Chapitre 1 : Un océan de verdure éclatante..
Les rues de Londres étaient pleines de monde. Les allers-retours incessants des multiples passants lui donnaient mal au crâne, mais, par fierté, il n'en disait, et n'en dirait, rien à sa mère. Il ne comprenait pas pourquoi les passants eux pouvaient marcher, courir ou trottiner comme il leur faisait envie, alors que eux, dans la voiture étaient bloqués comme des imbéciles, à attendre que vienne le moment d'avancer. Les embouteillages londoniens faisaient leur effet dès les premières heures du matin. Et dire qu'a onze heure, il devrait prendre son train, en ce vendredi 1er Septembre. Cette première rentrée à Poudlard le mettait dans un état peu gratifiant, et c'était notamment pourquoi il ne rajouterais rien en se plaignant sur ses douleurs : son ego étant déjà fortement redescendu au cours des dernières heures.
Poudlard. Le nom résonnait à ses oreilles comme une ritournelle trop souvent prononcée, rien que pour cela, il avait envie de tout foutre en l'air, à commencer par sa scolarité. Il avait envie de tout détruire, de tout rabaisser, en passant par les meubles, jusqu'aux élèves et aux professeurs. Et il pourrait compter sur son meilleur ami pour cela, lui qui entretenait pour l'école, et surtout son directeur, une haine sans nom. Poudlard. Et Dumbledore. Lui, Ilyssia, il s'en foutait du directeur. C'était juste quelqu'un de plus à enfoncer, à détruire, avant que celui ci ne découvre tout. Dumbledore, c'était juste quelqu'un de plus susceptible de l'empêcher de nuire, mais pas pour longtemps, Ilyssia ferait tout pour échapper à une quelconque interdiction venant d'un adulte. Parce que pour Ilyssia, la loi, c'était celle du plus fort, du plus fort et du plus retors.
Depuis la voiture de sa mère, il regardait le ciel. Gris, nuageux, on pouvait voir que l'orage se préparait, les passants traînaient des parapluies avec d'eux. Et lui, se retrouvait coincé dans cette carcasse, alors qu'il aurait tant aimé pouvoir rejoindre les sales bêtes volantes qui piaillaient dans les rues, histoire de les rendre muette à jamais –douce satisfaction-. Mais non, jamais sa mère n'aurait accepté qu'il sorte de la voiture, pourtant bloquée, pour courir, enfourcher un balais, et planer dans les airs. Ecraser ces petits monstres qui font chier tout le monde à couiner comme s'il étaient seuls au monde, heureux de vivre. Et alors qu'il pensait ces mots, sa mère le regardait. Il sentait son regard suivre son profil –qu'il savait beau-. Ses cheveux bruns bouclés, très mal coupés, dans un ensemble plutôt cafouillis, certaines mèches, un semblant de frange, lui tombant devant les yeux. Yeux qu'il a vert émeraude, d'un vert électrique, attirant, hypnotiques, entourés de grands cils bruns –profondeur-. Puis, c'est le nez. Petit nez, et puis tout de suite après, la bouche charnue qui fait tout son charme –oui, malgré les yeux, et les cheveux-. Ilyssia souria quand il pensa que sa mère le regardait, car il savait qu'elle l'admirait. Et lui, il aime ça être admiré –malsain-.
La voiture de sa mère avançait à deux à l'heure, et cette attente plongeait le jeune homme dans un état léthargique, et impatient. Ses yeux d'un vert vif parcourant le voisinage, son regard fut attiré par d'autres yeux émeraudes. Leurs regards s'accrochèrent. Ilyssia n'avait jamais vu d'yeux semblables aux siens. Cette découverte le mis mal à l'aise, et il se surprit à souhaiter à cet inconnu de perdre ses yeux, ces doubles maléfiques, cette reproduction intacte de ses pupilles. Inconnu qui ne manqua pas de sourire, sûrement amusé par cette ressemblance, qui faisait d'eux des frères, alors qu'ils ne se connaissaient pas le moins du monde. Deux frères d'yeux, semblables à quatre émeraudes qu'on présenterait à la lumière. Néanmoins, leurs yeux présentaient quelques différences, comme pu le constater Ilyssia. Les yeux de l'inconnu brillaient fortement, et d'un éclat malicieux, semblables au sien. Mais les reflets rubis qui se mélangeaient au vert des yeux d'Ilyssia étaient remplacés par de petites pépites noisettes dans les pupilles de l'Inconnu.
