Entre Lune et Etoile

Donc l'univers et les noms ne m'appartiennent pas...

et ce que j'en fais vous appartient un peu si vous aimez !

Cette version de mai 2009 est dédicacée à Dina et Thalys. Elle est sensiblement différente de la version originale.

2 - L'enfant qui a survécu.

Réveillé dans son petit lit, qui occupait presque la totalité de l'espace du placard sous l'escalier, Harry décida qu'il n'aimait pas vraiment Halloween.

D'abord, tante Pétunia refusait mordicus que Dudley ou lui se déguisent pour l'occasion autrement qu'en citrouille. Harry n'avait rien de particulier contre le gros légume orange mais il devait donner raison à son cousin : ça n'arrivait pas à la cheville d'un costume de fantôme, de vampire, de diable ou de sorcier. Pourtant tante Pétunia avait, à sa grande surprise et pour le désespoir de Dudley, tenu bon au supermarché devant l'envie impérative de son cousin d'un déguisement de grand sorcier Deluxe avec baguette et chapeau pointu. Rarement, Harry l'avait vue résister avec autant de constance et de fermeté à un désir de Dudley, même quand ce dernier avait roulé sur le sol du magasin et avait mordu sa mère. Chose encore plus extraordinaire, quand son cousin était revenu à la charge le soir auprès de son père, oncle Vernon n'avait pas seulement soutenu sa femme, mais il avait piqué une véritable colère :

« Ce sont des bêtises, tu entends, Dudley », avait-il éructé, le teint rouge sanguin. « La magie n'existe pas ! Pas de fantômes, de sorcier ou d'autres inventions de la sorte ! Rien ! Ce sont juste des choses imaginées ! Ce n'est pas intéressant ! C'est stupide ! Je ne veux plus jamais même que tu m'en parles ! »

Comme Dudley hésitait encore à réellement piquer un caprice, sentant bien qu'il avait devant lui une situation inédite, oncle Vernon avait essayé un ton plus conciliant :

« Pourquoi tu réclames une chose pareille, Duddy ? Ton costume de cow-boy est bien plus joli avec sa carabine qui tire de vrais plombs ! Tu ne préférerais pas plutôt un costume de cosmonaute ? Ça c'est un vrai métier d'homme ! Ça existe ! »

Puis d'un coup, oncle Vernon s'était tourné vers Harry avec cette accusation terrifiante : « Ça ne serait pas lui qui t'aurait mis de telles idées en tête ?! »

L'enfant, instinctivement, avait reculé sur sa chaise, se demandant ce qu'il pourrait dire ou faire pour écarter de lui un tel orage menaçant.

« Tous les garçons sont en sorciers ! », avait alors, heureusement, choisi de hurler son cousin, attirant toute l'attention de ses parents. « Que moi et Harry en... légume ! »

Tante Pétunia avait bien essayé de le consoler en lui disant qu'il était la plus belle citrouille qu'elle ait jamais vue mais Dudley ne s'était pas laissé acheter à si bon compte. La scène avait suffisamment duré pour que oncle Vernon décide que, dans ces conditions, personne de la maisonnée ne se joindrait au cortège du quartier pour cette fête « bizarre, qui célébrait des choses qui n'existaient pas ».

Du haut de cinq ans, Harry savait déjà que, pour oncle Vernon, « bizarre » était une condamnation définitive. N'était-il pas lui-même régulièrement soupçonné de « bizarrerie » par son oncle ? C'était même à cause de cela qu'il dormait dans le placard, qu'il devait aider sa tante dans ses travaux quand Dudley regardait la télé. « Pour tuer cette bizarrerie dans l'œuf », répétait oncle Vernon. D'ailleurs si Dudley protestait encore, c'était pour la forme, il n'y croyait plus vraiment lui non plus. Peut-être même regrettait-il maintenant de s'être privé de la fête. Harry, habitué à observé plutôt qu'à réclamer, était plus intrigué parce que son oncle avait voulu dire quand il avait affirmé à sa tante, juste après :

« De toute façon, cette soi-disant fête n'a jamais amené à notre famille que des ennuis, Pétunia, non ! ? »

Sa tante avait d'abord acquiescé aux propos de son mari. Puis son visage avait pris un air étrange, presque triste, et elle avait regardé Harry un instant comme si elle ne l'avait jamais vu auparavant. Mais tous ces airs inhabituels avaient disparu d'un coup et elle l'avait envoyé chercher le dessert dans la cuisine en lui recommandant de ne pas le renverser – comme tous les soirs.

