Disclaimer: Pandora Hearts appartient à son auteur, Jun Mochizuki

Genre: Angst, Romance, UA, Amitié, Famille

Personnages de l'histoire: Glen!Oswald, Jack, Vincent, Gilbert (Futur Glen!Gilbert)

Paring: Oswald/Jack

Rating: Pour tous

Note: A la base, cette fic était juste découpée un OS de 5 tranches: les 5 cérémonies. Puis j'ai ajoutés des fillers. Et maintenant j'en suis a 17 pages alors que je n'ai pas fini. Donc je coupe. Chaque chapitre commencera par une cérémonie et aura ensuite des fillers, se terminant un an avant la cérémonie suivante.

Note 2: La fic est du point de vue de Gilbert. Il se pourrait que je fasse des "chapitres-ficlets" sur ce que pensent Vincent et Jack, ou Glen, qui seraient alors des "entractes" ou des transitions .

Note 3: C'est donc une UA où la tragédie n'a jamais eu lieu. Admettons que Miranda est morte et que Jack a retrouvé Lacie uniquement grâce à Arthur. Et que Oz n'a jamais pu lui transmettre le message de Lacie, tombant en poussière avant que Jack n'ait pu le toucher. Donc notre blondinet préféré s'est relevé, a surmonté cette perte et est resté aux côtés de Glen.


-13 ans-

OWL


Le goût du sang est toujours aussi horrible. Owl est plus silencieux que Raven. Gilbert sent à peine sa présence. Mais il sent un poids dans son âme, et un murmure à son oreille. Il à l'impression de sentir les serres qui se referment autour de son esprit, et que deux yeux le fixent intensément. Il prend la serviette qu'on lui tend, pour s'essuyer les mains, enlever le sang collant de la chaîne qui macule ses paumes.

Son coeur bat fortement. Un goût désagréable reste dans sa bouche. Il grimace et repoussa la voix de sa nouvelle chaîne dans son esprit. Quand son âme est à nouveau silencieuse, il relève la tête.

«Bravo Gilbert.» Maître Glen le regarde calmement, ses yeux violets plein de douceur «C'est très bien» Et dans sa voix, on sent à quel point l'homme est fier de son valet. Le jeune adolescent le fixe et sourit, ravi. Une vague de fierté l'envahit. L'homme hocha la tête et lui fait signe de se relever. L'enfant obéit, les jambes encore tremblantes après être resté à genoux si longtemps. Il entend vaguement les autres membres du clan qui applaudissent, qui chuchotent, qui le fixent. Mais tout ce qui l'intéresse est son frère. Le cherchant des yeux, il ne le voit nulle part.

«Où est Vincent?» demande-t-il, avec de la déception dans la voix «Il n'est pas là, il n'a pas assisté à la cérémonie.» Dire que la première fois, il avait été là. Même si il était sortit vite de la salle pour rejoindre Jack, il avait été là. Cette attitude le renvoi aux difficultés qu'il traverse avec son cadet, ce sentiment d'être injustement boudé par son petit frère. Alors qu'il n'avait rien fait de mal! «C'était un jour tellement important pour moi.»

Il ne peut s'empêcher d'être fâché.

D'en vouloir à Vincent.

Glen prend un air étrange, son regard devenant un peu plus sérieux «Probablement avec Jack, dehors.» Il n'ajoute rien, détournant les yeux avec un rien de gêne. «Il est souvent de mauvaise humeur ces temps-ci. N'y prête pas attention. Ce n'est pas sa faute.»

Gilbert se sent triste, déçu et un peu fâché. Pourquoi son frère n'est-t-il pas venu à sa fête? Ce n'est pas juste! Il n'a rien fait de mal et son cadet le boude à un moment important de son existence. Il devait vraiment être jaloux ou juste de mauvaise humeur, même si rien pour Gilbert n'était une excuse valable «Pourquoi est-il comme ça? Il agit comme si j'avais fait quelque chose de mal.

- Je t'expliquerais...Bientôt.» Réponse étrange mais l'homme n'ajoute rien.

L'enfant aux boucles sombres hoche la tête et parle avec les Baskervilles quand ceux-ci lui adressent la parole, écoutant son maître quand celui-ci fait une sorte de discours. Ce n'est qu'une ou deux heures après qu'il peut enfin sortir, l'homme sur les talons. Il court vers le coin de jardin préféré des deux blonds. La neige commence à tomber, et le froid à s'installer. L'hiver est bien là cette fois.

«Jack! Vincent!»

