Salle d'attente 2

Temps : intemporel.

Lieu : Inconnu

Conclusion : Ils sont dans la merde.

Puis silence. Un silence de mort. Etaient-ils morts ? Possible. Eparpillés dans un lieu qu'il leur est pour l'instant inconnu. Ils sont inconscients. La face écrasée sur le sol froid, des bleus, des coupures sur tout le corps. Ils commencent juste à se réveiller. Les égarés de la machine infernale. Lentement leurs yeux s'ouvrent. Ils ne savent pas où ils sont. La tête leur tourne, ils ont mal partout. De la poussière dans les yeux, la bouche, partout. Les égarés se sont perdus dans l'inconnu.

était posé au sol en position fœtale, dans un cratère de glace. On pourrait croire qu'il dormait s'il n'avait pas ce masque sur le visage. Il émergeait lentement de cette inconscience, ouvrant un œil, le refermant, le rouvrant… Comme si il ne voulait pas croire ce qu'il voyait. Finalement il ouvrit les deux yeux et, avec un effort suprême, s'obligea à les garder ouvert. Il vit donc un paysage désertique, des cratères fumant de froid, un ciel noir rempli d'étoiles monstrueusement grosses, mais ce qui le fit sursauter d'effroi fut un insecte des plus étranges. Robert se leva d'un bond, sorti du cratère, épousseta ses vêtements, et poussa un cri suraigu qui résonna un instant dans l'espace. L'insecte, surprit, prit la fuite.

-Mais qu'est ce que je fais la moi, qu'est ce que je fais la … répétait Grandjean à voix haute, comme pour sortir d'un mauvais rêve. D'ailleurs il se pinça à plusieurs reprises. Rien ne changea. Il était bien conscient de ce qui lui arrivait, mais ne voulait pas l'admettre.

Il psychota un instant, se balançant d'avant en arrière en répétant à satiété « C'est pas possible, je dois être mort, c'est pas possible je dois être mort… » Comme pour se le graver dans l'esprit.

Puis Robert se calma. Il respira profondément, ferma les yeux, puis les rouvrit, comme pour se convaincre de la réalité qui l'entourait. Observant autour de lui, il s'aperçut qu'il était sur une planète du système solaire, à cause de la présence du Soleil. (Bien qu'il puisse y avoir d'autres soleils et d'autre système solaire dans l'espace nous n'allons pas aller trop loin dans le délire spatial, donc il s'agit de notre système solaire).

Parcourant le sol plutonien, il enlevait les quelques gravillons qui avaient osé rester sur ses vêtements.

Voyant qu'il était seul, il décida de marcher dans une direction, dans le but de trouver quelqu'un.

Depuis Robert marche.

Marc Pallier, couché au sol, ronflait bruyamment dans un amas de poussière grise. Il ne semblait pas se soucier du monde qui l'entourait. Evidement il dormait.

Il fit un mouvement (espoir pour le lecteur qu'il allait se réveiller, se lever et voir l'horreur de ce paysage), puis se posa sur le côté pour ronfler encore plus bruyamment qu'avant.

Après avoir inspiré, expiré, inspiré, expiré… encore et encore l'air plutonien, Marc s'étouffa dans son sommeil. Il toussa, cracha tout ses poumons, puis finalement se réveilla et ouvrit les yeux. Il ne prit pas immédiatement conscience d'où il était, car cette quinte de tout nocturne avait mobilisé toute ses capacité à se concentrer.

Il lui fallu un temps pour se rendre compte d'où il était, c'est-à-dire nulle part. Enfin si, sur une terre inconnu, désertique et avec une super vue sur l'espace…

Une fois le lieu assimilé, Marc retomba violement au sol… Evanouissement ? Non, crise de sommeil chronique. Il s'endormit et se remit à ronfler bruyamment. On aurait cru un train passer sur Pluton, mais c'était juste un égaré endormi.

Un mal de crâne martela Kim. La jeune femme avait également mal au bras. Elle avait du perdre conscience quand le médecin lui avait fait la piqûre, cependant elle n'avait pas le souvenir d'être entrée dans le cabinet médical. D'habitude elle s'évanoui après que le médecin lui ai fait, ou en entrant dans le cabinet, mais jamais dans la salle d'attente.

Elle entrouvrit les yeux et fut éblouie par la trop grande quantité de lumière.

« Mr. Le Directeur ? Murmura-t-elle. C'est vous qui m'éclairez comme cela ? »

La secrétaire avait du mal à faire la mise au point, elle voyait une ombre devant elle, lui murmurant quelque chose d'incompréhensible.

