Note de l'auteure : Désolée pour le temps d'attente entre le premier et le deuxième chapitre, je suis partie en Chine durant deux semaines, je n'ai donc pas eu le loisir de pouvoir poster la suite de La valse des secrets. Je tiens à remercier Arya Lou et Arwengeld pour leurs deux reviews absolument adorables ^yeux en cœur^ . Je vous remercie aussi de lire cette histoire, j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira !
BONNE LECTURE:)
Roxane-James (HP)
***Chapitre 2***
La calèche s'arrêta d'un mouvement brusque et je manquai de tomber à la renverse en voulant ouvrir la portière. Je sortis du véhicule en pestant contre la pluie glaciale qui giclait sur mon uniforme neuf et mes cheveux et me dirigeai d'un pas raide vers l'entrée du château, rejoignant la foule d'élèves qui patientait pour pouvoir pénétrer dans la Grande Salle. Je plissai les yeux en apercevant la chevelure blonde de ma camarade de dortoir, Narcissa Black, et mon regard se porta sur l'ombre qui se tenait à ses côtés. Regulus Black affichait une expression indifférente en ce jour de rentrée, ses yeux gris perle se fondant dans la morosité du décor.
- Allen ! Tu m'as marché sur les pieds, s'emporta Evan Rosier à ma gauche.
- Tu n'avais qu'à en avoir de moins grands, espèce de babouin braillard, rétorquai-je à mi-voix pour qu'il ne m'entende pas.
Je lui adressai un sourire faussement désolé avant d'écraser un peu plus ses orteils et me précipitai dans la masse pour échapper à sa fureur. Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent enfin, laissant passer le flot d'étudiants bavardant gaiement et je m'installai sans grande conviction à la table de Serpentard, fixant avec intérêt le Choixpeau magique posé sur le tabouret que venait d'installer McGonagall. Pour la première fois depuis mon arrivée à Poudlard, j'avais hâte que la répartition commence. Rabastan Lestrange, installé à côté de moi, héla Black qui vint s'asseoir en face et le Choixpeau Magique entonna sa nouvelle chanson sous l'œil médusé des Premières Années.
Je ne prêtai pas attention à la voix rauque du vieux chapeau magique, cherchant Alya Oospores du regard. Lorsqu'enfin elle fut appelée par McGonagall et monta sur l'estrade d'un pas hésitant, je me redressai complètement, ignorant totalement la discussion de mes camarades. Ses yeux verts s'accrochèrent aux miens tandis que le Choixpeau tombait sur son visage. Je n'osai pas sourire, de peur d'éveiller l'attention des verts-argent mais priai intensément pour qu'elle rejoigne une maison autre que Serpentard où personne n'hésiterait à lui faire de mal.
- POUFSOUFFLE ! hurla finalement le Choixpeau.
Un tonnerre d'applaudissements résonna à l'une des tables et la fillette sauta du tabouret, les jambes tremblantes. Alya me regarda d'un air inquiet, voyant que je n'esquissais aucun mouvement. Je pris une profonde respiration, consciente que j'étais en train de me mettre dans une situation périlleuse, et me levai en applaudissant de toutes mes forces sous les regards médusés du réfectoire. Je croisai le regard pétillant de Dumbledore et une main vint s'abattre sur mon bras, m'empêchant d'applaudir plus longtemps. Mais je l'avais fait. Et Alya avait vu que je l'avais saluée avec un grand sourire.
- Qu'est-ce que tu fous ? grogna Black à mon oreille, par-dessus la table.
- J'accueille une nouvelle élève à Poudlard avec joie, répondis-je sarcastiquement. Tu devrais en faire autant, Regulus. Tu n'as pas l'air très en forme aujourd'hui.
- Assied-toi, m'intima froidement Lestrange en me jetant un coup d'œil venimeux. Cette fille est une vermine, elle n'a pas besoin d'acclamations.
- Parce que tu la connais, peut-être ? ripostai-je d'une voix glaciale.
Ses prunelles ambrées se troublèrent et je fronçai les sourcils. Et si Lestrange avait attaqué la mère d'Alya hier soir sur le chemin de Traverse ? Non... Pourquoi aurait-il fait ça ? Lestrange serait-il déjà entré dans les bonnes grâces du Seigneur des Ténèbres ? A moins que...
- Ton frère a attaqué sa mère, dis-je d'une voix blanche.
- Rodolphus n'a rien à voir avec cette histoire, répondit simplement Rabastan.
