Merci à toi Plof90 et à tous ceux qui ont appréciés cette histoire.
Souviens-toi de nous.
Chapitre 2.
La vie parfois peut paraître si imprévisible et si cruelle. Il y a deux jours, j'étais avec l'homme que j'aimais. Nous faisions des projets d'avenir ensemble, et aujourd'hui j'allais rentrer à la maison sans lui. Je fourrai rageusement mes vêtements dans le sac de voyage en repensant à tous ces évènements. J'ouvris le placard à la recherche de quelques affaires. C'est là que je l'ai vu posé par terre, son sac de voyage. Je le ramassai pour le mettre doucement sur le lit, puis je l'ouvris. Je souris en voyant ces vêtements parfaitement pliés et rangé. Je pris son gilet bleu entre mes mains, puis j'enfouie mon visage dedans en respirant à fond. Il y avait encore sa merveilleuse odeur. Alors c'était tout ce qui me restait de lui, un sac de vêtements et une odeur. Je ravalai mes larmes. En regardant dans la valise je remarquai une petite bosse dans le coin, en soulevant les vêtements je découvris un petit parquet emballé dans un papier cadeaux noir et blanc, avec un joli nœud au-dessus.
Je su tout suite qu'il s'agissait de la surprise dont il m'avait parlé. Je défie le nœud, puis je m'attaquai au papier. J'ouvris la petite boite, je me figeai voyant ce qu'il y avait dedans. Deux billets pour voir les Giants de New-York jouer contre les Falcons d'Atlanta au mythique Giants stadium le week-end prochain. J'étais sous le choc, des mois que j'essayai d'obtenir ses billets mais tout était complet. Comment avait-il fait ? Les billets étaient accompagnés d'une petite carte. Je reconnu immédiatement son écriture.
Derek,
Je voulais teremercierpour ces trois ans merveilleux. Mon amour pour toi est infini et il dura toute l'éternité. Spencer.
Tout à coup, je me sentis submergé incapable de respirer. Je laissai tomber la boite et la carte sur le lit, puis je reculai jusqu'au mur. Mon corps s'effondra au sol, et je restai là bêtement à fixer le vide en respirant très fort. Je priai le ciel pour être de nouveau avec lui.
J'entendis des voix lointaine crier mon nom mais je ne réagissais pas. Soudain je vis Emily agenouillée près de moi. Ses lèvres bougeaient mais je n'entendais absolument rien. Elle me prit la main et m'obligea à me mettre débout. A ce moment-là je remarquai aussi la présence de JJ. Elle s'approchait du lit, puis ramassa la boite et la carte. Elle me lança un regard si triste. Elle mit le tout dans le sac de Spencer et le referma. Puis elle le prit avec qu'elle.
Emily continua à faire ma valise, puis elle me prit la main. Je l'ai suivie. En franchissant la porte, je jetai un derrière coup d'œil dans la chambre. J'écarquillai les yeux. Spencer était debout au milieu de la chambre. Il me souriaiten me faisant un petit geste de la main. Puis JJ referma la porte.
«Non. » cria-je, en reouvrant la porte, mais je constatai avec effroi que la chambre était vide. Une immense déception m'envahis.
« Derek ! » dit les deux femmes en me dévisageant bizarrement.
« J'ai…J'ai cru voir… » Balbutia-je en regardant la pièce. « Non, rien. » me repris-je en comprenant que c'était qu'une illusion crée de toute pièce par mon esprit.
« Viens ! Il est l'heure de partir. » Dit Emily. Je refermai la porte, nous retrouvâmes le reste de l'équipe dans le hall.
« Derek, je me suis occupé de tout, j'ai informé de la situation à nos supérieur, puis j'ai appelé les parents de Reid. Son père compte venir à Quantico. » M'annonça Hotch. Je répondis par un hochement de tête.
Puis nous quittâmes San Francisco le cœur en lourd de chagrin en pensant à ce que nous avions perdu là-bas : partenaire et un ami pour les autres, et l'amour de ma vie pour moi.
En sortant de l'aéroport Emily me conduisit directement à mon appartement.
« Je devrais peut-être rester avec toi ? » dit-elle d'une voix douce.
« Non, tu dois être fatigué ! Rentre chez toi. » En voyant son regard inquiet j'ajoutai : « ça va aller ! J'ai juste besoin d'être un peu seul.» Elle posa une main réconfortante sur mon épaule. « Je t'appel plus tard. » dit-elle en me tendant le sac de Reid.
