NdT : Un grand merci à Zero-ryuu pour la relecture :D
NdA : Ben... vous verrez à la fin. *se prépare à esquiver*
Tony était assis dans la salle de conférence, tapotant impatiemment le bois sombre de la table. Il ne savait absolument rien de ce qu'il se passait ici, sur l'Héliporteur. Il savait seulement que Steve Rogers, Natasha Romanov et Clint Barton, en tant qu'agents du SHIELD, participaient à un genre de débriefing, auquel il n'avait encore pas été convié, sans doute pour les fameuses "raisons de sécurité" habituelles. Quant à Bruce, il était dehors avec Sitwell, en train de fouiller les restes de son ancien labo, au Nouveau-Mexique... ce qui ne le dérangeait absolument pas, car après tout, qui pourrait bien être intéressé par une montagne de débris d'équipement de pointe, pour la plupart fait-maison par ce brillant physicien de Banner ? Certainement pas lui, c'était évident. Aucune raison de bouder. De plus, ce gars ne lui manquait pas. Pas d'un brin.
Le tapotement de ses doigts sur le bois s'était fait plus acide. Il n'arrivait pas à lever le poids qui pesait sur sa poitrine. Il ne se sentait pas d'humeur à gérer ses émotions. Il avait été laissé sur le banc de touche, purement et simplement mis au coin, sans personne à taquiner ou harceler ! Il s'ennuyait tellement qu'il trouvait lui-même surprenant qu'il ne soit pas encore devenu fou.
Il n'avait même pas son armure avec lui, puisqu'il devait toujours un corps-à-corps à Rogers, et, bon sang, ce satané bonhomme surgelé lui paierait ça !
Il arrêta d'essayer de traverser la table avec ses doigts et lança un regard perçant à l'agent du SHIELD qui se tenait timidement près de la porte. L'homme tressaillit imperceptiblement. Si Tony n'avait pas été attentif, il ne l'aurait probablement pas remarqué. Parfait. Il était bon de savoir que certaines personnes avaient au moins l'intelligence de se méfier de lui, plutôt que d'essayer de le baratiner, comme tout le monde ici semblait avoir décidé de faire.
- Hé, toi ! lança-t-il au garde, activant son mode "Connard de Stark". Qu'est-ce qu'il faut faire, ici, pour avoir à boire ?
Le garde, que Tony avait mentalement baptisé Chad, resta complètement impassible, sa main posée sur son arme en guise de mise en garde. Le milliardaire leva les yeux au ciel et s'enfonça dans son siège, étendant ses jambes jusqu'à poser ses pieds sur la table.
- Sérieusement, je mors pas, continua Tony sur le même ton insupportable. Et je ne suis pas mentalement dérangé non plus, quoi qu'en dise l'Agent Hill. Ce n'est qu'une sale menteuse qui s'amuse à lancer d'affreuses rumeurs mensongères pour ternir ma réputation immaculée !
Il ne manqua pas de remarquer le léger tressautement des lèvres de l'agent Chad. Il se félicita intérieurement pour cette victoire : un nouvel agent sauvé du Côté Obscur ! Prend ça, Hill !
- Bien sûr, monsieur Stark, répondit l'agent d'un ton encore très professionnel.
Ce fut bien évidement à ce moment-là que l'enfer se déchaîna.
- Alerte, alerte, annonça une voix digitale dans tous les haut-parleurs de l'Héliporteur. Projectile en approche. Tous les agents se préparent à l'impact.
Tony grimaça ensuite, lorsque les alarmes se mirent à hurler, à un volume à rendre sourd. Quelques instants plus tard, le navire entier fut secoué si violemment que le milliardaire fut jeté à bas de sa chaise. Il était surpris, il fallait un sacré impact pour secouer l'Héliporteur, qui était un monstre de stabilité (et Stark savait de quoi il parlait, il avait conçu lui-même le système de balance). Cela signifiait que quelque chose de vraiment gros, ou de vraiment très explosif, avait frappé le bâtiment.
Tony se redressa rapidement et fit mine d'épousseter ses vêtements – il dut cependant constater qu'il fit tomber de la véritable poussière de ses épaules. Il jeta un regard sévère à Chad et se composa un sourire taquin.
