Les Morceaux de son âme

Broken Mind, Fractured Soul

Par: SensiblyTainted


Note de l'auteur :

Pour prévenir toute confusion. Quand les Autres émergent, le corps de Harry ne change pas physiquement. La façon dont ils sont décrits dans la chambre de l'âme dans ce chapitre est simplement la façon dont ils se perçoivent.


La Pierre philosophale

Traduction: Orin-rwo.L.

Betas: Harry-Drago & Misakichi

« Je te préviens, Garçon, » dit-il avec une malice insidieuse. Harry le regarda avec les yeux élargis tandis que Garçon tremblait au fond de lui et se préparait à prendre sa place. Vernon colla sa face contre celle de Harry en agrippant son col.

« Parle de nous à une seule de ces monstruosités, et tu le regretteras. Me suis-je bien fait comprendre ? Pas un foutu mot, Garçon. Pas un. »

« Oui, » oncle Vernon, murmura Harry craintivement. Dans sa mémoire, il n'avait jamais vu son oncle si effrayant. Vernon grogna et recula pour prendre sa ceinture. Garçon retira Harry de force.

BMFS

Au petit matin, même Garçon n'avait pu guérir Harry de toutes ses blessures. Le jeune adolescent supposa qu'il avait mal dormi, après tout, c'était la première fois qu'il dormait dans un vrai lit. Et il se souvint de l'avertissement de son Oncle. Il résonnait encore dans ses oreilles. Qui passerait une bonne nuit après ça ? - non pas qu'il n'ait jamais imaginé parler des Dursley à Poudlard... Il serait sans doute occupé avec bien d'autres choses. En fait, il avait l'intention de penser à sa famille aussi peu que possible.

Harry envoya un sourire narquois à Dudley lorsqu'il sortit de la voiture avec ses nouvelles affaires. Dudley gémit. Ils allaient l'emmener à l'hôpital pour enlever sa queue. Harry espérait que ce serait vraiment douloureux. Il était plutôt content de lui lorsqu'il poussa son chariot jusqu'à la plateforme en suivant une famille de roux.

Lorsque le plus jeune des garçons le retrouva seul dans un compartiment et qu'il s'y assit, Harry employa la même méthode pour s'informer qu'avec le blond. Il réalisa très vite que celui-ci devait appartenir à l'autre camp. Alors que Ron décrivait les maisons de Poudlard et en particulier combien celle de Serpentard était mauvaise, il se rappela la fierté du blond d'aller dans cette dernière. Il se rappela également qu'il avait appelé Hagrid 'serviteur'.

Après l'irruption de Draco dans leur compartiment, Harry savait qu'il ne voulait pas aller à Serpentard même s'il était bien conscient de posséder bien plus de traits de cette maison que des autres, sauf peut-être Gryffondor. Il ne voulait pas être dans la même maison que celui qui avait tué ses parents et qui était le responsable de sa vie misérable chez les Dursley.

Il ne dit rien pendant le reste du voyage, et écouta le roux.

Le stress s'accumula en lui jusqu'à la rupture lorsque le Choixpeau déclara qu'il irait bien à Serpentard.

Ce fut comme si quelque chose se brisait dans son esprit. Comme un brusque changement dans la pression de l'air.

Le stress disparut après un petit vertige. Il se sentit confiant, et se redressa. Le Choixpeau devint étrangement silencieux avant de proclamer : « Gryffondor ! »

Sans qu'Harry ne s'en soit rendu compte, il lui manquait à présent de nouvelles parts de son passé.

Toutes les inquiétudes qu'il avait eues dans le train, et les moments plus serpentards où il avait rusé pour se venger de Dudley, ou de ses amis, étaient effacés pour être stockés dans une autre personnalité. Il ne se souvenait même plus que le Choixpeau avait voulu le mettre à Serpentard.

Il sourit largement et courut joyeusement jusqu'à Ron à la table des lions.

BMFS

Silas observa l'endroit où il était, sachant qu'il n'était désormais plus une part de Harry. Il se trouvait dans une chambre pourvue d'une bibliothèque vide, d'une chaise de lecture noire, un lit avec des draps d'un vert profond, et d'un miroir en pied. Il se déplaça devant lui pour observer sa réflexion. Il paraissait deux ans plus vieux que Harry, près de treize ans.

