Disclaimer : Seule l'histoire m'appartient, les personnages et l'univers appartiennent à Tite Kubo (merci de remuer le couteau dans la plaie).

Note de l'auteur : Voilà la fin de ce TS IchiHime dans un univers alternatif monstres. N'hésitez pas à me dire si vous avez aimé les voir dans le rôle de vampires et autres créatures fantastiques. Et surtout, dîtes-moi si vous avez aimé l'univers, je pourrais peut-être écrire autre chose dessus. Après tout, je n'ai pas exploité le potentiel des fées, des manticores, des sorcières, des goules, des nettoyeurs ou des chasseurs.


« Pourquoi es-tu si obstiné par cette femme ? C'est à peine si tu as pris le temps de la regarder dans le bar la dernière fois. »

Le ton de Chad montrait tout son désarroi, cependant, le plus vieux ne prit pas la peine de lui répondre et continua ses recherches sur la toile. Malheureusement, il n'était pas aussi facile de retrouver quelqu'un au Japon qu'il l'était dans les pays occidentaux. Les Japonais étaient certes présents sur les réseaux sociaux, mais de manière anonyme, derrière des pseudonymes et cela ne facilitait pas la tâche de l'immortel. Par ailleurs, il ne connaissait que son prénom et son nom de famille et c'était de maigres informations pour retrouver quelqu'un. Il existait des milliers de Orihime Inoue et sans savoir qui étaient ses amis ou ce qu'elle faisait comme travail ou passe-temps, cela s'annonçait difficile. L'orangé avait aussi passé quelques coups de fil, cependant personne ne connaissait de clan du nom de Inoue et Orihime Inoue était une parfaite inconnue du monde de la nuit. Néanmoins, l'immortel était loin d'être stupide, il avait senti quelque chose en elle et il comptait bien le découvrir.

« Hé, Ichigo, prends une pause. »

L'interpellé sursauta violemment. Il était pourtant certain que son ami était parti il y a quelques minutes déjà. Immédiatement, Chad retira la main qu'il avait posé contre son épaule et Kurosaki se tourna vers lui et le regarda, les sourcils froncés.

« Une pause ?

-Oui, une pause, tu passes tout ton temps à ça depuis plus d'un mois, tu vas devenir fou si ça continue, le sermonna le basané en fermant contre la volonté du plus vieux l'ordinateur portable. Qu'es-ce qui t'intrigue tant chez cette fille ?

-Tu peux pas comprendre, j'ai pu voir en elle quelque chose que j'avais jamais vu chez les humains, elle est vraiment spéciale. Qui dit spéciale dit magique et donc je dois trouver à quel clan elle appartient, lui répondit-il en ouvrant l'ordinateur et la pomme croquée à l'arrière s'alluma à nouveau.

-Et si elle était une simple humaine pour laquelle tu avais craqué ? Questionna le brun en fermant le Mac et ce petit jeu commençait à agacer l'orangé.

-Es-tu sérieux Chad ? Moi, craquer pour une humaine ? On est des vampires je te rappelle, on craque pas sur des humains on les tue.

-Si tu le dis, acquiesça-t-il en levant les bras en l'air et en s'éloignant.

-Je peux reprendre mes recherches maintenant ?

Le plus jeune ne rajouta rien et sortit de l'appartement. Ichigo poussa un long soupir et s'étira, comme s'il pouvait encore détendre ses muscles de cette façon. Après quelques minutes d'intenses recherches, il perdit toute sa concentration et médita les mots de son meilleur. Pouvait-il être attiré par une humaine qu'il n'avait vu que trois fois ? Jamais il n'avait entendu ou vécu ce genre d'expérience, donc il était dur pour lui de se placer et savoir quoi faire. Et puis, de toute façon, un vampire et un humain, quelle idée incongrue. En poussant à nouveau son éternel faux sourire, le maudit décida qu'il était temps pour lui de prendre l'air, il en avait définitivement besoin après autant d'heures de recherches intensives.

Un léger sourire aurait pu étirer les lèvres du jeune homme lorsqu'il aurait senti l'air frais de la fin de journée sur son visage. Malheureusement, c'était un privilège qui lui était refusé depuis très longtemps déjà. Malgré tout, il s'autorisa à fermer les paupières et à tenter de retrouver cette sensation tout en continuant de marcher dans les rues de Tokyo. Il se revoyait, assis dans le champs de ses parents, la main droite frôlant les brins d'herbes et l'air frais fouetter ses joues avec vigueur. Soudain, ses yeux se rouvrirent et il ouvrit la bouche, comme s'il tentait de prendre une grande inspiration après avoir passé une éternité sans oxygène. Non il n'était pas redevenu humain, mais le temps d'un instant, il s'était senti comme tel. Il n'avait jamais repensé à son ancienne vie et c'était bien la première fois qu'il le faisait. Que s'était-il passé ?

« Kurosaki-sensei ? »

Ichigo reconnut immédiatement cette voix. Lorsqu'on parlait du loup. Le temps d'un instant, il hésita à se tourner dans la direction de Orihime, néanmoins, il ne pouvait pas le faire. Même s'il n'arrivait pas à encore totalement l'avouer, il ne pouvait nier le fait qu'elle l'attirait d'une façon qu'il n'arrivait pas encore à parfaitement comprendre. Il retint difficilement un soupir et se tourna vers la jeune femme, qui comme à son habitude, portait sur ses pulpeuses lèvres un doux sourire. Sans qu'il ne puisse le retenir, lui aussi sourit et il s'étonna quelques secondes de sa réaction.

« Inoue Orihime, la salua-t-il doucement et il put entendre le cœur de l'humaine rater un battement, même si elle ne laissa rien paraître sur son visage. Bonjour.

-Bonjour. Puis-je me joindre à vous ? Questionna-t-elle timidement en arrivant à sa hauteur et il se retint de glousser, il n'avait de toute manière pas le choix.

-Oui, bien sûr. »

Un léger silence s'installa entre les deux jeunes gens et même si l'orangé le trouvait quelque peu inconfortable, il ne fit rien pour le combler. En réalité, il était déjà bien assez pris dans ses propres pensées et son propre monde, il n'avait pas besoin de gérer le problème et danger que représentait la belle maintenant. Cependant, elle ne semblait pas être de cet avis et prit la parole après quelques minutes de silence :

« Où allez-vous ? Si cela n'est pas trop indiscret, rajouta-t-elle rapidement, comme si elle sentait que sa question était bien trop intrusive.

-Partout et nul part, se contenta de répondre le médecin en regardant tout autour de lui, avant de jeter un coup d'œil à l'humaine qui se tenait à ses côtés.

-Avez-vous besoin d'une quelconque compagnie durant ce voyage ? Demanda-t-elle à nouveau et cette fois-ci, il ne retint pas son léger rire.

-Je pourrais certainement en utiliser une, en effet. »

La beauté auburn le suivit rapidement et elle aussi, gloussa. Il était étonnement facile de discuter avec Orihime et le suceur de sang n'arrivait pas encore à savoir si c'était positif ou non. Ce qui était encore plus surprenant et dérangeant, c'était le fait que derrière son fin sourire et sa bouille d'ange, elle semblait cacher quelque chose et il avait l'impression qu'elle en savait bien plus qu'elle voulait bien le montrer. Malheureusement, il ne pouvait pas lire dans ses pensées et tout ce qu'il pouvait faire, c'était tenter de lire son visage et écouter son cœur battre.

« Et vous, où allez-vous ? Interrogea-t-il, voyant ainsi une occasion pour en apprendre plus sur elle.

-Je vais rejoindre mon amie Tatsuki, elle finit son cour de karaté quotidien et je lui ai promis une soirée entre filles.

-Vous serez prudente, dans les rues, lui conseilla l'immortel se forçant à paraître détacher, mais il ne trompait personne et certainement pas la jeune femme.

-Je tenterais, autrement, j'espère que mon héro sera à nouveau là pour me sauver. »

Le pas de la belle aux yeux marron était toujours aussi fluide, presque dansant et sa légèreté le surprit quelque peu. Son ton et ses paroles n'étaient pas anodins et le regard qu'elle lui lançait en coin en était une nouvelle preuve. Elle n'était toujours pas passé au-dessus de cette histoire et qu'elle était encore persuadée qu'il était celui qui l'avait sauvé. C'était la vérité, mais il ne pouvait pas le lui avouer, parce que s'il le faisait, il devait aussi lui expliquer ce que lui était et ce n'était pas concevable. Alors il se contenta de rester impassible et silencieux le temps de quelques secondes. Ichigo ne souhaitait pas faire la conversation, malgré tout, il savait qu'il était plus intelligent que cela soit lui qui la guide. Ainsi, il ne serait pas obligé de dévoiler sa nature à Orihime et en plus, il pourrait en apprendre plus sur elle.

