Après que Francis soit sorti de sous la douche, il jeta un coup d'œil dans la chambre, ou plus précisément, sur le lit. Son râleur préféré dormait encore à point fermé, à en juger par sa respiration. Un petit sourire se alors forma sur ses lèvres. Il finit de se préparer aussi vite qu'il le put (ce qui veut dire en 20 minutes) en fredonnant Greensleeves, se regarda une dernière fois dans le miroir et quitta la salle de bains, satisfait de son apparence.

Le Français commanda discrètement deux petits déjeuners au service d'étage et s'assit sur le lit. Doucement, il passa sa main dans les cheveux blonds, plus ébouriffés que jamais, de son ange Britannique. Celui-ci émit un petit gémissement et se tourna dans sa direction pour mieux lui enlacer la taille, cherchant sans doute la chaleur manquante. Un petit rire lui échappa et il s'allongea, essayant de froisser le moins possible ses vêtements, pour mieux serrer contre lui son amant.
Ils restèrent un moment ainsi, blotti l'un contre l'autre. La nation aux yeux bleus caressait avec tendresse le visage endormi de son éternel rival et amour, tandis que son autre main s'aventurait un peu plus bas, sur le corps nu, mais non moins tendrement. Arthur poussa un petit soupir de bien être et resserra son emprise sur lui, glissant l'une de ses jambes autour de sa taille. Ne résistant plus à la vue des lèvres encore roses, il se pencha un peu plus pour les capturer d'un baiser.

Des petits cris de détresse le firent sortir de sa bulle de bonheur et réveillèrent la nation insulaire par la même occasion. Quelle ne fut pas sa surprise en voyant une dizaine de petites fées se précipiter vers eux, pour mieux se cacher dans les draps du lit. L'Anglais grogna et demanda d'une voix encore ensommeillée ce qui se passait, et les petites créatures hurlèrent toutes, hystériques. Etant donné qu'elles parlaient toutes en même temps, il était dur de les suivre. Les seules indications que les deux amants comprirent et qu'elles étaient poursuivies, les suppliaient de les protéger et que leur assaillant était à la fenêtre. Poussant un soupir, un peu agacé aussi, Francis se leva et se dirigea vers la dite fenêtre pour y écarter le rideau d'un mouvement théâtral, s'attendant à voir un oiseau.

Cependant, ce fut une créature monstrueuse qui se trouvait derrière la barrière de verre. Elle ressemblait vaguement à un humain (dans sa morphologie générale), était nue, ses veines visibles sur tout son corps, son visage était lisse, sans nez visible, elle avait la bouche entrouverte et fixait Francis de ses grands yeux globuleux. Ces derniers se trouvaient au creux de la paume de ses mains, posées sur la vitre, dont le dos était fixé sur l'emplacement normal de l'organe oculaire d'un être vivant normalement constitué.

Les siens faillirent sortir de leurs orbites et sa mâchoire manqua de se décrocher à la vue de cette chose tout droit sortie d'un film d'horreur (ou de ce film espagnol, dont il avait oublié le nom à ce moment précis, avec un labyrinthe…). Il était totalement pétrifié, au point qu'il n'eut même pas la force de hurler de terreur, encore moins de refermer la teinture et de retourner sous sa couette.

« MOVE, FRANCIS ! »

La voix d'Arthur claqua comme un fouet, et il eut tout juste le temps de bouger sur la droite qu'une boule verte lumineuse fondit sur le monstre. Elle traversa le verre, frappa de plein fouet le monstre, qui perdit l'équilibre et tomba mollement sur le macadam. La boule lumineuse se déplia, ce qui révéla à Francis que c'était le petit lapin ailé qui suivait le blond aux yeux verts presque partout. Le petit animal brilla une nouvelle fois, de la même lumière qu'émettait son « maître » et bougea vivement ses ailes, envoyant des lames de vent sur son ennemi qui choisit de fuir dans les ténèbres.

- Never come back ! » hurla la petite créature, l'air déterminé.

- Bloody fairy eater ! Ow, fuck !» jura l'Anglais en se levant difficilement, son arrière train le faisant souffrir.

Francis, lui, était effondré au sol, toujours horrifié, se demandant ce qu'il venait de se passer.

Ce fut toujours sous le choc qu'il ouvrit à une jeune serveuse, et prit les deux plateaux, les mains un peu tremblantes, en la remerciant d'un sourire un peu crispé.


- Ve~, Ludwig, tu crois que Francis sera encore fâché ? » demanda innocemment Feliciano à son amant.

- …je l'ignore, mais une chose est sure : le nom d'Alésia est désormais proscrit. » déclara l'Allemand d'un ton sans appel.

- Oui, je comprends. » répondit le brun, but une gorgée de capuccino et ajouta les yeux pleins de larmes : « …et je ne veux pas qu'il fasse un pot-au-feu avec nos entrailles !Veeee, ça non ! »

La nation germanique fut parcourue d'un frisson.