Et la décision d'oncle Vernon avait prévalu malgré les bouderies et les chantages de son cousin. La fête de la veille avait été réduite aux bonbons que tante Pétunia avait achetés à Dudley et son ami Piers qui avaient reçu les petits voisins qui avaient osé venir sonner – c'est-à-dire à quasiment rien pour Harry. Sans compter que quand Dudley et Piers s'étaient désintéressés de leurs bonbons, ils n'avaient rien trouvé mieux que de jouer à leur jeu préféré : faire tourner Harry en bourrique.

Vraiment, Halloween n'avait pas plus d'intérêt que Noël ! Harry décida qu'il n'y accorderait plus d'importance. Les cadeaux, les bonbons, les déguisements brillants... Tout ça était pour d'autres que lui, pour des « pas bizarres », ces enfants qui avaient des parents, des vêtements à leur taille et qui acceptaient d'ailleurs rarement de jouer avec lui. Lui, il était le "bizarre", le neveu « pauvre », la bonne action des Dursley, « le gamin qu'ils auraient mieux fait de laisser à un orphelinat », comme le soulignait tante Marge à chacune de ses visites. Pauvre, sans argent... ça revenait souvent dans le discours de tante Pétunia pour lui refuser tout ce qu'elle achetait à Dudley. Deux araignées qui courraient au-dessus de sa tête, s'arrêtèrent comme pour lui dire bonjour:

« Vous au moins vous ne coûtez rien », leur murmura-t-il, avant de se demander avec inquiétude si oncle Vernon ne trouverait pas « bizarre » qu'il parle aux araignées.

Ce n'était pas que Harry ait encore l'espoir de jamais plaire à son oncle. Ça faisait longtemps qu'il se satisfaisait de ne pas trop attirer son attention ou ses réprimandes. Mais Harry aurait aimé penser qu'il n'était pas « bizarre », que son oncle se trompait et, qu'un jour, la vie serait plus généreuse avec lui qu'elle ne l'avait été pour l'instant. Peut-être aurait-il des amis, des gens qui s'inquiéteraient de savoir s'il avait faim ou froid ou peur ? Peut-être parce qu'il venait de penser à la faim quasi permanente qui le tenaillait, son estomac se mit à gargouiller dans l'instant.

« Pourvu qu'elle arrive vite », soupire Harry toujours au profit des araignées.

Tous les matins, sa tante le réveillait juste après elle et lui demandait de l'aider. Ce n'était pas souvent très amusant, mais ça impliquait quand même de sortir du placard et d'avoir une chance de manger. Ça suffisait pour que Harry souhaite sa venue. Quand il entend son pas dans l'escalier, puis dans le couloir puis le loquet qui se soulève, il ne peut donc s'empêcher de se redresser avec avidité et presque joie. Mais le visage de tante Pétunia qui s'encadre dans la porte ne manifeste pas réellement les mêmes sentiments. Comme tous les matins, elle semble toujours presque déçue qu'il soit là.

« Allez, Harry, lève-toi. Il y a du travail », ordonne-t-elle assez sèchement.

A-elle déjà dit autre chose ? se demanda Harry en obéissant immédiatement.

« Oui, tante Pétunia. »

« Il faut ranger le salon. »

« Oui, Tante Pétunia. »

Harry aurait plutôt commencé par déjeuner, mais il se garde bien de le dire. Pendant que sa tante passe l'aspirateur, il redresse les coussins. Il est content de trouver deux caramels enveloppés oubliés derrière un fauteuil et de les glisser dans sa poche. Un tel trésor, pour lui tout seul ! Finalement, Pétunia semble trouver sa maison acceptable et elle se met à la préparation du petit-déjeuner.

