia-t-elle, la main posée sur la portière, anticipant mon empressement à la refermer.
-Il s'est manifesté aussi sur mon portable. C'est à croire qu'il n'a rien d'autre à faire, m'emportais-je avant de rouler des yeux, feindre de reprendre contenance puis affirmer, Ne t'en fais pas Charlotte, je le rappellerai en sortant d'ici. Merci de m'avoir déposée. À ce soir, la saluais-je tout en me dirigeant vers le détecteur de mouvements afin de déclencher le mécanisme d'ouverture des portes.
Une fois dans le hall d'entrée de l'hôpital, je m'arrêtai à la réception, citai le nom de ma sœur puis attendis que la réceptionniste me donne le numéro de la chambre dans laquelle elle avait été placée à la suite de son séjour à l'urgence.
-Euh! C'est-à-dire que... balbutia celle-ci, les sourcils froncés tandis qu'elle décodait l'information qui venait d'apparaitre sur l'écran de son ordinateur. Vous avez une pièce d'identité à me montrer?
-Hein? Pourquoi? Me braquais-je aussitôt, éprouvant beaucoup de mal à ne pas lui montrer que la moutarde me montait au nez.
-La raison n'est pas spécifiée, hésita-t-elle après avoir jeté un autre bref regard à son écran.
« Un robot ferait aussi bien l'affaire… » Ai-je bien failli rétorquer, mais c'était avant, bien avant que la raison me revienne et me rappelle à l'ordre en me faisant réaliser que cette réceptionniste bien qu'un peu zélée avait le pouvoir de m'interdire l'accès aux étages. Et donc, m'empêcher de voir ma sœur. Voilà, montrais-je finalement mon permis de conduire. Là, vous voyez? Mon nom est Élisabeth Bennet. Je suis la sœur cadette de Jane Bennet.
-Très bien, m'invita-t-elle finalement avant de m'arrêter à nouveau, blêmir à cause du regard peu avenant avec lequel je la dévisageais puis balbutier, ne rangez pas immédiatement votre permis de conduire, il vous faudra le ressortir en haut aussi. Un gardien de sécurité a été placé en permanence devant la porte de la chambre de votre sœur.
-Merci du renseignement, me contentais-je de rétorquer avant de me diriger vers l'ascenseur, les sourcils définitivement froncés.
Comme les portes se refermaient lentement sur moi, je coulai un dernier regard en direction de la réceptionniste, légèrement étonnée de la découvrir au téléphone mais bien davantage surprise de lire mon nom sur ses lèvres une seconde avant qu'elle dépose le combiné.
Avoir été seule dans l'étroit habitacle, je me serais empressée de relâcher le souffle qui s'était bloqué dans mes poumons, mais là, entourée de trois autres personnes, je me contentai serrer les lèvres.
-Vous allez à quel étage? Me demanda celle qui était entrée juste avant moi, me sortant aussitôt de la torpeur dans laquelle je continuais de m'enfoncer. Vous n'avez appuyé sur aucun bouton, observa-t-elle, la main déjà bloquée au-dessus des boutons de commande des étages, attendant mes instructions.
-Oh, c'est que… Quelqu'un a déjà appuyé dessus, merci, balbutiais-je, esquissant un sourire reconnaissant que je souhaitai à la hauteur de la bienveillance de cette dame. J'avais heureusement eu le temps d'enregistrer que parmi les trois voyants lumineux déjà allumés ce trouvait celui de l'étage où je me savais maintenant attendue.
« Nous sommes quatre, mais allons faire trois arrêts. Il est donc certain qu'une personne descendra à chaque fois. L'homme d'abord, me rappelais-je en me souvenant l'avoir vu appuyer sur le bouton correspondant au septième étage soit celui venant tout juste avant celui où Jane avait été hospitalisée. À coup sûr, ensuite, ma bienfaitrice ou bien la troisième femme descendra, évaluais-je tandis que les portes s'ouvraient à nouveau pour permettre à l'homme de sortir. Donc, planifiais-je rapidement, si, comme je le pressens, un comité d'accueil m'attend au huitième, je n'aurai qu'à ne pas bouger, rester dans l'ascenseur pour suivre celle qui a pressé sur le bouton du neuvième étage. »
Comme l'arrêt suivant se manifestait dans mes chevilles, je stabilisai ma posture en ployant légèrement les genoux puis suivi des yeux celle qui s'était déjà approchée de la porte.
Me tenant légèrement en retrait histoire de ne pas télégraphier mon intention de descendre, j'attendis que les portes soient entièrement ouvertes avant de jeter un œil aux alentours.