- Il ne s'est rien passé, hein ? plaisanta-t-il, presque convainquant, ses yeux tournés de façon exagérée vers la chaise retournée.
- Évidemment, monsieur Stark, répondit l'agent, avec une brève pointe d'humour dans la voix. Je vous suggère que nous rejoignions la zone d'évacuation.
Tony acquiesça et lui emboita le pas, mais intérieurement, il maudissait Steve une fois de plus, écœuré par le fait qu'il doive être "évacué". Il était Iron Man, bon sang, il devrait être en première ligne, pas escorté à l'extérieur comme n'importe quel civil !
L'Héliporteur fut à nouveau violemment secoué et Tony parvint de justesse à ne pas tomber en s'écrasant contre le mur le plus proche. L'Agent Chad, au grand désespoir du milliardaire, ne sembla pas déséquilibré outre mesure et continua à remonter le couloir à grandes enjambées.
Le milliardaire était en train de râler sur les "têtes de pioche du SHIELD", lorsqu'un puissant son à glacer le sang emplit les entrailles de l'Heliporteur, couvrant jusqu'aux alarmes :
- AaAavvVenGeeeeeeeers !
Stark pila net. Il y avait quelque chose d'étrangement familier dans cette voix d'outre-tombe, bien qu'il soit parfaitement incapable de distinguer quoi. L'agent s'était arrêté lui aussi, et avait levé son arme, prêt à attaquer tout ennemi qui se présenterait à lui. De sa main libre, il pressait son oreillette au plus près de ses tympans, espérant mieux entendre par-dessus le brouhaha ambiant.
- Johnson, répondait-il sporadiquement. Oui, Directeur, il est avec moi. Nous nous dirigeons vers la zone d'évacuation B. Très bien, Directeur. Terminé.
Le milliardaire leva les yeux au ciel, son agacement ressemblant de plus en plus à de l'exaspération. Un autre rugissement fit vibrer l'air et il sentit ses poils se hérisser sur sa nuque.
- StaAaaRK !
Cette fois, c'était définitif : cette situation ne lui plaisait pas du tout.
L'agent Chad – ou Johnson, peu importe – , sa peur soigneusement camouflée derrière un masque de neutralité professionnelle, se tourna vers Tony, les yeux écarquillés. Celui-ci lui offrit en retour un large sourire éclatant, qui était surtout absolumentfaux, et le gratifia en prime d'une claque sur l'épaule. Il pensait les mignons petits agents du SHIELD habitués à ce genre de choses, depuis le temps, mais tirait un certain ravissement à voir qu'au moins celui-ci était prêt à faire dans son pantalon.
- Eh bien, fit Tony en s'efforçant de paraître aussi à l'aise qu'un poisson dans l'eau, il semblerait que ce soit le signal pour nous remettre à bouger ! Je vous suis !
L'agent ne prit pas la peine de répondre quoi que ce soit et reprit sa route, le milliardaire sur les talons.
L'impact entre Monster et la coque du vaisseau volant que Banner empruntait parfois avait été très violent. La coque, bien que blindée, avait été purement et simplement transpercée. A présent, la créature progressait dans les coursives avec une rapidité affolante, pliant le métal à la simple force de ses bras, ignorant les tirs des hommes qui cherchaient à la stopper.
Banner savait que Stark devait se trouver à bord, et c'était précisément pour cette raison que Monster s'y trouvait lui aussi. Quelque part au fond de son esprit, il pouvait sentir le physicien lutter contre lui. Mais c'était inutile : Monster était fort. Monster avait le contrôle.
La créature s'arrêta soudain et s'ébroua, faisant tomber les quelques carcasses de balles qui avaient réussi à un peu s'enfoncer dans son cuir épais, là où les autres avaient simplement rebondi. Il lâcha un long rugissement sauvage et darda son regard rouge, intense et furieux, sur les mortels chétifs qui l'agressaient. L'esprit de Bruce gémissait dans son crâne, l'implorant de ne pas leur faire de mal, d'avoir pitié d'eux.
Monster ricana. Ils avaient tiré les premiers. Ils ne lui avaient montré aucune pitié. Il n'en aurait pas pour eux.