« Vous savez que je suis médecin, mais vous, que faîtes-vous dans la vie ?

-Je suis encore qu'une simple étudiante, lui répondit-elle en passant l'une de ses mèches de cheveux derrière son oreille. Mais j'ai bientôt fini mes études et si tout se passe bien, dans un peu moins de deux ans, je serais professeure.

-Vous voulez enseigner ?

-Hm, acquiesça l'humaine en hochant la tête. C'est une vocation depuis que je suis toute petite et j'ai hâte de pouvoir réaliser mon rêve.

-Vous avez raison, il faut à tout prix poursuivre ses rêves.

-Vous avez un rêve, Kurosaki-sensei ? »

Si l'orangé s'était montré honnête, il lui aurait répondu que son rêve était de retrouver son âme. Malheureusement, ce n'était pas le type de réponse qui aurait apaiser la curiosité de la plus jeune, cela l'aurait, au contraire, attisée. Pour autant, il ne voulait pas lui mentir non plus. Il ne lui fallut qu'un millième de secondes pour trouver la réponse adéquate.

« Sauver le plus de vie possible.

-C'est un magnifique rêve, souligna-t-elle son sourire dévoilant ses dents blanches et son regard rempli d'admiration et l'immortel se retint de soupirer, ce n'était réellement pas le sentiment qu'il voulait qu'elle éprouve envers lui.

-Êtes-vous encore loin du gymnase de votre amie ? Questionna-t-il rapidement, souhaitant lui laisser aucune ouverture.

-Je, non du tout, seulement quelques minutes encore de marche, répondit l'étudiante, sans prendre la peine de cacher son étonnement, sa question l'ayant pris de court.

-Vous êtes née à Tokyo ? Demanda le suceur de sang en jetant un nouveau coup d'œil à la belle.

-Pourquoi, j'ai la tête d'une paysanne ? »

Ichigo ne put se retenir de rigoler. Cette humaine n'était définitivement pas comme les autres. En sentant son intense regard marron sur lui, le médecin tenta de se calmer, tout en sachant que son sourire trahissait son amusement. Il savait qu'il ne devrait probablement pas lui montrer autant d'intérêt, cependant, il ne pouvait pas s'en empêcher, elle semblait si différente qu'elle l'intriguait. Peut-être même l'intriguait elle plus qu'il ne l'intriguait lui.

« Non, je pense pas. Vous êtes simplement bien trop gentille et ouverte pour avoir été élevée en ville, lui répondit-il avec amusement tout en se retenant de lui dire qu'elle n'était pas assez méfiante, autrement, elle serait déjà à l'autre bout du continent, loin de lui.

-C'est vrai, mais je pense que c'est surtout un trait de caractère, tout le monde tenait déjà ce genre de discours, dans ma ville natale.

-Qui était ? Interrogea Kurosaki, la curiosité piquée.

-Karakura. »

Le choc fut si violent que l'orangé dut s'arrêter. Avait-il rêvé ? Elle ne pouvait pas être originaire du même village que lui, ce n'était pas possible. Si ses mains avaient pu se mettre à trembler sous l'émotion, il était certain qu'il serait tremblant de peur à l'heure actuelle. Qui était-elle ? Lui non plus n'avait pas été aussi méfiant qu'il aurait dû l'être. Orihime Inoue n'était pas celle qu'elle semblait être et il était bien décidé à découvrir qui elle était réellement. Cependant, il ne pouvait pas être trop direct, elle risquerait de l'attaquer si elle était une créature de la nuit, se sentant en danger et si elle était, ce dont il doutait fortement, un simple humaine, elle en saurait beaucoup trop. S'arrêtant à son tour, la beauté auburn le regarda, le regard inquisiteur et alors qu'elle allait ouvrir la bouche, l'immortel se contenta de lui offrir un beau sourire. Tout en marchant à nouveau, il reprit la parole :

« C'est une belle ville ?

-Oui, j'aimais et j'aime encore beaucoup Karakura, je me suis toujours sentie bien dans cette ville. Mais Tatsuki devait partir à Tokyo pour ses études et n'ayant plus aucune famille, j'ai décidé de la suivre. C'est ma meilleure amie depuis aussi loin que je me souvienne, elle est, à mes yeux, le dernier membre de ma famille, je ne me voyais donc pas me séparer d'elle, argumenta la jeune femme et Ichigo pouvait comprendre son point de vue, depuis qu'il avait rencontré Chad, ils ne s'étaient jamais lâchés.

-Et vous, depuis combien de temps connaissez-vous votre ami ? Demanda l'humain en se tournant vers lui entièrement vers lui, marchant à présent en crabe.

-Depuis très très longtemps et nous avons toujours été que tous les deux, je pense que c'est pour cela, que parfois, nous nous disputons, confia-t-il en ricanant tout en se souvenant de la scène du bar puisqu'il était certain qu'elle allait venir dans le sujet, autant être clair dès à présent.

-Je vois, après tout, on dit qu'on ne se dispute seulement qu'avec les vrais amis. Mais je dois avouer que vous m'avez fait peur, j'ai bien cru que vous alliez en venir aux mains ce jour-là, commenta Orihime en marchant droit à nouveau et en baissant la tête, certainement gênée par ce qu'elle avançait.

-Chad et moi ? Bien sûr que non. »

Le tueur tenta de rigoler pour alléger l'atmosphère, cependant, il sonnait bien plus faux qu'il ne l'aurait souhaité. Lui qui savait pourtant prétendre à la perfection, il était un bien piètre comédien à cet instant. Par ailleurs, il était loin d'être honnête avec l'humaine, bien évidement qu'ils en seraient venus aux mains s'ils n'avaient pas été en public et ils en auraient fait, des dégâts. C'était loin d'être la première fois que les deux amis se disputaient, ce n'était pas très étonnant à la vue de leur mode de vie aux antipodes. Malgré tout, Kurosaki ne s'était que très rarement senti aussi en colère contre son meilleur ami. Heureusement, cet évènement avait été oublié et tout allait mieux entre eux, même si le sujet « humain » et tout ce qui s'y rapportait était soigneusement évité. Chad avait pris des gros risques en parlant de Orihime Inoue un peu plus tôt dans la journée.

« Vous m'en voyez rassurer, surtout que j'ai eu l'impression que cela me concernait, d'une manière ou d'une autre, confia-t-elle en rougissant et en regardant tout, sauf le docteur.

-Du tout, ne vous inquiétez pas pour cela, tenta de la rassurer l'orangé en lui offrant le plus doux sourire qu'il put et elle en fit de même.

-Oh, nous sommes arrivés, annonça la belle en se positionnant devant un grand bâtiment et Ichigo put voir que c'était une école. Le temps est passé vite grâce à vous, merci, poursuivit-elle en se courbant légèrement.

-Merci à vous pour la compagnie. »

Sans un mot de plus, il hocha la tête en signe de remerciement et, après avoir glisser les mains dans son jeans, il tourna le dos à l'humaine. En poussant un léger soupir, il se força à avancer et à s'éloigner d'elle. Ne te retourne pas. Il ne pouvait pas se retourner, il n'en avait pas le droit. Pour la simple et bonne raison qu'il ne devait pas s'attacher à elle et ce peu importait sa nature. Il était tenté de le faire, pour être certain qu'elle n'était pas une sorcière, mais devait-il vraiment se mettre en danger pour si peu ? Elle ne s'était jamais montré hostile envers lui, au contraire de toutes les autres sorcières qu'il avait eu le malheur de rencontrer à travers les siècles. Il ne devait pas s'attacher à elle, c'était mauvais, aussi bien pour lui que pour elle. À cause de sa nature, il n'avait jamais entretenu une quelconque relation amoureuse avec qui que ce soit, humaine, vampire ou fée, par exemple. Il était un monstre et il ne méritait pas ce bonheur.

« Kurosaki-sensei ? »

La voix de Orihime le sortit de ses pensées et il sentit une main envelopper la sienne. Étonnée, il se retourna et la belle rompit immédiatement le contact les joues rouges. Un fin sourire étira furtivement les lèvres de l'immortel, les japonais étaient que très peu expressifs, tout du moins, en public, les couples ne s'embrassaient pas en public et cetera. Le fait qu'elle ait l'audace de lui prendre la main lui fit plaisir, avant qu'il se rappelle qu'il n'avait pas le droit de se sentir comme cela.

« Oui ? Demanda-t-il en penchant légèrement la tête.

