Merci à tous ceux qui ont prit le temps de me laisser une review !
Disclaimer : Les personnages de cette fiction appartiennent à Stéphanie Meyer. La merditude des choses appartient à Félix Van Groeningen. Ceci est une fiction, elle ne correspond pas toujours à la réalité.
Chapitre 2 : You !
« Il n'est point de secrets que le temps ne révèle » J. Racine
POV Bella Swan
Les sens sont formidables. C'est grâce à eux que nous survivons ici-bas. Ils nous insufflent les réactions appropriées à avoir dans des circonstances données. Aussi primaires soit-ils, ce sont eux qui nous informent d'un danger ou même d'une sécurité trouvée. Les odeurs, les bruits, les goûts, les sensations tactiles et visuelles sont nos plus fidèles alliés. Ils s'assemblent et s'entremêlent pour former une sorte d'instinct qui peut être fort. C'est animal. Celui-ci se réveille généralement en cas de danger imminent, de forte angoisse ou de peur intense. Mon instinct animal s'était réveillé le jour du baiser, non pas que j'ai eu peur, non, c'était dû à la passion. Le voyeur aux yeux vert avait réveillé mes désirs les plus primaires en une fraction de seconde et s'était envolé aussi vite.
Trois longues semaines s'étaient écoulées depuis la soirée du bar et, non seulement, je ne m'étais pas remise de ce contact avec la luxure à l'état pure mais, en plus, j'étais horriblement frustrée. J'en voulais plus. Beaucoup plus. Nous ne sommes pas censé avoir une aussi bonne mémoire sensorielle pourtant je me souvenais parfaitement de chaque détail aussi futile soit-il. L'odeur de sa peau lisse et ferme, mélange de miel et de vanille outrageusement mêlée à un musc fort et masculin, le gout du sel sur sa langue, le vert de ses yeux qui inondait mon champ de vision et le son obsédant de sa voix si ridiculement sexy. Tout était gravé à l'acide dans ma mémoire. Je tournais et retournais la scène en boucle dans ma tête sans pouvoir m'arrêter, comme une musique entêtante, un air que l'on ne peut pas oublier.
Ce soir, comme beaucoup d'autre soir depuis celui-là, je m'étais rendue sur la piste de danse de « L'abattoir » dans l'espoir de sentir la brulure de ses yeux sur ma peau. Et ce soir, comme beaucoup d'autre soir depuis celui-là, je rentrais chez moi seule. Je déposais mes clés dans le vide poche de l'entrée et plongeais sous une douche bien chaude. Alice et Jake me prenais indéniablement pour une folle pourtant je continuais à m'accrocher à la seule prise dont je disposais, le bar. Bien sur, je me rendais compte que plus le temps passait plus mes chances de le revoir diminuaient. Jacob ne comprenais pas et Alice me disait de laisser tomber. Moi, je ne pensais qu'à cet homme. Pourquoi ne revenait-il pas au bar? Mais les questions qui me brulaient de l'intérieur étaient, sans conteste, celles concernant le seul murmure qu'il avait prononcé… Isabella… Ce souvenir déclencha, à lui seul, un frisson de plaisir dans mon dos. Qui était-il ? Comment me connaissait-il ? Par la danse ? Je voulais savoir à un point tel que cela me torturais du matin au soir. Je ne pensais plus qu'à ça. Je me séchais et enfilait un pyjama avant de m'écrouler sur mon lit, morte de fatigue ressassant une dernière fois mon beau souvenir.
Pourtant, depuis trois semaines, ma vie était des plus remplies. Au ballet, nous préparions Psyché ou la puissance de l'amour de Jean-Baptiste Lully. Un magnifique tragédie-ballet que le maître avait complètement modifiée pour l'adapter au goût du jour, disait-il. Le travail était éreintant mais j'adorais ça. Le maître était un passionné, un artiste dans l'âme qui savait comment retirer le meilleur de chacun de ses danseurs. La chorégraphie était difficile et représentais un vrai défit, j'avais le bonheur de danser la belle Psyché. Il y avait énormément de portés, mon point faible car en hauteur je manquais parfois d'équilibre. Tant mieux, cela me donnait l'occasion de m'améliorer. Je travaillais très fort. Cela plus mes sorties au bar, la danse ne me quittait plus. Ma vie était belle.
