Et v'là la suite!
Bisous sur vos têtes, Sam
Un petit comité d'accueil m'attend patiemment. Un véhicule dernière génération, anti bombe, anti attaque chimique… Anti tout quoi ! Entre deux chars d'assaut. Je reconnais bien là la folie des grandeurs de Pavoshko. La porte du 4x4 limousine s'ouvre et un air de Beethoven s'en échappe. Un gloussement me secoue. Il a toujours voulu se faire passer pour un mec cultivé. Je me glisse à l'intérieur et ne peux empêcher le rire de s'échapper pour de bon de ma poitrine.
- Canapé en cuir retourné, moquette en laine d'alpaga, tu rigoles Karl ?
- Ferme là donc Diavel ; le gros moustachu croise les jambes, je remarque à peine que le véhicule s'est mit en marche ; Et Kurk ?
- Il refroidit dans mon appart ; je croise mes bras sur mon torse
- Putain tu m'emmerdes ; l'autre soupire puissamment
- Fallait pas l'envoyer. Tu savais qu'on avait un compte à régler ; je lâche cynique
- Au bout de 3 putains d'années ? Bon… J'ai besoin de toi
- Ah tu m'as pas juste invité à boire le café ? ; je penche la tête, il me prend pour un con et j'ai une sainte horreur de ça
- T'es vraiment trop orgueilleux Diavel ; il se renfrogne
- Mais comme je suis le meilleur ; je souris
- Toi et ta putain de gueule d'ange. Le seul mercenaire sans cicatrice ; il se frotte le visage ; J'ai besoin que tu apportes un colis à New-York pour moi
- Alors… ; je m'affale dans le confort de son canapé, autant en profiter ; Petit un, je ne fais plus de transport. Et petit deux… Au cas où tu aurais oublié je suis fiché comme terroriste par la Maison Blanche à cause de TOI
- Ce n'est pas un simple colis ; il râle
- Encore pire… Je fais plus de passage. Je suis pas un putain de passeur à la con ; je pose mes coudes sur mes genoux, je déteste faire ça, mettre la vie des gens en danger parce qu'ils croient à un avenir meilleur
- M'est avis que tu ne refuseras pas ce passage là ; il sourit de manière torve et j'ai tellement envie de lui faire bouffer sa suffisance
- Ah ouais ? ; j'hausse un sourcil, ceux qui me connaissent bien savent c'est un geste qui prouve que je m'échauffe et que ça commence à puer sérieusement
- Ouais. Je te propose 50 millions… De dollars ET … ; il se tortille pour accéder à la poche de son pantalon de soie, il sort un petit tube et me l'agite devant le nez
- Impossible ; je chuchote en tendant la main mais il éloigne la sienne ; Les passeports d'entrée de l'ONU sont infalsifiable et unique.
- C'est un vrai ; pour preuve il tourne le tube et le logo de l'organisation œuvrant pour la paix s'affiche au bout du tube
- Comment ? ; je souffle, stupéfait pour la 3ème fois dans ma vie
- Secret. Et 50 millions… De quoi te refaire une vie en Amérique… Ou en Europe… Alors ?
- Où est l'embrouille ?
- T'as 10 jours pour faire arriver le paquet à New-York
- Ça passe ; je fronce les sourcils ; Où est l'embrouille ? ; je répète
- Y en a pas. Du pognon. Une nouvelle vie. Point barre. Alors ? ; il agite le tube et tire une mallette de sous le canapé, je me mords les lèvres, j'inspire
- Ok ; je ferme les yeux
- Je suis ravi ; il pose le passeport sur la tablette de marbre entre nous, et je m'empresse dans le glisser dans mon gilet ; Une voiture va venir te chercher et t'emmener au point de rencontre avec le colis. Tous les détails sont dans le dossier ; il me tend la main ; Bonne route Diavel. Ne me déçois pas où je te tue
- Comment ? Avec un boulet comme Kurk ? ; je ne saisis pas sa main mais ouvre la porte ; Au plaisir de ne jamais te revoir Pavoshko
- Dégage Diavel ; il me crache presque dessus
Le convoi se remet en branle et je regarde les chars d'assaut disparaître dans un boucan d'enfer. Je m'assieds sur le rebord défoncé du trottoir. Je ressors le passeport. Je le tourne et le retourne entre mes doigts. Mais c'est bien un vrai. Ma tête tourne. Je crois que je vais faire un malaise. Une voiture apparaît devant moi. M'effrayant. Et ça dans mon boulot c'est jamais bon ! Je respire un grand coup et rentre dans la voiture. Elle s'envole. Un falcon emmène la voiture dans les airs. Je sais pas où je vais…
Je passe à l'avant et glisse la puce dans le lecteur. Le dossier s'affiche. Page unique. Et pire que succincte. Pas de photo. Pas de prénom. Pas de nom de famille. Juste une lettre. S. Une adresse où récupérer le colis. Une adresse où poser le colis. Point. Oh génial je suis en route vers le République Tchèque… Enfin ce qu'il en reste. Bon Pologne-République Tchèque ça va prendre un peu de temps. J'ai le temps de roupiller un peu. Je regarde vite fait la voiture. Vitre par balle. Voiture solaire. Bon c'est pas la grande classe mais c'est pas mal. Une bonne vieille Audi Q3… Elles étaient en vogue quand j'étais jeune. Pf, une autre vie. Je m'installe sur les sièges arrière, j'étends mes jambes et ferme mes yeux.