-Je, commença-t-elle timidement avant de s'arrêter et de frotter le sol avec la pointe de ses pieds. Je veux pas qu'on se maintenant, enfin, je veux dire, euh, continua l'étudiante en balbutiant et en faisant des grands gestes. Peut-être, peut-être qu'on pourrait se revoir ou quelque chose comme cela, un café peut-être ? Oh, mais vous n'aimez peut-être pas cela, alors un thé ? Ou sinon- »

Le rire de Ichigo arrêta brusquement son flot de paroles. Elle était à mourir de rire. Tout en tentant de se calmer, il observa son visage rouge de honte, ses doigts qui jouaient entre eux et ses dents qui mordaient sa lèvre inférieure. Voyant qu'il l'inquiétait plus que nécessaire, l'orangé reprit son sérieux et tendit la main vers elle, pour finalement se raviser. Que devait-il lui répondre ? Il ne pouvait pas accepter, cependant, il ne pouvait pas se montrer aussi ferme que la dernière fois. Pour une fois, il allait suivre le conseil de Chad et se montrer le plus doux possible pour ne pas la blesser à nouveau. Il se racla la gorge et prit la parole, plutôt mal à l'aise.

« J'aurais adoré, malheureusement, je me vois obligé de refuser votre invitation Orihime, déclina-t-il le plus poliment possible, néanmoins, cela n'empêcha pas les yeux de la belle de se remplir de déception et de tristesse.

-Vous avez déjà quelqu'un, c'est ça ? Enfin, c'est normal, comme j'ai pu être bête, vous êtes incroyablement beau, drôle, intelligent et gentil, ricana-t-elle nerveusement en se grattant l'arrière de la nuque pour masquer sa gêne.

-Ce n'est rien de tout cela, la rassura le suceur de sang, il aurait pu lui mentir, mais il ne le voulait pas, même si cela compliquait les choses. C'est simplement que je ne veux et peux pas être avec quelqu'un pour le moment.

-Oui, je comprends, acquiesça la beauté auburn en tentant de lui sourire, sauf qu'il ressemblait plus à un grimace qu'autre chose et Ichigo se sentit mal.

-Je, échangeons nos e-mails, nous pouvons commencer par être amis, non ? »

Il allait regretter ses paroles, il le savait parfaitement, pour autant, lorsqu'il vit le magnifique sourire qui apparut sur son doux visage de Orihime, il envoya cette pensée très loin dans son esprit. Sans attendre plus longtemps, ils firent l'échange. Et ils finirent pile à temps, puisque déjà, une petite masse d'élèves sortaient du bâtiment. Il était temps pour lui de s'évaporer. Il salua rapidement l'étudiante en lui offrant le plus beau sourire qu'il avait en réserve. La belle rougit et en fit de même, après l'avoir à nouveau remercier de l'avoir accompagné. La séparation était bien plus dure qu'il ne l'aurait cru, il n'arrivait pas à partir, alors que c'était clairement à lui de le faire. Il prit une grande inspiration, s'imprégnait de l'irrésistible odeur de cette humaine et s'en alla. Du coin de l'œil, il remarqua une jeune femme arriver aux côtés de Orihime. Elles se prirent dans les bras et s'éloignèrent. Ichigo reprit le chemin vers chez lui, le pas léger et en sifflant, pour l'une des première fois de sa vie éternelle.

(...)

« Tu lui as envoyé un e-mail ? Demanda curieusement Chad en sortant de la salle de bain, une serviette blanche autour de sa taille matte.

-Je sais pas, souffla Ichigo en mettant le jeu en pose avant de poser la manette sur la table basse.

-Tu devrais, lui conseilla son meilleur ami en s'asseyant à côté de lui sur le canapé. Tu ne risques rien, tu sais te contrôler mieux que quiconque sur cette Terre, tu ne risques donc pas de la blesser. Je suis sûr que ce n'est pas une sorcière. Et puis, elle ferait quoi ? T'es déjà maudit de toute façon. »

Sans un mot de plus et après une tape sur l'épaule, le vampire se releva et s'en alla dans sa chambre, certainement pour se mettre en pyjamas. L'orangé poussa un soupir avant de reprendre la manette pour jouer à nouveau. Il déplaça sans grand engouement son personnage principal, Tidus. L'immortel après des années avait ressenti sa PlayStation 2 d'un vieux carton ainsi que son jeu préféré : Final Fantasy X. La première fois qu'il avait joué, il l'avait fini en seulement quelques heures puisqu'il avait utilisé sa vitesse vampirique, puis il y avait joué une deuxième fois, toujours en utilisant ses pouvoirs et aujourd'hui, pour la troisième fois qu'il y jouait, il le fit normalement, comme tous les autres humains. Il en aurait certainement pour une centaine d'heures, mais cela ne serait pas un problème, il ne dormait pas la nuit et avec presque l'éternité devant lui.

Seulement, après quelques minutes, il mit une nouvelle fois le jeu en pause et poussa un long soupir tout en posant la manette sur la table basse et en s'affalant sur le canapé. Il jeta un rapide coup d'œil à son téléphone portable, tout en se demandant ce qu'il devait faire. Deux semaines étaient passées depuis sa dernière entrevue avec la belle Orihime, il n'avait osé lui envoyé un e-mail et apparemment, elle non plus. Il laissa un léger grognement sortir de sa bouche, devait-il réellement lui en envoyer un ? Les relations humaines étaient bien trop compliquées pour lui. Si seulement il était encore le même qu'il y a cent ans, jamais ce genre de choses ne l'aurait préoccupé. Il regarda l'heure sur son cellulaire : deux heures quarante-six du matin. Il n'était pas convenable de lui envoyé un message à cette heure-ci. Il quitta des yeux sont cellulaire et reprit le jeu. Sauf que cela ne dura pas longtemps, déjà, son regard marron revenait sur l'objet. Anxieux et partagé, le médecin secoua sa jambe droite. Il avait pris cette habitude après avoir observé un humain le faire, il y a des siècles de cela, alors qu'il pensait que cela l'humaniserait, c'était rapidement devenu un tic.

Ichigo ne savait pas s'il devait oui ou non revoir Orihime. Elle était une jeune femme époustouflante, tant par sa beauté que par son intelligence. Sa compagnie était agréable et elle arrivait à le rendre à l'aise et joyeux. À ses côtés, il se sentait presque comme un humain. Et il était là, le problème. Il ne pouvait pas oublier qu'il était un monstre qui à tout moment pouvait perdre le contrôle et tuer le nombre d'humains qu'il souhaite. Pour la énième fois de la nuit, il poussa un faux soupir et tourna discrètement la tête en direction de la chambre de Chad. La porte était fermée, cependant, il savait très bien que ce dernier ne dormait pas. Grâce à sa vitesse vampirique il saisit son téléphone portable et appuya sur le contact du nom de Inoue Orihime. Il tapa rapidement un message et sans y réfléchir à deux fois, l'envoya. La seconde d'après, le cellulaire était à nouveau sur la table basse et la manette entre ses mains glaciales, tandis qu'un léger sourire étirait ses fines lèvres.

(...)

Le lendemain, Kurosaki se trouvait devant l'entrée d'un café. Les deux jeunes gens avaient décidé de se rencontrer dans un endroit public, pour apprendre à se connaître. Il était déplacé au Japon de se rencontrer chez les uns ou les autres, d'où l'existence des Love Hotel, mais il était encore bien trop tôt pour cela, donc un café semblait parfait. L'immortel était en avance, cela ne l'empêcha pour autant pas d'entrer. Il ne prit pas la peine de détailler l'intérieur et s'assit à la table la plus éloignée de la porte et celle qui était le moins entourée. Il ne savait pas encore où toute cette conversation allait le mener, alors il préférait qu'ils aient un minimum d'intimité.

Soudain, un puissant parfum lui vint aux narines et ce dernier lui fit relever violemment la tête. Elle était là. Il réprima son éternel fin sourire et leva, à la place, le bras, pour lui signaler où il se trouvait. Ses époustouflants yeux gris scannèrent la petite salle pendant quelques secondes avant qu'elle ne le repère. Un doux sourire étira ses lèvres pulpeuses et le pas fluet, elle se dirigea vers lui. Elle portait une robe légère, en accord avec l'été qui arrivait déjà au Japon. Un petit sac reposait en bandoulière, mais seulement sur son épaule droite et il remarqua facilement qu'elle n'avait pas l'habitude de le porter de cette manière puisqu'elle le remettait en place toutes les cinq secondes. Le docteur se leva, alors qu'elle n'était qu'à un mètre d'elle, l'accueillant.

« Bonjour Kurosaki-sensei, le salua-t-elle en se courbant légèrement.

