Quand je suis arrivée dans le taudis qui allait me servir d'habitation pour les années à venir, je l'ai tout de suite détesté. Quelle perte de temps ! Pourquoi une beauté aussi parfaite que moi devrait elle moisir dans cette maison coupée du monde ? Je suis belle, je suis parfaite, je suis faite pour être regardée, non d'un tournevis ! Et encore, si ce n'était que ça ! Ma torture venait à peine de commencer !

A ma première nuit dans mon nouveau « foyer » (pour un peu je serais nostalgique du précédant…) ma mécanicienne (attention, pas de confusion, je ne lui appartient absolument pas ! Je suis libre !) s'est immédiatement dirigé vers sa chambre. Me faire visiter eut été un trop grand effort pour cette gamine prétentieuse !

Comment ça l'hôpital ? Comment ça la charité ? Je vous prierais de ne pas m'interrompre ! Insolents ! Le jour où vous aurez passé avec succès les tests de qualité des dix fournisseurs les plus prisés ET qualifiés de Centrale, vous pourrez vous permettre de me juger !

Revenons en au plus important : Moi.

Ce soir là, Winry, puisque c'est son nom et que je me refuse de l'appeler servilement maîtresse (je vous jure j'ai déjà entendu un de mes collègues marteau désigner la jeune fille comme cela !), m'a conduit jusqu'à sa chambre. Elle m'a regardé en soupirant quelque chose qui ressemblait à « Ed ». C'est quoi ça Ed ? Sa façon de me souhaiter bonne nuit ? Finalement, il semblerait qu'elle m'ait rebaptisé ainsi. Plusieurs fois dans les jours qui suivirent, elle me prit entre ses mains, délicatement, (contrairement à d'habitude) en prononçant ce mot. J'ai été forcé d'admettre que c'était mon nouveau nom. Quelle idée ! Me renommer ! Moi ! J'ai déjà un nom premièrement ! Je m'appelle moi.

C'est simple, moi, c'est moi. Encore, si elle m'avait appelé Belzébuth, Junon, Héphaïstos ou encore Artemis, Elisabeth, ça c'est un prénom qui ressemble à quelque chose, qui a du caractère ! Non mais vraiment Ed ! C'est quoi ce truc ?! Pitoyable ! Ridicule ! Moche ! Insignifiant ! Tellement ……. humain. Ça me dégoûte. Est-ce que moi j'aurais l'idée de la rebaptiser la gamine ? Je pourrais très bien l'appeler tambour. Ça lui irait bien. Mais est ce que je le fais ? Non ! Très bien ! Alors qu'elle arrête de vouloir me donner un nom. Comme si ça allait changer quelque chose.

Mais la jeune humaine ne s'en est pas arrêtée là ! Elle m'a serré contre elle et s'est endormi en me tenant toujours dans les bras. Je suis belle, ça oui. Je suis intelligente. Je suis solide. Je suis pratique.

Mais je ne suis pas une peluche !

A mon grand soulagement, elle n'en fit pas une habitude. Dès le lendemain je faisais connaissance avec ma nouvelle résidence : l'atelier. Enfin, c'est un bien grand mot pour ce fouillis infâme qui s'étale dans tout le garage ! Des câbles, des fils, des robots dépecés ! Mon dieu, un vrai cimetière ! Puis nous avons traversé ce dépotoir pour atteindre la pièce réservée aux artistes. Malheureusement je dois dire que je devais partager ma loge avec d'autres outils. Par contre, je restais admirative devant la propreté de l'endroit. Autant le garage était un capharnaüm indescriptible, autant la boite à outils était tenu avec une rigueur presque militaire ! Chaque chose à sa place, chaque tournevis, chaque marteau, chaque pince à dénuder, chaque tenaille soigneusement alignée. Tous ces outils semblaient me faire un rang d'honneur. En bonne princesse du lieu je m'émouvais de la ferveur de mes courtisans et du temps qu'ils avaient du passer pour préparer mon arriver. En tant que reine incontestée de la mécanique, ce n'était que trop d'honneur pour eux, que de me voir séjourner dans leur modeste atelier.

J'ai vite déchanté… Les outils de seconde catégories se sont retrouvés être vulgaires et irrespectueux de leur supérieur hiérarchique (moi). Aucun ne semblait remarquer que ma classe me réservait normalement à des milieux beaucoup plus distingués. Le seul outil, de qualité suffisamment acceptable pour pouvoir conversé avec moi fut un marteau. Sauf que celui-ci avait plus de caractère qu'un paratonnerre !

La petite blonde n'a eu de cesse d'avoir recourt à mes capacités. Je sais que je suis indispensable, mais tout de même. N'a-t-elle jamais entendu le mot pause ? Apparemment non. Mes allures princières ont été rectifiées à coup de cambouis, ma prestance diminuée par mon manque de repos. Quant à ma dignité n'en parlons pas ! Ce misérable petit insignifiant marteau n'avait de cesse de me rabaisser en se moquant de mes airs supérieurs !

Ce n'est pas de ma faute. Je vaux beaucoup mieux que tous mes colocataires de boite à outils. Je ne vais pas me rabaisser pour leur faire plaisir ! Lui comme moi, (enfin, j'entend par là qu'il vaut mieux que cet atelier miséreux, mais il est loin de la perfection…) n'a rien à voir avec eux. Pourtant il s'entretient régulièrement avec le tournevis numéro 5B Et se comporte de manière de plus agréable avec tous les écrous qu'il croise, même les plus insupportables, alors pourquoi m'ignore t il ? Non, je ne suis absolument pas jalouse ! De quoi ? De l'attention cet outil insignifiant ? Jamais !

