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PROLOGUE n°2 (Yasha & J.)


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"Je t'avais dit que c'était une mauvaise idée. Une très mauvaise idée."

"Et si tu avais agit comme nous l'avions convenu, tout ce serait bien passé."

"Il y a des choses qu'on ne peut malheureusement ni prévoir, ni contrôler, J."

"Oui, comme ta libido, Yasha."

"Ma libido t'emmerde."

"Effectivement."

Échange de regard furieux pour l'une, simplement noir pour l'autre. J. est au volant, Yasha de l'autre côté, sur le siège du mort. Tandis que le beau et grand brun, d'une petite trentaine d'années, au délicieux accent britannique, conduit, bien droit sur son siège, observant aussi bien la route devant, que le rétro, Yasha, elle, est affalée contre la porte, indifférente à la fébrilité de son partenaire. Tout ce qu'il a d'élégant, sobre, anglais, avec son costume impeccable (si l'on fait abstraction des tâches de sang sur son avant bras et son torse), Yasha l'a vulgairement. Ses bas résilles, déchirés en de nombreux endroits, remontent jusqu'à la mi-cuisse, révélant le porte jarretelle en dentelle noire sous sa robe fourreau en simili-cuir, particulièrement courte. A ses pieds, une paire de talons sombres, escarpins en cuir, parsemés de clous argentés des plus distingués, d'environ douze ou treize centimètres de hauteur (plus haut, elle ne pourrait pas courir, et dans son métier, surtout lorsque l'on fait équipe avec J., courir devient littéralement vital). En haut, un minuscule manteau en fourrure véritable d'un quelconque animal en voie de disparition, met en valeur sa taille fine, et sa nuque à la peau blanche, sur laquelle scintille le pendentif en diamant de son raz-de-cou.

"Depuis le temps, tu devrais savoir que je ne supporte pas de rester à rien faire trop longtemps."

"Apprend à utiliser ta main ou ton imagination, au lieu de perdre du temps et de rater l'heure du rendez-vous. Au risque de nous faire tuer... tous les deux."

A cette dernière remarque de J., Yasha se retourne vivement vers lui, comme scandalisée par ce qu'il vient de dire :

"Mais ce n'est pas une question de manque ou de désir sexuel ! Me masturber n'y changerait rien. Moi ce que j'aime, c'est la chasse...Si tu l'avait vu... Elle était vraiment adorable."

En retour il pousse un long soupir découragé, avant d'ajouter, après un dernier regard derrière lui :

"Au lieu de me raconter une nouvelle fois l'un de tes innombrables exploits sexuels, essaye plutôt de nous débarrasser de ces chinois."

Yasha ne prend pas la peine de répliquer, l'expression de son visage soudain infiniment plus sérieuse. Elle attrape l'automatique à ses pieds, ouvre la porte du camion d'un coup de talon rageur, et commence à tirer en rafale d'une main, sur le convois de berlines noires qui les suit, tout en se maintenant en équilibre, à moitié au dessus du goudron défilant à toute vitesse par terre, agrippant avec force le bras que J. lui tend. L'attaque brusque de la jeune femme, qui vise les roues, met hors jeu la première des voitures, causant un carambolage qui élimine environ la moitié de leurs poursuivants. Cependant, la réplique ne tarde pas. Yasha rentre immédiatement dans l'habitacle, sans pour autant fermer la porte déjà criblée de balles.

"Rhaaa, ces chinois..." crache-t-elle, le souffle court.

"Combien en reste-t-il ?" demande l'anglais, imperturbable, tandis qu'il prend un virage serré sur la droite.

"Au moins trois voitures. Mais je m'en occupe. Toi, cond..."

Mais elle n'a pas le temps de finir sa phrase. Il y a un choc à l'avant du camion, J. grogne, mais déjà un large halo blanc les enveloppe. Et tout disparaît.

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Je pense qu'il est temps de prévenir que Ivy est une histoire au sujet très sérieux (mais ça, c'est que à partir du premier chapitre), aux personnages et péripéties complètement loufoques et inutiles. Pas envie de me prendre la tête avec du psychologique déprimant - ma marque de fabrique :D -, donc voilà, chapitres cours, intrigue décousue, publications soumises aux aléas de ma mémoire... Sinon, je peux aussi souhaiter bonne lecture pour la suite (quand elle arrivera, huhu)

Theodore.