Albus

Dumbledore

et le retour de l'Immortel

CHAPITRE 1: Le loup-garou

Il faisait déjà nuit dans le village. Éloigné de toute ville, il n'était peuplé que de très peu de personnes (maximum une cinq-centaine d'habitants). Il y avait donc encore moins de maisons. Ainsi, il était simple de remarquer la seule maison dont les lumières étaient encore allumées. À l'intérieur, un salon, décoré très modestement, était le lieu le plus mouvementé du petit village. Un homme et une femme, âgés tous les deux d'une quarantaine d'années, faisaient les cent pas. Parfois, l'homme s'approchait et collait son visage contre la fenêtre, puis se remettait à marcher.

Soudain, en une fraction de seconde, un homme jaillit d'un tourbillon, en face de la maison. Il avait transplané. Les habitants de la maison disparurent immédiatement, pour réapparaître quelques instants plus tard dans l'ouverture de leur porte.

— Professeur, merci beaucoup de votre visite — dit, tout en se forçant un sourire, l'homme habitant la maison.

Le professeur, qui n'était autre qu'Albus (Perceval Wulfric Brian) Dumbledore, directeur du collège Poudlard, était un très vieil homme, possédant une longue chevelure et une pas moins longue barbe argentées. Malgré ses rides, il paraissait être en parfaite santé et une aura de puissance ainsi que de détermination se dégageait de lui. Ses yeux d'un bleu profond semblaient, tels des rayons X, tout traverser. Il portait des lunettes en demi-lune et une cape couleur pourpre. Sa robe, portée sous la cape, était de la même couleur.

— Bonsoir, Lyall — répondit-il. — Je vous rassure tout de suite, les nouvelles sont plus qu'excellentes.

L'homme et la femme, se tenant toujours dans la porte, s'en écartèrent, d'un air de plus en plus confiant.

— Merci, professeur, mais entrez donc, nous parlerons de cela au chaud. Une tasse de thé? Ou peut-être de la bièraubeurre ou du Whisky Pur Feu?

— Merci, je veux bien du thé — dit Albus, tout en entrant dans la maison.

En entrant, il vit que la maison était simple. Quelques portraits d'ancêtres, des photos du couple, à divers endroits en Grande Bretagne. Sur certaines photos, un jeune garçon, qui ressemblait à son père, était présent. Ce garçon semblait toujours être heureux, affichait un large sourire à chaque photo. Excepté les portraits et les photos, un vieux lustre de bois, accroché au plafond (qui était en fait le plancher de l'étage du dessus), éclairait la salle. Un petit nombre de livres se tenaient sur une armoire, près de deux chaises en sapin et une table basse. Dans un coin, des escaliers menant au premier étage se cachaient dans l'ombre.

— Courageux ou ignorant?

Ce firent les seuls mots que le vieux professeur prononça, tout en scrutant chaque photo représentant le jeune homme.

— Ignorant — répondit l'homme, — courageux depuis peu. Très courageux.

— Courageux…

Ces mots, sortant paresseusement de la bouche d'Albus, résonnèrent dans la salle entière.

Soudain, accompagné de grincements des marches, un garçon d'une dizaine d'années apparut en haut des escaliers. Il avait des cheveux châtains, et, malgré le sourire timide sur son visage, ce dernier paraissait fatigué. Il portait des vêtements simples, bruns. Lentement, le garçon se remit à marcher, finit de descendre les escaliers et alla se coller à son père. Celui-ci tourna la tête vers son fils et lui sourit. Puis il se tourna face du jeune homme.

— Remus — dit le père, — je te présente le professeur Albus Dumbledore — dans le dos du père, Albus sourit. — C'est le directeur de l'école de magie Poudlard.

— Il est venu vous expliquer pourquoi je ne pourrai pas étudier là-bas? — demanda le garçon.

Ça commence bien, pensa Albus en souriant.

— En fait, non. Je suis venu te parler, à toi, Remus — répondit-il. — Et, malgré le fait que ce soit bien de ton cas quelque peu spécial que je voudrais parler, ce n'est pas pour t'interdire l'accès au collège de Poudlard. Cependant, je te demanderais de nous laisser un instant.

