17/05/15
Bonjour à tous (toutes) !
Voici le chapitre 2 de cette traduction. Les choses avancent petit à petit !
Disclaimer : Harry Potter appartient à JK Rowling et l'histoire appartient à Clothsofheaven qui m'a gentiment donné l'autorisation de la traduire.
Note de Clothsofheaven : l'histoire est basée sur (deux des films les plus cruches jamais réalisés avouons-le) 'Vous avez un message' et 'Entre deux rives'. Tout comme mes livres préférés de tous les temps (autre qu'Harry Potter bien sûr) Le journal de Bridget Jones et Bridget Jones : l'âge de raison, qui sont tous les deux basés sur Orgueils et Préjugés et Persuasion de Jane Austen. L'histoire contient également des phrases et des idées qui viennent de ces films et de ces livres.
Avertissement : slash/yaoi
Sur ce,
Bonne lecture :)
PS : merci à "guest" et juju pour vos commentaires :) j'espère que la suite de cette trad sera à la hauteur de vos espérances !
Draco bondit en arrière, portant sa main à sa bouche pour retenir une exclamation.
Au même instant, la porte de l'appartement s'ouvrit en grand et Pansy entra, laissant la porte grande ouverte.
- Draco, je vais laisser ça chez toi, dit-elle en déposant un sac rempli de paquets de cigarettes sur la pile de courriers se trouvant sur la table basse. Daniel pense que je dois arrêter de fumer. Je lui ai dit que j'arrêtais complètement. Je sais ce que tu vas dire… « il est chez toi depuis cinq minutes et il est déjà en train de te dire quoi faire », mais…
Pansy continua son discours, mais Draco ne l'écoutait pas. Seul l'atmosphère stagnante de son appartement – celui d'Harry – lui parvenait aux oreilles dans un soupir.
Il se rua vers la poubelle et retira la vieille boîte de pizza ainsi que d'autres bouts de papier jusqu'à ce qu'il trouve ce qu'il cherchait. Il avait besoin d'être sûr que ce qu'il avait vu n'était pas seulement un reflet de la lumière ou quelque chose sorti tout droit de son imagination.
- Donc maintenant je peux seulement fumer chez toi.
A ces mots, Pansy tendit la main vers le sac pour prendre un des paquets de cigarettes mais elle s'arrêta net en voyant l'inscription sur le courrier.
- Draco, pourquoi y a-t-il une lettre adressée à Harry Potter sur ta table basse ?
Draco releva la tête après avoir relu la lettre commençant par Cher Nouveau Locataire, le visage décomposé.
- Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda-t-elle, arrachant le mot de ses mains tremblantes.
- Cher Nouveau Locataire, articula silencieusement Pansy tandis qu'elle lisait en se concentrant comme le font les personnes qui ne lisent pas souvent.
Pansy finit de lire et après quelques secondes de silence pesant, elle leva la tête vers Draco et dit :
- Allons-nous l'ouvrir ?
Draco déglutit difficilement et hocha la tête. Il prit le premier courrier de la pile et le regarda fixement pendant un moment avant de le fourrer dans les mains de Pansy. Elle lui rendit le courrier en rigolant. Il lui donna de nouveau.
- Ok, poule mouillée, je vais l'ouvrir, dit Pansy en roulant des yeux, déchirant l'enveloppe sans ménagement.
Ce n'était pas une lettre mais un magazine. Un abonnement par courrier. Pansy eut un petit sourire narquois.
- C'est pour Harry Potter, ça ?
Elle semblait sur le point d'exploser de rire.
- Draco, tu es sûr que ce n'est pas pour toi ?
Elle retourna le magazine et l'image d'un homme à demi-nu apparut sous le titre d'un célèbre magasine moldu gay, que Draco reconnut tout de suite, l'ayant lui-même déjà parcouru attentivement plusieurs fois.
Draco laissa échapper un bruit aigu. La revue n'était pas aussi provocante que Sorciers et leurs Baguettes, mais le simple fait qu'elle appartenait à Harry Potter fit s'emballer son cœur et envoya du sang dans son aine plus rapidement que n'importe quel magazine pour adultes ne pourrait jamais le faire.
- J'ai besoin d'un verre.
- Draco, tu vis dans l'ancien appartement d'Harry Potter et tu reçois son courrier moldu. Est-ce que tu vas te contenter de regarder la pile de lettres d'un air stupide ou vas-tu faire quelque chose ? demanda Pansy, ponctuant ses derniers mots en le frappant à l'épaule avec le magazine.