Je levai les yeux, sidérée, vers Regulus Black. Celui-ci semblait absorbé par la contemplation de son assiette vide et je sus que je tenais la réponse à ma question. Les Lestrange n'avaient rien fait à Mrs Oospore hier soir, mais moi j'avais laissé un homme commettre une abomination sans m'en rendre compte. Je n'avais pas retenu Regulus Black après notre discussion dans l'allée commerçante.
- Alors tu n'as pas rejoint ta mère, soufflai-je en dévisageant le jeune homme qui me faisait face.
- Mère n'avait pas besoin de mes services, répliqua Black à voix basse.
Mon cœur rata un battement et je déglutis nerveusement. Je battis des paupières, espérant empêcher mes larmes de couler et me levai tandis que des plats succulents faisaient leur apparition sur la nappe immaculée de notre table.
- Je n'ai plus très faim, lâchai-je en tâchant de contrôler les émotions qui pourraient se lire sur mon visage.
J'attrapai un bout de pain au hasard et sortis de la Grande Salle le plus discrètement possible. Je marchai d'un pas silencieux, les jambes lourdes, jusqu'aux cachots où se trouvaient nos appartements et regardai bêtement le mur de pierre qui protégeait notre entrée. Je n'avais pas le mot de passe. Seuls les préfets en avaient connaissance au début de l'année et je l'avais complètement oublié, sous le choc. Alors que je me résignais à devoir attendre pendant deux longues heures que quelqu'un vienne m'ouvrir, des bruits de pas parvinrent à mes oreilles. Regulus Black était adossé au mur opposé au mien, un sourire étrange plaqué sur son visage. Il mit ses mains dans les poches de son pantalon d'un air dégagé et me fixa.
- Qu'est-ce que tu veux ? m'enquis-je avec froideur.
- Il faut que nous ayons une petite discussion toi et moi, Allen, rétorqua-t-il d'un air nonchalant.
- Je ne suis pas sûre de vouloir discuter avec toi, répliquai-je à voix basse.
- Et je ne suis pas sûr que tu aies réellement le choix.
Il me tourna le dos et annonça d'une voix calme :
- Sang d'argent.
Charmant nouveau mot de passe, songeai-je avec sarcasme. Je pénétrai à sa suite dans la salle commune des serpents et m'installai confortablement sur un fauteuil en cuir de dragon, attendant qu'il se décide à parler.
- Tu n'es pas une idiote, Allen.
Encore heureux, persiflai-je intérieurement. Je n'avais pas atterri chez les Serpentard pour rien.
- De quel côté es-tu ? interrogea-t-il finalement.
Cette question me laissa sans voix.
- Allen... Je te parle de la guerre. De la guerre qui regroupe des milliers de sorciers en ce moment même. Je ne te parle pas de Oospore ou des conséquences dues à ce que tu as fait tout à l'heure dans la Grande Salle.
Ce discours ne lui ressemblait pas. Je connaissais Black, nous nous côtoyions depuis l'enfance. Avant même de naître, nous évoluions dans la même sphère sociale, dans le même environnement. Il était trop calme. Ses paroles étaient formatées.
- Rosier t'a dit de venir me parler, fis-je en pinçant les lèvres.
- Là n'est pas la question.
- Au contraire ! C'est exactement la question ! Rosier t'a-t-il dit d'aller attaquer Oospore aussi ou bien as-tu pris cette décision tout seul ?!
- Cela ne te regarde pas.
- Tout comme mes choix ne te regardent pas, Black, lui soufflai-je au creux de l'oreille.
- Tu te mets inutilement en danger !
- Je ne fais rien de particulier, Black. Je ne nuis pas au Seigneur des Ténèbres.
- Pour le moment.
Regulus m'attrapa la main violemment et m'obligea à le regarder dans les yeux.
- Ne fais pas de conneries, Allen.
Je m'extirpai de son emprise et gravis les premières marches menant aux dortoirs des filles.
- Tes parents te veulent mariée pour Noël, m'apostropha une dernière fois Black en s'apprêtant à quitter la salle commune. Tu as quatre mois, Allen. Bonne nuit.