L'inconnu souriait donc, et Ilyssia sorti de sa rêverie, tiré des yeux verts de son frère par un mouvement à l'avant de sa voiture : alors que l'inconnu souriait, la conductrice se retourna. Une femme maigre, l'air peu affable, fixa Ilyssia du regard, qui détourna la tête, heureux d'échapper à cette vision d'horreur. Ca ne pouvait être sa mère. Ils ne se ressemblaient pas le moins du monde.
Les voitures avancèrent enfin, et la deuxième voiture disparu derrière une autre, à quelques mètres de celle d'Ilyssia et sa mère. La Gare se faisait voir, mais restait encore inaccessible. Pourtant, en quelques minutes, les quelques kilomètres qui les séparaient de l'entrée de la Gare furent franchis. Et on pu accéder à la Gare. L'imposant édifice surplombait la grande place, et Ilyssia regarda une nouvelle fois son ticket. Poudlard Express, 11 heures, Voie 9 ¾. Il ricana doucement à l'évocation du nom de la voie de train. 9 ¾. Quelle imbécillité de nommé une voie par ce nom. Il arrêta son ricanement, soudain redevenu sombre. A l'extérieur, la pluie tombait drue depuis quelques secondes, et elle tapait brutalement sur les carreaux de la voiture. Il s'engloutit dans ses pensées, revenant douze ans en arrières. Il se souvenait vaguement de pluie et d'un froid hivernal, d'un au revoir masculin –voix grave et sifflante-, de quelqu'un –une femme- le serrer dans ses bras, de pleurs, d'un cri, d'un froid glacial, de quelques sons, d'un éclat de voix, d'un sourire chaleureux, de paroles réconfortante, d'un départ précipité dans le froid et la nuit, d'une arrivée dans un coin chaud, et d'un lit douillet. Après, il s'était réveillé quelques années plus tard. Et Ilyssia était assez intelligent pour savoir que celle qui l'avait éduqué, même si elle ne lui avait jamais rien dit, n'était pas sa mère biologique, qu'il était le fils d'un autre, et d'une autre. Et que si c'était Maria Reach qui l'avait éduqué, c'était parce que ses parents n'avaient pas pu. Et vu les souvenirs qu'il avait des adieux paternels, c'était surtout qu'on les en avait empêché. Pourquoi, ça, Ilyssia n'aurait pas su y répondre. Mais il était sûr de ce fait : on l'avait enlevé à ses parents biologiques parce que ceux ci n'avaient pas le droit -ayant fait trop de choses- de l'éduquer, et quelqu'un l'avait amené jusqu'à la maison de Maria Reach, jeune trentenaire d'une beauté chaleureuse, célibataire et sans enfants, du moins jusqu'à l'arrivée de Ilyssia. Arrivée qui avait changé toute sa vie. Il faut dire qu'il n'était pas un gamin facile à éduquer, à contenir, à restreindre. Un formidable coup de klaxon le fit émerger de ses pensées, revenant dans la voiture de sa mère, avec la pluie qui cognait, le vent qui soufflait, les autres qui gueulaient, et lui tombé au milieu de tout ça. Retombé au milieu de tout ça. Ilyssia souffla bruyamment, se rendant compte à quel point il était dur à chaque fois qu'il partait dans ses souvenirs de revenir sur Terre. Il faudrait qu'il se calme la dessus, sinon, il finirait coincé. C'est ce qu'il se disait alors que les voitures redémarraient, et que les klaxons cessaient. Ilyssia repris le cours de ses pensées terre à terres, et un éclair émeraude lui revint en tête. Il se retourna, et chercha du regard la voiture noire des deux êtres aux yeux semblables aux siens. Il les chercha partout, mais ne les vit pas, juste un bout de voiture noire deux véhicules plus loin. Il se remit à sa place, et observa la route devant lui, submergée de voiture et d'eau glissante, dégoulinante de partout ; les passants, parapluies brandit devant eux, comme un rempart au vent et à la pluie ; les oiseaux abrités sous quelques gouttières, au froid mais à l'abri, et les quelques feuilles mortes virevoltant de ci de la du trottoir.