« Pardon, vous pouvez répéter ? Je n'ai pas tout saisi …

-Est-ce que vous allez bien ?

-Ho heu… Et bien je ne sais pas trop. Où suis-je ? Et qui êtes vous ?

-Je me prénomme Adny Rawhol, nous étions dans la salle d'attente du ensemble vous vous rappelez ?

Kim plissa les yeux un instant, elle observa son interlocuteur. Une trentaine d'années, l'air gamin, les yeux noisette, des cheveux courts brun, carrément en bataille, il semblait être fort sympathique, mais hélas Kim ne se souvenait pas de l'avoir vu dans la salle d'attente. Elle devait être trop stressée pour observer les gens qui venaient eux aussi se faire torturer.

-Je suis navrée, dit-elle, mais je ne me rappelle pas. J'ai perdue connaissance…

La jeune femme regarda tout autour d'elle. On pouvait lire sur son regard de l'effroi, de la peur, de l'horreur, de la stupeur, de l'étonnement aussi … (bref nous n'allons pas tous les faire non plus).

Adny s'agenouilla à son niveau, pour essayer de la calmer, voyant qu'elle paniquait. Il posa ces mains sur ces épaules.

-Mademoiselle, calmez-vous, nous avons du avoir un problème avec… avec je ne sais pas moi. Sûrement quand nous étions dans la salle d'attente.

-Nan ? Vous croyez ? répondit-elle ironiquement.

-Ecoutez mademoiselle…

-Kim. Je m'appelle Kim.

Des larmes ruisselaient sur ses joues et elle s'était recroquevillée sur elle-même. Tremblante. Vacillante. Adny prit la jeune femme dans ses bras, il prit cette inconnue dans les bras. Lui le timide, le tête en l'air. Il avait osé faire ça. Et tout semblait se passer bien. La jeune fille ne le repoussa pas, il avait l'air sur de lui.

Il était fière de lui Adny, le petit Adny était devenue grand, à trente ans, (mieux vaut tard que jamais). Parti dans son élan de fierté et de narcissisme il en oublia la fille, qui commença à tousser, étrangler par la pression de l'étreinte d'Adny.

Celui si se sentit soudain ridicule et honteux, il s'écarta, demanda a Kim si elle allait bien. Elle lui répondit que oui et se détourna.

Il y eu un long silence. Les deux survivants se remettaient chacun de leurs émotions.

Puis Kim prit la parole.

-Il faudrait qu'on cherche les autres, peut être que le Docteur est aussi ici. Si ça se trouve il sait comment nous ramener chez nous… C'est la seule chose que nous puissions faire pour le moment.

Adny soupira, se leva, aida Kim à faire de même, et les deux partirent à la recherche de quelque chose.

-Madame ! Madame réveillez vous !

Ashley donnait de petites tapes sur le visage d'une vieille dame. Nanette.

La concierge fini enfin par ouvrir lentement les yeux.

-Où suis-je, demanda t-elle, et qui êtes vous ?

Annette voyait flou, elle avait mal partout. Son vieux corps n'avait pas supporté la chute occasionnée par le dérèglement de la machine infernale.

-Je m'appelle Ashley, j'étais avec vous dans la salle d'attente du Docteur Cabotine. Par contre en ce qui concerne l'endroit où nous sommes je n'en ai pas la moindre idée…

Annette commençait à y voir plus clair. La jeune fille était la gothique qui avait jeté un froid monumental en entrant dans la salle d'attente. Petit à petit la mémoire lui revint. Elle se souvenait de l'attente anormale chez le médecin, du monde qu'il y avait, de l'annonce de la secrétaire, mais après il y avait un trou noir. Que s'était-il passé pendant ce temps ?

Elle se redressa doucement avec l'aide d'Ashley et pu observer les alentours. Quelle ne fut pas sa surprise quand elle découvrit un endroit désertique. Elle avait atterrit, par on ne sait quelle sorcellerie, dans un désert de cailloux, de sable et de glace. La concierge cru bien s'évanouir en voyant cela, mais la jeune fille la retint.

-Madame, madame reprenez vous, je sais que ce n'est pas facile à voir, mais il ne faut pas tomber. Nous ne sommes pas dans un rêve hélas… Il faut que nous trouvions un moyen de nous en sortir. Il y a sûrement d'autres personnes ici, nous devons les trouver… Et peut être qu'avec leur aide nous pourrons rentrer chez nous…

Abasourdie, Nanette ne savait que répondre, elle venait de se réveiller et était toujours dans un cauchemar. Elle qui est si joyeuse d'habitude, qui a toujours l'air positive, là, elle était prit de court.