*.*.*
Je savais que mes parents avaient de grands projets pour moi. J'étais leur seconde fille, je me savais belle, j'avais de bons résultats scolaires et me comportais bien en société. La parfaite petite Sang-Pur destinée à trouver un mari qu'elle chérirait, à qui elle offrirait des enfants et embaucherait des Mages à domicile pour leur faire la leçon jusqu'à leur rentrée à Poudlard. Ce n'était un secret pour personne, pas même pour moi, que mon mariage serait arrangé avec un riche prétendant Sang-Pur qui aurait par ailleurs versé une coquette somme d'argent à mes géniteurs avant de me demander hypocritement ma main. Mais je savais dès à présent que mon mariage ne serait pas uniquement cela. Il serait plus, bien plus, et c'était la raison pour laquelle Regulus Black était si bien informé sur mes projets (ou plutôt ceux de mes parents) de vie conjugale. Mr et Mrs Allen avaient décidé d'accorder ma main à un Mangemort et les paroles de Regulus Black n'étaient rien de moins qu'un simple avertissement. A traduire comme ''fais attention à ce que tu fais, Athéna, parce que chaque acte allant à l'encontre des volontés du Seigneur des Ténèbres et du Code des Sang-Pur sera sévèrement puni par ton époux ».
Je frissonnai, ramenant mon drap contre moi et m'assurant une dernière fois que les rideaux verts brodés d'argent de mon lit à baldaquin étaient bien fermés. Au cas où l'une de mes camarades de chambre rentrait, je ne voulais pas qu'elle voit mon visage ravagé par des larmes trop longtemps contenues. A cet instant, je me méprisais moi-même. Je n'aimais pas pleurer, c'était quelque chose que je trouvais lâche. Le goût salé des larmes me dégoûtait.
Black m'avait demandé de choisir un camp. L'heure de se battre approchait donc ? Je savais que la guerre faisait des ravages à l'extérieur. Dans un camp comme dans l'autre. Et je n'étais pas courageuse, je le savais. Je ne ressemblais pas à ma sœur, Priscilla, une petite lionne de quatorze ans à la langue bien pendue et au caractère flamboyant. Et je ne savais pas me taire non plus, donnant l'impression de ne plus exister, me fondre dans la foule comme le faisaient si bien Judith et Lucy. Je n'avais pas de camp. Je le réalisais enfin. Certes, je ne battais pas en faveur du Seigneur des Ténèbres et je ne calomniais pas les Nés-Moldus mais je n'étais pas totalement en désaccord sur tous les dires du Mage Noir non plus et je ne protégeais pas ceux qu'on appelait aussi ''Sang-de-bourbe''. « Mon camp, c'est moi » songeai-je en fermant les yeux. Je me battrai jusqu'à la fin pour défendre mes intérêts et ceux des personnes que j'aimais. Je n'avais pas peur de mourir. Seulement de devoir choisir.
*.*.*
Je me réveillai en sursaut et jetai un regard agacé à mon réveil magique qui n'avait pas sonné. J'allais être en retard le premier jour de cours, c'était un comble ! De plus, il fallait que je passe dans la Grande Salle pour récupérer mon emploi du temps et il me restait vingt minutes avant le début des classes. Je rejetai d'un geste brusque mon drap et jetai un sort pour ouvrir mes rideaux. Nous étions quatre filles dans le dortoir : Narcissa Black, Elizabeth Nott, Johanna Beurk et moi, mais aucune d'entre elles n'avait pris la peine de me réveiller avant d'aller prendre leur petit-déjeuner. Chez Serpentard, c'était chacun pour soi, chacun ses problèmes. Attitude qui me convenait plutôt bien d'habitude.
Après un rapide tour dans la salle de bain humide que nous avions à notre disposition, je déposai un bol de croquettes pour Anar, mon chaton, qui sommeillait sur le rebord de la fenêtre qui donnait une vue plongeante sur l'eau verte et insondable du Lac.
La Grande Salle était bondée lorsque je dénichai une place à ma table. Je me servis un verre de jus de citrouille et un toast que j'enfournai sans plus de considération quand, soudainement, une forme noire volatile me fonça dessus, renversant par la même occasion le bol de céréales de mon voisin de table.
- Merlin ! maugréai-je en fusillant du regard le hibou de ma famille. Tu peux pas faire attention, sale oiseau ?!
Je me penchai pour ramasser la lettre tombée sur le sol pavé du réfectoire et sentis une main agripper ma chemise parfaitement repassée par les elfes de maison de Poudlard et me relever sans cérémonie. Le sourire narquois qu'affichait Regulus Black à cet instant me donnait des envies meurtrières.
- On fait la poussière Allen ? ricana-t-il.
- Oh mais c'est qu'il est de bonne humeur ce matin, rétorquai-je en le fusillant du regard, le petit bébé Black.
- Tu as remarqué aussi ? se moqua-t-il allègrement. Mais je ne suis pas venu pour le plaisir que me procure nos conversations... Ton emploi du temps, ajouta-t-il en me tendant un bout de parchemin. Slughorn n'attend plus que toi pour le compléter.
- arfait. Où est-il ?