Il portait des robes de Serpentard par-dessous lesquelles se trouvaient une chemise de soie blanche, un pantalon noir parfaitement ajusté et des chaussures noires cirées. Il avait des cheveux noirs, peignés et doux, qui étaient placés derrière ses oreilles. Son visage était similaire à celui de Harry, sans être tout à fait identique, et ses yeux étaient un mélange hypnotique de bleu et de gris.

Satisfait de son apparence, il marcha vers la porte et l'ouvrit.

Il connaissait l'existence des Autres et savait ce qu'ils faisaient pour Harry, mais avait envie de les voir par lui-même. Il se trouva dans une sorte de salon, neutre. La moquette était blanche, l'unique canapé, noir, et les rideaux aux murs étaient faits d'une sorte de velours noir.

Il y avait trois autres portes. Il alla vers la porte la plus proche de la sienne. C'était une porte rectangulaire sans fioritures, blanche, alors que la sienne était faite d'acajou foncé dont le haut formait un demi-cercle. Il ouvrit la porte blanche pour trouver Rose.

La fillette de onze ans était recroquevillée dans son lit, souriant largement alors qu'elle rêvait. Il y avait une grande fenêtre qui laissait passer la lumière dorée du soleil dans la pièce. Des plantes et des herbes de toutes sortes étaient disposées devant celle-ci, sans conteste entretenues avec amour. Des livres de cuisine se tenaient sur une petite étagère. Un miroir en pied argenté se trouvait d'un côté, et de l'autre, une chaise en peluche blanche. Un tablier était suspendu à la porte par un crochet en argent. Et les outils de jardinage étaient disposés sur une table près de la fenêtre.

La moquette était blanche, tandis que le couvre-lit était d'un rose pétant parsemé de rose rougeâtre. Les murs étaient bleu ciel. Tout était impeccable, y compris Rose. La petite fille avait une tresse de cheveux blonds jusqu'à la taille, ses lèvres étaient comme une pétale de rose, sa jupe en froufrous blancs descendait jusqu'aux genoux. Des chaussures blanches étaient disposées proprement près du lit. Sa tête se tourna et elle ouvrit des yeux bleus endormis pour le regarder. La confusion passa sur son visage.

« Je suis Silas, » lui dit-il. « Je vais garder un œil sur Harry pour m'assurer qu'il ne fasse rien de stupide. Tu peux dormir. »

Elle hocha la tête et ferma les yeux. Il ferma la porte doucement derrière lui, bien que conscient de sa surdité. L'autre porte était une réplique parfaite du placard de Privet Drive. Il eut un petit rire noir et l'ouvrit, se baissant pour entrer. L'intérieur était similaire au placard et il dut s'accroupir.

Le matelas pitoyable était poussé au fond au lieu d'être sur le côté, comme dans le vrai placard. Et sur celui-ci, se tenait un garçon de cinq ans. Les yeux du garçon s'ouvrirent d'un coup. Les iris étaient noirs, plein de larmes, de désespoir, et de douleur.

Silas ignora les excuses et les supplications de ne pas lui faire mal que gémissait le garçon pendant qu'il regardait le corps nu et affamé. Il ne restait quasiment plus un millimètre de peau qui ne soit couvert de contusions, de coupures, de brûlures, de coups de ceinture ou de fouet.

Sachant que Garçon ne pourrait pas comprendre ce qu'il dirait, il s'éloigna en silence et referma la porte du placard pour le laisser reposer en paix.

Il n'y avait qu'une seule autre porte. C'était quelque chose que vous auriez pu trouver dans un château fait de pierre de taille et de fer forgé. Silas ouvrit la porte. La pièce était noire, l'ombre était partout. Mais, tout au fond, il pouvait distinguer un petit homme très blanc. Tout ce que Silas pouvait en voir était ses mains blanches aux vicieuses griffes noires, qui étaient repliées sur le torse de l'homme au visage cadavérique.

Pas même les lèvres, les joues où les paupières n'avaient de couleur. Il fallut un moment à Silas pour réaliser que les cheveux de l'homme descendaient jusqu'au sol, dans une sorte de brume. Il ne respirait pas, il ne bougeait pas. Il se tenait là comme un cadavre. Silas referma la porte sans même être entré.