-Élisabeth Bennet! Entendis-je un médecin puis un infirmier interpeller ma bienfaitrice avant d'être rejoints par deux gardes de sécurité.
-Hein…
-Veuillez nous suivre, s'il-vous-plait! L'entraînait déjà celui des deux gardes qui avait passé sa large main sous son bras.
-Comment m'avez-vous appelée? Eussé-je le temps de l'entendre protester.
-Ouf! Échappais-je malgré moi, soulagée du geste que fit ma voisine pour accélérer la fermeture des portes. « J'aurais dû y penser moi-même… » songeais-je tout en me questionnant sur la manière dont j'allais expliquer ma présence à l'étage supérieur.
-Vous faites erreur messieurs! Ordonna une voix d'homme une seconde avant que la porte ne soit bloquée et que je reconnaisse l'individu qui me harcelait depuis l'incendie.
-Je vous l'avais bien dit que ce n'était pas moi, les gronda celle qui venait de retrouver sa liberté.
-Veuillez sortir de cet ascenseur! S'impatienta l'inspecteur en haussant légèrement le ton.
-Mais qu'est-ce que vous attendez pour sortir? Se manifesta également ma voisine d'infortune se sentant maintenant suffisamment rassurée pour quitter le fond de l'ascenseur et s'en mêler.
Ignorant l'injonction de celui qui m'avait reconnue, la boutade de l'autre passagère de même que le signal sonore de blocage des portes qui ponctuait chacun de mes pas, j'émergeai de l'étroit habitacle puis me dirigeai vers la seule personne du groupe qui portait un sarrau.
-Emmenez-moi voir ma sœur?
Comme les yeux du médecin quittaient mon visage pour regarder un peu plus haut derrière moi, je serrai les lèvres puis patientai, devinant qu'il lui fallait obtenir l'approbation d'un certain personnage avant de me répondre.
-Vous pourrez la voir aussitôt notre entretien terminé, entendis-je l'inspecteur trancher juste avant d'être entourée par les deux gardes de tout à l'heure.
-Pas la peine de m'escorter messieurs, ouvrez-moi simplement le chemin, je vous suivrai sans broncher, rétorquais-je en leur faisant signe de me précéder. Puis-je au moins savoir comment se porte ma sœur avant de m'entretenir avec vous? Questionnais-je celui qui fermait la marche.
-Elle n'a plus de fièvre heureusement, mais éprouve encore du mal à respirer à cause de la fumée qu'elle a inhalée pendant l'incendie, résuma le médecin avant de tourner les talons et me laisser seule avec les trois autres.
-Après-vous, me pressa l'inspecteur en m'invitant à passer la porte devant laquelle les deux gardes s'étaient arrêtés.
-Charles Bingley, se présenta un jeune rouquin dont l'apparence et le tempérament se situaient à l'antithèse de l'inspecteur.
-Cet homme est celui qui a sauvé votre sœur, m'annonça l'autre homme en refermant la porte derrière lui.
-Je me souviens de vous, en effet, rétorquais-je avant de lui donner ma main à serrer, Élisabeth Bennet. Je vous remercie en mon nom personnel et celui de ma sœur qui sera certainement….
-Si on en venait aux faits, s'impatienta l'inspecteur en ouvrant le gros cartable qui était posé devant lui. Ramassant ce qui me semblait être une carte d'affaire, il me la tendit, attendit que j'aie les yeux posés sur elle puis déclina son identité, Je suis le Lieutenant-Détective Darcy et je travaille pour la SIC.
-Pardonnez mon ignorance, mais qu'est-ce que la SIC?
-Vous ne connaissez pas la SIC? Me demanda le détective en m'examinant d'un air hautement dubitatif.
-N'avez-vous jamais entendu parler de la Section des Incendies Criminels? Vérifia son acolyte.
-Vous ne croyez tout de même pas que c'est ce qui s'est produit avec notre immeuble? M'étonnais-je.
-….
-Vous croyez réellement que cet incendie était de nature criminelle? Vérifiais-je, me sentant maintenant toute prête à céder à la panique.
-En effet, rétorqua l'inspecteur avant d'ajouter, nous en sommes maintenant sûrs.
-On a retrouvé des traces d'accélérant dans les décombres de votre immeuble, m'apprit le rouquin avant de lever les yeux vers son supérieur.
-Ça alors, bredouillais-je, perdant du coup le peu de forces qu'il me restait pour tenir sur mes jambes.