-Bonjour Inoue-san. »

La beauté auburn s'installa en face du jeune homme qui reprit sa place. Après avoir parcouru le monde entier, il n'arrivait pas à comprendre comment les japonais pouvaient être aussi distants et polies. En France, la bise aurait suffi, du moment que personne ne se trompait sur le nombre, aux États-Unis, un signe de la main aurait suffi. Il trouvait la courbette bien trop désuète. Tout comme les suffixes honorifiques les « san » ou « sensei » ou « kun » n'avaient plus réellement de sens pour lui, il les utilisait simplement pour s'intégrer. Malgré tout, il ne laissa rien apparaître sur son visage et entama, sans se forcer, la conversation :

« Vous n'êtes pas obligé d'utiliser un suffixe honorifique pour vous adresser à moi. J'ai pris l'habitude qu'on m'appelle par mon simple prénom à l'étranger.

-Vous avez beaucoup voyagé Kurosaki-sensei ? S'obstina la belle et Ichigo retint à peine sa grimace, elle avait encore utilisé un titre honorifique.

-Oui, beaucoup. J'ai été dans pas mal de pays, répondit le suceur de sang en omettant une partie de la vérité, il avait plutôt voyager dans tous les pays de la Terre, aucune parcelle de terre n'avait pas été foulée par son pas.

-Comment c'est, l'étranger ? Questionna l'étudiante en posant ses mains contre son menton, les yeux s'enflammant sous la curiosité.

-Différent, gloussa-t-il et la belle en fit de même. Très différent certaines fois. C'est difficile de s'acclimater à une nouvelle culture après avoir vécu si longtemps dans une. J'ai eu dû mal à me décontracter devant les français ou les américains par exemple.

-Parlez-moi des États-Unis, le supplia-t-elle presque, son sourire et sa curiosité ne faisant que grandir sur son visage et dans ses perles argentées.

-Que voulez-vous savoir exactement ?

-Tout et n'importe quoi. Racontez-moi votre première fois dans ce pays. »

L'orangé ne retint pas son sourire. La première fois qu'il avait été aux États-Unis ? Il n'y avait pas été durant la période la plus facile, peu après sa transformation, il a migré vers le nouveau monde, voulant à tout prix s'éloigner de ce qu'il avait toujours vécu, il avait d'abord été en Jamaïque avec le célèbre Thomas Thistlewood puis était rapidement parti pour visiter toutes les petites îles dans les environs. Il n'était encore qu'un nouveau-né et sa soif de sang était particulièrement impressionnante, il ne pouvait donc pas se permettre de faire beaucoup de chemin, en utilisant les moyens de transports humains sans boire. Puis il avait été sur l'île de Cuba, avant de sauter au Mexique, enfin, la colonie espagnole que c'était à l'époque avant de passer la frontière pour se rendre dans treize colonies d'Amérique. Bien évidemment, il était passé par l'Ouest et avait eu le plaisir de goûter au sang des indiens. Et le temps qu'il arrive dans les colonies britanniques, la guerre d'indépendance avait éclaté.

Il ne pouvait définitivement pas raconté cela à Orihime. Alors il réfléchit à sa dernière visite à New-York en réalité, il n'y était pas retourné depuis 1935, depuis qu'il avait été maudit par Yoruichi, cela avait été un épisode bien trop marquant de sa vie de vampire. Malgré tout, il s'était promis d'y retourner, quand il serait enfin libre de cette malédiction. Que pouvait-il donc bien lui dire ? Les derniers souvenirs qu'il avait de ce pays datait d'il y a plus de cinquante ans. Il fronça légèrement les sourcils, tentant de trouver une alternative.

« C'était assez mouvementé, il m'est arrivé un tas de malheurs dans ce pays, je suis pas du genre très chanceux, j'me suis donc fait arrêter à la douane, avant de me perdre dans New-York, de me faire agresser, pour ensuite perdre mes papiers et rester bloqué dans le pays parce qu'ils pensaient que j'étais un migrant, conta-t-il sous les yeux éberlués de la belle, il n'avait pas menti, il avait simplement mixé plusieurs de ces mésaventures en une seule.

-Vous vous moquez de moi, répliqua la jeune femme, incrédule.

-Pas vraiment non, ricana sincèrement Ichigo.

-Vous avez piqué ma curiosité, racontez-moi d'autres de vos aventures. »

L'après-midi passa à une vitesse impressionnante. Contrairement à ce qu'il s'était promis, l'immortel passa plus de temps à parler qu'à écouter Orihime, pas qu'il était égocentrique, l'étudiante lui posait simplement beaucoup, beaucoup de questions. Ils avaient déjà commandé deux thés chacun et un troisième arriverait bientôt à leur table tant ils étaient passionnés par leur conversation. Il n'était pas dangereux pour le médecin d'ingérer une boisson ou une nourriture humaine. Pour la boisson, il arriverait à la digérer avec les années, cependant, il devait absolument vomir la nourriture dans un court laps de temps, au risque d'être affaibli. Pour la première fois de toute sa vie vampirique, le jeune homme se livra avec toute l'honnêteté dont il était capable et cela faisait du bien. Le point de vue de Orihime, celui d'une humaine était très différent du sien, plus frais et inexpérimenté et c'était très plaisant, incroyablement plaisant.

Malheureusement, Kurosaki remarqua que la nuit commençait à tomber et cela le mettait en colè réalité venait de le rattraper, sa nature et les responsabilités qui en découlaient venaient de lui exploser en pleine figure et cela le mettait hors de lui. Il devait partir puisque son deuxième travail allait bientôt commencer. Il profita d'un léger silence qui s'installait entre eux pour s'éclipser.

« La nuit commence à tomber, nous ferions mieux de rentrer, je vous ramène ? Proposa l'immortel en se levant.

-Avec plaisir. » Lui répondit-elle sans la moindre hésitation.

Les deux jeunes gens se dirigèrent vers la caisse, alors que la serveuse arrivait avec leur troisième thé. Contrit, ils refusèrent leur commande en se courbant, généreuse, la femme d'une trentaine d'année leur proposa tout de même de le mettre dans un gobelet, pour qu'ils la prennent à emporter. Ils se courbèrent à nouveau en acceptant cette proposition, puis le médecin s'imposa et paya toutes les consommations. Orihime était particulièrement gênée, mais il rassura en lui disant que cela lui faisait plaisir, par ailleurs, il avait bien plus d'argent sur son compte en banque qu'il en avait besoin. Armés de leurs boissons, ils partirent du café et Ichigo se laissa guider dans les rues de Tokyo puisqu'il ne connaissait pas l'adresse de la belle.

Ils reprirent avec entrain la conversation, Orihime parla un long moment de sa famille, enfin, plus spécialement de son grand-frère, Sora. Elle lui raconta qu'à ses dix-huit ans, il l'avait emmené loin du domicile familiale car ses parents abusaient constamment d'eux. Elle ne détailla pas exactement en quoi consistaient ces abus, mais le médecin pouvait facilement les imaginer et il serra à la mâchoire à cette pensée. Il était peut-être un monstre, mais parfois, il avait l'impression de mieux se comporter que les humains. Malheureusement, son frère mourut lorsqu'elle avait douze ans peu de temps après lui avoir offert les deux magnifiques barrettes bleues qu'elle portait tous les jours et depuis, elle avait dû vivre seule. Malgré tout, elle ne se plaignait pas et souriait à l'idée d'avoir eu un frère aussi aimant et Tatsuki, sa fameuse meilleure amie qui prenaient des leçons de karaté. L'orangé admira sa détermination et sa force de caractère, elle n'était une féroce guerrière amazonienne, mais elle en possédait la même force d'esprit.

« Je peux vous poser une question Kurosaki-sensei ? Déclara soudainement l'orpheline en baissant la tête tout en buvant une gorgée de son thé.

-Oui, bien sûr, autorisa-t-il tout en tentant de ne pas s'inquiéter sur la question.

-Cette fois, je ne veux pas que vous me mentiez, c'est vous qui m'avez sauvé cette nuit-là, n'est-ce pas ? »

Elle tenta un regard dans sa direction tandis que lui le détournait. Il avait été stupide, il aurait dû savoir qu'elle n'allait pas lâché prise aussi rapidement et facilement. Dans un geste très humain, il mordit sa lèvre inférieure et se gratta l'arrière de la nuque, mal à l'aise. Devait-il encore lui mentir ? Bien évidement ! Il ne pouvait pas se permettre de lui révéler sa nature et surtout pas en plein milieu des rues de Tokyo. Par ailleurs, il n'avait toujours pas convenu si elle était une simple humaine et non une sorcière. Il retint un grognement avant de finir en une seule gorgée son café, il regarda ensuite de gauche à droite à la recherche d'une poubelle. Les tokyoïtes et leur absence de poubelle dans la rue, au moins, leurs rues avaient le mérite d'être propres, ce qui était rare dans les autres pays.

« Kurosaki-sensei ?

-Expliquez-moi donc votre hypothèse puisque vous semblez être si sûre de vous. » Répondit-il sèchement en la regardant droit dans les yeux et elle rougit.