Au bout d'un instant, Nanette s'était un peu remise de ses émotions, elle se leva doucement, toujours avec l'aide d'Ashley, et lui prit la main.

-Enchantée, dit-elle avec un léger sourire, moi je suis Annette, mais tout le monde m'appelle Nanette.

Ashley sourit.

-Enchantée Nanette. Et si nous avancions, pour voir si nous trouvons quelqu'un ?

Approuvant, la concierge ce mit à marcher avec la gothique.

Une vieille femme, et une jeune fille marchaient sur une planète au fin fond du système solaire, mais elles ne le savaient pas.

Le Docteur Cabotine fut le premier à comprendre ce qu'il se passait. Il avait merdé. Quelque chose, qui lui échappait avait tout fait foirer. Son plan si parfait, si calculé, si minutieux avait été détruit. Tous ses rêves les plus fous disparaissaient avec cet échec. Il disparaissait lui-même avec son échec, et sa disparition passerait inaperçu aux yeux du monde… Il n'avait pas laissé de trace dans l'histoire puisque son unique chance d'y être venait de foirer.

Il restait là. Etendu sur le sol glacé de Pluton. Sa connerie les avait envoyé sur Pluton, dans l'espace, à l'autre bout du système solaire. Il n'en revenait toujours pas. Qu'est ce qui avait bien pu causer une telle réaction dans ce plan si parfait ? C'était un mystère. Cabotine haïssait les mystères.

Regardant la profondeur infinie de l'espace, une larme roula sur sa joue, avant de se transformer en un petit glaçon au sol. Etalé de tout son long, de la poussière sur sa blouse et sur tout son corps, le docteur fou maudissait sa douce démence.

Etalée tout près de lui, une jeune femme, qui semblait être une secrétaire, avait une longue estafilade de sang sur la joue, de la poussière sur tout son corps. Elle était étendue, inerte. Avec une mouche lui tournant autour.

Marc Pallier. Cet homme était mort, enfin c'est ce qu'il croyait. Quand il avait vu ce paysage désertique autour de lui, cette obscurité et ce froid, il c'était dis qu'il devait être au ciel et il était heureux. Enfin il avait réussi à se tuer, à en finir, il fallait l'avouer, avec la vie de merde qu'il avait eu. C'était fini tout ça, fini le stress de la vie, il était au ciel et plus rien n'allait pouvoir lui nuire. Il pourrait dormir autant qu'il voudrait, c'est d'ailleurs ce qu'il fit en voyant qu'il était mort. Tombé comme une masse sur le sol et ça y est il ronflait déjà.

Mais jusqu'à quand ?

Pendant son sommeil, il entendit des voix. « Réveillez-vous !» disaient-elles. Puis il sentit que quelqu'un lui tenait l'épaule et le secouait légèrement. Il ne voulait pas se réveiller, il voulait juste rester dans son délicieux sommeil de mort. Même mort on vient vous faire chier.

Marc poussa un grognement et repoussa la personne qui le tenait.

Il rêvait. Depuis combien de temps n'avait-il pas fait de rêves ? Il ne le savait pas, mais cela faisait une éternité. Des rêves simples, voire même enfantins, ces rêves qui quand vous vous en souvenez le matin vous font sourire. Marc ne les avait plus eu depuis trop longtemps. Il ne savait plus sourire, mais là, par on ne sait quel miracle de la mort, la bouche de Marc Pallier s'étira d'environ un demi millimètre pendant un quart de seconde. Parfois, la mort à de bon côté. Mais après tout, était-ce vraiment la mort ici ?

-DEBOUT !

Marc pallier hurla face à cette agression. Il se leva d'un coup et retomba quelques mètres plus loin. Assis sur le sol poussiéreux, il regardait ses agresseurs d'un air étonné et rageur en même temps.

Une fillette et un homme assez étrange. Les deux lui souriaient. Le sourire de la jeune fille était chaleureux, plein de vie et d'espoir. Tandis que celui de l'homme lui faisait peur. Marc avait l'impression d'avoir affaire à un obsédé sexuel qui ne demandait qu'une chose, que nous tairons ici…

-Qui êtes vous, dit-il énervé. Comment osez vous me réveiller ?

-Nous sommes désolés, commença l'homme étrange, mais nous devions vous réveillez. Nous allons vous expliquer cela en douceur. Je me présente je suis Hugo, et voici Lola.