Je pénétrai dans l'appartement silencieux. L'endroit semblait le même qu'avant mon départ pour San Francisco mais pourtant tout avait changé. Ma vie entière avait changé. Je n'avais plus mon âme, Spencer l'avait emportée avec lui.
J'observais l'appartement, et un flot de souvenir m'inondèrent.
Il y a de deux ans de ça, Spencer et moi avions décidé de vivre ensemble. Nous avions donc acheté cet appartement. Je me rappelai très bien qu'à l'époque, nous avions dû visiter une dizaine d'appartement. À chaque fois quelque chose clochait. Il y avait toujours quelque qui n'allait pas pour Spencer, trop petit, trop grand, mal placé, difficile d'accès. Il me rendait dingue car pour moi, cela n'avait pas d'importance. N'importe quel endroit aurait été parfait du moment qu'on était ensemble mais à la minute où nous avons franchi cette porte, il eut un coup cœur pour celui-ci. Il n'arrêtait pas de me dire que c'était le bon. Qu'on serait heureux ici. Je le revois s'enthousiasmé à cause du parquet en bois vernis, s'extasier devant l'immense terrasse et la superbe vue, se réjouir car il y avait deux chambres et une salle de bain équipé d'un jacuzzi. Ses yeux s'illuminaient quand il parlait de comment il allait tous décorer. Au final, nous avons dû faire une offre au-dessus du prix pour être sûr de l'avoir. Il nous a fallu des mois pour tout décoré à notre goût et que l'on se sente vraiment chez nous.
Je larguai au sol les deux sacs que je tenais, puis je traversai le séjour en trainant les pieds et en touchant chaque objet, la lampe que Spencer avait choisi dans une brocante, le canapé en cuir noir que nous avions passé tout un après-midi à faire monter jusqu'ici, ce n'était pas du tout facile vu que nous vivons au huitième étage. Je m'approchai de la bibliothèque pleine de livre. Je l'imaginai se lever du fauteuil pour ranger un de ces romans préférer sur l'étagère. Je fis demi-tour puis je passai devant le bar qui délimitait la salle à manger et la cuisine. Je touchai le marbre du comptoir des bouts des doigts en me rappelant le dernier petit déjeuner que nous avions pris assis sur ces tabourets. Je continuai ma progression en montant à l'étage. Je traversai le couloir, puis je poussai la porte de ce qui fut notre chambre.
Fatigué, je m'allongeai, et je fermai les yeux pour la première fois depuis deux jours.
Je sentis un souffle d'air froid sur ma peau qui me fit sursauter dans mon sommeil. Je me redressai la tête lourde. J'étais en sueur et je tremblai. Je jetai un œil au réveil, il était à peine 20h00. Je sentis à nouveau un courant d'air froid, puis j'ai cru voir une ombre passé furtivement dans le couloir.
« Spencer ! » dis-je en me levant mais comme pour la chambre d'hôtel le couloir était vide. Je descendis au séjour. Je ne supportai plus d'être dans cet appartement, j'étais oppressé. Je me précipitai dehors.
Une fois au pied de l'immeuble, je décidai de marché.
Deux jours plus tard.
Quelqu'un frappa à la porte, je me relevai par terre où je m'étais laissé tomber en pleure des heures auparavant, puis j'allais ouvris. C'était Garcia vêtu tout en noir. Elle tenait dans sa main un carton blanc.
« Je t'ai appelé des centaines de fois ! » s'exclama-t-elle sur un ton de reproche. Je retournai d'un pas mécanique au séjour où je me laissai tomber sur le canapé.
Garcia déposa le carton sur la table base. « Ce sont les affaires de Spencer qui se trouvaient dans son bureau et dans son casier. »
J'enlevai le couvercle puis je regardai dedans. Il y avait son cahier à dessein, ses crayons, un bouquin sur la psychologie. Tout au fond une photo de nous deux. J'ai pris la photo et je l'ai regardé en silence. Garcia s'assit en silence à côté de moi.
Je fini par dire : « regarde comme en a l'air heureux sur cette photo. »
« Vous étiez un beau couple. » dit-elle en me serrant la main. « Le père de Reid souhaite organiser une messe pour son fils pour qu'on est l'occasion de lui dire au revoir. Elle aura lieu demain à 9h00 à l'église sainte Catherine.