- Dis-moi, Francis, tu as déjà pensé à invoquer l'esprit de Gaule celtique ? » demanda soudainement Arthur en saisissant sa tasse d'Earl Grey. Francis le regarda franchement surpris.

- Pas du tout ! » répondit-il de but en blanc, les yeux ronds. « En même temps, le spiritisme, invocations d'esprit, la nécromancie… ce n'est pas vraiment mon domaine ! »

Le Français prit une bouchée de croissant, réfléchissant à la question avant d'être pris d'un drôle de pressentiment et fronça alors les sourcils. Il regarda alors suspicieusement le blond en face de lui et lui demanda d'une voix grave :

- Pourquoi ?...

- Hé bien… » hésita la nation insulaire, tout à coup mal à l'aise. « Sans vouloir insister sur les évènements des derniers jours, peut-être qu'elle pourra répondre à notre question. » voyant son amant émettre une aura menaçante, il s'empressa d'ajouter : « Mais je dis ça pour toi, surtout ! Les autres te laisseront tranquilles si tu peux leur répondre ! Comme il faut au minimum personnes pour invoquer un esprit, ceux présents confirmeront que tu n'inventes pas ! »

- …c'est vrai, ce baratin ? » demanda la république aux yeux bleu, un coude appuyé sur son genou, pour mieux y déposer son menton. « Enfin, peu importe. Si tu veux te faire étriper, je t'en prie : fonce ! Quoique, pour cela, tu devras d'abord trouver 6 autres personnes (puisque je sens que je vais être de la partie) et que tu réussisses ton sort… » Arthur haussa un sourcil. « …donc je n'ai pas trop à m'inquiéter ! » conclut-il avec un grand sourire.

- Hé ! Qu'est-ce que tu veux dire par là ! » s'énerva le Britannique, piqué au vif.

Francis se permit de rire en voyant le visage rouge de son Anglais déformé par la colère. Nullement inquiété par la proposition de ce dernier. Et pourtant…


2 heures plus tard…

« J'arrive pas à y croire ! » murmura Francis, le visage caché dans ses mains.

La table de la salle de conférence avait mystérieusement rétrécie, elle était à présent juste assez grande pour que 8 personnes s'installent, un mystérieux symbole (ressemblant à un pentacle) était dessiné dessus, chaque branche pointant vers le futur occupant. Les stores des fenêtres étaient fermés, plongeant la salle dans l'obscurité, seules quelques bougies, installées sur divers chandeliers sortis d'on ne sait où.

Alors qu'il se remettait à peine du choc causé par la transformation de la pièce, il entendit la porte s'ouvrir, Angleterre invitant d'autres nations à entrer. Sous ses yeux hagards, il vit (le traître) l'Anglais installer respectivement Canada, Amérique, Romano, Espagne, Prusse et Suisse à la place qu'il leur avait attribué.

La nation ayant le lys pour symbole se sentit outrée et trahie. Mathieu écarquilla les yeux en voyant l'expression de son visage, lui fit de drôles de signes et il comprit que ce dernier avait sûrement cru qu'il était d'accord pour cette mascarade.

« Arthur… je te jure que si nous nous en sortons tous indemnes, tu ne pourras plus t'assoir pendant au moins deux mois et abstinence jusqu'à nouvel ordre ! »

La nation cible de ses foudres lui fit alors signe de le rejoindre, ce qu'il fit en tapant des pieds. Il était pris en sandwich entre son amant et Vash.

- Bon, à présent que vous être tous présent, nous allons pouvoir commencer. » annonça solennellement Angleterre. « Tout d'abord, joignez vos mains s'il-vous-plaît… oui Suisse ? » tous les regards se tournèrent vers la nation aux yeux sévères.

- Vous pouvez m'expliquer ce que je fais là ? » demanda-t-il d'une voix traînante, presque blasée.

- Parce qu'il faut le plus possible de nations proche de Gaule celtique ! Etant donné que c'est un esprit de nation ancienne, il faut jouer avec le lien de sang ou famille, or tu es le demi-frère de Francis (du côté germanique) et d'autres liens... Et puis tu étais d'accord, alors ne me déconcentre pas avec ça maintenant !

Vash grommela quelque chose et saisit la main de ses voisins : Francis et Antonio.

« Bon, à présent, fermez les yeux, ne dites plus rien et ne les rouvrez pas avant que je vous le dise ! »

Tous lui obéirent après avoir chuchoté avec leurs voisins, ce qui agaça profondément le meneur. Il commença à prononcer la formule quand il sentit son voisin de gauche, Francis, se tendre brutalement. Il resserra sa main autour de la sienne, espérant le détendre. Un vent souffla dans la pièce, surprenant les six autres nations, qui se firent violence pour ne pas ouvrir les yeux. Arthur ne se laissa pas impressionner et continua de dire la formule, se concentrant du mieux qu'il pouvait. Il n'avait plus droit à l'erreur ! Sinon il risquait de blesser les nations à ses côtés. Lorsqu'il eu finit, il sentit qu'une présence approchait, attirée par les flux magiques qu'ils émettaient tous (involontairement pour la plupart).

