POV BELLA
J' attendais, perdue dans mes pensées. Je m' étais rendue compte que le fait de voyager avec Jacob avait égayé ma vie. Il possédait une présence charismatique qu' on prenait en plein visage dès qu' il était près de vous. Elle débordait de toute part et vous ne pouviez pas y être indifférente. Elle vous submergeait et vous y deveniez accro. Là, il me manquait déjà. Je savais que le restant de la route sans lui allait me peser. Pourtant, je n' en étais pas amoureuse juste assez attirée pour passer une nuit avec lui. Et quelle nuit de celles qui vous marque jusqu' à la fin de vos jours. Evidemment, je n' aurais jamais du franchir un tel pas avec lui surtout dans ma position actuelle mais cela resterait là au fond de ma tête.
L' hôtesse au micro me sortit de mes pensées en annonçant le départ pour Las Vegas avec le bus numéro trois, c' était le mien, pour dans quelques minutes. Le coeur gros, je préparais mes affaires et me dirigeais vers la soute à bagages afin de les déposer.
Quelques minutes après alors que je m' apprêtais à monter dans le bus, une fanfaronnade de klaxon me fit m' arrêter. C' était Jacob. Il était revenu et j' en étais heureuse.
Il descendit et vint rapidement à ma rencontre.
-Ecoute, j' ai bien réfléchi et tant pis si ton père me tombe dessus avec une arme au point ou même un fusil, je prend le risque. Je ne sais absolument pas pourquoi je fais ça, j' suis probablement complètement débile mais c' est pas grave mais rien qu' à la pensée de terminer ce voyage tout seul ne m' enchante guère et je pense que toi aussi, alors je serais ravi que tu me le pourrisses ce voyage, que tu m' ennuies, que tu me déstabilises jusqu' à ce qu' on soit arrivé. Ça te va? Me demanda-t-il euphorique.
Je souris tellement j' étais en émoi devant sa demande.
-Es-tu vraiment sûr de vouloir me supporter encore pendant tous ces kilomètres? Lui demandai-je malicieusement.
-Oui et même plutôt deux fois qu' une.
Il ne me laissa pas répondre et se dirigea déjà pour récupérer mes bagages dans la soute du bus.
-Dépêchons-nous on a de la route à faire ce soir je veux dormir dans le Wyoming! Lâcha-t-il en rigolant.
Je le suivis sans plus me retenir.
-Oh! Attend, lui dis-je, il faut que je revende mon billet.
Je partis vers les bancs où des gens étaient posés en attendant les bus et je proposais mon billet. Quelqu' un me le racheta illico-presto. Je revins à la voiture l' argent dans la main et le sourire aux lèvres. Je sautais sur le siège passager.
-En route, Jeeze!
-Oui, Miss Daisy...
Nous avions dépassé la ville. Jacob roulait avec un étrange sourire aux lèvres. J' en profitais pour l' observer encore. Son visage tanné par le soleil était magnifique, sa bouche ourlée de lèvres rosies et superbement dessinées donnait envie de scotcher la nôtre dessus pour l' éternité. Il possédait deux pommettes saillantes que toutes les femmes auraient pu lui envier. Un menton avec une petite fossette absolument divine et qui faisait beaucoup dans son charme. Un front bien là qui montrait sa détermination et des yeux noirs si profonds qu' on aimait se perdre dedans. Une chevelure ébène que même Blanche-Neige en serait jalouse. Au final, il était vraiment très beau.
-Tu m' observes encore, me dit-il sans toutefois me questionner.
-Oui, répondis-je pas honteuse du tout qu' il s' en soit aperçu.
-Et qu' est-ce que tu vois cette fois?
-Un mec avec un très beau visage.
-Tu me surprendras souvent avec ta franchise, me dit-il. Mais merci pour le compliment.
-C' est quoi tes origines?
-Amérindienne. Je croyais que c' était flagrant.
-ça l' ai mais je voulais que tu me le confirmes.
-Ben ça y est c' est fait, dit-il en souriant.
-D' où?
-Au départ mes ancêtres viennent de l' Etat de Washington, du côté de Seattle, plus bas en fait. La réserve porte le nom de La Push et mon peuple originel s' appelle les Quileutes d' après ce que j' ai pu savoir. Mais mon grand-père en ai parti pour venir vivre dans le Michigan alors que mon père n' était pas encore né. Donc, je ne connais pas du tout cet endroit, ni même mon paternel d' ailleurs. Et c' est très difficile d' avoir des renseignements, c' est un sujet tabou à la maison. Mais voilà en gros, je suis d' origine du Nord-Ouest des Etats-Unis. Et toi?
-C' est intéressant, lui dis-je, quant à moi c' est loin d' être aussi passionnant, nous sommes issus d' une longue lignée d' américain de pure souche, quoiqu' on est vraiment sûr de rien avec la guerre de sécession, de Swan du Minnesota. Toute ma famille actuelle y est née et mes ancêtres aussi.
-C' est bien ça, tu connais au moins tes racines, moi j' ai pas cette chance.
-Fais des recherches!
-Un jour probablement que je le ferais.
Nous avions bien roulé. Nous n' étions plus qu' à quelques kilomètres de Rapid City et il n' était que dix-sept heures. Jacob proposa qu' on s' arrête dans cette ville pour manger un bon repas chaud et de reprendre encore la route quelques heures pour passer la frontière de l' Etat assez rapidement et de trouver un endroit où dormir dans le Wyoming. J' en profitais ainsi pour appeler mon père comme je l' avais décidé. Mon portable passait sans aucun problème maintenant. Je respirais un grand coup, la conversation allait être rude.
-Bonjour, Papa, c' est Bella.
-... (interlocuteur)
-Ne commence pas à crier ou je raccroche.
-...
-Oui je vais bien.
-...
-Non, je ne reviendrais pas à la maison. Pas maintenant du moins.
-...
-Je ne te le dirais pas.
-...
-Non, je ne me suis pas enfuie avec quelqu' un.
-...
-Papa, si tu fais ça, je te promet que jamais tu ne me reverras!
-...
-Cesse avec tes menaces.
-...
-Papa, je...
-...
-Papa...
Il hurlait dans le combiné et on pouvait l' entendre à plusieurs mètres tellement ça résonnait dans l' appareil. Il ne me laissait plus en placer une et me menaçait de diverses choses.
-Papa, je raccroche si tu n' es pas capable de discuter calmement.
Mais rien y faisait. Je lui bouclais le téléphone au nez. Il sonna quelques minutes après mais je ne décrochai pas. Il ne méritait pas que je le fasse et j' étais trop en colère après lui pour le faire à présent. On verrait demain quand tout serait retombé des deux côtés.
Je rejoignis Jacob à la voiture. Celui-ci m' attendait avec le sourire. Je me forçais à lui rendre et me construisis un visage serein pour ne pas l' inquiéter.
POV JACOB
Voilà j' aimais quand elle me déstabilisait. C' était ce que j' en avais retiré de mes élucubrations. Elle était drôlement franche et ne perdait presque jamais pied, c' était dingue. Elle m' observait souvent ce qui me décontenançait même si je ne lui montrais pas. C' était un vrai rayon de soleil à elle toute seule et j' étais heureux d' avoir pris la bonne décision.
Rapid City était la deuxième ville la plus grosse ou plus peuplée comme vous voulez de l' Etat du Dakota du Sud. La ville était parfaitement animée et nous mîmes pas long à trouver un endroit où manger. Le repas avalé, nous remontâmes en voiture et repartions sur le chemin de notre destinée.
Je roulais inlassablement mais mes yeux commençaient à piquer et Bella n' était plus très active, elle bâillait aux corneilles. Nous avions passé la frontière de l' état du Wyoming depuis quelques heures déjà, on avait pris une bonne avance. Donc je décidais de faire encore quelques kilomètres et de voir pour trouver un endroit où dormir. Malheureusement, la route défilait mais pas de môtel en vue. Il fallait vraiment que je m' arrête. Je bifurquais sur un petit chemin de terre dans la forêt et m' arrêtais.
-Qu' est-ce que tu fais? Me demanda Bella.
-Je m' arrête là pour cette nuit. Je suis crevé.
-On va pas dans un hôtel?
-ça fait des kilomètres que je couvre et y en a pas un seul en vue et j' en peux plus, Bella. Alors tant pis pour cette nuit, il va falloir qu' on se contente de l' arrière de ma voiture.
-Mais on aura jamais assez de place.
-Si! Si tu m' aides, tu vas voir j' vais nous concocter un lit bien douillet.
-Ok mais j' suis sceptique.
-Tu verras bien.
Elle m' aida à déplacer nos affaires et je pus ainsi plier les sièges à l' arrière de la Cherokee afin de les mettre en position coucher. Nos bagages et compagnie, je les mis devant ainsi qu' au pied à l' arrière derrière nos sièges conducteur et passager. Le reste, je le calais de chaque côté du coffre. Il manquait plus qu' à trouver de quoi nous faire un bon matelas et ça irait; j' avais des plaids et ma couette et Bella avait elle aussi récupéré ses couvertures dans sa voiture. Au moins on aurait pas froid. J' allais faire un tour dans la forêt et y dénichais des branches de pins, c' était à peu près tout ce qu' il y avait pour faire une couche. Je ramenais ça à la voiture, Bella me regarda sceptique.
-T' as l' intention de nous faire dormir là-dessus?
-Oui c' est ce qu' il y a de mieux dans le coin.
-J' me demande s' il ne vaudrait pas mieux dormir à même le sol du coffre.
-Je t' assure que non et demain tu me remercieras.
J' étalais les branches dans le coffre alors qu' elle faisait une moue terriblement mignonne et j' eus aussitôt envie de rire en la voyant faire. Je balançais les quatre plaids que nous avions par-dessus les branchages et recouvrait le tout avec la couette.
-Votre lit est prêt mademoiselle, dis-je en souriant de plus belle pour me moquer d' elle.
Je l' aidais à monter alors qu' elle répondait d' un air dédaigneux. Elle enleva ses tongs.
-Je te propose juste d' enfiler un pantalon et un pull, tu auras plus chaud cette nuit.
Elle me regarda avec ses yeux noirs qui me mitraillaient l' air de me dire «ben oui c' est ce que j' allais faire, tu me prends pour qui!» ce qui me fit rire. Elle grogna de mécontentement et moi j' étais hilare. Elle attrapa ce qui lui fallait et se changea devant moi et je perdis d' un coup mon hilarité en route pour laisser place à de la stupéfaction encore une fois. Elle sourit de son effet machiavel et s' en délecta. Je me repris enfin et me retournai mais c' était trop tard, elle m' avait eu.
-Je suis prête, me signifia-t-elle.
Je me retournais alors et enlevai mes chaussures pour monter moi aussi dans le coffre. Je refermais en claquant un bon coup celui-ci. Et je m' installais.
-Je te préviens, je ne bouge plus donc si tu as envie de faire pipi... ben c' est trop tard! Fallait y penser avant, me moquai-je à nouveau.
-C' est bon, j' ai pris mes précautions! Grogna-t-elle.
Je riais sans faire de bruit, c' était tellement bon de l' asticoter.
-Arrêtes de rire! Et bonne nuit, Jake.
-Bonne nuit, Bella, ris-je de plus belle.
-J' avoue qu' on est pas trop mal installé, me dit-elle.
-Je le savais!
-Oh! Tais-toi!
Si elle avait eu un oreiller, je l' aurais reçu en pleine poire, j' en étais sûre. Comme la nuit d' avant, elle vint se caler contre moi, me demandant une place au creux de mes bras que je ne lui refusais pas. C' était même instinctif, mes bras s' ouvraient tout seul pour elle.
