Salut ! Je reviens un peu avec cet UA Anges et Démons. Je commence du côté Italien, puisque certains éléments font échos au FrUk écrit en parallèle. Donc, ce sera updaté dans l'ordre où ce sera écrit. Voilà.

Ce chapitre servira pour les suivants.

Romulus ne dormait plus que d'une oreille depuis que les jumeaux étaient nés. Après avoir constaté qu'il allait très souvent auprès de leur berceau par pure angoisse, il les avait transférés dans sa propre chambre.

Une fois dans la nuit, il entendit des petits bruits de pas. Ce n'étaient évidemment pas ses bébés, puisqu'ils ne marchaient pas encore. Donc, l'un de ses autres fils !

Il se leva tout doucement et attrapa entre ses bras le petit fripon.

Aux cheveux blonds, il reconnut immédiatement Francius.

« Alors, on vient dans la chambre de son père en pleine nuit ! Tu as fait un cauchemar ?

- Lâche-moi, cria une voix plus aiguë que d'habitude.

- Lâche-là ! »

Ce n'était pourtant pas la voix d'Antonius, alors qu'ils étaient toujours fourrés dans les mêmes ennuis d'habitude.

Romulus prit l'enfant inconnu contre lui, avant d'allumer une bougie.

A sa grande surprise, il vit deux petits êtres semblables et dissemblables à son fils Francius en même temps. Ne lui dîtes pas que lui aussi s'était divisé !

« Lâche-là, insista celui qui était libre de tout mouvement en le menaçant d'un bâton.

- Francius, soupira Romulus. Remets-toi en un seul morceau.

- C'est Gallia, sale envahisseur », couina l'enfant dans ses bras.

Mécontent, Romulus n'en revenait pas que son fils en ait encore contre lui. Il prit le petit poids plume à bout de bras devant lui pour le fusiller du regard. Non ! On ne remettait pas en cause la politique de civilisation du Grand Empire Romain. Ce qu'il vit l'étonna. Il avait entre les mains une petite fille avec des fleurs blanches dans ses longs cheveux blonds, habillée d'une tunique semblable à de l'eau. Elle disait s'appeler Gallia Faé.

A quelle entité spirituelle avait-il affaire ?

« Pose-la tout de suite ! »

Romulus se détourna de la part féminine de Francius pour se concentrer sur la part masculine. Lui au moins, il savait à quoi il ressemblait. Avec ses feuilles dans les cheveux et son bâton si caractéristique, il était un Bacchus et d'ailleurs s'appelait Gallia Bacchus. Il avait réussi à inculquer quelque chose à ce petit barbare, mais peut-être pas le meilleur de lui-même. Les Bacchus étaient réputés pour être violents, saoul la plupart du temps et très actifs sexuellement. Ce n'était encore qu'un enfant heureusement. Romulus sentit également toute la négativité qui entourait le petit Bacchus.

« Je vais la poser, si tu m'expliques ce que vous faîtes là !

- On venait voir si ça allait pour Lovinus et Felix, répondit Faé, part positive supposée.

- Tu n'as pas à t'inquiéter. Je veille sur eux. Vous allez reformer une seule personne et allez au lit. »

Les deux parts de son fils allaient protester, mais il rajouta :

« Tout de suite ! C'est au père de s'inquiéter pour ses enfants et de s'en occuper ! Il faut que tu dormes, Francius.

- On ne peut pas le faire, tout de suite, râla Gallia Bacchus en montant sur le lit.

- Ah, et pourquoi ?, s'inquiéta Romulus.

- Il faut qu'il se passe au moins deux heures de temps », répondit Faé.

Il allait encore passer une nuit écourtée. Ce ne serait pas de la faute des jumeaux cette fois-ci. Curieux, il observa les deux parts de son fils interagir entre elles. Les Bacchus étaient connus pour être des entités spirituelles vivant en extérieur. Donc la part Lares positive qui voulait protéger Lovinus, c'était la Faé. Un esprit spécifiquement Gaulois.

Romulus s'imagina les fils de Germania avec des fleurs dans les cheveux et la vision l'enthousiasma jusqu'à ce qu'il pense au comportement de Francius. Francius adorait faire des couronnes de pâquerettes pour se les mettre sur la tête, comme une fille l'aurait fait. Il savait maintenant d'où ça venait.

Bacchus n'arrêtait pas d'agiter son bâton parce que ça ferait soi-disant partir les mauvais esprits et Faé s'était mise à faire le ménage parce que ça attirait les bons.

« Mais Lovinus ne va peut-être pas apprécier d'être entouré d'esprits positifs !

- On attire ce qu'il leur faut, réagit immédiatement Bacchus. Je sais ce que je fais ! Et Faé aussi !

- Bien sûr, Bacchus ! »

Le lendemain matin, Romulus se réveilla avec un poids sur son estomac correspondant à une nation gauloise très fatiguée et une odeur de propre vraiment sensationnelle.

Francius se réveilla doucement, ne sachant pas ce qu'il faisait dans la chambre de son père. Il avait encore une fleur blanche et une feuille de vigne dans les cheveux. Adorable.

Seulement, Romulus devait l'empêcher de se diviser à nouveau lui aussi.

En consultant l'oracle de Vénus, il obtint un médaillon et l'offrit à son fils Francius. S'il le portait suffisamment longtemps, il ne se diviserait plus. Francius passa par un stade assez mélancolique et soupirant, mais finit par s'y faire. Par contre, il faisait beaucoup le ménage dans la chambre de son père, agitant le balai dans tous les recoins.


