Par avance : Vous aurez peut-être remarqué, pour ceux qui ont lu le Prologue à sa sortie, que le titre de la fic à changé. Je ne l'aimais déjà pas et titemaya a eu tôt fait de confirmer qu'il était pas génial. Celui qui l'a remplacé pourrait bien être remplacé lui-même car je n'en suis pas entièrement satisfait, mais il traduit mieux l'esprit du tome. Je vais être honnête, je suis un peu déçu par le lancement de ce tome, puisqu'en une semaine je n'ai eu qu'un Story Alert et une review. Je n'en veux à personne, je ne suis pas un avare des récompenses, les lois de l'Internet sont insaisissables, mais ça me fait douter pas mal. Surtout que la personne pour qui j'ai retardé la parution de la fic est déjà repartie, je me sens un peu bête là. Enfin bon ! Nouveau chapitre qui répondra aux attentes de pas mal de lecteurs je suppose : Morgan chez les Moldus. Alors vous n'aurez pas droit à toutes les découvertes de Morgan parce que je n'ai pas vraiment le temps ni l'inspiration pour trop développer tout ça. Mais quelques petites scènes marrantes sont à venir pour les 4-5 chapitres pré-Poudlard. Enjoy !

PS : Si vous ne connaissez pas Doctor Who et que vous aimez le genre "So British", foncez regarder cette série. Et pour les déjà fans, dénichez sans délai les épisodes 1 & 2 de la saison 5, Matt Smith se révèle être un excellent 11ème Doctor ! Voilà c'est tout pour ce petit hors-sujet.


MARGARET

Margaret Finey. Cheveux bruns longs, yeux verts/gris. Lieu de résidence : Londres. Profession : élève à l'école de sorcellerie de Poudlard. Je suis ce qu'on appelle une issue de Moldus car mes parents ne sont pas des sorciers. Ceci dit, ça ne change pas ce que je peux faire avec ma baguette. Après deux ans passés dans cette école si particulière qu'est Poudlard, je m'étais complètement faite à l'idée de ce monde magique et je commençais seulement à me l'approprier. Pour m'aider à m'y sentir à l'aise, j'avais pu compter sur mes camarades de chambres et amies Joanna, Ginger et Mélanie, mais également sur Martin, un autre Gryffondor fan de Moldus. Ils étaient mes amis les plus proches, mais beaucoup d'autres personnes dont je ne ferais pas la liste ici sont entrées dans ma vie en deux ans. Et puis il y a Morgan, que je dois mettre à part de tout cela. Ce n'était plus une simple amie. Elle était quelque chose de plus fort. De l'amour ? Pas tout à fait. Les liens qui nous unissaient étaient emprunts d'une affection poussée et d'une confiance à présent solide, mais des incertitudes demeuraient, pour elle comme pour moi. Aussi plutôt que de nous angoisser en nous posant cette question, nous laissions les choses se faire et passions le plus de temps possible ensemble. La troisième année allait commencer et ce qui s'était passé à la fin de la précédente n'annonçait rien de bon. Voldemort était de retour, ce qui signifiait des ennuis pour les issus de Moldus donc pour moi, mais également pour Morgan elle-même qui allait devoir affronter les anciens collègues de ses parents. J'avais passé presque deux mois sans avoir de contact avec elle puis en à peine deux jours, nous avions arrangé sa venue par lettres hibou-portées, une semaine avant la fin d'août. J'avais vraiment besoin de la voir car Hermione n'était plus là et je m'ennuyais ferme.

UNE SORCIERE A LONDRES – MORGAN

Je commençais à être inquiète. Cela faisait déjà une demi-heure que j'attendais Morgan. Je ne m'attendais pas à une grande ponctualité de sa part, mais plus le temps passait, plus je me demandais s'il n'y avait pas un malentendu quant à la date, l'heure ou le lieu du rendez-vous.

Je me sentais un peu gênée d'attendre mon amie en étant appuyée sur le mur adjacent au Chaudron Baveur. L'édifice n'était pas très esthétique, il avait un aspect délabré et crasseux, et une jeune fille de 13 ans apparemment innocente se tenant devant la vitrine du pub attirait l'attention de certains passants.