La nuit fut bonne malgré la fraîcheur qui avait investit la voiture de bonne heure ce matin. Je l' avais senti parce que Bella s' était inconsciemment resserrée contre moi ce qui m' avait réveillé. Le soleil venait de se lever et j' avais les yeux grands ouverts mais je restais comme ça à fixer un point à travers le carreau embué de la voiture, j' étais perdu dans mes pensées, j' étais ailleurs sur d' autres chemins et je me laissais emporter par tout ça. Je vivais des moments intenses depuis que j' étais parti du Michigan et encore plus depuis que je l' avais rencontré. Je crois bien que je n' étais pas près de l' oublier de sitôt, elle hanterait mes souvenirs pour un moment. C' était incroyable comme une personne dont vous ignoriez l' existence jusqu' à il y a quelques jours, pouvait vous faire cet effet là. J' avais l' impression de la connaître depuis des lustres même si beaucoup de zones d' ombres gravitaient encore autour d' elle. Elle s' éveilla doucement toujours blottie dans mes bras, toujours sa main posée sur mon torse à l' emplacement de mon coeur.
POV BELLA
Une respiration à peine perceptible soulevait sa poitrine pourtant je crois bien qu' il était réveillé. Mais il avait l' air si bien qu' il en était serein ce que conférait la lenteur de son souffle. Et moi aussi j' étais bien. J' avais chaud tout contre lui et je ne réprimais aucune honte d' être dans ses bras rassurants qui m' enlaçaient tendrement. Nous n' étions pas amants, ni amie, ni ensemble mais quelque chose de particulier se passait entre nous, je n' arrivais pas à mettre un doigt dessus, je n' arrivais pas à qualifier cette relation mais elle était déjà entrain de prendre une place d' honneur dans ma mémoire. J' ouvris les yeux doucement et levais mon visage vers le sien qui me souriait déjà de bon matin. C' était agréable.
-Salut. Bien dormi sur mon super matelas? Me demanda-t-il joyeusement.
-Toi ou ton matelas de fortune? Ironisai-je. Parce que c' est pas pareil, hein!
-Tu pourrais faire un effort, Bella et admettre que je suis doué pour préparer des bons petits nids douillets! Enfin, remarque, pour ce que tu y passes dessus, t' as pas le temps de t' en rendre compte! Se moqua-t-il.
-T' es pas mal comme matelas, faut avouer!
Il rit aux éclats, de ce rire enfantin. C' était craquant. Je repris mon sérieux et juste pour le faire damner.
-Bon allez! Bouscule-toi j' ai envie d' aller au petit coin alors magne-toi la rondelle de te lever et de m' ouvrir la porte du coffre.
Il me regarda surprit et j' eus envie de rire mais me retins, il fallait que je le fasse marcher parce que j' adorais sa façon d' être devant une fille qui lui donnait des ordres et qui le bousculait un peu. Il était d' un calme olympien et d' une patience incroyable et ça me faisait marrer, je me demandais bien à quel moment il craquerait.
-Et le «s' il te plait, Jacob, Chéri»? Non! C' est pas dans tes mots à apprendre pour être gentille?
Je lui fis ma jolie moue et battis des cils. Il n' eut pas le courage de me dire non et je le vis se demander s' il n' avait pas été trop loin dans ses paroles du moins c' était ce que j' en déduisis à sa tête.
-S' il te plait, Jake, dis-je d' une voix suave.
Je me rapprochais de lui et déposai un baiser chaste aux coins de ses lèvres. Il resta comme un couillon et ne bougea plus. Je l' avais eu. Il finit par se lever et alla m' ouvrir sans me dire un mot. J' avais peut être trop joué là!
Je descendis et m' étirais alors que lui aussi se dirigeait vers la forêt.
Quelques heures plus tard et après avoir remballé nos affaires et notre lit d' appoint, nous étions à nouveau sur la route. Il ne m' avait toujours pas reparlé, je crois que j' avais vraiment dépassé les bornes et à y réfléchir je comprenais pourquoi. Notre relation n' était pas définie et je ne pouvais pas la définir mais j' en profitais pour lui donner peut être des doutes. Il naviguait à vue avec moi et peut être, non, certainement qu' il ne savait pas vraiment quoi en penser et il ne savait peut être pas non plus de son côté ce qu' il se passait en lui, si toutefois quelque chose se passait. Il fallait que je trouve un moyen de rectifier l' ordre des choses et de lui dire toute la vérité. En étant franche, peut être qu' il me comprendrait mais avant il fallait que je réfléchisse à comment lui expliquer tout ça et je voulais auparavant rétablir le contact.
-Parle-moi de ce que tu faisais dans le Michigan, quel boulot faisais-tu avant de partir?
Il me regarda en coin, laissa passer un blanc, soupira puis finit par me répondre.
-Je travaillais pour un magasin de location de matériels sportifs. Je faisais un peu de tout en fait dans ce magasin. Je réparais aussi bien les skis et les raquettes que les motoneiges. Et je partais de temps en temps en randonnée sur plusieurs jours avec des clients à dormir en tente ou en igloo ou encore en chalet de survie.
-ç' avait l' air génial, lui fis-je remarquer.
-Oui dans l' absolu c' était pas mal mais je me voyais mal faire ça toute ma vie. Bien sûr, je ne renie rien ça m' a apprit beaucoup de choses. Et j' ai pu partir de chez mes parents plutôt et m' assumer seul ce qui n' est pas négligeable pour un garçon.
-C' est vrai. Et tu veux faire quoi de ta vie exactement? Tu as éludé la question l' autre jour au môtel.
Il sourit mais finit par me répondre.
-Je sais pas exactement, mannequin, présentateur, acteur, réalisateur... quelque chose qui pourra me rapporter assez d' argent pour entretenir ma famille.
-Wow, tu sais que ça va pas être facile. T' as pas choisi les métiers les moins prisés! Et surtout que c' est un monde où tu n' entres pas comme ça.
-Oui j' en suis conscient mais pourquoi ne tenterais-je pas. J' ai un profil pour être mannequin déjà et je m' entretiens et j' essaie de vivre sainement.
-Oui il faut aussi une volonté de fer et ne pas avoir peur de prendre un mur si ça ne fonctionne pas et surtout savoir aussi quoi faire si tu ne réussis pas.
-On dit justement que pour faire ces métiers, il ne faut pas penser qu' on y arrivera pas et ne pas prévoir de porte de sortie sinon ça ne nous fait pas avancer. Et ne t' inquiète pas je crois que de la volonté j' en ai à revendre.
-C' est marrant mais je ne pensais que c' était à ça que tu aspirais. En te voyant, je veux dire et de discuter avec toi tu es tellement droit et franc, et tellement toi-même que c' est plutôt insoupçonnable.
-Ben j' espère être moi-même et le rester même en faisant l' un de ces métiers et il n' y a pas de raison. J' ai pas envie de changer.
-C' est très bien ça. Et pourquoi maintenant? Pourquoi pas être parti directement quand tu as quitté le nid familial?
Il ne me répondit pas tout de suite. Quelque chose passa dans son regard et sur son visage d' indescriptible, il avait l' air gêné et réticent quant à la question ou la réponse, je ne savais pas. Il prit une profonde inspiration et me répondit.
-Pour l' amour d' une fille peut être, lâcha-t-il les yeux dans le vague.
-Et elle t' a quitté, c' est pour ça que tu es là aujourd' hui, c' est ça?
-Pas exactement.
Je ne savais pas comment m' y prendre avec ce mini avoeu et je ne savais pas surtout s' il était bon de le pousser à en parler. Il avait l' air de louvoyer mais après tout, je lui avais confié des trucs sur ma vie qui était loin d' être rose, il pouvait bien s' abandonner quelques minutes aussi à la franchise.
-Je t' écoute si tu es prêt à en parler.
Il attendit puis se décida.
-Entre Angela et moi ç' a toujours été sulfureux. J' veux dire, on sortait ensemble depuis la fin du collège. Au lycée, on n' arrêtait pas de se séparer parce qu' on se disputait sans cesse. Ça durait des mois des fois puis on se réconciliait souvent, je l' avoue sur l' oreiller, elle me tenait comme ça, je crois!
Il rit mais d' un rire frustré. Il reprit.
-Ensuite quand on a eu fini le lycée, elle a continué ses études et moi j' ai voulu travaillé de suite pour justement partir de chez moi et de pouvoir prendre un appartement avec elle. Je pensais qu' on allait vivre heureux, que le pire était derrière nous, etc... mais je m' étais trompé. Les disputes ont recommencé de plus belles, elle dormait de plus en plus chez ses copines soit au dortoir de la fac me prétextant qu' elle avait du travail à la bibliothèque et qu' elle préférait rester sur place pour pouvoir dormir plus longtemps. Soit elle sortait aux fêtes des fraternités et sororités de son campus et du coup restait aussi dormir sur place et moi comme je travaillais et que des fois j' étais en déplacement sur plusieurs jours avec les randonnées ben je ne l' accompagnais pas et franchement c' était plus mon monde, non plus, donc ça créait encore plus de tensions entre nous avec les reproches et bla bla bla...
Il soupira à nouveau longuement, je sentais qu' il n' avait pas fini.
-Et à chaque fois ça finissait pareil, on s' engueulait et deux jours plus tard elle me faisait son cinéma à se trimballer à poil devant moi et je retombais dans le panneau! Jusqu' au jour où alors que j' accompagnais un groupe de randonneurs et que j' étais sensé partir pendant presque une semaine, l' un des gars a fait un infarctus et je suis donc rentré plutôt que prévu et elle était bien à l' appartement mais pas toute seule... Elle s' envoyait en l' air avec mon meilleur ami et dans mon lit en prime.
Il soupira et une douleur non dissimulée passa à travers ses yeux charbonneux.
-Et j' appris plus tard que ça faisait un moment qu' elle, enfin qu' ils se foutaient de ma gueule derrière mon dos. Alors tu comprendras que je puisse être méfiant et tu comprendras peut être certaines de mes réactions.
Bien sûr, c' était évident c' était ça qu' il s' était passé ce matin. Je faisais à présent le lien, j' avais joué avec lui et ça lui avait rappelé cette partie douloureuse de sa vie.
-J' en ai bavé après la rupture. Je me suis effondré. Je ne m' en cache pas. Je me suis complètement renfermé sur moi-même, je ne suis pas sorti de mon appartement pendant des jours et des jours, je n' allais plus bossé et je m' enivrais tous les jours et toute la journée. J' ai pleuré... beaucoup... j' étais vraiment amoureux d' elle et elle m' a fait beaucoup de mal en se fichant de moi comme ça. Tout ce que je voulais moi, c' était qu' elle soit honnête avec moi et mes sentiments et avec les siens aussi. J' attendais qu' elle me dise ce qui n' allait pas ou plus entre nous, ou qu' elle me dise tout simplement qu' elle ne m' aimait plus... ç' aurait été moins douloureux. Mais elle ne l' a pas fait. Et en plus, elle s' est envoyé mon meilleur ami, j' sais pas s' il y a pire comme situation. Evidemment, lui ne s' est même pas défendu et je lui ai cassé le nez. C' est nul, je sais mais ça m' a fait du bien sur le moment.
Je l' écoutais attentivement, rien que dans ses paroles, je ressentais encore sa souffrance. Il n' était pas guéri et moi, je n' avais pas été correcte. Il fallait que je lui dise, que je lui fasse des excuses.
-Excuses-moi pour ce matin, c' était pas mon attention de jouer avec toi. Je voulais juste te provoquer un peu. Je voulais voir tes réactions et je me rend compte que j' ai mal agit. De plus, je n' ai pas à le faire. Comme tu l' as déjà exprimer nous ne sommes rien l' un pour l' autre, nous n' avons pas de relation définie jusqu' à maintenant alors je comprend que tu aies pu être fâché contre moi.
-Je ne peux pas t' en vouloir mais c' est encore trop frais cette histoire pour que ça ne me touche plus. Et elle a changé ma façon de voir les choses, je suis devenu méfiant et pourtant j' ai une certaine confiance en toi. C' est ça qui est déroutant aussi pour moi.
-Hum... Elle t' as sacrément brisé le coeur, lui fis-je remarquer.
-Oui, pas qu' un peu ça c' est sûr.
