Confessions d'une résistante
Par où commencer ? Le début serait une bonne idée mais où est le début ? Sans doute l'enterrement de notre mentor, la tête pensante de l'Ordre … Après l'enterrement officiel à Poudlard, il y eut une réunion d'urgence de l'Ordre tenue au square Grimmaud. J'étais affreusement secouée comme tout le monde, nous venions de perdre un atout de taille dans la bataille mais bien plus que cela évidemment.
Quand nous arrivâmes tous réunis dans le salon de la maison, il n'eut pas un mot de prononcé. Chacun était assis, les mains occupées à remuer fébrilement, le visage bas et les yeux baissés fixement sur la table en bois. Je voulus prendre la parole mais la force m'en manquât, ce n'était pas à moi de le faire, je n'étais pas la chef de file … et puis pour quoi dire du haut de mes dix-sept petites années ? Le silence s'éternisa pendant un long moment, les secondes défilèrent devenant sans peine des minutes qui se transformèrent elles-mêmes lentement mais inexorablement en heures. Finalement Fol-Oeil leva la tête et prit la parole.
« Voulons nous que l'oeuvre d'une vie meurt avec son créateur ? Voulons nous devenir des fuyards qui repartent la queue entre les jambes aussitôt le chef de meute tombé au combat ? »
Des murmures s'élevèrent faiblement de la table, il était totalement impossible de savoir s'ils étaient d'accord ou non avec l'Auror.
« Avez vous donc perdu votre volonté en même temps que Dumbledore la vie ?! Nous devons faire face ! Ne pas se laisser abattre ! Ils n'attendent que cela de l'autre côté ! Il ne faut pas se leurrer nous sommes l'un des principaux nœuds de la résistance, si nous nous baissons les bras, qui osera alors faire face à l'ennemi et se battre pour nos valeurs ? Veux-tu que l'on poursuive éternellement ta famille parce que l'on te considère comme un traitre à ton sang Arthur ? Veux-tu mettre ta femme et ton fils en danger, Remus, seulement pour avoir « souillé » le sang de la famille de ta femme ? Veux-tu fuir toute ta vie Harry, t'empêchant de penser à fonder un foyer ? Veux-tu fuir à cause de ton sang Hermione ? Vous autres, auriez vous à souffrir parce que vous avez seulement pris position, celle minoritaire ? Je vous laisse méditer ces paroles mes amis mais sachez que je reprendrais la tête de l'Ordre si vous l'acceptez et soutenez toujours notre cause »
Sur ces derniers mots, il se leva et prit congé dans le plus grand des silences. Il franchit la porte du square Grimmaud et transplana le « poc » habituel claquant à son départ.
Après cette fabuleuse tirade s'ensuivit un désordre rempli de paroles. Mes oreilles saturaient des voix qui résonnaient dans la grande demeure vide. J'essayais de suivre leur discussion pour le moins animée mais en vain.
Tonks : Mais de quel droit se permet-il de tenir pareil discours !
Arthur Weasley : Ca suffit, Tonks, tu sais tout aussi bien que moi qu'il a raison. Nous n'avons pas le droit, nous ne pouvons pas baisser les bras.
Lupin : Mais nous n'avons jamais remis en question l'Ordre malgré la mort d'Albus ! Se croit-il au dessus de tout le monde pour se permettre pareilles remontrances ?
Harry : Nous étions tous ici en train de nous remettre en question et de douter de notre victoire, Fol-Oeil avait parfaitement le droit de nous parler comme ça.
Molly Weasley : Harry chéri, tu es encore trop jeune pour prendre part à cette discussion.
Fred (ou Georges) : Maman ! Arrête avec ça ! Nous sommes à présent tous majeurs ici et si l'envie nous prend de faire la révolution ou de faire face à l'une des plus puissantes forces de magie noire jamais vue, ce que nous comptons bien faire, alors tu ne nous en empêcheras pas ! Tu préfères quoi : qu'on capte des informations derrière ton dos et prendre le risque qu'on agisse de nous même sans soutien ou qu'on vous appuie dans vos actions ?
