Note de l'auteur :

Merci beaucoup à vous qui lisez cette fanfiction, et particulièrement à Soso-Wolfy, ma première revieweuse.

Bonne lecture !

Disclaimer :

Twilight appartient à Stephenie Meyer uniquement, et c'est pour ça que je suis en train d'écrire ma première fanfiction et non pas un livre.


Résumé :

Après la mort de ses parents, Angéline se retrouve perdue dans ce monde où elle n'a aucune accroche, et se réfugie dans les livres et les rêves. Mais ce n'est pas ce à quoi elle est destinée, et elle meurt pour se retrouver... Dans le monde de Twilight.


J'avançais dans la foule, poussant ma valise au lieu de la tirer pour mieux pouvoir la surveiller. On ne m'avait jamais volé quoi que ce soit dans un sac, mais j'avais toujours été assez effrayée à l'idée que ça puisse m'arriver, et j'avais entendu suffisamment d'histoires racontées par mon entourage.

Danielle avait disparue, se faufilant avec grâce entre des personnes bien plus grandes qu'elle. Elle trichait : elle n'avait pas de valise. Ma taille à ce moment-là était pour moi plus un handicap que quelque chose de pratique : du haut de mon 1m57, je n'arrivais pas à m'imposer, et ma valise m'empêchait de suivre l'exemple de mon aînée et de me glisser entre ces grandes personnes. Être petite ne m'avait jamais dérangé, mais c'était dans ces situations là, au milieu d'une foule étouffante, que je me demandais si être grand n'était pas beaucoup plus pratique parfois. On ne pouvait certes pas se faufiler entre les gens, mais on n'étouffait pas, et on ne se faisait pas marcher dessus. Et on est peut-être assez intimidant pour ne pas se retrouver dans une bousculade, pensai-je amèrement en grimaçant, recevant un énième coup de coude dans le dos des personnes qui se pressaient derrière moi.

Au lieu de continuer à avancer pour chercher un abri, comme toute personne sensée aurait dû le faire, je me figeai sur place lorsque je réalisai quelque chose : je ne savais du tout où aller ! Je n'étais jamais venue aux États-Unis de toute ma vie, et je ne savais pas comment aller de l'aéroport de Seattle à Forks ! Devais-je contourner les baies pour arriver à la Péninsule Olympique, ou voler par-dessus ? Je crois avoir vu en cours de géographie que les Américains se déplacent principalement en avion… Et où est-ce que j'étais sensée retrouver Charlie ?

Des larmes se mirent à couler sur mes joues alors que je recevais un coup plus fort que les précédents, et que plusieurs personnes m'admonestèrent. Je me remis en mouvement, m'écartant du chemin pour aller dans un coin. Je cherchai mes billets d'avions pour les examiner, et pâlit considérablement. J'étais sortie de la zone réservée aux passagers, me dirigeant vers la sortie de l'aéroport, mais j'avais encore un avion à prendre ! Mais comment avais-je pu récupérer ma valise, si j'avais une correspondance pour Port Angeles ? Et comment allais-je faire maintenant ? Est-ce que j'avais raté mon avion ? Oui, sans aucun doute, j'aurais du mal à l'attraper.

Je m'assis sur ma valise, fixant d'un regard perdu mon deuxième billet d'avion. Pourquoi est-ce que j'avais pu récupérer ma valise ? Pourquoi est-ce que Danielle m'avait guidée vers la sortie de l'aéroport ? Et qu'est-ce que je pouvais faire ? Je n'avais même pas de téléphone portable ! Mais à quoi me servirait un téléphone de toute façon ? Je n'ai pas de numéros de contact…

« Charlie ! » m'exclamai-je en me redressant brusquement, essuyant mes larmes avec la manche de mon vieux manteau. Il était le chef de police, donc il suffisait d'appeler la police de Forks !