Il soupira et moi je le fixais différemment maintenant. Il avait l' air si fragile à cet instant que mon coeur se serra. Et mon envie pour lui fit tout à coup son apparition...
POV JACOB
L' expression «faire tourner en bourrique» n' avait plus de secret pour moi et c' était ce qu' avait essayé de faire Bella ce matin, seulement, elle avait réveillé le mec méfiant en moi, celui qui s' était pris une énorme claque quelques mois auparavant. Et celui qui n' avait plus envie de se faire posséder par une fille. J' avais du mal à cicatriser et elle venait de rouvrir la plaie de mon muscle majeur sauvagement molesté par cette garce sans coeur qu' avait été ma petite-amie. Bella me plaisait sur beaucoup de points, j' étais très attiré par elle, je le reconnaissais. La seule nuit que nous avions eu m' avait transcendé mais il était hors de question de me laisser à nouveau piétiner le coeur et de me fourvoyer encore pour une histoire qui irait droit dans le mur et pour laquelle je laisserais encore tout tomber. A présent, je voulais faire quelque chose de ma vie et plus rien ne se mettrait entre moi et ce que je désirais et surtout pas une fille si belle soit elle, si désirable soit elle comme l' était Bella à l' heure actuelle. Elle me faisait beaucoup d' effet, je ne m' en cachais pas. Mais pour une fois, je ne penserais rien d' autre qu' avec la partie inférieure de mon corps. Je prendrais ce qu' elle m' offrirait; les faveurs sexuelles qu' elle me donnerait, je ne les refuserais pas. Cela faisait-il de moi un salaud? Pas sûr! On n' avait rien défini de notre relation donc je trouvais ça correcte. Après tout, elle aussi profitait de moi et de mon corps, je ne demandais rien en échange et elle non plus. Finalement, ça m' allait bien.
Nous roulions toujours traversant de toutes petites villes du Wyoming. Orin, Douglas, Glenrock... Au loin, la barre des Rocheuses se faisait de plus en plus précise. Bella et son regard insistant toujours vrillé sur moi. Que cherchait-elle encore à comprendre? Que cherchait-elle en moi? Nous n' allions pas tarder à nous arrêter pour nous restaurer. Nous approchions de Casper...
-Tu as faim? Lui demandai-je.
-Oui pas mal, me répondit-elle.
-On va s' arrêter dans la prochaine ville, ça te va?
-Oui très bien et comme ça je pourrais trouver un endroit peut être potable pour faire un brin de toilette.
-C' est pas une mauvaise idée, dis-je.
-Tu insinues que je pue?
-Non, non, autant pour moi, je me suis mal exprimé! Mais en même temps, si tu le dis! Me moquai-je.
-C' est sympa, merci, rit-elle.
-De rien, elle était facile!
Repas et toilette approximative, effectués, nous repartîmes. On avait encore beaucoup de kilomètres et les routes sinueuses se perdaient devant nous. Je pensais que nous n' aurions pas passer l' état pour ce soir, nous avions encore six cent ou sept cent kilomètres à faire et pas de tout repos. Je penserais à trouver un môtel pour ce soir, il valait mieux.
Je bâillais au volant dans l' après-midi, il fallait que je fasse une pause et que je boive un café.
-J' vais m' arrêter, j' ai un coup de pompe, prévins-je Bella.
-Tu veux que je conduise? Me proposa-t-elle.
-On va déjà faire une pause, ça nous fera du bien et je verrais comment je me sens, si j' suis capable de reprendre le volant, ok?
-ça marche!
Je m' arrêtais dans un chemin de terre aride, la voiture souleva une tonne de poussière. Quelques pierres et des gros buissons donnaient un peu d' ombre, je choisis donc de stopper la voiture là. Le soleil haut dans le ciel cognait fortement, j' avais chaud et transpirais un peu. Bella était toute moite aussi, ça se voyait.
-Laisse les portes ouvertes. J' vais ouvrir le coffre aussi afin que nous ayons un peu d' air. A l' arrière du véhicule, j' ouvris donc le coffre celui-ci était en deux parties, la vitre se soulevait et le bas se baissait comme sur un pick-up. Je sortis ma thermos que j' avais fait remplir de café au resto où on avait déjeuner et je m' en versais une tasse.
-Tu en veux un aussi? Proposai-je à Bella.
-Non, sans façon. Ça excite de trop le café et je le suis bien assez, me dit-elle en me fixant droit dans les yeux.
Et c' était reparti. Son sous-entendu balaya ma fatigue comme par enchantement. Je me secouais intérieurement, je m' étais promis de ne plus réfléchir et de prendre ce qu' elle me donnait. Oui, mais je ne ferais pas le premier pas. C' était à elle de le faire. Ce qu' elle fit au final alors que j' étais appuyé à l' arrière de la voiture sur la partie basse du coffre, elle vint se coller à moi et m' embrassa sans se soucier de rien. Je répondis aussitôt en l' enlaçant, après tout, j' en avais envie autant qu' elle. Son corps se fondit sur le mien alors que nous échangions un baiser brûlant. Elle me donnait la fièvre et en même temps des frissons, ceux-ci remontaient par vague le long de mon dos. Mes mains descendaient pour lui attraper les fesses alors que les siennes remontaient sous mon tee-shirt qu' elle enleva sans perdre de temps. Elle partit exploré mon torse de ses lèvres chaudes et j' en éprouvais une sensation de bien-être. Elle remontait pour me picorer le cou. Mes mains trituraient ses hanches, ses fesses. Elle portait encore sa petite jupe en jean courte que mon oeil appréciateur avait fin de ne jamais remarquer. Je glissais mes doigts de chaque côté de ses cuisses et remontais doucement en la caressant le plus sensuellement possible relevant au passage cette petite jupette qui m' excitait. Je finis par prendre le dessus, j' aimais mener le jeu mais j' aimais aussi que ma partenaire me résiste tout dépendait de mon humeur, en fait, mais avec Bella, je n' arrivais pas à me contrôler et je voulais toujours la posséder ne la laissant pas prendre l' avantage, c' était hors de question! C' était comme si je voulais lui montrer qui était l' homme, le Maître, elle faisait ressortir en moi l' homme machiste des cavernes. Toi, Femme! Moi, Homme! Moi, Tarzan! Toi, Jane! C' était épouvantable, j' espérais qu' elle ne m' en tiendrait pas rigueur et j' espérais changer à l' avenir. Mais pourquoi, je parlais d' avenir, moi, d' ailleurs! Je savais que ça ne durerait pas alors tant qu' à faire donne tout ce que t' as, mec! Et en avant la cavalerie! L' homme de Cromagnon surgit et je lui attrapais la bouche férocement écrasant mes lèvres de toutes mes forces sur les siennes, la serrant encore plus contre moi, la maintenant par les fesses et nous faisant pivoter pour qu' elle se retrouve assise sur le bas du coffre. Je lui ôtais son débardeur à vitesse grand «V», elle ne portait apparemment jamais de soutien-gorge, c' était merveilleux pour les yeux et bien plus rapide quand on était avide de sexe comme moi à l' instant. Je descendis évidemment goûter ces deux merveilleux fruits, Bella bascula sa tête en arrière lorsque je titillais son bout durci de plaisir que je pinçais entre mes dents, que je suçais goulument. Sa respiration haletait alors que je partais à la conquête de son nouveau monde passant en dessous son boxer, mes doigts jouèrent avec son organe lui procurant des salves de frissons et de gémissements, titillant son entrée mouillée lui arrachant des souffles rauques jusqu' à la pénétrer de mes doigts agiles la faisant suffoquer de plaisir. Elle reprit un instant pied juste le temps de déboucler ma ceinture et déboutonner mon pantalon, passant ses mains sur mes fesses en faisant descendre ce que j' avais sur la peau en trop me libérant de ma prison de tissu et libérant mon organe dressé pour elle. J' attrapais rapidement les côtés de son boxer et tirais dessus, elle souleva ses fesses et je lui enlevai sans souci. Ses tongs tombèrent parterre et je moulais mes mains sur son postérieur pour la déplacer afin qu' elle soit bien placée pour moi. Une fois installés correctement, je n' eus plus qu' à m' insinuer en elle ce qui m' arracha un son rauque du fin fond de ma gorge et une cavalcade de frissons passa dans tous mon corps et je n' en étais qu' au prémisse! La pénétrer était presque un droit divin dans le fond de ma conscience ou de mon inconscience, je ne savais plus le dire, elle était chaude et trempée et mon premier coup de rein lui montrait toute mon impatience à la ravir aussi. Elle colla ses mains sur mon fessier avec ardeur voulant probablement accentuer le rythme quand elle le souhaiterait. Sa respiration erratique n' en était que plus excitante pour moi et j' accélérais alors la manoeuvre provoquant un séïsme de sensations suffisamment puissant pour avoir envie de la prendre violemment! Elle me rendait dingue, je n' étais plus moi-même, je ne me reconnaissais plus. Cette violence me faisait peur, je n' avais jamais rien éprouvé de si intense et j' avais une crainte qui était que j' en devienne accro. Comme une drogue, mais accro de manière spéciale, pas accro comme on pourrait aimer quelqu' un à l' infini, non, accro de son pouvoir de séduction, accro de son sexe, accro de ces échanges violents. Quand tout cela serait fini comment allais-je réagir? En attendant, je la «baisais» sauvagement jusqu' à ce que je la sente se libérer de son orgasme en criant et que je la suive alors que des milliards de picotements insoupçonnables passaient dans mon être tendu à l' extrême en même temps que j' éjaculais en elle. Mes nerfs se relâchèrent après quelques minutes tout comme pour elle et je sortis de ma prison dorée. Je secouais un coup ma tête, histoire de me remettre les idées en place.
-Excuse-moi, lui dis-je, un peu honteux de mon comportement.
-Ne le sois pas. J' ai aimé, me répondit-elle.
Je la fixai un instant alors qu' elle me souriait tendrement. J' étais un peu perdu.
-Il faudra que tu m' expliques comment une fille qui avait à peine le droit de sortir et surveillée par son père comme tu l' étais, peut être aussi... douée? Chaude? Excuse-moi pour le terme!
-Je n' ai pas l' impression de l' être pourtant, je n' ai pas eu cinquante gars, non plus! Question d' alchimie peut être. Et les systèmes «D», tu connais pas? Entre autre, les débarras de l' école, les douches des vestiaires sont assez sympa quand il n' y a personne! Me dit-elle en riant malicieusement.
-Ah oui, c' est vrai, dis-je avec le sourire alors que je repensais aux quelques aventures de ce type que j' avais pu avoir.
Je repris.
-Et bien en tout cas, je ne sais pas ce que c' est votre pouvoir magique, Melle Swan mais il fonctionne sur moi de toute évidence, lui dis-je franchement. Je... j' apprécie nos échanges de choc!
-Pareil pour moi, me dit-elle avec un clin d' oeil.
Nous nous rhabillâmes et finalement Bella pris le volant, j' étais à présent éreinté. Je ne tardais pas à m' endormir.
POV BELLA
Ce mec était une vraie bête de sexe! Comment sa copine avait pu le tromper ainsi? En tout cas, il était parfait pour moi. J' aimais bien son côté machiste dans ce cas précis. J' étais comme soumise et ce rapport de force m' excitait davantage. Ce qui était encore plus dingue c' était que je prenais les devants pour l' avoir et qu' après les rôles s' inversaient c' était lui qui prenait l' ascendant. C' était chacun son tour dans notre jeu de séduction et c' était ce qui me plaisait. Pourtant, on ne voyait pas ce côté de sa personnalité lorsqu' on discutait avec lui. C' était sa face cachée! Mais moi, maintenant, je la connaissais.
Ça faisait plusieurs heures que je roulais. Jacob ronflait à côté de moi. Il était complètement plié dans tous les sens. Le manque de place et sa taille ne l' aidait en rien, il allait être cassé de partout en se réveillant.
