Salut, je n'ai pas reçu de menace de mort si je continuais cette fic, alors j'ai décidé de n'en faire qu'à ma tête et de continuer. Autant que vous soyez prévenu(e)s, le père de Sebastian va tenir des propos hautement homophobes issus de vieux clichés à vomir qui donnent des envies de meurtre. Vraiment.

Les personnages ne m'appartiennent évidemment pas, mais j'ose espérer que personne ne le croyait...

Allez, on se retrouve en bas, bonne lecture !


POV Sebastian

Après cet aveu, Blaine était parti en courant. Je l'avais suivi des yeux, immobile, jusqu'au moment où il avait disparu au coin de la rue. À ce moment, ma seule réaction fut de regarder ma montre, qui indiquait l'heure tardive de 01h47. Il me restait donc moins d'un quart d'heure pour rentrer chez moi avant que mon père ne s'énerve. Je cherchais donc à me repérer spatialement, et reconnus le panneau « STOP » tagué de signes obscènes, qui indiquait que j'étais presque arrivé à la maison. Je me dirigeai donc vers ce panneau, et tournai à droite, traversai, continuai sur quelques mètres puis tournai à nouveau vers la droite.

Enfin, je vis la haie, haute comme un homme, rouge comme le sang, et si épaisse qu'aucune clôture n'était nécessaire autour de la propriété. Elle était assez repoussante, mais avait toujours été le signe que j'arrivais à la maison. Arrivé devant le grand portail blanc, je regardai à nouveau ma montre, geste que je faisais apparemment à chaque fois que je stressais. Cette fois, elle indiquait 01h53. Il me restait 7 minutes avant que mon père ne crie. Coup de chance, j'avais seulement quelques mètres à parcourir avant d'arriver. Je franchi donc ces quelques mètres sans difficulté, et arrivai devant la porte d'entrée de la grande maison que je partageais avec mon père et ma demi-sœur Linda.

Il aimait cette dernière beaucoup plus que moi, puisqu'elle était désirée et issue d'une femme qu'il avait aimée. Quant à moi, j'étais seulement le fruit d'un préservatif fragile lors d'une aventure d'un soir avec une droguée qui enchaînait cure de désintox sur cure de désintox. À ma naissance, elle avait retrouvé mon père, qu'elle n'avait pas vu pendant 9 mois, et m'avait confié à lui, qui avant ça ignorait jusqu'à mon existence. Après ça, elle avait disparu.

Regardant une dernière fois ma montre, qui affichait 01h56, je posai ma main sur la poignée et appuyai. La lumière du salon était encore allumée, de même que la télé. Mon père était dans le canapé, et regardait la énième rediffusion d'une vieille série policière. Je lui lançai un « Salut, je suis rentré » en chuchotant pour ne pas réveiller Linda.

- C'est pas trop tôt ! répondit mon père, agréable, comme à son habitude

- Je sais, mais tu m'avais dit que j'avais jusqu'à 2h du matin, et il est seulement 01h57.

- Oui, peu importe. Que faisais-tu ?

- Je t'avais laissé un mot sur la table de la cuisine. J'étais avec le Glee Club et...

- Je sais ! me coupa-t-il, j'ai vu ton mot, et j'ai mangé ton plat dans le micro-ondes, il n'était pas bon d'ailleurs, mais là n'est pas la question. Ce que je veux savoir, c'est ce que tu faisais.

- On a mangé des pizzas, on a discuté, et n a joué un peu à action ou vérité.

- Pas d'alcool ? Pas de drogue ?

- Non Papa, on est jeunes, pas toxicomanes !

- Mais tu as des antécédents, et tu le sais très bien ! Je refuse que mon fils finisse comme sa mère, ce serait trop humiliant !

Le ton montait, j'allais devoir calmer le jeu avant que ça ne dégénère.

- Oui Papa, je sais. Et ça me fait une raison de plus pour faire attention, alors arrête de t'inquiéter s'il-te-plaît.

- Hum, au fait, tu m'as bien dit que les membres du Glee Club étaient homosexuels ?

Intérieurement, je levai les yeux au ciel en poussant un soupir de désespoir-chose que je n'aurais évidemment jamais faite dans la vraie vie. Ça recommençait...

- Oui Papa, mais pas tous tu sais, seulement deux ou trois...

- Mais tu fais attention hein ? Déjà que mon fils n'a pas de mère, je ne veux pas qu'on te voit traîner avec des gays. Imagine ce que diraient les gens ! Le fils du procureur de l'Ohio qui fréquente des pervers ! Des pervers qui ont pour seul objectif de violer des jeunes garçons afin qu'ils rejoignent leur immonde secte d'horribles pécheurs. Si cela ne tenait qu'à moi, tous ces pédérastes seraient directement fusillés.

Sans le savoir, mon père était en train de dénigrer et de vouer aux flammes de l'enfer son propre fils et sa « nature pécheresse ». Sentant mes larmes monter, je renonçai à l'idée de lutter. Je souhaitai une bonne nuit à mon père, lui promettant que mes amis du Glee Club n'étaient en aucun cas animés par de mauvaises intentions mais que j'allais quand même faire attention et montai dans me coucher.

Lorsque j'arrivai dans ma chambre -spacieuse et relativement bien équipée informatiquement grâce au prestigieux métier de mon père, qui compensait l'absence d'amour par les cadeaux et l'argent en quantité- les vannes qu'avaient été mes paupières jusqu'à présent s'ouvrirent d'un coup, et mes larmes coulèrent à flot. Blessé par les propos de mon père et mort de fatigue, je renonçai à aller jusqu'à ma petite salle de bain, et m'allongeai tout habillé sur mon lit, où je m'endormis en pleurant.


Voilà, j'espère que ça vous a plu !

Quelques précisions :

Les argument de discours du père de Sebastian viennent du film « Bobby seul contre tous » (« Prayer for Bobby » en VO, et je précise aussi qu'il est disponible sur You Tube), un magnifique film sur un ado gay des années 80 en Amérique, qui est élevé dans une famille hyper religieuse etc... Bon vous vous doutez un peu de ce qui arrive après, les parents le découvrent et tout ce qui s'ensuit. C'est tiré d'une histoire vraie malheureusement, mais c'est une très belle histoire. La phrase « Si cela ne tenait qu'à moi, tous ces pédérastes seraient directement fusillés. » en est directement tirée.

Et juste une petite anecdote comme ça, j'ai donné ce prénom à la sœur de Sebastian parce que j'écrivais en regardant la télé, et au moment où je lui cherchais un prénom, une pub Lindt est passée...

J'ai commencé le chapitre suivant et j'essaierais de publier toutes les semaines, mais je peux rien promettre.