En intraveineuse
POV Harry (6)
Février- Mars
Je sors de cours et je me précipite dans le métro. J'ai rendez-vous chez Blaise Zabini dans 10 minutes et comme d'habitude, je vais être en retard. Je fais des efforts pourtant, je vous jure. C'est peut-être génétique ?
Les enceintes de mon mp3 me hurlent dans les oreilles « I send an SOS to the world » et j'accélère le pas.
J'arrive finalement devant la maison qu'il partage en collocation avec une dizaine de personnes. C'est un ancien hangar qui a été entièrement rénové et réaménagé en appartements.
Je sonne et la silhouette mastoc de Blaise vient m'ouvrir. Il a pris du galion depuis Poudlard. A présent on dirait presque un vigile de boite de nuit avec ses épaules larges, son corps musclé et sa tête de pirate. (le crane rasé et une raie manta tatouée dans le cou)
Mais je me suis rendu compte que c'était un garçon assez doux en fait. Ce que je n'aurais jamais imaginé. C'est lui qui vend la meilleure came de Londres, moldus et sorciers compris.
- Toujours aussi ponctuel Potter... lâche-t-il en me laissant entrer.
Je le suis dans le couloir et salue les personnes déjà présentes dans le salon. Draco est en train de lire assis très droit dans le grand fauteuil, Achille et Nev se roule des pelles sur le canapé et Zindra, la copine de Blaise, se prépare un fix. Seule elle répond à mon salut avec son chaleureux accent des îles.
- Hey, Harry ! Comment vas-tu ?
- Pas mal et toi ?
- Ça va, ça va. Tu en veux une ? Fait-elle en me désignant la seringue.
Je grimace
- Non Merci.
Malfoy intervient sans prendre la peine de relever la tête de son livre.
- Voyons Zindra, tu sais bien que Harry est un garçon sage qui ne se pique pas.
- Oh yes! Sorry.
Je me marre.
Blaise est derrière le bar de sa cuisine américaine et me prépare un sachet qu'il me tend.
- Voilà ta commande. Celle là est très pure. Une vraie merveille.
Je lui prends une cuillère sur le bar.
- Je peux ?
Il approuve d'un hochement de tête et me laisse me débrouiller avec ma poudre.
Quand je retourne au salon, je plane sur un petit nuage, Zindra est partie (elle bosse comme serveuse dans un bar de nuit) et Nev a enfin daigné laisser Achille respirer. Ou l'inverse.
- Bon les mecs on l'attaque ce tarot ? Lance t-il avec le ton de celui qui attend depuis des lustres.
Je lève les yeux au ciel et m'installe autour de la table alors que Blaise apporte les cartes.
- On n'attend plus que sa seigneurie. Ajoute t-il à l'attention de Malfoy. J'éclate de rire. Tout me paraît léger et drôle.
Malfoy a un rictus dédaigneux et pose enfin son livre pour nous rejoindre en prenant l'air le plus ennuyé possible.
On ne peut pas dire que je sois devenu ami avec lui. Il a toujours cette perpétuelle expression glaciale collée au visage qui m'insupporte et je me méfie de lui. Par habitude. Mais on se supporte. Et puis, les équipes seraient très inégales s'il n'était pas là pour jouer avec nous.
Blaise distribue donc les cartes. Mon jeu est nase, je passe la main. Draco prend et appelle le roi de trèfles. Ah tiens c'est moi, puis on dévoile le chien. Comme à son habitude, Achille mime quelques aboiements (en tant que sorcier pure souche, il trouve ça très drôle que les 3 cartes non dévoilées possèdent un nom aussi crétin. Sur le principe je suis plutôt d'accord mais je me passerais bien de l'imitation systématique du canidé.)
Draco commence le jeu très fort et remporte les premières passes avec succès. Bientôt, je laisse tomber mon roi et il s'arrête un instant pour me dévisager. Je n'arrive pas trop à savoir ce que je vois dans son regard.
Neville et Blaise n'étant pas occlumens, nous avons interdit l'usage de la légilmencie durant nos parties. Bien sûr nous avons toujours un doute mais le tarot c'est sacré.
Ainsi je me retiens de percer les barrières mentales de Malfoy et continue la partie.
Que nous gagnons haut la main.
Nous entamons une seconde partie et je me retrouve encore avec Draco.
oO°
A présent les bouteilles de bières s'entassent sur la table et nous avons déjà gagné 5 parties. Je suis enivré par une joie immense. J'ai l'impression que quelque chose est sur le point d'exploser en moi, à hauteur du thorax. Le fou rire sûrement. Draco triche.