Les panneaux au bord de la route indiquaient plein de choses. D' abord que nous allions bientôt traverser le Parc National de Yellowstone, j' avais souvent vu des reportages à la télévision et entendu parler pour avoir envie de le visiter enfin du moins de le parcourir! On ne visitait pas ce genre d' endroit, on le découvrait avec un sac à dos, des bonnes chaussures de montagne et surtout de bonnes heures de marche! Ç' a m' aurait tenté si je n' avais rien eu d' autre à faire que parcourir le monde. D' autres panneaux indiquaient eux les prochaines villes que nous allions traverser et encore d' autres annonçaient des ranch dans tous les coins du Wyoming. Tous avec des appellations bien particulières du genre «South Ranch Wy», «Angel Ranch», «Black Cow Ranch», «Rosalie's Ranch», «No Men's Land Ranch»... C' était marrant de les découvrir...
On était en fin de journée et on était à présent entre Rock Springs et Green River. Il était tant que je réveille Jacob, on devait trouver de quoi manger et surtout un hôtel pour cette nuit. De plus, j' avais éteint mon téléphone portable et j' étais à peu près sûr que ma messagerie débordait de cris, de larmes et de menaces de mon père. Il fallait que je l' appelle également ça ne me ravissait pas mais je n' avais pas vraiment d' autres solutions que de l' affronter si je voulais imposer mon nouveau choix de vie.
-Jake... Jake... le secouai-je doucement.
-Hum... fut tout ce qui sortit de son être, un grognement.
-Jake... Jacob... réitérai-je un peu plus durement.
Je l' avais secouer de façon un peu plus énergique.
-Hum... oui... c' est bon, j' suis là, c' est quoi le problème beauté du Diable? Geignit-il.
-On est en fin d' après-midi. J' ai conduit une bonne partie et on est entre deux villes. Il faut qu' on trouve à se restaurer puis un endroit où dormir. Tu m' aides?
-Que ferais-tu sans moi? Bombait-il déjà le torse.
-Je me débrouillerais sans toi!
-Alors pourquoi tu m' as réveillé?
-Oh, Jake, ça va! De toute façon, il est tard et tu n' aurais plus dormi cette nuit sinon!
-Pas grave! Je me serais occupé autrement! Me lança-t-il avec un regard qui en disait long.
Le voilà qui jouait à ça lui maintenant!
-Tu te serais occupé tout seul parce que moi j' suis épuisée et je pense que ce soir je vais bien dormir! Si évidemment aucun orage ne vient perturber mon sommeil! Lui dis-je malicieuse.
Il rit toujours de son rire enfantin...
Il avait donc reprit le volant de la Cherokee et on cherchait une épicerie ou un vendeur de hot-dog pour nous repaître. Une fois trouvé ce qu' on cherchait, nous reprîmes la route afin de nous dénicher un petit hôtel pas cher pour la nuit. Nous n' avions plus à nous poser de questions quand à partager une chambre, ni même un lit. Je proposais à Jacob de regarder aussi les chambres de disponible dans les Ranch alentours car il était possible d' avoir de quoi dormir pour la nuit accompagné d' un petit déjeuner pour peut être moins cher encore qu' un môtel.
Quelques minutes plus tard voir un bon trois quart d' heure plus tard, nous trouvions le domaine de nos rêves pour seulement à peine dix dollars et un petit déjeuner plus que festoyant en prime. Nous remerciâmes nos hôtes qui étaient des personnes charmantes.
Une bonne douche, j' en rêvais depuis des heures. J' étais moite et couverte de poussière, l' eau qui s' écoulait de sur mon corps n' était pas jolie à voir; elle était marron. Mes cheveux avaient fait la même couleur, à croire que je ne m' étais pas lavée depuis des lustres. Je sortis au bout d' un bon quart d' heure de la douche, me séchais et enfilais enfin mon short en coton et mon tee-shirt des Fall Out Boy. Je rejoignis ainsi Jacob qui me regarda arriver et explosa de rire devant l' effigie de Pete Wentz.
-Tu aimes ce type? Dit-il en riant de plus belle.
-J' aime son look et sa personnalité m' éclate, c' est tout! Me renfrognai-je.
-Tu aimes leur chanson?
-Ben oui, si j' ai le tee-shirt ce n' est pas que pour Pete lui-même! Grognai-je.
-Je n' ai jamais entendu un rock aussi nul!
-Ah oui et pour toi c' est quoi du bon rock? M' énervai-je qu' il puisse douter de mes goûts.
-Je ne sais pas moi, déjà tous les vieux groupes de rock sont les meilleurs! Ensuite, tu as Linkin Park, Green Day, Muse et si tu veux du rock pop FM, t' as du choix aussi mais «Fall Out Boy»! Tu m' excuseras mais je préfère écouter Jimmy Eat World.
-Mais j' écoute aussi! M' indignai-je encore plus.
Il rit de me voir rouge de colère. Il se moquait ouvertement de moi et ça m' agaçait.
-Va te doucher au lieu de me railler! J' ai pas envie de dormir aux côtés de quelqu' un qui sent l' homme des cavernes.
-Mais tu ne peux pas résister à cette senteur de mâle, avoue! Se moquait-il.
-C' est ça! J' te laisse y croire apparemment ça fait du bien à ton égo! Mais si tu ne veux pas dormir parterre, je te conseillerais quand même d' aller la prendre cette douche!
Il riait toujours comme un crétin en se dirigeant vers la salle de bain.
-Les «Fall Out Boy» Dit-il mort de rire.
Je levais les yeux au ciel.
Il fallait à présent que j' appelle mon père. Je ravalais à nouveau ma salive et respirais un grand coup avant de l' affronter à nouveau. Je tenais mon portable dans la main et appuyais sur les boutons. Ça sonna très peu de fois avant que la voix de ma mère ne retentisse au bout du fil.
-Maman, je suis heureuse de t' entendre. Dis-je les larmes aux yeux.
Ma mère malgré tout me manquait beaucoup. Pourtant, elle ne m' avait jamais été d' un grand secours mais quand elle pouvait faire quelque chose pour moi dans le dos de mon père elle n' avait jamais hésiter une seule seconde. Au risque de se faire incendier après. Mais ça restait des moments tellement rares que je les comptais sur les dix doigts de mes mains.
-... (interlocuteur)
-Oui, ne t' inquiète pas, Maman, je vais très bien.
-...
-Oui, je n' ai plus de voiture mais c' est pas grave. J' ai trouvé à me déplacer. Il est déjà au courant à ce que je vois.
-...
-Je sais qu' il est flic! Pas la peine de me le rappeler. Il est là?
-...
-Sous la douche! J' en ai de la chance! Ça me permet de pouvoir discuter avec toi.
-...
-C' est pas la peine, Maman, c' est décidé, je veux voir ailleurs. Je ne reviendrais pas dans cette maison où ce que je souhaite n' est pas respecté. J' ai vingt et un ans et je n' ai plus envie qu' on me donne des ordres comme il le fait.
-...
-Pour mon bien? Mais Maman, ne le défend pas tu sais très bien qu' il va trop loin.
-...
-Enfin, tu as déjà vu une fille de mon âge demander à sortir avec une copine ou son petit copain et alors que je suis la semaine à la fac? Parce que moi, non! On commence comme ça et il aurait fini par choisir mon mari aussi!
-...
-Tu sais que c' est vrai. Tu sais qu' il l' aurait fait!
J' entendis ma mère baliser au bout du téléphone, mon père venait certainement de sortir de sa douche et descendait probablement les escaliers. Je l' entendis à ce moment là.
-...
-Oui passe-moi le! Je t' aime aussi, Maman, tu me manques.
-...
-Je sais que tu as retrouvé ma voiture. Et je te prie d' arrêter de me chercher!
-...
-Et bien fais-le! Cherche-moi par satellite avec mon portable. Je m' en débarrasse de suite! Et tu feras quoi? Tu me forceras à rentrer avec toi? Et tu sais quoi, je me barrais à nouveau. Criai-je.
-...
-Que je sois raisonnable? L' es-tu, toi? Je ne crois pas en tout cas.
-...
-Ne t' inquiète pas je survivrais sans ton argent!
-...
-ça ne te concerne pas ou plus, devrai-je dire!
-...
-Bon, je te laisse, j' ai des choses à faire, tu m' excuseras. Bonne soirée, Papa.
-...
Je raccrochais encore une fois au nez de mon père qui vociférait tout ce qu' il pouvait. Il ne voulait pas comprendre mais il devra bien admettre ses erreurs au bout d' un moment. Tout ce que je craignais c' était de le voir me poursuivre à travers tous les Etats-Unis. D' ailleurs, je trouvais étrange qu' il n' ait pas encore commencé.
Je m' étais renfrognée quand Jacob réapparut, énervée par ce maudit coup de fil.
POV JACOB
Quand elle était apparue juste vêtue de son mini short de coton et de son tee-shirt, j' avais eu une étrange sensation, c' était comme si je vivais avec elle depuis des lustres. Elle me charmait chaque jour, chaque heure, chaque minute davantage. Elle avait un magnifique sourire, je n' arrivais plus vraiment à décrocher mes yeux d' elle. Il me fallut avoir recours à la moquerie pour ne pas qu' elle s' aperçoive de mon trouble. J' en profitais de la chambrer avec son tee-shirt à l' effigie d' un groupe de rock que je n' aimais pas vraiment. Cela fonctionna, elle ne s' aperçut de rien et encore moins que je la dévorais du regard. Je partis finalement me doucher après qu' elle se soit défendue de ne pas vouloir dormir avec moi si je n' y allais pas. La douche n' eut aucun effet sur mon envie pour elle, je crois bien même que ça l' avait décuplé. Mon érection s' était légèrement réveillée en sa présence et là c' était carrément à m' en faire mal. Fallait-il que je me soulage là, maintenant? Ou aurais-je assez de cran pour l' attirer dans mes filets et de pouvoir me soulager en elle? J' avais promis de ne pas bouger, moi, le premier! Oui mais je me rendais compte que je commençais à ne plus pouvoir attendre ces moments-là. Que faire? Alors que mes mains pleines de gel douche se baladaient sur mon corps et sur mon sexe, je me disais que c' était trop bête de laisser passer tout ça et que je ne perdais rien à essayer de la débaucher mais il ne fallait pas que ça traîne, j' avais une putain d' envie! Je finis ma douche rapidement et en sortis, ne m' essuyant qu' à moitié, je partis la rejoindre dans la chambre avec juste une serviette nouée autour de mon bassin, je mettais toutes les chances de mon côté. J' avais vu que cette vision lui avait plu une fois alors j' avais décidé de réitérer. Je savais que les filles ne résistaient pas à l' attrait de mon corps et pour une fois j' allais en jouer.
Mon érection faillit retomber lorsque je rentrais dans la chambre et que je la vis complètement fermée, énervée et en proie à de sérieux doutes. Si elle n' avait pas été habillée de son mini short, j' aurais jeté l' éponge. Elle avait l' air nouée, fâchée et je pensais savoir pourquoi. Elle avait du parler avec son père au téléphone et ç' avait du mal se passer car elle ne souriait même plus. Je m' avançais vers elle, avec l' intention de lui faire oublier ce mauvais moment. J' eus d' autant encore plus envie d' elle et je ne pouvais plus le cacher.
-Ton père, c' est ça? Lui demandai-je.
-Oui. Je n' arrive pas à avoir une discussion censée avec lui, il refuse d' être objectif et de comprendre.
-Ne désespère pas, il va bien finir par devoir accepter.
-Oui mais en attendant il m' a mis de mauvaise humeur et m' a stressé.
-J' ai un bon moyen pour te détendre, lui dis-je de façon sexy.
Je m' étais mis en face d' elle, à sa hauteur avec une main de chaque côté de son corps. Lui soufflant mon haleine chaude, la regardant avec des yeux probablement noircis par l' envie.
-Tu es très sexy dans cette tenue mais je doute que ce soit vraiment le bon moment. J' ai pas franchement la tête à ça, me dit-elle en restant dans la même position et me regardant droit dans les yeux.
