… … …

Chapitre 2 : A n'en plus pouvoir

… … …

En ouvrant la porte de son bureau le lendemain, Wilson ne s'attendait pas à y trouver Cuddy. Elle était assise dans son fauteuil, regardant tranquillement par la fenêtre.

- Lisa ?

Elle se redressa soudainement et lui sourit tristement.

- Bonjour James.

Il s'approcha en silence, n'ayant aucune idée de ce qu'il pourrait lui dire. Les mots avaient fini par devenir inutiles entre eux depuis le départ de House. Ils souffraient tous deux de son absence, et ils le savaient.

- Il faut prévenir ses parents.

- Je sais.

- Et il faut prendre de ses nouvelles.

- Je sais.

- On ne peut pas continuer comme ça…

- Je sais Lisa.

Leur ton était monotone. Leurs regards ne s'étaient pas croisés une seule fois. Lorsque le silence s'installa à nouveau, Cuddy ne put retenir une larme qui dévala sa joue dans une légère traînée noire. Elle sembla alors reprendre ses esprits. Brusquement elle essuya son visage du revers de la main, remit son tailleur en place et quitta le bureau. Wilson resta dans la même position plusieurs minutes. Il se sentait découragé, comme s'il n'avait plus la force de faire quoi que ce soit sans son idiot de meilleur ami à ses côtés…

***

Le trajet lui avait paru machinal. Qu'y avait-il de mal à se rendre chez son ami ?

Wilson plongea la main dans sa poche pour saisir le trousseau de clés de House. Il les gardait en permanence avec lui. C'était lui qui avait pris la décision de laisser l'appartement en état. Il déverrouilla la porte et l'ouvrit lentement. Un sourire lui échappa à la vue des affaires du médecin.

La porte se referma en claquant. Il revenait ici pour la première fois depuis ce fameux jour, jour qu'il avait attendu si longtemps sans réaliser à quel point il changerait sa vie et la rendrait difficile. Une boîte de Vicodin trônait sur le piano, vestige du passé. Avant de s'asseoir, Wilson saisit le téléphone et chercha dans le répertoire le numéro des parents de House. Il le trouva rapidement, à son grand désespoir. Rassemblant son courage il pressa la touche d'appel et porta le combiné à son oreille.

- Allo ?

Il avait l'impression de suffoquer. Aucun mot ne voulait sortir de sa gorge.

- Allo ?!

Sa respiration se faisait de plus en plus saccadée. Son corps manquait d'air.

- Si c'est une blague ne rappelez pas !

Wilson soupira de soulagement en entendant son interlocuteur raccroche. Après avoir repris son souffle, il reposa le téléphone à sa place. Il hésita un instant et se précipita vers la cage d'escaliers, refermant le verrou hâtivement pour partir le plus vite possible de cet endroit qui réveillait en lui trop de souvenirs douloureux. Mais pourquoi ne parvenait-il pas à l'oublier ?

***

- Je te jure ! J'arrive pour lui donner ses médicaments, et il me demande si j'ai une capote sur moi !

- Depuis le temps que je dis qu'on devrait changer de boulot !

Deux infirmiers discutaient dans les couloirs de l'hôpital psychiatrique. Ils avaient presque terminé leur service et devaient simplement amener le traitement d'un dernier patient dans sa chambre.

- Bonjour Monsieur House !

Un cri d'effroi retentit dans tout l'étage lorsque l'infirmier pénétra dans la pièce.

- Ben ! Appelle les secours tout de suite !

- Quoi ?!

- Fais ce que je te dis ! MAINTENANT !