Finalement, la porte de l'établissement s'ouvrit et en sortit avec un air curieux Morgan Ebony, vêtue de son body, de sa robe et de ses bottes et portant par-dessus son épaule une malle en cuir… noir – quelle surprise. Lorsque je la vis, fidèle à elle-même, je remarquai trois choses. La première était que j'étais emplie d'une joie immense. J'avais pris l'habitude de vivre avec elle dans mon quotidien, j'avais vécu des choses uniques avec elle dont je ne pouvais parler qu'avec elle, nous nous connaissions bien l'une l'autre et du fait… elle me manquait, tout simplement.

La deuxième chose que je remarquai, c'était qu'elle avait raccourci sa chevelure et du fait avait abandonné sa queue de cheval. Ainsi ses cheveux noirs et lisses atteignaient le niveau de ses épaules et afin de ne pas avoir de cheveux devant les yeux elle s'était faite une raie à gauche et s'était mise des pinces dorées le long du côté droit pour retenir les mèches. Elle était bien plus féminine ainsi. Et par conséquent plus belle.

La deuxième chose que je remarquai était qu'elle me semblait moins haute que d'habitude. Je compris bien vite que c'était parce que j'avais été éloignée d'elle pendant plus de deux mois. Mes parents m'avait dit récemment que j'avais pris quelques centimètres. Morgan sembla remarquer la même chose puisque la première chose qu'elle fit en me voyant fut de se mettre pile devant moi avec un grand sourire et de poser sa main à plat sur ma tête avant de comparer le niveau avec son corps. Je remarquai à cette occasion que je n'avais plus vue sur la gorge de la poitrine de Morgan mais sur le haut de son torse. Elle déclara :

« Tu n'as pas chômé pendant ces deux mois sans moi, Finey ! Et le pire, c'est sans doute que je ne me serais rendue compte de rien si on ne s'était pas quittées.

– Moi aussi ça me fait plaisir de te revoir, Morgan, raillai-je.

Elle eut un éclat de rire et me serra contre elle.

– Ah, tu m'as manqué, si tu savais ! Combien de fois les Malefoy m'ont-ils énervée au point que je me réfugie dans ma chambre en souhaitant que tu y sois pour que je puisse te déclarer toute la haine que j'ai pour eux. Tu sais si bien m'écouter quand je suis en colère…

– Je vois que notre amitié repose sur des bases saines, je suis rassurée…

– Roh, fais pas ta rabat-joie, y a tellement de raisons pour lesquelles je suis contente de te revoir, partenaire, alors arrête de ronchonner.

– Moi aussi ça me fait tellement plaisir…

Je profitai de son étreinte et revis dans un flash tous les moments de tendresse que nous avions eu jusqu'ici. Nous étions de plus en plus proches, c'était indéniable. Elle finit par me lâcher et prit un air plus sérieux.

– Vu que je suis venue te voir pour qu'on s'amuse et qu'on passe du bon temps, autant en finir tout de suite avec les choses sérieuses et passer l'après-midi à évoquer l'évolution de la situation pendant ces deux derniers mois avant de clore le sujet et d'oublier tout cela pendant nos vacances ensemble.

J'acquiesçai avant de remarquer le regard hilare d'un duo d'adolescentes à la vue de la tenue de Morgan. Je levai alors le doigt et dit avec une fausse gêne :

– Oui mais alors on va régler le problème de ta tenue avant.

– Ah… Oui, je me doutais que tu trouverais ça trop… contraste avec le paysage.

– Un peu. Enfin non, beaucoup. Tu… Tu m'as dis dans ta dernière lettre que tu sortirais des livres à Gringott…

– Ah, oui, attends…

Elle plongea sa main dans l'une des multiples petites sacoches accrochées à sa ceinture et en sortit une liasse de billet assez épaisse enroulée et retenue par une bande de papier portant le sceau de Gringotts. Elle me tendit le rouleau que je pris entre mes mains.

– Wow, tu as demandé des petites coupures de 10… Attends ! Ce sont des billets de 50 livres ! Bordel, Morgan, tu viens de sortir une fortune ! Ca servait à rien, je vais pas te faire payer le séjour !

– Ah ? Bah je sais pas trop, le gobelin que j'ai vu m'a dit que tant que j'étais pas majeure il pouvait pas me sortir en un coup plus de 5% de ce qu'ils ont dans leur coffre à mon nom. Alors j'ai pris tout ce que je pouvais.