« Je voudrai que tu me laisses seul. » marmonnai-je. Je ne voulais pas entendre ce genre de chose. Ils voulaient quoi ? On n'avait même pas le corps de Spencer pour lui offrir une sépulture décente.
« Je vais rester avec toi. »
« Sors d'ici ! » cria-je. Garcia fut surprise par mon agressivité. Elle se leva et me fixa d'un air mauvais.
« Derek, je sais que tu souffres mais tu devras pas traiter tes amis de cette façon. Et je te conseille de venir demain si tu ne veux pas le regretter.» Elle tourna les talons et claqua la porte.
Un mois plus tard.
Je sentis une main se poser sur mon épaule, j'ouvris difficilement les yeux. Je reconnu Hotch penché au-dessus de moi. « Regarde dans quel état tu t'es mis. » dit-il en secouant la tête sur un ton désolé.
Je grimaçais en me redressant sur le banc. Je fronçai les sourcils en voyant que j'étais dans une cellule sentant la pisse et la sueur.
« Qu'est-ce que je fou ici ? » dis-je en sentant ma joue douloureuse.
« Tu as été arrêté. Derek, tu as provoqué une bagarre dans un bar ! Tu as de la chance que le capitaine Williams soit un ami et qu'il m'ait appelé. Cet incident n'apparaitra pas dans ton dossier. » Déclara Hotch. J'enlevai sa main rageusement de mon épaule.
« C'est ces types du bar qui ont commencé. » me justifia-je.
« Ce n'est pas ce que dissent les témoins présent. C'est toi qui as commencé. On agissant ainsi tu risques de mettre en péril ta carrière. » S'empressa d'ajouter Hotch.
« Et tu n'avais pas à venir. Je n'ai pas besoin de ton aide. » Lui cria-je.
« Regardes toi ! Tu pues l'alcool. Tu crois que Reid aurait aimé de voir dans cette état. » Dit-il avec déception. « Pourquoi tu n'acceptes pas l'aide des gens qui tiennent à toi ? »
Je ne répondis pas, la colère m'étouffait presque.
« Je sais mieux que quiconque ce que tu ressens. Tu souffres et tu culpabilises. T'as l'impression qu'il est mort par ta faute mais ce n'est pas le cas.»
« Qu'est-ce que tu en sais ? » grondai-je.
« C'est exactement ce que j'ai ressenti à la mort d'Haley. » dit-il avec peine. Je me suis senti coupable en repensant à sa femme.
« J'ai l'impression que l'on m'arracher le cœur de la poitrine et qu'il ne me reste plus qu'à mourir. »
« Je sais. Cette douleur ne s'en ira pas mais tu peux la maitriser en te plongeant dans le travail. Se sera ta planche de salut, ton moteur et se serait la meilleur façon d'honorer la mémoire de Reid.»
« Non, je ne reviendrais pas. Je n'y crois plus. Je préfère quitter le FBI » Marmonnai-je en essayant de me relever, Hotch dû m'aider à me mettre debout.
Après quelques formalités, Hotch et moi avons quitté le poste de police.
« Je te ramène chez toi. » Dit-il.
« Je vais marcher un peu. »
« Tes sérieux ! Tu tiens à peine debout et tu veux marcher. » Il me fit assoir sur le siège avant puis il attacha ma ceinture.
Le reste du chemin se fit dans le silence total. Arrivé devant l'immeuble, il m'aida arriver jusqu'à mon appartement. Il ouvrit la porte, puis appuya sur l'interrupteur, il se figea en voyant l'état de l'appartement. Tout était en désordre, des cadavres de bouteille de bière et de whisky jonchaient le sol. Il m'aida à marcher jusqu'au canapé.
« Derek ! Il faut que tu réagisses avant qu'il soit trop tard. » Me dit-il en regardant autour de lui avec un air effaré.
« Morgan ! Dès demain matin je t'attends au bureau. Si tu ne viens pas tu pourras considérer que ta démission a été acceptée.» déclara Hotch sur un ton grave. Il se dirigea vers la porte, puis se retourna. « Tu n'es pas seul même si tu as cette impression. » Puis Hotch s'en alla. De nouveau jetai seul avec mes souvenirs.