M'accrochant à ce semblant de plan, je me dirigeai vers l'accueil de l'aéroport. J'attendais avec impatience qu'un des employés au guichet soit libre, pinçant mes lèvres, et les mordillant. Cette mauvaise habitude m'était venue lorsque j'avais décidé du jour au lendemain de ne plus me ronger les ongles pour avoir des belles mains, malgré le fait que mes doigts n'étaient pas longs et fins comme le voulait les critères de beauté. Pourquoi avais-je jeté le chewing-gum déjà ? Ah oui, parce que je détestais en mâcher un quand je parlais avec quelqu'un.

« Bonjour, excusez-moi, je suis perdue, » dis-je d'une petite voix à la dame au visage sévère qui me fixait. « Je viens voir mon oncle qui vit à Forks, mais j'ai raté ma correspondance pour Port Angeles… Je voulais savoir si ça serait possible de l'appeler ? »

« Bien sûr ! Vous avez son numéro ? » me répondit d'un ton doux et chaleureux la dame de l'accueil, me surprenant. J'avais observé au cours des 16 années de ma vie que la plupart des gens avaient leur visage reflétant leur caractère, mais ce n'était pas le cas ici. Étrange. Était-ce simplement son expression lorsqu'elle était au travail ?

« Non, mais il est le Chef de Police à Forks, » expliquai-je en passant mon poids d'un pied à l'autre, mal à l'aise. Jouer les petites filles en détresse n'était pas quelque chose que j'aimais faire, mais c'était le seul moyen de surmonter ma timidité pour demander de l'aide à des inconnus…

« Alors je vais appeler la Police et demander qu'on lui transfert mon appel, » sourit gentiment la dame. « Attendez quelques instants. »

Je lui souris en retour, prenant une profonde inspiration qui souleva ma poitrine. Je fermai les yeux quelques secondes, et les rouvrit en l'entendant parler :

« Bonjour, j'aimerais joindre le chef de police de Forks. Sa nièce est à l'aéroport, perdue. Elle a raté sa correspondance, et n'a pas de numéro pour le joindre… » Je la fixai avec espoir mais aussi avec inquiétude pendant le silence qui suivit, rompu simplement par un « merci » de la part de la dame au guichet. « Bonjour, puis-je parler au Chef de Police ? » Mon cœur sursauta dans ma poitrine avec angoisse. « Il est déjà parti chercher sa nièce ? J'appelle justement de sa part, elle a raté sa correspondance pour Port Angeles… Pourriez-vous me donner son numéro s'il vous plaît ? » Elle écrivit les chiffres, les disant à voix haute ce faisant, et lu le numéro une fois celui-ci complet. « Merci beaucoup, » termina-t-elle l'appel, avant de se tourner vers moi, souriant doucement, ce qui transforma totalement l'expression de son visage.

« Merci beaucoup ! » m'exclamai-je, soulagée. Heureusement qu'elle avait mené l'appel en entier, je détestais téléphoner à des inconnus ! A ce propos…

« De rien. Tiens, appelle-le, » dit-elle en me tendant le cabinet, tapant le numéro sur le clavier. Je saisis le téléphone de mes deux mains, et le portai à mon oreille gauche. Alors que j'attendais le ventre noué en entendant les ''bips'' de l'appel en cours, la dame déchira la page de son bloc note et me tendit le numéro que je mis dans mon sac en la remerciant d'un sourire.

« Charlie Swan, » résonna une voix d'homme dans mon oreille.

« Bonjour Oncle Charlie, c'est moi, Angéline… J'ai raté ma correspondance pour Port Angeles, » expliquai-je, me dandinant sur mes jambes croisées par l'angoisse et la timidité.

« Ah Angéline ! » Il sembla soudain aussi mal à l'aise que moi, ce qui me rendit quelque peu plus confiante.

« Je me demandai comment on allait faire maintenant, dois-je essayer de prendre un autre vol ? »

« Hum… Combien est-ce que ça te coûterai de changer ton billet ? »

« Il y a une place libre en business-classe dans le prochain avion, » glissa la dame au guichet. « Je peux vous changer le billet pour seulement vingt dollars supplémentaires si vous voulez. » Hein ? Vingt dollars seulement, pour changer de billet ET de classe ? Je n'ai jamais voyagé en business-classe !