Alice était une fidèle alliée au ballet. Son amitié m'avait permis d'éviter les difficultés de l'intégration. Les autres danseurs étaient adorables mais c'est Alice qui avait gagné mon amitié en un temps record. Nous étions désormais presque inséparables. Elle s'occupait de me faire visiter les endroits phares de la ville et bien sur les nombreuses et incontournables boutiques. Son fiancé, Jasper, était adorable mais travaillais beaucoup. Alors nous étions souvent toute les deux. Heureusement qu'elle était là car Jacob n'avait que trop peu de temps à m'accorder. Bien sur, je lui avais rendu visite au bureau pour des déjeuners éclairs entre deux rendez-vous mais l'ambiance guindée et stressante qui régnait là avait plutôt tendance à me faire fuir. Alice pensait comme moi et ne rendait jamais visite à son frère au travail.
Quant à Vic, elle me posait toujours des problèmes. Elle s'était avérer être une vraie peste. Pire encore que Lauren Mallory qui avait pourtant remporté la palme de la parfaite pimbêche pendant mes années lycées. Vic ne me faisait pas peur, question danse elle n'était pas ma rivale et pour le reste j'en faisais mon affaire. Alice m'avait promis de me défendre de toute façon. Je m'endormais comme une masse, sourire aux lèvres en pensant à mon amie, un peu folle qui ne serais, visiblement pas contre un crêpage de chignon en bonne et due forme avec Vic.
La sonnerie stridente de mon réveil, me sorti du sommeil à 7h le lendemain. Je me levais enfilais un jeans foncé et un pull vert émeraude, ma nouvelle couleur préférée, et filais pour le Lincoln center en attrapant mon sac. J'avais prit l'habitude de m'arrêter à la station de métro pour prendre le journal et un café. J'attendais mon tour dans la file du Starbucks quand la couverture d'un magazine attira mon attention. C'était lui. Il était là, étaler en une dizaine d'exemplaire dans la vitrine de mon libraire attitré. J'entrais, en courant dans la boutique et me saisit du premier GQ à portée de main. Aucun doute, c'était bien lui, mon inconnu aux yeux verts faisait la une de la presse. Le titre disait « Edward Cullen, élu homme le plus influent d'Amérique». Edward Cullen. Le frère d'Alice, l'associé de Jacob, lui. Mon cœur battait à une vitesse folle partagé entre la joie d'avoir retrouver mon bel inconnu et le choc de la surprise tandis que mon cerveau faisait mille et un liens et rapprochement. C'est alors qu'une phrase me revient en mémoire.
- Vous avez été sublime, Bella, m'avait-il dit.
Les mêmes yeux verts envoutant. Edward Cullen. Je l'avais rencontré par le passé. A Seattle, je ne l'avais presque pas regardé, la gamine que j'étais alors était bien trop intimité par l'homme charismatique qu'il était déjà à l'époque. Mais je me souvenais très bien de sa phrase tant cette voix m'avait poursuivie, dans mes rêves les plus inavouables. Tandis que mon état de choc s'estompait je payais le magazine et sortais pour aller m'installer sur le banc en face de mon lieu de travail, où j'attendais Alice chaque matin.
Une fois installée, et alors que mes pensées se bousculaient dans ma tête, je regardais longuement la photographie sur la couverture. Il était très beau. Si j'avais eu peur que mes souvenirs l'enjolivent, je n'étais pas déçue. Ses yeux étaient peut être même plus intenses que dans ma mémoire. Il prenait la pose, décontracté, les mains emmêlées à l'avant plan. Il portait une chemise grise chinée simple. Il ne souriait pas mais regardait l'objectif, de face, d'un air déterminé. D'une main tremblante, j'ouvris le magasine et consultais la table des matières qui m'indiquait un article page 33. Je m'empressais de trouver la bonne page et plongeais dans ma lecture. Après une introduction et un résumé du classement que je survolais à peine, un court article était consacré à Edward dans une manchette.