Remus regarda ses parents, qui lui firent signe de montrer dans sa chambre. Albus le regarda se diriger vers les escaliers sans même semble vouloir rester. Après que le fils ait disparu, il se tourna vers Lyall et Espérance.

— Bien. Avant de le dire à Remus, je voulais vous mettre au courant. Le garçon sera en sécurité, à Poudlard, et ses camarades aussi. Chaque nuit de pleine lune, il rejoindra un cabane près de Pré-au-Lard que j'ai moi-même ensorcelé pour qu'il ne puisse pas sortir et pour qu'il n'y ait qu'une seule entrée possible: le passage secret partant de Poudlard — là, Albus fit une pause puis, voyant qu'Espérance allait intervenir, il reprit. — Le passage secret est protégé par un arbre planté ici pour l'occasion, et je ferai parvenir des rumeurs comme quoi la cabane est hantée. Les hurlements de Remus s'occuperont du reste. À propos de l'arbre, n'ayez pas peur, j'ai demandé au professeur Chourave de me procurer un saule cogneur, donc aucun élève ne risque de se rendre dans la cabane et Remus devra avoir sa conscience humaine pour pouvoir paralyser le saule, sans quoi il ne peut pas sortir.

Le parents de Remus paraissaient être dans un autre monde, bien plus heureux que le réel. Cela enchanta Albus, qui finit.

— Je vais aller voir Remus, maintenant.

Cette phrase réveilla Lyall et Espérance, et ils demandèrent.

— Vous êtes sûr de vouloir faire cela, professeur?

Albus sourit.

— Si je veux que Remus le fasse confiance, je dois d'accord lui faire confiance. De plus, on est pas en lui de pleine lune.

Sur ces mots, Albus rejoignit Remus dans sa chambre. La chambre n'était pas spacieuse, et Albus vit des griffures partout. Aïe Aïe aïe… se dit-il. Il fit un grand geste de la main, et devant le regard ébahi de Remus Lupin, la chambre se rangea et tout se répète en une douzaine de secondes. Le garçon afficha un sourire d'incompréhension. Dumbledore enchaîna.

— Pourquoi ne pourrais-tu pas aller à Poudlard? Tu es un sorcier non?

— Oui mais… — commença Remus, mais Dumbledore ne lui laissa pas le temps de continuer.

— Bien, et tu veux aller à Poudlard?

— Oui…

— Alors? Pourquoi ne pas y aller?

— Vous savez bien. Je suis trop dangereux — répondit Remus en baissant la tête.

Dumbledore s'assit et regarda Remus droit dans les yeux.

— Remus Lupin, écoute-moi très attentivement. Je l'ai déjà dit maintes et maintes fois, et je crois que je le redirai encore. À Poudlard, une aide sera toujours apportée à celui qui la demande. Tu veux aller à Poudlard?

— Oui.

— Tu veux ne pas mettre en danger tes camarades?

— Oui.

Dumbledore frappa dans ses mains et continua.

— Bien, dans ce cas, tout est réglé.

Un sourire se forma sur le visage du vieux directeur.

— Tu m'excusera, Remus, mais je ne t'ai pas attendu pour te "construire" ton aide.

Sur ces mots, Albus Dumbledore sortit une enveloppe de sous sa cape et la donna au jeune Remus. Un sceau de cire rouge fermait l'enveloppe, et un logo représentant un lion, un serpent, un blaireau et un corbeau était dessiné au dessus. Derrière, le nom de Remus Lupin et son adresse actuelle étaient écrits. Le jeune homme ouvrir lentement l'enveloppe et commença à lire la lettre que l'enveloppe contenait. Au fur et à mesure qu'il lisait, un sourire se forma (ce qui n'échappa pas à Dumbledore, qui sourit de plus belle). Quand l'enfant leva la tête, son sourire radieux laissait supposer que cette soirée était sans doute la plus belle qu'il ne connaîtrait dans toute son existence.