« On me propose de prendre le prochain avion en business-classe pour 20 dollars seulement, qu'en penses-tu ? » proposais-je à mon nouvel oncle.

« Quoi ? Mais, c'est fantastique ! Parfait, on fait comme ça, je t'attendrais devant la porte de l'aéroport de Port Angeles, d'accord ? »

« D'accord. A bientôt Oncle Charlie, » souris-je. Il me salua d'une voix bourrue, et raccrocha. Je rendis le cabinet à la dame du guichet, la remerciant.

Il fallut cinq minutes pour que je change mon billet et le paye avec ma carte bancaire, les billets en ma possession venant d'Angleterre, et étant donc inutilisables. Ensuite, je déposai ma valise chez bagages à soute, et allait faire la longue file pour retourner dans l'aéroport. Génial.

En attendant de passer la sécurité, je réfléchis à ma situation actuelle. Je ne connaissais rien de l'État de Washington, à part ce que j'avais appris grâce à Twilight. Forks se trouvait à l'extrémité ouest du comté de Clallam, sur la péninsule Olympique. Les indiens s'étaient vu donner des espaces appelés ''réserves'' à un moment de l'histoire d'Amérique, et je crois bien avoir lu que les conditions de vie là-bas étaient très mauvaises, qu'il y avait beaucoup plus de drogues, de violence, d'agressions sexuelles et que l'espérance de vie était très basse. Mais j'ai aussi entendu parler de la culture et de la sagesse des Indiens, et dans Twilight, la vie à la réserve semblait plutôt idyllique, … Or je suis dans Twilight, non ?

Mais il a aussi la grande lacune de la série : l'absence de personnes âgées, … Je ne l'avais personnellement pas remarquée avant de lire une fanfiction qui en parlait, n'ayant jamais connu mes grands-parents mais j'avais désormais peur qu'il y ait quelques dangers à vivre là-bas. Une des fanfiction proposait que l'eau contenait de l'arsenic… Je devrais me contenter de l'eau à la bouteille alors, au cas où… Mais y avait-il une autre explication ?

Je continuai à réfléchir au sujet de ma sécurité jusqu'à ce que l'embarquement commence, et que je ne me retrouve assis confortablement dans un grand siège de la business-classe. Oh-là-là, c'est tellement confortable ! J'avais toujours trouvé la classe économique largement suffisante, mais un peu de luxe superflus de temps en temps ne peut pas être trop mauvais, non ?

Le vol allait prendre 39 minutes, annonça le haut-parleur. Je haussais les sourcils devant la précision de l'annonce, et reculai dans mon fauteuil pour m'asseoir plus confortablement. Décidant d'utiliser ce temps accordé de façon utile, je fouillai dans mon sac à bandoulière à la recherche d'un carnet et d'un stylo. Bien sûr, je n'avais pas mon carnet… Mais j'avais la feuille avec le numéro de Charlie, et le billet d'avion Londres/New-York et New-York/Seattle.

Un billet d'avion Londres/New-York ? Ma couverture était décidément bien solide.

Ma confusion avait laissé de la place à du confort, mon confort à de l'angoisse, et maintenant l'angoisse était remplacée par de l'excitation. J'étais dans Twilight ! J'allais aller à Forks et vivre avec Charlie ! J'irais au lycée de Forks ! Je pourrais visiter la réserve de la Push ! Parler avec des Quileutes !

Parler avec des Quileutes.

Je suis dans Twilight, bon sang ! Pas en visite dans le Washington de mon monde ! Je pouvais PARLER AVEC DES LOUPS-GAROUS ET DES VAMPIRES ! Je mis une main devant ma bouche pour étouffer un gloussement digne d'une groupie qui réalisait qu'elle allait voir son chanteur préféré. Sauf que moi… j'aurais la possibilité de parler avec des personnages de Twilight, un livre lu par au moins 100 millions de personnes, et avec des millions de fans ! Je pourrais même peut-être faire du shopping avec Alice, écouter les légendes de la tribu !