« Edward Cullen élu l'homme de plus influent d'Amérique » Par Tanya Denali.
Cofondateur d'Apple, la société technologique d'envergure mondiale, Edward Cullen vient d'être élu l'homme le plus influent d'Amérique par un comité d'étude juridique et financière de l'état de New York. Le PDG de la marque à la pomme lancée il y a tout juste dix ans est non seulement un homme brillant et couronner de succès mais aussi un homme des plus sexy. Pour vous mesdames, GQ, par l'intermédiaire de notre journaliste de chic et de choc Tanya Denalli, a rencontré ce génie de l'informatique et de la finance qui se trouve également être l'un des plus beau parti de NY.
Interview.
Edward, Je peux vous appeler Edward n'est-ce pas ? [Il acquiesce] Apple à aujourd'hui dix ans et est une des marques les plus vendues au monde. Fier de cette réussite ?
« Dix ans déjà ! C'est incroyable comme le temps file ! Je suis effectivement ravi. Comment ne pas l'être ? Mon associé, Jacob Black et moi-même, nous ne sommes partis de rien pour lancer ce projet que tout le monde croyait fou. Pourtant… »
Pourtant, aujourd'hui, à seulement 32 ans, vous venez d'être élu homme le plus influent d'Amérique. Qu'est ce que cela vous fait ?
[Rire] « Je suis assez surpris à vrai dire… Je n'ai pas vraiment l'impression d'avoir un impact sur qui que ce soit ni sur le quotidien des gens.»
Détrompez-vous ! Je n'imagine même plus ma vie sans ipod ! Comment s'y prend-t-on pour devenir PDG d'une des entreprises les plus importantes au monde? Comment avez-vous réussit là où tant d'autres ont échoués ?
« Avec des beaux rêves, un ou deux cerveaux et surtout beaucoup de travail sans doute… J'ai mis tout mon cœur et ma sueur dans cette entreprise autant que mon associé. Nous avons eu la chance incroyable de trouver des investisseurs pour nous suivre. L'équipe était au départ composée de seulement quelques dizaines de personnes. Ca a bien évolué depuis et c'est sans doute ça ma plus grande fierté. La création d'emploies et de perspectives pour le secteur de la technologie de pointe ».
Nos lectrices l'auront compris vous êtes un vrai bourreau de travail mais venons en à ce qui nous intéresse vraiment… Et l'amour dans tout ça ? Votre cœur est-il à prendre ?
« Vous l'avez dit, je suis un vrai bourreau de travail et je plains sincèrement la femme qui viendrait à s'énamourer de moi, je suis tellement occuper que j'ai à peine le temps de m'occuper de moi-même».
Vous éludez donc ma question, monsieur Cullen ?
[Rire] « Exactement mademoiselle Denalli. Vous êtes charmante mais ça ne me fera pas dire des choses que je préfère garder pour moi. C'est aussi ça la clé de la réussite, ne pas se laisser distraire ».
Je rentre donc dans la course pour devenir la première madame Cullen, vous voila prévenu ! Merci beaucoup de nous avoir accordé quelques minutes de votre temps si précieux…
« La première hein ? Ca ne présage rien de bon ! [Rire] Merci à vous Tanya, ça a été un plaisir ».
Vous l'aurez compris c'est un homme charmant et des plus agréable, bien que des plus mystérieux qu'a rencontrer notre journaliste qui est revenue totalement charmée.
Je refermais le magazine d'un claquement sec. Je rêve ou il flirtait avec la journaliste ? J'avais l'impression que mon sang bouillait dans mes veines. Je relevais la tête, rouge de colère, juste à temps pour voir Alice s'installer à mes côtés. Je lui montrais le magazine sans prendre la peine de la saluer.
