Bonjour à tous! Tout d'abord, un grand merci à ceux qui ont laissé des reviews ou followé, ça fait vraiment hyper plaisir. Voici donc le premier chapitre de cette histoire, qui prend place plusieurs mois avant le prologue. Pour tout vous dire, je ne suis pas vraiment satisfaite de ce chapitre mais il fallait bien que je commence cette histoire d'une façon ou d'une autre. Alors, s'il vous plaît, dites-moi ce qui ne va pas et comment je peux l'améliorer. Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture!


POV Quinn

20 minutes. C'est le temps qu'il me reste à supporter le discours ennuyeux au possible de cet imbécile de professeur, tout ça pour nous répéter encore une fois leur vision du système. A savoir, la générosité et la bienfaisance du Roi -qui est malheureusement mon père- et la barbarie des Résistants. Alors que mon père est comme un dictateur -avec des pouvoirs magiques- et que les Résistants sont bien courageux de se rebeller.

Heureusement pour moi, la lecture des pensées ne fait pas partie des pouvoirs existants, sinon, je serais morte depuis longtemps. Les différents pouvoirs se limitent à une force musculaire plus développée -en général c'est pas le cas de l'intelligence- ou à une vitesse de déplacement très élevée, ou encore la maîtrise d'un des quatre éléments -l'air, l'eau, la terre et le feu. Les personnes de sang royal sont la seule exception puisqu'ils maîtrisent les quatre éléments au lieu d'un seul. Autrement dit, il s'agit juste de mon père et moi.

_Mademoiselle Fabray ! Auriez-vous l'obligeance de cesser de rêvasser et d'écouter ce que je peux bien raconter ?

Tiens, on dirait bien que l'autre imbécile me parle ! Mais, visiblement, il a oublié à qui il s'adresse. Je me fais cependant un plaisir de le lui rappeler en le fixant d'un regard glacial, accompagné du sourire le plus menaçant que je possède. Il doit commencer à se sentir mal à l'aise puisqu'il gigote et détourne le regard pour ne pas avoir à croiser le mien. Je décide de lui asséner le coup final en reprenant la parole et en lui répondant, à ma manière.

_Je ne pense pas que méditer sur ce que vous racontiez puisse déranger la classe et, par conséquent vous, de quelque manière que ce soit. N'est-ce pas, monsieur ?

Il s'empresse d'acquiescer et de bégayer un vague « Oui, bien sûr » avant de passer à autre chose. Inspirer la crainte, l'un des rares avantages de faire partie de la famille royale, qui fait que personne ne me reproche jamais rien. Ou presque. En effet, mon père et mon meilleur ami ne font pas vraiment partie de cette catégorie de personnes.

La sonnerie retentit et je peux enfin sortir de cette salle...pour aller au gymnase. Tout compte fait, j'aurais préféré rester en cours. Ce n'est pas que je déteste le sport, on peut même dire que j'aime bien en faire, mais le problème c'est que je ne peux pas m'entraîner. Plus exactement, en théorie, je peux mais en pratique ils ont tellement peur de mon père ou de moi que personne ne se bat réellement contre moi -mon meilleur ami n'ayant plus le droit de m'affronter depuis qu'il m'a fracturé le nez il y a deux ans. Du coup, je vais passer deux heures à me faire royalement chier étant donné que les arts martiaux sont les seuls sports que l'on pratique le lundi au Lycée.

XXX.

Royalement chier. C'était vraiment le cas de le dire. Heureusement, c'était le dernier cours de la journée et je peux enfin rentrer au Palais. Je me dépêche d'arriver à ma chambre le plus discrètement possible afin d'éviter les discussions barbantes à souhait avec tous les officiers de haut rang.