Faire du shopping avec Alice. Écouter les légendes de la tribu.

Ça n'arrivera jamais, me dégrisai-je, reposant les pieds sur terre. Pas littéralement bien sûr, j'étais dans un avion. Enfin, vous avez compris.

Je ne pourrais jamais faire du shopping avec Alice, les vampires se tiennent à l'écart des humains, et évitent de se mêler réellement à eux. Je ne pourrais jamais écouter les légendes de la tribu, elles étaient secrètes, les ''visages pâles'' n'appartenaient pas au même monde que les loups garous…

15 Septembre 2004. En janvier 2005, Bella viendrait vivre chez Charlie. Bella était la seule humaine à n'avoir jamais été acceptée chez les Cullens et chez les loups garous ! Et elle était ma cousine, et vivra avec moi ! Je souris au hublot, avant de me renfrogner à nouveau. Je ne voulais pas être amie avec tous ces gens à travers quelqu'un d'autre. Je voulais qu'ils m'apprécient pour qui je suis. Mais comment faire ?

Je n'étais plus dans mon monde, mais dans celui de Twilight. C'était déjà un grand pas en avant. Mais j'étais dans le monde des humains de Twilight, et non pas dans le monde fantastique de Twilight…

L'ENCRE DE LA VIE

Lorsque l'avion entama sa descente, je remis les papiers dans mon sac sans n'avoir rien écrit dessus : je n'avais pas de crayon, et n'avais pas osé en demander un à mon voisin. En plus, peut-être qu'il n'en avait même pas !

J'étais toujours aussi incertaine de mon avenir à Forks, mais j'étais certaine d'une chose : je vivrai ma vie au jour le jour, et si j'avais envie d'essayer d'intégrer le monde fantastique, je le ferais. Soit à ma façon, par exemple en devenant amie avec des vampires ou des loups garous, ou encore en leur révélant mon savoir pour attirer ainsi leur attention et pouvoir me rapprocher d'eux ; soit en passant par Bella. Je ne resterais pas toute ma vie à les regarder en rêvant de leur parler. J'étais dans le même monde physique qu'eux, et j'allais en profiter.

Forte de ma résolution, je sortis de l'avion droite et fière, prête à commencer une nouvelle aventure. Je récupérai ma valise et me dirigeai vers la sortie de l'aéroport, frayant mon chemin parmi la foule. Il y eut moins de bousculade, et personne ne me marcha dessus. Je ne dirais pas que les personnes ici sont plus attentionnées, pensai-je, un sourire aux lèvres, mais ma nouvelle confiance change tout.

A la sortie de l'aéroport, un homme m'appela : « Angéline ? » Sa voix m'était inconnue, mais son ton bourru, non. Il ne ressemblait pas au personnage de Charlie Swan dans le film, mais je le reconnus tout de même sans trop de problèmes : qui d'autre pouvait connaître mon prénom ? Et serait en plus plutôt grand, dans les 1m80, les cheveux bruns et bouclés, et les yeux marrons ?

« Oncle Charlie ? » demandai-je en me rapprochant de lui.

« C'est moi, » dit-il, bien plus mal à l'aise que moi en ce moment. Prise d'une brusque impulsion, j'avançai vers lui et le pris brièvement dans mes bras :

« Je suis très contente de te rencontrer ! »

Ton père échangeait des mails avec lui, lui racontant ce qui t'arrivait, et lui envoyant des photos. Mais tu ne sais rien de lui, à part que ton père l'appréciait beaucoup, chuchota une voix dans ma tête.

« Papa t'appréciait beaucoup, » ajoutais-je, soudain encore plus mal à l'aise que lui. Une voix. Dans ma tête. J'entendais des voix dans ma tête ! Enfin, une, puisque c'était la même voix que dans l'avion. Mais quand même !

« Henry et moi nous ne sommes plus vus depuis qu'il est parti vivre avec ta mère en Europe, mais nous échangions des mails, tu sais ? »

« Il me l'a dit, » répondis-je distraitement, avant de pincer mes lèvres. « Euh, … On y va ? » proposai-je.

