Chapitre 2 :
Lucien Castle avait vingt-six ans, il était banquier, et même s'il gagnait plutôt bien sa vie, il s'ennuyait terriblement. Vingt-ans s'étaient écoulés et pourtant il n'avait jamais oublié Aurora de Martel, la fille du père Noël, et celle qui leur avait sauvé la vie à son père et lui avec l'aide de son renne Rudolph. Il se demandait souvent ce qu'elle était devenue, et si elle se souvenait de lui. Comme elle le lui avait dit, personne n'avait cru son histoire lorsqu'il l'avait racontée, cela n'était pas grave, parce que lui savait que c'était la vérité.
Nous étions le vingt-quatre décembre, et son patron Elijah Mikaelson l'avait laissé partir plus tôt, et cela dû au fait que la banque était pratiquement vide. Il était encore tôt, et il décida de s'arrêter boire une boisson chaude au Snowlight, le café que tenaient ses amis Marcel Gérard et sa petite sœur adoptive Davina Claire. Il pénétra à l'intérieur du bâtiment, qui contrairement à son lieu de travail, était remplit de monde, et il se résigna à faire la queue. Après trente minutes d'attente ce fut enfin son tour :
« Bonsoir Lucien, je te remercie de ta patience, nous avons beaucoup de clients ce soir, s'excusa Davina, que prendras-tu ?
-Bonsoir à toi aussi, ne t'excuses pas, c'est une bonne chose que votre café soit aussi fréquenté, donne-moi un chocolat chaud avec des petits marshmallows et un muffin aux pépites de chocolat s'il te plaît.
-Je te mets ça tout de suite, annonça-t-elle.
Elle prépara sa commande, et la lui apporta le plus vite qu'elle pu. Lucien était comme un grand frère pour elle, elle le connaissait depuis qu'elle avait quatorze ans et elle l'adorait.
-Voilà ce que tu m'as demandé, cela te fera 9 dollars 14 s'il te plaît.
-Merci beaucoup, écoute je suis désolé mais je n'ai qu'un billet de vingt dollars sur moi, garde-la monnaie, lui dit-il en lui le tendant.
-Tu es sûr ?, lui demanda-t-elle
-Certain, cela sera tes étrennes de Noël, affirma-t-il, en récupérant sa boisson et sa viennoiserie.
-Merci, je dirais à Marcel de te faire un plateau de cookies pour le nouvel an, le remercia-t-elle avec un immense sourire. »
Il lui sourit à son tour et chercha une place sur laquelle s'asseoir afin de savourer ce qu'il avait dans les mains. Il en trouva enfin une, près de la vitre, il se dépêcha de s'y installer, de peur qu'on la lui vole. Il se restaurait en observant les passants à l'extérieur, lorsqu'une jeune femme marcha le long de la vitre. Elle était petite était rousse, elle portait un bonnet de père Noël sur la tête, elle portait un long manteau rouge avec des bordures blanches, et des bottines noires. Elle tourna le visage dans sa direction, et lorsque leurs yeux se croisèrent il vit qu'ils étaient verts. Elle lui sourit poliment avant de continuer son chemin.
« Aurora, murmura-t-il. »
C'était elle, il en était convaincu, il se leva promptement de son siège, abandonnant ce qu'il restait de son chocolat chaud, et les quelques morceaux de son muffin. Une fois dehors, il se retrouva prit dans la foule, et il bien du mal à s'en extirper. Il y parvint finalement mais il l'avait perdu. Elle avait disparut, elle qu'il avait attendu pendant vingt ans.
« Vous avez perdu quelque chose ?, se renseigna une femme.
Il releva la tête, et tomba sur celle qu'il avait cherché. Elle lui souriait, visiblement amusée de la situation.
-Aurora, c'est bien toi n'est-ce pas, je ne suis pas fou ?
-Rassure-toi Lucien, tu n'es pas fou, c'est bien moi, confirma-t-elle.
-Je savais que tu existais, je le savais que c'était bien réel, dit-il heureux.