Une fois arrivée dans ma chambre, je laisse échapper un soupir de soulagement tout en me laissant tomber sur mon lit. Après quelques minutes de détente, je finis par me redresser et attraper ma pile de devoirs à faire avec résignation. Quand je les termine, je me rends compte qu'il me reste environ une demi-heure avant d'aller dîner avec mon père et j'en profite pour commencer un bouquin. Malheureusement, le temps passe bien trop vite et il est bientôt l'heure d'aller retrouver mon père dans la salle de réception. En ayant couru sur les derniers mètres, j'arrive au moment même où l'horloge égrène dix-neuf heures trente, c'est-à-dire pile à l'heure.

Il existe deux types de dîners avec mon père. Il y a tout d'abord ceux où il est à peu près de bonne humeur et, dans ce cas-là, se contente de garder le silence. Même si c'est souvent pesant et quelquefois oppressant, c'est ce que je préfère. Parce qu'il y a les autres. Les dîners où il est énervé quand la journée ne s'est pas déroulée comme il l'avait prévu. Et, croyez-moi, personne ne veut être présent dans ces moments-là. Il entre dans des colères noires contre quasiment n'importe quoi ou n'importe qui et peut aussi se montrer très violent envers quelqu'un qui le contrarie, même légèrement. Vraiment très violent. Mes côtes s'en souviennent encore.

Apparemment, aujourd'hui est un bon jour étant donné qu'il ne m'a adressé qu'un bref regard avant de se mettre à table. Même si je ne le montre pas -un autre truc appris de mon père- je suis rassurée et m'installe à table à mon tour. Comme je l'avais prédit, le repas se déroule dans le silence le plus total, juste entrecoupé par les allées et venues des serveurs. Lorsque le repas touche à sa fin, il me renvoie dans ma chambre d'un vague signe de la main et je quitte la pièce sans rien ajouter.

Maintenant, je me suis habituée à la « relation » que j'ai avec mon père et j'en arrive à être soulagée de ne pas avoir à le côtoyer plus que nécessaire. Contrairement à ce que les gens peuvent penser, je ne suis pas son clone en miniature même s'il est vrai que je ne fais rien pour démentir cette croyance. Cela doit être du au fait que l'on a quand même quelques points communs. Pour ce qui est du physique, je dirais les cheveux blonds et les yeux verts-noisette. Pour le reste, on a la même tendance à ne pas montrer ce que l'on ressent et à être froids avec les gens que l'on ne connaît pas parfaitement -c'est-à-dire la plupart des personnes. Mais ça s'arrête là. Je ne suis pas diabolique comme lui, je n'aime pas particulièrement la violence, je déteste la torture, je ne méprise pas les gens pauvres, je n'ai pas pour habitude d'exécuter ou de faire exécuter ceux qui ne font pas ce que je veux, et j'en passe. Sauf que personne ne le sait ou même ne s'en doute, à part Mike, mon meilleur ami, le seul qui me connaît vraiment. Mais je ne peux le révéler à personne, sous peine de me faire tuer. Tout le monde ou presque a une peur bleue de mon père et les Résistants sont très rares et très difficiles à trouver. De toute façon, ils ne me croiraient pas.

Arrivée dans ma chambre, je me dirige vers le lit tout en prenant mon livre commencé peu avant le dîner. Il vaut mieux que personne ne voit ce que je lis car ce bouquin fait partie de la très longue liste de livres interdits -comme la plupart de ceux que je lis. Il faudra vraiment que je remercie un jour la bibliothécaire d'être si étourdie qu'elle oublie toujours de fermer à clé la porte de derrière. Cependant, avant d'avoir pu continuer ma lecture, des coups sont frappés à ma porte.

Je décide de répondre, étonnée, car d'habitude personne ne vient me voir si tard.

_Entrez !

Tout s'explique quand je vois la tête de Mike se glisser discrètement dans l'embrasure de la porte. Celui-ci est mon meilleur ami depuis environ dix ans et a une certaine tendance à ne pas forcément respecter les règles.

Il me lance son sourire habituel avant de prendre la parole.

_Salut !

Je secoue la tête avec un léger rire avant de lui répondre.