Ron : Bien parlé, les frangins.
Molly Weasley : Votre avis m'importe peu ! Le maintien de l'Ordre ou non ne vous regarde pas !
La dispute aurait pu continuer longtemps ainsi mais la voix rassurante et grave de Kingsley claqua sèchement dans l'air.
« Il suffit ! Nous sommes tous fatigués et nos esprits en sont embrumés, dormons. La nuit porte conseille nous parlerons plus au calme demain. »
Comme s'il s'agissait d'un décret royal ou d'une parole d'évangile, personne ne pipa mot et chacun partit en direction de sa chambre respective ou de son nouveau repère.
Harry, Ron et les jumeaux se dirigèrent vers la chambre qu'ils partageaient tandis que Ginny et moi faisions de même, ils avaient des mines maussades et pensives. Je devinais que chacune des paroles prononcées restaient imprimées comme au fer rouge dans leur tête et qu'ils les méditeraient ce soir. D'ailleurs quand Ginny et moi furent couchées, ce fut la seule chose dont nous parlions, jamais elle ne me parut aussi préoccupée.
« Qu'allons nous devenir Hermione ? Cette question ne t'as jamais traversée l'esprit ?
- Plus d'une fois, Gin, je n'ai jamais trouvé la réponse pour ce qui concerne le long terme mais dans l'immédiat il est claire que je serais une opposante fervente à cette terreur, une résistante. Je ne peux pas les laisser faire et me joindrai à Fol-Oeil pour continuer l'oeuvre de Dumbledore.
- Je t'admire vraiment, tu as su prendre ta décision de suite, la mienne est issue d'une longue réflexion tumultueuse et pleine de doutes. Mais je n'ai pas envie de m'opposer à ma mère. Je suis encore la seule mineure, j'ai la Trace, comment pourrais je être libre de mes mouvements pour vous venir en aide ? Ce sont les deux obstacles qui se dressent sur ma route.
- Parles en avec ta mère, elle peut comprendre ton choix, j'en suis sure. Si ce n'est pas le cas, tu trouveras appui auprès de tout le monde, elle n'aura plus le choix.
- Nous sommes vraiment la mauvaise génération.
- Peut-être la meilleure aussi, celle dont les générations futures seront fières …
- Espérons, espérons. »
Je me tournais dans le lit en méditant ses paroles. Non, elle n'avait vraiment rien à m'envier. Cette décision était issue d'un grand chamboulement, j'ai hésité longuement pour faire ce choix. Ma première décision, je ne me le cachais pas, fut de fuir. Quitter l'Ordre et me cacher quelque part peut-être en France. Mais la détermination de mes amis et les horreurs s'accumulant, j'eus honte de ma décision égoïste et mon tempérament de battante revint me donnant le courage nécessaire pour continuer avec l'Ordre. J'étais maintenant bien décidée à aller jusqu'au bout quoiqu'il m'en coûte.
La nuit fut longue, j'entendais Ginny se tourner sans cesse ou parler dans son sommeil. Ses craintes transperçaient davantage dans son sommeil que quand elle me parlait. La pauvre n'avait que 16 ans et devait, au lieu d'affronter sa mère sur des problèmes mineurs d'adolescentes, l'affronter pour une question d'engagement, de vie ou de mort.