- Bonjour à toi aussi, rayon de soleil, me dit-elle.
- T'as vu ? Insistais-je en lui montrant la revue une nouvelle fois.
- Hey pas mal le frangin ! Je ne connais pas cette chemise… Ca doit être un styliste du magazine qui…
- C'est mon homme, annonçais-je toujours énervée.
- Nooon, c'est mon frère et il est un petit peu trop vieux pour toi Bella… T'imagine le scandale ? Rit-elle.
- Si, si. C'est mon homme. Celui du bar. C'est ton frère, Edward Cullen. Insistais-je, sous le choc.
Alice resta plusieurs minutes sans dire un mot. Puis repris enfin la parole.
- Tu en es certaine ? C'est bien lui ?
J'acquiesçais d'un signe de tête tandis qu'elle se murait à nouveau dans son mutisme. Nous fixions l'horizon, ou plutôt la fenêtre du building d'en face, pendant plusieurs minutes. Elle digérait l'info, moi aussi.
- Lis l'article, dis-je sans bouger d'un pouce.
Elle ouvrir le magazine et s'exécuta. Lorsqu'elle eu terminé, elle se tourna vers moi.
- Je rêve où ils se font du rentre dedans ?
J'acquiesçais, toujours aussi septique puis tout à coup un éclair de lucidité me traversa, lui, contrairement à moi, savais très bien qui j'étais. Il avait fait le lien sans doute avant même de m'avoir embrassée, c'est pour ça qu'il savait mon prénom. La colère revint de plus belle. Je me levais, me ressayais, me saisis du magazine pour finalement me relever et foncer tout droit sur la bouche de métro avec la ferme intention d'aller voir Edward Cullen et de le confronter à ses actes.
- On peut savoir où tu vas comme ça, Bella ? Me cria Alice qui s'était levée à son tour.
- Trouver ton frère ! Lui dire ses quatre vérités !
- Ne dis pas de bêtise, reviens ici tout de suite ! Dit-elle en m'arrachant le magazine des mains pour me frapper le bras avec avant de le ranger dans son sac.
Je me stoppais net. Je n'avais pas pour habitude d'agir sur un coup de colère pourtant il fallait que je règle ça et j'avoue que j'étais grisée par l'idée de le revoir.
- Detoute façon il faut qu'on y aille, on est déjà en retard. Le maître ne va pas apprécier, finit de me convaincre Alice.
Je rebroussais chemin à contre cœur, bras ballants et la suivit dans le bâtiment. J'étais toutefois bien déterminée à rencontrer une nouvelle fois Edward Cullen. Je tentais de me convaincre que ma colère était due à son non-dit mais le nom de Tanya Denalli résonnait dans ma tête comme le martèlement d'un tambour.
La journée avançait avec une lenteur incroyable. Le temps semblait avoir arrêté de s'écouler. Pourtant midi fini par arriver. J'entamais quelques étirements avant d'aller manger, Alice s'installais à coté de moi.
- C'est étrange, me dit-elle, je n'ai pas l'impression qu'Edward et toi ça puisse marcher. C'est comme cette histoire de lion éprit d'une étoile ou je ne sais pas trop quoi. Tu sais comme dans la chanson ? C'est juste impossible, je le sens comme un pressentiment.
Je souris à la prémonition d'Alice. Elle se plantait tout le temps, et à coup sur. Si elle vous prédisait une chose, vous pouviez être certain que ça n'arriverait jamais. Un soir, elle était persuadée que Jake serait en avance au bar et avait voulu qu'on se dépêche. Finalement, il avait eu un empêchement et n'avait pas pu nous rejoindre. Une autre fois, elle était certaine que son amoureux Jasper allait la quitter, il l'avait demandé en mariage à la place. Alice avait un sixième sens à l'envers.
- Je me demande pourquoi il ne m'en a pas parler… Continua-t-elle. C'est vrai, tu m'as dis qu'il connaissait ton prénom. Je ne comprends pas ce qu'il lui est passé par la tête.