Je m'allongeai avec difficulté sur le canapé en fermant les yeux. Je repensais à ma discussion avec mon chef. Il avait raison, je ne pouvais plus continuer de cette façon et Spencer n'aurait pas supporté de me voir m'effondrer. J'ouvris les yeux de nouveau, puis jetèrent un coup d'œil autour de moi. Reid n'aurait pas apprécié de voir l'appartement aussi sale. Il était très obsédé par la propreté. Il me rendait complètement chèvre avec ses dessous de verre, il se transformait en monstre si tu avais le malheur de poser un verre sur la table ou sur le comptoir du bar sans utiliser un dessous de verre. Chaque objet devait être rangé au millimètre près. Je souris en le revoyant nettoyer et astiquer comme un fou.
« Ne te moques pas, tu sais combien il y a de microbes et de bactérie dans un appartement. » me répétait-il sans cesse. « Des milliards ! »
Je me relevai en m'aidant du canapé, puis je me suis rendu à la cuisine. J'attrapai un sac poubelle dans l'un des placards du bas. La cuisine était dans le même état que le reste de l'appartement, la vaisselle sale s'entassait dans levier, les boites de nourriture avaient envahi les lieux.
Je commençai par ramasser les détritus. Il m'a fallu trois heures pour tout nettoyer et remettre les choses exactement à la même place que Reid les rangeaient. J'étais fatigué mais content de moi.
« Demain, j'irai au bureau. » dis-je.
Un an plus tard.
Debout dans la cuisine, je préparai du café, puis je me suis mis à penser à cette année qui s'est écoulée.
La vie avait repris son court malgré le fait que je pensai à Reid tous les jours et toutes les nuits. Les différentes affaires s'étaient succédés les uns après les autres. Il a bien fallu répondre présent. J'ai continué à faire mon travail méticuleusement. Les membres de l'équipe ont été fabuleux, il m'ont soutenu et épaulé durant ses mois sombre.
« Derek ! Tu rêves ou tu m'apportes mon café ? » Râla Garcia.
« J'arrive. » dis-je en revenant à la réalité. Je mis le tout sur le plateau, je rejoignis mon ami dans le séjour. Je déposai le plateau sur la table basse et je m'assis près d'elle sur le canapé.
« Merci. » dit-elle avec un sourire. Elle ajouta deux sucres dans son café.
« De rien. » répondis-je. « Spencer mettait une tonne de sucre dans son café. » dis-je en souriant de manière nostalgique. Elle sourit à son tour. « Il avait une tonne de sucrerie dans son sac ou dans le tiroir de son bureau. » dit Garcia. Je baissai les yeux tristement.
Elle but une gorgée. « Mmmh ! C'est délicieux. » Elle affichait toujours son beau sourire. « Cette soirée fut géniale. Ta cuisine était si délicieuse.» s'extasia-t-elle.
« C'est ma façon de te remercier. Tu as été là pour moi même quand je me comportai comme le dernier des cons. » Dis-je ému.
« Derek, c'est normale, tu souffrais d'avoir perdu Spencer, je t'aurais jamais laissé tomber. » me dit-elle en me caressant la joue. « Mais il serait temps que tu arrêtes de vivre dans un mausolée. »
« Pourquoi tu dis ça ? » Je fronçai les sourcils.
« Il y a encore toute les affaires de Spencer. Il faudrait peut-être pensé à les enlever. » Dit-elle.
« Non, ses affaires resteront là. » répondis-je avec force. Elle me dévisagea d'un drôle de façon. « C'est tout ce qu'il me reste de lui. » ajoutai-je.
« Je comprends mais je doute que ce soit bon pour toi de vivre parmi toutes ces choses, car tu restes figé dans le passé, tu ne vis plus. Dis-moi c'était quand la dernier fois que tu as été à la gym ou que tu es allé boire un verre avec tes amis et t'amuser.»
« Ce n'est pas vrai, je passe une soirée amusante avec la fille la plus sexy et la plus adorable du monde. » Elle afficha un grand sourire.
« Dans ton appartement » ajouta-t-elle. Elle avait raison, j'allais au travail, puis je rentrai directement à la maison. C'était ça ma routine depuis quelques mois. Je me sentais bien qu'ici.
« J'ai l'impression qu'il encore là avec moi.» expliquai-je.