BMFS

Alors qu'Harry commençait, l'école, se faisait ses premiers amis, rencontrait ses enseignants, il ne remarqua pas qu'il apprenait beaucoup moins vite qu'il ne le faisait dans l'école moldue. Il ne remarqua pas qu'il n'était plus cynique, amer ou rusé désormais. Il n'était absolument pas au courant que Silas apprenait derrière ses yeux, qu'il complotait, planifiait, et observait. Il ne savait pas que Silas émergeait chaque nuit, alors qu'Harry pensait dormir, pour se faufiler vers la bibliothèque et apprendre davantage, ou que la bibliothèque personnelle du Serpentard qui se trouvait dans la chambre de l'âme de Silas se remplissait et s'agrandissait rapidement.

C'est Silas qui veilla sur les Autres et constata que si l'homme-cadavre et Garçon n'avaient pas de problème à ne pas émerger pendant un long temps, Rose ne s'adaptait pas aussi bien. Il commença à l'entendre mal dormir. Aussi, chaque semaine, dès que Harry était endormi, il s'en allait vers les serres et se retirait pour laisser Rose s'occuper allègrement des plantes sous la lueur de la lune.

Personne ne nota l'étrange comportement de Harry. Lui-même n'était pas conscient des moments où un Autre prenait sa place, car Silas s'assurait qu'ils n'émergent que lorsque leur Hôte dormait et les ramenait dans le lit avant qu'il n'ait besoin de se réveiller. Harry était vraiment heureux à l'école en dépit du professeur Rogue (que Silas trouvait plutôt drôle, sauf quand les pensées noires de l'homme étaient tournées vers son Harry.) Et le Quidditch.

Au début, Harry était choqué et embarrassé de faire partie de l'équipe. Mais l'enthousiasme de Ron et son propre amour du vol grandissant, il finit par être très excité à l'idée de voler. Et il fut même plus amusant de tenter de résoudre l'énigme du coffre et du chien à trois têtes avec Ron, puis Hermione. (Silas aimait beaucoup la brune. Il était vraiment malade d'ennui en compagnie du roux. Hermione n'était pas parfaite, mais au moins, elle était intelligente.)

Bien sûr, tout ne pouvait pas rester merveilleux éternellement. En février, après avoir été attrapés en dehors du lit – en essayant de renvoyer le dragon illégal à Charlie Weasley – Harry, Ron et Draco obtinrent une retenue. Harry s'en moquait. Il aimait Hagrid, et la forêt Interdite n'était pas si effrayante. Du moins, c'est ce qu'il pensait.

Cet avis plutôt naïf changea rapidement quand il se retrouva en face de Voldemort. Voir la licorne morte lui fit réaliser qu'il n'était pas au milieu d'un jeu. C'était bien réel et dangereux.

Et si Rogue était vraiment en quête de la pierre ? Et s'il travaillait main dans la main avec le Seigneur des Ténèbres ? Pour quelle autre raison Voldemort s'approcherait-il de Poudlard si ce n'est pour cette pierre qui pouvait lui donner l'immortalité ? Harry savait que Voldemort attendait qu'un de ses serviteurs lui apporte la pierre.

Ça n'avait plus rien d'amusant.

Silas n'avait pas prêté attention au mystère avec lequel son hôte jouait, mais il savait qu'ils avaient à présent besoin d'en connaître le plus possible au sujet de Voldemort et de la pierre. Si Voldemort regagnait ses pouvoirs, ils seraient sans doute les premiers sur sa liste noire.

Même si Rogue avait l'air suspect, Silas ne pensait pas qu'Harry regarde dans la bonne direction. Ça lui semblait une mauvaise piste. Et il ne pensait pas cela seulement parce que l'homme l'amusait parfois.

Il essaya d'aider, donnant à Harry des impressions et des intuitions, mais le garçon était vraiment têtu. Il essaya même de soulager l'anxiété grandissante de Harry : que Voldemort vienne tout d'un coup dans l'école pour le chercher. Mais rien ne marchait. Rose devint plus rapidement agitée, et Garçon pouvait parfois être entendu pleurant dans le placard. Silas était à bout de nerfs. Il fallait que cela change.