Puis, arraché à sa contemplation par un pressentiment –Ilyssia sait qu'il à de bons pressentiments-, il se retourna, et écarquilla les yeux lorsqu'il remarqua que l'Inconnu aux émeraude était à nouveau derrière lui, surpris qu'il aille lui aussi à la Gare. Mais ça n'était sûrement qu'une coïncidence, Ilyssia se le répétait fortement, son esprit étroit et fermé refusant d'accepter l'évidence.
« Mon chéri, descends de cette voiture enfin !
- Hein ?
- Encore dans tes pensées ? Allez, viens, tu va manquer ton train. »
Ilyssia rougi, énervé que sa mère le surprenne en train de méditer, et la suivit dans la Gare, qui, pour ne rien changer à tous lieux publics, était pleine de Moldus… Quelques uns –les moins pressés-, se retournaient sur son passage, surpris de voir un enfant pousser un énorme chariot rempli de valises surplombées d'un hiboux pour le moins bruyant –Sephiroth n'ayant jamais assimilé le principe pourtant primordial de discrétion-. Les autres moldus, préoccupés, continuaient leur course effrénée contre la montre, allant Dieux sais-où. Et Ilyssia avançait, pressé soudainement de revoir son meilleur ami, et d'arriver à Poudlard, où il pourrait enfin découvrir l'établissement dans lequel ses parents avaient fait leur cursus scolaire.
Lui et sa mère marchèrent jusqu'à la barrière entre les voies 9 et 10, et passèrent au travers des tourniquets, pour arriver sur un quai pour le moins hétéroclite : locomotive rouge, foule compacte et dense. Ilyssia repéra une chevelure blonde –blanche-, difficilement, mais il la repéra tout de même. Il se mit a courir, chariot devant lui, hiboux piaillant de toutes ses forces, suivit de sa mère, pour rejoindre son meilleur ami.
« Dray !! »
Le prénommé Dray se retourna, et tous purent voir le sourire qui s'afficha sur le visage pourtant insensible du jeune blond au teint diaphane lorsqu'il vit son ami d'enfance.
« Il' !! comment ça va vieux frère ?!
- Bien. Tu m'a manqué vieille peau ! »
Les deux jeunes se serrent dans les bras, sous les regards attendris de leurs parents, et ceux, admiratifs, des autres jeunes de première années, abasourdis devant tant de charisme et de beauté, les plus vieux les ignorants superbement –premières années-. Ils s'écartèrent, et se regardèrent. Dray, ou Draco Malefoy, avait repris son air supérieur et froid, mais Ilyssia savait fort bien que c'était un masque. Les yeux du blondinet, d'un bleu glacial, gris même, brillaient de malice, et un sourire satisfait s'étendait sur ses lèvres fines. Ses cheveux d'un blond très clair étaient tirés vers l'arrière. Il avait déjà revêtu sa robe de sorcier, d'un noir sombre, tissus épais, sentant le fric à plein nez. Un sourire narquois et carnassier s'étira enfin sur les lèvres de Dray lorsqu'il remarqua l'animal d'Ilyssia.
« Tiens, mais tu a amené Sephiroth ? Elle a pas encore crevé ton Horreur ?
- Non, elle survit doucement, mais sûrement, se contentant de se la fermer lorsque je suis de mauvaise humeur. Mais cette immondice commence à me gaver..
- Je te comprends, qui voudrait d'une abomination pareille ?!
- Hum.. Un sang-de-bourbe sans goût ?
- Et encore, j'suis même pas sûr qu'elle lui plairait ta Chose.. »
Les deux jeunes rirent aux éclats. Puis soudainement redescendus sur terre, ils se ressaisirent, et empoignèrent leurs sacs. Se tournèrent vers leurs familles. Il était temps de dire au revoir. Ilyssia alla embrasser sa mère, qui le serra dans ses bras, lui murmurait les précautions d'usages.
« Mon chéri, tu prends bien soin de toi, tu m'envoie un hiboux une fois arrivé. Ecris moi régulièrement. Lave toi les dents tous les soirs, n'hésite pas à parler de tes problèmes à un professeur. Je compte sur toi pour avoir de bonnes notes.