C'est la secousse de l'atterrissage qui me réveille. Je sors de la voiture sous un soleil de plomb. République Tchèque ? Je sors une carte du coffre et tape sur « position ». Ben ouais je suis bien au bon endroit. Pas désagréable après toute cette neige. J'enlève ma doudoune, transfère l'argent de la mallette à mon sac à dos. Je jette la mallette dans le cours d'eau qui serpente. Je soulève la paroi du coffre. Tout un arsenal. Ok, au moins il a pas rigolé avec ça. Je sors quelques flingues. Tous estampillés USA. Bien.
Je tourne un peu sur moi. Un pont au-dessus de la rivière et un bâtiment à flanc de colline. En pierre blanche. Très beau. Simple et épuré. Je descends vers la rivière. Je me mets torse nu et me nettoie un minimum. J'entends une lourde porte claquer. Je me rhabille et vais m'appuyer contre ma voiture. Une petite silhouette avance d'un pas nerveux sur le pont. Je croise les bras. Minuscule c'est la première chose à laquelle je pense. Puis elle se rapproche. Je révise mon jugement. Fine. Petite. Mais dangereuse. La personne s'arrête à 5 pas de moi et enlève l'écharpe qui recouvre son visage. Je fais face à des yeux d'or, des boucles d'oreilles et un point rouge.
- Bonjour. Je suis…
- Pas besoin de prénom. En route ; j'ouvre la porte arrière mais un rire frais, vif et sincère me stop ; Un problème ?
- Je suis sœur Maya. J'ai 3 règles à vous exposer ; elle sourit et rabat une mèche de cheveu noir d'encre derrière son oreille
- Ok, on va se marrer, je le sens ; je referme la porte de la voiture
- Règle numéro une, où il va je vais ; je fronce les sourcils, ouvre la bouche mais un index se dresse devant mon visage ; Règle numéro deux, il faut le protéger du monde extérieur. Si nous devons avoir des interactions avec le monde extérieur parlez en moi d'abord et je vous donnerais, ou non, mon accord ; là je ne peux empêcher un petit sifflement de passer mes lèvres ; ENFIN pas de familiarités. Nous ne sommes pas vos abrutis de soldat. Est-ce clair ?
- Alors Madame ; je commence mais elle me coupe
- Sœur
- Bref… ; j'inspire et tente de contenir ma colère ; Je n'ai qu'une règle… ; petit regard interrogateur de sa part ; PAS DE REGLES ; je tonne ; Maintenant vous foutez le cul dans cette bagnole et on y va
- Pour ce qui est de la troisième règle il va falloir faire des efforts ; elle dit doucement
- En route ; je répète
- Ce n'est pas moi le « colis » ; elle mime bien les guillemets et repart sur le pont
- VOUS VOUS FOUTEZ DE MA GUEULE ? ; je hurle
- REGLE TROIS ; elle répond en secouant sa main
Je serre les dents. C'est quoi cette bonne femme ? Et on m'a dit un colis, pas deux. Ça complique… La porte se rouvre et une foule de gens en sortent. Oh chié ! Je retourne au coffre. J'ouvre une carte mondiale. Je tape « trajet ». Je crée mon itinéraire. Fais glisser en direction de l'ordinateur de bord et me penche pour vérifier que celui-ci a bien reçu les données. Je referme le coffre et reprends ma position initiale. Au bout de 5 minutes je siffle un coup. Comme pour rappeler un chien. Deux silhouettes s'avancent ce coup-ci. Je serre les dents. Je reconnais les cheveux noirs de sœur j'sais plus quoi. Je regarde l'autre silhouette en penchant un peu la tête. Plus grande que la sœur. Tenue tout aussi ascétique. Pantalon noir, veste légère, noire et avec capuche. J'ouvre la porte en tapotant dessus.
- Bonjour ; une voix un peu voilée mais indéniablement masculine, je ne bouge pas
- Tu n'es pas obligé de lui parler ; la voix de sœur Maya prouve son inconfort
- Il va nous emmener à New-York non ? ; petit hochement de tête de la sœur ; Donc je veux savoir certaines choses. Politesse Maya. Bonjour ; il répète en cherchant un contact visuel, ok…
- Bonjour. Montez dans la voiture je vous prie ; je croise un regard que j'étais pas préparé à rencontrer
Tout mon corps se tend. Tout se stop. Je suis dérouté, stupéfait, halluciné pour la 4ème fois de ma vie. C'est impossible d'avoir un tel visage. Des yeux ambre. Comme la plus pure des pierres. Des mèches brunes. Insolentes dans le vent. Un nez en trompette. Une peau blanche comme du lait piquetée de grains de beauté. Des pommettes hautes. Une bouche… Qui me fait buger. Un sourire doux… Putain ! Ok… J'inspire à fond.