— Professeur…

— Si tu le veux bien, je t'accompagnerai moi-même sur le chemin de traverse. Tu acceptes?

— Oui, professeur Dumbledore. Et merci beaucoup! Je ne saurai jamais en vous remercier…

— Si tu veux me remercier — ajouta Albus, — fais en sortes de réussir tes BUSEs et tes ASPICs.

— Bien, professeur.

Dans le reste de la soirée, Albus et Remus jouèrent aux bavboules. Remus était allé chercher sa boîte de billes (il en avait profité pour annoncer la merveilleuse nouvelle à ses parents, et les cris de joie de la famille ne s'arrêtèrent qu'au bout d'une dizaine de minutes; ensuite, Remus était revenu avec sa boîte pleine). Lui et le futur élève placèrent les billes billes dans un cercle spécialement conçu pour et commencèrent à envoyer de billes dans tous les sens (le but étant, avec quatorze billes par personnes, de faire sortir toutes les billes de son adversaire du cercle de jeu; ceci n'était bien évidemment que la version classique). Des rires accompagnaient le jeu durant toute la soirée et, bien qu'Albus gagna les trois premières parties, Remus le rattrapa rapidement. À la fin de deux heures de jeu, le score était à neuf victoires pour Remus et cinq pour le professeur. Après quelques dix minutes de jeu, la mère de Remus entra avec un plateau de pancakes de goûts multiples (Albus aperçut des gâteaux au citron, myrtille, fraise, mais il y en avait aussi parsemés de dragées surprises de Bertie Crochue ou avec une chocogrenouille en décoration) et avec le thé qu'Albus avait demandé. Ce dernier la remercia puis recommença à jouer avec Remus.

L'église du village (car il en avait une) venait tout juste de faire sonner sa cloche pour signaler les vingt heures quand la mère de Remus entra dans la salle.

— Le dîner est prêt, Remus, tu peux venir manger — dit-elle. — Professeur, dînez-vous avec nous?

Albus sourit, puis répondit.

— Non, je vous remercie, mais j'ai encore quelques affaires à régler. J'ai déjà retardé mon travail largement assez. Cependant, avant de partir, j'aimerais vous poser une question.

— Euh… Bien-sûr, je vous écoute.

— Il se trouve que la majorité des grandes vacances sont déjà derrière nous, et d'ici une semaine, ce sera la rentrée à Poudlard. Il serait donc temps que Remus se rende sur le chemin de traverse et achète ses affaires. Si cela ne vous dérange pas, je l'accompagnerai personnellement sur le chemin. Êtes-vous d'accord?

— Oui — dit la mère de Remus après un court instant de réflexion, — et à vrai dire, cela nous arrange. Lyall et moi avons un témoignage urgent à relier au ministère et on cherchait justement quelqu'un qui pourrait surveiller Remus. Le problème, c'est que le témoignage risque de durer une éternité, vous connaissez les agents du ministère… Même si leur vie en dépendait, ils ne pourraient pas régler une affaire en moins d'un mois — ces mots firent sourire Dumbledore ; elle n'avait pas tort, le ministère n'était pas des plus actifs, ces temps-ci... — Est-ce que ça vous dérangerait de garder Remus jusqu'à la rentrée? Cela nous aiderait beaucoup.

— Non — répondit Albus. Puis, voyant que Remus ne les écoutait pas, il continua — ça me permettra de créer une confiance entre nous. Je veux être sûr que quoi qu'il arrive, Remus, s'il en juge la nécessité, vienne le le dire dans mon bureau. Je lui donnerai le mur de passe, mais il fait qu'il ose. De plus, j'en profiterai pour lui présenter les installations, ou plutôt l'installation mise en place pour qu'il soit lui-même en sécurité ainsi que ses camarades. Il faudrait par contre garder tout cela secret, car imaginez la réaction des parents s'ils apprennent que leurs enfants vont en cours avec un loup-garou… Je sais que ce n'est pas à vous que je vous apprendrai à tenir le secret, mais je préfère quand-même vous prévenir. J'irai aussi en parler à Remus, mais pas tout de suite. Je crois qu'il est assez grand pour comprendre, et je crois qu'il le faut déjà, mais je ne veux pas le stresser durant ses derniers jours de vacances… Ses derniers jours d'impatience, jusqu'à ce qu'il rencontre ses camarades, et des nouveaux amis…

— Vous croyez qu'il en aura?