- Faire quelque chose ? dit Draco d'un ton aigu, ses mains tâtonnant pour ouvrir une bouteille de vin. Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?
- Lui écrire une lettre. Lui renvoyer son magazine. Tu as sa boîte postale et il a demandé à ce que tu lui transfères son courrier.
- Une lettre ? Qu'est-ce que je pourrais bien lui dire ?
Draco ne prit pas la peine de se verser un verre, il but une large gorgée de vin directement à la bouteille.
Le petit sourire de Pansy revint orner ses lèvres.
- Que penses-tu de « Je vais te faire ce qui est montré en page 69 » ?
Draco s'étrangla avec sa gorgée.
- Tu ne m'aides pas, là, dit-il d'une voix étranglée entre deux postillons.
- Eh bien, c'est vrai, répliqua Pansy en haussant les épaules, lui enlevant la bouteille des mains. Houlà, calme-toi là-dessus.
- J'en ai besoin, gémit Draco en essayant de récupérer la bouteille.
- Qui est Bridget Jones maintenant ? le taquina Pansy, prenant elle-même une gorgée de vin à la bouteille.
- Je suis Bridget Jones, grogna Draco, se laissant tomber sur le canapé. Je suis Bridget Jones quand elle découvre que Mark Darcy a porté le pull à motifs de losanges uniquement parce que Una Alconbury lui a offert pour Noel.
- De quoi tu parles ? Tu as déjà l'air bourré.
- Bridget s'en foutait que Mark ne s'intéressait pas à elle pendant la réception « dinde au curry » parce qu'elle pensait qu'il était un vrai geek, mais quand elle a découvert qu'en réalité il était un avocat des droits de l'homme super sexy…
- Attends une seconde. Est-tu en train de dire que tu pensais qu'Harry Potter ne te retournait pas tes sentiments parce qu'il était hétéro ?
- C'est ça, dit faiblement Draco. Et c'était beaucoup plus facile de faire comme ça.
- C'est de la merde ce que tu dis. As-tu jamais pensé que c'était peut-être parce que tu te comportais comme un salaud avec lui à l'école ? Et que peut-être, vraiment peut-être, tu pouvais être en mesure de réparer toutes tes mauvaises actions si tu le voulais vraiment ? dit Pansy en lui jetant le magazine, comme si cela réglait leur conversation.
Draco cligna des yeux à son encontre plusieurs fois avant de partir à nouveau à la recherche du vin.
- Donne-moi à boire s'il te plaît, fut la seule chose qu'il put lui dire.
…
Draco ouvrit les yeux.
Une lumière blanche se déversait par les rideaux grands ouverts, inondant tellement l'appartement qu'on avait l'impression que l'air était solide à cause des particules de poussière en suspension.
Ce n'était pas le soleil qui l'avait réveillé, cependant, mais le martèlement de sa tête.
- Je ne boirai plus jamais, grogna-t-il en s'extirpant lentement du canapé.
Il entendit Pansy renifler dans la cuisine.
- Je le croirai quand je le verrai, Miss Jones.
- Vas te faire foutre, lui répliqua Draco en se mettant debout et en se frottant les yeux pour y voir plus clair.
Le salon était un vrai bordel. Des bouteilles de vins, des cartons et des livres couvraient presque entièrement le sol. La seule surface restante de libre était la table basse.
Des vagues de panique soulevèrent la poitrine de Draco.
- Pansy ?
- Ouais ?
Elle arriva de la cuisine en portant un verre d'eau.
- Où est le courrier d'Harry ?
- Tiens, dit Pansy en ignorant sa question et en lui tendant le verre d'eau. Bois ça.
- Où est le magazine, Pansy ?
La jeune fille soupira et posa le verre.
- Je l'ai renvoyé à Potter.
- Quoi ? explosa Draco.
- Je devais le faire parce que je savais que tu ne le ferais pas. C'est la parfaite occasion pour que tu établisses une connexion avec Potter. Obtenir une seconde chance avec lui, même.
- Une occasion que tu as ruinée en lui renvoyant son courrier qui était, de façon évidente, ouvert ! hurla Draco.
Le volume de sa voix lui fit grincer des dents et il s'effondra de nouveau sur le canapé, tenant sa tête endolorie.