Les deux concernés, en pleine discussion, certainement à propos du livre se trouvant par terre entre eux, se tournent vers lui. L'enfant de 12 ans qu'est désormais son frère a un sourire fragile «Gil!» Il veut se jeter dans ses bras mais son aîné recule.

Il ne peut s'empêcher de lui en vouloir et demande, sèchement «Pourquoi tu n'es pas venu?

- Je n'avais pas envie de rester des heures dans cette salle alors que Jack était là! Et lui ne pouvait pas venir non?» Il rougit légèrement, détournant la tête avec un air boudeur. La remarque accuse presque maître Glen d'exclure Jack qui ne fait pourtant pas partit du clan. Mais plus que tout, l'excuse semble bancale. Leur ancien sauveur aurait parfaitement pu passer ces deux ou trois heures avec Alice ou sa jumelle.

«Tu aurais du être là! C'était important pour moi! Je suis toujours là quand quelque chose arrive pour toi, mais toi tu m'ignore pour ma seconde cérémonie!

- Gilbert! Voyons!» Rit Jack, tandis que Vincent prend un air contrait mais sans remords.

Glen les a rejoins et ébouriffe la tête brune de son petit valet avant de regarder avec douceur le plus jeune «Dis moi Vincent, aurais-tu envie d'avoir une chaîne toi aussi?»

Le petit blond lui jette un regard perçant et méfiant. Il se mordille la lèvre «Quel genre?

- Tu pourras me donner des idées, et on décidera ensemble. Cependant j'aurais le dernier mot, tu es trop jeune pour en avoir une trop dangereuse! »

Vincent regarda Jack, comme pour chercher son approbation. Celui-ci hoche la tête et l'enfant s'enthousiasme. «Ho oui!»

Le grand blond attrape la main du duc, le forçant à s'asseoir à côté de lui «Allez Glen, reposes-toi un peu. Tu dois être fatigué.

- C'est bon Jack. J'ai toujours trois chaînes.» Il parle à voix basse et aucun des enfants, qui se sont éloignés, ne peut l'entendre. Il laisse son ami garder sa main dans la sienne, dans un geste de douceur et de réconfort. «Ne t'en fais pas, je vais bien.»

Gilbert décide de pardonner à son frère. Après tout, celui-ci est juste jaloux. Il voulait une chaîne et de l'attention aussi, c'est tout. Il faut qu'il fasse plus attention à son cadet. Celui-ci semble se sentir seul facilement. «Tu seras là la prochaine fois hein?

- Humhum.»

Vincent n'a pas dit non, note Gilbert. Mais il n'a pas dit oui non plus, réalise-t-il avec un pincement au cœur. Il décide de ne plus y penser pour le moment car ce n'est pas le plus important après tout. Ça va passer. D'ici deux ou trois ans, Vincent aura changé et viendra, c'est certain.

Il a désormais deux chaines.

Glen n'a a plus que trois.

Et Gilbert ne comprend toujours pas.


-14 ans-

Destin


Cela était tombé comme un couperet.

Comme une violente gifle.

Gilbert ne s'y attendait pas du tout. Et son monde s'écroula comme un château de cartes, le plongeant dans une sensation de froideur terrible. Il déglutit, se mord la lèvre, et murmure, d'une petite voix brisée: «Pourquoi?

- Parce que c'est ta responsabilité.» Maître Glen le fixe intensément. Son regard est insondable «Tu dois réparer les irrégularités que tu as causé.»

Les mots font mal. Les mots sont durs. L'homme ne met aucune émotion dans ses paroles ou son regard, rien. Il n'est pas indifférent, il est neutre. Il fait juste son devoir. Il transmet son devoir et apprends à son valet ce qu'il devra faire. Ce qu'il lui-même fait.

«Ton frère trouble la paix de l'abysse. Il est né de ton influence néfaste, tu as provoqué son malheur. Tu dois corriger ton erreur...et l'envoyer dans l'abysse.»

Les mots vrillent son cœur et son âme. Il n'arrive pas à croire à ce qu'il entend, à ce qu'il perçoit.

Il a tellement mal. Il se sent trahi, trahi pat celui qui les a élevé depuis des années, son frère et lui. L'homme qui s'occupe d'eux depuis presque 6 ans.

«Pourquoi Maître? Vincent n'a rien fait de mal!» Des larmes piquent ses yeux, roulent sur ses joues et ses petits poings se serrent sous l'effet de la colère. «Ce n'est pas juste. On ne peut pas le punir pour être né!»