La lune céda sa place au soleil et nous fûmes tirés de notre léger sommeil. Après une courte toilette et s'être habillées, nous sortions de notre chambre et croisâmes Harry, Ron et les jumeaux. À voir leurs têtes sombres et les cernes sous leurs yeux, je devinai qu'ils avaient eu une nuit tout aussi agitée et peu reposante que la nôtre. Ron me sourit et ses frères se moquèrent de lui. Il restait tout de même un peu de routine, cela me rassura. Quand nous arrivâmes dans la salle à manger, l'agitation y régnait déjà, Molly courait à droite à gauche pour rassembler toutes les choses nécessaires à la grande réunion qui se tiendrait d'ici peu. On marmonna un bref bonjour à tout le monde mais personne ne fit attention à nous. Ils étaient tous beaucoup trop tendus et stressés pour nous consacrer un peu de temps, ce que l'on pouvait comprendre. On mangea rapidement puis remonta. On voulait parler ensemble, tenir notre propre réunion afin de consolider nos arguments au cas où les autres membres de l'Ordre ne voudrait pas de nous. On s'installa tous dans la chambre de Sirius, celle qu'occupait les garçons. Ginny et moi prirent place sur le lit des jumeaux tandis que les garçons s'assirent en tailleur sur les matelas posés au sol pour Harry et Ron.
« Alors Harry ? Tu as un plan d'attaque ? Tu comptes partir quelque part avec Hermione et Ron pour une mission secrète ? »
Harry regarda les jumeaux, surpris. Ron maugréa qu'il leur avait dit de ne pas poser cette question. Ginny soupira. Et moi, je me contentai d'écouter attentivement ce qui se dirait.
- Je n'ai aucun projet de ce genre. Je compte me plier aux ordres de Fol-Oeil pour chaque mission qu'il voudra bien me confier, en aucun cas prendre d'initiative pour agir et encore moins attaquer de front. Je pensais recontacter éventuellement les ex-membres de l'AD pour leur proposer de se joindre à l'Ordre, enfin pour tous les majeurs, ajouta-t-il en jetant un regard à Ginny.
- Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ?! explosa celle ci. Nous méritons tous autant que vous de participer ! Pourquoi vous nous refusez ce droit ? Où irions nous si nous ne sommes pas avec vous ?
- Calme toi, Ginny, ce n'est pas une question de mérite, mais une question d'âge vous êtes trop jeunes pour prendre le risque de mourir pour une cause. De plus, vous serez bien plus à l'abri à Poudlard qu'avec l'Ordre.
-Je refuse absolument et formellement de ne pas être comptée comme une membre de l'Ordre à part entière tout ça parce que j'ai une année de moins que vous ! Ce n'est pas négociable Harry et j'aurais besoin de ton appui et soutien pour convaincre ma mère et les autres.
- Harry, tu connais ma sœur, elle est beaucoup trop entêtée pour renoncer, il va falloir que tu cèdes, commenta Ron philosophiquement.
- Nous devons être unis, si cette situation ne te convient pas trouvons un compromis entre les deux, suggérais-je. »
J'avais beau soutenir Ginny, je ne pouvais pas me résoudre à la voir à mes côtés sur le champ de bataille ou en train de faire diverses missions toutes plus dangereuses les unes que les autres. D'ailleurs elle me fusilla du regard devant ce qu'elle prenait pour une trahison.
- Explique toi davantage Hermione, Fred et moi avons un peu de mal à te suivre et je pense que nous ne sommes pas les seuls.
- Ginny veut faire partir de l'Ordre et participer activement aux missions, quant à nous nous sommes tous réticents, même si nous ne le disons pas franchement, à ce qu'elle s'engage au péril de sa vie. Il y a donc un moyen de trouver un terrain d'entente. Je propose que Ginny fasse partie de l'Ordre et qu'on lui confie une mission, attends je n'ai pas fini Harry, dis je en le voyant ouvrir la bouche. Sa mission serait de maintenir les choses telles qu'elles sont à Poudlard et en cas de dérapage de renouveler l'AD en étant à sa tête en notre absence.
Ginny fit la grimace tandis que les jumeaux souriaient franchement et Harry et Ron méditaient sur cette solution.