Francis n'arrivait pas à se détendre, il se sentait bizarre. Il ignorait pourquoi, mais ses mains tremblaient, pas de peur, c'était indéfinissable. Pour se calmer, il serra les mains de son amant, et c'est alors qu'il réalisa que celle de son demi-frère tremblait autant que les siennes. Il fut tenter de le regarder, mais voulant éviter les ennuis en transgressant les consignes données, il se contenta de lui caresser doucement le dos de sa main avec son pouce.

Un grand bruit résonna et un flash de lumière les firent tous firent sursauter et leurs yeux s'ouvrir sans qu'ils puissent s'en empêcher.

Une lueur bleue, entourée d'une fumée blanchâtre qui commençait à prendre des formes vaguement humaine, fut leur première vision. Puis, la lueur se révéla être deux yeux, et la « fumée » avait désormais la forme d'une jeune femme. Elle ne faisait pas plus de trente ans, ses vêtements étaient des habits de guerriers gaulois (avec une touche plus féminine) tels que Francis se le rappelait, ses cheveux étaient noués en une queue de cheval, bien que quelques mèches rebelles encadraient son visage avec une frange effilée. Son visage n'était cependant pas très visible, seuls ses yeux bleus luisaient. Le fantôme regarda autour de lui, puis son attention se focalisa sur France et Suisse.

Dès que le regard se posa sur lui, Francis sentit ses yeux se remplirent de larmes. C'était elle. C'était bien elle.

Gaule celtique.

Doucement, l'esprit flotta vers les deux blonds et les enlaça. Ce fut une sensation étrange pour les deux nations, mais elle n'en restait pas moins agréable.

« Danael, Vash… Mes enfants ! »

Cela n'avait été qu'un murmure, ils étaient sans doute les seuls à l'avoir entendu.

Le Français sentit ses larmes couler, il ne cherchait pas à les retenir de toute façon. Son cadet, en revanche, lutta quelques secondes, se mordant la lèvre inférieure, mais finit par craquer à son tour.

« Si vous aviez à quel point je m'en veux de vous avoir laissé ainsi. » murmura l'esprit. « Surtout toi, Danael… tu as dû te sentir si seul… ! Pardonne-moi ! »

L'interpelé secoua la tête.

« Non, c'est moi qui t'ai oublié, maman ! » pensa-t-il en reposant son front contre l'épaule de sa mère.

Elle avait dû lire dans ses pensées car elle lui caressa doucement le visage et lui offrit un doux sourire.

« Tu n'as jamais vraiment oublié. » le rassura-t-elle, puis elle sourit à son deuxième enfant. « Embrasse Lily pour moi, mon chéri. » dit-elle en lui caressant les cheveux.

Emu, Vash ne put qu'hocher la tête, refusant de laisser un sanglot lui échapper.

Un ultime sourire, serein et heureux, se dessina sur le visage de Gaule qui commença à disparaître sous les yeux attristés de ses deux fils.

- Hé, mais attends ! » s'exclama quelqu'un, brisant le charme de cet instant. « On n'a pas eu le temps de te demander ce un truc ! »

- Oui ! C'est où Alésia ?

Les enfants de Gaule se pétrifièrent d'horreur, tous les regards se dirigèrent vers les deux troubles fête (Amérique et Romano) tandis que l'esprit écarquillait ses yeux brillants.

« …Alésia… ? » articula-t-elle lentement, donnant des sueurs froides aux deux frères. « …Alésia ?... »

Pris d'un affreux pressentiment, Vash se planqua sous la table, vite imité par son frère latin, qui entraîna avec lui son rival-amant.

« ALÉSIA ? »

Un éclair traversa la pièce, suivit d'une bourrasque d'une violence inouïe. Francis serra de toutes ses forces Arthur contre lui quand un violent bruit de craquement se fit entendre. Une fois sortis de leur cachette, ils constatèrent qu'Alfred et Lovino étaient encastrés dans un mur, les autres étaient juste décoiffés (et traumatisés).

« JE NE CONNAIS PAS ALÉSIA ! QU'EST-CE QUE VOUS LUI VOULEZ, HEIN ? JE NE SAIS PAS QUI C'EST, ENCORE MOINS OÙ ! NON MAIS ! » s'égosilla Gaule, ivre de rage.

Elle émit un dernier « humpf ! » indigné et disparu en grommelant des injures celtiques sous les yeux ahuris/horrifiés des spectateurs.

Un silence s'installa quelques instants, puis il fut brisé par Gilbert et Antonio, l'un pris d'une crise de fou rire, l'autre hurlant de manière dramatique en voyant son amant dans le mur, tandis que Mathieu marmonnait :

« Certaines choses doivent rester un mystère… »


Voilà pour cette histoire :) ! J'espère que vous avez aimé^^.