— Espérance. Vous êtes la mère d'un jeune garçon formidable, qui deviendra un grand sorcier. Beaucoup de gens ont peur des personnes loup-garou, mais il ne faut pas oublier que cette maladie est une malédiction. En aucun cas, elle reflète l'âme profonde des personnes atteintes. Votre fils aura des amis, et à moins qu'il ne change en une personne détestable, ce dont je doute fort, ses amis, quand il seront prêts, apprendront le secret de Remus. Mais ça n'affectera pas leur amitié… Ou peut-être que si, mais dans ce cas, ça la renforcera.

— Si ils le savent… Ils vont tout faire pour le virer… — dit Espérance, son visage montrant plus de peur que d'espoir.

— Non. Si ils le savent, c'est que leur amitié avec Remus est trop forte pour laisser quoi que ce soit les séparer. Faites-moi confiance.

Espérance se calma, et son visage arbora de nouveau de l'espoir, et de la confiance. Dumbledore sourit, et tapota l'épaule de la mère de Remus.

— Votre fils sera comme ses parents. Un grand sorcier.

Espérance sourit.

— Surtout si il vous a comme directeur.

Dumbledore laissa paraître un sourire, puis répondit.

— Votre influence laissera bien plus de traces que la mienne, Espérance.

Espérance se tourna vers Remus. Le jeune homme n'avait vraisemblablement pas saisi, ou pas entendu la discussion entre sa mère et Albus, car il était toujours en train de s'amuser avec les bavboules.

— Remus, va faire tes valises, et après viens dîner. Tu iras sur le chemin de traverse avec le professeur Dumbledore. Après, il t'emmènera à Poudlard, et te présentera ta cachette, pour que tu deviennes totalement autonome.

Remus range ses billes, et sans dire un mot, monta les escaliers. Dumbledore le suivit du regard en souriant, puis se tourna vers la mère de Remus.

— Je viendrais le chercher dans trois semaines.

— Bien. Merci beaucoup.

Dumbledore lâcha un sourire, puis se dirigea vers la porte.

— Bonne soirée — dit-il.

— Merci. À bientôt.

Albus sortit, ferma la porte. Il faisait nuit noire, et seul les les quelques lampadaires et la lumière de l'intérieur de la maison éclairaient le jardin. Le jardin était donc rempli d'ombres, dont les origines n'étaient pas toujours claires. Malgré cela, une ombre plus grande que les autres attira son attention. L'ombre était immobile, mais sa forme (à peine visible car les contours se donnaient dans le noir) était unique: elle semblait représenter un être humanoïde, accroupi tel un animal sauvage prêt à sauter sur sa proie…

— Fenrir, ce n'est pas sage de ta part de venir ici. Tu a déjà eu ta vengeance, et je te conseille de t'en contenter tant que tu le peux encore.

Disant ces mots, Albus se tourna vers l'ombre. Son visage ne laissait transparaître comme émotion que de la bienveillance. La peur ne figurait que très peu de fois dans ses émotions.

— La revanche ne s'arrête pas là, vieux fou — répondit une voix rauque, ressemblant étrangement à des aboiements et provenant d'un buisson. — Et d'ici peu de temps, tu ne seras plus de ce monde, et tu ne pourras plus protéger le garçon…

— Quand je mourrai, le garçon sera assez grand pour se défendre seul.

— La menace approche, et même toi, tu ne pourras pas l'arrêter. Il est trop puissant.

