Bonjour ! Voici un second chapitre qui va peut-être en dérouter certains au départ mais tout est lié, ne vous inquiétez pas. Comme je l'ai déjà dit, il ne faut pas se fier à tout ce que l'on lit ).

Merci beaucoup pour les reviews ou pour les lecteurs/trices qui ont marqué ma petite histoire. J'espère être à la hauteur de vos attentes. Et je tiens à signaler que toute critique ou suggestion sont les bienvenues.


Amsterdam, mai 2000.

« Qu'est-ce que c'est ce truc ? s'étonna une voix féminine quelque peu éraillée. Depuis quand les beaux toxicos cachent leur camelote dans des fioles ?

-Lâche ça ! lui ordonna le jeune homme d'une voix grave en lui arrachant violemment l'objet des mains. »

« Et je te défends de me traiter de toxico ! » pensa-t-il. Quelle sotte ! Si elle savait qui il était…enfin, elle ne se souviendrait sûrement de rien le lendemain. Il faudrait qu'il pense à dissimuler ses ingrédients à l'avenir, si par malheur il tombait sur un sorcier un jour, il risquerait de se faire repérer.

Le jeune homme resta immobile quelques secondes encore, avant de se tourner vers son lit où la jeune fille l'attendait, une mine boudeuse affichée sur le visage. Il se ressaisit en la voyant ainsi, il avait envie d'elle.

« Hum…Melissa, c'est bien cela ? la jeune fille hocha la tête pour approuver. Je suis désolé, le manque a un effet étrange sur les gens, comme tu dois sûrement bien le savoir. Excuse-moi de m'être emporté, mais sois un ange, veux-tu ? il s'était également assis sur le lit à côté de sa conquête brune, lui tenant le visage entre ses mains. Ne touche plus à ça. »

La dite Melissa n'eut guère le temps de répondre quoi que se soit que le jeune homme l'emprisonna de ses bras, l'embrassant tendrement pour la détendre au début puis intensifiant son baiser par la suite. Elle lui déboutonna sa chemise, laissant apparaître sa peau blanche comme de la porcelaine qui contrastait tellement avec la marque des ténèbres qu'il portait sur le bras, vestige d'une vie dont il voulait oublier l'essence. Vestige d'une vie qu'il voulait oublier.

« Oh, ça c'est flippant, souffla-t-elle.

-Un tatouage…répondit-il, évasif, tout en se frottant le bras.

-Cool. »

Il tourna la tête, rares sont les personnes qui avaient l'occasion de la voir, et bien que les moldus n'y comprenaient rien, il préférait la cacher. Voldemort l'avait marqué lors de sa sixième année à Pourdlard, l'année où il devait tuer Dumbledore…Il ne supportait plus cette marque, alors il la dissimulait grâce à un puissant sort de magie noire que lui avait appris Rogue en septième année, lorsqu'il était son apprenti, lorsque son maître était encore en vie…Cette marque le ramenait à tant de souvenirs, si lointains cependant. Mais le sceau de Voldemort était d'une puissance telle, qu'il fallait un sort encore plus puissant pour la cacher ne serait-ce que quelques heures. Cela demandait beaucoup d'énergie et l'ancien mangemort en manquait cruellement ces temps-ci. Il passait ses journées à travailler, à peaufiner sa connaissance magique, à créer des sorts, les améliorer. Tout ceci l'épuisait, mais il n'avait pas le choix. Il ferma les yeux, tentant vainement de chasser ces pensées de son esprit, comme toujours depuis deux ans.

« Adriaen… ? demanda Melissa, peu sûre d'elle.

-Oui ?

-Embrasse-moi. »

Il se réveilla, légèrement nauséeux. Il percevait la présence de Melissa près de lui, elle respirait calmement, elle dormait tranquillement, lui avait passé sa nuit à cauchemarder. Il avait encore passé sa nuit à faire ces mêmes cauchemars, comme toutes les fois où il osait s'endormir. Il ouvrit lentement les yeux, le soleil baignait la chambre entière, il en sentit les rayons chauds sur son visage. Il se dégagea de la fille, se leva et s'assit sur le rebord de la fenêtre. Des dizaines de moldus grouillaient en bas de sa rue, allant, venant, ignorant tout de la guerre et vivant tout simplement. Sur toutes les personnes marchant dans la rue, au moins cinq sur vingt avaient déjà touché à la drogue, avaient été drogué, l'étaient ou le seraient. Les moldus étaient comme ça, Amsterdam était comme ça. Le soleil surplombait déjà la ville, Drago se releva et ferma les volets.