- Tu l'as vu depuis ? Demandais-je.
- Non…
- Ben alors c'est peut être pour ça qu'il t'en a pas parlé, à tout hasard… Il faut que je le voie.
- Je crois que oui, commenta Alice, comment tu vas faire ? Prendre rendez-vous avec sa secrétaire ? Pouffa-t-elle.
- Où est son bureau ? Par rapport à celui de Jake ?
- Sur le même étage, pile à l'autre extrémité du couloir.
- Bon alors, je crois que je vais rendre une petite visite à Jake après l'entrainement de cette après midi.
C'est donc avec un plan en tête que nous allions manger. Je n'étais plus qu'une espèce d'amas de nerf. Impossible de me calmer. Les aliments passaient difficilement et c'est une boule d'angoisse coincée dans ma gorge que je rejoignais la salle de danse, toujours indissociable d'Alice.
- Bella, viens ici, m'interpella Suki alors que je finissais d'enfiler mes chaussons.
- Oui ?
- Cette après-midi, tu descends répéter avec le maître dans la grande salle…
- Ok… J'y vais de suite ?
Elle acquiesça. Je rassemblais mes affaires et prévint Alice du changement de programme.
- Ok, attend moi en bas quand t'as fini. Je viendrais avec toi voir Edward.
Cela me soulagea, ma fidèle alliée serait là en cas de problème. Je descendis les 50 étages me séparant du rez-de-chaussée, le cœur moins lourd, et rejoignais la grande salle. C'était somptueux. Un opéra dans toute sa splendeur avec ses sièges rouges et ses épais rideaux, les moulures or sur fond blanc donnait à la salle des allures royales. Un immense sourire se dessina sur mes lèvres tandis que je pensais que nous étions dans un building New yorkais et non à l'opéra de Paris.
Le maître était installé sur un siège au cinquième rang. Tandis que Benjamin, mon partenaire qui jouait Amour était sur scène m'attendant. Je déposais mes affaires aux pieds de l'estrade et rejoignis l'autre danseur.
- Veuillez me montrer « l'enlèvement par le vent», s'il-vous-plait Bella, demanda le maitre avant de taper des mains.
Je regardais benjamin qui s'écarta, cette danse était issue de la première partie et je devais la danser seule dans un premier temps. Les notes de musique envahirent l'espace tandis que je me mettais doucement en mouvement. La musique original de ce ballet avait été perdu au fils des siècles mais le maître et les musiciens du NYCB avaient reconstitués ce qu'elle aurait dû être, après une étude du style et la tradition orale acheminée jusqu'à nous par des générations de troubadours. C'était magnifique. Dans la version originale, c'était Molière qui avait fait la mise en scène. Aujourd'hui plus personne ne savais à quoi ça avait ressemblé mais je suis persuadée que c'était très beau. Je fermais les yeux tandis que j'enchainais les mouvements de la chorégraphie. Je me sentais bien, légère, plus détendue. J'avais l'impression de flotter sur la musique. Je maintenais les yeux fermés pour mieux me laisser emporter.
Après plusieurs minutes, un frisson étrangement familier me parcouru l'échine. Il était là, Edward. Je pouvais le sentir, c'était viscéral, son regard était sur moi. Je rouvris les yeux sans cesser de danser et cherchait dans l'espace autour d'où pouvait provenir la brulure mais rien. Mes mouvements devenaient de moins en moins précis. Finalement je cessais de danser pour pouvoir jeter un œil aux balcons qui était disposé sur tout le pourtour de la pièce. Rien sauf au quatrième étage de balcons où un des rideaux se mouvait sous le vent provoqué par un départ précipité. Je cru même distinguer un dos et une masse de cheveux cuivres. Il faillait que je le rattrape.
- Est-ce que tout va bien Bella ? Demanda le maître.
- Excusez-moi, je reviens… Répondis-je en quittant la scène et la salle.