Glen ne bronche pas, ses yeux reflètent une certaine tristesse mais il ne bouge pas. Son regard dit qu'il comprend et compatit à la situation mais Gilbert n'a pas envie de le réaliser. «J'avais confiance en vous. Et vous, vous planifiez de...de..» Et il réalise. Son maître a été à sa place. Il avait un enfant aux yeux rouges à ses côtés, un frère ou une sœur ou peu importe qui...et il a du le faire lui aussi, il l'a fait. «Je refuse de le faire!» Il sent sa gorge qui se serre «Ce n'est pas parce que vous avez tué votre enfant maudit, que vous vous en fichiez de lui que...»

Son maître claque du plat de la main contre son bureau et l'adolescent ravale sa colère, tremblant, soudain effrayé par ce qu'il lit dans les yeux violet de l'homme. Un moment de silence passe. Puis son maître le fixe à nouveau, sans aucune rage, intensément. «Tu n'as pas le choix.» Ces mots reflètent une telle certitude que ça en est effrayant.

L'adolescent proteste, faiblement «Mais...»

La discussion continue un long moment, longue et douloureuse.

Gilbert s'enfuit avant la fin en pensant une seule chose «C'est à cause de moi qu'il est maudit.»

Il en veut à Vincent pour ne pas lui avoir dit (c'est pour ça qu'il avait tellement changé), il en veut à son maître pour lui avoir caché ça si longtemps, et il en veut à Jack qui devait aussi être au courant depuis longtemps. Tout le monde savait sauf lui. Il comprend l'attitude de Vincent des années avant, sa froideur avec le duc ou avec lui, sa méfiance, sa façon de se blottir contre Jack, comme cherchant une protection. Cette affection toujours présente aujourd'hui, cette distance avec lui ou avec son maître, cette attitude de ''je n'appartiens pas à ce clan et je ne veux pas en faire parti''. Ça lui fait d'autant plus mal que des souvenirs le harcèlent encore et encore.

Réfugié dans un coin du jardin -son endroit favori-, il reste prostré des heures, même quand la nuit tombe il refuse de revenir. Il n'a pas le choix et il le sait mais veut des paroles et des promesses, il veut que Glen lui dise que tout ira bien et qu'il aura le choix, le choix de sauver son frère ou de l'épargner. Que personne ne va la forcer.

Mais personne ne vient. L'homme qu'il espère voir ne vient pas. Alors c'est tout? Il l'a recueilli et élevé juste parce qu'il était son successeur, il s'occupe de Vincent depuis tout ce temps en planifiant de le jeter dans l'abysse de sa main à lui? Sans compter que son maître lui a aussi dit qu'il allait mourir dans les jours, les semaines, le mois qui suivrait l'ultime cérémonie. Donc c'est ça? Il va devoir tuer à la fois son maître et son frère et se retrouver tout seul? De qui se moque-t-on? Il ne le fera pas, hors de question.

«Gilbert!»

La voix de Jack. L'adolescent hésite puis se redresse, s'humectant les lèvres pour s'exclamer «Je suis là! Viens!»

L'homme arriva à sa hauteur. Et lui sourit, s'agenouillant sur l'herbe, sa longue tresse glissant de derrière son épaule:. «Et bien tu nous a causé du soucis à disparaître comme ça. Lottie était au bord de la crise de nerfs quand je l'ai croisé. Et Fang, quand je l'ai vu il y a une dizaine de minutes, était en train d'organiser une équipe de recherches à envoyer en ville. Tout le monde est inquiet.

- Ils s'en font pour moi ou pour le futur Glen au juste? Ce serait ennuyeux qu'il m'arrive quelque chose maintenant non? Leur maître n'aurait pas le temps d'en trouver un autre successeur» il serre les poings.

Jack cesse de sourire «Gilbert! Ne sois pas comme ça.

- Tu le savais!

- ...Oui. Mais j'ai promis à Glen de ne rien dire.» Il détourne les yeux, comme si quelque chose le tourmentait.

Le petit brun proteste, voulant se justifier:«Ce n'est pas parce que maître Glen a pu le faire que moi je vais le faire à Vincent!

- Il en a beaucoup souffert et a été rongé par le remord pendant des années, même aujourd'hui il pense toujours à elle.» chuchote-t-il dans un murmure à peine perceptible. Ses yeux se font lointain, comme s'il pensait à quelque chose hors d'atteinte. «Il ne se le pardonnera jamais. Il aimait sa sœur plus que tout.

Le petit brun lui jette un regard méfiant «Regrets ou pas, il l'a fait. Il l'aimait mais l'a fait quand même!

- Oui.

- Et il veut que je fasse pareil.

- Oui.» Jack détourne les yeux «Mais Vincent peut lui aussi choisir. Choisir de ne pas être abandonné. Choisir de fuir. Choisir de courir loin de toi pour ne pas être envoyé dans l'abysse ou choisir d'assumer son destin.»