« Tu dois te souvenir que tu es encore vie, tu dois avancer. » Mon portable vibra en même temps que celui de Garcia. On avait tout deux reçu un message de JJ. Nous devions nous rentre immédiatement au bureau.
Garcia et moi sommes arrivés au bureau. Tout le monde était déjà présent dans la salle de réunion.
« Salut ! » dis-je. Chacun nous salua chaleureusement.
« Nous avons une nouvelle affaire… » Hotch s'arrêta et me regarda. « …à San Francisco. » Finit-il par lâcher. » Tout le monde me dévisagèrent comme s'ils s'attendaient à ce que je pète une crise.
« C'est quelque genre d'affaire ? » Dis-je calmement.
« Morgan, si c'est trop dur, je comprenais que tu ne veuilles pas venir avec nous. » me dit doucement Hotch.
« Non, je veux y aller. » dis-je sans grande conviction.
« Bon, ok. » Il alluma la télévision devant nous. Les photos des trois scènes du crime défilaient sur l'écran.
« C'est une série de cambriolage macabre, à chaque fois un homme pénétré par effraction au beau milieu de la nuit dans une maison ou un appartement, il tue les propriétaires des lieux. Le mari est tué rapidement d'une balle dans la tête, ensuite la femme est battue à mort. Il y a eu trois cambriolages et trois doubles homicides. » Résuma Hotch.
« Le premier couple fut tué il y a trois jours: M. Redford Bradley et Mme Redford Regina tous deux retraités vivant dans le quartier huppé de Russian Hill. Leurs corps fut découvert par la femme de ménage. Quelques bijoux de grande valeur ont été volés. Le deuxième couple M. Green Daniel et son épouse Mme Green Maria, âgé respectivement de 55 ans et 50 ans, il vivait dans le quartier de Parnassus Heights. Ils ont été tués comme le premier couple, l'argenterie a été dérobée. Ce sont leur fille qui trouva leurs corps avant hier matin. Le troisième couple M. Hodges Stefan et son épouse Erica fut retrouvée mort ce matin, même mode opératoire que les deux premiers couples. Ils vivaient à Nob Hill. Comme pour les autres meurtres personnes a rien entendu.» Exposa JJ.
Je regardai les photos, j'avais un sentiment de malaise. Ces gens devaient certainement avoir une vie heureuse et en quelques seconde quelqu'un à réduit tout ça à néant. Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à Spencer. À cause d'un déséquilibré, il était parti et notre bonheur avait aussi disparue. J'ai essayé d'étouffer la colère qui grandissait en moi.
« Morgan ? » Je regardai Rossi, j'étais confus, non seulement je n'avais pas participé à l'analyse de la scène des crimes et du mode opératoire du tuer mais pire je n'avais pas écouté mes collègues. J'étais resté perdu dans mes pensées. « Il faut y aller. » me dit-il. Je me levai et quitta la salle.
Nous sommes arrivés très tôt à San Francisco. Contrairement à l'an dernier l'air était doux et plus respirable. Arrivé au commissariat, je remarquai que rien n'avait changé. C'était toujours la même vieille bâtisse blanche. La décoration n'avait pas changée non plus. Les mêmes bureaux étaient exactement à la même place qu'il y a un an. Je m'approchai de la table où Spencer s'était assis un an plutôt. Je pouvais le sentir en quelque sorte.
Puis je me rendis dans les toilettes, je fixai la cabine où nous nous sommes embrassés la dernière fois. Soudain j'ai eu l'impression de suffoquer. Je couru jusqu'à la sortir et repris mon souffle. Hotch m'avait vu me précipiter dehors, il m'avait suivi.
« Est-ce que tout vas bien ? » demanda-t-il avec une mine inquiète.
« N…non. » balbutiai-je en respirant fort. « J'ai cru que je pouvais gérer mais je me trompai. Ce commissariat est l'un des derniers endroits où Reid était avant d'être tué. Je ne veux pas y retourner, j'en ai pas la force. »
« Ok, bon. Va avec Prentiss sur la dernière scène de crime. » Il me fixa intensément. « Ça va aller ?» J'ai répondu par un hochement de tête. Il me donna la clef du SUV.
Je m'en voulais d'être aussi faible. « Il faudrait bien que je surmonte ça. » me dis-je en m'installant derrière le volant. Je donnai un violent coup de poing au volant, je ressentis une terrible douleur à la main. Agacé par ma faiblesse, je m'appuyai contre le siège.