- Montez dans la voiture ; je crispe les doigts et j'entends l'acier gémir doucement, comme j'ai envie de gémir moi
- Vous n'avez pas de prénom ? ; il sourit doucement en penchant la tête, une mèche vient s'égarer sur son visage et il l'éloigne de sa main
- Derek ; je souffle avant de me ressaisir, pourquoi je lui ai donné mon vrai prénom ?
- Derek ; il répète ; Stiles ; il me tend sa main
- Montez une longue route nous attend ; je fronce les sourcils
- Vous ne voulez pas me parler ?
- Ecoutez jeune homme ; je le vois souffler « Stiles » mais je n'en tiens pas compte ; Je ne suis pas votre père, pas votre frère, pas votre confident, pas plus que votre ami et encore moi votre mec. On va voyager ensemble. Je vais vous emmener d'un point A, ici en l'occurrence, à un point B, New-York normalement. Mais on ne va que se côtoyer. Pour moi vous êtes un colis. Que vous soyez vivant, capable de penser, m'importe peu. Je dicte mes règles et vous les suivez. Sinon vous mourrez. Ok ?
- Viens mon chéri. Ne lui parle pas, ça pourrait l'instruire ; la sœur le tire et je peux enfin fermer cette putain de porte
Je ne relève même pas la simili insulte. J'ai déjà entendu tellement pire ! Je me glisse à mon tour dans la voiture. Je regarde à l'arrière grâce au rétro. Ses yeux miel sont fixes sur moi. Quand il remarque que je le vois il sourit pleinement, creusant des pattes d'oie au coin de ses paupières et des fossettes dans ses joues. En plus ce petit con m'éblouit de ses dents éclatantes. J'inspire à fond et démarre. Au bout de 35 minutes il lâche, d'une voix minuscule « j'ai jamais été aussi loin de la maison ». La sœur Maya le serre contre elle. Moi je réfléchis. Depuis combien de temps je suis pas rentré à la « maison » ?
Vers 14h on me tapote l'épaule. Je me retourne un peu.
- Un problème ?
- On ne s'arrête pas ? ; demande la sœur
- Ah non ; je rigole franchement, elle pense quoi ? Que c'est un voyage de plaisance ?
- Même si je vous dis que je meurs de faim ? ; petite voix grave avec un brin d'insolence
- Même ; je réponds plus durement en détournant la tête de la route pour croiser son regard
- Même si je vous dis que je vais mourir de soif ?
- Même ; j'hoche la tête
- Même si…
- SUFFIT ; je tonne en me garant sur un chemin forestier Vous avez 30 minutes
Un petit rire me répond et je secoue la tête. Oh bordel ça va être long je le sens… Ils sortent tous les deux et s'éloignent de quelques pas. La sœur tire un sac à dos et pose différentes boîtes sur le sol. Le jeune marche un peu et s'étire. Dévoilant une peau blanche qui a l'air douce comme de la soie. Merde Derek à quoi tu penses ! Je sors à mon tour de la voiture. Je décris des arcs de cercle autour d'eux. Inspectant les alentours. Mais je ne crains pas grand chose ici. Je m'appuie contre le tronc d'un arbre et respire à plein poumon. J'ai l'impression que l'air d'ici est plus respirable que là où je vivais...
- Vous vous voulez boire ou manger quelque chose ? ; je baisse les yeux vers le gosse assis à côté de la sœur
- Stiles laisse le tranquille ; soupire d'ailleurs celle-ci
- Mais ça se fait. Tu m'as toujours appris à être poli ! ; il fronce le nez et relève les yeux vers moi ; De l'eau ? ; il me tend une bouteille transparente avec un léger sourire
- Ça ira merci ; je refuse doucement
- Vous êtes pas un surhomme, vous avez le droit de boire hein ; il râle en rangeant sa bouteille
- Je suis habitué à ne manger et boire qu'après le point de repos atteint ; pourquoi je lui explique ça moi ?
- Donc ce soir ?
- Mh ; j'hoche la tête et me redresse
Mais qu'est ce qu'il me prend ? Déjà que je lui ai donné mon véritable prénom ! Je soupire lourdement et retourne à la voiture. Au bout de 30 minutes exactement ils sont à nouveau sur les sièges arrière. Je reprends la route principale. J'ai un peu de mal à me concentrer parce que je crois souvent sentir peser un regard brun doux sur ma nuque.
Verdict? Hé au fait si vous avez envie que j'écrive un truc en particulier, hésitez pas à demander! Bisous les fous ^^