Ainsi se passent mes journées, entre cambouis et heures passés à ignorer mes camarades en essayant de conserver une allure digne malgré les taches d'huile qui entachent parfois ma robe parfaite de métal.

Aujourd'hui est un jour spécial. Winry est nerveuse. Je le sens. Elle a fait dix huit fois le tour de l'atelier, et c'est la onzième fois qu'elle resserre le même boulon. Je sais qu'elle est perfectionniste, mais à ce point ! C'est de l'acharnement à ce niveau. De plus elle ne me lâche pas d'une semelle. Elle me trimballe partout ! J'ai même eu le droit de l'accompagner dans la salle de bain !

Depuis hier elle enfile café sur café, pour une fille qui ne boit jamais rien de plus fort que de l'eau… Je m'attends à la voir se transformer en pile électrique d'un instant à l'autre !

Tout cela ne peut signifier qu'une seule chose : IL va venir.

Qui est IL ? À vrai dire je ne sais pas trop. Il était présent quand Winry a choisi de faire de moi sa partenaire… Enfin je crois… En tout cas, une chose est sure Winry le déteste. Il ne vient pas très souvent. Et j'en suis bien contente ! Tout d'abord, il porte deux autos mails. D'assez belles pièces d'ailleurs. Sans vouloir me vanter je les considère comme mes chefs d'œuvres, enfin un travail à la hauteur de mon talent ! Sauf que cet énergumène trouve à chaque fois le moyen de les réduire en miettes ! Les circuits sont fondus, l'armature arrachée, il a même réussi à laisser une morsure dans l'acier ! Cet humain est vraiment… peu fréquentable. Je comprends l'anxiété de Winry quand elle sait qu'il va arriver ! Elle a peur de voir l'état de notre travail. J'ai dit notre ? Je voulais dire mon… Mon travail. Elle ne serait rien sans moi la petite. Je suis sure qu'au fond elle m'admire.

Et là comme d'habitude, elle angoisse. Dans quel état vont-ils revenir ? Nos précieux auto mails. Quand IL sera là, comme d'habitude, elle hurlera, pauvre de moi qui aie des oreilles si sensibles ! Enfin, il l'a bien mérité ! D'ailleurs la petite est assez douée pour le remettre à sa place ! Dès qu'elle le voit, d'un superbe mouvement du bras, elle m'envoie directement sur son crâne. C'est magnifique, pendant un instant j'ai l'impression de voler. Et puis, la tête de cet inconscient est simplement sublime ! J'adore le petit Aïe misérable qu'il pousse quand j'atterrit sur le sommet de sa tête ! Je ne suis pas si lourde tout de même !

En tout cas, il est vraiment traumatisé, même son auto mail intact (chose très rare) ou réparé (plus fréquent… Mais jamais longtemps) il tremble encore à côté d'elle ! Et il bafouille ! C'est on ne peut plus amusant. Une chance que les outils soient dépourvus de tout sentiment… Vous m'imaginez ? Moi ? Terrorisée ? Rougissante et bafouillante ? Plutôt mourir !

Moi, je ne suis pas tellement inquiète. Tout se passera comme d'habitude. Il arrivera le bras en miette. Elle hurlera. Elle le réparera. Il s'en ira. Elle le pleurera (Pourquoi ? à cause de la séparation avec nos chefs d'œuvres, voyons ! Vous suivez un peu ?)

Je vais peut être vous paraître étrange, mais je trouve honnêtement que Winry en fait quand même un peu beaucoup pour deux auto mails.


Voila… C'est pas vraiment ce que j'avais prévu au départ… Beaucoup m'ont demandé de publier la suite de ces mémoires, n'allez pas croire que j'avais oublié cette fiction, ça non ! Je crois bien que je me suis prise d'affection pour cette petite euh pardon cette formidable clé à molette. Mais je n'arrivais pas à écrire une suite qui me convenait. J'ai réécrit ce chapitre cinq fois et ce chapitre ne ressemble en rien à ce que j'avais prévu ni à aucun des quatre autres fichiers qui dorment encore sur ma clé USB renommés clé raté 1 2 3 et 4.

J'ai passé tellement de temps sur ce chapitre que je suis incapable de le juger… Est il aussi bien que le précédant ? Mieux ? Décevant ? S'il vous plait ne me laissez pas dans l'ignorance.

Surtout que je compte bien publier un troisième épisode aux aventures de notre petite clé. Si elle n'est pas trop réticente, je compte la faire devenir gentille (c'est pas gagné) ou au moins tenter de lui donner un aperçu de l'amour.

L'histoire entre Ed et Winry n'avance pas trop dans ce chapitre, mais je préfère me donner du temps pour y réfléchir et normalement dans le prochain chapitre on aura le droit à la visite d'Edward… Et aux réactions de Winry décrites et commentées par notre clé à molette misanthrope préférée !

Merci d'avoir lu… Et bravo si vous avez lu l'intégralité de mon blabla d'auteur.

Merci à tous ceux qui m'ont laissé leurs avis et dont les reviews m'ont fait très plaisir.

Un petit coucou à Whyle par la même occasion qui par ses reviews me redonnait du courage pour à chaque fois recommencer une nouvelle version !

A bientôt !