- Pourquoi est-ce que je suis amie avec toi ? Pourquoi ?
- Parce que je te dis la vérité, répondit-elle, ramassant le verre d'eau et le pressant dans ses mains. Il fallait que je le fasse pour toi sinon tu aurais passé le reste de ta vie en outre à vin désespérée et sexuellement inactif, passant ses samedis soirs à la maison en lisant Jane Austen et en étant obsédé par Potter et ses magasines cochons.
- Je te déteste, dit Draco, avant d'accepter l'eau et de la boire aussi vite que le vin. Je te déteste autant que Harry Potter me déteste.
oOoOoOo
Harry passait une journée de merde. Il avait passé tout la matinée et le début de l'après-midi sur le terrain et maintenant il avait de la paperasse qui s'empilait jusqu'au plafond de son bureau. Sans oublier que son courrier moldu avait été ouvert par la personne qui le lui avait transféré.
Il n'avait pas d'intimité, pas de temps pour lui. Quand il avait récupéré son courrier après le boulot, sa fureur avait tenu Mrs Black calme pour toute la soirée.
- Tu tiens le coup ?
C'était Kingsley Shaklebolt, entrant pour vérifier si tout allait bien.
- Ça va, merci, répondit Harry de façon sarcastique.
Kingsley le regarda pensivement pendant un moment avant d'enlever une pile de dossiers de l'une des chaises pour s'asseoir.
- Harry, je vais te dire ce que je dis à tout nouvel Auror. Heureusement, tu vas être le premier à l'entendre.
Harry reposa sa plume, perplexe, regardant Kingsley dans l'expectative.
- Durant ton temps libre, pars aussi loin que possible de cet endroit. Va quelque part où tu peux être toi-même.
- Je voudrais bien, dit-il froidement. Mais Hermione et vous, vous m'en avez empêché.
- N'y a-t-il pas d'autres endroits ?
…
Ce soir-là, Harry se retrouva à Weasley, Farces et attrapes pour sorciers facétieux.
Rien n'avait changé. Les Boîtes à Flemme s'empilaient jusqu'au plafond et les étagères croulaient sous les produits habituels.
George était sur ce qu'il appelait « le fil du farceur » [1] depuis que Fred était mort, mais la boutique était plus populaire que jamais et le magasin continuait à faire de bonnes affaires. C'était vide maintenant cependant, comme le reste du Chemin de Traverse à cette heure de la soirée.
- Salut Harry, le héla Christina, l'assistante de George, de derrière le comptoir. Si tu veux aider, tu es un peu en retard. Nous sommes sur le point de fermer.
- Non, c'est bon, répondit Harry. Je suis venu parler à George.
- Il est à l'arrière. Je vais le chercher.
- Merci, dit Harry, en parcourant négligemment les étagères.
En arrivant devant les Feuxfous Fuseboum et les petits-fours Tourndelœil, ses lèvres dessinèrent un léger sourire tandis qu'il se souvenait de Fred et George en train de quitter l'école devant tout Poudlard y compris Dolorès Ombrage, et de s'éloigner en volant dans le soleil couchant.
- Que faut-il pour le jeune Auror prometteur ? dit une voix derrière lui. Un leurre explosif ? Un Chapeau-bouclier peut-être ?
Harry se retourna.
- Simplement une Crème Canari et deux Oreilles à rallonge, merci, dit-il à George, le sourire aux lèvres.
- Tu es sûr ? De ce que j'ai entendu, tu es en danger, en étant l'élite du Ministère, tout ça.
A ces mots, Harry se renfrogna.
- Finalement, donne-moi aussi un petit-four Tourndelœil comme ça je pourrai échapper au boulot demain.
- Je savais que tu n'avais pas besoin d'Oreilles à rallonge supplémentaires. Tu es juste venu ici pour t'enfuir de ton horrible travail.
- Un autre jour comme aujourd'hui et je pourrais agir comme un Weasley.
- Eh bien, on dit souvent qu'il vaut mieux sauter sur un balai et partir ailleurs. Tu devrais essayer un jour.
- Vous aviez de la chance, vous. Vous aviez le magasin de farces et attrapes. Vous aviez un endroit où allez après avoir quitté Poudlard. Où je peux aller après le Ministère ? Nulle part.
- Tu as ici. Tu peux démissionner et travailler ici avec moi.
- Si seulement c'était aussi simple.