Je courrais dans les couloirs pour rejoindre l'entrée principale. Je regardais à gauche et à droite une fois arrivée dans le hall mais rien. Pas de trace d'Edward. Je continuais de courir jusqu'à déboucher sur la petite place devant l'immeuble qui était inondée de soleil. Je plissais les yeux et scannais les alentours. Je le vis à l'autre bout de la place. Il monta dans son véhicule. Je criais :
- Edward !
Mais il ne m'entendit pas alors je me remis à courir et tout ce que j'eu le temps de voir fut une Volvo argent tourner à l'angle de la rue.
- Merde ! Lâchais-je en laissant retomber mes bras le long de mon corps.
C'est complètement dépitée et étourdie que je rejoignais la grande salle à allure modérée. A quoi jouait-il ? Qu'est ce qu'il était venu faire ici ? J'étais complètement perdue ne sachant plus sur quel pied danser.
Le maitre ne me tint pas rigueur pour ma fuite mais le reste de l'après midi fut un enfer à vivre. Je n'avais qu'une seule idée en tête : parler à Edward, le voir et dans l'idéal, le toucher. Je ne pouvais pas m'empêcher de me demander ce qui s'était passé dans la tête d'Edward. Pourquoi me fuyait-il ? Pourquoi m'avoir embrassée ? J'allais devenir dingue tant toutes ces interrogations tournaient et s'emmêlaient dans ma tête. C'était carrément insupportable. Je n'y comprenais rien. C'était quoi son problème à la fin ?
Puis je me souvenais de l'article et de cette saloperie de journaliste. J'avais envie de hurler. Et enfin 16h arriva et donc la fin de ma journée de répétition. Je remontais au vestiaire me doucher, de toute façon je devais attendre Alice, quand une rousse me coinça à la sortie de l'ascenseur mais je n'étais absolument d'humeur à supporter son comportement puéril alors j'attaquais.
- Oh je t'en prie, Vic ! Épargne-moi ton éternel refrain de compétitrice. Après moi, il faudrait que tu te débarrasse d'une bonne centaine de danseuses avant de pouvoir seulement espérer une place parmi les danseuses principales.
Je m'éloignais avant qu'elle ait le temps de répliquer quoi que ce soit et la laissait avec son air de merlan frit sur le visage. Je souris et rejoignais ma loge. Je pris une bonne douche et remis mes vêtements de ville. Je mis la danseuse en cristal de Renée dans ma poche, j'aurais bien besoin d'un porte bonheur pour ce que je m'apprêtais à faire. Ensuite, je rejoignis Alice dans le hall comme convenu.
- Quelle tête ! M'accueilli-t-elle.
- Il est venu, tout à l'heure, il me regardait danser depuis un des balcons… Lui expliquais-je.
- C'est vrai ? T'a pu lui parler ? Ca c'est mal passer ? Je le sentais ! Je la savais ! Débita-t-elle.
- Non il s'est enfuit avant que je n'en aie eu le temps, je ne sais même pas si il a vu que je l'avais vu…
- Le lâche ! Lâcha-t-elle, Bon, pour la réputation de ma famille, admettons qu'il ne t'a pas vu ! On va en avoir le cœur net dans pas longtemps… Allons-y !
Comme le bâtiment d'Apple n'était vraiment pas loin du Lincoln center, nous décidâmes de le faire à pied. Alice me donna quelques précieux conseils sur son frère sur le chemin. Lorsque nous arrivâmes devant le bâtiment elle me donnait ces dernières recommandations.
- Bon je te le redis : Edward est un colérique, ne le pousse pas dans ses retranchements, il est plus fort que toi au jeu de « qui sera le plus méchant ».Surtout si ses oreilles deviennent rouges, cours. Cours le plus vite que tu peux… Et ne regarde pas en arrière. Les oreilles rouges sont ton signal d'alarme.
Je souris et nous pénétrâmes dans le bâtiment. Je me présentais à l'accueil et la secrétaire qui y était m'informa que Jacob était en réunions mais que je pouvais monter pour l'attendre dans son bureau.