« Surveille les œufs, Harry, je vais réveiller Vernon et Dudley. »

« Oui, Tante Pétunia », répond Harry pour la centième fois sans doute depuis qu'il est levé.

Un œil sur les œufs, il regarde par la fenêtre le quartier qui commence à s'éveiller. Il fait plutôt beau pour un mois de novembre. « Avec un peu de chance, tante Pétunia nous emmènera au parc », espère sincèrement Harry. Il devrait être prudent et ne pas se faire punir avant l'après midi !

Vernon et Dudley entrent alors avec fracas dans la cuisine. Passant près de lui Dudley bouscule Harry, le gratifiant de son habituel « Tiens, t'es pas mort ! » qui fait rire son père. Une fois que la bourrasque est passée, Harry apporte sur la table les assiettes préparées par tante Pétunia, puis il s'assoit à son tour le plus loin possible de Dudley. Ses œufs sont un peu trop cuits, mais quelle importance ! Il mange avec application, essayant de faire durer les bouchées pendant que Dudley boude et négocie des compensations à ses privations de la veille.

Quand tout est englouti, Harry aide tante Pétunia à débarrasser la table et à remplir le lave-vaisselle pendant que Dudley cherche un programme qui lui plaise sur la télévision. Harry n'a que le temps d'entrevoir la fin du dessin animé quand oncle Vernon décide d'emmener Dudley « faire une petite virée entre hommes » avec la voiture comme son cousin l'avait réclamé. tante Pétunia décide alors qu'il y a du travail au jardin et éteint irrémédiablement la télévision.

Mais il fait beau dehors et Harry trouve de belles couleurs aux feuilles ratissées par sa tante qu'il doit jeter dans le feu qu'elle a allumé. Alors qu'il vient d'en jeter une pleine brassée, il sent un regard posé sur lui. Instinctivement il se retourne. Un grand homme blond mince se tient au bout de la palissade. Il observe un plan mais, Harry en jurerait, il lui jette des regards à la dérobée. Peut-être est-il perdu, décide l'enfant. La voix de sa tante le tire de ses réflexions :

« Harry, arrête de lambiner, je veux finir ce jardin avant midi ! »

« Oui, Tante Pétunia », répond-il automatiquement pour la trois-centième fois depuis le matin et il prend une nouvelle brassée de feuilles.

Mais sa tante a maintenant remarqué l'homme perdu, elle aussi et s'approche de la palissade avec curiosité.

« Vous cherchez quelque chose ?», demande-t-elle d'une voix plus aimable.

« Heu, en fait oui », avoue l'homme, très souriant - Harry ne sait pas pourquoi, mais il aime beaucoup son sourire. « La maison d'une vieille amie de ma mère, Arabella Figg. Je ne sais pas si elle habite toujours dans le quartier. »

« Oh mais si, elle habite tout près », le rassure tante Pétunia.

Encore une fois, sans qu'il sache trop pourquoi, Harry il a l'étrange impression que l'homme évite de regarder sa tante dans les yeux. Drôle d'idée, se sermonne-t-il. Il connaît Arabella Figg, cette vieille femme qui le garde parfois et dont la maison est remplie de chats... Cet homme est peut-être un vétérinaire. Tout en observant sa tante donner des explications très compliquées pour aller à une maison toute proche, Harry jette les dernières feuilles. Fier de lui, et dans l'espoir d'être autorisé à jouer un peu avant le déjeuner, il s'approche à son tour de la palissade :

« Tante Pétunia, j'ai fini ! »

« Tu ne vois pas que je parle ! Si tu n'as rien à faire, arrose les hortensias », lui répond-elle sèchement.

Harry ne peut réprimer un soupir.

« Et ne soupire pas ! »

« Oui, Tante Pétunia.»

« Vous avez un bien beau petit garçon madame », commente alors l'homme.