- C'est simple au contraire. C'est l'enfer ton boulot, et je vais avoir besoin d'engager une autre personne quand Christina retournera à Poudlard le mois prochain. En plus, tu es presque chez toi ici. Tu as payé pour ça, je te rappelle, il n'y aurait pas de magasin sans toi.
- C'est toi qui fais tout le boulot.
- Je pourrais toujours avoir besoin de ton aide. Promets-moi au moins que tu y penseras.
- Ok.
oOoOoOo
- Draco ! Tout va bien ? Je suis venue dès que j'ai eu ton message !
Pansy surgissait toujours abruptement. Draco commençait sérieusement à regretter de lui avoir donné le double de la clé de l'appartement.
Il ne dit rien. Il montra seulement du doigt la lettre posée sur la table basse.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Harry a écrit une lettre au Nouveau Locataire. Comme quoi il était furieux qu'on ait ouvert son courrier.
Pansy la ramassa et commença à lire.
- Mon Dieu, qui aurait cru que Harry Potter avait un langage aussi fleuri ?
- C'est entièrement de ta faute. Je savais que…
Draco commençait à l'accuser, mais Pansy lui coupa la parole.
- Oh, tais-toi, Draco. Ce n'est pas atroce. Ce n'est pas comme s'il savait que c'était toi.
- C'est atroce, dit Draco d'un ton cassant, en lui arrachant la lettre des mains et en lisant la dernière phrase à haute voix. « Bien que j'apprécie que vous ayez transféré mon courrier, je vous remercie de ne plus violer mon intimité ». Il est énervé. Il me déteste. Il me déteste, Draco Malefoy, et il me déteste, le Nouveau Locataire.
Pansy ne faisait pas attention à lui. Elle était en train de récupérer une feuille sur le sol.
- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Draco alors qu'elle griffonnait des mots sur le papier.
Il lut par-dessus son épaule.
Cher M. Potter,
Je suis désolé d'avoir ouvert votre courrier.
Je sais que ça n'excuse pas ce que j'ai fait, mais j'étais en train de boire le soir où j'ai reçu votre courrier. Veuillez me pardonner.
Sincèrement désolé,
Le Nouveau Locataire
- En quoi ça va améliorer les choses ? demanda Draco d'air incrédule.
- Envoie-lui, c'est tout, lui ordonna Pansy en lui tendant le morceau de papier et une enveloppe. Appelle-moi quand tu auras une réponse.
- Ne compte pas sur moi pour t'appeler. Plus jamais, martela le jeune homme.
Deux jours plus tard, Draco appela Pansy à contrecœur.
- Je savais que les excuses allaient marcher ! s'écria Pansy au téléphone. Qu'est-ce qu'il dit ?
Draco lut la lettre à voix haute.
Cher Nouveau Locataire,
J'accepte vos excuses. J'ai du mal à garder mon sang-froid en général, et je sais qu'il ne faut pas écrire sous l'effet de la colère, mais le fait d'avoir vu que mon courrier privé avait été ouvert fut la dernière couche d'une journée horrible.
J'aurais pu vous suggérer de boire une grande tasse de café chaud pour faire passer votre gueule de bois. C'est la seule chose que j'arrive à avaler dans ces cas-là.
J'espère que vous allez bien
Harry
Pansy demanda ensuite à Draco de prendre une nouvelle feuille de papier alors qu'elle lui dictait la réponse à envoyer.
Ils finirent par raccrocher et Draco était sur le point de réécrire sa réponse au propre quand il eut soudain une idée.
…
Le lendemain, il s'approcha avec précaution du bureau d'Harry.
Harry lui tournait le dos, toute son attitude imposant la distance, l'éloignement. Il était en train de fixer du regard un dossier sur son bureau, la tête et les épaules pendantes.
Draco réfléchit. Il voulait trouver un moyen de parler à Harry, non pas parce que celui-ci lui plaisait, mais parce que le brun semblait à cet instant plus que malheureux. Il devait trouver quelque chose d'approprié à dire, qui lui permettrait d'entamer la conversation.
Une myriade de pensées traversèrent son esprit, même s'il savait bien qu'il n'avait pas vraiment l'expérience de se montrer agréable, surtout lorsqu'il s'agissait d'Harry Potter.
- Dure journée, Potter ? fut tout ce qu'il trouva à dire.
Harry ne bougea pas.
- Va te faire voir, Malfoy.