J' avais deux options ou je me dégonflais et je la laissais tranquille et je me finissais à la salle de bain! Ou je passais outre ce qu' elle me disait, j' insistais gentiment sans lui laisser le temps de réfléchir et je l' amenais au septième ciel avec moi, elle me remercierais alors de lui avoir procurer autant de plaisir et de lui avoir changé les idées! Personnellement, je préférais la seconde option, en plus son regard me donnait des frissons et une envie bien plus forte de la posséder.
-Il n' y a pas de moment précis pour ça et pour ta tête ne t' inquiète pas elle suivra le mouvement, lui dis-je avec un clin d' oeil.
Elle allait répliquer mais je ne lui en laissais pas le temps, collant ma bouche sur la sienne. Elle ne protesta pas. Après quelques secondes où elle m' embrassa les lèvres de façon plus que retenue-elle devait peser le pour et le contre-elle accentua ce baiser alors que je jouais exprès de ma langue sur ses lèvres et que je les lui mordillais sans retenue ainsi je pus avoir accès complètement à sa bouche. Sa langue vint jouer d' abord doucement avec la mienne puis elle se noya dans sa frénésie qu' elle venait de déclencher et qu' elle finit de déclencher en moi. J' attrapais sa tignasse en remontant par sa nuque pour appuyer cette étreinte et qu' elle ne puisse s' arrêter de suite. Son souffle se réveilla et se mit à se saccader tout comme pour moi. Même si j' étais davantage excité qu' elle, Bella ne tarderait pas à me rattraper. Elle crocheta ma nuque et son autre main se fraya un passage jusqu' à mon entrejambe, elle arracha ma serviette qui tomba au sol et empoigna ma fierté qu' elle caressa d' abord doucement puis elle s' empara du commandement m' arrachant au passage un gémissement digne du nom alors que moi je ne l' avais pas encore touché. Je me redressai devant elle la laissant me branler. Mes sensations s' entrechoquaient avec mes émotions ce qui décuplait l' effet de ce qu' elle m' administrait et je dus me concentrer deux fois plus pour ne pas lui éjaculer dans la main et sur elle et je priais le ciel pour ne pas qu' elle est la bonne idée d' y glisser ses lèvres parce que je ne pourrais pas résister du tout une seule seconde de plus mais elle ne le fit pas car je l' arrêtais dans sa manoeuvre me sentant au bord du gouffre! Pas question! Je voulais la satisfaire c' était aussi le but du jeu. A nouveau cette féroce envie de la prendre violemment fit son apparition! Qu' est-ce qui ne tournait pas rond chez moi? Si je ne me retenais pas un tantinet, je la prendrais avec une sauvagerie non dissimulée mais je ne voulais pas lui faire peur et même si je savais qu' elle avait aimé ça la dernière fois que ça ne l' avait pas dérangé, je voulais essayer d' être un peu plus doux. Mais en serais-je capable? Serais-je capable de me maîtriser face au séïsme qu' elle provoquait en moi? Mes yeux dont la noirceur n' avait d' égale que mon envie se posèrent sur elle et je crois bien qu' elle avait compris. Je la poussai du regard à s' allonger et je me remis dans ma position initiale avec mes deux mains de chaque côté de son corps et mes yeux plantés dans les siens. Bella remonta ses jambes sur le lit et jouant à les ouvrir et les fermer m' excitant un peu plus. Je fis mine d' avancer comme un prédateur devant sa proie et elle commença à reculer se mordillant les lèvres. Mes entrailles me brûlaient, mon cerveau me lâchait, mon corps était tendu au maximum. Je sentais l' excitation monter en elle, son souffle était bruyant et rapide. Ses yeux étaient devenus vitreux par l' envie. Elle continuait de me provoquer avec ses mouvements de jambes me laissant voir que son short était mouillé, je buggais dessus alors que j' avançais à quatre pattes vers son corps qui m' appelait. Un son rauque de satisfaction sortit de ma bouche. J' avançais encore un peu jusqu' à ce que ses jambes se heurtent à mon torse. Je la dévorais du regard alors qu' elle était appuyée sur ses coudes. Ma main trouva le passage pour aller caresser l' endroit de son short humide mettant une légère pression dessus. Je déglutis lorsqu' elle ferma les yeux et qu' elle commença à apprécier mes caresses en se lâchant sur les sons et sa respiration. Je passais mes doigts inlassablement et en jouant avec son intimité sans jamais passer en dessous du tissu faisant durer le plaisir. Mais lorsque Bella rouvrit les yeux sur moi embués de désir et qu' elle passa inopinément sa langue sur ses lèvres, je perdis pieds et fonçais sur ma proie avant qu' elle s' effarouche, lui enlevant avec une rapidité déconcertante, son short qui valsa à l' autre bout de la pièce ainsi que son tee-shirt. Ma bouche qui à nouveau prenait la sienne avidement puis qui partit explorer ses seins la faisant se cambrer ce qui me permit de lui attraper le bassin pour pouvoir être enfin en elle, ce que je voulais depuis le début. Mais l' attente fut tellement bonne que quand je rentrais en elle, je m' arrêtais un instant tellement je tremblais. Je ne savais vraiment pas ce qu' il m' arrivait, j' en étais complètement déboussolé. Mes premiers coup de reins me firent mal parce que j' avais très envie d' elle et les frissons partaient dans tous les sens dans mon corps, ma tête me tournait puis je me repris en me concentrant que sur ce que je voulais et sur ce qu' elle voulait, que je nous donne un maximum de plaisir. Alors je me mis à la percuter jusqu' à la «casser en deux». J' étais sauvage, puissant... j' aurais pu la défoncer sans m' en soucier. Je la carambolais de plus en plus vite, de plus en plus fort...
-Tu en veux plus, Bella, lui dis-je haletant.
-Oui... Souffla-t-elle.
C' était pas possible et en plus elle aimait ça!
-Alors il va falloir le demander Bella, me supplier même... Dis-je joueur.
J' avais ralenti jusqu' à presque m' arrêter.
-Cours toujours, me claqua-t-elle.
-Ok. Donc je stoppe là, alors.
Je fis mine de vouloir sortir d' elle. Elle grimaça et grogna un coup de mécontentement.
-D' accord. S' il te plait, Jake, me fit-elle avec une petite moue irrésistible mais toujours avec cette envie accrochée à son visage.
Je repris un mouvement, très lentement. Elle grogna à nouveau et gémit en fermant les yeux.
-Comme ça, Bella?
-Non. Plus, Jake!
-Supplie, Bella...
Je faisais exprès d' y aller tout doucement juste pour jouer. Je voulais voir ce qu' elle voulait réellement.
-Non... gémit-elle.
-Supplie, Bella, ou je m' arrête là.
-Par pitié, Jake, non! Donne-moi tout! Je veux tout!
-Comment? Tu veux tout, comment? La charriai-je une dernière fois.
-Nom d' un chien, Jake! Baise-moi! Cria-t-elle.
-Ok!
C' était ça que j' attendais! J' avais le feu vert, j' avais ce que je voulais. Je repartis dans ma chevauchée fantastique ne lui laissant plus aucun répit. J' étais brutal dans mes mouvements, je lui maintenais les poignets de chaque côté de sa tête voulant la dominer complètement ce qui ne tarda pas à la faire crier, je la sentis se resserrer sur mon sexe, elle se cambra ne voulant pas perdre le contact, ne voulant pas que je m' arrête là. Mais, en la ravissant si fortement, je venais aussi, me libérant en elle alors que ses spasmes faisaient écho aux miens. Une fois le marasme passé, j' étais toujours au-dessus d' elle à trembler comme une feuille. Le plaisir intense qu' elle me procurait me mettait dans tous mes états, ce n' était pas normal, tout ça. Elle prit mon visage dans ses mains une fois que je lui eus relâché les poignets, et l' attira à elle pour m' embrasser tendrement. Avait-elle senti mon désarroi face à cette marrée de sensations qu' elle me faisait éprouver? Je répondis à son baiser, ses lèvres étaient encore chaudes et me permirent de me reconnecter à la réalité. Ce baiser lent et doux, je le brisais pour me laisser tomber à ses côtés. Le silence était de mise et fit du bien... C' est elle qui finalement le brisa.
-C' était... WOW... Merci, Jake. J' ai oublié mes problèmes pendant un bon moment.
J' eus du mal à lui répondre parce que j' étais vraiment perturbé par ma façon d' être avec elle.
-J' t' en prie... Dis-je vaguement.
-Il y a quelque chose qui ne va pas?
-Si, tout va bien, je crois juste que je suis fatigué.
-Ok, mais si tu veux m' en parler à un moment ou un autre... Je suis là! Et je crois qu' on ferait bien de dormir effectivement, je suis fatiguée aussi, me dit-elle avec un clin d' oeil.
Je lui souris et nous nous mîmes sous le drap sans même penser à nous rhabiller, de toute façon notre nudité ne nous paressait plus du tout embarrassante, elle semblait presque normale. Sans qu' elle n' ait à le demander, je lui ouvris mes bras d' office et elle vint s' y caler.
-Bonne nuit, Bella.
-Bonne nuit, Jake.
Je ne fermais pas l' oeil pendant un très long moment essayant d' analyser mon comportement. Jamais je n' avais couché avec une fille me faisant autant d' effet. J' en restais complètement abasourdi. Aucune des filles que j' avais tiré m' avait procuré autant de sensation. Bella avait parler d' alchimie et peut être qu' elle avait raison. Peut être qu' elle était faite pour moi, peut être qu' elle avait été créée pour moi. Quand j' étais en elle c' était comme si plus rien ne comptait, plus rien n' existait. Elle me mettait à genoux devant elle alors que je me sentais dominateur à un point ou j' avais vraiment l' impression d' être le Diable en personne et de prendre possession d' elle. Je voulais absolument la posséder, je voulais entrer dans son corps. Mon plaisir en était tellement décuplé que c' était comme si j' avais été frappé par l' illusion du phoenix quand je jouissais en elle. Je lui faisais être vulgaire pour mon plus grand plaisir. Etais-je désaxé? Etais-je pervers? Avais-je un problème de comportement qui se réveillait seulement maintenant? Tant que je ne trouverais pas la solution je resterais perdu! Fallait-il que je ne lui fasse plus l' amour, que je ne la touche plus? Etait-ce ça la solution? Mais je savais que je n' y arriverais pas. J' avais craqué sur elle ça c' était une certitude! Je m' endormis finalement avec son odeur en moi parce qu' elle était à peine à quelques millimètres endormie dans mes bras. Douce agonie.
POV BELLA
Il était réveillé avant moi. Les yeux dans le vague, il ne s' était pas rendu compte que je venais de m' éveiller et que je l' observais discrètement. Quelque chose d' étrange émanait de lui, il avait l' air perdu et avait comme l' air de méditer. Il ne m' avait pas tout dit, hier après notre moment d' intimité, je savais que quelque chose l' avait perturbé mais quoi? Je ne voulais pas non plus lui mettre la pression en lui posant des tas de questions indiscrètes. Après tout, il avait bien le droit d' avoir son jardin secret. Il remit les pieds sur terre et sentit que je le regardais. Il me fit un superbe sourire irrésistible.
-Salut. On se lève? J' ai une faim de loup, dit-il enjoué.
Il avait perdu toute son inquiétude qui quelques secondes avant était ancrée sur son visage. Je lui souris aussi.
-Ok. Alors, bouge-toi, lui dis-je en le poussant hors du lit.
Il rit avec toujours ce même rire enfantin qui me faisait chavirer. Il partit prendre sa douche alors que moi je féniantisais sous la couette. Je réfléchissais à ce que j' avais pu faire de travers pour le contrarier ainsi. Est-ce que je me lâchais trop avec lui? Pourtant, il n' en paraissait pas outré ou quoi que ce soit d' autre. J' avais franchement le sentiment de répondre à ses attentes. Alors que se passait-il? En attendant, moi je me faisais un léger débriefing dans ma tête et j' en déduisis que ce mec était époustouflant au lit. Il me transportait, je n' avais jamais éprouvé autant de sensation qu' avec lui. La chute allait être rude...