Regulus me montra d'un geste désinvolte l'extrémité de la table et je m'apprêtais à rejoindre mon Directeur de Maison lorsqu'il m 'attrapa de nouveau par la taille.
- Et n'oublie pas ta lettre, susurra-t-il à mes oreilles, je suis certain que tes parents ont été ravis d'apprendre ta réaction de la veille.
Il disparut sur un sourire narquois, me laissant furieuse mais impuissante. L'enveloppe atterrit au fond de mon sac de cours et je me dirigeai d'un pas rageur vers Slughorn.
- Ah ! Miss Allen ! Quel plaisir de vous revoir, m'entendis-je accueillir. J'espère que vous avez passé d'excellentes vacances. Voyons maintenant... Vous avez obtenu toutes vos BUSEs, quelles matières désirez-vous conserver ?
- Je vais garder l'Histoire de la Magie, l'astronomie, les potions, les sortilèges, la DCFM et la métamorphose, professeur.
- Bien, nous pouvons donc barrer l'étude de Runes Anciennes et les Soins Aux Créatures Magiques, si je ne m'abuse. Vous commencerez la matinée par un double cours d'Histoire de la Magie en commun avec Serdaigle miss Allen ! Nous ne nous reverrons que demain matin, me salua Slughorn avec un petit clin d'œil satisfait.
Je souris au vieil homme bedonnant avant de rejoindre la salle du professeur Bins. Malgré le fait que ses cours soient les plus ennuyeux de toute l'histoire de Poudlard, j'appréciais cette matière. Et j'avais facilement des bonnes notes aux examens, aussi avais-je choisi de la conserver.
J'entrai dans la salle de classe quasiment déserte et m'installai au second rang, à côté de la fenêtre qui donnait sur le parc et décachetai ma lettre. Nul doute sur le fait qu'elle provenait de mes parents.
Athéna,
Nous avons appris hier soir que tu as agis de manière incorrecte lors de la répartition d'une Sang-de-bourbe à Poufsouffle que tu semblais connaître. Nous refusons formellement que tu aies avec elle ou avec de la vermine de ce genre tout rapport social. Si nous apprenons une nouvelle fois que tu as eu un comportement désobligeant, nous serons obligés de te châtier. J'espère avoir été suffisamment claire. Il est hors de question que tu fréquentes une personne de cette espèce.
Comporte-toi bien,
Mrs Maria-Louisa Allen.
- Cette missive ne semble pas te ravir, déclara une voix moqueuse que je ne connaissais que trop bien.
- Qu'est-ce que tu fais ici, Rosier ? Je croyais que tu ne savais même pas lire, répliquai-je d'une voix agacée.
- Comme tu peux le constater, je m'installe à côté de toi pour suivre le fascinant cours d'Histoire de la Magie enseigné par le non moins fascinant Professeur Bins, ricana Rosier. Bien sûr, il ne m'est absolument pas venu à l'esprit de te surveiller en agissant de la sorte, ajouta-t-il d'une voix mielleuse. Non, je veux seulement m'assurer que... tu te comporterais bien.
- C'est toi qui a prévenu mes parents de ce qui s'est passé hier ? soufflai-je à mi-voix, folle de rage.
- Ma chère Athéna, répondit-il doucereusement, je veux seulement m'assurer que tu ne fasses pas de bêtises...
- POUSSE TON ENORME DERRIERE DE CE SIEGE ROSIER ! vociférai-je tandis que le fantôme qui nous servait de professeur s'installait calmement à son bureau.
- NE ME PARLE PAS SUR CE TON ! répliqua aussitôt mon camarade.
Evan Rosier était certainement la personne que je détestais le plus au monde. Tout chez lui m'exaspérait. Depuis ses yeux bleus arrogants jusqu'au bout de ses chaussures vernies en passant par ses manières insolentes de Sang-Pur et ses répliques acerbes. Et, avec lui, je n'étais pas du genre à me laisser faire. Il me faisait littéralement sortir de mes gongs, au même titre que Regulus Black. Sauf que Black, lui, avait le bon sens de me laisser tranquille à cet instant. Je dégainai ma baguette magique d'un geste vif et la pointai sur sa gorge tandis qu'il faisait de même, un rictus moqueur s'étalant sur son visage.
- Athéna trésor, tu ne devrais pas te donner ainsi en spectacle... N'oublie pas, ta place est avec tes enfants et ton mari... A qui tu dois obéissance.