Les minutes suivantes furent silencieuses. Un froid glacial régnait entre eux et Ichigo s'interdisait de le briser. C'était elle qui avait ramené le sujet sur le tapis, maintenant, c'était à elle de s'en débrouiller. Quelques minutes supplémentaires passèrent avant que finalement, la plus jeune ouvre la bouche :

« Vous êtes un vampire. »

La déclaration de la jeune femme surprit l'immortel, si bien qu'il s'arrêta brusquement sur le trottoir, rompant le flux des piétons. Comment avait-elle pu deviner ? Comment avait-elle pu en venir si rapidement à cette conclusion. La beauté auburn s'arrêta à son tour et le regarda par dessus son épaule et il ne put s'empêcher de penser qu'elle était magnifique. Ses yeux gris étaient emplis d'affection et son sourire était doux. Comment pouvait-elle porter une telle accusation pour ensuite le regarder comme s'il était la huitième merveille du monde ? Elle était l'humaine la plus surprenante qu'il n'avait jamais vu. Il lui fallut quelques secondes supplémentaires avant de totalement reprendre ses esprits. Sans un mot, il reprit la marche et elle en fit de même.

« Si je vous répondais « oui », vous en penserez quoi ?

-Je ne sais pas vraiment, impressionnée et admirative peut-être ? Lui répondit Orihime en rougissant et elle venait de perdre le plus vieux.

-Vous êtes consciente que si c'est le cas, je peux vous tuer tout de suite et maintenant ?

-Oui, mais vous ne l'avez pas encore fait et vous m'avez sauvé la vie, vous êtes bien plus un héro à mes yeux qu'un quelconque tueur, argumenta-t-elle en haussant les épaules et sa folie laissa Ichigo perplexe.

-De toute façon c'est pas la vérité. » Nia-t-il en glissant une main dans sa poche.

Bientôt, ils arrivèrent devant l'immeuble où vivait l'étudiante. Elle lui proposa d'entrée dans son appartement pour prendre un dernier verre, cependant, il déclina en voyant que le soleil venait de disparaître il était temps pour lui de partir. La jeune femme tapa le code pour entrer dans l'immeuble et le suceur de sang pencha la tête sur le côté en remarquant son sourire taquin. Elle lui saisit soudainement la bras et le fit entrer avec elle dans l'immeuble. Ils se trouvaient dans le vestibule vide et les sourcils froncés Kurosaki n'arrivait pas à comprendre ce qu'elle faisait. Doucement, elle passa sa main dans ses cheveux et se rapprocha de lui, collant son corps contre le sien. L'orangé fut surpris de cette soudaine proximité et regarda autour d'eux pour être certain que personne n'était là. L'enivrante odeur de la beauté auburn était encore plus puissante et cette dernière lui brûla la gorge d'envie, pour la première fois depuis qu'il avait appris à contrôler sa soif, il voulait vraiment mordre un humain.

Malheureusement, rien ne s'arrangea pour lui lorsque la belle se mit sur la pointe des pieds pour pourvoir combler leur différence de taille. Leurs lèvres n'étaient qu'à quelques centimètres et Ichigo se sentit immédiatement mal. Il ne pouvait pas l'embrasser, pas qu'il n'en avait pas envie, mais il n'était pas certain de pouvoir se contrôler s'il le faisait. Il ne pouvait pas l'embrasser, il ne le pouvait pas. Un grognement bestial sortit de sa bouche et il repoussa Orihime avant que leurs lèvres se frôlent. Il garda ses mains contre ses bras et apprécia la nouvelle distance qui se trouvait entre eux. La belle rougit de honte avant de mettre un peu plus de distance entre eux.

« Je suis désolée Kurosaki-sensei, je pensais que, je pensais que…, débuta-t-elle sans pouvoir finir sa phrase et l'immortel se sentit désolé pour elle, mais il lui avait bien dit qu'il ne voulait personne.

-C'est à moi de m'excuser si je vous ai donné de fausses idées. Je ferais mieux d'y aller, déclara-t-il en se courbant légèrement avant de prendre congé.

-Attendez, le retient l'étudiante en lui saisissant le bras et à nouveau sa magnifique odeur l'entoura, elle était de plus en plus puissante et de moins en moins facile à ne pas remarquer et supporter. Regardez-moi dans les yeux et dîtes-moi que vous ne ressentez rien.

-Je, je peux pas vous dire ça, mais vous devriez rester loin de moi, lui répondit le maudit, sans pour autant la regarder dans les yeux, totalement déboussolé et incapable de penser de manière cohérente.

-Répondez-moi Kurosaki-sensei et regardez-moi dans les yeux, ordonna-t-elle à nouveau et il grogna.

-Je suis dangereux Inoue-san, vous devriez vraiment resté loin de moi.

-C'est parce que vous êtes un vampire, c'est ça ? Devina l'orpheline en resserrant son étreinte contre son bras et il fut étonné de sa force. Ça me fait pas peur, vous m'avez protégé cette nuit-là, au risque de votre vie, je vous fais confiance, vous êtes mon héro et je, je vous aime plus que je le devrais, confessa-t-elle en baissant la tête et Ichigo voulait s'enfuir au plus vite.

-Vous ne comprenez pas Inoue-san.

-Non, c'est vous qui ne comprenez pas, s'entêta la beauté aubrun avec détermination et il admira une nouvelle fois sa force de caractère. Je suis tombée amoureuse de vous, alors ne me rejetez pas Kurosaki-sensei, pas avant que je vous ai montré ce que je vaux, je serais à la hauteur. »

C'est elle qui se demandait si elle à sa hauteur ? Ce bout de femme n'avait décidément rien compris. C'est lui qui n'était pas à sa hauteur. Ému par sa déclaration, il prit le risque de la prendre dans ses bras pour une longue étreinte. Il se retint pour contrôler sa force, pour ne pas lui briser les os et apprécia le fait qu'elle nicha son visage contre son cou. Il ne pouvait pas rester auprès d'elle, il s'était déjà attaché à cette humaine bien plus qu'il n'aurait dû le faire.

« Embrasse-moi. »

Sa demande était une supplication qu'elle avait soufflé à son oreille. Sentait-elle qu'elle ne le reverrait peut-être pas, une fois qu'il aurait quitté l'immeuble ? Le médecin grimaça, la serra plus fort avant de rompre leur contact physique. Il l'observa, gravant de sa mémoire ce que son excellente vue, grâce à sa nature, lui permettait d'observer. De la couleur de ses cheveux, à la peau de son visage, en passant par ses époustouflants yeux gris et terminant avec les traits de sa bouche rosée et pulpeuse. Devait-il ? Une grimace naquit rien qu'à l'idée de l'embrasser, pas qu'il n'en avait pas envie, mais parce qu'il ne savait pas s'il pourrait se contrôler, auparavant, il s'en moquait, qu'il boive le sang de ces conquêtes n'étaient pas un problème, aujourd'hui ça l'est. Et il se savait pas encore si c'était parce qu'il pouvait en mourir ou si c'est parce qu'il avait peur de la tuer elle. Cependant, lorsqu'il croisa son regard, il ne put se retenir plus longtemps.

Il lui obéit et effleura avant de toucher ses lèvres. Cela ressemblait plus à simple pression qu'à un véritable baiser. Tout du moins, jusqu'à ce que Orihime passa ses mains dans ses cheveux pour les ébouriffer. Ichigo posa ses mains contre ses hanches marquées, tout la rapprochant d'elle, souhaitant un peu plus de contact avec elle. La belle gémit entre ses bras et il ne put s'empêcher de sentir un sensation de fierté se répandre en lui. Plusieurs femmes avaient déjà fondu dans ses bras, mais ce n'était pas pareil, peut-être parce qu'il n'avait pas embrassé quelqu'un depuis plus de quatre-vingt ans. L'étudiante ouvrit la bouche pour approfondir le baiser, le maudit en fit de même, tout en réfrénant l'envie de la mordre pour goûter à son sang.

Le baiser s'intensifia encore, jusqu'à ce que le suceur de sang atteignit le point de non retour. Avec horreur, il sentit sa gorge le brûler à cause de la soif, ses iris devenir rouges à cause de l'appel du sang et ses canines grandirent, prêtes à mordre. Il fit la seule chose dont il était capable : il s'enfuit. La seconde d'après, il était à l'autre bout de Tokyo, le plus loin de la belle, qui resta à l'entrée du vestibule de son appartement, les bras ballants et les larmes aux yeux.

Ichigorentra avec fracas dans l'appartement et Chad, qui était allongé sur le canapé se leva immédiatement et s'approcha de lui, inquiet. L'orangé l'évita soigneusement et alla dans sa chambre pour faire sa valise, quelques secondes après elle était pleine et fermée et il se dirigeait vers la porte d'entrée.