Quelques heures plus tard, nous avions repris la route. Le petit déjeuner avec été ogresque et digne d' un cowboy sur le point de partir en transhumance avec les vaches pendant des jours! Jacob s' était régalé et empiffré et moi comme à mon habitude j' avais picoré. Nous avions mangé sur la terrasse du ranch avec les employés et les patrons de bonne heure ce matin. Puis, nous étions partis remerciant nos hôtes de nous avoir si bien accueillis.
Dans la voiture, c' était le calme olympien. Jake ne parlait pas et était vraiment ailleurs, sur la planète Mars probablement. Je ne savais pas comment faire pour qu' il me parle et comment détendre l' atmosphère. Je décidais d' y aller franco, je n' avais pas l' habitude de contourner les problèmes.
-Tu ne m' as rien dit depuis des heures maintenant, j' ai fait quelque chose de mal? Lui demandai-je carrément.
Il parut surpris par ma question.
-Non, bien sûr que non. Excuses-moi, j' suis perdu dans mes pensées.
-Et bien justement. Si tu te confiais au lieu de ressasser!
-Je ne crois pas que ce soit très judicieux.
-Pourquoi?
-Parce que c' est extrêmement personnel et que je sais pas si j' suis capable de te le dire! Alors, je préfère me taire et qu' on en reste là sur ce sujet! Et je te promet d' être plus joyeux et moins dans la lune, ça te va?
Je réfléchis un instant en le toisant un peu sévèrement. Il m' avait rabroué ne me faisant plus confiance pour me livrer des choses personnelles. Ça m' irritait parce que nous étions francs depuis le début... enfin presque...
-D' accord, je n' insiste pas. Mais cesse cette moue de pauvre petit garçon qui ne sait plus où il en est!
Ma phrase venait de m' exploser en pleine figure. Je réalisais qu' en disant ça, j' étais peut être tombée juste. Je l' avais peut être perturbé. Peut être que nos échanges de chocs l' avait bien plus marqué que ce qu' il voulait bien en dire. Peut être que... je n' osais me l' avouer mais... non ça n' était pas ça, on avait été clair depuis le départ, et il ne m' avait pas montrer de signe à ce sujet. Je me secouais la tête ça ne pouvait pas être ça. Je devais me tromper. Je vis qu' il avait un instant tiqué sur ma réplique mais il s' était repris aussitôt.
-Promis! Me dit-il en souriant.
Et moi, je le dévisageais comme si la vérité venait de me marquer au fer rouge. Il fallait que je trouve un sujet de conversation avant que moi aussi je plonge dans mes pensées un peu folles.
-On est bientôt en Utah!
-Oui mais on a encore quelques kilomètres avant d' y être.
-Tu sais que c' est un état mormon?
-Ah non, je n' en savais rien.
Je fis mine de réfléchir.
-ça te plairait toi d' avoir plusieurs femmes pour t' entretenir et des gosses qui courent partout avec des mères différentes?
Il me regarda avec un sourire en coin et son air était des plus moqueurs à ce moment là.
-Quel est l' homme à qui ça ne plairait pas?
-Ouais! Vous êtes tous des obsédés! Me renfrognai-je.
-Ben tiens! Et toi, si on te proposait de vivre avec les dix plus beaux hommes que tu aurais choisi, ne le ferais-tu pas?
Merde! Il m' avait eu! Que répondre à ça?
-Hum! Si probablement... essayai-je d' éluder.
Il rit de bon coeur. Je repris.
-Enfin pour dire c' est quand même une drôle de vie.
-Oui mais quelque part, ils ont une vie saine et ne se prenne pas la tête avec les sentiments, je pense. Même si ça paraît étrange leur façon de vivre. Et puis, imagine, le mec doit être un vrai étalon pour satisfaire ses femmes!
Il rit à nouveau de sa connerie.
-Oui mais des fois une seule femme peut suffire à un étalon, lui rétorquai-je en le regardant droit dans les yeux.
J' étais légèrement vexée.
-Et peut être qu' un étalon peut satisfaire qu' une seule femme, effectivement, dit-il en ne lâchant pas mon regard.
Pourquoi avait-on encore dévié du sujet. Et pourquoi la question de notre sexualité revenait toujours sur le tapis? Peut être parce que cette question n' était pas réglée entre nous tout simplement.
-Je vais me marier, lâchai-je comme une bombe.
Je ne savais pas si c' était le bon moment mais l' entrée en matière me permettait de le placer. Jake réagit violemment, il freina tellement fort qu' il en bloqua les roues qui crissèrent sur le bitume. J' eus juste le temps de me rattraper sur le tableau de bord avant que ma tête ne le heurte. La voiture s' arrêta au beau milieu de la route. Heureusement, il n' y avait personne dernière nous. Il me dévisagea complètement ahuri.
-Quoi?
-Je vais me marier, Jake, dis-je le plus doucement possible.
J' avais baissé les yeux tellement ceux de mon sauveur me mitraillaient. Il mit du temps à avaler la pilule ce que je pouvais comprendre. Je n' avais pas été franche avec lui et j' allais le prendre en pleine face, je le savais. Je m' y attendais.
-Tu te fous de moi, c' est ça? Tu me fais marcher? Me demanda-t-il complètement perdu.
-Non, pas vraiment et crois-moi, j' aurais préféré, dis-je mal à l' aise.
Il resta bouche bée sans même pouvoir répondre. Je repris. Je lui devais des explications.
-Je ne vais pas à Las Vegas que pour travailler. Je vais aussi rejoindre mon petit-ami.
Il déglutit me regardant à nouveau. Je continuais.
-Je l' ai rencontré sur le campus, il y a un an déjà. Il est du Nevada mais poursuit ses études dans le Minnesota. Il est rentré pour les vacances tout comme moi mais avant de partir, il m' a demandé en mariage... et j' ai accepté... pensant peut être que ce serait une bonne chose pour me donner le courage de partir. Une porte de sortie en somme. Mais aujourd' hui, je n' en suis plus très sûre. Mais une promesse est une promesse. Il m' aime et c' est ce qu' il y a de plus important.
Il était perplexe et c' est le bruit d' un klaxon de voiture qui nous dépassa en trombe qui le ramena dans la réalité. Il sursauta. Il redémarra et alla se garer sur le bas côté de la route. Il coupa le contact et se mit au fond de son siège. Il soupira et ses doigts vinrent pincer l' arête entre ses yeux.
-Tu l' aimes?
Je ne répondis pas, j' en étais incapable. Incapable parce que je ne le savais pas moi-même.
-Eloquent! Dit-il.
Il reprit.
-Jusque là, je pensais que tu était la fille la plus franche que j' avais rencontré mais en fait tu es... comme toutes les autres, me dit-il blessé.
Il me blessa par la même occasion en me disant ça. Mais je ne dis rien, je l' avais amplement mérité.
-Bon Dieu! Tu as couché avec moi! Et pas qu' une fois alors que tu es censée te marier! Pourquoi? S' énerva-t-il.
-Je ne sais pas. Peut être parce que la première fois tu m' as plu. Tu m' as attiré de suite... Essayai-je de lui expliquer alors que je n' avais aucune raison valable à lui fournir.
-Et les autres fois? Me demanda-t-il durement.
-Peut être parce que j' ai aimé notre échange et que je voulais y re-goûter.
-C' est minable comme excuses! Grogna-t-il.
-Je sais. Mais je n' ai pas d' explications logiques pour ce que j' ai fait. Et puis, j' aurais beau me défendre, je sais bien que j' ai tort.
-Et comment! Me dit-il hargneux.
Il reprit.
-Je t' ai fait confiance. Je t' ai raconté ce que j' avais vécu avec Angela et tu n' as pas hésité à faire la même chose qu' elle.
Un long silence embarrassant prit place dans la voiture. J' avais la tête baissé, honteuse de mon comportement avec lui. Je l' avais utilisé et il s' était senti comme à nouveau abusé. Je m' en voulais. Il parla à nouveau.
-Et nous? Dit-il d' une petite voix.
Je fus surprise.
-Et nous, quoi, Jake? Il n' y a pas de nous! On était d' accord tous les deux. C' était purement sexuel, je croyais que c' était clair! Lui dis-je avec un peu trop de dureté.
-Ouais, c' est bon, je sais ce qu' on a dit! Me rétorqua-t-il vexé.
Il reprit en soufflant.
-C' est juste qu' il se passe un truc entre nous et tu ne peux pas l' ignorer non plus! Je sais que tu l' as senti. Et je n' arrive pas à le définir. Je ne suis pas amoureux de toi si c' est ça qui te fait peur! Ragea-t-il.
-C' est de l' alchimie sexuelle, Jake, rien de plus, lui dis-je doucement de façon à le rassurer et moi de me rassurer aussi.
Tout à coup, je n' étais plus sûre que ce soit ça. Ce qu' il se passait entre nous était bien plus intense et plus profond que ça. Mais nous l' avions dit, ç' allait s' arrêter. Ça ne devait pas avoir d' importance. Nos vies allaient bientôt prendre deux chemins séparés et j' allais me marier.
-Descend! Me dit-il alors qu' il tenait son volant tellement fort que les jointures de ses doigts blanchir.
-De quoi? Demandai-je pas très sûr de ce que j' avais compris.
-Descend! Redit-il durement les mâchoires crispées.
Je ne répondis pas et m' exécutais sans mot dire. Je pris mes affaires à l' arrière de la voiture et à peine eus-je le temps de fermer la portière qu' il démarra en trombe.
Je me retrouvais là sur le bord de la route avec mes sacs à le regarder s' éloigner de moi. Je l' avais mérité. Ebêtée, je restais là pendant un bon moment sans bouger, perdue parce que je ne comprenais pas ce qui venait d' arriver, parce que je ne comprenais pas pourquoi ça venait de me faire si mal au coeur.
POV JACOB
J' étais fâché même plus que ça! J' étais furax contre elle mais encore plus contre moi. Elle avait raison, on avait mis des barrières dès le départ et comme un con j' avais l' impression de ne pas les avoir respectées. J' y avais mis bien plus que ma bite dans cette histoire et je m' en voulais de m' être laissé avoir comme un bleu. J' étais beaucoup trop sentimental quand il s' agissait des filles! Surtout des filles comme Bella. Malgré la colère qui me rongeait et que j' avais contre elle, je ne pouvais pas m' empêcher de me dire que quelque part j' avais eu aussi raison de me laisser aller avec elle; je pensais toujours au fond de moi qu' elle valait le coup et ce que je lui avais dit pour la blesser comme quoi elle était comme toutes les autres, au fond, je ne le pensais pas une seconde. Mais elle m' avait fait mal. En si peu de temps, elle m' avait touché à me tordre le coeur. Etais-je vexé? Il n' y avait pas de doute. C' était pour ça que je l' avais laisser choir sur le bord de la route! Mais comme tout honnête homme, je fus pris de remords. D' abord, je devais avouer que j' avais aussi profité de son corps sans jamais lui avoir posé la question de savoir si elle appartenait à quelqu' un ou pas. Et je ne l' avais pas repoussé une seule fois faisant passer mon désir et mon plaisir avant la raison et la correction. Pourquoi elle me déroutait autant? Pourquoi alors que je venais de la laisser sur le bord de la route, je fus pris d' une envie irrésistible de faire demi tour et d' aller la rechercher, de m' excuser et de la serrer dans mes bras pour qu' elle comprenne que j' étais désolé de m' être emporté comme ça? Ce que je fis. Je freinais brutalement faisant crisser les pneus et fis demi tour aussi vite que possible. Je devais aller la chercher pour combler le manque qu' elle venait de laisser en moi.
Arrivé à sa hauteur, elle était toujours au même endroit et était toujours dans la même position. Je me garais un peu plus loin qu' elle et je descendis de la voiture. C' est penaud, la queue entre les jambes que je me dirigeais vers elle.