- Voilà, ma Bella, c'est ici que je t'abandonne. Je t'attends au Starbucks d'en face pendant une heure… Bonne chance.
Elle sorti le magazine de son sac, preuve irrévocable de la culpabilité d'Edward, et me le tendit.
- Tiens, ça pourra te servir… Au pire, tu pourras le taper avec !
- Merci ! J'y vais ? Fis-je hésitante.
Elle me donna une tape sur les fesses, petite blague entre nous pour imité les basketteurs. Je lui souris et me rendait au 63eme étages sans la moindre intention d'aller voir Jacob contrairement à ce que j'avais laissé croire à la gentille secrétaire d'accueil. Dans l'ascenseur, la tension était à son comble. J'avais les mains moites et je pouvais sentir les battements de mon cœur résonner derrière mes tympans, assourdissants. Plus l'ascenseur progressait dans sa montée vers les sommets de NY, plus j'étais fébrile. J'hésitais fortement à faire demi-tour quand le bip de l'ascenseur me fit réagir en m'annonçant mon arrivée. Je me ressaisis rapidement. Non, cette histoire était allée trop loin. Je devais mettre mon cœur à l'aise et savoir ce qu'il en était et pour ça j'étais obligée d'aller trouver Edward.
Je déboulais de l'ascenseur, forte de ma détermination nouvellement ranimée, et me retrouvait face à face avec la secrétaire de direction qui me reconnu tout de suite grâce aux déjeunés improvisés avec Jacob ici même. Je détestais cette fille, elle me parlait comme à une gamine alors qu'elle devait avoir environs 20 minutes de plus que moi. Et maintenant que j'y réfléchissais, j'étais sûre qu'elle devait faire du rentre dedans à Edward.
- Salut ma grande ! Commença-t-elle avec l'air de me prendre pour une débile sur le ton que l'on prend pour parler aux enfants, je suis désolée mais Jacob est en réunion, tu vas devoir patienter.
Je marmonnais vaguement que ce n'était pas lui que je venais voir en haussant les épaules. Cette rencontre, bien que prévisible, eu le don de m'énervée au plus haut point. Si bien que je ressassais de plus belle cette histoire d'identité cachée et de journaliste. Sans prendre la peine d'en avertir la secrétaire je me dirigeais d'un pas décidé vers le bureau qu'Alice m'avait indiqué comme étant celui d'Edward. C'était sans compter sur cette pimbêche qui tentait de me barrer la route. Je l'esquivais par la droite et la dépassait sans mal, plus agile qu'un furet et continuais sur ma lancée. Je courrais presque, la blonde sur mes talons.
- Tu ne peux pas déranger monsieur Cullen sans rendez-vous, voyons ! S'indigna-t-elle de sa voie nasillarde.
Je ne pris pas la peine de lui répondre et atteignit la porte sans avoir vraiment le temps de penser à ce que j'étais en train de faire. J'entrais comme une fusée dans le bureau d'Edward mon GQ en main, tel un rouleau à pâtisserie, dans la ferme intention d'obtenir une explication. Je regardais vers la droite où se situait un bureau. Vide. Personne. Un raclement de gorge attira mon attention sur la gauche où une vingtaine de paires d'yeux étaient braquées sur moi.
- Réunion du comité d'entreprise… Précisa la secrétaire qui se trouvait derrière moi.
Je sentis le rouge me montée aux joues et je dégluti bruyamment. A ce moment précis, ce que je voulais le plus au monde c'était devenir une petite souris pour pouvoir me faufiler dans un trou. D'où j'étais, je pouvais voir Jacob rigoler sous cape, Edward dans son fauteuil de ministre en bout de table et une partie des dirigeants d'Appel vêtu de costume ou de tailleur. Je fis les gros yeux à Jacob, ce qui sembla empirer son hilarité. Il se leva et se dirigea vers moi, croyant sans doute que c'est lui que je venais voir tandis que je restais toujours figée, une main sur la poignée de porte.