- Ce n'est pas vraiment ce que j'attendais comme participation à l'Ordre …
- Poudlard est un point stratégique important, tu en connaitras les moindres recoins grâce à la carte du Maraudeur que Harry va sans doute te passer. De plus, tu pourras nous dire les mouvements internes et si les Serpentards de notre génération, je pense à Parkinson et à tous les amis de Malefoy, sont encore présents. Bref, être notre espion sur place et former le plus de monde possible en cas d'une hypothétique résistance à opérer ou d'une bataille à engager.
- Ca nous convient comme arrangement, affirmèrent Harry et Ron.
- Bon d'accord j'accepte, soupira Ginny.
- Fred, Georges, qu'allez vous faire ? Et votre boutique ?
- Tu soulignes un point important Hermione, on pense créer une nouvelle gamme anti magie noire et continuer nos ventes par hibou avec nos clients répertoriés, impossible de se faire une nouvelle clientèle, on va déjà devoir vérifier celle actuelle donc impossible de renouveler. Mais il est évident que parallèlement à nos créations, nous serons avec l'Ordre. Et maman n'aura rien à y redire, nous sommes majeurs et elle n'a plus son mot à dire sur nos actions et choix depuis bien longtemps, n'est ce pas Fred ?
- Exactement frérot, nous allons nous surpasser ! répondit celui-ci en souriant malicieusement.
- Hermione ? Tu as pris une décision ? s'enquit Ron anxieux.
- Il est évident que je suivrais Fol-Oeil, peu importe ce qu'il me demande, je lui fais totalement confiance, répondais-je rapidement, je voulais passer à autre chose.
- Je craignais que tu ne me répondes ça, soupira Ron. J'espérais que tu serais raisonnable et irais à Poudlard.
- Pourquoi ? Tu penses que le terrain n'est pas fait pour une femme seulement pour les hommes ? Laisse moi te rappeler Ronald Weasley que je maîtrise beaucoup mieux la magie que toi et de nous deux je suis la plus apte à être sur le terrain, répliquais-je sèchement, légèrement en colère »
Ron ouvrit la bouche puis la referma, il ne s'attendait pas à ce que je réplique aussi méchamment.
« On se calme, on n'est pas là pour se descendre les uns les autres. Bien que Hermione l'ait dit un peu sèchement, elle a raison. Elle possède bien plus de connaissances que nous, elle n'aurait rien à faire à Poudlard. »
La porte s'ouvrit et on se tut aussitôt, Molly passa sa tête par l'ouverture et nous dit de descendre immédiatement que tout le monde était arrivé.
On descendit tous précipitamment les escaliers manquant parfois de tomber et d'entrainer tout le monde dans sa chute comme des quilles. Fol-Oeil se tenait droit comme un i au bout de la table et les autres membres lui faisaient face. Tous avaient l'air grave, de circonstance pour le coup, et n'osaient pas se regarder comme hier.
« Harry, Hermione, Ron, Fred, Georges, Ginny » dit il simplement avec un hochement de tête. Nous fîmes de même avant de s'installer aux côtés de Tonks et Charlie Weasley. Ce fut Arthur qui prit la parole le premier.
« En ce qui me concerne personnellement, tu avais raison, j'ai douté. Arriverions nous à notre but final malgré la mort d'Albus ? Avais-je le droit de douter de notre réussite et entreprise ? Non, certainement pas ! Et tes paroles hier m'ont remis les idées en place, nous vaincrons et pour cela nous devons rester unis malgré la déplorable mort d'Albus et vaincre pour un monde où nos enfants n'auront pas peur. Je te suivrai et jusqu'au bout du monde s'il le faut.
- Je n'en demande pas tant mais c'est ce que je voulais entendre Arthur ! Je savais que je pouvais compter sur toi … en fait je sais que je peux compter sur vous tous.