Cela faisait un an qu'il vivait au milieu des moldus, sous le nom d'Adriaen Draak. Il était un mangemort en fuite et ils furent son seul refuge. Il avait eu bien du mal à s'intégrer à ce monde mais Amsterdam était bien plus que le lieu de débauche des moldus, il était également celui des sorciers. En fait, il était en premier lieu celui des sorciers. Ce statut particulier de la ville lui apportait une certaine sécurité, il pouvait vaquer à ses occupations sans problèmes majeurs, de toutes manières, les problèmes, il les éliminait.

Il avait rencontré au détour d'un bar une bande de moldus complètement accros qui l'avaient cru du même acabit. Dégoûté en premier lieu, il fut bien obligé d'admettre qu'il allait devoir vivre comme un paria s'il voulait rester en vie. Il les côtoyait de temps à autres, goûtait à leur narcotique, couchait avec l'un ou l'autre. On le prenait pour l'un des leurs même s'il tenait à garder une certaine distance pour préserver son secret et principalement son identité.

Il avait lentement ouvert la porte de sa modeste, ou plus exactement insalubre disons-le, salle bain. Il s'avança avec précaution et fit face au miroir. Il se toisa d'un regard mauvais tout en examinant son corps nu parsemé de blessures multiples, semblant pourtant légères grâce à aux capacités magique de leur porteur. Il passa une main sur son torse, remontant le long des lignes de ses muscles, s'attarda sur une marque au niveau de son cou et grimaça tout en pensant à un moyen d'améliorer ses sorts de dissimulation. Il inclina la tête sur le côté, méfiant, traquant la moindre trace visible de faiblesse. Il fronça les sourcils tout en évitant consciencieusement son regard, secoua la tête et se dirigea vers la cabine de douche.

Il sortait de la douche lorsqu'il entendit la porte de son studio claquer. Il haussa les épaules, une droguée doit avoir besoin de sa dose même au réveil…ou peut-être même que cela l'avait réveillée. Il ne savait pas vraiment, il avait beau côtoyer ces gens là depuis longtemps déjà, il avait du mal à comprendre. Au fond, ce n'était pas si important que ça.

Il s'habilla rapidement, retourna dans le salon et sortit le matériel dont il avait besoin pour s'atteler à ses recherches. Comme chaque jour, il passa de nombreuses heures à se renseigner, expérimenter, vérifier, tester à nouveau, approfondir ses observations, se hasarder à des essais avec sa baquette et ce, jusqu'à en avoir les yeux injectés de sang, jusqu'à en être complètement épuisé. Comme chaque jour, il faillit s'endormir bien des fois, prêt à crouler sous le harassement.

Son esprit commençait à vagabonder, signe indiquant qu'il était bien trop tard pour continuer ses expériences. En secouant légèrement la tête, il s'aperçut qu'il lisait la même phrase depuis au moins cinq minutes, et encore, il n'en était guère sûr : la notion de temps lui avait totalement échappé. Il détourna les yeux de son grimoire et le referma doucement en prenant bien soin de ne pas abimer la reliure de cuir, ces livres étaient l'héritage de son mentor, et il y tenait bien plus qu'il ne voulait bien se l'admettre. Il plaqua les mains sur son bureau fait de bois et se releva d'un bond qu'il aurait voulu énergique avant de constater avec dépit qu'il n'était plus en état. « Je suis pathétique » pensa-t-il avec une sorte de dégoût.

Il eut soudain la sensation d'étouffer et pressentait le besoin urgent de respirer, il se dirigea d'un pas rapide mais assuré vers la fenêtre pour aérer enfin et ouvrir les volets qui avaient voilé le soleil toute la journée.

Il faisait déjà nuit en réalité, il faisait toujours nuit lorsqu'il sentait la fatigue s'emparer de son corps et de son esprit. Autant qu'il s'en souvienne, il n'avait que très rarement vu le jour plus de dix minutes depuis un an. Laissant ce détail sans importance de côté, il regarda sa montre : vingt-deux heures passées. Il leva un sourcil suspicieux, il était décidément réglé comme une horloge suisse, il stoppait tous les soirs à la même heure. Ensuite, il prenait une douche, puis il parsemait son corps de sorts en tout genre, pour dissimuler ses cicatrices, se donner une apparence quelque peu différente voire se redonner une mine convenable, avoir l'air d'un cadavre n'était pas digne d'un Malefoy. Certes, ils étaient blafards mais pas totalement dénués de vie non plus.