- Je comprends que tu sois en colère, dit-il s'approchant doucement de moi incapable de contrôler son rire, mais laisse-moi-t'expliquer…
Je l'arrêtais d'un geste de la main.
- C'est Edward que viens voir. L'informais-je en braquant mes yeux sur l'intéressé.
Jake ravala son sourire et prit un air surpris, se retournant en même temps que moi sur Edward. Celui-ci avait un regard insondable et j'étais bien incapable de dire quelle émotion prédominait sur son visage entre la surprise, la joie ou la crainte. Je le fixais alors qu'il se levait et avançait vers moi. Toute ma colère s'était envolée pour laisser place à la gêne et à l'angoisse.
- C'est quoi ce délire ? Demanda Jake perplexe et à voix base.
- C'est lui le mec du bar.
Dire qu'il était surpris serait une litote. Il me regardait les yeux ronds, la bouche ouverte quand ses paroles me revinrent en mémoire.
- Attend un peu… Qu'est ce que tu as fait toi ? Qu'est ce que tu dois m'expliquer ?
- Rien rien…
- On n'en a pas fini, toi et moi ! Menaçais-je en le pointant du doigt.
Edward arriva à ma hauteur et me prit par la main pour m'entrainer dehors. Lui savait très bien de quoi je voulais l'entretenir. Avant de sortir, il se retourna vers l'assemblée.
- Mesdames et messieurs je vous prie de m'excuser, je vais devoir abréger cette réunion. Un problème familial important. Remettons ça, à demain à la première heure. Dit-il, digne, sans se démonté.
Son ton solennel me fit presque sourire mais j'étais bien trop pétrifiée pour cela. Il semblait si sûr de lui. Sa main tenait toujours la mienne fermement et des vagues de chaleur en partaient pour inonder mon corps entier.
- Prenez mon bureau, nous dit Jacob qui avait retrouvé son sourire.
Edward traversa alors le couloir dans l'autre sens. Il en profita pour congédier la secrétaire qui nous suivait toujours, ayant encore l'air de vouloir m'arrêter.
- C'est bon, Jessica, vous pouvez retourner à votre poste. Merci, lui dit-il.
- De rien monsieur Cullen, minauda-t-elle.
- De rien monsieur Cullen, répétais-je en l'imitant très bien.
De manière très puérile je haussais les épaules dans sa direction en souriant, juste pour lui dire « tiens prend ça dans les dents ! ». Je me retenais de lui faire un doigt d'honneur. Edward le remarqua mais ne dit rien, m'entrainant toujours à sa suite. Il m'ouvrit la porte du bureau et attendit que je sois entrée pour refermer derrière moi.
Je savais désormais, et à mes dépend, que le bureau d'Edward comportais une table de réunion, celui de Jacob comportais un petit salon. Edward s'y installa, je l'imitais sur le canapé en face du sien. Une table nous séparait. Son regard intense ne me quittait plus. Je vérifiais la couleur de ses oreilles, me rappelant les conseils de sa sœur. Couleur normal, je pouvais attaquer. Je n'étais pas très sure de moi, intimidée et surtout complètement molle à causse de notre contact désormais rompu mais j'essayais tant bien que mal de donner le change. Je pris quelques secondes pour souffler et sortir la ballerine de ma mère de ma poche. Je la tenais fermement entre mes mains comme un talisman. Edward m'observais sans rien dire. Il paraissait angoissé, peut-être même effrayé. Je fis claquer le GQ sur la petite table en verre pour qu'il voie la couverture. Il hocha la tête, comprenant le comment de ma présence.
-Alors c'était toi…
- C'était moi, répondit-il simplement d'un ton calme après avoir dégluti.
Pour le prochain chapitre, le rated M sera justifié : lemon ou bagarre ? A votre avis ?
Dans tous les cas, merci d'être venu et merci d'être resté ! J'attends vos reviews avec impatience et j'y répondrais avec plaisir!
