Ciao mes très chères lectrices ! ^^
Me voici donc de retour, une semaine après le premier chapitre de ce recueil d'OS et je n'ai qu'une seule chose à dire... Vous êtes géniales !
Tant de commentaires (positifs en plus *w*) m'a fait énormément plaisir.
Sur ce, je vais vous présenter le deuxième OS de cette fic, cadeau destiné à luthinuvielle, le premier Mochida/Tsuna en français ! (Si je me trompe, veuillez me pardonner...). Alors, avant de fermer cette page en disant que ce couple est impossible, essayez tout de même de lire. Peut-être qu'il vous plaira, peut-être que je vais réussir à vous faire apprécier ce couple rarissime ;)
Aussi, le genre n'est plus aussi comique que celui de La Jalousie, je m'excuse en avance auprès de luthinuvielle ^^"
Donc~ appréciez donc le cadeau que luthinuvielle aurait du recevoir il y a plus d'un mois. Pitié, pardonne mon retard ! *se prosterne*
Titre : Himitsu no Aï
Résumé : Au début, il n'était qu'un inutile à ses yeux. Puis, les jours passèrent, marqués par leurs discussions et le goût du café glacé. Et sa vision changea. Désormais, Dame-Tsuna n'était plus un inutile. Il était autre chose...
Genre : Romance et Hurt/Comfort.
Il gigotait sur place, remarqua Tsuna en examinant l'individu qui se trouvait devant son bureau. L'homme passa une main dans ses cheveux noirs et soupira faiblement, ses yeux papillonnant d'un endroit à l'autre du bureau, ne se posant jamais sur lui.
Le jeune Vongola croisa calmement ses mains sur la surface de sa table et fixa avec résolution le visage aux traits réguliers de l'autre jeune. Ce dernier cilla plusieurs fois avant de poser ses prunelles sombres dans les orbes ambrés du mafioso.
"Mochida" déclara alors Tsuna avec une voix mesurée une fois qu'il fut certain d'avoir l'attention du garçon. "Es-tu certain de ton choix ? Il n'y aura pas de retour en arrière."
Le jeune homme, son sempaï se rappela le mafieux avec un étrange sentiment de gêne, toussa et dévia ses yeux, les posant sur une plante verte qui se trouvait dans un coin de la salle, vieux cadeau de Gokudera.
"Oui" finit par répondre l'ancien capitaine du club de kendo. "J'en suis sûr."
Tsuna sentit une pierre s'enfoncer dans sa poitrine et il ferma brièvement ses yeux.
"Bien" souffla-t-il entre ses lèvres livides. Il ouvrit ses yeux et les plongea dans les orbes obscurs de l'autre homme. "Dans ce cas, bienvenue dans la Famille."
Mochida acquiesça lentement et se mit à genoux avec respect devant le jeune. Ce dernier tendit sa main vers l'ancien capitaine et laissa celui-ci embrasser son anneau, certifiant ainsi sa loyauté au Dixième Parrain Vongola.
"À partir d'aujourd'hui" murmura Tsuna en fermant ses yeux alors que Mochida restait à genoux, ses lèvres toujours sur sa main. "Ta vie m'appartient."
"Je sais" fut la réponse en suspend qui flotta dans les airs.
Les deux hommes échangèrent un regard et Mochida sentit un feu familier s'allumer dans son ventre.
Au départ, il n'avait rien soupçonné. Sawada n'était qu'un gamin, assez mignon il l'accordait mais un gamin. Kensuke préférait sortir avec ses amis, embrasser des jolies filles et participer à des matches de kendo. Alors, comment en était-il arrivé là ?
"Mochida Kensuke" fit une voix aiguë inconnue lorsqu'il entra dans les vestiaires vides après une longue séance d'entraînements pour le match de kendo important qui se passerait dans quelques jours. "Capitaine du club de kendo, tu es dans la liste des gens les plus forts de Namimori, tu ferais un bon ajout à la Famiglia."