« Où vas-tu ? Demanda enfin le métis en fronçant les sourcils.

-Je m'en vais.

-Je l'avais compris. Ça a quelque chose à voir avec cette Inoue Orihime ? Demanda-t-il prudemment alors que l'orangé détournait le regard, après tout, il savait qu'ils se voyaient aujourd'hui. Ne me dis pas que…, commença-t-il avec horreur.

-N'importe quoi !Si je l'avais tué, je serais plus là et tu le sais très bien.

-Il s'est bien passé quelque chose cependant, reprit le plus jeune en s'approchant de lui pour poser ses mains contre ses épaules.

-Je l'ai, on s'est embrassés, avoua-t-il en baissant la tête et s'il avait pu rougir, son visage serait à l'heure actuelle cramoisi.

-Et c'est pas une bonne chose ?

-Bien sûr que non ! S'exclama le médecin tout en regardant son ami comme s'il était la créature la plus bête au monde. J'suis un vampire, je peux pas tomber amoureux d'elle, on est pas compatible.

-Quand comprendras-tu que tu n'est pas un monstre ? T'es un être bon, tu aides plus de monde que n'importe qui sur cette Terre, certes tu as fait beaucoup d'erreur, mais tu deviens meilleur de jour en jour. Et, attends, tu parles déjà d'amour ? Sourit doucement le vampire à l'origine mexicaine et cela eut le don d'agacer plus fortement le maudit.

-C'est pas important, se contenta-t-il de répondre en se défaisant de l'emprise de son meilleur ami avant de poser sa main contre la poignée de la porte.

-Si, ça l'est Ichigo et tu le sais très bien, sinon tu partirais pas, ajouta Chad en tentant de lui faire cracher le morceau, sauf que le docteur resta silencieux, en poussant un soupir il reprit. Quelle est la nouvelle destination ? Questionna-t-il une nouvelle fois, prêt à le suivre.

-Je rentre à la maison et seul.

-Mais-

-Je te remercie pour m'avoir toujours suivi, mais cette fois, c'est une étape que je vais devoir surmonter tout seul, je reviens bientôt, je te le promets, déclara le plus vieux avant de le prendre dans ses bras pour une courte étreinte.

-Tu es sûr de toi ? S'inquiéta le basané, inquiet et cela fit sourire Kurosaki.

-Certain, lui assura-t-il en un fin sourire.

-J'espère que tu trouveras des réponses à tes questions. Fais attention à toi alors et reviens vite. »

Sans un mot de plus et après une dernière accolade son meilleur ami le laissa partir, à contre cœur. Et Ichigo passa la porte d'entrée, les épaules voûtées. C'était la première fois depuis leur rencontre qu'ils se séparaient et vivre cette aventure sans Chad serait des plus étranges. Cependant, il n'avait pas le choix, ce voyage, en plus de fait qu'il aurait dû le faire il y a bien longtemps, il devait le faire seul.

(...)

L'immortel savait qu'il ne restait pas très longtemps à Karakura, une affaire d'un ou deux jours, maximum, il avait donc réservé une chambre d'hôtel la moins chère de la ville. Il n'allait pas se ruiner avec qu'il n'allait même pas dormir dans le lit. En arrivant, il ne prit même pas le temps de défaire sa valise et se contenta de la poser sur le lit. Sans attendre, il sortit de l'hôtel et alla à la découverte de sa ville natale. Il n'était pas venu depuis des siècles, depuis qu'il avait été transformé en réalité. Il se doutait bien qu'elle allait avoir changé en autant de temps, mais pas autant. En effet, il n'arrivait même pas à reconnaître la moindre rue ou le moindre paysage. Il savait que dans un pays comme le France, les vieux centre-villes ne changeaient généralement pas beaucoup, mais ici, c'était le contraire.

Ce fut donc plus peiné qu'il ne l'aurait cru qu'il parcouru les rues de Karakura. Il marcha, les mains dans les poches et l'air morose. C'était la première fois depuis qu'il était devenu un monstre qu'il s'autorisait à repenser à son passé, à celui qu'il avait été. Les Kurosaki étaient sans grande surprise des roturiers de campagne, comme soixante-dix pourcent de la population à l'époque et vivaient de la terre. Ichigo n'était certainement pas le plus heureux des humains, mais il ne pouvait pas se permettre de se plaindre, il avait une famille aimante et courtisait une belle jeune japonaise, qui elle aussi était une roturière de campagne. Malheureusement, ce fleuve, pas toujours paisible qui était le sien prit fin durant l'année 1698. Le jeune homme revenait des champs, seul, puisqu'il s'était arrêté pour se soulager la vessie lorsqu'il croisa un groupe de guerrier. Évidement, il leur montra le respect dû à leur place dans le schéma social et leur entrevue se termina très rapidement. Alors qu'il reprenait la marche pour revenir chez lui, tout ne se passa pas comme prévu, il se fit à nouveau intercepter par l'un des soldats qui l'attaqua sauvagement et qui le mordit.

À ce souvenir, le médecin grimaça avant de reprendre contact avec la réalité. Tous les champs dans lesquels il avait travaillé avaient présent disparu étaient remplacés par des maisons, des magasins, des parcs. Il s'aventura un peu plus loin, mais il rebroussa rapidement chemin en comprenant que la ville s'étendait par-delà les terres qu'il avait labouré à la force de ses bras et à la sueur de son front. La nuit commençait déjà à tomber lorsqu'il s'avança vers le cimetière de la ville. Il n'avait pas autant marché, du moins, à la vitesse d'un humain, depuis bien longtemps. Néanmoins, cela ne l'ennuya pas, il aimait se retrouver avec lui-même pour réfléchir et c'était quelque chose qu'il n'avait pas fait depuis des années.

Un sentiment d'angoisse le saisit lorsqu'il entra dans le cimetière de la Karakura. Ce dernier avait grandi depuis la dernière fois qu'il l'avait foulé de son pas. Il se demanda un instant où se trouvait la tombe de sa famille. En 1698, il avait fait comme il avait pu pour leur offrir un enterrement digne de ce nom, puis, cent ans plus tard, une fois qu'il était devenu aisé, il les avait fait déplacé pour les mettre dans un petit temple. Puis, il n'avait cessé de se battre pour que ces vielles tombent restent dans le cimetière malgré leur âge. Il fut étonné en voyant qu'il y en avait plusieurs dans le cimetière cela n'allait pas facilité sa tâche. Alors qu'il allait utiliser sa vitesse surnaturelle pour ratisser le cimetière et en finir au plus vite, il remarqua une famille auprès d'une tombe, priant pour l'être perdu. L'immortel baissa la tête et alla au premier temple qu'il vit pour trouver celui qui appartenait à la famille Kurosaki.

Après quelques minutes, il arriva enfin devant ce dernier et avec hésitation, il gravit les quelques marches qui le séparait du terre-plein. En silence, il lut les dates gravées sur les quatre pierres Kurosaki Isshin 1670-1698, Kurosaki Masaki 1672-1698, Kurosaki Karin 1686-1698 et Kurosaki Yuzu 1686-1698. Avec respect, il passa ses mains sur la pierre de chacun des tombes avant d'allumer des bougies. Malgré son malaise, il s'agenouilla devant les quatre pierres, joignit les mains et pria. Il ne croyait plus en aucun dieu depuis longtemps, mais il ne pouvait pas priver sa famille de leur protection. Après quelques minutes supplémentaires, Ichigo se leva, poussa un soupir à fendre l'âme et fit demi-tour. Il n'avait pas trouvé les réponses qu'il souhaitait, mais il ne pouvait cacher le fait qu'il avait retrouvé un certain calme intérieur. Pour la première fois depuis leur mort, il s'était senti à nouveau proche de ceux qu'il aimait.

« Ichigo, c'est toi ? »

Le sang du maudit se glaça. Avait-il rêvé ? Il tendit l'oreille, à la recherche du moindre autres sons, cependant, il n'entendit rien. Pensant qu'il devenait fou, il secoua la tête de gauche à droite, haussa les épaules, puis reprit sa route, descendant les quelques marches.