Gilbert le fixe. Ouvre la bouche. Et se serre le bras gauche. Déjà conditionné par près de 6 ans de vie en ces lieux, il sait qu'il ne peut désobéir et que si Maître Glen lui en donne l'ordre, il n'aura pas le choix du tout. Même si il sera libre à l'instant où il prendra la tête du clan, aura-t-il le courage de se rebeller? «Pourquoi?

- Hum?

- Ce n'est pas juste.

- Non, ce n'est pas juste. Ni pour toi, ni pour Glen, ni pour Vincent. Mais dis-toi bien une chose: ton maître comprend. Et il ne te déteste pas, ou ne déteste pas ton frère non plus.»

Gilbert s'appuie contre l'homme, les yeux mi-clos «J'aimerais être né normal, comme ça Vincent le serait aussi.

- Tu as été choisi pour une raison.

- Pour quelle raison?» Et il sait qu'il n'aura pas de réponse, car c'est une question que se pose beaucoup de membres du clan ''pourquoi moi?'' «Et toi, tu n'es pas triste? Il va mourir! Il va pourrir de plus en plus et mourir et tu ne le reverra jamais, même avec le cycle de 100 ans. Tu n'es pas triste?

- Si...Mais je dois l'accepter. Même si ça fait mal. Pour Glen il n'y a déjà plus de retour en arrière possible. Je vais rester à ses côtés jusqu'au bout.» Une profonde tristesse laisse comme une ombre dans les yeux verts et Gilbert détourne la tête, honteux.

«Je vais aller voir Vincent.

- Bonne idée. Vous avez besoin de parler.»


- 15 ans-

Alyss


C'est un jour comme les autres. C'est ce qu'il a pensé jusqu'à la fin de la matinée. Juste avant qu'un hurlement empli de désespoir et d'angoisse ne se fasse entendre. Cela vient de la tour où vit Alice. Jack et Maître Glen, qui parlaient tranquillement sous un arbre avant d'entendre le cri, se lèvent d'un coup et se précipitent vers le bâtiment, suivi lentement par Vincent. Qui pourtant déteste Alice non? Gilbert suit le mouvement, à pas lents. Et regarde les deux adultes entrer dans la tour au pas de course. Il rejoins son frère qui a le regard dans le vague.

Et réalise qu'il le voit pour la première fois de la journée. «Où étais-tu?

- Je suis allé voir à quoi ressemblait l'abysse, parce que je n'ai jamais voulu y aller avant. Et j'ai vu que..» Il se mord la lèvre, hésitant «Il y a quelque chose là-bas. J'ai ressenti de la peur, de la douleur et de la solitude. J'ai préféré m'en aller parce que ça me faisait peur. Et mal.» Il entortille une mèche de cheveux. «Je sais ce qui se passe.

- Et qu'est-ce qui se passe?

- Tu as remarqué que Alice avait une jumelle? C'est pour ça que sa personnalité changeait quand elle portait du blanc ou du noir, des couleurs clairs ou des couleurs foncées. Parce qu'elles étaient deux en réalité»

Gilbert se mordille la lèvre, gêné car il avait été le dernier à s'en rendre compte et son frère le savait bien. C'était loin d'être un secret même si personne n'en parlait ouvertement «La jumelle c'est celle qui s'habille toujours en blanc?» Soudain il réalise les paroles de son frère «Attends, tu as dit ''avait''? Ce n'est plus le cas? Il est arrivée quelque chose à l'autre?

- Oui elle a disparu. Elle contenait le pouvoir de l'abysse. Le noyau qui contient tous les pouvoirs. Elle était la volonté de l'abysse. Son corps et son âme n'ont pas tenu le coup. Tout l'abysse est imprégnée d'une grande tristesse. C'est surtout ça qui m'a fait peur en fait. Cette douleur et ce chagrin, si forts...» Ces vagues de sentiments, de désespoir et de solitude, cette présence qui l'avait appelé. Il avait préféré fuir. Il refusait de faire comme celle qui l'avait précédé, Lacie, et devenir ami avec l'entité. Que tout redevienne comme avant, c'était préférable.

Gilbert regarda son frère avec surprise «Alors c'est ça? Alice vient de sentir son lien avec l'abysse se rompre?» Une vague de pitié le submerge. Elle a perdu sa sœur, la douleur qu'elle éprouve doit être terrible, inimaginable. Il regarde son cadet et un horrible sentiment lui compresse la poitrine.