— La guerre a débuté depuis déjà un an, Fenrir. Va dire à Tom qu'il serait temps de démontrer sa puissance car… sans vouloir être rabat-joie… le nom de Lord Voldemort ne correspond pas encore à ses attentes. Il voulait un nom qui fasse trembler le monde. Pour l'instant, si je dit que Lord Voldemort est là, la moitié des personnes me demandent qui c'est.

Un sifflement de mécontentement provenant des buissons se fit entendre.

— Tu vas payer pour cet affront — ajouta la voix rauque. — Quand tu mourras, je serai là pour voir le grand Albus Dumbledore s'éteindre. Je te le promets.

Albus sourit.

— Peut-être — répondit-il, — mais d'ici là, tâche de ne pas te retrouver à Askaban.

L'ombre lâcha un dernier sifflement, puis transplana. Albus se tourna vers la maison, leva la main en sa direction et marmona un "Protego Maxima Fianto Duri Repello Inimicum". Une sphère d'énergie bleue apparut un instant autour de la maison, puis la couleur disparut. Albus ramassa une pierre et la lança vers la maison. La pierre se désintégra quand elle atteignit l'endroit où, quelques secondes avant, la paroi d'énergie bleu était visible

— Parfait — dit-il.

Sur ce, il transplana.

Le chemin où Albus réapparut était bien plus bruyant. Malgré l'heure tardive, le lieu était encore beaucoup fréquenté. Des personnes de tous les âges (il est vrai qu'il y avait peu d'enfants, même très peu) se promenaient et entraient ou sortaient de multiples magasins. Toutes les personnes traversant ce chemin avaient un point commun: leurs vêtements et l'expression qu'ils affichaient montraient qu'il n'étaient pas amicaux, et que cette allée (un panneau affichait "Allée des Embrumes") était fréquentée par des êtres plus intéressés aux arts noirs.

Albus était le seul qui avait des vêtements de couleur qui n'était pas un dérivé du noir. À peine avait-il apparu que tout le monde se tourna vers lui, d'un air méfiant. Il était connu dans le monde entier pour être le plus grand mage de l'époque et surtout pour combattre sans répit les mages noirs, et n'avait pas pour habitude de venir sur un chemin fréquenté par de telles personnes. Cependant, malgré le regard malveillant que tous les passants lui lançait, il gardait son air confiant bien caractéristique; pour peu que quelqu'un veuille le défier (ce qui n'avait pratiquement aucune chance d'arriver), le regard d'Albus suffirait à le décourager. Il pensa à sortir sa baguette pour voir la réaction des passants, mais résista à la tentation. De plus, en croisant son regard, chaque personne se poussait du chemin d'Albus, ce qui permettait à ce dernier d'avancer rapidement même dans un rue pleine. Ça ne le dérangeait donc absolument pas.

Il passa devant des magasins plus ou moins spéciaux. L'un d'eux avait, cloué au dessus de l'entrée, un panneau affichant "Pour huit yeux d'Acromentule achetés, un offert" (cette enseigne vendait des produits de toute sorte d'origine principalement animale: on pouvait y trouver des araignées mortes ou vivantes, pratiquement tous les ingrédients pour potion, y compris les plus rares et dangereux, et bien plus encore…) ou encore, au dessus de la porte d'un autre magasin "Lorsque les chandelles s'éteindront, Vos ennemis raids morts seront" (ce magasin était spécialisé dans les chandelles venimeuses, et ça devait être le seul magasin de ce type de toute la Grande-Bretagne).

Enfin, il s'arrêta devant un grand magasin. Le panneau indiquait "Barjow et Beurk", et les objets en vente paraissaient être banals… Albus entra. Une sonnerie retentit quand la porte s'ouvrit et à peine la porte s'était-elle refermé qu'un vendeur, aux épaules voûtées et aux cheveux noirs et gras lui tombant sur le front apparut.

— Je peux vous vendre tout ce que vous voulez. Colliers ou autres bijoux…

Il se tut dès qu'il aperçut qui se tenait face à lui. Il fronça les sourcils et marmonna quelque-chose.

— Excusez-moi, je n'ai pas bien entendu — répondit Albus, souriant. — Vous avez dit quelque-chose?