J'ai remarqué sa manière de distribuer, de regarder Nev par dessus ses cartes. Discrètement je m'y suis mis aussi, j'épie les cartes d'Achille qui est assis à côté de moi et Malfoy a compris qu'une main passée dans mes cheveux veut dire : j'ai de l'atout, je coupe !
Nous gagnons donc sans discontinuer sous le regard atterré des trois autres joueurs. Contrairement à moi, qui souris comme un malade, Malfoy ne quitte pas son air froid du type qui s'ennuie.
Mais le petit sourire en coin qu'il arbore quand il me surprend à me décoiffer furieusement m'indique qu'il s'amuse au moins autant que moi.
Je sais, je sais... Ce n'est pas très gryffondor de tricher au jeu. Mais c'est très gryffondor de vouloir gagner à tout prix.
C'est à mon tour de distribuer les cartes, et, comme par magie (et pour cause ...), je me retrouve avec mon glacial coéquipier.
- Encore ? S'exclame Achille qui commence à avoir l'oeil vitreux.
Je ne peux pas me retenir plus longtemps et j'explose de rire. Je me suis contenu tellement longtemps que tout vient d'un coup, les larmes de rire, les spasmes, les hoquets et les abdos qui me font mal.
En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, Blaise s'est redressé et s'est mis a gronder
- DRAY ! Est-ce que par hasard tu aurais triché ?
Malfoy répond d'une voix cassante
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
- HAHAHAHAHAHAHA (ça c'est moi ) Je n'en peux plus, je redouble de rire. Malfoy est génial. Génial. J'essaie de me contrôler, vautré sur le sol en me tenant les côtes. J'ai maaa-hahaha-al ! Je m'en veux parce que si je n'étais pas aussi mort de rire, je pense qu'il réussirait à convaincre Blaise.
- DRACO ! Réponds-moi tout de suite; Pourquoi Harry est en train de mourir de rire ?
- Mais est-ce que je sais ? Il est détraqué ce type !
- HAHAHA ! HAHA ! Oouh pitié, qu'il arrête, mon ventre me tire dans tous les sens et je m'étouffe.
Je relève un peu la tête en essuyant les larmes de rire qui coulent sur mes joues.
Enorme Erreur ! Je croise le regard de Malfoy et... Il me fait un petit sourire. Un petit sourire complice qui brise d'un seul coup toute sa belle argumentation.
En deux temps trois mouvements, Blaise a attrapé sa baguette et a lancé un sort à Malfoy qui se retrouve attaché au tuyau du radiateur. La vision de son air outré relance mon fou rire. (je n'y peux rien : c'est désopilant!)
- Draco ... fait Blaise d'une voix parfaitement calme et parfaitement menaçante. Tu me déçois beaucoup... Beaucoup beaucoup
Malfoy commence à s'énerver :
- Mais je n'ai rien fait ! Blaise, espèce de détraqué, détache-moi !
Nev prend la parole. Son ton est nettement moins menaçant, mais je le connais bien et je peux deviner qu'il est très en colère.
- Sérieusement Dray, ça ne se fait pas. On avait dit que le tarot c'était sacré
- Mais tout à fait ! S'exclame t-il. Je suis bien d'accord avec vous. Je ne sais pas ce qui peut vous faire penser que j'ai triché. C'est Harry qui est mort de rire !
- Hahahahaha !
Achille se tourne vers moi
- Harry, est-ce que Malfoy et toi avez triché ?
- Hahahaha Pas du touuuuuut houhouhooou !
Nev tourne la tête vers son amoureux
- ça veut dire oui.
- Mais non! J'essaie de me défendre entre deux sanglots
Mais trop tard, Blaise m'a jeté le même sort qu'à Malfoy et je me retrouve collé à lui, les bras attachés au tuyau de radiateur. J'ai mal aux bras, parce que mon corps est secoué par le rire et qu'il n'est plus retenu que par mes deux pauvres épaules.
Blaise nous fait face avec une lueur assassine dans les yeux.
- Vous avez trahi le code des potes en trichant ! Alors pour vous punir on va vous laisser mariner là un peu, pendant qu'on va aller faire un tour en boite ! En espérant que vous serez calmés à notre retour !
Nos trois compatriotes font demi-tour et se dirigent vers la porte.