« Vous connaissez Dudley ? », demande sa tante avec intérêt.

« Tu t'appelles Dudley ? », s'enquiert poliment l'homme en souriant à Harry. L'enfant croit même un instant le voir cligner de l'œil, mais il décide qu'il doit se tromper.

« Qui ? lui ? », jette d'ailleurs sa tante avec mépris. « Non. Lui, c'est Harry, le fils de ma soeur. Je l'ai recueilli. »

« C'est bien gentil de votre part », commente l'inconnu, toujours poli.

« Je ne sais pas si je le referais ! Cet enfant est d'une telle ingratitude. »

Harry connaît par cœur le reste de la rengaine de tante Pétunia, pourtant elle le blesse : quoiqu'il fasse, il est un fardeau ! Il s'enfuit au fond du jardin pour ne plus l'entendre. En tirant sur le lourd tuyau d'arrosage avec fureur, il fait tomber toute une pile de cartons qu'oncle Vernon avait entreposées en équilibre instable dans l'abri de jardin. Les cartons l'engloutissent complètement, le projetant au sol, et son bras gauche, dans un grand crac, prend une posture des moins naturelle. Avant même qu'il ait appelé, les adultes ont accouru.

« Qu'est ce qui t'a pris de faire tomber les cartons de ton oncle ! Petit maladroit ! Tu n'en feras jamais d'autres ! », vitupère déjà tante Pétunia.

L'homme lui ne dit rien. Il enlève, un par un, les cartons qui écrasent Harry. Il lui dégage la tête, puis le bras droit.

« L'autre bras », murmure Harry des larmes de douleur dans les yeux malgré lui.

« Je vois », répond l'homme en soulevant le dernier carton et en le prenant dans ses bras.

Quand Harry lève des yeux reconnaissants vers son sauveur, il rencontre un regard tellement furibond qu'il sent sa gorge se serrer. Il est d'accord avec tante Pétunia, décide-t-il et de nouvelles larmes coulent sur ses joues.

« Tu as mal, Harry ? », demande l'inconnu avec douceur, même si son regard semble toujours capable de faire brûler du métal.

Harry lui jette un regard éperdu. L'homme a retenu son nom - si vite ! Pourrait-il être un ami ? Combien de fois a-t-il espéré qu'un inconnu arrive et l'emmène loin : un oncle inconnu, un cousin, un quelconque parent, n'importe qui, mais quelqu'un qui aurait été content de le voir le matin. Mais non, se rappelle-t-il, aucun adulte n'est jamais un ami. Rappelle-toi ce facteur qui est intervenu alors que Dudley te frappait. Il n'était jamais revenu et oncle Vernon l'avait puni pour « avoir raconté des histoires contre sa propre famille à des étrangers ».

« Non », ment-il donc en réprimant ses larmes.

Tante Pétunia se désole maintenant tout haut des dégâts causés par la dégringolade des cartons et prédit déjà la colère - justifiée - de son mari :

« Des objets qu'il tenait de sa mère, qu'il aimait beaucoup... »

« Je pense que son épaule est démise », l'interrompt l'homme brusquement.

« Vous croyez, vraiment ? », s'inquiète pour la première fois Pétunia quand elle comprend qu'il parle de Harry.

« Je peux lui remettre si vous voulez. »

« Vous êtes médecin ? », questionne-t-elle avec un peu de suspicion.

« Oui », affirme l'homme en regardant Harry avec intensité comme s'il s'attendait à le voir protester.

Sans attendre l'autorisation de Pétunia, il étend l'enfant sur la pelouse et bouge délicatement son bras pour qu'il forme un angle droit avec son corps - ce qui a déjà pour effet de réduire considérablement la douleur. Puis il s'assoit à côté de lui en lui avec un sourire à la fois encourageant et triste :

« Maintenant », explique l'inconnu, « tu vas fermer les yeux et respirer profondément, je vais remettre ton épaule en place, tu ne sentiras presque rien. Avez-vous une couverture ? » demande-t-il à Pétunia.

