Chapitre 2.
Les jours se ressemblaient au Quartier Général de l'Ordre du Phénix. Entre les entrainements intensifs du trio, accompagné à l'occasion de Malefoy qui leur faisait part des nouveaux sorts inventés par les Mangemorts afin que Hermione en trouve l'éventuel contre Sort, les allés et venues des autres membres de l'Ordre, et les réunions qui ne faisaient pas avancer la guerre, rien ne se passait.
Malgré cela, un soir, lors d'une réunion, Harry trouva Malefoy plus pâle et moins concentré qu'à l'accoutumée.
Les deux garçons s'étaient rapprochés depuis que Malefoy avait prouvé son honnêteté envers leur camp au risque de perdre sa vie, et en la risquant encore chaque jour et chaque nuit.
Le brun rangea ses doutes dans un coin de sa tête et se promit qu'il retiendrait Drago pour lui parler de ses soucis plus tard.
La réunion terminée, il était tard, et les membres quittèrent peu à peu la cuisine, se retirant soit près de leur famille, soit dans la chambre qu'ils occupaient de temps à autre au Quartier Général.
- Drago, passes-tu la nuit ici aujourd'hui ? demanda Harry.
- Oui, je n'ai pas envie d'affronter un nouvel interrogatoire de ma mère ce soir.
Les deux garçons étaient à présent seuls dans la grande cuisine et seul le tic tac continuel de l'horloge brisait le silence qui s'était installé entre eux.
- Ecoute Drago, je n'irais pas par quatre chemins avec toi, que se passe-t-il ? commença Harry.
- Rien Potter, trancha Malefoy.
- Ne me fais pas ce coup-là, Malefoy, dit Harry, en insistant bien sur le nom du serpentard. Je commence à te connaître, et je vois dans tes yeux que tu ne vas pas bien, pas bien du tout.
- Monsieur joue les devins grâce à mes iris maintenant, c'est nouveau, répliqua Drago.
- Dis-moi ce qui ne va pas, et ne sois pas arrogant, s'il te plaît Drago. Harry s'étonna lorsqu'il entendit ces paroles dites avec douceur sortir de sa propre bouche.
- Le Seigneur des Ténèbres, ainsi que ma chère tante, pensent que je n'adhère pas à cent pour cent à leurs idées, ils commencent à avoir des doutes, expliqua Drago lentement. Et heureusement que j'ai dépassé ma tante en occlumancie, et que j'ai réussi à dépasser son niveau sinon je serai mort à l'heure qu'il est.
- Je ne vois pas où est le problème, s'impatienta Harry.
- Ils ont des doutes, et n'ont pas de preuves.
- Ils veulent que je leur prouve que je suis sans cœur. Ils veulent que je tue Granger, car ils se demandent pourquoi je ne l'ai pas déjà fait, alors que j'en ai eu l'occasion lors de certaines batailles et qu'ils pensent que je la déteste.
- Quoi ? s'exclama Harry perdant soudain tout sa sérénité. Tu ne feras pas une chose pareille tant que je serai là!
- Calme-toi Harry, si quelqu'un devait être en colère, ou paniqué ici, c'est moi. Tu sais très bien que je n'ai jamais tué personne, et que je ne le ferais jamais.
- Je ne suis pas comme eux ! hurla Malefoy.
- C'est en partie grâce à ça que j'ai su que j'étais un faible, comme vous tous ici, et que je vous ai rejoins, toi et tes amis.
- Je ne savais pas que tu avais une si basse estime de toi-même, ainsi que de nous, et je pensais que tu avais vraiment changé Malefoy, mais je vois que ce n'est pas le cas, et ça me désole.
- Moi qui croyais en notre amitié, dit Harry, en montant d'un ton, je vois maintenant comment tu ne considères tous réellement.
Harry quitta la cuisine, se rendit dans sa chambre en laissant Malefoy faire face seul à ses propres problèmes.
Le Survivant monta les marches menant à sa chambre précipitamment en ayant l'idée de réveiller Ron.
- Ron, fit Harry en le secouant doucement.
- Mhhh, quoi ?
- J'ai eu une conversation avec Malefoy, ça ne s'est pas bien terminé du tout… Je t'expliquerai demain, mais pourrais-tu aller dormir avec Hermione, pour sa propre sécurité s'il te plaît ?
- Quoi ? s'écria soudain Ron, parfaitement réveillé. La fouine a dit qu'il allait toucher à Hermione ?!