- Hé ! Non ! Blaise sale enflure reviens ici tout de suite! S'écrit mon codétenu
Clac. La porte se referme. Malfoy gueule un peu dans le vide puis se retourne vers moi et me jette un regard noir
- Arrête de rire
- Hahaha peux pas ...
- Potter notre situation est dramatique et tout ça c'est ta faute, alors si tu n'arrêtes pas de rire sur le champ je t'assomme
- Hahahahahaha ! J'adorerais lui obéir mais je n'y arrive tout simplement pas. Je lui jette un regard larmoyant et désespéré pour qu'il comprenne que je suis désolé.
Et je constate qu'un mince sourire est dessiné sur ses lèvres, ce qui redouble mon fou rire
- Arrête de rire, répète t-il avec le plus d'autorité possible. Mais sa voix déjà s'est voilée et ses yeux gris pétillent.
- HA HA HA !
Et nous voilà tous les deux attachés au tuyau d'un radiateur, il doit être 22h et nous sommes seuls dans la situation la plus stupide du monde et explosés de rire par le fait. Déjà que seul je n'arrivais pas à m'arrêter, alors si Malfoy s'y met.
- Potter, articule t-il en riant. Je vais te tueeeeer !
- Hahahaha !
Je ne sais pas pendant combien de temps nous convulsons ainsi. Et enfin, petit à petit nous nous calmons. Mes mains étant toujours attachées, je ne vois plus grand chose à cause des larmes. Nous reprenons notre souffle à bout de force, et avec un sourire qui nous fait trois fois le tour du visage.
- Bon Potter... Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
- Hein ? Oh et bien je suppose qu'il faut les attendre.
- Si tu crois que je vais rester attaché ici toute la nuit ! Tu ne connais pas Blaise Zabini. Il ne rentrera qu'aux aurores pour nous emmerder.
- Ah... Bon alors attends, je vais essayer un truc. Tu as ta baguette sur toi ?
Il lève les yeux au ciel.
- Evidemment! Mais au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je n'ai pas à proprement parlé, accès a ma poche droite.
- T'inquiête je gère !
Et sous ses yeux (ébahis il faut bien le dire) j'applique les enseignements de Dumbledore. Je me concentre de toute mes forces, et pour la première fois depuis longtemps, j'arrive à faire de la magie sans baguette.
Je concentre mon attention sur la poche de Malfoy et j'arrive à en faire sortir la baguette magique et à la diriger jusqu'à ses doigts.
Quand je rouvre les yeux, je lui souris comme un crétin, très fier de moi. Malfoy me regarde incrédule.
- Wow...
- Merci je sais. Bon tu nous libères ?
Et en soupirant de soulagement, Malfoy prononce la formule libératrice
- Finite incantatem
Et nous nous étalons sur le sol. Je reste allongé par terre un moment, alors que mon coéquipier se lève en se massant les poignets.
- On se fait un sniff ? Propose t-il
J'acquiesce
- Bon où est ta poudre ?
- Quoi ? Comment ça MA poudre ? Pourquoi ça serait à moi de fournir ? Je glapis.
- Et bien, ça me paraît évident Potter. C'est à cause de toi qu'on s'est retrouvé saucissonné à ce radiateur : c'est toi qui paie.
Je me redresse
- Oh je t'en prie ! Je ne t'ai pas obligé à tricher.
- Tu peux parler. Tu lorgnais sur les cartes d'Achille avec autant de subtilité qu'un scroutt a pétard.
- Va mourir !
- Bon tu la sors cette came ?
Il me toise avec l'air exaspéré du type qui a raison et qui ne veut même pas discuter. Ça me fait sourire. Je lui dois bien ça. Je ne me suis pas autant amusé depuis longtemps. Et sans répondre je me lève et récupère mon petit sac d'héro.
Je m'affale dans le canapé et après une petite seconde d'hésitation, Malfoy m'imite.
Nous préparons deux cuillères en silence. Puis nous trinquons et nous allumons nos briquets. Le calme est appréciable.
J'aspire la fumée et je me détends. Mes abdominaux et mes poignets douloureux disparaissent.
Je jette un coup d'oeil au blond qui est vautré à coté de moi, les yeux fermés, le visage apaisé.
L'héroïne en fait, c'est juste tout l'inverse des détraqueurs. Eux ils s'abreuvent de ta souffrance et pour cela, t'obligent à ressentir tous les pires moments de ta vie, jusqu'à ce qu'il ne reste plus une miette de joie.