- IMbéCiLEs, siffla-t-il, avant de se précipiter en avant, ses griffes fendant l'air et ses crocs acérés luisant dans la pénombre.
Tony suivait Johnson dans les couloirs, tâchant de ne pas prêter attention aux lumières qui clignotaient de manière sinistre, ni aux coups de feu qui claquaient au loin, ni aux alarmes qui hurlaient toujours. Mais que pouvait-il bien se passer là-bas ? Johnson n'avait pas été recontacté depuis que Fury s'était lui-même assuré que Stark était en route vers la zone d'évacuation, et le milliardaire devait avouer qu'il commençait sérieusement à s'inquiéter.
Soudain, un hurlement strident retentit, provenant d'un peu plus loin devant eux, suivi d'une brève série de coups de feu. Les deux hommes s'aplatirent contre la paroi la plus proche et cessèrent de respirer.
Une minute passa, durant laquelle on entendit plus que le ronronnement des moteurs, l'alarme qui hurlait toujours dans le haut-parleur fonctionnel le plus proche – qui se trouvait à plusieurs couloirs de là – et les sons lointains de gens qui s'agitaient.
Puis, une voix chuintante se fit entendre, provenant du même endroit que le hurlement. Un peu plus proche, peut-être. Elle n'avait presque rien d'humain, mais son ton exprimait clairement ses intentions :
- StaRK pAs CacHEr. MonSTEr sAVOir Où êTRe StaRK. MonSTEr sENtiIiiIiR...
Ils entendirent le son de quelque chose d'extrêmement dur frottant contre les parois de la coursive, semblant vouloir déchirer le métal, et qui progressait vers eux. Cela déclencha comme un instinct primaire chez Tony. Alors que des vagues de frissons glacés remontaient sa colonne vertébrale, il entreprit de longer le mur vers l'arrière, avec la ferme intention de s'éloigner le plus possible de ce qui approchait. Son escorte, en revanche, n'avait pas bougé d'un millimètre. Retenant toute une panoplie d'injures, Stark tendit le bras vers l'uniforme de Chad et tira sur le tissu, espérant pouvoir l'entraîner avec lui.
C'était hélas trop tard, car la chose qui avait vraisemblablement eu raison de la poignée d'hommes armés un peu plus loin venait de tourner l'angle du couloir.
Tony se décomposa.
La créature était immense, avec une peau jaunâtre et des iris rouge sang sous ses paupières étroites. Elle ressemblait presque exactement à la chose la plus horrible que le milliardaire puisse imaginer dans ses pires cauchemars. Plus terrifiant encore, elle arborait un calme sourire aux accents foncièrement sadiques, qui rendait plus étroites encore les fentes de ses yeux. L'ensemble continuait cependant à donner une étrange impression de familiarité à Stark, qui ne trouvait toujours pas pourquoi.
Le monstre fit un pas en avant, ce qui, à l'échelle de ses interminables jambes tordues, revint à traverser complètement l'espace qui le séparait des deux hommes. Il laissa nonchalamment ses longues griffes se détacher du mur et les laissa traîner au sol, où elles raclèrent les panneaux métalliques avec un vacarme épouvantable. Dans un réflexe instinctif, Tony avait continué à reculer, à grands pas, son poing fermement crispé sur la veste d'un Johnson tellement paralysé par la peur qu'il n'avait même pas réalisé qu'il avait été traîné sur plusieurs mètres.
- MonSTEr vOiR StaRK, articula la bête, dévoilant un nombre beaucoup trop grand de crocs effilés. MaiNTenaNt, MonSTEr DéTRuiRe StaRK.
- Oh non... soupira Tony en relâchant tout l'air contenu dans ses poumons.
L'agent Chad fut projeté au loin comme une vulgaire poupée de chiffon, tandis que la créature attrapait le philanthrope par la gorge et le plaquait violemment contre la paroi. Le choc lui fit lâcher un vague hoquet de douleur au travers du barrage imposé à sa trachée et le monde devint flou pendant quelques instants. La bête sembla trouver ses yeux révulsés amusants, car elle laissa un bruit rocailleux s'apparentant à un rire s'échapper de sa monstrueuse gueule.
- TellEMenT FAibLe. TellEMenT FAciLe à éCRaSer.