— Que faites-vous ici?

— Récolter des informations. Un certain Tom Jedusor a travaillé chez vous, je me trompe? — il fit l'effort d'employer un ton faisant comprendre à Barjow qu'il devinait pratiquement tout le temps les mensonges.

— Il n'est plus ici.

— Oh, je sais qu'il n'est plus ici. C'est bien dommage, d'ailleurs. Cela m'aurait considérablement facilité la tâche s'il travaillait encore chez vous — Albus sourit tristement, puis continua — Mais ça ne change rien. La fin sera la même — ici Albus tint une pose. — Je voulais juste vous demander s'il s'intéressait particulièrement à certains objets.

— Bien-sûr, il s'intéressait à tous les objets de valeur! — dit Barjow, un sourire au coin des lèvres. — Vous avez par exemple ce collier, un vraie affaire en or…

— Je ne suis pas venu acheter, Bajow. Et quant aux objets, je voulais parler d'objets qui l'intéressaient… disons, à tel point qu'il pourrait commettre un meurtre pour se l'approprier.

Barjow afficha un air tellement surpris que l'on aurait pu croire qu'Albus venait de lui proposer d'acheter tout ce qui se trouvait dans son magasin (ce qui devait représenter plus de cent mille gallions).

— Tom? Commettre un meurtre? Je n'ai pas entendu d'idiotie pareille depuis… depuis le temps où un Auror du Ministère m'a menacé de faire fermer ma la boutique! Et c'était il y a des décennies…

— Je suis très sérieux, Barjow.

— Jamais Tom n'aurait tué quelqu'un! Tout le monde le connaissait, tout le monde l'appréciait… si mes souvenirs sont bons, il a même sauvé Poudlard ainsi que tous les Sang-... le nés-moldus, non?

— Cette histoire n'est pas encore finie, Barjow. Je ne sais pas si c'est Tom qui a vraiment ouvert la Chambre des Secrets, mais ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas Hagrid — Albus avait dit cette phrase tout en restant calme, mais son ton était ferme, faisant comprendre à tous ceux qui l'entendraient qu'il avait une confiance absolue en Hagrid (un semi-géant occupant la place de garde-chasse à l'école de Poudlard depuis ses treize ans, âge auquel il avait été viré de Poudlard pour avoir soi-disant ouvert la Chambre des Secrets; à cette époque, Dumbledore avait été le seul à croire en l'innocence de Rubeus Hagrid, et faute d'avoir pu empêché à Hagrid d'être viré et de se faire casser en deux sa baguette, il avait permis à ce-dernier de rester à l'école en tant que garde-chasse).

Barjow observa longuement Albus puis ajouta:

— Jamais Tom n'aurait assassiné quelqu'un.

Albus, à son tour, fixa Barjow, comme pour lui faire comprendre l'importance de ces mots. Au bout de quelques instants, le vendeur détourna le regard, déstabilisé. Albus l'avait fait douter. Voyant cela, ce-dernier ajouta:

— Vous en êtes sûr?

— Oui — mais son ton trahissait un tel doute que même l'être le plus naïf ne croirait pas Barjow.

— Bien. Je vous remercie. Si vous voyez Tom, prévenez-moi, s'il vous plaît.

Le vendeur souffla un — Bien-sûr— , puis Albus sortit de l'enseigne. Il devait se faire maintenant très tard, ou très tôt, mais le chemin était toujours bondé. Albus marcha un peu, entra dans le magasin vendant des yeux d'Acromentule (en plus d'autres produits très rares, et ressortit une dizaine de minutes après avec une fiole de la taille d'un pouce portant l'inscription "Venin d'Acromentule, à n'utiliser qu'avec un spécialiste".

— Je me demande ce que le professeur Slughorn veut faire avec ce venin. J'espère que ce n'est pas pour les première années qui arriveront dans un mois, sinon seulement un quart d'entre eux survivront à l'année — murmura Albus, un petit sourire au visage.

Puis, après avoir marché cinq minutes, il transplana à nouveau.