- Je fais simplement mon boulot, Potter, soupira Draco.
Le blond déposa encore plus de paperasses sur le bureau, et y ajouta une tasse de café.
Harry releva la tête au tintement que fit la tasse au contact du bureau.
- C'est une tasse de café.
- Tu fais toujours appel à ta capacité inutile à souligner l'évidence, à ce que je vois. Les vieilles habitudes ont la vie dure, je suppose, dit Draco d'une voix traînante, en se giflant mentalement.
Les vieilles habitudes avaient effectivement la vie dure. Il avait tellement insulté Harry à l'école, qu'il allait être difficile de s'arrêter, même s'il en avait la volonté.
De toute évidence, Harry aussi restait habitué aux insultes. Il ignora complètement la remarque de Draco.
- Pourquoi m'as-tu amené du café ?
Les prunelles de Draco rencontrèrent celles d'Harry. Il eut un sourire narquois, par habitude, une réplique cinglante sur le bout de la langue, et puis il se ravisa.
- Comme je te l'ai dit tout à l'heure, c'est mon boulot.
Au moins, il pouvait toujours mentir. C'était une habitude qu'il n'était pas près d'abandonner de sitôt.
- C'est ton boulot de m'apporter le café ?
- Pas seulement toi, Potter. Tous les Aurors ont besoin de rester éveillés quand ils font leur paperasse.
Et un autre mensonge parfaitement exécuté. Il n'allait certainement pas servir le café à tous les Aurors comme un vulgaire elfe de maison.
- C'est ton boulot ? répéta Harry.
- Oui, je viens juste de te dire que…
- Par l'Enfer, Malfoy, mais qu'est-ce que tu fous ici ?
Un Ron confus au visage rouge apparut dans l'encadrement de la porte.
- Ne me dis pas que je dois l'expliquer à tous les deux, dit Draco d'une voix traînante. Je serai ici tout l'après-midi.
- Laisse-moi deviner, tu as été arrêté, gronda Ron.
- Non, Weasley. Je travaille ici, siffla Draco avec un rire qui sonnait creux. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, je ferais mieux de retourner travailler.
Draco sortit du bureau, sous le regard mauvais de Harry et Ron.
- Il travaille ici, affirma Harry sans enthousiasme, sous le regard incrédule de Ron.
- Il n'est pas un…
- Non, c'est l'assistant de la secrétaire.
- C'est bien fait pour lui. Toutes les fois où il se moquait du travail de Papa… On devrait lui balancer ça à la figure.
- Il ne le mérite pas. En plus, j'ai beaucoup trop de paperasse à faire.
- Mais il est midi !
- Je sais, mais si je ne commence pas maintenant, je n'en verrai pas le bout, et j'ai pas envie de devoir rester tard encore une fois.
- Comme tu veux. Tu veux que je te ramène un café pour t'aider à surmonter tout ça ?
- Merci, mais Malfoy m'en a déjà apportée un, dit Harry en montrant la tasse de café qu'il n'avait pas encore touchée.
- C'est le boulot de Malfoy de te ramener du café ? s'écria Ron bouche bée, hésitant entre la surprise et le ravissement.
Harry hocha la tête.
- Oh, mec ! Nous devons vraiment lui balancer ça à la figure !
- Peut-être une autre fois.
- Ok, soupira Ron. Je te laisse à ton boulot.
- A plus, dit Harry en le regardant partir.
- Tu as bien vérifié que le café n'était pas empoisonné avant de le boire, hein ? ajouta Ron en passant sa tête par la porte.
- Salut Ron, dit Harry avec dédain.
- Ok, mon pote. À plus tard.
Harry vérifia que Ron était parti pour de bon avant de sortir deux lettres de la poche de sa robe. Il s'était arrêté à sa boîte postale sur le chemin du boulot ce matin et il avait trouvé une autre lettre du Nouveau Locataire qui l'attendait. La deuxième lettre était de George Weasley. Il avait envoyé un hibou à Harry plus tôt dans la journée. Harry était content d'être enfin seul pour les lire.
La lettre de George consistait juste en une petite note attachée à une boîte de Tourndelœils qui disait : Au cas où tu as envie de faire un break.
Harry rigola avant de la remettre dans sa poche.
L'autre disait :
Cher Harry,
Je me sens vraiment mal à l'idée que j'ai contribué à votre horrible journée. J'avais moi aussi eu une journée atroce ce jour-là, d'où le fait que j'avais trop bu.