_T'es au courant que t'as pas le droit d'être ici normalement ?

Il ne se démonte pas et réplique avec une mine faussement surprise.

_Ah, parce que tu écoutes tout ce que l'on te dit de faire maintenant? Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de Quinn Fabray ?

Bon, c'est vrai que vu comme ça, il a pas totalement tort. Je lui réponds seulement par un grognement irrité et détourne le sujet.

_Donc, pour quelle raison mon magnifique et merveilleux meilleur ami vient-il me rendre cette visite, ô combien appréciée ?

_Pourquoi ai-je la drôle d'impression que cette phrase contient de l'ironie ?

Je prends le ton le plus mielleux que je possède avant d'en rajouter une couche.

_Jamais je ne me le permettrais ! Quel sacrilège ! Se moquer de l'homme le plus parfait qui puisse exister sur Terre alors que...

Je n'ai cependant pas le temps de finir ma phrase, coupée dans mon élan par un coussin que Mike vient de me lancer dessus. Je me tourne vers lui et le fusille du regard, faisant disparaître rapidement son sourire narquois. Il déglutit difficilement avant de prendre la parole.

_Hey Quinn, c'était juste un coussin et...

Cette fois-ci, c'est lui qui n'a pas le temps de finir sa phrase, grâce ou à cause -tout dépend du point de vue- du magistral coup d'oreiller que je viens de lui asséner. Je comprends au regard qu'il me lance qu'une mémorable bataille d'oreillers va avoir lieu.

Quelques minutes plus tard, je suis toujours allongée sur mon lit en compagnie de Mike sauf qu'à la différence de tout à l'heure nous sommes tous les deux rouges et essoufflés à cause de notre bataille de polochons. Je fronce tout à coup mes sourcils quand une question me traverse l'esprit.

_Dis, pourquoi tu es passé me voir ?

_T'as qu'à le dire si je te dérange !

Je roule des yeux devant son ton légèrement vexé.

_C'est pas ça et tu le sais très bien ! C'est juste que d'habitude tu ne passes jamais aussi tard et je me posais juste la question.

Il me sourit légèrement, rassuré, avant de répondre.

_C'est mon père qui m'a retenu. Il me parlait encore une fois du stage à l'armée qu'il aimerait que je fasse pendant les prochaines vacances.

Je me tourne complètement vers lui et le dévisage soucieusement devant son manque évident d'optimisme.

_Il va peut-être finir par laisser tomber, après tout il doit bien voir que t'en a pas envie.

Il secoue légèrement la tête avec un rire dénué d'humour.

_Arrête, tu sais aussi bien que moi qu'il n'abandonnera pas. Et même si j'apprécie tes efforts pour essayer de me remonter le moral, j'ai juste pas envie d'en parler.

Je me mords légèrement la lèvre à la vue de son visage fermé, signe qu'il est vraiment contrarié. Je lui proposerais bien d'en parler à mon père si je ne savais pas que ça risque d'empirer les choses.

_Ok, tu veux faire quoi alors ?

Il se tourne vers moi avec un énorme sourire et, à cet instant, je regrette presque d'avoir posé la question.

_On se regarde un film ?

Je lui jette un regard méfiant devant sa réponse. Il ne veut jamais en regarder d'habitude !

_Pourquoi pas Paranormal Activity ?

Je laisse échapper un gémissement dépité devant sa proposition. Tout s'explique ! Il ne regarde que des séries ou des émissions débiles à la télé mais les seuls films qu'il aime c'est les films d'horreur ! Les films d'horreur ! Qu'est-ce que je déteste ça !

Je m'apprête à protester violemment avant de me dire que ça lui remontera peut-être le moral. Voyant que je suis en plein dilemme interne, il me fait sa tête de chien battu et ajoute d'une voix assortie à son expression « s'il-te-plaît ». Je roule intérieurement des yeux en sachant ce que je vais accepter avant de souffler un « d'accord » résigné.