Cette sorte de rituel qu'il avait instauré au fil des mois se répéta ce soir encore, et à son habitude, il sortit sur les coups de vingt-trois heures pour trainer dans les bars.


Mr. Barouch était un homme observateur lorsque l'on tient un bar, on se doit de l'être. Il connaissait chacun de ses habitués : les flics dépravés ou désespérés par tant de jeunes incontrôlables, les jeunes incontrôlables, les séducteurs dans l'âme, les âmes égarées et même ceux qui se veulent discrets. C'est justement à cette dernière catégorie de personne que Mr. Barouch se fiait le moins, souvent, il pouvait s'agir d'assassins, de sorciers en fuite venus se réfugier dans une zone neutre ou simplement de personnes discrètes mais cela tendait du domaine de la probabilité. Cela faisait un petit moment que ce blondinet au teint cireux ne le laissait pas indifférent, il était quasi certain de connaître son identité, même si ce dernier la protégeait sans faille, ou du moins, apparemment sans faille.

Ce soir encore, il se tenait assise au comptoir, seul, ou du moins, il venait seul mais repartait toujours accompagné, d'une femme ou d'un homme. Ce fait déconcertait quelque peu Mr Barouch, mais il n'était pas un homme qui jugeait. Il était un homme droit, fiable, fidèle qui ne tombait jamais aussi bas que certains individus qu'il pouvait voir se pavaner dans son joli bar. Il se faisait un devoir d'être quelqu'un sur lequel on pouvait compter et il allait le prouver ce soir encore.

Il examina rapidement sa salle, vérifiant que personne ne se préoccupait de lui, posa un regard soupçonneux sur le jeune homme, hocha la tête d'un air décidé et se retira le plus discrètement possible dans l'arrière boutique.


12 square Grimmaurd, QG de l'Ordre du Phoenix. Mais 2000

« -Etes-vous certain de ce que vous avancez Joseph ?

- Je ne peux l'être à cent pour cent Remus, mais j'observe ce garçon depuis longtemps, vous devriez venir vérifier par vous-même.

- Comment se comporte-t-il ? demanda Remus Lupin avec intérêt alors qu'il se frottait le menton, assis confortablement face à la cheminée.

- Il ne fait que très peu parler de lui, il est…, Mr Barouch cherchait le mot le plus approprié, prudent je dirais. Très prudent même mais il ne manque jamais à l'appel tout les soirs que Merlin fasse ! Ce qui en soi imprudent, cela dit…, l'homme se tut, soudain pensif. »

« Ou très ingénieux pour un homme qui ne veut être vu » remarqua son interlocuteur, se remémorant ses années d'errance. Légèrement soucieux, il porta la main à son front et laissa reposer sa tête contre cet appui. Etait-il possible qu'il s'agissait bien là de Drago Malefoy ? Il n'en savait rien et envoyer des éclaireurs ce soir serait bien trop imprudent mais il pouvait organiser une réunion sur le champ.

« - Merci Joseph, déclara-t-il enfin, je vais de ce pas en informer l'ordre. Je vous tiens au courant de nos agissements dès que possible, en attendant, restez sur vos gardes et surveillez le garçon. J'aimerais un rapport complet de ce soir, dès demain matin.

- Ce sera fait, chef, répondit Mr Barouch avec un certain amusement. » Il allait tenir son rôle à la perfection et cela, Remus le savait très bien, Joseph était l'un de leur atout à Amsterdam.

La tête du néerlandais disparue soudain de la cheminée emportant avec elle les flammes vertes qu'engendrait la poudre de cheminette. Lupin, lui resta statique, dans ce qui semblait être un état contemplatif. En réalité, il tournait et retournait toutes les informations que lui avait transmis leur contact pour savoir comment le présenter à l'ordre. Drago Malefoy avait tout de même été publiquement déclaré comme mort…et l'inverse serait surprenant, comment avait-il pu échapper au mage noir ? Toutes ses questions sans réponse donnèrent mal au crâne au lycanthrope qui se passerait bien d'autres tourments. Il soupira en se levant.

« - Molly, fais descendre nos jeunes amis et préviens tous les membres de l'Ordre qu'une réunion doit se tenir de toute urgence ce soir, ordonna-t-il à la maîtresse de maison, en entrant dans la cuisine.