Cela changea, mais pas dans le sens qu'il avait prévu.

BMFS

La fin de mai approchait, et les examens d'Harry étaient pratiquement terminés. Mais le garçon était plus tendu que jamais. Quand il se rendit enfin compte de ce qui clochait, il courut chez Hagrid. À l'horreur des trois adolescents, ils réalisèrent que Hagrid avait donné au traître la clé pour passer Fluffy. Ils coururent pour demander de l'aide.

Aussi incroyable que ça puisse paraître, ils furent informés que le professeur Dumbledore était parti. Ils parlèrent alors à leur directrice de maison. Harry pouvait à peine croire que McGonagall ne voit pas la même menace que lui et faillit s'évanouir sous le choc lorsqu'elle leur signifia que tout cela n'avait pas d'importance. Elle allait simplement ignorer cette menace !

Si personne d'autre ne le faisait, il devait protéger la pierre. Même si cela signifiait y aller d'abord et stopper Voldemort avant qu'il ne soit trop tard. Mais il ne le pouvait pas ! Il n'était qu'un enfant ! Comment pouvait-on attendre de lui de protéger quoi que ce soit ? Agité, tremblant, il était tiraillé entre son désir de protéger la pierre et sa certitude de ne pas en être capable.

BMFS

Silas soupira de soulagement lorsque la tension se relâcha et alla dans la chambre principale pour jeter un œil sur les Autres.

Il fut choqué de voir Harry couché sur le canapé, profondément endormi. Il aurait entendu Rose et Garçon s'ils avaient émergé. Ce n'était donc pas eux. Il regarda autour de lui et son regard se fixa sur une nouvelle porte grande ouverte. Elle était faite de chêne massif. Il la franchit pour regarder à l'intérieur. Il n'y avait personne, mais Silas savait en regardant la pièce qui était la nouvelle personne.

La chambre possédait un lit à baldaquin aux rideaux rouges. Une zone de duel et un mannequin se trouvaient dans le coin de la pièce, ainsi qu'une étagère contenant tous les livres de défenses contre les forces du mal qu'ils connaissaient. Silas soupira d'exaspération et retourna s'asseoir auprès du jeune garçon. Ses yeux s'attardèrent sur le visage de Harry.

« Tu viens juste de laisser partir ton Gryffondor dans la bataille, n'est-ce pas ? » Demanda-t-il au petit garçon. « Nous allons mourir, maintenant. »

BMFS

La nouvelle personnalité dirigea les deux autres Gryffondors en bas de la trappe. Il utilisa ses points forts, les conduisant prudemment. Il était sûr de lui et l'excitation le rongeait. Il était hors de question qu'il ne résolve pas cette énigme et qu'il ne sauve pas la pierre. Avec un sourire d'anticipation, il se plaça sur l'échiquier et suivit les instructions de Ron, lui faisant confiance.

Bien que cela soit difficile, il prit la bonne décision de laisser Ron derrière. Hermione le suivit. Après l'énigme résolue, il savait qu'il ne pouvait pas risquer de la laisser se faire blesser. Il devait la protéger, et la dernière porte était bien trop dangereuse pour qu'elle la franchisse. Gentiment, il lui expliqua qu'elle devait retourner vers Ron pour obtenir de l'aide. Lui, il devait y aller seul.

Après avoir bu la potion, il s'avança au travers du feu et entra dans la chambre qui détenait la pierre.

Il fut choqué d'y trouver le professeur Quirrell, ce faible homme qui ne cessait de bégayer. Bien que, pour être honnête, Quirrel n'était pas faible et ne bégayait pas en ce moment. Il fit parler l'homme tandis qu'il se déplaçait doucement dans la pièce, puis vers le centre, où il était sûr que la pierre se trouvait.

Quirrell finit par remarquer sa présence et le ligota par magie.

Mais il ne se découragea pas. Il sortit sa baguette avec précaution et commença à murmurer le contre-sort tandis qu'il gagnait du temps en faisant parler l'imbécile.

Il devait des excuses à Rogue, qu'il avait pensé être le coupable…

Finalement, alors que Quirrell murmurait devant le Miroir de Riséd, les cordes se défèrent. Il se déplaça vers le miroir espérant pouvoir y jeter un œil.