- Mais oui maman, je sais tout ça.. »
Pendant ce temps, côté Malefoy :
« Bien, j'espère te voir à Serpentard.
- Bien évidemment !
- Mon chéri, fait bien attention à toi, ah ! et ne parle pas à des sales sang-de-bourbes, c'est d'accord ?
- Oui, oui.
- Ni aux.. Weasley, ces traîtres à leur sang.
- Oui, je sais.»
Une fois les embrassades faites, Ilyssia et Dray s'en retournèrent et grimpèrent dans le train, sans un regard en arrière, en partant s'installer dans un compartiment inoccupé. Ils réussirent à en trouver un au bout de quelques minutes, et s'y installèrent, heureux d'avoir enfin trouvé un endroit où s'asseoir et poser leurs sacs et valises, submergés par le poids de celles ci. Tous deux déposèrent leur valises au dessus des sièges, avec force de soupirs épuisés et de muscles tendus, pour enfin s'affaler sur les banquettes rembourrées. Ils se fixèrent un instant, puis Dray éclata de rire, avant de lancer bruyamment :
« Ah mon vieux, ça fait plaisir de te voir !
- Evidemment, ma gueule d'ange à du te manquer pendant un mois.
- Mais oui, mon chou. C'est ça, l'espoir fait vivre on dit, hein ?
- Umph !
- Oh, t'es vexé ?
- Allez, Dray, raconte tes "vacances familiales", hum ? C'était comment ?
- Oh. Banalité à crever, une horreur. Ma cousine Hortensia est encore plus laide qu'auparavant. Mon cousin Jack est toujours atrophié du cerveau ; sa mère m'a couverte de baiser baveux dès qu'elle m'a vu ; leur père ne parlait que de Tu-sais-qui à tout bout de champs sans jamais cesser. A-bo-mi-nable ! et toi?
- Si t'appelle vacances dormir vingt-quatre heures sur vingt-quatre, alors elles étaient super. A non, j'ai mangé aussi.
- T'es sûr ? Parce que t'es encore plus maigre que quand je suis parti chez mon oncle..
- C'est dingue! T'arriverais Presque à me faire rire Dray..
- Ilyssia James Reach, fout toi de moi, je te dirais rien..
- Moi ? Me foutre de toi ? Qu'est ce que tu vas t'imaginer là ??
- Reach…
- Hum ??
- Va te faire voir !
- Oh ! carrément ?
- Ouay. Et même.. »
Les deux jeunes furent interrompus par l'ouverture de leur porte de leur compartiment. Dray braqua un regard hargneux sur les nouveaux venus, comme immobilisés voyant Ilyssia et Draco dans le compartiment.
« Ah ! » laissa s'échapper Ilyssia en remarquant le jeune aux émeraudes.
Ce dernier était accompagné de deux autres personnes : une jeune fille, cheveux châtains épais et yeux chocolats et un garçon, tignasse châtain et air absent sur le visage. Le jeune inconnu rougit en entendant l'exclamation d'Ilyssia. Il le regarda un instant, puis détourna le regard en rougissant de plus belle. Personne n'avait remarqué l'interjection d'Ilyssia et la réaction de l'autre. Tous se regardèrent en chiens de faïence, Dray fronçait les sourcils, cela lui donnait un air méprisant et hautain, souligné par sa tête haute et ses yeux froids. Ilyssia ne regardait que le garçon de la voiture, et la jeune fille. Ses yeux vert émeraudes attiraient tout le monde, et il les regardait tous sans ciller, imperturbable et condescendant. La jeune fille, touffe épaisse, dans des tons châtains n'était pas magnifique. Mais ses yeux pétillaient de gentille malice et d'intelligence. Le garçon désespérait Ilyssia par son air endormi et lointain. Mais celui qui attirait le plus le regard de Dray et Ilyssia restait l'autre, regard émeraude, rouge au joues, tête baissées, il paraissait pourtant altier. Dray lui, se demandait comment quelqu'un pouvait avoir les mêmes yeux que son meilleur ami. Ilyssia lui se demandait comment un gars pouvait-il être aussi lointain et pourtant si charismatique. Ilyssia eu tout le temps d'observer l'inconnu, et n'y manqua pas. Le jeune homme avait donc les yeux émeraudes, dans lesquels brillaient quelques noisettes or. Quelques mèches désordonnées de ses cheveux bruns lui tombaient sur les yeux, dans un ensemble de fouillis total, il avait la coiffure de quelqu'un qui vient de se réveiller. On pouvait apercevoir sur son front une cicatrice, quelques peu rougie, en forme d'éclair. Non ! Ca ne pouvait être le célèbrissime Harry Potter, le jeune bébé qui avait survécu à Voldemort ! Les lèvres quelques peu épaisses, et les joues creuses, le jeune inconnu pouvait faire concurrence au niveau de la maigreur à Ilyssia, voilà ce que ce dernier pensa. En effet, l'inconnu semblait maigre, et fragile. De petite taille, il impressionnait pourtant Ilyssia par sa beauté inconnue.