Pendant que sa tante part chercher ce que l'homme a demandé, Harry sent des mains courir légèrement sur son bras et son épaule. On dirait des araignées, il pense confusément, groggy par la douleur. Un instant, il croit même sentir autre chose contre sa peau, quelque chose dur et rapeux, comme du bois. Il lui semble aussi entendre l'homme murmurer quelque chose d'incompréhensible au moment même où une grande chaleur bienfaisante s'empare de son épaule avant que la douleur disparaisse totalement ou presque.

« Waow ! », s'extasie-t-il.

« Tu n'as plus mal ? », s'informe l'homme avec un léger sourire.

« Non, merci. Je peux bouger le bras ? »

« Oui, mais tu dois être prudent. Il ne faut pas forcer, ni porter des choses lourdes pendant quelques jours », répond l'homme. « Je vais le dire à ta tante », ajoute-t-il avec un drôle d'éclair dans les yeux.

Harry ne sait pas trop quoi dire après ça. Il se sent étrangement bien contre cet homme qu'il ne connaît pas. Il ne voudrait pas voulu qu'il parte. Mais il va partir, se rappelle-t-il et il soupire.

« Tu as peur de te faire gronder pour ces cartons ? », demande alors l'inconnu.

Harry n'y avait pas encore pensé mais frissonne rien qu'en pensant à la réaction probable d'oncle Vernon. L'homme lui souffle alors :

« Si tu refermes tes yeux et que tu promets de ne pas me contredire, je peux arranger ça ! »

Harry le regarde d'abord avec surprise : pourquoi l'homme ne veut pas qu'il le voit travailler ? Puis il décide avec un certain fatalisme qu'il n'a rien à perdre. Il voudrait tellement que tout s'arrange, pense-t-il en fermant les yeux. Tellement! Il ferme si fort les yeux pour que sa prière muette se réalise qu'il ne peut pas voir que, sous le regard médusé de l'inconnu, les objets se recollent et les réintègrent les cartons. Ces derniers essaient ensuite de se ré-empiler, sans succès : Harry s'est endormi sous l'effort.

« Eh bien, Harry », murmure alors Remus, avec beaucoup de tendresse, « Pas que ça soit une surprise mais tu n'es décidément pas la moitié d'un sorcier ! »

Entendant Pétunia revenir, il murmure rapidement quelques incantations qui finissent le travail commencé par le petit garçon.

« Cher monsieur, je suis désolée, un appel de la sœur de mon mari... Voici la couverture ! »

« Il s'est endormi », lui explique Remus en étendant la couverture sur l'enfant. « Le choc. »

Il prend le temps de se relever pour lui faire fasse avant de continuer :« Je me suis permis de ranger les cartons ». Ses yeux se font plus fixes et sa voix plus douce : « Rien n'est cassé, tout va bien, Harry doit se reposer. Beaucoup. »

Les yeux de Pétunia deviennent fixes eux-aussi et elle répète :

« Rien n'est cassé, tout va bien, Harry doit se reposer. Beaucoup. »

« Je vais le porter dans sa chambre », reprend Remus, de sa voix normale.

« Oh ! », réagit Pétunia revenant soudain à la réalité, « Laissez-le donc plutôt sur le canapé. Il mangera quand il se réveillera. »

Remus aurait bien aimé voir la chambre de Harry. Cette demi-heure avait suffi à lui faire augurer du pire. Mais l'oncle de Harry allait revenir. S'il enlevait son manteau et son foulard, ils allaient peut-être le reconnaître. Il valait mieux partir, même si ça lui fendait le cœur ! Il hoche donc la tête et suit Pétunia dans le salon déposant avec précaution Harry sur le canapé. Avant de se relever, il lui murmure dans l'oreille :

« Je vais revenir, je te le promets. Tu vas quitter cet enfer ».

Mêlée à sa révolte, ses remords et sa colère, Remus emporte ainsi avec lui l'image de Harry souriant dans son sommeil et décide de s'y accrocher.

Version de mai 2009