Je lui adressai un regard incrédule. Je savais Morgan à l'aise financièrement, mais la liasse énorme que j'avais entre les mains me prouvait qu'elle avait de bonnes réserves. Morgan tapota une autre de ses poches et dit avec un air un peu gêné :

– J'ai un autre paquet ici. Je suis presque mal à l'aise à l'idée d'afficher tant de ressources, c'est pas trop mon genre de…

– Je sais bien. Tu possèdes un sacré héritage…

Morgan détourna le regard en faisant la moue.

– Je ne sais pas quelle origine à cet argent… Je sais qu'une partie vient de fonds que la famille de ma mère lui à laissé, mais je préfère ne pas me demander d'où vient le reste…

– Je comprends. On va… on va pas plus évoquer tes parents, hein, et puis on va aller te rhabiller.

– Pour la première fois depuis qu'on se connaît, je crois que je vais totalement me laisser guider et faire tout ce que tu me diras. Je veux réussir à bien m'intégrer dans l'environnement Moldu, ce sera un talent de plus.

– Compte sur moi, je vais te « molduser ».

– Ce verbe n'existe pas à ma connaissance.

– C'est parce que les sorciers ne font jamais les choses dans ce sens, déclarai-je avec un sourire en coin et un regard malicieux.

Morgan me regarda un moment avec un air étonné puis ricana :

– Je vois où tu veux en venir… Allez, Finey, montre-moi la voie.

– Avec plaisir. »

Il fut l'heure du shopping. Ma mère m'avait quelque fois emmenée faire les magasins et la télé et les magazines avait suffi à faire le reste de mon éducation. Je trainai donc Morgan partout et la laissai essayer tout et n'importe quoi – et quand je dis n'importe quoi, je pense notamment à cet horrible pull orange en laine épaisse… et à ce string rose… et d'autres choses encore. Finalement, Morgan s'en sortit avec plusieurs « tenues ». Parmi celles-ci, je me souvins de deux ensembles en particulier. L'un deux était sacrément classe sur elle : jean noir pour femmes, converses noires, chemisier blanc et veston noir par-dessus. La seconde était plus estivale puisqu'il s'agissait d'une robe d'été bleu nuit agrémentée de fleurs blanches par-ci par-là et d'une paire de sandales. C'est dans cette tenue et avec sa coiffure à pince que je vis Morgan plus féminine que jamais. Lorsque nous prîmes un café à une terrasse, Morgan portait cependant un T-shirt uni gris pour femme, un jean délavé et des baskets. Un accoutrement des plus banals, qui faisait assez « femme sportive », et c'était ce que Morgan cherchait.

Mon amie découvrit alors le coca-cola. Lorsqu'elle eut son verre rempli face à elle, elle l'observa avec attention.

« Mmh… On dirait une potion. Et même une potion qui serait sacrément instable.

– C'est une boisson gazeuse. C'est normal qu'il y ait des bulles. Et c'est une des boissons les plus courantes dans notre monde.

Je buvais de mon côté un simple jus de fruit et m'était amusée à commander spécialement cette boisson pour Morgan. Avec une certaine appréhension, Morgan leva le verre puis but une gorgée d'un coup. Elle avala et crispa les épaules.

– C'est bizarre ! Mais… Mmh, le goût n'est pas mauvais en fait.

– C'est très sucré. Le caramel et quelques produits chimiques font le reste.

– Des produits chimiques ? Précise…

– Euh… Des produits créés par la technologie Moldue.

– Oh, d'accord.

Le mot « technologie », j'avais fini par le comprendre, était une sorte de porte de sortie pour expliquer n'importe quel phénomène que les sorciers ne comprenaient pas. C'était un peu comme dire : « N'essaye pas de comprendre ». Ceci dit, évoquer la technologie ne marchait pas pour Martin. Celui-ci demandait alors davantage de détails que je n'étais pas toujours en mesure de lui fournir.

– Bah en tout cas c'est bon. Coca-cola… Je retiens. Bon sang, ce qu'on est bien là-dedans…

Elle me montra l'une de ses baskets et j'eus un petit rire.

– Difficile de trouver plus confortable pour se balader par-ci par-là.

– Le monde Moldu recèle de trésors. On me l'avait déjà dis mais l'expérimenter… Entre ces fringues tellement diverses et tous ces trucs que vous amène la technologie… Il ne manque que la magie pour obtenir un monde sensationnel.