- Malgré le fait que je n'ai pas aimé comment tu nous a parlé hier, je me joins à toi. Mais sache que jamais, jamais l'idée d'abandonner ne m'a effleurée l'esprit. J'ai les dingues de ma famille à arrêter, mon cousin à venger et nous devons stopper un cinglé à moitié serpent. Mais ne doutes plus jamais de moi, Maugrey. Si on doute, nous sommes foutus, nous ne tiendrons jamais, s'écria Tonks en s'emportant à la mention d'hier.
- Je suis désolé si mes mots t'ont blessée, Tonks, je voulais simplement faire électrochoc devant le manque de mouvement que j'avais face à moi.
L'après midi suivit ce schéma chacun assurant qu'il suivrait Fol-Oeil au nom de l'Ordre du Phoenix. Quand tous finirent de parler, l'ambiance de bonne humeur et de plaisanteries habituelles revint et les discussions dérivèrent du sujet dont la réunion devait parler. Harry posa ses deux mains à plat sur la table et se leva d'un bond.
« Vous n'avez pas l'impression de nous oublier ?! On a aussi notre mot à dire, notre opinion à propos de tous les évènements, s'exclama-t-il sa voix portant nos opinions.
- Harry chéri commença Molly
- Non ! Il y en a marre, vous nous considérez encore comme des enfants mais nous avons quitter l'enfance depuis un long moment avec toutes les choses auxquelles nous avons fait face. Ron, Hermione et moi même avons affronter un troll, empêcher le retour de Voldemort en protégeant la pierre philosophale, nous avons repousser une armée de détraqueurs, sauver Buck et Sirius, affronter en duel Voldemort, affronter des Mangemorts dans le ministère de la Magie, nous avons contenu une attaque mangemort à Poudlard. Nous avons affronter plus de dangers depuis nos 11 ans que vous en toute une vie, sans vouloir vous offenser. Nous avons gagner le droit de combattre à vos côtés il me semble.
- Mais Harry, tu n'as pas fini ta scolarité et …
- Molly, ça suffit, la coupa Lupin, Harry a raison. Ils font partis de l'Ordre à présent.
- Oui et nous aussi ajoutèrent les jumeaux et Ginny.
- Certainement pas toi Ginerva Weasley ! Tu n'as que 16 ans ! Il est hors de question !
- Molly, nous y avons réfléchi tous ensemble et nous avons éventuellement trouvé une solution qui vous satisferait, tentais-je calmement soucieuse de ne pas la heurter.
- Non je ne veux même pas l'entendre ! Ginny ira à Poudlard faire une scolarité des plus normale !
- Mais enfin Maman, houspilla Charlie, ont-ils jamais eu une scolarité normale ? Le mot « normal » ne veut même plus rien dire depuis même la première année de Ginny ! Tes revendications sont insensées !
- Nous avons penser à faire intégrer Ginny à l'Ordre mais qu'elle opère à Poudlard pour remettre sur place l'AD et espionner l'école pour notre compte, lâchais-je précipitamment dans la conversation. »
Il eut un silence de plomb et je fermais les yeux en attendant des protestations devant cette idée qui me paraissait de plus en plus stupide. Mais rien ne vint du moins, pas de protestations.
« L'idée est intéressante, on y réfléchira, mais il est clair que les arguments de Molly ne sont pas recevables, je dois l'avouer chérie mais le fait que Ginny fasse partie de l'Ordre semble presque inévitable, déclara Arthur, il lui posa la main sur l'épaule et tenta de l'apaiser.
- Oh mes pauvres enfants ! sanglota-t-elle.
- Il ne faut pas être égoïste et protéger tes enfants, maman, cela fait des combattants en moins pour de vrais enfants qui ont besoin de nous, argua de nouveau Charlie.