- Ce soir ? Si tard, mais pourquoi donc ? Une attaque ? » La panique s'insinua lentement en Mme Weasley, une bonne moitié de ses enfants avaient reçu des directives de l'Ordre les intimant de surveiller des groupuscules que l'on soupçonnait d'être des partisans du Lord, se pourrait-il que…

« - Non, non ! la rassura Lupin. J'ai reçu une information déroutante du Pays-Bas, et elle pourrait se révéler d'une importance capitale si elle s'avérait vraie. »

Molly Weasley regarda l'homme en face d'elle avec réprobation, c'était sa faute si ses enfants étaient en danger permanent, même si au fond d'elle, elle savait que tout cela était nécessaire. Selon la sorcière, aucun d'entre eux n'étaient encore prêts.

« - Réveiller les enfants pour si peu, maugréa-t-elle en sortant de la cuisine, en balançant énergiquement le chiffon qu'elle tenait en main sur son épaule gauche.

- Ce ne sont plus des enfants, Molly et cela nous donnerait une longueur d'avance si ce que l'on suppose est véridique.

- Tss…à presque minuit, cet homme est fou, continua-t-elle sans prêter attention à ses dernières paroles. »

Remus haussa les épaules, se disant qu'il valait mieux laisser tomber et expliquer ce qu'il en était au moment approprié.

Comme convenu, Mme Weasley avait prévenu chaque personne concernée par une réunion de l'Ordre du Phoenix. A une heure du matin, tout le monde était réuni dans la cuisine, autour de la grande table. Le second leader de cette organisation, avait fait part de cette découverte à ses collègues et amis et attendait tranquillement qu'ils dévoilent leur opinion sur la question. Patient, il regarda leur visage, un à un.

Harry Potter, le Survivant, ne semblait guère réjoui par cette nouvelle. Cela dit, ces temps derniers, tout semblait plus accabler le jeune homme que le réjouir. Il avait vraiment changé, pensa Lupin, se sentant quelque peu coupable.

Hermione Granger, ou plutôt Weasley, affichait un air serein, il avait bien compris qu'elle serait heureuse pour ne pas dire ravie que Drago Malefoy soit revenu à la vie. On ne savait pas bien pourquoi, mais elle lui portait une certaine affection depuis sa septième année à Poudlard, elle le défendait même face aux accusations qui le disaient être un mangemort.

Ronald Weasley, le mari de cette extraordinaire jeune sorcière, semblait renfrogné dès son arrivée dans la cuisine. L'avoir réveillé, ou dérangé dans on ne sait quelle autre activité, lui avait sensiblement déplu. Son état n'avait que très peu changé suite à l'annonce de Remus, il était passé de contrarié, à sombre.

La cadette des Weasley, elle, était clairement neutre, elle avait foi en Hermione ainsi qu'en son jugement, et si c'était vraiment lui, c'était tant mieux.

Molly avait manqué de s'étrangler de stupeur, Maugrey Fol Œil, lui ne s'en préoccupait pas réellement et Minerva Mcgonagall ainsi qu'Arthur Weasley paraissaient pensifs.

Lupin regretta que Kingsley, le jeune Londubat, ainsi que les frères Weasley n'aient pu les rejoindre, étant en mission pour l'Ordre à l'autre bout du pays, ou du monde pour certain d'entre eux. Ils auraient certainement été plus neutres que les personnes qui lui faisaient alors face.

« - Bien ! Merci pour l'info mais moi, je retourne me coucher !

- Hors de question Ron, et rassies-toi tout de suite ! le réprimanda Hermione, en devançant la mère du rouquin, qui sourit avec bienveillance aux paroles de sa belle-fille. Cette demoiselle savait tenir son fils !

- Il a raison ! Ce n'est pas parce que toi, tu lui portais un intérêt qui n'avait pas lieu d'être, qu'on en est tous au même point, fit remarquer Harry d'un ton lasse, loin de là en fait. Il grimaça. Je ne sais vraiment pas ce que tu as pu lui trouver de convenable ! »

Ron approuva vivement d'un signe de tête pendant que sa femme levait les yeux au ciel.

« - Là n'est pas la question, trancha Minerva. Nous devons savoir si oui ou non, le fils Malefoy est vivant. Remus, envoyons un patrouille de surveillance à Amsterdam.

- Je ne vois vraiment pas en quoi cela pourrait nous être utile, intervint Harry. Qu'il soit mort ou pas, il est rayé de la liste et c'est tant mieux.