– Je doute que la technologie et la magie fassent bon ménage, Morgan, fis-je avec un air malicieux. La technologie essaierait absolument d'expliquer comment la magie marche alors que j'ai rapidement abandonné l'idée d'en trouver une explication rationnelle.

– Eh, la magie a ses lois ! rétorqua Morgan. Il ne suffit pas de claquer des doigts. Sauf peut-être pour Dumbledore, il le fait souvent, ça.

– Oui, oui, il y a l'art et la manière, je suis d'accord. Mais… Expliquer ça, surtout à mon âge… La technologie et la science de ce monde ont expliqué beaucoup de phénomènes de la nature. Or pour la magie… Je crois que ça restera un mystère. Et c'est mieux comme ça. J'aime bien ce côté mystique et obscur de la magie.

Morgan s'appuya d'un coude sur la table et me regarda avec un air blasé.

– Ouais bah le côté mystique, après 15 ans en étant entouré de magie, je peux te dire qu'il disparaît.

– Tu as grandi avec, ce n'est pas pareil. Moi j'en découvre un peu plus chaque année.

– Et tu vas en découvrir cette année crois-moi. On va reprendre les entraînements, jeune fille… Surtout que… Enfin on va peut-être en venir au côté sérieux.

Je soupirai et prit un air concentré.

– Je t'écoute. Quelles nouvelles ?

Morgan prit un air désespéré et leva les yeux au ciel.

– Voldie s'est attiré la sympathie des Détraqueurs. Je savais que ça allait arriver. Il peut leur fournir tellement de victimes… Rah !

Elle frappa du poing sur la table, soudain énervée.

– C'est… c'est… Bon sang ! Comment peuvent-ils s'en servir après ce que ces choses ont fait à leurs propres rangs ! Les Mangemorts emprisonnés ont subi eux-mêmes le traitement des Détraqueurs ! Ca me dépasse, ils sont tous fous. Ou morts de trouille. D'ailleurs, en parlant des Détraqueurs… Potter est passé devant les juges du Département de la Justice Magique.

– Hein ? Mais qu'est-ce qu'il a fait ?

– Usage illégal de la magie. Il n'a pas la chance d'avoir un camouflage comme toi ou moi.

Je mis par réflexe ma main sur ma poitrine. J'avais toujours ce joyau sur moi pendant l'été. J'avais également ma baguette dans mon sac. J'avais perdu de vue que se servir de la magie avant la majorité sorcière était interdite et dans ma tête je pouvais m'en servir quand bon me semblait.

– Et pourquoi il s'est servi de la magie ?

– Pour sauver sa peau. Voldemort a voulu le tester en envoyant deux Détraqueurs pour l'éliminer. Il s'en est sorti mais a du utiliser un Patronus. Et donc usage illégal de la magie, convocation, procès.

Je n'en revenais pas. Je la regardai avec un air éberlué et déclarai :

– C'est encore pire que ce que je pensais. Ce Ministère ne ressemble à rien, il fait n'importe quoi, il emploie des incompétents et des carriéristes, c'est… c'est… Je suis à cours de mots pour le décrire.

– Pourri. Et ça ne va pas s'arranger. Fudge se cache les yeux et ne veut pas entendre parler de Voldemort.

– Fudge, c'est le Ministre de la magie, c'est ça ?

– Oui. C'est une lavette, il a peur. Du coup il fait n'importe quoi. Enfin bon, Potter s'en est sorti, il garde sa baguette. Je ne sais pas trop où il est en ce moment.

– Ah ça, je sais. C'est Hermione qui me l'a dit avant de partir elle-même là-bas. En fait, je ne sais pas exactement où c'est, mais c'est un endroit où Harry sera en sécurité avec des sorciers de confiance. Vu que le Ministère ne fait rien, Dumbledore semble avoir rassemblé une sorte de « commando » pour protéger Harry.

Morgan but une gorgée de coca puis acquiesça.

– Mmh… L'Ordre du Phoenix. Je l'ai déjà évoqué quand on était dans le bureau de Dumblie, tu te rappelles ? C'était un groupe de sorciers menés par Dumbledore et luttant dans l'ombre contre les mages noirs pendant la terreur de Voldemort.

– Ah oui je me souviens.