Le mois suivant, de nouveaux bruits de petits pas firent leur apparition dans la chambre de Romulus. Cette amulette marchait que dalle ! Il commença à s'inquiéter de l'effet qu'auraient les amulettes destinées aux jumeaux quand ils seraient plus âgés.

Il se réveilla et attrapa la première entité qui lui tomberait sous la main.

« Je te tiens !, cria Romulus.

- Lâche-moi, papa ! », hurla une voix masculine qui n'était pas celle de Francius.

Romulus alluma une bougie. Antonius se tenait devant lui dans une sorte d'armure romaine, doublée d'un casque, une lance à la main.

« Oh ! On veut m'assassiner dans mon sommeil pour prendre ma place ? Tu en as de l'ambition, s'en amusa Romulus.

- Je viens voir si Lovi chéri va bien, sourit Antonius de manière éclatante, avec un visage bienheureux, avant de lui piquer le bras en traître avec sa lance.

- Tu n'as pas besoin d'être armé pour cela, râla Romulus, insensible à la douleur. Retournes te couch… »

Romulus sursauta en entendant une sorte de renâclement et un râle étrange.

« Il faut que tu me poses où elle va se mettre en colère.

- Ah », fit Romulus, ne sachant pas trop à quoi il avait affaire sous son lit.

Il était assez adulte pour ne pas croire aux monstres cachés dans le noir. Seulement, vu comment l'enfant dans ses bras rayonnait de gentillesse et de positivité, il se doutait qu'il était un Lares positif, venu secourir son petit frère, et que la jeune fille sous le lit n'était pas commode.

« Tu t'es divisé ?

- Oui, papa ! Je suis Patronus Defensor Antonius (Antonio le protecteur et le défenseur).

- D'accord, dit Romulus qui ne comprenait pas que la part positive d'Antonius se prenne un nom à rallonge et redondant. Et ta copine ?

- Elle ne se montre pas facilement. Oses poser ton regard sur elle et, bien que tu sois mon père, je me battrai contre toi pour défendre son honneur.

- On se calme ! Je ne la regarderai pas. Elle s'appelle comment ?

- Je ne te le dirais pas, dit la part positive en le menaçant de sa lance.

- Elle compte rester sous le lit, tout le temps ?

- Oui ! Et qu'est-ce ça peut te faire ?

- J'étais juste curieux. »

Romulus sentit un coup de poing rageur à travers le matelas.

« Je suis Cornea Muta Antonia ! (Antonia la brute à la corne), répondit une voix féminine. Je ne veux pas te voir.

- D'accord, boudes si tu veux !

- Tu ne me verras pas. Je ne voulais pas venir de toute façon. C'est lui qui m'a obligé. Je n'en ai rien à faire que mes frères soient des bébés trop mignons à regarder. Ils sont capables de se défendre tout seul, espèce de triple buse de défenseur. Je vais t'assommer avec ma tête dure pour que tu calmes tes élans héroïques déplacés…

- Bravo, elle s'est mise à parler », dit la part masculine en fusillant son père du regard.

Romulus passa donc sa nuit à écouter la part féminine d'Antonius raconter sa vie fabuleuse d'entité négative. Il put tout de même apercevoir subrepticement une corne qui dépassait du lit et ne voulut pas en savoir plus sur la minotaure qui l'entraînait dans un labyrinthe dangereux de paroles.

Il se réveilla le lendemain avec le poids de son fils sur le torse. Antonio avait des mèches brillantes dans les cheveux et se frottait désespérément chaque côté de la tête pour faire partir une douleur sourde.

Allez, amulette pour lui aussi !

Antonius prit tout de même la désagréable habitude de se promener toujours armé, arguant qu'il était assez grand maintenant pour se défendre seul, et il avait nettement tendance à jouer à cache-cache avec les plus jeunes en faisant tout son possible pour les perdre dans la vaste demeure de Romulus.


Quelques nuits plus tard, Romulus eut de nouveau la visite de petits êtres assez étranges. Il attrapa évidemment le premier venu. Avant qu'il ne put allumer la bougie, celle-ci se mit à crier d'une voix stridente, réveilla les bébés et lui cassa les oreilles.

Quand il la lâcha, elle arrêta de hurler. Il alluma prudemment la lumière pour trouver sur son lit une sirène grecque recroquevillée sur elle-même. La forme féminine d'Hercules avait des ailes brunes dans le dos et le regardait avec méfiance à travers ses longs cheveux foncés. Un Bacchus fit son apparition pour protéger la sirène de son bâton.

Pourquoi ses enfants adoptifs avaient-ils tous une part hyper-sexualisée ?

Romulus voulut se lever pour calmer les cris des jumeaux, mais le Bacchus le menaça avec son bâton d'un air très sérieux.

« Il faut quand même que je les rassure. »

Romulus se leva. Il eut à peine le temps de voir la sirène prendre une grande inspiration qu'il s'endormit lourdement sur le sol.

Le lendemain, il se réveilla par terre et il trouva son fils Hercules, profondément endormi, dans son lit.

Romulus prit le taureau par les cornes, enfin façon de parler, et il distribua des amulettes à ses autres enfants pour qu'il ne leur arrive pas la même chose sous l'influence de leurs petits frères.

Il en avait assez de deux à protéger.


Le prochain chapitre aura pour sujet : Les premiers mots des jumeaux.