- Il faut maintenant organiser l'Ordre ! Je me suis auto proclamé à sa tête hier, mais ce n'était pas un fait sur et sérieux. Il faut décider de cela ensemble. »
Pendant plusieurs heures, on parla stratégie, comment organiser l'Ordre, quel rôle chacun prendrait en fonction de sa spécialité, quand commencerons nous les missions, etc. Finalement, Fol-Oeil fut quand même mit à la tête de l'Ordre en sa qualité d'Auror plus que reconnu. Kingsley et le professeur Mc Gonagall furent proposés et acceptés en tant que bras droit. Kingsley et Arthur étaient dorénavant contraints d'abandonner leur poste au ministère de la Magie, ils étaient depuis longtemps démasqués, ils leur restaient néanmoins quelques contacts fidèles et sûrs qui pourraient leur donner quelques informations à propos de la situation. Le professeur Mc Gonagall, en sa qualité de directrice de Poudlard, devait assurer la sécurité des générations futures et veiller d'un œil plus qu'attentif sur les mouvements des Serpentards. Lupin était chargé de donner des astuces et renforcements magiques à chaque membre ayant moins de 22 ans, ce qui me réjouissait mais en exaspérait bien d'autres. Les jumeaux devinrent les ingénieurs de l'Ordre, ils devaient créer tous les gadgets possibles et imaginables pour sortir quiconque se trouvant dans une situation inextricable. Charlie devait répertorier toutes les espèces animales ou autres qu'humaines étant utilisées ou alliées à Voldemort, une tâche longue au vue des nombreuses espèces connues. Kingsley contactait le maximum possible d'Auror pour les mettre de notre côté. Le reste de l'Ordre, dont nous faisions partie, était de la « main d'oeuvre » pour les missions. Un rôle délicat que j'acceptais volontiers. Je n'étais pas spécialement douée dans un domaine particulier si ce n'est la compilation d'informations mais c'était le travail d'un peu tout le monde mais plus précisément celui de Tonks.
Cette première phase d'organisation nous prit l'après midi, je me sentais fière d'en faire partie, je me sentais capable de changer le monde avec eux, ce qui était notre objectif finalement. Je savais que la route serait longue et ardue mais je l'arpenterai avec ma volonté et combativité habituelle. Pour le moment je n'avais pas de mission comme tous les autres. On devait attendre de récupérer des nouvelles fraîches pour pouvoir agir.
L'Ordre du Phoenix venait de renaître de ses cendres aujourd'hui. C'était le début de longs mois de combat, mais ça je ne m'en rendais pas encore compte. Je ne me rendais pas compte du poids de l'engagement, je ne me rendais pas compte de la dureté de la guerre. Tout cela, je l'apprendrai plus tard et à mes dépends.
Le lendemain, on commençait le soutien magique avec Lupin. Il fallait surtout combler des lacunes en matière de sortilèges médicaux. C'était notre plus gros défaut. Si quoique ce soit nous arrivait nous n'étions pas capable de nous guérir et les conséquences pouvaient être dramatiques.
- Il faut absolument que tout le monde arrive au moins à soigner les entorses, coupures légères et entailles. Après si vous avez un trou béant dans le ventre, ce que je ne souhaite en aucun cas, ce n'est pas dans mes compétences ni dans les vôtres, nous ne sommes pas médicomages.
On échangeait tous un regard. Un regard rempli d'inquiétude mais de détermination. On voulait réussir et aider au mieux l'Ordre pour défaire le Lord noir. On s'entraina pendant deux heures sur ces sorts à cause de la complexité de certains.
Puis une autre ambiance s'installa. Différente, avec une certaine tension. Nous ne comprenions pas, cela émanait de Lupin, il était mal à l'aise et cela se voyait.
- Je dois maintenant aborder un point délicat avec vous, les enfants.
Intrigués, on se posa tous à même le sol, Fred et George en tailleur l'un à côté de l'autre, Ron s'avachit par terre, Ginny resta debout, Harry s'assit tout simplement et quant à moi je repliais mes genoux sous mon menton et attendais.