_Yes !

Il se redresse à toute vitesse et part chercher le DVD, qu'il m'a lui-même offert. Il revient rapidement s'installer sur le lit et lance le film avec un énorme sourire. Il passe son bras autour de mon épaule en voyant que je suis loin d'être rassurée.

_T'inquiète pas ! C'est pas la réalité, c'est juste un film.

Je me détends légèrement et me concentre sur le film.

Après environ une heure et demi, le générique s'affiche enfin à l'écran et je soupire en me passant les mains sur le visage.

_Plus. Jamais. Ça. T'as compris ?!

Mike ne peut s'empêcher d'éclater de rire face à mon air dépité.

_C'était pas si horrible que ça !

Je le regarde d'un air incrédule avant de répondre.

_Parle pour toi !

Il secoue la tête avec un air amusé mais son sourire se fane soudainement. En suivant la direction de son regard, j'aperçois l'heure affichée sur le radio-réveil et me rends compte qu'il est bien plus tard que ce que l'on pensait.

_Je vais devoir y aller, j'avais pas vu l'heure.

J'acquiesce de la tête à ces paroles et le regarde rassembler ses affaires. Une fois qu'il a tout récupéré, il m'adresse un léger sourire et dépose un baiser sur ma joue.

_Bonne nuit, Q ! A demain !

_A demain Mike !

J'entends la porte claquer et me rallonge confortablement dans mon lit. La pièce est plongée dans le noir depuis plusieurs minutes mais je n'arrive pas à trouver le sommeil, la faute à ce satané film qui me trotte toujours dans la tête. Foutu meilleur ami ! Comment je vais faire pour dormir maintenant ?

XXX.

L'horloge de la ville sonne huit heures tapantes et, au même moment, je grimace en voyant les grilles du Lycée fermées -signe que je suis encore une fois en retard. Je me dépêche de traverser la cour pour arriver à la salle de classe en essayant de limiter mon retard et souffle un bon coup avant d'ouvrir la porte. Je me dirige vers ma place sans un regard pour le professeur qui ne me fait de toute façon aucune remarque. Je m'assieds avec, je le sais, ma tête des mauvais jours mais cela n'a pas l'air de décourager Mike, assis non loin de moi.

_T'as pas passé une bonne nuit ?

Je le fusille littéralement du regard en voyant son sourire malicieux.

_A ton avis, crétin ?

Il rigole silencieusement sans se formaliser de l'insulte et reporte son attention sur le cours alors que je fais de même. La tranquillité du cours est soudainement interrompue quand le principal entre dans la classe accompagnée d'une nouvelle élève.

_Bonjour à tous ! Je vous présente Santana Lopez, qui est désormais élève dans notre prestigieux lycée.

Je lève les yeux au ciel devant cet auto-jetage de fleurs. Le principal repart aussitôt et Shuester place la nouvelle élève juste devant moi. J'en profite pour la détailler plus attentivement.

Elle est clairement d'origine latine, pas très grande -sûrement un peu plus petite que moi- et possède de longs cheveux couleur corbeau. De là où je suis je ne vois pas très bien, mais je dirais qu'elle a des yeux très sombres, presque noirs. Pour résumer, elle est tout simplement magnifique.

Elle a du sentir que je la fixais puisqu'elle se retourne en fronçant légèrement les sourcils. Ses yeux s'arrêtent sur moi et je suis incapable de briser ce lien visuel, fascinée par l'intensité de son regard. Elle finit cependant par se retourner vers le tableau, mettant fin à cet étrange échange. Je secoue légèrement la tête pour me débarrasser de mes pensées bizarres.

Je réalise alors qu'elle a soutenu mon regard, contrairement à la plupart des personnes qui baissent les yeux devant moi. Je laisse un sourire étirer mes lèvres en me disant que cette année allait enfin devenir intéressante. Elle me jette un nouveau regard et je souris de plus belle. Vraiment très intéressante.


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