« Ah, oui. Viens, la voiture est là-bas, » me montra-t-il, aussi gêné que moi.

Il prit ma valise, et me guida vers la voiture en silence, moi souriant en me mordant les lèvres. Il avait pris mes bagages ! D'accord, ce n'était pas grand chose, mais la galanterie n'était pas quelque chose qu'on voyait tous les jours. A part mon père, je n'avais jamais eu d'homme, ou de garçon, qui avait ouvert la porte de la voiture pour moi. Mon père sortait toujours le plus rapidement possible pour contourner la voiture, venir ouvrir à ma mère, l'aider à descendre, puis faire de même pour moi. Et à chaque fois, je gloussais avec ma mère, nous sentant toutes les deux comme de véritables princesses. ''Si un homme traite sa femme comme une princesse, c'est souvent parce qu'il a été élevé par une reine,'' me rappelai-je en m'asseyant dans la voiture de Charlie. Il me semblait avoir lu ça sur un aimant d'une boutique de souvenirs, en France.

Ma mère, française, avait tenu à me parler toute sa vie dans sa langue maternelle, ce qui avait considérablement facilité mon apprentissage du français dans mon école anglaise. C'était la seule matière pour laquelle je n'avais jamais eu besoin de réviser d'ailleurs !

« Je vais aller au lycée à Forks, non ? » demandai-je à mon oncle.

« Oui, c'est ça, à partir de lundi prochain. » Lundi. Quel jour de la semaine était-ce en fait ? Le 15 Septembre 2017 était un vendredi, mais le 15 Septembre 2004 ? Mais ça serait trop bizarre que je ne connaisse pas le jour de la semaine, non ?

« Ça sera quel date, déjà ? »

« Le 20. » Le 20. Si lundi c'est le 20, alors dimanche c'est le 19, samedi le 18, vendredi le 17, jeudi le 16, et mercredi le 15. Je comptais alors sur mes doigts dans le sens inverse pour vérifier que j'avais bien trouvé, et en effet, ça allait. Je me sentais toujours un peu débile quand je faisais ça, mais j'ai toujours eu du mal à calculer avec les dates.

« D'accord. » Le silence pesant était empli de gêne, Charlie et moi étant tout deux mal à l'aise. Est-ce que je préférais simplement regarder par la fenêtre, ou est-ce que j'avais des questions à poser ?

Le paysage était très intéressant d'ailleurs. J'étais habituée au climat pluvieux - Je ne me rappelais plus des chiffres exacts, mais je me souvenais avoir cherché une fois par pure curiosité combien de jours couverts il y avait à Forks par année. Plus de 310. Je crois qu'il était précisé qu'il ne pleuvait pas tous ces jours-là, juste que le ciel était nuageux, mais c'était il y a longtemps...

Donc - j'étais habituée au climat pluvieux, mais j'avais rarement vu autant de verdure. J'ai déjà vu des endroits avec autant de plantes, mais tout ce vert ! Si le vert avait été ma couleur préférée, j'aurais été gâtée par les milles et une teinte qui s'étalaient en de nombreux dégradés de l'autre côté de la vitre. Mais ce n'est pas seulement le tableau qui était intéressant, mais aussi l'odeur. L'humidité alourdissait l'air, et multipliait les effluves des plantes, créant un parfum de sous-bois que je pouvais sentir de ma place dans la voiture, alors que toutes les vitres étaient fermées. J'adorais cette odeur. Et le paysage aussi bien sur, et les petits bruits de la forêt...

J'avais toujours aimé la campagne, le calme, la nature, la stabilité des choses, … Je supposais que c'était en partie à cause du fait que j'étais hypersensible et très émotive, et que la contraste créé par une atmosphère calme équilibrait la balance. Pour la même raison, mais avec l'effet inverse, ma timidité et le fait que j'étais plutôt refermée sur moi-même faisait que j'avais toujours été attirée par les personnes pleines de vie.