-Je suis sincèrement étonnée que tu te souviennes de moi, en général les êtres humains en grandissant, cessent de croire en la magie de Noël, ils la transforment en fête commerciale et leur seul but est de s'enrichir un maximum, regretta-t-elle tristement.
-Je te l'avais dit que je ne t'oublierai pas, rappela-t-il avec un sourire triomphant.
Il sentit bientôt que quelque chose lui donnait un petit coup dans le dos, il se retourna et fit face à un cheval qui lui faisait penser à quelqu'un qu'il avait rencontré il y avait vingt ans.
-Ru...Rudolph ?
Il hocha la tête positivement et se rapprocha du jeune homme. L'humain comme autrefois le caressa, mais il ne comprenait rien.
-Tu peux m'expliquer comment ton renne s'est changé en cheval ?, demanda-t-il à la de Martel.
-Disons qu'il n'est pas le seul à posséder certains dons, et que dans une ville comme la tienne, un renne ne passerait pas inaperçu, nous avons donc opté pour un animal plus discret, lui dit-elle.
-Toi aussi, mais tu ne me l'avait pas dit lorsque nous nous sommes rencontrés.
-Tu ne me l'avais pas demandé, répondit-elle en haussant les épaules.
-Pas faux...Rudolph a l'air d'être en pleine forme, je ne savais pas qu'il vivait si vieux, commenta-t-il toujours en le caressant.
-Ils ont une espérance de vie entre douze et quinze ans à l'état sauvage, ils peuvent atteindre vingt ans en captivité, mais nos rennes à nous sont spéciaux, ils vivent beaucoup beaucoup plus longtemps, lui révéla-t-elle.
-Aurora que fais-tu ici ?
-Je suis venue régler quelques problèmes que certains d'habitants de cette ville ne parvenaient pas à résoudre : des guirlandes qui refusaient de s'allumer, des paquets qui allaient être livrés en retard, des petits inconvénients qui auraient gâchés les festivités de Noël.
-La fille du père Noël fait ce genre de choses ?
-Bien sûr, cela fait partie de mon travail en période de fêtes de fin d'année.
-Corrige-moi si je me trompe mais ma ville n'était sûrement pas le seul à connaître ce genre de désagréments, mais tu l'as choisi à la place de toutes les autres.
-Il se pourrait en effet que je ne sois pas là par hasard, confirma-t-elle.
-Pourquoi ?
-J'ai rencontré un petit garçon dans la forêt tout près d'ici, il y a vingt ans de cela, j'étais curieuse de savoir ce qu'il était devenu, répondit-elle sincèrement.
-Tu es ici pour moi !, s'exclama-t-il heureux.
-Cela a l'air de te surprendre, rit-elle.
-J'espérais te revoir, mais je ne croyais pas que je devrais attendre aussi longtemps, commenta-t-il.
-C'était mieux que je ne revienne pas avant, déclara-t-elle sombrement.
-Pour quelle raison ?
-Cela aurait été plus compliqué pour toi de m'oublier et de reprendre ta vie normalement, il valait mieux que je me tienne à l'écart, l'informa-t-elle.
-Pourtant tu es là aujourd'hui...
-Pourtant je suis là aujourd'hui, répéta-t-elle.
Il eut envie de lui demander pourquoi maintenant, pourquoi après s'être tenue à distance toutes ces années, mais il n'en eut pas l'opportunité puisque le cheval henni et l'humaine lui monta dessus.
-Je suis désolée il faut que j'y aille, mon père ne va pas tarder à partir, je ne dois pas manquer cela, annonça-t-elle.
-Quand pourrais-je te revoir ?, la questionna-t-il.
Les iris verts d'Aurora lui disaient qu'il ne la reverrait jamais, que c'était leur seconde et dernière rencontre, mais ses lèvres tinrent un discours différent.
-Rejoins-moi demain à l'endroit où nous nous sommes rencontrés pour la première fois demain à la tombée de la nuit, lui dit-elle. »
Sa monture se mit au galop, et elle s'éloigna sans lui adresser le moindre regard, alors que lui ne se mit à bouger qu'une fois qu'elle eut disparu. Le rendez-vous du lendemain serait déterminant, et il le savait.