La fillette fit un signe de la main à Marc.

-Nous somme dans l'espace, poursuivit Hugo, et si nous sommes ici Lola et moi, c'est que nous ne sommes pas tout à fait mort…

-Comment ça pas tout à fait mort ? demanda Marc sans faire attention à l'information « dans l'espace » qui semblait peu lui importer.

-Nous sommes entre la vie et la mort, expliqua Lola. Dans le coma en fait.

-Vous voulez dire que je suis également dans le coma, questionna Marc.

-Et bien à vrai dire, nous n'en savons rien, nous devons retrouver huit personnes égarées sur cette planète, c'est tout ce que nous savons pour l'instant…

-Vraiment ? Et dans quel but ?

-De pouvoir avoir une chance d'échapper à cette errance éternelle, de pouvoir retourner sur Terre et d'être en vie.

Marc éclata de rire, ce qui laissa perplexes ses deux interlocuteurs.

-Vous voulez que je vous aide à retourner sur Terre, pour que nous puissions tous vivre c'est ça ?

-Heu … et bien oui, dirent les deux autres, toujours intrigués par la réaction de l'homme.

-Mais j'ai toute ma vie rêvé de mourir, pour enfin aller au paradis, pourquoi je vous aiderais à me rendre vivant ?

-Tout simplement parce qu'ici ce n'est pas le paradis. Vous n'êtes pas mort Marc, juste entre la vie et la mort, et ce n'est pas en restant la à dormir sur une planète au fin fond du système solaire que vous aller pouvoir choisir de vivre ou de mourir, expliqua Hugo sur le point de s'énerver.

Hugo était outré face à l'égoïsme de cette personne. Il n'allait pas le supporter bien longtemps.

Marc, face à la colère montante de son agresseur, accepta finalement de les accompagner chercher ses soit disant « compagnons » qu'il ne connaissait pas.

Ils marchèrent, les trois aventuriers de l'espace, marchèrent des heures et des heures. Lola et Hugo ne semblaient pas ressentirent les effets de la fatigues, mais Marc lui s'effondra au sol. Les deux autres essayèrent de le faire se relever, mais il avait vraiment besoin d'une pause. Il s'assit donc sur une espèce de gros rocher qui pullulait sur la planète. La jeune fille partie un peu à l'écart, tandis que l'homme alla s'asseoir sur un autre rocher plus loin.

Se baissant pour reprendre plus facilement son souffle, Marc aperçut quelque chose qui ressemblait à un champignon. Un chapeau rond et bleu ciel, tacheté de forme géométrique de couleurs variée, et un pied blanc, simple. Etonné par ce type de champignon qu'il n'avait jamais pu observer dans les contrées française, il cueilli le champignon et le porta à son nez pour en humer l'odeur. Il ferma les yeux. L'odeur était l'œuvre d'un grand maître parfumeur. Imposante. Légère. Puissante. Envoûtante. Elle traversait l'âme. Comme un doux poison, se répandait dans la moindre des fibres du corps.

Autour de lui le silence régnait. Marc n'avait jamais été aussi serein. Il se sentait bien, pour la première fois de sa vie. Ouvrant les yeux, il vit qu'il était nu, dans une bulle. Autour de lui d'autres bulles avec d'autres personnes nues. Certaine en position fœtale. Une mélodie lointaine le berçait. La bulle l'emportait vers l'inconnu. Une fine brume bleutée formait comme un océan autour d'eux. Un tourbillon bleu pâle à la limite du gris. Il entra dans le tourbillon, près à affronter le monde. Il suffit d'une bouffée d'air pure pour changer quelqu'un. Marc avait changé. Il sortait du tourbillon. Tout, autour de lui, disparaissait petit à petit.

Il était retourné à sa place, habillé, sur le caillou. Pluton. Hugo. Lola. La quête. Tout lui revint. La sensation qu'il avait éprouvée quelques secondes plus tôt, s'évapora en un souffle. Tout retomba. Il mit un instant à se rappeler de tout ce qui venait de lui arriver.

Regardant le champignon qu'il avait cueilli, il vit que celui-ci était devenu totalement marron, moisi et totalement repoussant. Tout le contraire du champignon qu'il avait prit. Marc avait dû absorber la beauté du champignon en lui, jusqu'à ce que celui-ci n'ait plus de jus à offrir. Il le fit tomber à terre nonchalamment. Il regarda si il n'y avait pas d'autres champignons dans ce genre pour en récupérer, mais hélas non. Ça lui aurait été très pratique comme remède contre ses envies de suicide. Il chercherait plus tard s'il en trouvait.