-Asseyez-vous, me suggéra le rouquin tout en guidant vers la chaise que le Lieutenant-Détective m'avait réservée, juste devant lui.
-En fait, reprit l'inspecteur tout en consultant ses notes, si j'en juge par les indices recueillis sur place, il semblerait bien que le feu ait pris naissance dans votre appartement et plus précisément encore, dans la chambre de votre sœur.
-Quoi? Qu'est-ce que vous dites? Échappais-je, désormais incapable de maîtriser le tremblement qui affectait ma voix. Vous faites erreur messieurs, la cham….
-Où étiez-vous au moment où le feu s'est déclaré? Me brusqua l'inspecteur, nullement ébranlé par la panique qui me gagnait.
-Je revenais de l'épicerie. J'y suis allée pour acheter ce qu'il me fallait pour préparer des plats plus légers pour Jane. Et quand je suis revenue, m'arrêtais-je le temps de reprendre mon souffle et de m'assurer que mes larmes ne coulaient pas.
Après avoir jeté un œil entendu en direction du rouquin, le Lieutenant-Détective reprit, un témoin affirme vous avoir vu arriver les mains vides.
-Quoi? fronçais-je les sourcils, confuse et sérieusement paniquée. Laissez-moi réfléchir, repris-je, fermant les yeux afin de me remémorer l'incident. Je me revis alors dans l'autobus, mes deux sacs d'épicerie posés sur mes genoux. Voilà, ça me revient. Je les avais avec moi dans l'autobus. J'étais à bord du bus 45. Celui qui part de la station Papineau. J'avais fait mes courses juste avant de monter dans l'autobus.
-Vous les avez donc oubliés dans l'autobus avant de descendre? Intervint le rouquin avec bienveillance. Au moins lui, je le sentais soucieux de me venir en aide.
-Non, rétorquais-je alors que la suite des événements se précisait dans ma mémoire. Je les avais bien en main lorsque je suis descendue du bus. Ceux-ci m'ont tout simplement échappé lorsque j'ai réalisé que c'était notre immeuble qui était la proie des flammes. Je les ai tout bonnement oubliés.
-Vous étiez sous le choc, il va sans dire, m'appuya le sauveur de ma sœur.
-Charles! L'interpella froidement le Lieutenant-Détective.
-Vous avez raison, m'en mêlais-je un peu brusquement, j'étais très énervée il va sans dire, mais surtout inquiète pour ma sœur Jane, car je la savais seule et malade et au lit.
-Bien, se renfrogna l'inspecteur, Entrons dans le vif du sujet voulez-vous?
-Je n'attends que cela, grommelais-je en sentant la colère remplacer la panique.
-Votre sœur, s'arrêta-t-il pour chercher une information dans son cartable.
-Jane, le secourut l'autre homme.
-Jane Bennet, oui c'est ça. Alors, mademoiselle Bennet, votre sœur Jane a-t-elle des ennemis? Enchaîna le séduisant mais désagréable personnage.
-Jane, des ennemis? répétais-je juste avant d'échapper un petit rire, bien sûr que non.
-Un petit-ami, ex petit-ami ou encore un prétendant trop entreprenant? Suggéra-t-il par la suite.
-Non, non, non. Rien de tout cela. Vous faites fausse route, protestais-je promptement avant de remarquer l'air soucieux du jeune rouquin puis ajouter, Jane n'a personne dans sa vie actuellement.
-Un ou une collègue de travail, alors? Proposa ensuite l'inspecteur.
-Dans quel domaine votre sœur travaille-t-elle? S'informa le rouquin en même temps que son supérieur.
-Jane est éducatrice en garderie et n'a pour ainsi dire aucun ennemi. Non, vraiment, je vous le répète, vous faites fausse route monsieur Darcy, insistais-je, omettant volontairement son titre.
-Comment expliquez-vous que le feu ait pris naissance dans sa chambre alors? M'attaqua le Lieutenant-Détective, comme s'il en faisait une histoire personnelle.
-Écoutez monsieur Darcy, euh, Lieutenant-Détective Darcy, le repris-je déterminée à lui couler le bec, il est absolument impossible que le feu ait pris naissance dans la chambre de ma sœur puisqu'elle dormait dans la mienne.
-La vôtre? Vous voulez dire que votre sœur dormait dans votre chambre? Vérifia le rouquin interloqué.
-C'est ça oui, esquissais-je un vague sourire, consciente que je venais de perdre le peu de crédibilité qu'il me restait.
-Mais vous nous avez dit? Déglutit ensuite le pauvre homme.