« Hum.. Il n'y a plus de place nulle part. Pourrait-on venir s'asseoir avec vous ? demanda enfin la jeune fille, brisant le silence.
- Hors de question ! lança, sûr de lui, Draco.
- Mais.. contesta la jeune fille.
- Non. Ni toi, ni personne. » s'écria Draco.
En entendant ces mots, les jeunes rougirent, et la jeune fille baissa la tête. Le jeune aux émeraude lui, la releva, et fixa Ilyssia avec toute la ténacité dont il pouvait faire preuve, le dévisageant longuement, jusqu'à ce que Ilyssia réagisse et détourne les yeux de l'immensité verte, pour enfin prononcer quelques mots.
« C'est O.K. Allez, on s'en fout Dray. Du moment qu'ils nous laissent.. déclara Ilyssia.
- Humph! Fff !! O.K..
- Merci. Je m'appelle Hermione Granger. dit la jeune fille, en souriant de toutes ses dents. Et voici Neville Londubat. Et lui derrière c'est Harry Potter, ajouta-t-elle.
- J'ai accepté que vous veniez, c'était pas pour que vous nous tapiez la causette. » répondit froidement Ilyssia.
Dray souria, fier de son meilleur ami, mais, en voyant l'air étonné des trois jeunes, et surtout du prénommé Harry, Ilyssia se corrigea.
« Je m'appelle Ilyssia Reach, et voici mon meilleur ami, Draco Malefoy. »
Le prénommé Harry Potter souria à Ilyssia, qui rougit et détourna le regard de son visage trop bien dessiné. Il retourna s'asseoir près de la fenêtre, Dray à ses côtés. Harry s'installa en face de lui, Hermione à ses côtés, et Neville à gauche d'Hermione. Harry parlait avec la jeune fille, mais ne la regardait pas, son regard alternait entre l'extérieur, où défilait le paysage verdoyant sous la pluie fine, et le visage d'Ilyssia, absorbé dans la contemplation des multiples gouttes constellant sa vitre.
« J'espère réellement être à Gryffondor.. lança Hermione à Neville, voyant que Harry n'était pas en état de répondre.
- Moi aussi, lui répondis ce dernier.
- Gryffondor ? Vous n'avez donc aucune ambition ? Enfin, venant d'un Londubat, cela ne m'étonne pas. J'irais à Serpentard, Ilyssia aussi. » lança fièrement Dray.
Ces paroles semblèrent attirer l'attention d'Harry.
« Comment pouvez vous être sûrs d'aller à Serpentard ? demanda-t-il
- Toute ma famille y a été. Question de personnalité. Ilyssia est exécrable, il est bon pour Serpentard. Il est tellement con qu'il ne pourrait aller nul autre part.
- Je te remercie pour ce portrait bien peu flatteur Dray.. » lança Ilyssia, soudain attentif, à Dray, le gratifiant d'un sourire désarmant.
« Ah !? laissa sortir Harry, étonné.
- Et toi, tu es bien le jeune Harry Potter qui a survécu à Voldemort ?? demanda Draco curieux.
- Oui.
- Ouh la ! Nous avons donc affaire à une célébrité !
- Dray !! Et où compte tu aller ?? » corrigea Ilyssia.
« Je n'en sais rien. La où je connaîtrais quelqu'un !
- Ffff ! De bien maigres raisons ! grogna Draco.