Quelques minutes plus tard, Prentiss monta à côté de moi en me dévisageant.
« Hotch t'as racontée ma p'tite crise de panique. » Elle hocha la tête sans rien ajouter.
« Laisses-moi deviner, il veut que tu gardes un œil sur moi. »
« Il s'inquiète. »
« Ça va mieux, c'est passé. Je vais surmonter ça. » Dis-je plus pour me convaincre.
« Je sais.» dit-elle en attachant sa ceinture. Nous partîmes pour Nob Hill.
Je stationnai le SUV le long du trottoir. Le couple vivait dans immeuble de standing dans un quartier très fréquenté, il avait des boutiques à chaque coin de rue.
En voyant notre badge le gardien nous laissa entrer, puis il nous conduisit à l'appartement des Hodges en nous expliquant que le couple vivait là depuis plus de cinq ans, et qu'ils étaient plutôt discrets.
L'intérieur de l'appartement était très grand et luxueux. Emily et moi, nous nous rendîmes directement dans la chambre où avait eu lieu le double homicide. Le mur était couvert de sang du sol au plafond. C'était une vraie boucherie. Pourquoi tant d'acharnement ?
Les draps avaient été emportés par les techniciens de la police scientifique. J'ouvris les tiroirs de la commode, puis celles des tables de chevet. Je visitai leur dressing. Il n'y avait rien en particuliers.
« Qu'est-ce qu'il leurs a volé ? » demandai-je à Emily.
« Le portefeuille du mari, la boite à bijoux de l'épouse. » répondit-elle en me suivant du regard. Je jetai un coup d'œil furtif autour de moi, puis je sorti de la chambre.
« Est-ce que ça va ? » me cria-t-elle depuis la chambre
« J'en ai marre qu'on me pose cette question.» dis-je sèchement
« Ok, calme-toi. » dit-elle. « Je pense que ce type est passé par l'escalier de secours, le couple a dû oublier de fermer correctement la fenêtre. Le gars en a profité… »
Je n'écoutai plus vraiment Emily. J'écartai les rideaux du séjour et je jetai un œil dans la rue. Et c'est là que je l'ai vue assit à une table sur la terrasse du café d'en face. Son look était diffèrent mais c'était bien Spencer. Les cheveux plus courts, il portait un T-shirt blanc et un jeans noir. Je fermai les yeux, puis je les ouvris de nouveau. Il était encore là.
« Oh mon dieu ! » dis-je en sortant de l'appartement en courant. Je volai les marches quatre à quatre. Arrivé à l'extérieur, je traversai la rue, je manquai de me faire renverser par une voiture. Le chauffeur me traita de cinglé mais je continuai à courir. Arrivé sur la terrasse, il n'était plus là. Je regardai à gauche, puis à droite.
« Spencer ? » criai-je. Les gens du café me dévisagèrent.
Emily apparue, le regard inquiet.
« Qu'est-ce qui t'as pris de partir commence ça ? » dit-elle en me fixant.
« Je l'ai vu. Il était juste là. »
« Qui ? »
« Spencer ! » m'exclamai-je. Elle me regarda avec tristesse.
« Non, je t'interdis de me regarder de cette façon. Je ne suis pas fou. Il était assis à cette table. »
« C'est peut-être juste quelqu'un qui lui ressemblait. » tenta-t-elle d'expliquer.
« Non, c'était bien lui. J'en suis sûre. Je vais te le prouver. » Déclarai-je en sortant mon portable de ma poche. J'appelai la serveuse brune qui servait deux clients plus loin.
Elle arriva avec un grand sourire. « Oui ! Vous désirez ? »
« FBI. » dis-je en montrant mon badge.
«Oh ! C'est à cause du couple assassiné en face ? » demanda-t-elle avec curiosité.
« Non, j'ai besoin que vous identifiez quelqu'un. Mademoiselle regardez attentivement cette photo. » Je lui montrai une photo que j'avais de Spencer sur mon téléphone. Elle fixa mon portable en plissant les yeux.
« Est-ce que c'est le jeune homme qui était assis à cet table ? » Elle secoua la tête.
« J'en suis pas sûr, je ne lavai pas vraiment regardé. » dit-elle.