-Je sais. Je ne croyais pas, jusqu'à maintenant, que ce détail pouvait être important, admis-je, maladroitement, inutilement.
-Pourquoi l'avez-vous installée dans votre chambre? Intervint finalement le lieutenant-Détective d'un ton beaucoup trop étudié.
-Comme Jane était fiévreuse, j'ai préféré l'avoir sous les yeux toute la nuit. Je l'ai donc installée dans ma chambre. On a donc dormi ensemble cette nuit-là. Il faut dire aussi que je suis la seule à avoir un lit double.
-Bon, conclut l'enquêteur avant de reprendre son stylo qui avait l'air de valoir une fortune puis tirer un trait sur la page qui était devant lui, si on s'intéressait à vos activités maintenant?
-Je n'ai pas d'ennemis, ni d'ex-petit ami, résumais-je, mi-figue, mi-raisin.
-Et si vous nous disiez maintenant, mais sans omettre aucun détail cette fois, ce que vous avez fait le jour de l'incendie?
-Je ne demande pas mieux. Eh bien voilà, assurais-je avant de prendre une grande respiration afin de me permettre d'oublier l'instant présent pour me concentrer sur le déroulement de cette matinée plus que traumatisante, ce matin-là, il était environ 7h00 lorsque je me suis éveillée. C'est l'heure à laquelle mon alarme est réglée. Comme Jane était allongée à mes côtés, je me suis empressée de relever sa température. Comme elle était à la hausse, je l'ai réveillée pour lui faire avaler deux cachets d'acétaminophène. Ensuite, après m'être habillée et avoir avalé mon petit déjeuner, je suis retournée dans ma chambre afin de voir si elle allait mieux. J'ai repris sa température. Elle n'était pas normale, mais définitivement beaucoup plus basse.
-Et alors, me pressa le lieutenant-détective.
-Je suis retournée dans le salon pour vérifier mes courriels, ai rédigé quelques messages pour le travail puis ai quitté l'appartement.
-Qu'est-ce que vous faites comme travail?
-Je travaille pour une compagnie pharmaceutique. Je suis dans la recherche.
-Pour quelle compagnie travaillez-vous?
-GSK. Glaxo….
-Vous travaillez chez GlaxoSmithKline? Me coupa le rouquin visiblement impressionné.
-Vous êtes biochimiste? Le supplanta le Lieutenant-Détective, me contemplant d'un air dubitatif, voir soupçonneux.
-En effet.
-…..
-Lorsque j'ai quitté l'appartement, il était environ 9h30…
-À la suite de quoi, vous êtes allée à l'épicerie, me devança le rouquin.
-Êtes-vous bien certaine d'avoir verrouillé la porte en quittant l'immeuble? Reprit le détective non sans avoir jeté un œil mauvais en direction de son collègue.
-Absolument. Elle est munie d'un système de verrouillage automatique, lui appris-je.
-Vous n'avez croisé personne dans le bâtiment? Une personne qui vous aurait parue suspecte?
-Non. Il n'y avait personne. Ni dans l'ascenseur, ni devant l'immeuble.
Un long silence régna dans la pièce soulignant non seulement mon inconfort et celui du rouquin que je sentais encore sensible à ma cause, mais surtout la détermination du Lieutenant-Détective à souligner mes fautes, voire à me condamner séance tenante.
-Votre porte n'ayant pas été forcée…se décida-t-il avant de s'arrêter de nouveau, se redresser puis reprendre d'un ton plus professionnel, plus froid, alors voilà, pour reprendre vos propres mots, vous n'avez pas d'ennemis ni de petit ami, vous n'avez rien fait d'autre ce matin-là que les courses - même si des témoins affirment que vous êtes arrivée les mains vides – précisa-t-il en appuyant sciemment sur chaque syllabe, puis vous êtes revenue vers votre appartement où, vous aviez laissé votre sœur sans surveillance alors qu'elle était malade.
L'air rentrait difficilement dans mes poumons. Je voyais rouge. Cet homme, bien que doté d'un physique extrêmement avantageux était d'une telle arrogance que j'en avais la nausée. Je le regardai froidement avec des poignards dans les yeux et rétorquai, Vous avez trouvé ça tout seul? Non mais vraiment, je suis impressionnée, car je ne vous savais pas si intelligent!
J'ai su que ma phrase avait portée lorsque son teint vira au rouge. Mais encore une fois il se ressaisit bien assez vitre, se leva, contourna l'unique meuble qui nous séparait puis se pencha vers moi pour me souffler à l'oreille, un autre commentaire comme celui-là et je vous embarque pour entrave à la justice.