Peut-être qu'il pourrait l'utiliser pour voir où la pierre était puisqu'il la voulait plus qu'autre chose.

« Utilises le garçon... utilises le... » siffla une voix.

« Viens ici, Potter ! » Cracha Quirrell, ne se souciant même pas qu'il ne soit plus ligoté.

Comme c'était de toute façon son but, il s'avança devant le miroir pour regarder. Quirrell se tenait à ses côtés, exigeant de savoir ce qu'il voyait. Il se vit lui même, tenant la pierre et la mettant dans sa poche avec un clin d'œil. Mais alors même qu'il se concentrait sur l'image, des rêves de Quidditch apparurent. Il sourit presque lorsqu'il sentit le poids de la pierre dans sa poche.

Quirrell le poussa de devant le miroir, frustré. Il se laissa jeter de côté et commença à ramper vers la porte pendant que le professeur stupide pleurnichait devant l'énigme du miroir. Mais la voix sifflante parla alors qu'il était presque arrivé au but.

« Le garçon ment. Laisse-moi lui parler. »

Il se tint, regardant avec défi le professeur Quirrell lorsque celui-ci enleva son turban pour révéler la tête de Voldemort sur l'arrière de son crâne nu. Les yeux rouges brûlèrent en le regardant le poussant à ressentir de la terreur, mais il n'en ressentit pas. Il n'était pas capable de ressentir la terreur. Au lieu de ça, il adressa un sourire goguenard et dit :

« Vous n'êtes pas trop joli, hein ? »

Le visage sourit, mais c'était de rage et de haine.

« Tu vois ce que je suis devenu, Harry Potter ? Je suis une ombre, forcée de posséder des servants pour survivre. Mais plus maintenant. Plus une seule fois dès que tu m'auras donné cette pierre qui se tient dans ta poche. »

« Je ne pense pas »

Il sourit et commença à sortir à reculons, ne quittant jamais des yeux la folle créature devant lui.

« Ne fais pas l'imbécile, » gronda le visage. « Tu ferais mieux de sauver ta petite vie et me rejoindre si tu ne veux pas subir le même sort que tes parents. Ils sont morts à mes pieds, en suppliant.

« MENTEUR ! » Cracha-t-il, en commençant à se mettre vraiment en colère.

Quirrell marchait aussi à reculons pour l'empêcher de s'éloigner.

« Comme c'est touchant, » siffla Voldemort. « J'ai toujours apprécié la bravoure. Oui, mon garçon, tes parents furent braves. J'ai tué ton père, d'abord, et il s'est battu plutôt vaillamment, mais ta mère n'avait pas besoin de mourir. Elle aurait pu partir, mais elle a choisi de rester pour te protéger. Maintenant, donne-moi la pierre, sauf si tu veux qu'elle soit morte en vain. »

« JAMAIS ! » Cria-t-il furieusement.

Comment leur meurtrier osait-il parler d'eux, pensa-t-il alors qu'il lançait un Stupefix vers l'ordure.

Quirrell esquiva et commença à répondre. Mais le nouvel Harry était agile et les évitait facilement. Deux de ces sorts faillir toucher l'ordure, mais après, la réplique de Quirrell fut plus puissante. Le Griffondor suait sous l'effort. Il était temps d'y mettre fin. Il tenta de se rapprocher de la porte, mais grâce à cette seconde de distraction, Quirrell lui prit sa baguette. Il esquiva deux sorts avant d'être frappé par un Petrificus Totalus.

« Maintenant, tu vas me donner la Pierre, » dit Voldemort triomphalement et Quirrell tenta de l'atteindre. Il était sans défense. Il ne savait pas comment faire dans cette situation d'impuissance, alors, il commença à se retirer.

BMFS

Silas, bien sûr, avait sentit que cela finirait comme ça. Mais il était trop tard pour revenir en arrière. Courir n'était pas une option. Voldemort ne devait pas obtenir la pierre ou leurs vies seraient en danger. Surtout avec cette nouvelle personnalité irréfléchie. Garçon ne pouvait pas faire de magie en dehors de la guérison, quelque chose qu'il ne contrôlait même pas. Rose ne pouvait rien faire non plus, elle ne possédait que son empathie. Harry ne pouvait pas gérer la situation, et même s'il l'avait pu, il n'avait pas plus de connaissances que le nouveau garçon.