-Excuse-moi... dis-je comme un couillon. Je ne voulais pas qu' on se dispute, ça n' était pas mon intention mais je t' avoue que j' ai été vexé et que je ne devais pas l' être. C' est vrai qu' on avait dit que du sexe entre nous et rien d' autre, c' était clair. Mais je crois que j' ai été touché dans mon orgueil de mâle. Mais je te promet de ne plus me conduire comme ça et je comprendrais si tu ne veux plus me voir, ni même me parler mais je ne te laisserais pas ici, sache-le. J' suis un con parfois.
Elle me scruta un long moment, aucun sentiment ne passait sur son visage trahissant ses pensées.
-Excuse-moi aussi de ne pas avoir été franche dès le début avec toi. J' aurais du te dire que j' allais épouser quelqu' un et ne pas me jeter dans tes bras comme ça. Mais si je devais retourner en arrière, je referais la même erreur, Jake. Et tu es tout sauf un con.
Je restais surpris par son avoeu. Que voulait-il dire? Qu' elle m' appréciait un peu plus que ce qu' elle devait? Je lui souris et elle me renvoya un sourire franc également.
-Tu reviens avec moi, alors? Lui demandai-je.
-Je sais pas! Peut être qu' un autre beau jeune homme va me prendre en stop! Se moqua-t-elle.
-Il y a qu' un beau jeune homme qui te prendra en stop et c' est moi! La taquinai-je.
Je la pris alors dans mes bras et je la serrais fort contre moi, elle noua ses bras autour de ma taille. Je respirais ses cheveux pleins de poussière mais je soupirais de bonheur.
Je pris ses affaires et nous remontâmes en voiture. Quelques minutes passèrent dans le silence.
-Ton père le sait? Pour... Tu sais quoi!
Je n' arrivais même pas à dire le mot.
-Non, t' es fou, il me tuerait avant que je ne puisse atteindre le Nevada.
-Tu vas lui dire?
-Oui mais pas maintenant.
-Une fois que tu seras...
Je ne finis pas ma phrase elle le fit pour moi.
-... mariée? Oui, dit-elle doucement, un peu honteuse.
Je ne sais pas ce qu' il se passait en moi mais mon coeur battait fort en écho à cette conversation.
-Il... est bien? Lui posai-je comme question.
-Edward? Oui c' est un gentil garçon.
Ça me fit mal qu' elle prononce son nom devant moi. Que m' arrivait-il, bon sang? Détache-toi, Jake! Ça ne peut pas t' atteindre.
-Tu lui fais du mal, là, tu le sais?
-Il n' en saura jamais rien. Ça restera au fond de ma tête.
Notre conversation se finit là, comme ça. Je repartis perdu dans mes pensées. Ça me touchait plus que ce qu' il ne fallait. J' avais des noeuds au ventre.
Nous avions passer la frontière de l' état de l' Utah depuis un bon moment. Bella à côté de moi ne disait plus rien. Elle regardait par sa fenêtre, perdue dans ses pensées, les jambes recroquevillées contre elle. Elle mordillait son index et son autre main était dans sa chevelure. Son coude appuyé sur la vitre de la voiture. Elle était absente alors que moi je ne faisais que de la regarder, elle ne s' en rendit pas compte.
POV BELLA
Les décors au dehors était fabuleux. C' était aride et on sentait qu' on se rapprochait du Nevada. Les bancs de sable proliféraient un peu partout. L' air était moite et salé. Au loin, on apercevait les montagnes enneigées. La neige éternelle comme on disait ce qui contrastait avec le sol aride et salé des plaines. Déjà des panneaux annonçaient les plateaux du Colorado. Nous n' étions plus très loin de Salt Lake City, c' était ce qu' indiquait l' une des dernières pancartes.
J' étais toujours perdue à mille lieues d' ici, Jacob était à côté de moi et je m' en voulais toujours autant de l' avoir blessé. J' avais nié qu' il se passait quelque chose entre nous et je ne savais pas pourquoi. Enfin, si, cette histoire était perdue d' avance. On ne pouvait pas interagir dans la vie de l' autre sans bousculer toutes nos décisions et nos aspirations. Il y avait trop de choses en jeu pour qu' on fasse une telle bêtise. Et puis, on ne sortait même pas ensemble, on ne se connaissait pas. Je me répétais ça sans cesse mais après tout est-ce que je connaissais mieux Edward? Pas sûre. Je devais m' obliger à oublier cet incartade. Demain, je serais à Las Vegas et ma nouvelle vie commencerait. A cette idée, mon coeur se serra.
POV JACOB
C' était douloureux de penser que demain nous serions à nouveau deux étrangers, que nos vies allaient prendre deux chemins opposés. Je m' étais attaché à elle, plus que je ne l' aurais voulu. Après ma pathétique histoire avec Angie, elle était la première à qui j' avais fait à nouveau confiance et je m' étais ramassé en beauté pourtant je savais que ça n' était pas notre faute. C' était la vie et c' était elle qui allait nous séparer. Je pouvais tout bouleverser. Je pouvais tout faire chavirer. Je n' avais qu' à lui demander de venir avec moi. Mais je n' étais pas sûre non plus finalement qu' elle accepterait. Il fallait que je sois raisonnable, je ne pouvais pas tout chahuter sinon forcément, je devrais m' attendre à le payer un jour.
Ce début de journée était plutôt morose pour l' un comme pour l' autre. Notre dispute et notre conversation après nous avait ébranlé. Il fallait rompre le silence.
-Tu sais qu' on est dans la région des lacs salés? Lui dis-je.
Elle tourna la tête vers moi.
-Non, je ne le savais pas mais ça explique pourquoi l' air ambiant est si salé. A chaque fois que je passe ma langue sur mes lèvres, elles sont toutes sèches et salées.
-Oui, pareil pour moi! Lui dis-je avec un clin d' oeil. Sur le Grand Lac Salé, on pratique des records de vitesse. En moto ou en voiture.
-Ah, je ne savais pas.
-J' aimerais bien un jour faire une course là-bas, lui dis-je.
Elle attendit un instant l' air de réfléchir
-Et bien quand tu seras riche, tu pourras. Et avec un peu de chance, tu amèneras une vieille copine pour te supporter, me dit-elle avec un clin d' oeil.
-Si ça te branche, je veux bien.
Même si j' étais à peu près sûr qu' on ne se reverrait jamais.
Salt Lake City était une énorme ville, c' était la capitale de l' Utah, on s' y arrêta pour manger et pour faire deux, trois courses. En fait, surtout pour moi, j' avais encore un peu de kilomètres avant d' atteindre la Californie. On traîna un peu, je crois que tous les deux, on redoutait la fin de notre voyage, le moment de la séparation, et on repoussait comme on le pouvait l' échéance. Je l' observais de plus en plus dans les rayons de l' épicerie, elle n' avait pas l' air de s' en rendre compte. Elle était ravissante même toute décoiffée et toute débraillée. Au naturel, elle semblait à sa place. Elle avait encore les traits d' une enfant et c' était attendrissant, ça donnait envie de la protéger même si je savais qu' elle était coriace, qu' elle avait du caractère et qu' elle n' aurait pas besoin de moi pour se défendre. Je la découvrais sous d' autres aspects à la regarder comme ça, et elle ne me laissait pas de marbre.
Nous reprîmes la route. A nouveau, nous étions perdus tous les deux dans nos songes. Nous traversâmes Provo, une petite ville où je m' arrêtais encore. Je fis le plein à la station service alors que Bella allait se rafraîchir et acheter quelques bonbons. Puis, nous repartîmes...
POV BELLA
Notre dernière journée ensemble était horrible. On s' était fait du mal. C' était nul. Je n' aurais jamais du lui dire que j' allais me marier. Moi et ma franchise... ça m' apprendra! Je n' arrivais même pas à rétablir le contact. Pourtant, nous n' étions plus en colère l' un contre l' autre, nous n' étions pas gênés mais un fossé se creusait davantage que les heures passaient. Qu' est-ce qu' il nous arrivait?
A Salt Lake City, j' avais senti son regard sur moi, il était plein de tendresse et d' affection et d' autre chose aussi que je n' arrivais pas à décoder. J' avais fait mine de rien. Pour la première fois de ma vie, j' avais garder ma franchise et mon assurance pour moi face à lui. Notre ignorance face à ce qu' on éprouvait nous tuait...
POV JACOB
J' avais trouvé un môtel entre Cedar City et St George, nous prîmes encore une fois et pour la dernière fois une chambre commune. Nous nous étions toujours pas parler et ça faisait mal.
-Tu veux prendre ta douche en premier ou j' y vais? Lui demandai-je sans plus d' entrain.
-Vas-y si tu veux, je vais préparer la table et sortir quelques affaires. Je dois aussi téléphoner chez moi et...
Elle ne finit pas sa phrase mais me regarda avec beaucoup de souffrance. Elle devait parler de lui. Sans le vouloir, je le détestais déjà même si je ne le connaissais pas. Et encore une fois, ça me déstabilisa.
-Ok! Lui dis-je en me dirigeant vers la salle de bain. Une fois entré dans la pièce, je refermais la porte derrière moi en soufflant et je m' abattis contre me prenant le visage entre mes deux mains. Je devais reprendre le dessus, je devais me conforter sur ce qui avait été dit depuis le départ, je ne devais plus me soucier de ce que je ressentais, ni de ce que je m' étais mis en tête que je la volerais bien à l' autre juste pour moi...
Je rentrais dans la douche bien décidé à me décontracter de cette journée difficile. Je ne l' entendis pas arriver, je ne sentis qu 'elle était à côté de moi sous la douche que lorsque ses mains se posèrent sur mon corps. Je me retournais et la regardais surpris.
-Une dernière fois, Jake... ce sera la dernière fois... me murmura-t-elle.
Je la regardais ne sachant pas comment réagir. Je voulais lui dire non mais mon corps et mon coeur s' y refusaient. Ce qu' elle me demandait c' était encore une fois trahir son mec et encore une fois nous faire du mal en nous faisant du bien. Au nom de quoi? C' était compliqué à piger! Saisir une dernière fois l' instant c' était tout ce qu' il me restait et c' était tout ce qu' il me resterait d' elle. Alors encore une fois, une dernière fois, je lui fis l' amour sans plus rien retenir...
POV BELLA
Quand je l' avais vu se diriger vers la salle de bain, les épaules en berne et l' air tellement malheureux, je ne pus m' empêcher de penser que j' aurais pu rester à ses côtés... partir avec lui jusqu' à Los Angeles. Mais je ne trouvais pas ça juste, ni pour lui, ni pour moi. Pourtant mon coeur s' était resserré en le voyant ainsi. Je pris sur moi, il nous restait une dernière nuit et une dernière matinée avant que l' on se quitte et tant pis pour Edward, ça resterait mes seuls souvenirs de jeune fille et c' était avec Jake que je voulais les passer et c' était lui que j' avais choisi pour ces merveilleux moments. Jusqu' à la fin de ma vie, ils resteraient gravés dans ma mémoire et jusqu' à la fin de ma vie j' y penserais avec le sourire... Je m' y résolus et rentrais donc le rejoindre dans la douche après m' être déshabillée. Il avait été surpris ne m' ayant pas entendu arriver et je lui avais demandé notre dernière fois. Il parut hésiter mais je lus dans ses yeux combien il luttait et pourtant il lâcha prise et toutes les bonnes résolutions qu' inconsciemment on avait érigé entre nous furent soufflées en un clin d' oeil. Les barrières tombèrent et il répondit à mes avances...
Encore une fois, nous avions dormis dans les bras l' un de l' autre, nous nous étions réveillés sereins... du moins en apparence. Nous déjeunâmes vite fait un café au distributeur du môtel et il alla me chercher quelques gâteaux pour ne pas que je sois à jeun pendant le restant de la route qui cette fois-ci m' emmenait à mon point d' arrivé. C' était la dernière ligne droite.
Nous nous mîmes en chemin, il nous restait à peu près deux cent cinquante kilomètres, c' était peu après tous les états qu' on avait traversé.