« Ichigo, c'est toi ? »

Les sourcils froncés et quelque peu agacé que quelqu'un lui joue un tour, l'interpellé se retourna violemment prêt à crier sur cette personne. Excepté qu'il n'était pas prêt pour ce qui se révélait à lui. Avec horreur, il tenta de fuir à reculons sans pouvoir détacher son regard de l'entité qui se trouvait devant lui. Il était lui-même un vampire, il connaissait des sorcières, des loups-garous, des fées, des manticores et des goules, mais des fantômes… il n'en revenait pas. Soudain, la femme tendit sa main dans sa direction et même si elle traversa son corps, il put sentir, le temps d'une seconde, toute la chaleur qu'elle dégageait. Comment cela se pouvait-il ? Il était insensible à la chaleur. Un doux sourire se dessina sur la visage de celle qui avait été sa mère et le suceur de sang ne put retenir un douloureux sanglot puis ses larmes, à la fois de joie et de tristesse. Surpris, il passa son doigt sur sa joue droite pour constater qu'effectivement, il pleurait. N'en revenant pas, il gloussa, à la fois nerveusement et joyeusement, avant de tenter de prendre celle qui lui avait donné vie dans ses bras. Bien évidement, il ne put l'étreindre, mais il pouvait légèrement la sentir contre lui et cela valait tout l'or du monde.

« Ichigo, mon beau garçon, souffla Masaki en se détachant de son seul fils tout en tentant de passer, en vain, sa main contre sa joue.

-Mère, mais, comment ? Balbutia le médecin, totalement perdu.

-Je ne sais pas, je t'ai simplement senti près de nous.

-Père et Yuzu et Karin ? Demanda-t-il en regardant derrière sa mère espérant apercevoir le reste de sa famille.

-Nous avons décidé que ça serait moi qui viendrait à ta rencontre. Nous ne t'avons pas vu depuis longtemps, déclara-t-elle et même si aucun reproche ne se faisait entendre dans sa voix, le maudit le pris personnellement.

-Je pouvais pas, pas après ce que je vous ai fait. »

Honteux, le suceur de sang se détourna de Masaki et baissa la tête. Jamais il ne pourrait se pardonner ce qu'il leur avait fait, il y a presque quatre cents ans. En effet, cette journée là, l'orangé avait été mordu par ce guerrier et avait été transformé en vampire. Il s'était réveillé, mourant de soif, il avait été totalement désorienté et il n'avait compris ce qu'il se passait, pourquoi est-ce qu'il s'était endormi sur le chemin de la maison. Ses sens étaient plus aiguisés, il voyait et entendait beaucoup plus de choses qu'auparavant, mais il n'avait pas encore compris en quel monstre il avait été transformé. Assoiffé, il s'était dirigé vers le petit lac dans lequel il avait eu l'habitude de se baigner, plus jeune. Le voyage était passé à une vitesse incroyable, sans qu'il comprenne qu'en réalité, c'était lui qui courait aussi vite. Il avait bu à grande goulée, mais malheureusement, il ne se sentit pas déshydraté, au contraire, plus il buvait et plus il avait soif et moins il se sentait en forme. Il n'avait toujours pas compris ce qu'il lui arrivait, mais il était inquiet pour sa santé, alors il avait pris la direction de chez lui, voulant demander conseil à sa mère. Et ce fut à ce moment que tout dérapa.

Sans comprendre, il était arrivé à une rapidité étonnante chez lui, naturellement, il avait passé la porte de la maison, sachant que toute sa famille serait présente puisque la nuit allait tomber. Il avait été surpris lorsque sa mère avait accouru vers lui, le visage couvert de larmes et la mine inquiète. Elle l'avait pris dans ses bras pour une longue étreinte avant de lui lui expliquer qu'elle avait été inquiète car il était porté disparu depuis trois jours et ce n'était pas dans son habitude. Malheureusement, comme à chaque fois qu'ils se prenaient dans les bras, Ichigo avait posé sa tête dans le creux de son cou et il avait découvert avec horreur qu'il voulait goûté à ce sang qui pulsait dans la jugulaire de sa génitrice. Il n'avait compris que trop tard ce qu'il était et déjà sa bouche reposait contre le cou de Masaki alors que ses crocs, plantés dans sa gorge aspiraient son sang et plus encore sa vie.

Isshin avait été alerté par les cris de douleur que poussait sa femme et était arrivé, voyant, effrayé, le corps de celle qu'il aimait tomber lourdement au sol et son fils, la bouche recouverte de sang. Encore plus assoiffé qu'auparavant, l'immortel avait sauté sur son père pour lui faire subir le même sort que la belle aux cheveux châtains. Ses petites sœurs, elles aussi alertées par les cris finirent par arriver sur la scène et tombèrent sur leur mère, sans vie, reposant sur le sol du séjour et leur frère, tuant leur père. Elles s'étaient mises à pleurer et avaient voulu fuir le monstre qu'elles se trouvaient devant elles, sauf que l'orangé avait encore soif et que courir après une proie était encore plus amusant. Il les avait donc poursuivi, chassé, avant de les tuer à leur tour. Ce n'avait été qu'une fois totalement rassasié sur le corps de Yuzu qu'il avait repris ses esprits et compris ce qu'il avait fait et ce qu'il était un Kyuuketsuki. Le suceur de sang, auprès des corps de sa famille avait crié et pleuré de longues heures et en les enterrant, après avoir respecté le rite funéraire, il avait aussi enterré son humanité.

« Ichigo ? L'interrompit Masaki en se plaçant devant lui.

-Hm ?

-Nous ne sommes pas en colère contre toi, ce n'est pas de ta faute ce qui nous est arrivé, tu ne nous as pas tué, d'accord ? Tenta-t-elle de le rassurer le fantôme en lui souriant tendrement.

-Bien sûr que si je vous ai tué, vous savez ce que je vous ai fait ? Demanda-t-il froidement en reprenant quelques secondes plus tard, sans attendre la réponse de sa génitrice. Tu veux savoir ce que je vous ai fait ? Je vous ai mordu la gorge comme ceci, expliqua le docteur en posant sa bouche contre le cou de Masaki. Puis j'ai bu votre sang, jusqu'à la dernière goutte et à chaque gorgée, je vous ai un peu plus pris la vie. Je vous ai tué, de mes propres mains, je n'ai même pas été capable de me contrôler. Je suis un monstre ! S'époumona-t-il les larmes coulant à nouveau sur ses pâles joues et il redécouvrit avec surprise ce phénomène.

-Tu ne pouvais pas faire autrement Ichigo, nous aurions dû partir à ta recherche, peut-être que nous aurions pu faire quelque chose. Peut-être que si nous étions rentré avec toi ce soir-là, jamais tu ne te serais fait transformé. Nous ne pouvons pas changé le passé, nous sommes morts, nous avons été des victimes, tout comme toi. Par contre, tu as le pouvoir de changer ton futur mon fils, comment veux-tu qu'il soit ? Qu'il ressemble à ton funeste passé et à ton maussade présent ou qu'il soit au contraire plus brillant que jamais ? Lui sourit doucement en tentant en vain de toucher sa joue et l'amour qu'il put lire dans ses yeux le fit trembler.

-Mais-

-Nous te pardonnons Ichigo, nous l'avons fait à la seconde où tu nous as attaqué et que nous avons vu la victime que tu étais. Nous t'aimons plus fort que tout et nous sommes fiers de celui que tu es devenu ces dernières années.

-Vous me pardonnez ? Hoqueta le plus jeune, incrédule, il n'arrivait pas à croire que ce qu'il avait commis pouvait être pardonnable, il méritait de pourrir pour l'éternité.

-Nous te pardonnons et nous t'aimons. Maintenant, vis. »

Masaki le prit une dernière fois dans ses bras, tout en tentant de ne pas passer à travers lui. Maintenant qu'il y faisait attention, il pouvait presque sentir l'odeur de sa mère et cela le fit sourire. Comme à l'habitué, il cala sa tête contre le cou de celle qui l'avait mis au monde et apprécia ce moment autant de temps qu'il le put. Soudain, la chaleur et l'effluve disparurent. Quand il ouvrit à nouveau les paupières, sa mère avait disparu et son regard tomba sur les quatre tombes. l'immortel voulut à nouveau pleurer, sauf qu'il se retint, le temps n'était plus à la peine, mais à la joie. Il ne s'était pas encore pardonné tous les crimes qu'il avait commis et peut-être qu'il ne le ferait jamais, malgré tout, aujourd'hui, il avait pu avoir une entrevue avec sa très chère mère et cela valait tout l'or du monde. Il fit rapidement demi-tour, sortit du cimetière et se dirigea d'un pas pressé vers son hôtel. Il devait rentrer à Tokyo au plus tôt, il avait trouvé les réponses dont il avait besoin.

(...)