Mais quand tu inhale de la blanche, c'est tout le contraire. La fumée entre en toi comme un pansement, elle attrape tous les souvenirs douloureux toute la souffrance et quand vous la recrachez par le nez, tout s'envole. Il ne reste plus que les bonnes choses. Les moments heureux.
Ron et Hermione qui rigolent dans la salle commune des gryffondors, le goût du jus de citrouille, le sourire de Sirius, Le miroir du Riséd, voler sur un balai à toute allure, tenir Maria Callas contre moi et jouer du violoncelle, les pulls de Molly Weasley...
Il ne reste que ce qui est beau et bon, le reste est léger, léger, et ne nous atteint plus. Oui, l'héroïne c'est ça. C'est un patronus inventé par les moldus.
Tout est plus beau après une dose.
Même Draco Malfoy.
Surtout Draco Malfoy...
oO°
Je scotche depuis tout à l'heure sur la couverture du livre posé à terre. Je me sens bien et je regarde la photo un peu irréelle de la couverture. Je suis vraiment Hmmmmmmmm. Trop bien.
Malfoy avait raison, Blaise prend son temps. Ça fait presque deux heures que je suis vissé au canapé avec Malfoy qui ne bouge pas, à côté de moi.
Il a les yeux fermés, sa respiration est lente et tranquille mais pas assez profonde pour qu'il dorme.
- Malfoy ?
- Oui Potter ?
- C'est quoi ton bouquin ?
Il ouvre les paupières et me regarde. Les nuances de gris valsent dans ses yeux, comme une ronde miroitante. C'est fascinant cet argent liquide qui semble couler comme de la lave dans ses prunelles.
- Qu'est-ce que ça peut te faire ? C'est pas comme si tu savais lire.
- Je lui donne une petite tape sur le haut du crane et il rigole
- Oh et ben alors Potty, où est passé ton sens de l'humour ?
- Alors ! Dis-moi ce que c'est !
- Duxy . John Duxy. C'est un écrivain sorcier.
- Ça consiste en quoi un écrivain sorcier ? Malfoy me regarde avec des yeux ronds
- Non mais tu sors d'où ? Ne me dis pas que le survivant n'a jamais rien lu d'autre que de la littérature moldue! Ne me dis pas ça Potter !
- Ben en fait... si. Je sais qu'en temps que Monsieur-Sang-Pur tu considères que les sorciers font de toute façon tout mieux que les moldus mais...
- Tu n'y est pas du tout Potter. Je n'ai rien contre la littérature moldue d'une manière générale, mais ayant été essentiellement élevé avec des romans sorciers ça me paraît plutôt... fade.
- Fade ? Et pourquoi donc ?
- Laisse-moi t'expliquer comment fonctionne la littérature sorcière. En gros tu lis, et au fur et à mesure que tu lis, tes images mentales sont projetées au mur d'en face. Et enregistrées ! Tu peux donc faire des retours en arrière, revisionner une scène sans avoir à la relire etc etc... C'est quand même plus vivant.
Je le regarde sacrément surpris (je ne m'étais jamais douté que ça fonctionnait comme ça) Mais surtout je le regarde avec pitié.
- « C'est quand même plus vivant » ? Alors là Malfoy excuse-moi mais tu n'as rien compris. L'intérêt de la littérature, ce sont justement les mots. La beauté des mots, des formules. Tomber sur une phrase tellement belle que tu la répètes de millions de fois à suivre juste pour entendre la sonorité pour que ce petit truc fasse tilt en toi... L'image ... bon, c'est essentiel pour suivre l'action, mais la littérature c'est avant tout des mots !
Malfoy prend un air exagérément horrifié.
- Granger ? Que fais-tu dans ce corps ?
J'éclate de rire, et mes côtes me rappellent à l'ordre.
- Hmm. Tu as raison Malfoy. Je ne suis pas un grand lecteur en vérité. A une exception près.
- Laquelle ?
- Shakespeare !
Petit silence
- Rassure-moi Malfoy tu connais Shakespeare ?
- Hein ? Heu.. Oui. De nom.
- Comment ça de nom ? Ma voix est montée dans les aigües sous l'outrage
- Oh ! On se calme le balafré ! Je sais que c'est un dramaturge britannique qui a eu son petit succès ici chez les moldus... Mais je n'ai rien lu de lui.
