Chapitre 2

« Cornedrue, tu es un abruti.

Tu l'a toujours été, tu le seras toujours. Nous avons tout essayé. J'ai tenté en vain de t'apprendre un peu de classe, Queudver a essayé de t'encourager et t'indiquer la voie de l'humilité et Lunard a cherché à t'élever au-dessus d'un sens de l'humour digne d'un gamin de sept ans.

Cinq ans de nos vies sacrifiées à chercher comment mettre un terme à tes inepties et tes blagues stupides. Cinq ans de gâchés. Un échec complet.

C'est donc fini. Terminé. Rien de bon ne pourra sortir de toi. J'annonce officiellement l'abandon de cette mission. J'en informerai Dumbledore afin qu'il te renvoie chez toi.

Tout comme toi, nous nous posons cette question : comment en es-tu arrivé là ? Est-ce que ta mère t'a bercé trop près du mur quand tu étais petit ? Avons nous fait quelque chose de mal ? Est-ce une malédiction qui pèse sur les nains à lunettes ?

Même sans ton nom je t'ai reconnu à cet humour plus mauvais que les devoirs de potions de Lunard !

Qu'importe, c'est terminé. Je n'arrive pas à croire que tu ais pu penser qu'une telle blague... Non ce n'est pas le bon mot, une telle absurdité ait sa place ici. Même Peeves a un humour plus fin que toi.

Ça ne m'étonne pas que McGonagall n'ait pas gobé ton histoire de Noueux échappés de chez Brûlopot mercredi dernier. Tu aurais pu te contenter de dire que Servillus t'avait lancé un mauvais sort en premier, un informulé, fourbe qu'il est, et je t'aurai approuvé. Tout le monde sait qu'il maîtrise certains maléfices sans prononcer le moindre son, non pas que je me plaigne de ne pas entendre sa voix mais il faut avouer qu'on ne pourra jamais être trop sur nos garde en présence d'un tel déchet.

Sauf que Monsieur voulait faire davantage. Essayer d'être créatif, même. Et bien sache que ça ne te convient pas la créativité. Résultats : on se retrouve tous les deux coincés en colle le soir d'Halloween. (Non, je n'allais pas louper une occasion de te le répéter une 53ème fois, même séparé par un mur.)

Tu parles d'une date pour une retenue. La soirée la plus géniale de l'année, la nuit où on aurait pu terrifier les premières années de Poufsouffles, jouer des tours aux Serpentard, faire crier les filles et tout ça sans se faire punir... Gâchée. Au lieu de ça on va s'ennuyer ferme. Adieu le festin, adieu le spectacle, adieu les friandises. Les bonbons, Cornedrue ! Tes parents sont merveilleux, je suis le premier à le dire, mais avec leur âge et leurs préoccupations qui vont avec en matière d'alimentation -ce que je comprends tout à fait, certes- on ne peut pas dire que j'ai pu avoir ma dose de cochonneries cet été. Et tu dois admettre qu'on ne peut pas faire confiance à Lunard ou Queudver pour nous en garder. J'en avais besoin de ce festin ! Tu sais à quel point je suis misérable quand je ne mange pas assez de sucre. Comme un vampire privé de sang. Je sens déjà ma vision devenir trouble et mes forces m'abandonner.

Pas même un petit verre de punch pour me consoler en cette triste soirée.

Cependant, il restait un espoir. J'aurai pu subir cette punition avec dignité en me remémorant que Servillus est également puni, tout seul, dans un coin du château, mais à cause de tes histoires à dormir debout il a réussi à convaincre McGonagall de nous séparer. Tout ça parce qu'il ne voulait pas être le seul à se retrouver s... » des ratures courtes«... Isolé.

La prochaine fois, laisse-moi m'occuper du plan, d'accord ? Ça nous évitera de passer un autre Halloween séparés.

Il n'empêche que ce petit trou dans le mur est bien pratique. Est-ce que tu m'entends siffler ? J'évite de parler (trop fort en tout cas) au cas où Rusard m'entendrait. Je suis certain qu'il fait des rondes entres nos portes respectives. Répond vite !

Et abandonne tout espoir d'humour, ou alors limite-toi aux classiques.

Ton meilleur ami, qui te veut du bien mais est très fatigué.»

Note d'auteur : vous les sentez bien les clins d'oeil sur leur futur tragique ?