Pendant la fraction de seconde où le flou redevint net, Tony crut reconnaître... non, c'était impossible ! Ça ne pouvait pas être... Il fronça les sourcils, cherchant plus profondément dans le regard assassin du monstre. Les mots qui suivirent, crachés comme de l'acide, ne firent que confirmer sa crainte :
- MonSTEr mONtrEr FAibLe BaNNer. MonSTEr éCRaSer StaRK, éCRaSer CœUR. MonSTEr PuniR BaNNer pOUr GaRDer MonSTEr PRisONnieR !
Tony, qui suffoquait déjà entre les doigts crochus de la bête, sentit la tête lui tourner lorsque l'étreinte se resserra. Incapable d'inspirer suffisamment d'oxygène pour formuler une phrase complète, il expira un "Bruce..." à peine audible. Mais Monster l'entendit suffisamment pour s'en insurger et lui répondre par un rugissement de colère :
- PaS BaNNer ! PaS BaNNer ! MonSTer êTRe MonSTer !
La créature frappa une nouvelle fois la tête de Stark contre le mur, serrant encore sa poigne jusqu'à ce qu'il ne puisse plus produire que des gargouillis douloureux. Tony sentait les griffes entailler sa peau et était de moins en moins certain de la façon dont il allait mourir : peut-être sa tête allait-elle sauter comme un bouchon de champagne avant qu'il ne meure d'asphyxie, finalement.
La douleur qu'il ressentait était insoutenable, mais sa fierté le poussa à ne pas donner satisfaction à la bête, à ne pas lui montrer à quel point il souffrait. Il avait fixé son regard dans les yeux rouges et sauvages, se répétant inlassablement qu'il n'avait pas peur, parce qu'il était Tony Stark, bon sang, et qu'il n'avait peur de personne, homme ou bête.
Monster leva lentement son bras libre, préparant son coup fatal. Ses longues griffes courbes captèrent la lumière blafarde des néons et Tony, presque inconscient, entendit sonner le glas de son existence. Le bras distordu fouetta l'air en descendant vers sa proie, mais produisit un son métallique lorsqu'il frappa ce qui n'était définitivement pas Tony.
La créature lâcha un cri de frustration. Tony, pour sa part, n'avait jamais été aussi heureux d'apercevoir l'étoile de Captain America. Le bouclier ricocha et son lanceur le rattrapa d'un mouvement leste.
- Lâche-le, ordonna calmement Steve, prêt à en découdre. Premier et dernier avertissement.
Monster répondit par un rire hystérique. Tony, dont les mouvements saccadés de la bête hilare menaçaient de rompre le cou, commençait à tourner de l'œil.
Steve ne perdit pas une seconde de plus. Il jeta une grenade flash sous les pieds du monstres, et son bouclier une seconde plus tard, visant la tête. L'explosion de lumière aveugla temporairement la bête, qui ne vit pas le cercle de métal arriver. Steve eut un léger sourire de satisfaction en voyant son arme frapper le monstre de plein fouet, le faisant perdre l'équilibre et tomber en arrière, assommé.
Ce n'était pas une victoire, loin de là, la créature n'aurait probablement besoin que de quelques instants pour se relever, mais c'était suffisamment pour la faire lâcher prise. Tony avait glissé au sol et aspirait de longues bouffées d'air comme un perdu. Puis il se précipita, sans prendre le temps de se relever sur ses deux jambes, vers ses alliés. Steve avait reçu du renfort : Natasha et Clint se tenaient à ses côtés, et la Veuve Noire tendait un pistolet au Capitaine.
- Vos ordres, Cap ? demanda Clint de sa voix rauque.
- Si vous pouvez le tuer, faites-le, répondit le Capitaine, prenant son ton militaire. Cette chose est solide, un combat prolongé pourrait ne pas tourner à notre avantage...
- Non, attendez, l'interrompit Tony, malgré sa gorge endolorie et sa voix croassante. Vous ne pouvez pas faire ça.
Les trois autres Avengers le dévisagèrent avec incrédulité.
- Et pourquoi donc ? demanda Natasha, visiblement agacée par cette interruption.