- En tout cas, je n'irais pas à Serpentard !
- Et pourquoi ? demanda le blond.
- Parce que c'est là qu'est allé Voldemort.
- Hum. Oui, et alors ?
- Et alors c'est lui qui a tué mes parents
- Ah !
-Oui.
- De nobles raisons..
- Je sais.
- Bien que personnellement, je m'en moquerais comme de mon premier balais.. »
La discussion s'arrêta sur ces paroles, et Neville sombra dans un profond sommeil, tout comme Dray, qui appuya sa tête sur l'épaule d'Ilyssia. Hermione alla acheter de quoi manger, et Ilyssia se retrouva bien malgré lui seul avec Harry. Les deux se regardaient et évitaient le regard –cherche moi, trouve moi, évite moi- de l'autre, en un jeu bizarroïde, Harry contemplant à nouveau le paysage, et Ilyssia remettant à leur place quelques mèches de Dray. Ilyssia finit par ouvrir la bouche, exaspéré par le silence mortel qui s'était installé dans la cabine.
« Quel âge à tu ?
- 12 ans. Et toi ?
- Pareil. C'était qui dans la voiture ?
- Ma tante. Et toi ?
- Ma mère..
- Vous ne vous ressemblez pas du tout. »
Ilyssia releva les yeux, et fixa longuement Harry, se demandait s'il pouvait lui dire, ou non. Longtemps son esprit réfléchis, et finalement, il se décida à raconter quelque peu son histoire.
« Non, elle m'a adopté.
- Ah ! Et tu sais qui étaient tes vrais parents ?
- Non. Mais je connais mon vrai nom. Il me suffira de rechercher à la bibliothèque. Et s'il le faut, dans les livres de la réserve.
- Ces livres sont interdits..
- Oui, et alors ? Je compte sur toi pour ne rien dire à personne de ce que je viens de te dire, même Dray n'est pas au courant que j'ai été adopté.
- Hum, oui, tu peux compter sur moi.
- Bien. Je te remercie.
- Dis, pourrais- je t'aider dans tes recherches, Ilyssia ?
- Eh bien, a vrai dire, je comptais rester seul pour cela.. Mais.. L'aide d'un héros tel que toi ne pourras pas m'être inutile !
- Je te remercie d'autant te servir de moi !
- De rien Harry.
- Et quel est ton vrai nom, si je peux le savoir ?
- Jedusor, Ilyssia Jedusor.»
Les deux garçons se regardèrent, en souriant pleinement, comme un remerciement silencieux à l'autre. Je partage un secret avec toi, tu sait quelque chose de moi que personne d'autre ne sait. Ca nous rapproche, hein ? Ce fut lors d'un de ces sourire ambigus sur les lèvres des deux seuls éveillés qu'Hermione rentra dans la cabine.
« Ils dorment toujours ??
- Oui.
- Vous voulez des Dragées Surprises ??
- Hum, non merci. »
Les deux jeunes aux émeraudes détournèrent le regard vers l'extérieur dans un mouvement synchronisé. La pluie qui tombait au dehors les attirait inexorablement. Le train s'ébranla, et on commença à apercevoir la gare de Poudlard. Le train s'arrêta dans un hoquet, et tous les élèves se mirent en mouvement. Dray et Neville émergèrent, les yeux encore endormis, et se levèrent, hésitants.
« Dray, tiens toi à moi.
- Hum ?.. Merci Il'. »
Et le blondinet de s'accrocher au bras de son ami. Et Harry qui les regarde touché. C'est bizarre : ces deux là sont spéciaux et différents. Chacun attire le regard à sa façon, chacun pense à sa façon. On les sent proches, et pourtant lointains. Mais ces deux là, on sent que quelque chose les lies qui ne peux les éloigner. Ces deux là, ils ont le regard fier et hautain de ceux qui connaissent leurs charmes, mais on ne peut s'empêcher de les observer, en silence, et de les admirer, en secret. Harry le premier. Et il n'est pas le dernier de tous ces élèves qui détournent le regard sous le passage de deux jeunes garçons, l'un aussi blond que la lune, l'autre aux cheveux d'ébènes. L'un aux yeux bleu glacier, l'autre aux pupilles d'un océan de verdure éclatante.
