Hello les gens ! Je suis de retour ! Bon, je sais, je ne suis toujours pas au point avec la notion du temps, toussa, toussa, mais voici la suite !

J'espère que ça vous plaira toujours autant, n'hésitez pas à me laisser votre avis !


J'en profite pour répondre à Blandine (parce que ça m'a beaucoup frustré de ne pas pouvoir le faire directement):

Je suis super contente que tu aies apprécié ! Je n'étais vraiment pas sûre pour le genre épistolaire, mais après tout, autant se lancer, n'est-ce pas ? :) Ahah, en général, dans mes fictions tous les personnages ont leurs lots de souffrance. (j'suis pas sadique du tout, non. *Innocence.*) J'espère que la suite continuera de te plaire, et que j'aurai tes ressentis sur ce chapitre !

Pleins de bisous pour toi !


Jeudi – [4]

Dean,

Cela fait maintenant… Quatre Jeudi que je me suis réveillé. Il me semble. J'ai encore du mal à me repérer, et… Je ne comprends toujours pas pourquoi je me trouve dans cette chambre – dans cet hôpital. Les infirmiers ne me sont pas d'une grande aide : ils éludent systématiquement mes questions, et affirment que tout va bien, que ce n'est rien, qu'ils ont juste besoin de me garder en observation. Rien de plus.

Ils me répètent cela, chaque semaine. Ils refusent de me donner la date exacte je n'ai le droit de connaître que le jour uniquement. Apparemment, j'ai subi un traumatisme important, ce qui semble justifier cette période d'observation. Je n'en sais pas plus, les infirmiers refusent également de m'en dire plus à ce sujet. (Je les ai entendus dire qu'il est encore « trop tôt ». « Trop tôt », mais pour quoi ? )

Je suis complètement perdu, Dean. Les médecins m'ont conseillé d'écrire un peu, tous les jours. Cela devrait me permettre de retrouver une certaine notion du temps, et de faire des progrès. Parce que oui, quand je me suis réveillé – et pour une raison que j'ignore – j'ai tenté de me lever pour… Juste pour explorer mon nouvel environnement, et je n'ai pas réussi à tenir debout. Je suis tombé, tout simplement. Mes jambes étaient incapables de me porter. Et, lorsque le personnel soignant est arrivé, j'ai appris qu'en prime, j'avais réussi à arracher toutes mes perfusions. Ils ont du me donner quelque chose – je ne me souviens plus très bien – et ça a du faire effet.

Les premiers jours ont été très difficiles : je n'étais pas capable de me débrouiller seul. J'avais l'impression qu'aucun de mes membres ne me répondaient, c'était comme si… J'étais prisonnier de mon propre corps. Un kinésithérapeute venait me voir chaque après midi, pour la rééducation. Tout cela m'a semblé très long, mais j'ai fait des progrès. Je parviens à me débrouiller seul, maintenant. Il m'arrive encore de laisser échapper certains objets, ou bien de perdre l'équilibre de temps à autre, mais ça va mieux. Au niveau des conversations, je n'en ai pas eu beaucoup – comme je te l'ai dit, les infirmiers ne sont pas très causants – mais parfois, je perds le fil, et je ne sais plus où j'en suis. Mais ça arrive de moins en moins souvent. Dans l'ensemble, c'est plutôt encourageant, non ?

J'espère que tu pourras bientôt venir me voir. J'ai hâte de pouvoir te revoir. Je n'avais pas le droit aux visites, mais il semblerait que ça ait changé, maintenant. Demain, il me semble que Balthazar va venir. C'est censé être une surprise, mais les infirmiers ne sont pas discrets lorsqu'ils pensent que personne ne peut les entendre. Ça va me faire de bien de vous revoir. J'espère qu'il pourra me donner de tes nouvelles.

Castiel.

_._

Vendredi – [4]

Dean,

Comme je te l'avais dit, Balthazar est venu me voir. Et, au moment où j'écris, il vient seulement de partir. Je ne sais pas comment l'expliquer, mais cette entrevue m'a semblé… Horriblement étrange. Je ne sais pas, c'est comme si… Comme si ce n'était pas le Balthazar que j'ai toujours connu qui se tenait devant moi.

La première chose qu'il a faite en me voyant, c'est de me prendre dans ses bras en me disant à quel point je lui avais manqué, et qu'il était heureux de me voir. Rien que ça, c'est étrange en soi. Tu connais mon frère, les effusions d'émotions, ce n'est vraiment pas son genre : il préfère largement faire des remarques cyniques et pleines de sous-entendus. Et puis, à l'entendre parler, c'était comme si cela faisait plusieurs mois qu'il ne m'avait pas vu ! Pourtant, cela ne fait qu'un mois que je me trouve dans cet hôpital, et il est déjà parti de son côté pendant des années avant de venir me donner des nouvelles. Un mois de séparation ne devrait pas lui avoir fait autant d'effet…

J'ai fait de mon mieux pour ne rien montrer de mon trouble. Je n'avais pas à l'inquiéter davantage, et je ne voulais pas non plus gâcher ma première visite. Il m'avait manqué également, et je comptais bien faire de mon mieux pour rattraper le temps perdu. Nous avons échangé quelques banalités, je lui ai demandé comment il allait et même s'il m'a assuré que tout allait bien pour lui, je dois t'avouer que j'ai eu un peu de mal à le croire : ses yeux étaient cernés – bien plus que d'ordinaire, je sais que mon frère est un fêtard dans l'âme, mais c'était bien la première fois que je le voyais ainsi – , il semblait plus maigre, aussi. Mais je n'ai pas insisté. Je n'avais aucune raison de le mettre mal à l'aise.

Finalement, nous en sommes venus à parler de toi, et je lui ai demandé comment tu allais. A ce moment là, Balthazar a semblé devenir plus pâle, et il a détourné le regard. Un silence inconfortable s'est installé durant quelques secondes, avant qu'il n'hausse les épaules, l'air de rien. Il m'a répondu qu'il ne savait pas, qu'il avait beaucoup voyagé ces derniers temps, et qu'il n'était revenu qu'hier : j'étais la première personne qu'il revoyait. Il a ajouté qu'il essaierait de voir ton frère, Sam, demain dans la journée pour essayer d'avoir de tes nouvelles.

Mais, une fois encore, tout cela m'a semblé faux. C'était comme s'il me cachait quelque chose. Une fois encore, je n'ai pas cherché plus loin, et j'ai acquiescé avant de changer de sujet. Mettre les autres mal à l'aise n'est pas ma tasse de thé – encore moins lorsqu'il s'agit de ma propre famille.

Je m'inquiète pour toi, Dean. Je me demande pourquoi Balthazar essaie de me cacher des choses. J'espère qu'il ne t'ait rien arrivé. J'espère que je me fais des idées, et que tout va bien, que tu vis avec Sam et Bobby, et que tu viendras bientôt me rendre visite.

Oui, je dois forcément me faire des idées : la fatigue doit me jouer des tours. Je dois devenir un peu paranoïaque. A force de vivre dans un hôpital, c'est presque une chose normale, n'est-ce pas ? Je suis sûr que cela t'aurait fait rire, et que tu m'aurais traité de fou, avant de passer une main dans mes cheveux. J'espère que tu viendras vite.

Castiel.