Je me souvenais aussi que Morgan avait révélé le meurtre par sa mère de l'un des membres de l'Ordre, ce que je ne mentionnai pas. Morgan pencha la tête sur le côté avec un sourire malicieux.

– Granger t'a révélé un truc assez important… Et même, une information secrète. Je ne suis pas sûr que les membres de l'Ordre apprécieraient une telle fuite…

Je haussai les épaules.

– Elle ne m'a pas dit où. Je ne sais d'ailleurs pas pourquoi elle s'évertue à tout me cacher de ce qu'ils font elle et ses amis. Je veux dire… Elle sait qu'on a vu Black s'échapper, et elle sait qu'on était là lorsque Voldemort a ressuscité. Pourquoi elle m'en dirait pas plus… ?

– Soit par fidélité envers Potter qui ne voudrait peut-être pas qu'elle s'épanche sur le sujet – tu es peut-être son amie d'enfance, mais je pense qu'elle partage quelque chose de plus fort avec Potter, sans vouloir t'offenser.

– Bah… C'est probablement vrai, je ne vais pas faire ma jalouse.

– Soit elle essaye de te protéger.

– Hein ?

Morgan but une autre gorgée de coca puis me montra de l'index.

– Elle t'a reproché plusieurs fois de te lancer dans des aventures dangereuses, non ? Elle veut peut-être limiter au maximum ton implication dans les combats à venir. Ce qui est futile puisque je t'attire encore plus là-dedans que Potter ne pourrait le faire. Mais il peut y avoir cette intention.

Je haussai un sourcil.

– Tu peux être psychologue quand tu veux.

– Bof, je connais un peu Granger, surtout après l'affaire Skeeter… Alors comme ça, Potter est en sécurité, entouré de sorciers compétents. Bien. Je ne pouvais pas en être sûre, mais il m'avait bien semblé comprendre qu'il était introuvable en épiant les conversations de Malefoy père.

– En parlant de ça, ils ne te mettent pas trop la pression pour que tu t'impliques dans leurs affaires ?

– Pour l'instant non. Norrington ne s'est pas remontré, Lucius ne me fait pas confiance et Narcissa essaye à tout prix de me garder à l'écart de tout ça – tout comme elle essaye de faire en sorte que son fils ne soit pas embrigadé trop vite chez les Mangemorts. Mais le fiston montre un certain enthousiasme à être embauché.

– Ca craint.

– C'est ça d'être gosse de Mangemort. Oh, d'ailleurs, je crois qu'ils préparent un sale coup qui aurait lieu au Ministère mais j'en sais pas plus pour le moment. Le problème c'est que je ne peux pas me tenir aussi informée que je ne le pensais. La faute à ma… mauvaise volonté. Je n'arrête pas de dire que je suis trop jeune pour participer afin d'éviter un rite d'initiation ou je ne sais quoi, donc du coup je n'ai pas trop de légitimité à recevoir des informations.

– Oui, ça se comprend. Et… La marque dans ton dos, elle n'a aucune conséquence ?

– Voldemort a du oublier que je l'avais reçue. Et ça ne me dérange pas. Ah, et… autre nouvelle, que je gardais un peu pour la fin… Il va y avoir une évasion de la prison d'Azkaban.

Je fronçai les sourcils. Morgan ne semblait pas fière.

– Sérieux ? Tu sais quand ?

– Je pourrais le savoir. Mais je ne vais pas l'empêcher de toute façon…

J'allai protester lorsque je fus touchée par le regard honteux que Morgan me lança. Elle dit d'une petite voix :

– Je sais que c'est… que c'est une catastrophe. Mais je ne peux pas l'empêcher. C'est trop tôt, c'est me mettre en avant alors que je ne suis sûre de rien. C'est pas prudent. Tu savais que nous irions dans cette direction, non ? Jouer double jeu…

Elle avait dit « nous ». Ce qui voulait dire que moi aussi j'allais devoir accepter des sacrifices pour mieux atteindre notre but final – ou plutôt son but dans lequel je l'accompagnais. Je ne partageais pas les motivations de Morgan, je n'avais pas de désir de vengeance. Je n'avais pas non plus une âme de héros. Tout me poussait à arrêter là les frais et à m'écarter de cette pente dangereuse sur laquelle Morgan me trainait. Mais je ne pensai pas un instant m'éloigner de Morgan. On était déjà passées par beaucoup, elle avait pris une importance pour moi telle que je ne pouvais pas tout plaquer. J'allais la suivre quoiqu'il arrive. Ce qui ne voulait pas dire que je ne pouvais pas influer sur la direction qu'elle voulait prendre. Surtout que quelque chose dans le regard gêné de Morgan n'était pas normal.