- Non, non Ron, il ne veut pas le faire, malgré que Voldemort lui ai confié cette mission. Mais puisque notre conversation à ce propos c'est mal terminé, je serai plus confiant si tu allais la rejoindre.
Ron était septique, Harry dit alors :
- Si tu veux, je vais dormir à ses côtés, c'est juste que je pensais que tu aurais préféré y aller, toi… dit Harry en essayant vainement de cacher son sourire.
- Je ne vois pas ce que tu veux dire, mais c'est d'accord, j'y vais, après tout, je suis plus musclé que toi, j'intimiderai plus la fouine, dit Ron en se levant, et en tirant la langue à Harry.
- Merci vieux, à demain, dit Harry.
Ron ferma doucement la porte de leur chambre, et laissa Harry seul avec ses pensées.
L'Elu ne l'aurait jamais cru mais la dispute avec Draco l'affectait plus qu'il ne l'aurait cru.
C'était leur première vraie dispute depuis qu'ils s'entendaient bien, et Harry regrettait d'avoir crié.
Malefoy avait raison, si quelqu'un devait paniquer, c'était bien lui. Mais il restait calme, égal à lui-même. Il restait un Malefoy malgré tout. Fière, calme, pâle, grand, fin, …
Harry sortit de ses pensées en entendant la porte s'ouvrir une nouvelle fois.
- Harry, tu dors ?
Ce n'était pas la voix de Ron …
- Non, pourquoi Malefoy ? dit Harry.
Draco ne répondit pas et vint s'asseoir sur le bord du lit de Harry.
- Je tenais à m'excuser, dit Malefoy. Je sais très bien que tu tiens à tes amis, j'aurais du savoir que tu réagirais ainsi. Au lieu de cela, je me suis mis en colère parce que tu t'inquiétais pour eux.
- Je ne m'inquiétais pas que pour eux Draco, murmura Harry.
Après tout ce que tu as fait pour nous, pour moi, Harry baissa la tête en rougissant en repensant aux nuits où Malefoy l'avait écouté tandis qu'il parlait de Ginny, qu'il pleurait sa mort, je pensais juste que ce serait vraiment dommage si tu retournais dans leur camp pour de bon.
- Tu me manquerais, vraiment.
Harry remarqua que son ami n'était vêtu que d'un caleçon, il
était sûrement venu alors qu'il avait déjà tenté de dormir.
Le brun se surpris à contempler le torse blanc porcelaine de Draco et détourna le regard comme si ses yeux s'y étaient brûlés.
Draco avait sûrement du remarqué le regard du brun, car il se leva précipitamment en souhaitant bonne nuit à Harry, et ferma la porte derrière lui.
Harry se gifla mentalement. Qu'avait-il fait ?
Il avait regardé un garçon ?
Non, ce n'était pas possible, pas lui, il n'était pas comme ça, il ne pouvait pas être comme ça.
Malefoy, lui pouvait être comme ça sans que ça ne dérange quelqu'un, mais pas Harry.
Il était sorti avec Ginny, il avait aimé Ginny plus que tout, mais malgré ça, il regardait Malefoy … avec désir ?
Harry pria pour que le blond n'ait rien remarqué.
Ce n'était pas de la faute de Harry, si Draco était si… attirant ?
Harry pensait décidément de drôles de choses.
Bien sûr, Harry avait déjà remarqué que les cheveux de son ancien pire ennemi était d'un blond à faire pâlir une vélane, que sa peau était blanche comme de la porcelaine, et que ses lèvres étaient roses à souhait, mais il n'avait jamais été attiré par un garçon… si ?
Harry ne savait plus où il était.
POV Draco :
Draco avait quitté précipitamment la chambre de Harry, sinon il aurait risqué de dire ou de faire des choses qu'il aurait regrettées.
Le blond avait bien vu le regard de Harry après que celui-ci ne se soit attardé sur son corps, mais Draco s'était pourtant fait à l'idée depuis longtemps.
Oui, Harry était attirant, mais il n'était pas comme lui.
Harry n'aimait pas les hommes autant qu'il aimait les filles.
Pourtant Draco avait cru déceler une lueur de … une lueur de quoi, au juste ? de désir, mais reprends-toi Malefoy.
Tu peux penser ce que tu veux, se dit-il, Harry ne t'aimera jamais, ne sera jamais attirer par toi, c'est tout.