Il ne restait donc plus que lui, Silas, et bien qu'il en sache beaucoup, et probablement plus que le nouveau gamin, il ne pensait pas pouvoir les tirer d'affaire. Pas avec Voldemort respirant à quelques centimètres de son visage. Décidé, il courut jusqu'à la porte de pierre et l'ouvrit. L'homme-cadavre y gisait toujours, l'ombre s'agitant autour de lui en une puissance maléfique.

« Réveille-toi, » dit sombrement Silas. On a besoin de toi.

Les yeux s'ouvrirent. Ils n'avaient ni iris ni pupille. Ils semblaient être des fenêtres parfaitement transparentes sur l'Enfer, un feu rouge brûlant en leur sein. Il se redressa, puis se leva lentement. Les longs et noirs cheveux liquides ondulèrent comme des vagues de chaleur et un sourire carnassier tordit les lèvres de l'homme-cadavre avant qu'ils ne disparaissent, surgissant d'un seul coup. Silas frissonna.

BMFS

Les yeux d'émeraudes de Harry s'écarquillèrent et semblèrent prendre feu lorsque la nouvelle personnalité émergea. La magie bondit de son frêle corps et la plus pure des rages tordit son visage tandis qu'il criait en brandissant sa main vers la poitrine de Quirrell. L'homme cria alors que ses vêtements et sa peau se désintégraient sous le toucher du garçon.

Le professeur tomba en arrière, Voldemort hurlant qu'il attrape la pierre. Le garçon se releva, le corps flasque, et d'un geste de la main libéra une Magie noire affamée. Quirrell tomba tandis que son corps était dévoré par la mort. Le sourire diabolique du garçon s'agrandit alors même que la colère brûlait, ravivée dans ses yeux. Trois autres mouvements de la main plus tard, Quirrell gisait sur le sol, désormais incapable de crier. Le garçon leva les bras et hurla. Le pouvoir s'échappait sauvagement, désormais sans le moindre but.

Le corps de Quirrell finit en cendre et l'ombre noire de Voldemort s'échappa. Il lui fallut tout son pouvoir pour y arriver. Le garçon derrière lui agissait comme un maelström, tentant de l'aspirer. Mais il réussit à s'enfuir. Le miroir se brisa, les murs se fissuraient, le sol tremblait. Et il n'était toujours pas satisfait. Il voulait tout détruire. Le plafond commença à s'écrouler, mais avant que les débris ne touchent le sol, ils se dissolvaient dans le néant.

BMFS

« On doit arriver à le réveiller ! C'est l'Hôte ! Il sera obligé de lui céder la place s'il se réveille ! » Cria Silas au nouvel adolescent. La chambre tremblait sous la poussée de pouvoir drainée de l'âme qu'ils partageaient. Ils devaient agir rapidement ou ils mourraient. Soit par l'épuisement de leur magie, soit par l'effondrement du château sur leur tête.

« Hé ! Réveille-toi ! » Hurla le Griffondor dans l'oreille de Harry en le secouant. Silas lui mit des gifles assez fortes pour que ses joues piques. Rose vint s'écrouler de crainte depuis sa chambre. Elle les regarda sauvagement en faisant des gestes. Silas secoua la tête et lui fit comprendre qu'il fallait réveiller Harry. Elle hocha la tête et commença à le secouer aussi. Garçon commença à hurler hystériquement du fond de son placard. Ensemble, ils étaient assez pour forcer Harry à s'éveiller.

Le garçon disparut et ils entendirent (sauf pour Rose) la porte de pierre claquer. Le silence s'abattit sur la pièce. Rose se balançait, à moitié endormie, et Silas la raccompagna jusque dans son lit pour qu'elle puisse dormir. Quand il revint, les cris de Garçon devenaient moins forts. Il soupira et s'assit avec lassitude à côté du nouvel adolescent. Il avait des yeux bleus et des cheveux bruns en bataille. Il était petit et assez musclé.