– Tu me caches quelque chose, Morgan…

Celle-ci crispa ses épaules avant de soupirer.

« Oui, tu… tu commences à me déchiffrer assez bien, c'en est inquiétant…

– Euh, non. Tu ne faisais pas grand chose pour le cacher. Alors, qu'est-ce qu'il y a ?

– Hum… Parmi les évadés, il y aura sûrement… ma… ma marraine. Bellatrix Lestrange.

J'écarquillai les yeux.

– Attends, me dis pas que tu as envie de la revoir ?!

– Elle s'est occupée de moi pendant 3 ans, Finey ! protesta Morgan avec cependant une pointe de regret. Elle m'a nourrie, logée, éduquée, elle n'était pas si… si terrible… avec moi. Je sais que c'est un monstre pour le public, elle a commis des actes impardonnables, mais… moi, elle ne m'a donné que de l'affection. A l'époque je n'avais plus qu'elle – et Circé, mais Circé ne faisait que m'apprendre, elle ne s'occupait pas de moi. Je ne sais pas trop ce que Bella est pour moi… Tante, grande sœur, mère adoptive… Je sais vraiment pas. Mais j'ai envie de la revoir. Je sais que c'est pas vraiment raisonnable. Mais tu peux comprendre, non ?

J'ouvris la bouche mais mon esprit ne parvint pas à choisir entre lui confirmer que c'était un avis déraisonnable ou compatir à une enfant qui n'avait plus eu qu'une psychopathe comme famille. Je secouai la tête, la bouche toujours béante, incapable de choisir. Puis je me plongeai dans les yeux de Morgan. Ce n'était pas que de la gêne. Elle attendait quelque chose. Elle voulait que je comprenne, elle me suppliait de comprendre. Morgan ne m'imposait pas sa vision des choses, elle se reposait sur moi en espérant que nous soyons sur la même longueur d'onde. C'était nouveau. Et très gênant. Je venais de retrouver mon amie la plus chère, et son regard attendait tellement de moi… Je finis par détourner le regard et dire :

– Ca se comprend… d'une certaine façon. Si effectivement tu n'avais qu'elle…

– Je ne sais pas si elle parviendra à s'échapper, si ce plan va marcher, mais si c'est le cas, je la retrouverai certainement lors des vacances… Je comptais t'inviter à venir avec moi.

Elle avait l'air déjà plus sûre d'elle. Le fait que j'avais abondé dans son sens y était très certainement pour quelque chose. Je fronçai de nouveau les sourcils.

– Hein ? Mais pourquoi j'aurais besoin de la rencontrer ? Morgan, je sais pas au devant de quoi on va, je suis prête à pas mal de choses, mais je ne veux pas provoquer le destin et me retrouver face à Bellatrix Lestrange.

Elle haussa les épaules.

– Ce n'est pas si…

– Je suis une issue de Moldue ! Il te faut quoi de plus, Morgan ? Elle me massacrerait !

– On lui ferait croire que tu viens d'une bonne famille sorcière.

– Oh c'est sûr ! J'ai tellement l'air d'une native…

– C'est pourquoi je compte t'en apprendre un maximum durant cette année, déclara Morgan avec un soudain enthousiasme en dressant son index en l'air. Plus de sorts, plus de connaissances, plus d'entraînement… »

Je pensai d'abord protester avant d'abandonner. J'avais de toute façon envie de m'améliorer dans tous ces domaines. Il serait tant de protester contre le « projet Lestrange » plus tard. Quelque part dans mon esprit cependant, dans un petit coin sombre, j'avais envie de rencontrer cette femme et d'apprendre d'elle. Détruire le feu par le feu était une méthode efficace et j'étais certaine qu'elle pouvait m'apprendre quelque chose qui pourrait se retourner contre les Mangemorts. La magie noire m'attirait. Mais la raison l'emportait sur cette séduction. Pour l'instant.


Prochain chapitre, une grooooosse révélation. Eh ouais, je suis comme ça. Non sans déconner, vous allez je pense être surpris. Et c'est un truc prévu depuis le tout début.