Cependant je dois dire que votre magazine m'avait un peu égayé.
Je suis désolé si j'ai l'air trop rapide. Nous devrions peut-être nous présenter un peu plus convenablement.
Sincèrement,
Dans l'attente, le mystérieux Nouveau Locataire
Harry ne put s'empêcher de sourire. Il repoussa ses dossiers sur le côté et commença à rédiger une réponse.
oOoOoOo
La réponse d'Harry arriva presque aussi vite qu'un retour de courrier. Draco la trouva un après-midi en rentrant du boulot.
Voulant exercer son self-control, il laissa l'enveloppe blanche sur la table alors qu'il alluma la télé, se fit un sandwich et s'assit devant son assiette et un verre d'eau.
Il mangea la moitié de son pain de seigle au fromage avant de reposer le sandwich entamé sur l'assiette. C'est seulement à ce moment qu'il prit son couteau, le lécha pour le nettoyer et ouvrit la tranche de l'enveloppe avec.
Draco lut la lettre lentement, savourant chaque mot.
Ok, mon mystérieux correspondant, je m'appelle Harry et j'ai vingt ans.
Je travaille dans les forces de l'ordre, un boulot où je prends constamment des risques (selon mes amis du moins). Je ne voulais pas déménager de cet appartement, mais après avoir été harcelé et persuadé par mes amis, j'ai emménagé dans une maison plus sûre, si l'on peut dire. Ils me tueraient s'ils savaient que j'écris des lettres à un parfait inconnu.
Je déteste vivre dans cet endroit. J'ai l'impression d'être invisible, comme si personne ne pouvait me voir. Je n'ai jamais ressenti ça comme je vivais à Darcy Street. Le papier peint était plus sécurisant que les pierres qui m'entourent maintenant.
Qu'en est-il de vous ? Vous n'avez même pas dit votre nom.
Draco replia soigneusement la lettre et la posa à côté de l'assiette. Il mit ses paumes sur la table et attendit l'afflux d'émotions qui n'allait pas tarder à le submerger.
Les mots étaient bouleversants, peut-être parce qu'ils racontaient beaucoup plus que ce qui était écrit.
Ce n'était pas les mots qui le dérangeaient, c'était la lettre elle-même. Il n'avait jamais entendu auparavant de vision de la vie semblable à celle-ci. Il avait appris plus sur Harry Potter en dix phrases que depuis les dix ans qu'il le connaissait.
Il reprit la lettre et la relut une nouvelle fois, bien que les mots se soient déjà imprimés dans son esprit.
Draco éteignit la télé et se leva pour trouver du papier et un stylo, repoussant sa chaise qui racla bruyamment. Le téléphone sonna à cet instant.
Il écouta Pansy laisser un message sur le répondeur, ne voulant pas briser sa concentration en répondant au téléphone. Il voulait écrire une réponse à Harry de lui-même cette fois.
Le silence revint et il retourna s'asseoir à table pour commencer sa réponse.
Cher Harry,
Non, je n'ai pas mentionné mon nom et je préfère ne pas le faire, si ça ne vous dérange pas. C'est normal, après tout, vous connaissez mon adresse. Je pense que ça suffit pour l'instant.
De plus, je pense qu'un peu de mystère peut être excitant. Vous me pardonnerez, mais ma vie a plutôt tendance à être ennuyeuse.
Je travaille dans un bureau. Je ne suis rien d'important. Je trie des papiers et je fais le café. Je suis invisible aussi.
Bien que je ne dirais pas que mon emploi actuel est idéal, il me permet de vivre ici, dans cet appartement, et ça me suffit pour le moment.
J'aime vivre à Darcy Street car ça me donne de l'espoir. Ça me rapproche de quelqu'un dont je n'aurais jamais cru qu'il me regarderait de nouveau un jour. Mais je ne devrais pas parler de ça avec vous.
Dites-m'en plus sur les choses que vous aimez.
Sincèrement,
Pour l'instant tu peux m'appeler : un ami.
à suivre
[1] L'auteur a écrit « Joker's block », mais comme je ne savais pas comment le rendre en français, j'ai utilisé l'expression « être sur le fil du rasoir » en changeant « rasoir » par « farceur », mais si vous trouvez mieux, n'hésitez pas à me le dire !
A bientôt !
Kelewan