Cette dernière pique acheva de m'énerver et, presque inconsciemment, je lui lançai un « confrigo » si violent que les tables du premier rang explosèrent toutes. Rosier, quant à lui, était toujours en pleine forme et marmonnait des sorts dans sa barbe que je contrai aisément. Notre duel acharné arracha quelques cris aux élèves de la classe mais le professeur Bins semblait persuadé de rêver cette scène et n'ouvrit pas la bouche une seule fois pour nous empêcher, Rosier ou moi, de détruire le reste de la salle grâce à moult sorts d'explosions dont je raffolais.
- ҀA SUFFIT !
La voix de Regulus Black coupa court au spectacle pour mon plus grand déplaisir. D'un geste vif de sa baguette, il répara les dommages causés par notre duel tandis que Rosier et moi nous fixions en chiens de faïence, lui avec un petit sourire goguenard collé sur les lèvres et moi avec une expression indéchiffrable.
- Je retire dix points à Serpentard pour ce grabuge, déclara Black en me fixant méchamment. Allen, tu vas me faire le plaisir de me suivre dans le couloir en silence. Les autres, asseyez-vous.
La porte claqua derrière nous et le jeune Black me fusilla du regard.
- Tu n'étais pas aussi têtue et prête à causer des problèmes l'année dernière, dit-il d'une voix glaciale.
- Rosier m'a énervée, répondis-je simplement.
- Une Serpentard ne se comporte pas comme tu viens de le faire, Allen. Tu aurais pu te venger d'une toute autre manière, sans porter un coup à notre blason.
- Ne me fais pas la leçon, Black !
- Je suis préfet, c'est mon devoir de protéger l'ordre dans le château.
- Mais bien sûr, ricanai-je.
- Tu auras le droit à deux semaines de retenue, assena-t-il en remettant sa chemise en place sans me prêter plus d'attention que ça, je crois qu'Hagrid cherchait quelqu'un pour récurer les bassins où sont entassés les veracrasses.
Après un regard meurtrier, nous rentrâmes dans la classe et écoutâmes le cours sur la cinquième guerre des Gobelins en silence.
*.*.*
J'avais résolu de m'installer à la bibliothèque pour terminer un devoir de Sortilèges sur « les conséquences des sortilèges informulés mal contrôlés » après la fin de mon dernier cours de la journée. Après avoir rapidement salué Mrs Pince, la vieille bibliothécaire aigrie, je m'assis à une table dans un coin écarté et commençai mon rouleau de parchemin. Je travaillais depuis plus d'une demi-heure sur ce devoir lorsque je fus interrompue par un raclement de gorge que je ne connaissais que trop bien et je relevai la tête en souriant, découvrant Caspian Prewett appuyé nonchalamment au dossier de la chaise qui me faisait face.
- Bonjour Athéna, me salua-t-il joyeusement.
- Caspian, quel plaisir de te revoir, l'accueillis-je avec entrain.
- J'ai appris ce qu'il s'était passé tout à l'heure avec Rosier, continua-t-il d'une voix sombre. Athéna, il ne faut pas que tu recommences. Il faut que tu sois plus discrète, ça ne te ressemble pas d'agir de la sorte.
- Qu'est-ce qui me ressemble dans ce cas ? fis-je d'une voix sarcastique.
- Tu calcules toujours tes coups, 'Théna. N'agis pas sur un coup de tête, ça pourrait te porter préjudice.
Je soupirai. Il avait raison, je m'étais laissée aller à la colère, sans réfléchir aux conséquences. Une héritière Sang-Pur ne se comportait pas comme ça. Rosier m'avait certes fortement énervée mais je savais que l'attaquer frontalement n'était pas la bonne solution. J'esquissai un rictus, il fallait que je trouve un plan. Un plan si divinement serpentardesque que Rosier me lâcherait la grappe pour l'éternité. Un plan qui empêcherait mon union avec lui par la même occasion...
- Ton sourire diabolique m'inquiète, rit Caspian en m'attrapant la main. Je devine que tu as une idée derrière la tête, ma chère amie.
- Tu as tout à fait raison, affirmai-je avec un sourire éclatant.
- Je ne veux pas être mêlé à la terrible vengeance d'Athéna Allen, ricana-t-il. Mais je comte bien assister au spectacle.
- Tu auras une place de choix, crois-moi, répondis-je en échangeant un regard pétillant avec le Gryffondor.
- J'y compte bien...
« L'art de dissimuler est l'art de la vengeance »
Jacques Delille
Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? Est-il trop long ou pas assez ? Je vous rassure, Athéna ne se comportera pas comme ça par la suite. Beaucoup plus mesurée, beaucoup plus... rusée;) ce n'est pas une Serpentard pour rien !
Un avis ?
Merci d'avoir lu !