« Ichigo-kun attention ! »

Immédiatement après l'avertissement de celle qu'il aimait, l'orangé tourna la tête sur la droite et vit arriver devant lui un manticore. Il évita difficilement l'attaque de sa queue et poussa un soupir de soulagement lorsqu'il remarqua que la pointe avait déchiré son vêtement mais n'avait pas entailler sa peau. En un rapide coup d'œil, il remarquaque Orihime courait dans la direction opposé, tout en portant l'enfant contre son torse. Il aurait dû se douter que l'inclure dans sa vie ne serait pas suffisant pour l'étudiante et qu'elle ne resterait pas toute sa nuit dans leur lit, attendant qu'il revienne de son second travail. Elle avait voulu le suivre dans cette folle aventure et comme tout ce qu'elle lui demandait, l'immortel n'arrivait pas à le lui refuser, il avait donc accepté, tout en prenant des précautions. Il avait demandé à une sorcière du nom de Matsumoto Rangiku de conférer à la beauté auburn des pouvoirs défensifs. Ne pouvant pas les lui transmettre à elle directement puisqu'elle n'avait pas de sang de sorcière, Rangiku dut utiliser ses barrettes bleues comme réceptacle. L'orpheline avait bien évidemment dû apprendre à maîtriser ses nouveaux pouvoirs et quelques mois après les avoir acquis, elle était aux côtés de son amant protégeant et aidant les victimes à s'enfuir.

Une fois qu'il fut assuré que la jeune femme avait quitté l'allée et était à présent dans l'avenue encore pleine de monde et donc en sécurité, Ichigo se concentra sur le manticore qui avait attaqué l'enfant. Un sourire malsain naquit sur les lèvres de l'orangé, il n'était pas sorti la nuit dernière et n'avait donc ni sauver ni tuer pour profiter de sa petite amie qui avait définitivement besoin de sommeil et pour planifier leur prochaine destination. L'immortel était déjà à Tokyo depuis presque huit ans, c'était bien trop long et il était temps qu'ils mettent les voiles, avec Chad avant que quelqu'un comprenne qu'ils ne vieillissaient pas. Si les deux amis étaient restés aussi longtemps au Japon, c'était principalement pour Orihime qui n'avait pas eu le courage de partir de son pays natal et il était impossible pour le docteur de partir sans amener celle qu'il aimait avec lui. La situation avait donc tourné en boucle pendant les deux dernières années avant que finalement, le mois précédent, la professeure décide qu'elle était prête à tout laisser derrière elle.

Une nouvelle attaque du manticore le fit redescendre sur Terre, il évita à nouveau la piqûre de peu et poussa un soupire de soulagement en remarquant qu'à nouveau, le tissu de son manteau avait été coupé, mais pas sa peau. Il devait absolument se concentrer et ce fut ce qu'il fit. Rapidement, il reprit la tendance sur cet ennemi qu'il craignait à cause de son venin mortel et bientôt, le crâne de cette créature de la nuit était explosé contre le sol. Alors que la beauté auburn réapparaissait dans la ruelle et que le jeune homme se préparait à appeler Uryu, un halo de lumière les éblouit. Immédiatement, Ichigo se trouvait aux côtés de la belle prêt à la protéger tandis qu'elle avait activé son bouclier de défense. Tout aussi soudainement qu'elle était apparut, la lumière disparut, laissant à nouveau l'allée dans un noir atténué par les lampadaires de la rue principale. L'orangé garda son bras devant l'humaine tandis qu'une silhouette se dessinait et se dirigeait vers eux. Sous ses yeux ébahis, il reconnut qui était cette personne une fois qu'elle se tint devant lui, son sourire arrogant accroché à ses lè dents grincèrent et la seconde d'après, les yeux étaient d'un rouge sang tandis que ses canines s'étaient allongées et qu'un sifflement s'échappait de sa bouche.

« Yoruichi Shihoin, souffla-t-il partagé entre la colère et la peur et il put voir Orihime se tendre, ne sachant certainement pas comment réagir elle non plus.

-Oh, I-chi-go, chantonna la métissée en souriant plus fortement tout en se collant presque contre lui, sans qu'il puisse faire le moindre geste, paralysé.

-Tu devrais être morte.

-Je le suis, ne t'inquiète pas, gloussa-t-elle avant de porter son attention sur la professeure. Ravie de te rencontrer, Inoue Orihime, continua-t-elle en tendant sa main vers la belle.

-Ne la touche pas, s'énerva le suceur de sang, en saisissant avec force son poignet pour la stopper et avec horreur il remarqua qu'elle était faîte de chaire et de sang ce n'était donc pas un fantôme. Pourquoi es-tu là ?

-Toujours aussi froid, même Orihime n'a pas réussi à te réchauffer, si triste…, soupira la sorcière en prenant une fausse moue boudeuse et l'orphelin grogna. Je viens t'annoncer une bonne nouvelle, tu as réussi notre petit marché, il était temps d'ailleurs parce que je te donnais plus beaucoup de temps, I-chi-go.

-Quoi ? Questionna-t-il, ahuri, n'arrivant pas à connecter toutes les neurones de son cerveau alors que celle qu'il aimait le prenait dans ses bras.

-Je te rends ton âme imbécile. Éloigne toi Orihime et ne t'inquiète s'il crie, il va souffrir un peu. »

Sans attendre plus longtemps, la belle s'éloigna de son petit ami et Yoruichi tendit la main vers lui avant de la poser contre son torse glacial. Le plus vieux croisa son regard presque félin et il crut voir une flamme empli de bonheur ancrer ses iris. Elle ouvrit la bouche et parla sans émettre le moindre son, en lisant sur ses lèvres, il comprit ce qu'elle souhait lui dire : « Je t'avais bien dit qu'en te réveillant tu serais un nouvel homme. ». Ichigo comprit qu'elle faisait référence à ce qu'elle lui avait dit en lui volant son âme, sauf que cette fois-ci, elle ne l'avait pas appelé « vampire ». Un sourire naquit sur son pâle visage. Elle reconnaissait son humanité, comme sa famille, Chad et Orihime l'avait fait avant elle. Le médecin avait compris grâce à l'entrevue avec sa mère qu'il devait à présent profiter de sa vie et de ne plus être quelqu'un qu'il n'était pas. Il avait été un humain généreux, un peu colérique, mais profondément bon et il avait finalement renoué avec cette partie de lui-même.

Elle ferma les yeux et récita dans une langue qui lui était inconnu un chant. L'immortel put sentir un sentiment d'inquiétude monter en lui en repensant à ce qu'elle avait dit à l'humaine il allait souffrir. Un effroyable douleur lui saisit la poitrine, comme s'il brûlait de l'intérieur et cela lui rappela la transformation qu'il avait subi il y a quatre cents ans. Il posa ses mains contre son haut de corps, comme s'il souhaitait se tenir chaud, sans même se rendre compte que la main de la sorcière avait disparu. Un hurlement sortit de sa bouche alors qu'il se laissait tomber contre le béton. Il avait l'impression de brûler de l'intérieur tout en mourant de froid. C'était des sensations qu'il ne connaissait plus depuis quatre cents ans et qu'il n'avait pas envie de connaître à nouveau. Il se tordit contre le sol, s'époumonant comme s'il allait mourir et il était tant omnibulé par sa propre douleur qu'il ne sentit pas la douce main de Orihime contre son visage dans le but vain de le soulager. Finalement, après ce qui lui sembla être une éternité, la brûlure disparut aussi soudainement qu'elle était apparut.

« Ichigo-kun ? Appela la mélodieuse voix de la professeure et tout ce que le suceur de sang pouvait voir c'était une ombre au-dessus de lui.

-Tu as rempli la part du marché Ichigo, j'ai rempli la mienne, ne refais cependant pas la même erreur, mes descendantes ne seront pas aussi clémentes et n'hésiteront pas à te tuer au vue de ton passé. » Le sermonna la voix de Yoruichi et tout ce qu'il put faire, fut de hocher la tête.

Il put sentir la sorcière partir sans un mot de plus. La beauté auburn commença à lui caresser les cheveux pour le détendre alors qu'il recouvrait petit à petit la vue. Il fut heureux de voir le visage de celle qu'il aimait se dessiner à la perfection au-dessus de lui, si bien qu'il lui offrit l'un des plus beaux sourires qu'il n'avait jamais fait. En douceur, Orihime passa la pulpe de ses doigts sur sa peau glaciale avant de l'embrasser chastement, souhaitant simplement lui montrer qu'elle aimait tout en lui laissant le temps de récupérer de cette éprouvante épreuve.

« C'est la première fois que je te vois aussi heureux en quatre ans. »

La tardive remarque de l'orpheline n'était pas méchante et ne sonnait pas comme un reproche, c'était une simple constatation et il ne put que lui sourire en réponse. Au bout de quelques minutes supplémentaires, le suceur de sang put enfin se relever et alors que la belle avait glissé son bras sous le sien pour le soutenir et les emmener tous les deux vers l'avenue , sous la lumière artificielle des lampadaires de Tokyo, la remarque de sa petite amie fit écho dans sa tête.

« Tu sais quoi ? Je crois que pour la première fois de toute ma longue vie, je n'ai jamais été aussi heureux. »