« Et bien, » dit Silas, épuisé « qui que tu sois, tu as failli nous faire tuer. »

« Je suis Gabriel. Et je trouve que tout s'est plutôt bien passé, » dit-il fièrement, les bras croisés sur la poitrine. « Que voulais-tu que je fasse ? Et qui es-tu d'abord ? »

« Je suis Silas.. Ce que tu aurais dû faire, c'est courir au professeur Rogue pour lui faire part de tes suspicions ! Et non pas charger ici avec ces deux marmots ! Nous aurions pu être tués ! »

« Rogue était notre principal suspect ! Je ne pouvais pas me confier à lui, et ces 'marmots' se sont parfaitement débrouillés ! Sûrement plus que ce que tu aurais pu faire ! »

« Oh, ferme-là. »

Silas lui jeta un regard de colère avant de rentrer dans sa chambre. Gabriel fixa quelque temps la porte avant d'entrer dans la sienne.

BMFS

Harry se réveilla lentement.

Il fut plutôt surpris de se retrouver dans l'infirmerie avec Dumbledore assis à côté de lui. La lumière de fin de matinée inondait la pièce. Il tenta de se souvenir de ce qui avait bien pu lui arriver. La seule chose qui lui vint à l'esprit était le refus de McGonagall.

Dumbledore vit sa confusion et rit.

« Monsieur... que s'est-il passé ? »

« Ne t'inquiète pas, Harry. Quirrell n'a pas la pierre, » le rassura le vieux sorcier. Harry ne savait pas quoi dire, il resta donc silencieux. Dumbledore se mit à le complimenter ainsi que Ron, et Hermione pour avoir passé les défenses des professeurs. Il donna suffisamment de détails pour que Harry comprenne vaguement quels avaient été les obstacles.

« Je pense que le dernier était plutôt brillant. Une de mes meilleures idées. »

Harry regarda dans les yeux pétillants et heureux et fronça les sourcils.

« Je ne comprends pas. »

« J'ai utilisé le Miroir du Riséd, » expliqua-t-il. « Seul quelqu'un voulant la pierre sans l'intention de l'utiliser pouvait l'obtenir. »

Harry acquiesça distraitement, tout à coup, il se sentait étourdi. Les yeux de Dumbledore se rétrécirent alors que la tête de Harry s'inclinait vers l'avant comme s'il allait s'évanouir, mais il se releva et maintint sa tête avec précaution.

« Désolé, Monsieur, » dit humblement Silas en essayant d'agir comme Harry. « J'ai un peu mal à la tête. »

Et c'était vrai. Il était presque impossible pour lui ou les Autres d'émerger de force. Seule la retraite volontaire d'Harry pouvait les laisser s'imposer. Mais Silas avait vraiment eu besoin d'émerger, et ça lui avait donné de la force. De plus Harry était confus, désorienté et très gêné sous le regard du directeur, ce qui l'avait bien aidé. Il ne pensait pas qu'il aurait pu émerger autrement.

« C'est normal, » sourit Dumbledore en se détendant visiblement. « Tu as traversé une lourde épreuve. »

« Combien de temps ai-je dormi ? »

« Trois jours. Tous ces présents sont de tes amis. Ils seront plutôt contents de te revoir. »

« Et pour la pierre ? »

« Ah, la pierre. Je dois m'excuser auprès de toi, Harry. Je n'aurais jamais dû partir. À peine avais-je atteint Londres qu'il était devenu clair que l'endroit où j'aurais dû être était précisément celui que je venais de quitter. Je suis revenu juste à temps. »

Silas laissa cela passer, mais il sentait un sourire sarcastique qui tentait de déformer ses lèvres. Sacré connard de manipulateur. Silas aurait pu parier que le vieillard en avait fait exprès pour les tester, pour voir comment il tiendrait devant Voldemort. Il changea rapidement de sujet.

« Vous avez donc la pierre ? » Demanda-t-il en essayant de paraître enjoué.