- Justement jeune homme, on peut se poser la question quant à sa vie, si ce garçon à su échapper à Voldemort, il pourrait nous révéler bien des choses. »

Harry bougonnait, si même Maugrey devenait curieux, c'était une cause perdue.

« - Comment peut-on savoir s'il a échappé à Voldemort, il pourrait très bien être mangemort tout simplement !

-Ron !

-Mais c'est vrai, Hermione. Cesse de nous faire croire en tes contes pour enfants et vois la réalité en face ! Tu sens peut-être de la bonté en cette fouine, mais seule toi y arrives !

- Je crains fort que vous ne vous fourvoyez Mr Weasley, désapprouva Mcgonagall, si Drago Malefoy a été déclaré mort, ce n'est pas par pur hasard, il a du trahir Voldemort, s'il s'en est réellement préoccupé un jour. Nous n'avons jamais clairement pu élucider la mort de Severus, or nous savons par ses dires comme par Hermione qu'ils entretenaient un lien étroit. Rogue voulait le remettre sur le droit chemin, pourquoi n'aurait-il pas réussi après tout ? Nous ne sommes certains de rien. Et je ne pense pas que le jeune Malefoy soit totalement dépourvu de sentiments.

- Tout ça est ridicule, s'exclama Harry. Nous sommes en guerre et ce depuis trois ans ! Nous n'avons pas de temps à perdre avec un fils à papa probablement traître envers les deux camps !

- Allons ! Ne soyez pas si intransigeants. Tous les regards se tournèrent vers Arthur qui n'avait dit mot jusqu'alors. Tu as raison Harry, nous sommes en guerre, et c'est justement pour ça que toutes informations, même la plus infime, permettant de faire pencher la balance de notre côté est primordiale. Je soutiens Minerva pour l'envoi d'une patrouille, nous sommes sur une piste. Et si ce jeune homme est mort, grand bien lui fasse, paix à son âme.

- Arthur, tu parles d'un Malefoy ! s'énerva Mme Weasley. Il ne faut pas tenter de le retrouver, il ne serait qu'ennuis ! »

Mr Weasley secoua la tête d'un air résigné. Pourquoi tant de préjugés ? Après tout, ce garçon avait désobéi aux ordres du Lord noir et n'avait pas tué Dumbledore. Ils avaient sous leurs yeux une preuve irréfutable et ce depuis trois ans.

« - Minerva, le dernier mot vous revient dans tous les cas, même si je pense que le détour en vaut bien la peine. Si Joseph m'a prévenu, cela signifie qu'il en est convaincu. J'ai une totale confiance en lui.

- Comme nous tous Remus, cela est une évidence, la remercia la directrice de Poudlard. Hermione, vous connaissez bien mieux le monde moldu que le meilleur de nos membres, seriez-vous en mesure de participer à cette mission pour filer ce prétendu Malefoy ?

-Evidemment professeur, répondit cette dernière dans un bref sourire.

- Quoi ? Non ! s'étrangla son mari.

- Tu n'as pas ton mot à dire dans l'histoire, Ron !

- Alors je t'accompagne, et s'il est vivant, je lui fais bouffer sa baguette à ce sale Serpentard ! »

La jeune madame Weasley se retint de passer à nouveau un savon à son mari devant l'Ordre mais une chose en était sûre, il ne s'en tirerait pas comme ça !

« - Je ne suis pas sûr que cela soit sage Ron, tu ne t'y connais que très peu en ce qui concerne les moldus, mais moi je peux éventuellement t'accompagner Hermione !

-Je pensais plutôt à Harry comme équipier Arthur, mais merci de vous être proposé, s'amusa Mcgonagall. »

Le concerné leva les yeux vers sa directrice et sans dire un mot, tourna lentement la tête de gauche à droite, le regard rempli de haine pour cet ennemi d'autrefois.

« - Je ne vous demande pas votre avis ! Hermione et vous, partez demain soir à Amsterdam. La discussion est close, nous règlerons les détails demain. »

Le Survivant allait se révolter lorsqu'il vit que Ron ne semblait pas du tout rassuré à l'éventualité qu'il parte avec sa femme. Il se tut alors et se dit qu'il en toucherait deux mots à son ami plus tard et qu'il n'était de toutes manières pas en mesure de contrarier la femme qui était à la tête de l'ordre du Phoenix au vu de ses perpétuels manquements aux consignes de sécurité.

Ron, quant à lui, était plus que soucieux, laisser son Hermione avec l'ombre de Harry…il se demandait bien à quoi cette satanée chouette de Mcgonagall pouvait bien penser en décidant ça !