Vincent réfléchit et répond, s'asseyant devant un buisson fleuri «En quelque sorte. Je suppose que Glen t'expliquera ça mieux que moi.» Il se frotte la tête «Enfin si tu lui laisse le temps de calmer Alice d'abord.»

Gilbert se tût. Parfois son frère semblait en savoir plus que lui sur pas mal de domaines. «Tu penses que ça ira pour elle?

- Ho? Tu te soucie d'elle maintenant?» Railla le plus jeune d'un ton tranquille.

Il rougit et marmonne « ...Je...Elle a perdu sa sœur, ça doit faire mal.

- Elle s'en remettra, ça prendre du temps mais elle y arriva, comme tu le fera après m'avoir envoyé dans l'abysse. Comme tu le feras quand notre maître disparaîtra. Quoiqu'il sera encore là pour toi en fait lui.

- Je ne...

- Tu le fera, comme ton maître l'a fait avant toi, comme son maître l'a fait, et ainsi de suite depuis des génération. Et tu élèvera ton successeur à faire de même. Et ainsi de suite..

- Il y a forcément une solution!? Une fin à cette tradition?»

Vincent le fixa avec pitié «S'il y en avait une, ton maître aurait probablement sauvé sa sœur mais il n'y en a pas.» Il se détourne, les pans noirs de sa veste claquant dans le vent. «Tu auras autre chose à faire que penser à moi. Comme gérer le clan, trouver le prochain Glen, et l'élever, avec son frère ou sa sœur d'enfant maudit. Et puis gérer l'abysse qui doit souffrir maintenant.»

Gilbert fronça les sourcils en entendant son frère parler de l'entité comme d'une personne. Ça lui rappelait des choses. Apparemment la sœur de son maître parlait de la même façon. «Si tu le dis.»

Alice met des jours, des semaines à se remettre, à accepter de sortir de la tour et à se promener dans les jardins. Elle semble tout le temps malheureuse et parle souvent de sa peluche perdue, Oz le lapin noir qui s'est désagrégé sans raison un jour, devant ses yeux. Ce jour-là, elle avait pleuré toutes les larmes de son corps, selon Jack. C'était son bien le plus précieux et cela avait aussi été la peluche préférée de Lacie, la sœur de son maître. Elle l'adorait et le perdre avait été très douloureux.

Et elle en a besoin maintenant.

Au moment où elle souffre le plus.

Maître Glen lui propose de lui trouver le même, ou de demander à Célia, la maîtresse de Humpty Dumpty, qui est habile de ses mains, d'en coudre un. Mais elle lui hurle que «Oz est unique! Je ne veux pas d'un stupide double! Je le veux lui! Retrouves-le! Rends-le moi!» en le martelant de ses poings. Jack a un mal fou à l'éloigner de l'homme brun. Et elle s'effondre en larmes sur son lit.

Elle n'a étrangement pas beaucoup vieilli depuis l'arrivée des deux frères. Alors qu'elle avait poussé d'un coup en sortant de l'abysse jusqu'à l'âge de 11 ou 12 ans, maintenant sa croissance semblait très lente, comme pour compenser. Elle a toujours l'attitude et l'apparence d'une jeune adolescente d'une douzaine d'années.

Vincent, après cette crise, disparaît pendant des heures, personne ne sachant où il est partit, même pas Jack. On le cherche un long moment avant que l'hypothèse de la fugue ne vienne. Gilbert sent terriblement inquiet. Son cadet a-t-il eu peur suite aux événements? A-t-il fuit quelque part.

Glen semble exaspéré, au delà des mots. Cette fois il va sévir, son valet le sait et Jack ne semble pas s'y opposer.

«Non j'en ai assez de son attitude! Cette fois il faut sévir Gilbert!» explique le blond, qui semble inquiet pour le disparu.

Quand Vincent revient, c'est par les couloirs et venant de la direction de la porte. Il est allé dans l'abysse. Et il brandit un lapin noir en peluche dans la main.

L'autre lapin.

L'autre peluche.

Celle que Lacie avait laissé dans l'abysse.

D'un geste presque solennel, il pose l'objet sur le lit d'Alice qui ouvre de grands yeux. «J'ai trouvé l'autre, celui de ta sœur. Ce n'est pas le tien, d'accord. Mais c'est quand même le Oz de ta sœur.»

C'est la fin de la guerre entre eux.

Par contre Alice se montra toujours aussi agressive envers lui et Gilbert se demande pourquoi.

Mais peut-être sait-elle, elle aussi.

Tout simplement.

«Tu vas tuer ton frère. Et mon oncle va mourir à cause de toi.»


A Suivre