Le milliardaire bredouilla l'espace d'une seconde, massant sa nuque bleuie par endroits, cherchant comment formuler ce qu'il avait à dire. Il avait lui-même des doutes quand au fait que ce soit réellement Bruce... Comment le Bruce qu'il connaissait pouvait-il avoir une telle monstruosité tapie au fond de lui ? Ce n'était pas complètement impensable, après tout Banner hébergeait déjà Hulk... mais Hulk avait au moins le mérite d'avoir des motivations à peu près compréhensibles. Cette chose, en revanche...
- Crache le morceau, Stark ! lança la rouquine, alors que plus loin la créature commençait à s'agiter.
- Parce que c'est Bruce ! lâcha bêtement Tony, coupé dans l'élaboration de ses pensées et rouge de frustration.
- Quoi ? s'exclama Steve, ses grands yeux bleus écarquillés de stupeur.
Tony se pinça les lèvres, reprit ses esprits et poursuivit :
- Je ne sais pas comment ni pourquoi. Tout ce que je sais, c'est que Bruce est enfermé là-dedans. Et on va l'aider à en sortir.
- Stark, dit Natasha d'une voix douce, je ne pense pas qu'on puisse faire ça. Ce monstre est trop dangereux.
Tony se hérissa.
- Ecoute, il est venu pour nous, n'est-ce pas ? dit-il, cherchant à la convaincre. On peut donc le mener n'importe où. On peut le faire sortir de l'Héliporteur.
- Et si on échoue... commença l'espionne, sur le point d'imploser.
- Ça n'arrivera pas, Natasha.
Cette dernière haussa un sourcil qui n'avait rien de convaincu, mais elle acquiesça tout de même, non sans un soupir sec.
Clint et Steve, de leurs côtés, paraissaient déchirés. Ils avaient fini par se sentir si proches de Bruce, ces derniers mois... Il était le seul à avoir toujours du temps pour répondre avec beaucoup de patience aux questions de Steve à propos du vingt-et-unième siècle. Il était le seul que Clint croisait souvent la nuit, incapables de dormir qu'ils étaient, dévorés par leurs cauchemars. Aucun d'entre eux n'avait d'ami qu'il puisse considérer comme un confident, mais le physicien s'était en quelque sorte imposé en tant que tel, avec ses manières discrètes et son délicat sens de l'humour.
Il était hors de question qu'ils abandonnent Banner.
- Ok, les gars ! lança Tony en faisant de son mieux pour paraître enthousiaste. Direction le hangar ?
Steve, Clint et Natasha opinèrent du chef d'un même mouvement. Ils s'élancèrent donc tous les quatre en direction des baies, avec l'espoir qu'ils ne faisaient pas une grossière erreur.
Derrière eux, Monster avait repris ses esprits et commençait à se relever, clignant ses double paupières plusieurs fois pour chasser les points blancs qui obstruaient sa vue. Il fit rouler sa tête sur ses épaules, produisant un impressionnant craquement qui résonna lugubrement dans le couloir métallique.
« STupiDe SoLdAT ! », siffla-t-il, plus furieux encore qu'il ne l'était en arrivant sur l'Héliporteur. « STupiDe boUCLieR ! »
Il leur ferait payer le prix fort pour ça. Il crèverait leurs yeux, déchirerait leurs peaux, arracherait leurs cœurs encore battants de leurs poitrines. Il rirait à gorge déployée pendant que Banner regarderait au travers des yeux qu'ils partageaient et pleurerait comme la petite chose misérable qu'il était. Mais pour Stark, en revanche, il prendrait son temps. Il le ferait saigner le plus longtemps possible, il savourerait chacun de ses cris et de ses gémissements. Il l'écorcherait vif, il ôterait sa peau morceau par morceau.
Mais d'abord, il fallait les attraper. Heureusement, contrairement à cet idiot de Hulk, Monster était intelligent, c'était un prédateur. Il avait parfaitement entendu leur pathétique plan et il ne leur laisserait pas l'opportunité de le mener sur un terrain qui leur serait plus favorable pour fuir lorsqu'ils se rendraient compte qu'ils ne pouvaient pas lutter contre lui.
