Chapitre 2: la conversation.

Le lendemain je décidais qu'il était temps que nous discutions, je le laissais finir son petit déjeuner avant de l'interroger. Je ne savais pas par quoi commençais ni quoi lui demander, j'avais peur que notre conversation tourne mal. Il interrompit mes réflexions:

- Vas-y Granger, tu meurs d'envie de me poser des questions. Tu n'es pas une miss je sais tout pour rien, tu détestes ne pas comprendre quelque chose et là c'est mon comportement qui te pose problème.

- C'est vrai, commençais-je. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi tu m'as sauvé alors que tu es un mangemort et que tu me détestes à cause de mon statut de sang-de-bourbe.

- Ton problème Granger c'est que tu me prends pour le grand méchant de l'histoire. Tu penses que moi le petit aristo sang pur arrogant et sûr de lui a eu le choix !

- Mais c'est la vérité ! Chacun a choisi son camp. Et toi tu as préféré le camp du mage noir plutôt que de nous rejoindre dans l'ordre du phénix, et à cause de quoi? Ta haine pour Harry Potter !

Il éclata de rire, un rire froid et me regarda avec mépris.

- Tu as vraiment l'air de croire ce que tu dis. Mais je n'ai pas eu le choix, je suis programmé depuis ma naissance! Mon père m'a élevé dans la haine des moldus, le culte de notre sang et le respect du Lord noir. Au début je croyais ce qu'il me disait, en plus je ne craignais rien puisque Potter avait neutralisé le maître, j'étais un petit prince pourri gâté. Puis il est revenu, ma vie a changée. Mon père, cet homme que je pensais puissant et fier, est devenu un vulgaire laquais soumis. Il m'avait élevé pour que j'ai une haute estime de moi et maintenant il me demandait de devenir docile et obéissant. Quand mon père a été envoyé à Azkaban le Lord a voulu que je lui prouve ma loyauté. Je devais tuer Dumbledore. Crois moi j'ai essayé, mais j'ai échoué à le faire indirectement. Il fallait que je l'affronte face à face. Mais je ne pouvais pas me résoudre à l'assassiner, il ne m'avait rien fait, il avait même essayé de m'aider. Mais c'était sa vie ou la mienne et celle de ma famille. Heureusement Sévérus est venu à mon secours. Ma vie était sauve mais je n'étais pas à ma place avec les mangemorts, je ne ressens aucun plaisir à tuer et en y réfléchissant je me suis rendu compte que j'étais indifférent aux moldus, peu m'importe qu'ils vivent ou non mais je ne pense pas qu'ils méritent la mort de cette façon. Et comme l'a dit le mangemort que j'ai tué devant toi je ne supporte pas qu'ils s'en prennent à mon école. Même si je n'apprécie pas tous les élèves je ne tolère pas qu'ils les tuent, la plupart sont trop jeunes pour se défendre correctement, ils ne connaissent même pas les enjeux de cette guerre, les mangemorts les tuent alors qu'ils ne font parti d'aucun camp, ils tuent juste des innocents !

Je fus étonnée de ses révélations, je ne pensais pas que Malefoy pouvait avoir un avis différent de celui de son père.

- En fait tu n'es pas le petit con arrogant, prétentieux et sans cœur que je pensais que tu étais, dis-je en rigolant. Enfin si mais tu as quand même une conscience.

Je redevins sérieuse en lui demandant:

- C'est pour ça que tu m'as sauvé?

- Je ne t'ai pas sauvé parce que je pensais que tu étais une élève innocente et sans défense comme les plus jeunes. Au contraire, toi tu as fait ton choix, tu t'es engagée dans l'ordre du phénix, tu comprends cette guerre, tu es capable de tuer. Je t'ai aidé parce que tu ne pouvais pas te défendre toute seule, tu t'étais rendu vulnérable en veillant cette petite, ce qui est stupide et en même temps généreux, typiquement gryffondorien. Et en même temps quelle fin stupide pour la meilleure élève de Poudlard, mourir sans pouvoir utiliser un des nombreux sorts que tu connais !

A cette phrase un sourire malicieux flotta sur ses lèvres et je ne pus m'empêcher d'en faire autant en pensant à l'ironie de la situation.

- Alors je dois te remercier pour m'avoir évité une telle honte et accessoirement la vie et je ne pense pas me tromper en disant que dès le début tu avais prévue retourner ta veste n'est-ce pas? C'est ta façon de désobéir à ton père, d'affirmer ce que tu penses, de te prouver à toi-même et aux autres que tu n'es pas si mauvais que tout le monde pense.

- J'ai enfin fait un choix qui ne dépendait que de moi, je n'ai pas suivit les ordres de quelqu'un, je n'ai pas respecté l'éducation que m'a donné mon père, j'ai pris mes responsabilités et j'ai fait ce qui me paraissait être juste. Ca fait du bien, dit-il en souriant.