Marc fut brutalement sortie de ses rêveries par la jeune Lola qui courait vers eux et qui semblait paniquée. Elle semblait avoir découvert quelque chose d'épouvantable.

Hugo la suivit immédiatement. Quand à Marc, il lui fallut quelques instants avant que son cerveau envoie aux jambes l'ordre de se lever.

Tout près d'ici, le Docteur Cabotine découvrait les dégâts de son expérience. Il pu constater que la salle d'attente n'avait pas été la seule pièce téléporté. En effet du mobilier d'intérieur, tel des commodes, gazinière, lave-linge, mais également d'autres objets : des voitures, des pans entiers d'immeubles, des morceau de route, des lampadaires, poubelles… Tout était empilé là sur une centaine de mètres. Dans un cratère sur Pluton, il y avait maintenant la décharge d'une expérience foirée.

Le professeur cherchait, mais heureusement pour lui, il ne trouva personne dans les gravas. Il avait placé sa secrétaire sur un petit plateau protégé par une aile d'avion en guise de toit. Des débris de verres, de papiers, jonchaient le sol. Il fallait qu'il trouve un moyen de se sortir d'ici. Mais comment ? Tout son matériel devait être détruit, il n'avait plus les plans, même si il pourrait très bien les refaire, cela lui prendrait beaucoup de temps. Cependant il n'y avait que ça à faire. Essayer. Espérer que ça marche. Puis si ça échoue, recommencer. Encore et encore s'il le fallait. Mais surtout, ne jamais baisser les bras. Il n'y avait rien d'autre à faire.

Cabotine allait se mettre à la recherche des premiers outils pour commencer sa construction, quand il entendit du bruit. Il pensa à sa secrétaire qui était resté seule. Peut-être s'était-elle réveillée ou alors il y avait d'autres personnes en vie. Il avait vérifié et n'avait trouvé personne. Peut-être avait-il mal cherché… Il accéléra la cadence en ayant cette pensée. En arrivant sur le petit plateau où était étendue sa secrétaire, il vit trois personnes se baladant autour. Sans réfléchir, il se posta entre le corps et les trois inconnus.

-Qui êtes vous ? aboya t-il en détaillant un des deux hommes. L'autre personne qui les accompagnait était une fillette.

Il reconnut l'un de ses patients qu'il avait convoqué pour l'expérience. Marc Pallier, âgé de 36 ans, ayant des tendances suicidaire.

L'autre homme se présenta et expliqua toute son histoire depuis le début. Le docteur l'écouta, lui et la jeune fille, avec attention. Sa crainte disparut. Ces personnes étaient là pour l'aider à réaliser ses plans, et non pour lui nuire.

Il resta un instant interloqué par ce qu'il venait d'entendre, puis finalement se présenta et expliqua son idée et leur demanda de l'aide. Il vit Marc de plus en plus instable. Après tout il était normal que ce patient soit en rogne contre lui.

Marc commença à hurler, mais le professeur se défendit verbalement autant qu'il pu avant de se prendre une droite dans le visage.

Les deux autres, Hugo et Lola, accoururent pour l'empêcher de s'acharner sur le docteur qui était le seul à pouvoir les sortir d'ici. Ils essayèrent de le calmer du mieux qu'ils purent en l'écartant du Docteur.

Ayant posé Marc à l'écart, les deux égarés revinrent vers le Docteur en lui demandant en quoi ils pourraient l'aider.

-De l'énergie. Si vous trouvez quoi que se soit qui procure de l'énergie, apportez-le moi. Il me faut absolument de l'énergie pour pouvoir faire fonctionner la machine sinon ça ne sert à rien de la construire. Occupez-vous de cela, et moi je ferrais tout le reste.

Hugo et Lola se regardèrent, l'air de dire « Où on va pouvoir trouver de l'énergie sur cette planète paumée ? »

Le professeur leur confia un talkie-walkie dans un sale état, mais qui fonctionnait a peu près correctement. Il fallait bien qu'ils restent en contact pour se retrouver ensuite.

Marc devra rester avec le professeur pour l'aider dans ses construction (en vu de l'incapacité physique de son assistante restée sous l'aile d'avion, toujours évanouie).

Après s'être mutuellement souhaité bonne chance (ils en auraient besoins) Hugo et Lola partirent chercher on ne sait quoi d'énergique, tandis que Cabotine allait construire un téléporteur avec on ne sait quoi comme matériaux.