Il se lança à leur poursuite vers le hangar, suivant le parfum envoûtant de leur peur, se déplaçant avec une grâce qui le faisait paraître presque liquide, éventrant sans pitié tous les agents du SHIELD qui croisèrent sa route.
Au moment où il entrait dans la baie, il vit le jet réquisitionné par les Avengers sur le point de décoller. Monster inspira avec fureur. En un sprint de quelques secondes, il était déjà sur l'appareil, ses griffes infernales plantées dans l'aile droite. Cela secoua seulement le jet, qui poursuivit sur son élan et tomba par-dessus bord, avant de péniblement se stabiliser et reprendre de l'altitude.
La créature pourlécha ses lèvres fines, étirées par un sourire hystérique. Il anticipait sa victoire, il était impossible qu'il perde, cette occasion était trop belle. Il entendait Banner hurler, se jetant à corps perdu dans une bataille esprit contre esprit qu'il ne pouvait pas gagner.
C'était trop tard. Bien trop tard. Les Avengers étaient finis.
Monster, à l'aide de ses griffes qu'il plantait profondément dans la carlingue, avança vers la queue de l'appareil. Il plia férocement le métal et le jet perdit sa stabilité. Il commença à chuter inexorablement, alors que sa trajectoire prenait l'allure d'une vrille de plus en plus étroite. Même le son de l'air qui sifflait de plus en plus fort aux oreilles de la bête ne pouvait couvrir les hurlements des humains prisonniers de l'engin, incapables de sauver leurs vies en si peu de temps.
Un sourire malin sur ses traits de démon, Monster resserra sa prise sur le métal et observa le sol se rapprocher à une vitesse incroyable.
BOUM !
L'onde de choc du crash avait étalé l'appareil sur plusieurs centaines de mètres. Monster s'extirpa des débris et se redressa fièrement, entouré du chaos de flammes et de métal tordu. Ses narines se dilatèrent en humant l'odeur de la chair brûlée, un fumet qu'il appréciait tout particulièrement.
Un scintillement de lumière, différente de celle des flammes, attira son attention. Il reconnut l'éclat bleuté d'un générateur ARC miniaturisé. Il avança de quelques enjambées lestes et se saisit de l'objet brûlant, un sourire mauvais aux lèvres. Entre ses longues griffes, le cercle de métal noirci par le feu fonctionnait encore faiblement, brillant comme une étoile mourante. Sa lumière bleue baissait à vue d'œil, et finit par clignoter une dernière fois.
Monster lâcha négligemment le générateur mort et l'écrasa sous son talon, s'assurant ainsi qu'il le resterait. Les flammes semblaient fêter sa victoire en dansant autour de lui.
Il commença à rire. Il avait gagné. Banner avait tout perdu.
Son rire s'intensifia. Monster était fier de sa victoire totale, Banner n'avait plus qu'à admirer ce qu'il avait mérité.
Il riait toujours comme un dément lorsqu'il commença à se transformer, la silhouette jaune et longiligne cédant peu à peu la place à Bruce. La forme à mi-chemin entre eux deux était secouée d'éclats de rire hystériques. Celle qui était presque humaine gloussait des restes de la psyché de Monster. Mais lorsqu'il ne resta plus que Bruce, l'horreur le frappa si fort qu'il n'osa plus bouger, tremblant de tous ses membres.
Il posa un regard éteint sur les restes fumant du jet écrasé, jusqu'à ce que ses yeux chocolat tombent sur les miettes qui adhéraient encore à son pied. Il se pencha et ramassa précautionneusement un morceau à l'aspect familier. Contemplant ce qui semblait être un noyau de vibranium, il se sentit sur le point de rendre le contenu de son estomac.
Bruce réalisa soudain l'ampleur du carnage. Il sentit son cœur se briser de désespoir.
- Mon Dieu... qu'est-ce que j'ai fait ?
NdA : S'il-vous-plait, je vous en prie, ne me tuez pas. Je vous promets que tout ça a un sens (à peu près). Pauvre Bruce, j'aime tellement le martyriser... Navrée que ça ait pris tant de temps, j'ai subi quelques semaines difficiles. Oh, et merci pour tous vos adorables commentaires, vos favs et vos follows. C'est génial !
NdT : Je confirme toute la NdA :p