- La magie noire, comme vous l'avez appris à Poudlard, est puissante mais comporte des risques. Malgré cela, elle est plus puissante que celle qu'on vous enseigne. Dans cette guerre, ce serait un peu comme faire face à de l'artillerie lourde avec des lances-pierres et arcs. C'est pourquoi on a pris la décision d'utiliser nous aussi les armes de l'ennemi.
Je me levais, choquée par la nouvelle et aussitôt me récriais.
- Mais enfin Remus ! C'est absurde, on fait une guerre contre les atrocités de la magie noire, contre les horreurs d'un mage noir et vous voulez qu'on l'affronte, non pas avec notre magie qui est représentative de nos idéaux, mais avec la leur. Dans ce cas quelle serait la différence entre eux et nous ?
- Je comprends ta réaction Hermione mais ...
- Non ! Cela veut donc dire qu'on est autorisé à utiliser les trois impardonnables !
Un silence gêné s'installa. Les garçons me regardaient, Harry ouvrit la bouche puis la ferma. Je ne savais pas ce qu'ils en pensaient et ça me rendait malade.
- Oui, Hermione, chacun a le droit d'y avoir recours. Mais écoute moi bien avant de protester encore. As-tu déjà penser quelle était la différence entre la magie noire et la nôtre ? Ce sont leur utilisateurs qui rendent la magie bonne ou mauvaise. La magie en elle-même est neutre. Tuer au nom d'une cause juste ne devient pas un acte immonde, mais un acte de bravoure et de sacrifice. On sacrifie notre intégrité et une part de nous même pour les autres, et cela devient un geste brave.
On médita quelques instants ses paroles. Elles me laissaient un arrière goût amère de déception, la belle image que j'avais de l'Ordre s'ébréchait légèrement. Je ne voulais pas être comme eux et céder à la faciliter de l'attraction de la magie noire. Je ne croyais pas au beau discours de Lupin sur la magie et son utilisateur. J'en attendais de même pour mes amis. Mais la déception fut là de nouveau.
- Lupin a raison, on ne peut pas faire d'omelette sans casser d'oeufs, c'est la même chose pour nous, remarqua Harry.
L'image me déplaisait au plus au point je ne comprenais pas qu'Harry puisse parler ainsi. Ce n'était pas « casser des oeufs » c'était mettre en pièce ce pourquoi on se battait. Je jetais un regard désespéré vers les autres qui firent un mouvement de tête vers Harry et Lupin. Seule contre l'opinion commune, je me résignais.
- Très bien, je reste aussi pour apprendre ces sorts, mais cela ne veut pas dire que je vais les utiliser. Je ferais même tout pour ne pas en arriver là.
- Si tel est ton choix, nous le respecterons au mieux, Hermione, mais je t'ai prévenu. Tu verras par toi-même que tu seras forcée d'y avoir recours.
Je ne pris pas la peine de répondre et nous nous entrainâmes pendant tout le reste de la journée. L'exercice était long et horrible. Même si nous nous entrainions sur des épouvantards, leur infliger ces sorts me paraissaient monstrueux.
Les jours se poursuivirent ainsi jusqu'à ce qu'enfin les choses sérieuses commencent.
Un soir, après notre entrainement quotidien avec Lupin, Arthur Weasley vint à notre rencontre.
- Remus, dit il en lui faisant une accolade, les enfants, Harry, Hermione, ce soir, dormez bien, préparez vous et profitez aussi d'une dernière soirée ensemble car nous avons eu du nouveau. On a des missions pour vous et ceux dès demain.
Nous étions arrivés à ce fameux tournant de notre vie, celui qui n'arrivait qu'une fois. J'inspirais profondément et hochais la tête. On se regardait tous avec cette même détermination.
On allait mener à bien cette première mission.
Voilà c'est la fin de ce premier chapitre, il ne sert vraiment qu'à poser un cadre pour la suite mais j'espère qu'il vous contentera ou au moins vous donnera envie de poursuivre.
Au plaisir,
Misa-or-Pigloo