Je sais que ma réplique devrait être sur le même ton que celui qu'on emploie depuis le début de la conversation, mais d'un coup le sujet me paraît très important. Ça me paraît grave et très triste de n'avoir pas lu Shakespeare. Alors je me lance. Je lui raconte. Hamlet, les trahisons, la folie, Macbeth, le désir de pouvoir, le meurtre, le tourment, Le songe d'une nuit d'été et les esprits qui suivent Buck, La nuit des rois, l'amour et Lady Viola. L'une de mes héroïnes préférées. Je suis tellement entrainé par mon élan que je lui récite des pans entiers de cette pièce sublime.
- «Le duc Orsino : Crois le cher enfant; car ce serait mentir à ton heureux âge que de t'appeler un homme : les lèvres de Diane ne sont pas plus douces ni plus vermeilles, ta petite voix est comme l'organe d'une jeune fille, flutée et sonore, et tu jouerais parfaitement un rôle de femme. Je sais que ton étoile t'a prédestiné pour cette affaire... Que quatre où cinq d'entre vous l'accompagne! Tous, si vous voulez; car pour moi je ne suis jamais mieux que quand je suis seul. Réussis dans ce message et tu vivras aussi indépendant que ton maître; tu pourras appeler tienne sa fortune.
Viola : Je ferai de mon mieux ma cour à votre dame (à part) Lutte pénible! Faire ma cour ailleurs, et vouloir être sa femme ! » Elle l'aime tu comprends, mais elle s'est faite passer pour un homme afin de sauvegarder sa vertu. Ainsi elle ne saurait lui déclarer son amour.
Je me suis un peu enflammé. Malfoy me regarde avec une drôle d'intensité. Je reprends mon souffle, le corps toujours animé par l'émoi de ce que je viens de lui raconter. Oui j'ai l'air ridicule mais j'aime VRAIMENT Shakespeare.
Il finit par prendre la parole, un sourcil relevé
- Et Roméo et Juliette ?
- Et ben quoi Roméo et Juliette ?
- Tu me parles de Shakespeare en long en large et en travers et tu ne cites même pas Roméo et Juliette.
- Je croyais que tu n'avais rien lu de Shakespeare.
- C'est vrai. Si la littérature moldue m'ennuie, il y a en revanche des arts que nul sorcier ne pratique. Le ballet de danse « Roméo et Juliette » de Prokofiev, je l'ai vu et je l'ai adoré.
Je souris à Malfoy de toutes mes dents. Oui Roméo et Juliette est une pièce extraordinaire.
- Les Montaigu et les Capulet.. ça fait très Gryffondor/serpentard ça non ? Suggère t-il avec un petit sourire ironique. J'approuve d'un hochement vigoureux de la tête. J'aime qu'il ne se foute pas de ma gueule. J'aime partager ça avec lui.
- J'aimerais vraiment voir ce ballet ! Murmure-je
Mon visage est très près du sien, je ne sais pas trop comment on en est arrivé là.
- Oh mais il n'y a pas qu'un ballet Potter! Il y y en a plusieurs. Et aussi des symphonies, des opéras. Je n'en reviens pas qu'un musicien comme toi ne les connaisse pas.
C'est ce moment précis que choisit Blaise Zabini pour ouvrir sa porte d'un grand coup de pied et pour hurler
- Alors mes gaillards on fait moins les malins !
Puis il se fige, son visage se décompose en voyant qu'il n'y a plus personne d'accroché au tuyau de radiateur et Malfoy est obligé de toussoter pour attirer son attention
- Co... Comment vous avez fait ? Balbutie t-il
- Ben tu vois Zabini ! On ne triche pas. On est juste beaucoup trop bons pour toi. Répond tranquillement Malfoy en attrapant une bière sur la table.
De nouveau j'éclate de rire, et j'ai l'impression que les éclats s'envolent dans la pièce et dansent autour de nous.
oO°
à suivre
Musique du chapitre : The Police « Message in a bottle »
( Théoriquement, j'avais mis un lien pour chaque "musique de chapitre" mais ça ne semble pas fonctionner, donc sachez que tout est écoutable sur youtube. J'éspère que vous trouverez de vous même les belles versions. Si quelqu'un sait comment integrer un lien, je suis preneuse. Désolée. )
Je sais ce que vous allez me dire : les choses sont « trop faciles » et les rapports de Harry et Draco s'arrangent trop simplement. Peut-être. Mais il faut savoir que c'est l'un des effets de la drogue. N'importe quel fumeur de joins vous le dira : lorsqu'on est défoncé on devient particulièrement empathique et les liens avec les gens sont quasiment surnaturels, on ressent tout puissance mille. Je me suis dit que partageant le statut de sorciers, le lien se resserrai de manière évidente sous l'emprise de la drogue.