Alice Cullen par exemple. Dès la première fois où j'avais lu Fascination, j'avais rêvé de faire du shopping avec elle, et de l'avoir comme amie. Ou Emmett, qui devait être génial comme grand-frère ! Et Jacob, en petit-frère ! Et Billy Black comme oncle – ma scène préférée du premier film, c'était quand Bella recevait sa voiture, et c'était grâce aux actions et paroles de Billy et de Charlie. J'avais toujours trouvé que Belle agissait bizarrement dans cette scène d'ailleurs...

Et en sortant un peu de l'univers surnaturel : je voulais aussi être amie avec Jessica et Angela. Nous ne serions bien sur pas très proches, mais rester en silence à leurs côtés, aller avec elles acheter des robes pour le bal, … C'était quelque chose que je désirais, moi qui n'avait jamais eu d'amis et désirait tellement être appréciée par des personnes qui n'étaient pas de ma famille. Surtout maintenant que mes parents étaient morts, je n'avais plus personne à qui me confier, avec qui rire, qui me ferait des câlins, sachant que j'aime beaucoup ça, personne avec qui sortir faire quelque chose, personne avec qui … personne. J'étais seule. Ou pas vraiment, j'avais Charlie maintenant. J'avais un oncle ! Et une cousine aussi ! J'espère qu'on s'entendra bien !

Le panneau ''Forks'' finit par apparaître sans qu'aucun autre mot ne soit échangé. J'avais passé tout mon temps à admirer le paysage, et mon oncle n'était pas quelqu'un de très bavard, je le savais grâce aux livres.

« C'est vraiment joli ici, tu penses que j'aurais le temps de visiter dans les jours à venir, avant d'aller au lycée ? »

« Bien sûr, » répondit-il aussitôt. « J'ai pris une semaine de vacances pour t'aider à aménager ta chambre et à t'installer, on fera les courses et on visitera, ne t'inquiète pas. »

« Je pourrais aménager ma chambre ? » m'écriai-je avec joie. Je pensais que je dormirai simplement dans celle de Bella, qu'il aurait aménagé comme il l'avait fait pour elle !

« Oui, bien sûr. Ton père m'a dit que tu avais dirigé l'aménagement de votre maison après les travaux, je pensais que ça te ferait plaisir. »

« C'est le cas, merci Oncle Charlie, tu es génial ! »

« Oh, merci, » dit-il sur un ton bourru, clairement mal à l'aise. Bourru. Ce mot décrivait très bien sa façon de parler. « Tu dormiras dans le chambre que Bella utilisait quand elle venait à Forks, le temps qu'on ait fini ta chambre. »

« D'accord, » répondis-je automatiquement, assez étonnée. J'avais ma propre chambre, sérieusement ? « Il y a trois chambres dans la maison ? » demandai-je, ne voulant pas envoyer quelqu'un au salon.

« Il s'agit de mon bureau – je ne l'utilises jamais de toute façon vu que je travaille au poste... Ça ne te déranges pas ? »

« Bien sûr que non, au contraire, je suis contente de ne prendre la place de personne – tu sais, au cas où Bella déciderait de venir vivre avec toi. » Il ne répondit pas, mais je pu voir sur son visage que cette perspective l'enchanterait. Il sera heureux ! D'ailleurs, décidai-je, je devrai écrire des mails à Bella, et essayer de me lier d'amitié avec elle. Si nous pouvions devenir comme des sœurs, ce serait vraiment génial !

Nous arrivâmes devant la maison, et Charlie vint m'ouvrir la porte de la voiture. Je sortis tandis qu'il allait chercher mes bagages, levant la tête pour regarder ma nouvelle demeure. Plutôt petite, avec parement en bois blanc, elle semblait comme une maison de fée dans ce décors forestier et humide, un décor de mystère et de magie. Enfin, c'était l'impression qu'elle me fit.