POV JACOB
Mon pied trembla sur la pédale d' accélérateur pendant tout le trajet et ça s' intensifia lorsque nous arrivâmes aux portes de Las Vegas. Ma gorge était serrée depuis ce matin qu' on avait repris la route.
-Tu es contente, on est bientôt arrivés, lui dis-je avec le sourire. T' auras plus à me supporter.
J' avais ri comme si ce que je lui disais ne me touchait pas.
-A vrai dire, je n' en sais rien, Jake... souffla-t-elle. Et je ne crois pas que te supporter plus longtemps m' aurait tué!
Elle était on ne peut plus sincère à ce moment là, je le savais.
-Pourquoi tu fais ça, Bella?
-Peut être parce que j' ai envie que tu me retiennes... Murmura-t-elle.
Un énorme pincement s' abattit sur mon coeur.
-Tu sais bien que c' est impossible! Tu vas démarrer ta nouvelle vie ici, tu vas te marier et être heureuse. Quant à moi, j' ai mes rêves à réaliser et je rencontrerais une superbe top model que j' épouserais et d' avec qui je divorcerais quelques mois après et au final, je jouerais de mon corps pour avoir les plus belles femmes du monde dans mon lit, lui racontai-je en souriant le plus juste possible aussi.
Elle grimaça comme si le fait de me savoir avec d' autres femmes lui déplaisait. Son regard m' arracha les tripes.
-Il faut que je te dépose où? Lui demandai-je avec l' enthousiasme d' un âne qui recule.
-Devant le Bellagio.
-Il t' attend?
-Non, je nous ai laissé du temps pour qu' on puisse se dire au revoir.
Je souris parce qu' elle avait entendu ma demande silencieuse.
-Il ne sait pas que tu as voyagé avec un garçon, n' est-ce pas?
-Non, tu seras une vieille fille pas très jolie qui m' aura soulé pendant tout le voyage! Me répondit-elle avec un beau sourire.
Je sentais ma gorge se serrer.
Nous traversions la ville, le Bellagio se voyait de loin. Je savais que c' était le casino le plus beau de Las Vegas. Si elle avait de la chance, Bella pourrait un jour y travailler, j' en étais à peu près certain. Mes tripes s' arrachaient à chaque mètre de plus qui se rapprochait du Casino.
Ça y est, nous y étions. J' arrêtais ma voiture un peu à l' écart de l' entrée du Casino dont les lumières clignotaient de partout. Je soupirais n' osant même pas la regarder. Je descendis s' en jeter un oeil à Bella. Je fis le tour et vint lui ouvrir la portière et je lui tendis la main pour qu' elle s' en serve pour descendre de la Cherokee tout en fuyant son regard. Je ne savais absolument pas encore comment j' allais réagir. Elle se retrouva devant moi et je regardais mes pompes mais je sentais ses yeux me scruter et me forcer à lui faire face ce que de toute évidence je dus finir par faire. Mon coeur tambourinait et j' étais un peu étonné de ce qu' elle me poussait à voir en moi. Mes yeux accrochèrent les siens, ses deux prunelles chocolat et un long silence s' ensuivit. Je lui tenais les deux mains et je ne savais vraiment pas quoi lui dire à cet instant précis.
-ça y est, c' est maintenant! Ça arrive, lui dis-je.
-Oui je crois bien, me répondit-elle. Au son de sa voix, elle était émue.
Je n' en menais pas large, non plus.
-Puisqu' on a toujours été franc l' un envers l' autre, je dois te dire qu' il a beaucoup de chance de t' épouser, lui dis-je le coeur en vrille.
-Et je pense que le Top Model qui t' épouseras sera chanceuse aussi, me retourna-t-elle.
Je lui souris, elle avait tout retenu.
-Je suis heureux que le destin m' ait fait croiser ton chemin, Bella.
-C' est également ce que je pense, Jake. C' était bien notre road trip amélioré?
Je ris.
-Oui c' était même mieux que bien. J' suis pas prêt de l' oublier. Il va rester là, lui dis-je en mêlant le geste à la parole quand mon doigt vint tapoter ma tempe.
-Je crois que tu vas me manquer, Jake... me dit-elle la voix pleine d' émotions.
-Toi aussi, tu sais...
Je m' étais rapproché d' elle, lui entourant à présent son visage de mes mains.
-Je peux? La questionnai-je.
Je lui demandais l' accès à sa bouche. Juste un baiser pour lui dire au revoir, ça n' était pas cher payé pour l' incertitude dans laquelle elle m' avait plonger.
-Comment te le refuser?
Alors je l' embrassais le plus sincèrement du monde, le plus timidement du monde aussi peut être pour la première fois de ma vie. Un baiser doux et tendre mais qui resta en l' état, pas de chaudes étreintes, elles n' avaient pas leur place ici.
Lorsque j' abandonnais ses lèvres et me reculais, je la vis pleurer.
-Bella! Fais pas ça! On a dit pas d' attachement, ok?
-Oui, je sais! Ne t' inquiète pas! C' est juste peut être le trop plein du voyage et la fatigue qui joue.
-Oui, ça doit être ça, ajoutai-je un sourire en coin.
Elle me sourit de ce sourire que j' aimais déjà. Je le détaillais au mieux pour pouvoir m' en souvenir quand j' aurais de gros coup dur. Elle m' aiderait à m' accrocher.
-Au revoir, Jake...
-Au revoir, Bella... Heureux d' avoir fait ce bout de route avec toi... Lui dis-je d' une voix sereine à présent même si celle-ci voulait dérailler déjà.
-Moi aussi, Jacob.
-Jacob Black, rajoutai-je.
Je lui glissais mon numéro de portable en même temps que je lui serrais la main en guise d' amitié même si je savais que c' était plus fort que ça. Elle rit à l' énoncé de mon nom et me montra le bout de papier.
-En cas de coup dur, lui expliquai-je en riant.
-Oh d' accord. Je le garde alors, dit-elle avec un clin d' oeil.
Alors je me reculais petit à petit, m' éloignant d' elle. Je lui fis signe de la main à plusieurs reprises alors que je contournais ma voiture. Je la regardais une dernière fois, j' imprimais son visage souriant une dernière fois, je montais dans ma caisse et je partis...
POV BELLA
Je restais là, à nouveau, ébêtée au bord du trottoir, les yeux rivés sur la Cherokee Chief qui s' en allait suivre sa route... sans moi. Et sans savoir vraiment pourquoi, je me mis à pleurer. C' était dur et mon coeur que le feu rongeait de la séparation d' avec Jake me pliait en deux de douleur. Pourquoi? «LA» question existentielle par excellence, pourquoi? Il n' y avait pas de mots, du moins je ne trouvais pas à qualifier ce ressenti.
Une fois ma crise de larmes passée, il fallait que je reprenne le dessus, je ne devais pas avoir l' air complètement abattue lorsque Edward viendrait me chercher. Je respirais profondément, je sortis mon portable de mon sac-après l' avoir presque retourné sur le trottoir-puis je contactais mon futur mari. Rien qu' à le penser, j' en avais à présent la nausée! Mais je me dis que ça devait être le bouleversement de ces derniers jours qui me mettait dans cet état et que lorsqu' il apparaîtrait devant moi, j' oublierais tout. Les moments de confusions s' envoleraient comme neige au soleil! C' est à ça que je me raccrochais tout du moins.
Une demi heure plus tard Edward se garait à la même place que Jake quelques temps plutôt et il sortit de la voiture en courant pour me prendre dans ses bras. Il me décolla tellement il était heureux et me fit tournoyer.
-Je suis si heureux, Bella, que tu sois enfin là. Me dit-il les yeux remplis d' amour.
-Moi aussi, dis-je plus discrète.
-J' espère que ton voyage n' a pas trop été galère et que la personne n' était pas trop pénible avec toi?
-Non, non, dans l' ensemble ç' a été même si la femme qui m' a pris en cours de route était un peu trop bavarde à mon goût! J' te jure les vieilles filles, lui dis-je en haussant les yeux au ciel.
Ma réflexion le fit rire.
-Tu avais qu' à lui dire, tiens!
-De quoi qu' elle était soulante? Et je faisais comment pour arriver jusqu' ici? Lui répliquai-je maligne.
Nous explosions de rire alors que je pensais à la «vieille fille» sous les traits de Jake...
-Prête à me suivre dans mon antre, me dit-il avec un regard enjôleur.
Je me sentis gênée et je ne pus soutenir son regard moi qui pourtant était si franche et si téméraire.
-Allons-y! Dis-je presque timidement.
Ça n' était pas moi, ça! Mais alors pas du tout!
Nous faisions route vers son appartement. Il vivait au-dessus d' une épicerie. Probablement celle de ses parents... Il m' en avait vaguement parlé lorsque nous étions à la faculté. Ils lui avaient laissé ce logis parce que eux s' étaient achetés une maison dans la banlieue de Las Vegas. Ma respiration était de plus en plus dure à mesure que nous nous rapprochions de chez lui. J' étais entrain de me bloquer inconsciemment ou pas mais je devais me reprendre, c' était à présent ma vie, je l' avais choisi et je devais m' y tenir. Edward était un gentil garçon mais après avoir passé tant de jours avec Jacob je n' étais plus certaine que c' était lui qu' il me fallait. J' avais peur de me tromper.
Lorsque nous franchîmes le pas de la porte de son appartement, il me prit dans ses bras et me serra fort. Il était heureux de me retrouver mais moi j' étais encore sous l' émotion de ma séparation d' avec Jacob. Il m' embrassa et je lui répondis avec difficulté alors qu' il passait déjà ses mains sur mes reins soulevant mon débardeur pour y glisser ses doigts. Je déglutis légèrement quand je sentis son envie pour moi. Il me serra encore un peu plus fort contre lui, à priori je lui avais beaucoup manqué. Bien qu' avant mon voyage, j' aimais bien nos étreintes charnelles après avoir goûté à celle de mon acolyte de voyage, je ne voyais plus vraiment pourquoi je me contentais d' un mec qui ne connaissait absolument pas mes goûts en matière de sexe alors que ça faisait plus d' un an que nous sortions ensemble! Je résistais à son envie et doucement je reculais, il finit par comprendre et me relâcha un peu.
-Excuses-moi Edward, je n' ai pas la tête à ça, je suis fatiguée du voyage!
-Oh oui, pardonne-moi, je comprend.
-ça ne te fait rien si je vais installer mes affaires et je vais regarder pour aller faire deux trois courses, j' ai besoin de dentifrice et autres...
-Oui, pas de problème, Bella. Tu peux descendre à l' épicerie, tu trouveras ce qu' il faut et tu te présentes c' est ma mère qui est là la journée. Vous pourrez faire connaissance comme ça.
-Mais tu ne viens pas?
-Non, Bella, je retourne travailler.
-Ah! Tu as un job.
-Oui, je bosse à la station service à la sortie de la ville et le soir j' aide un peu mon père à la boutique.
-Si tu veux, tu peux travailler à l' épicerie avec ma mère la journée, elle t' a gardé une place. A moins que tu veuilles trouver un autre job. Mais c' était pour que tu puisses déjà avoir de quoi faire en arrivant ici, me dit-il avec le sourire.
-C' est une bonne idée mais ça ne va pas la déranger?
-Non, pas du tout, elle est ravie de t' accueillir. Je lui ai beaucoup parlé de toi, tu sais! Dit-il en se rapprochant pour m' embrasser.
Il reprit.
-Excuse-moi, je dois y aller, maintenant.
-A ce soir, lui dis-je.
-A ce soir, Bella.
Il me sourit et partit.
Je me retrouvais là toute seule comme une imbécile cherchant à retirer une satisfaction dans tout ça. Je rangeais mes affaires tout en réfléchissant, je me devais d' oublier mon escapade avec Jake, je devais l' oublier et me recentrer sur ma future vie. Il avait raison nos chemins à présent s' étaient séparés et il était fort possible qu' on ne se recroise jamais. Mais j' étais las! Une bonne nuit de sommeil et je repartirais sur de bonnes bases. J' oublierais tout...
