Merci à Aby, l'archiviste, Kenza et Enairod pour les premières revews! l'archiviste: t'as vu c'est un peu plus long . Aller, bonne lecture à vous!

- Salut…

Misérable. Je suis misérable. Voilà deux ans que je ne l'ai pas vu et la seule chose que je trouve à lui dire, c'est un pâle « salut ».

- Salut.

Et bien au moins, je vois qu'elle n'est pas plus inspirée que moi. Je passe la main dans mes cheveux, sale habitude qui ressurgit à chaque fois que je suis gêné. Car oui je le suis. Je le suis parce qu'en une minute, nous n'avons pas été capable de prononcer plus de deux mots.

- Tu vas bien ?

De mieux en mieux, mon vieux. D'ici quelques secondes, tu vas te mettre à lui faire un monologue basé sur le temps qu'il fait. Pas de peau pour toi, il ne pleut même pas.

- Ca va…

Par pitié 'Mione, ne m'oblige pas à te donner le nom de chaque nuage posté au-dessus de nos têtes…

Elle ouvre enfin la bouche… ouf, je suis sauvé.

- Et toi ?

Pas tout à fait en fait… voyons, concentre toi pour dire plus de deux mots.

- Je vais bien.

Trois. Trois mots, tu as réussi à faire mieux. Seulement là, je ne vois pas trop quoi dire de plus. A moins que… Merlin pardonne moi de ce laisser-aller qui me pousse à…

- Sale temps hein ? Je crève de froid…

Elle lève les yeux au ciel et pendant un moment, je crois réellement qu'elle va se contenter de hausser les épaules. Seulement, elle me regarde de nouveau et dit :

- On devrait rentrer alors.

- C'est une bonne idée… 'Mione.

Elle sourit, j'ai réussi à la faire sourire. Pourtant, Merlin sait si ce surnom a mis du temps à bien vouloir sortir de ma bouche.

Je la suis jusqu'au Terrier, me reprenant à chaque fois que mes yeux dévient vers elle. C'est dingue ce que des personnes peuvent changer en seulement deux ans. Regardez là… je l'ai quitté sous les jupes de Poudlard et je la retrouve dans un tailleur qui fait d'elle une femme. Oui c'est ça, l'adolescente est devenue femme.

- A vous voilà, vous deux.

Je hais ma mère autant que je l'aime. Je n'avais jamais réussi à comprendre cette phrase jusqu'à aujourd'hui. Car il me paraît clair à ce moment précis que je la hais autant que je l'aime. Et Merlin sait à quel point je l'aime. Alors pourquoi fait-elle ça ? Pourquoi s'amuse-t-elle à sourire de cette manière, nous mettant l'un et l'autre mal à l'aise ? Croit-elle réellement que nous sommes encore deux adolescents en train de nous chercher ?

Je l'embrasse en me forçant de sourire et laisse Hermione prendre une longueur d'avance. Histoire qu'on ne puisse pas penser que je fais tout pour rester avec elle.

- Tu as besoin d'aide 'man ?

- Non merci… ne le prends pas mal mon chéri mais j'ai l'impression que tu me retarderais plutôt qu'autre chose.

Mais non maman, je ne le prends pas mal voyons. Ca fait toujours plaisir d'entendre sa mère dire que l'on ne sert à rien.

- Bon bah je vais… aller les rejoindre alors.

- Oui c'est ça… va les rejoindre.

Par pitié maman, retires moi ce sourire de tes lèvres… je ne vais pas sauter sur Hermione. Encore moins en sachant que vous êtes juste à côté. Et puis de toutes façons, elle est juste une amie et question filles, j'ai eu ma dose cette semaine, si tu vois ce que je veux dire. Non, ne vois pas ce que je veux dire, je t'en pris.

J'ai à peine le temps de franchir la porte du salon en cherchant à tout prix une conversation à mettre en route, que je vois la silhouette d'Harry se détacher dans la pénombre des escaliers. Il s'arrête à mi-chemin, et fait parcourir son regard entre moi et Hermione. Je l'observe alors qu'il continue à la regarder, avachie sur la rampe d'escalier. Puis, enfin, il se décide à lui faire remarquer sa présence.

- Toujours aussi bavarde on dirait…

- Toujours aussi discret en tout cas, lui répond-elle au tac au tac.

Par Merlin, pourquoi faut-il que je n'aie pas cette facilité à engager la conversation avec ma meilleure amie. Mais bon, voyons le bon côté des choses. Au moins, Harry sera là pour combler les trous ce soir.

- Salut…

On m'avait pourtant dit que Ronald Weasley avait changé. Finalement, je n'en ai pas vraiment l'impression. Voyons si tu vas pouvoir t'en sortir si je me mets à jouer ton jeu.

- Salut.

Bingo. Le voilà qui passe une main dans ses cheveux. Apparemment, il est contrarié. Mais s'il continue comme ça, je vais commencer à avoir des remords. Une amie n'est-elle pas censée aider ?

- Tu vas bien ? Me demande-t-il.

Suite on ne peut plus logique de la conversation. Dans peu de temps, il va se mettre à me parler de la pluie et du beau temps.

- Ca va...

Je commence vraiment par me sentir mal. Je suis consciente que nos retrouvailles ne sont pas la chose la plus facile au monde. Moi-même, je me sens un peu mal à l'aise. Alors, pourquoi ne pas l'aider.

- Et toi ?

- Je vais bien.

Non Ron, je t'en pris ne t'arrêtes pas en si bon chemin.

- Sale temps hein ? Je crève de froid…

Mais oui Ron, c'est pour ça que tes joues sont étrangement rouges ? Je lève les yeux au ciel, histoire de voir si au moins il y a quelques nuages qui conforteraient une réflexion pareille.

Ce qui est sûr, c'est que si on reste plus longtemps comme ça, on va puiser toutes les réserves disponibles dans le manuel de « Comment faire la conversation en dix leçons ».

- On devrait rentrer alors.

- C'est une bonne idée… 'Mione.

Je n'en attendais pas moins de toi Ron. Et me voilà à sourire comme une imbécile. Si je ne bouge pas, il va finir par se faire des idées.

Je prends la direction de la maison sans jeter un regard en arrière. Je sais qu'il me suit. Je le sais parce que d'aussi loin que je m'en souvienne, j'ai toujours su quand Ron n'était pas loin de moi.

- A vous voilà, vous deux.

Je souris de nouveau en me dirigeant vers le salon. Je souris parce que je sais que Ron ne doit pas aussi bien prendre que moi la remarque de sa mère. Mais bon, à quoi bon s'en formaliser. Molly a toujours eu l'œil lorsqu'il s'agissait de ses enfants. Et puis pour la première fois depuis des années, je suis prête à l'accepter. Totalement.

- Oh… a quoi dois-je ce sourire ?

Je souris à Ginny, la tête totalement ailleurs, je ne l'avais pas vu.

- C'est bon d'être de retour.

Je m'assois à ses côtés et me surprend à soupirer. Pas d'exaspération non, simplement de contentement. Dans ces moments, il est inutile de dire quoi que ce soit. Et je crois que Ginny le sait. Voilà pourquoi nous restons toutes les deux silencieuses.

- Toujours aussi bavarde on dirait…

Par Merlin, je ne l'avais pas vu.

- Toujours aussi discret en tout cas.