Lorsque j'entrai dans la maison à la suite de mon oncle, je me retrouvai dans une pièce servant de salon, de salle à manger, et de cuisine. Il y avait un escalier qui montait, mais aucune autre salle au rez-de-chaussée. Charlie m'entraîna vers le premier étage, où il me montra la chambre de Bella, la salle de bain, et sa propre chambre. Un petit escalier montait encore plus haut : dans le grenier se trouvait une pièce vide, ma future chambre expliqua-t-il.

Nous retournâmes dans la cuisine, et je mangeai mon sandwich que j'avais dans l'avion, remettant seulement de la sauce dedans puisque l'autre... avait été par mégarde enlevée. Charlie mangea une demi-pizza après l'avoir réchauffé au micro-onde. Bien sur, nous mangeâmes en silence. J'étais trop fatiguée par le voyage et par le bouleversement émotionnel pour essayer de discuter...

Après le repas, je montai dans la chambre de Bella où Charlie avait déposé ma valise, et j'ouvris enfin celle-ci, curieuse de savoir quels habits j'avais emportée dans ma nouvelle vie. Et quels bijoux aussi. J'avais ma croix et mon pendentif Angelic autour du cou, ma bague Angelic au doigt, mais est-ce que j'avais d'autres colliers ?

J'étalai mes affaires dans la chambre pour avoir une vue d'ensemble, et je ne pus m'empêcher de me mettre silencieusement à pleurer en voyant que j'avais perdu à jamais tous mes autres bijoux, et bien des autres possessions. À part mes habits les plus utiles, je n'avais rien. Je n'avais plus la robe de soirée offerte par ma mère, plus les ballerines à haut talon que je ne portais que lors de grandes occasions, plus deux de mes trois sacs à dos, plus mes bijoux... Non. C'est faux. Il me restait ceux qui m'étaient les plus chers : les trois bijoux de Swarovski. La croix offerte par mes parents quand j'ai décidé que je croyais en Dieu, et les deux bijoux Angelic pour lesquels j'avais tant économisés.

Je rangeai les affaires éparpillées dans ma chambre dans le placard vide, puisqu'il fallait de toute façon quelques jours avant que ma chambre ne soit prête, et me préparai à me coucher.

Allongée dans le lit, je regardai vers la fenêtre, et souris doucement avant de faire le récapitulatif des bonnes choses de cette journée, comme j'en avais pris l'habitude. Ma vie avait pris un nouveau tournant, et j'étais désormais dans un nouveau monde, où je pourrais réapprendre à vivre. J'avais un nouveau bracelet magnifique - que je caressai du bout des doigts en y pensant -, et j'avais gardé mes trois biens les plus précieux à mes yeux - je les regardai avec reconnaissance, posés sur la table de chevet. J'avais de nouveau une famille, un oncle et un cousin. Et j'étais dans Twilight !

« Merci, » chuchotai-je, avant de fermer les yeux.


Note de l'auteur :

Premièrement, j'aimerai m'excuser pour ceux qui attendent avec impatience les loups-garous et les vampires : s'il vous plaît, laissez-moi le temps d'y arriver... Cette histoire n'est pas seulement au sujet de la relation d'Angéline et des créatures fantastiques, mais aussi au sujet de comment elle trouve sa place dans ce monde. Bien sur, dans quelques chapitres nos chers sangs-froids et change-formes seront plus que présents, mais il faut d'abord qu'Angéline les rencontre et se rapproche d'eux, non ?

Deuxièmement, la fanfiction dont Angéline parle est « Haunting the Cullens » de Fakin'it. Si vous parlez l'anglais, je vous conseille de la lire ! Je l'ai personnellement adoré, voyant une humaine de notre monde aider les personnages sous la forme de fantôme en leur faisant profiter de sa grande intelligence de lectrice même si j'avoue avoir été très déçue à la fin : elle avait tellement fait qu'il me semblait que le monde était devenu moins magique, trop utopique… Mais c'était quand même une excellente lecture !

Question de fin de chapitre :

Est-ce que je devrai mettre des personnages dans la présentation de l'histoire, au risque de trahir l'identité des personnes dont Angéline sera le plus proche ?