Il y eut quelques instants de silence avant que Malefoy ne reprenne la parole:

- Et toi, pourquoi m'as-tu soigné? Pourquoi ne pas m'avoir laissé mourir, personne n'aurait rien su, tu n'avais de compte à rendre à personne. Les gens auraient simplement pensé que j'étais mort après un combat.

- Si quelqu'un l'aurait su : moi. Si je t'avais laissé là-bas alors que tu venais de me sauver je n'aurais pas pu me le pardonner. Peut-être pas sur le moment, mais plus tard je n'aurais pas eu la conscience tranquille. Cela n'aurait pas été correcte de ma part. C'est en quelque sort ma façon de te remercier: une vie pour une vie. Si tu ne m'avais pas sauvé alors toi aussi tu serais mort.

- Oh, non ! Si je l'avais laissé te tuer je n'aurais pas été blessé. C'est ma tante Bellatrix qui m'a poignardé. Elle m'avait vu tuer le mangemort et t'épargner alors elle est venue me voir, elle m'a traité de faible, de traître et d'espion. Elle ne m'a pas tué d'un sort par égard pour ma mère mais aussi pour que je souffre. Et avant de partir elle a ajouté que soit je mourrais d'hémorragie soit qu'un membre de l'ordre me tomberait dessus et que lui ne serait pas aussi clément que je l'avais été avec toi. Je suis heureux qu'elle se soit trompée.

- Je sais pas si je dois m'excuser ou non de t'avoir attiré des ennuis.

- Non, tu n'as rien à te faire pardonner. Je ne regrette rien, j'ai enfin agit par moi-même. Si elle ne m'avait pas vu je serais sûrement reparti avec eux, j'aurais été obligé de faire des choses qui ne me plaisaient pas. Bon c'est sûr que maintenant je suis en danger car s'ils me voient je ne donne pas cher de ma peau !

- On est dans le même bateau je te signale ! C'est pour ça que je vais te proposer quelque chose de complètement fou. Puisqu'on s'est mutuellement sauvé la vie et qu'on risque les mêmes dangers je te propose de repartir de zéro, de commencer une nouvelle relation dans laquelle nous ne nous agresserions pas à chaque fois que nous nous voyons. C'est sûr que se sera pas forcément facile tout le temps de nous supporter et qu'on ne peut pas oublier le passé mais pour notre survie ce serait bien qu'on essaie. Qu'en penses-tu?

- C'est pas comme si j'avais le choix non plus ! Comme tu l'as dit c'est notre seul moyen de nous en sortir vivant, il faut que nous nous entraidons. Je dis pas que ce sera toujours rose, facile et qu'il n'y aura pas quelques disputes vu nos caractères mais ça aurait pu être pire. J'aurais pu tomber sur Potter ou Weasley.

Malefoy comprit bien vite qu'il avait fait une connerie mais il ne savait pas à quel point. Ma bonne humeur disparue bien vite et des larmes remplirent mes yeux.

- Fais pas cette tête Granger, c'était pour rire. Et tu les reverras bientôt tes amis.

A ces mots mes larmes se mirent à couler. Je réussis cependant à parler:

- Non, Malefoy, tu te trompes. Je ne reverrais jamais Ron, il est mort sous mes yeux. Quand à Harry, je ne pense pas qu'il ait survécu. Je suis certaine que les mangemorts ont gagné, il y avait trop de cadavres de leurs opposants et pas assez des leurs ! Et s'ils ont vaincu c'est qu'Harry est mort.

Mes sanglots repartirent de plus bel, je ne me maîtrisais plus, la douleur était trop forte. Malefoy ne savait pas quoi faire pour me calmer. Il finit par me tirer dans ses bras, me berçant lentement pour m'apaiser, il me murmurait qu'il était désolé et je me raccrochais encore plus à sa chemise. Nous sommes restés un long moment ainsi, même après que je me sois arrêté de pleurer.

- Je suis désolé Granger, je ne savais pas. Je pensais que vous vous étiez seulement perdu de vue. Mais je suis sûr que Potter est encore en vie. C'est sûr que s'il avait été seul il se serait battu jusqu'à la mort face à Voldemort mais heureusement il n'était pas seul, les autres membres de l'ordre l'ont sûrement obligé à partir. Réfléchis, Potter est le symbole de la révolution, l'ordre a besoin de lui, ils ont intérêt à le garder en vie. Tant qu'il vivra il motivera le peuple, il est le leader de la lutte contre les mangemorts. Si Potter meurt les gens seront résignés à leur sort, ils penseront que personne ne peut s'opposer au mage noir alors ils lui obéiront. Pour eux seul Potter peut le vaincre, ils ne pensent pas que quelqu'un d'autre puisse le faire et ils oublient que Potter n'est pas seul, il a plein de personnes autour de lui, prêtes à se sacrifier pour que le bien l'emporte. Pour eux la paix ne peut venir que des actes d'un adolescent !

Grâce à ses paroles Malefoy m'avait rassuré. Certes nous avions perdu une bataille mais pas la guerre, j'avais perdu Ron mais il me restait Harry et d'autres amis.