« Concentrez-vous. C'est important. »
« Je suis désolé, c'est peut-être lui mais j'en suis pas sûr. »
« S'il vous plait… » Je réfléchis rapidement. « Il a commandé quelque chose ? » demandai-je.
« Un jus de fruit. » répondit la jeune femme. « Je pourrai avoir le verre ? »
« Pourquoi ? » demanda la serveuse.
« Qu'est-ce tu fais ? » rajouta Emily.
« S'il a bu dans ce verre, il y aura son ADN, une simple analyse pourra montrer que j'avais raison. » m'exclamai-je.
« Je crains qu'il soit déjà lavé. » m'annonça la serveuse.
« Non, non, non… »
« Morgan ! Laisses tombé ! On rentre.» Ordonna Prentiss. Je lui lançai un regard mauvais.
« Je sais ce que j'ai vu. Je ne suis pas fou. » En me dirigeant vers la voiture.
« Je n'ai jamais dit que tu étais fou. Le fait de revenir dans cette ville t'a beaucoup perturbé. C'est normal que tu voies Reid à chaque coin de rue. »
Je refusai de l'écouter.
Arrivé au commissariat, je couru directement voir Hotch.
« Spencer est vivant ! » M'exclamai-je. Hotch, Rossi et JJ semblaient ne pas comprendre.
« Je l'ai vu de mes propres yeux. »
« De quoi tu parles ? » demanda Hotch avec visage impassible.
« Il est persuadé d'avoir vu Reid dans le café en face de chez les Hodges. » expliqua Emily avec scepticisme.
« Quoi ? » maintenant tout le monde me regardait comme si j'étais fou. JJ posa une main sur sa bouche en secouant la tête.
« J'aimerai qu'on lance un avis de recherche. »
«Il est hors de question. Nous sommes au beau milieu d'une enquête, nous n'allons pas mobiliser les forces de police pour courir après un fantôme dans toute la ville.»
« Je ne demande pas autant, je veux qu'on leurs transmettre une photo de Spencer au cas où. »
« Va te reposer à l'hôtel. » Me dit Hotch.
« Mais… »
« La discussion est close. » gronda-t-il. Je quittai la pièce en colère. Une fois dehors, je commençai à douter, s'ils avaient raison. Il m'est déjà arrivé par le passé d'avoir des visions de Reid. Je suis en train de devenir fou.
Je rentrai à l'hôtel qui se trouvait au centre-ville, forte heureusement ce n'était pas celle de la derrière fois. Il était à peine 10h00 du matin mais en entrant dans ma chambre, j'ai avalé un somnifère, puis je suis allé directement me coucher en pensant à Spencer.
« Derek ! Réveilles toi ! » J'ouvris les yeux. JJ, Emily étaient là.
« Qu'est-ce qui se passe ? » dis-je en grognant. « Tu dois nous suivre ! » dit doucement JJ.
« Hotch voudrait te voir au commissariat. » ajouta Emily.
« Pour certainement me virer car je commence à perdre la tête. Les deux jeunes femmes s'échangèrent un regard intriguant. En tout cas tant pis. Je les aie suivies.
Arrivé au commissariat, Hotch est venu à ma rencontre.
La mine toujours aussi grave. « Tu veux me virer ? Alors vas-y, vire-moi. »
« Pourquoi tu penses ça ! » me dit-il. Je haussai les sourcils.
« Ce matin tu étais tellement certain d'avoir vu Reid, alors l'équipe et moi avons sérieusement discuté. Si tu étais aussi sûre de ce que tu as vu, alors il fallait au moins t'écouter. » Me dit Hotch.
« Vous allez lancer l'avis de recherche ? » demandai-je aux membres de l'équipe.
« Non.. »
«Vous avez surement raison, je commence surement à devenir fou. »Dis-je en interrompant Hotch.
«… car nous avons déjà lancé un avis de recherche concernant Reid. » Je le fixai stupéfait. Mon corps tremblait.
« Maintenant, espérant que je ne sois pas fou. » dis-je en m'efforçant de sourire.
« Non, tu n'es pas fou. » me dit Emily. Je ne comprenais pas leurs attitudes.
« Suis-nous. » dit-elle. Ils m'ont emmené au deuxième étage. « Regardes ! » me dit Prentiss en pointant du doigt sur quelqu'un assit sur une chaise. C'était Reid.