-Tu aurais dû être plus conciliante Lizzie. Après tout, cet homme ne faisait que son travail, me fit remarquer Jane d'une voix faible et éraillée.
-Je sais, je sais, convins-je tout en contemplant tristement celle qui avait l'air d'une momie tant elle était recouverte de bandelettes. Souffres-tu beaucoup? Fis-je diversion, souhaitant nous emmener l'une et l'autre dans une autre direction.
-Pas pour l'instant, parce que je suis sous l'effet des médicaments, mais il y a une heure, c'était horrible, m'expliqua-t-elle.
-T'ont-ils dit quand tu aurais ton congé? Est-ce toujours demain matin? Vérifiais-je, me doutant bien que mon entretien avec les deux envoyés du service des incendies criminels et surtout grâce à cette information que j'avais lâchée vers la fin et en coup de théâtre, ma sœur aînée pourrait quitter l'hôpital sans être obligée d'en passer par un interrogatoire.
-Oui, mais il faudra tout de même que je me rende au CLSC de la rue Visitation aux deux jours car mes plaies doivent être surveillées de près, déplora-t-elle, songeant fort probablement à mes parents et à Charlotte qu'elle déplorait devoir déranger.
-De qui te vient ce bouquet? Vérifiais-je, trop paresseuse pour me redresser et saisir la petite carte qui était agrafée au papier d'emballage qui entourait l'agréable arrangement floral.
-Il m'a été offert par les sapeurs-pompiers de la caserne 19. L'homme qui m'a sauvé la vie y travaille paraît-il.
-Il se nomme Charles Bingley et c'est un vrai gentleman, me renfrognais-je en repensant à l'interrogatoire serré que le Lieutenant-détective Darcy m'avait fait subir.
-Tu peux fermer les yeux Jane, avisais-je ma sœur lorsque mon attention revint sur elle et que je le découvris en train de bailler, j'ai quelques courriels à envoyer pour le travail. Je vais le faire d'ici pendant que tu te reposes.
-Merci, Lizzie, l'entendis-je murmurer tandis que je m'installais dans le seul fauteuil que comptait la pièce puis sortait le nouvel ordinateur portable que la compagnie m'avait octroyé afin de me permettre de travailler de la maison, le temps que les choses soient réglées avec les assurances.
-Même s'il est déjà prévu que j'aille travailler demain, je préfère prévenir immédiatement mes collègues, songeais-je, surtout maintenant que je sais ce dont cet enquêteur est capable, frissonnais-je ensuite en me remémorant les nombreuses questions auxquelles j'avais eu droit en lien avec mon travail et les gens que j'y côtoie au quotidien.
-Comment a-t-il osé, échappais-je malgré moi, entendant encore le Lieutenant-détective m'informer que tant que l'enquête ne serait pas terminée, je n'avais pas le droit de quitter le pays, ni même la province.
-Vous ne croyez tout de même pas que j'ai quelque chose à voir avec l'incendie? Me souvins-je lui avoir alors rétorqué, avec un rire dans la voix.
-L'accélérant que j'ai prélevé sur les lieux était composé de plusieurs éléments chimiques, avait-il repris tout sourire, surveillant de près ma réaction, des biochimistes les ont inventoriés puis ont réussi à établir, avec certitude, que tous ces éléments, sauf un, avaient été achetés sur le marché noir.
L'autre produit, celui qui est rarissime, savez-vous d'où il vient? M'avait-il testé ensuite, sachant déjà fort bien à mon air renfrogné que j'avais déjà deviné qu'il s'agissait de la compagnie pour laquelle je travaille.
Sans doute avait-il également compris que je ne lui offrirais pas la satisfaction de me savoir défaite car, c'est à cet instant précis qu'il m'a jeté au visage, ajoutant ainsi à ma déconfiture, plus la peine de mentir, je sais déjà tout mademoiselle Bennet. Je sais que ce sont ces preuves que vous vouliez récupérer lorsque vous êtes revenue sur les lieux.
-…..
Un long soupir m'échappa comme je m'extirpais de ce mauvais souvenir, mais il me suffit de poser les yeux sur ma sœur endormie pour que je reprenne contenance, me redresse puis dirige mon attention vers ce qui était le plus urgent pour l'instant, c'est-à-dire, écrire à mes collègues pour les prévenir de la visite de cet homme qui était, l'ayant appris à mes dépens, toujours convaincu de ma culpabilité.
….À suivre….
N'hésitez pas à m'écrire pour me dire ce que vous pensez de cette nouvelle histoire.