« Il a été décidé qu'il serait mieux de détruire la Pierre. De cette façon, elle ne pourra jamais être utilisée de la façon dont elle faillit l'être. Si tu n'avais pas été là bien sûr. »

Silas fit semblant de sourire

« J'ai une question. »

« Je répondrai à tes questions, sauf si j'ai une très bonne raison de ne pas le faire, dans ce cas, je te prie de me pardonner. Je ne vais pas, bien sûr, te mentir. »

Ça n'était pas du tout 'bien sûr', pensa Silas, mais demanda tout de même :

« Voldemort a dit qu'il n'avait tué ma mère que parce qu'elle tentait de l'empêcher de me tuer. Pourquoi vouloir me tuer ? »

« Hélas, » soupira profondément Dumbledore, « la première chose que tu me demandes, je ne peux te répondre. Pas aujourd'hui. Pas maintenant. Tu sauras, un jour... mais chasse-le de ton esprit pour l'instant, Harry. Quand tu seras plus vieux... Je sais que tu as horreur que l'on te dise ça... Quand tu seras prêt, tu le sauras. »

D'accord. Silas, pour sûr, haïssait l'homme. Sans un seul doute. Il restait une seule chose qu'il voulait faire.

« Monsieur, à propos du professeur Rogue... Je dois avouer que j'ai cru que c'était lui ».

Et il se retira, et Harry se réveilla en entendant :

« Ah... le professeur Rogue. Je crois que tu as cru que c'était lui qui ensorcelait ton balai de Quidditch, n'est-ce pas ? En vérité, c'était Quirrell, comme je suis sûr que tu l'as réalisé. Le Professeur Rogue essayait de te sauver en professant le contre-sort. Et il a été suspicieux à propos de Quirrell tout ce temps. C'est pourquoi il gardait un œil sur lui. Je te donne ma parole Harry, tu peux le croire sans peur. Ne doute pas de lui. »

« Oh... humm... Je suis désolé, monsieur, » essaya Harry. Il réalisa qu'il devait avoir eu un léger moment d'absence. Il se sentait fatigué.

« Je te prie de lui pardonner son attitude brutale. Elle découle de l'antipathie entre lui et ton père. Un peu comme pour toi et M. Malfoy. Il y avait toujours des blagues blessantes et des insultes entre eux. Et puis, un jour, ton père fit quelque chose que Severus ne pouvait pardonner. »

« Quoi ? » Demanda Harry les yeux écarquillés.

« James sauva sa vie. »

Dumbledore sourit alors que Harry clignait des yeux de surprise.

« Amusant, n'est-ce pas, la façon dont marche l'esprit des gens ? Le professeur Rogue ne pouvait pas supporter d'être en dette envers ton père... Je crois que c'est la raison pour laquelle il a travaillé si durement à te protéger cette année. Il pouvait ainsi régler sa dette et haïr en paix la mémoire de ton père. »

Harry essaya de comprendre, mais cela faisait tourner sa tête, donc il arrêta. Dumbledore s'en alla peu après. Heureusement, la plupart des questions que Harry se posait trouvèrent leurs réponses avec Ron et Hermione plus tard. Ils lui racontèrent tout de leur aventure. Hermione lui dit de ne pas s'inquiéter pour sa perte de mémoire (bien qu'ils soient tous deux déçus de ne pas savoir ce qui s'était passé avec la pierre). Ce n'était pas tout à fait une surprise si l'on considérait le traumatisme qu'il avait subi. Elle lui raconta que Pomfresh leur avait dit qu'il avait presque épuisé sa magie lors de sa confrontation avec Quirrell. Et ce fut d'elle qu'il apprit la destruction de la pierre et la mort prochaine de Flamel.

Dans l'ensemble, il n'était pas si déçu de ne pas pouvoir se rappeler. Le souvenir de Voldemort dans les bois lui suffisait. Il dormit profondément cette nuit jusqu'au milieu du jour suivant. Quand il se réveilla, il se sentait beaucoup mieux, et demanda à Pomfresh de le laisser aller au festin de fin d'année.

La fête fut un moment de bonheur, même s'il rougit beaucoup sous les acclamations quand les bannières de Serpentard se transformèrent en celles rouges et or des Gryffondors après que Dumbledore ait remis quelques points de dernières minutes. En fait, entouré par ses amis en liesse (les premiers qu'il ait jamais eus) , c'était la meilleure nuit de toute sa vie. C'était encore mieux que de gagner au Quidditch ou que Noël, et il n'oublierait jamais ce moment.

Fin de la première année