Kensuke se figea, son shinai à la main et se tourna lentement vers l'endroit d'où provenait la voix étrange. Il haussa un sourcil surpris et contempla le mur vide de toute présence humaine. Il n'y avait rien, pas même un micro. Puis, soudainement, une fissure se fit sur le mur et les deux parties glissèrent, révélant une petite cachette où se trouvait un bébé buvant une tasse de café.
"Ciaossu" salua le petit.
Le jeune homme se détendit avant de percevoir une aura meurtrière provenant du bambin. Il resserra ses doigts autour de son arme et attendit patiemment que le bébé fasse le premier pas. Kensuke ne voulait pas faire la même erreur que la dernière fois. Il se souvenait encore des deux adolescents qui l'avaient accosté un beau jour ainsi que de la dérouillée qu'il avait reçue parce qu'il ne s'était pas attendu à voir des aiguilles sortir des yo-yo qu'un des jeunes utilisaient. Ses dents manquantes lui rappelaient douloureusement son inattention.
"Hey, petit" finit-il par dire après un lourd silence. "Que fais-tu ici ? Tu veux mon autographe, c'est ça ? Ha, ha, il est dur d'être célèbre !"
Il rit nerveusement, forçant ses éclats de rire à être bruyants mais ses yeux se rétrécirent lorsqu'il remarqua l'infime froncement de sourcils du bébé. Un courant d'air passa à sa droite et il sentit un liquide chaud couler le long de sa joue. Kensuke passa sa main pour essuyer le fluide et écarquilla ses yeux quand il se rendit compte qu'il s'agissait de son sang. Son cœur s'accéléra et il se tourna lentement pour contempler le petit cratère sur le mur à sa droite.
"WAA" hurla-t-il en s'écartant vivement du mur et du bébé.
Il courut de toutes ses forces vers la porte mais cette dernière se ferma devant son nez et il se tourna très lentement vers le petit, blanchissant lorsqu'il vit l'air extrêmement sombre du plus jeune.
"C'est pas bon" déclara le bébé en fronçant ses sourcils alors que ses yeux sombres brillaient avec un éclat mauvais. "Tu es aussi stupide que Dame-Tsuna."
Mochida sursauta. Pourquoi le bébé parlait-il de Dame-Tsuna ? Avait-il un lien avec le nul en tout ? Quoique, Kensuke ne savait plus s'il pouvait traiter Sawada de Dame vu que ce dernier avait su le battre. En caleçons.
"Je suis le tuteur de Dame-Tsuna" déclara le bébé. "Le professeur tueur à gage Reborn !"
Le jeune homme fronça ses sourcils. Avait-il parlé à voix haute ? Non, il se serait entendu. Dans ce cas, cela ne pouvait dire qu'une seule chose.
"Non, je ne sais pas lire dans tes pensées" fit le dénommé Reborn.
Mochida roula ses yeux avec sarcasme et croisa ses bras, attendant la suite des explications.
"Tu as du potentiel mais tu es un gamin agaçant" soupira le petit tueur à gages. "Sans oublier que Dame-Tsuna ne te fera jamais confiance."
L'adolescent grinça ses dents et retint sa langue. S'il insultait le bébé, ce serait la dernière chose qu'il ferait dans sa vie.
"Mais bon" souffla le petit en saisissant le rebord de son chapeau en feutre. "Tu as un bon physique, du charisme et des bonnes notes. Un avenir prometteur et l'équipe nationale de kendo est prête à t'ouvrir les bras... Je peux faire avec."
"De quoi parles-tu, petit ?" demanda Kensuke en essayant de garder un ton égal.
"Mochida Kensuke" gazouilla le bébé "Je te donne une semaine pour découvrir pourquoi je suis le tuteur de Dame-Tsuna. Si tu as bien répondu, je te laisserais faire partie de la Famiglia !"
Sur ce, les parois glissèrent à nouveau et l'adolescent fit face au mur, arquant ses sourcils de pure surprise suite à la disparition du bambin.
"Qu'est-ce que" marmonna Kensuke en se frottant la nuque.
Il haussa ses épaules et se changea. Alors qu'il sortait du vestiaire et se préparait à rentrer chez lui, il croisa Kyoko et lui fit un sourire charmeur sans y mettre du cœur. Sans savoir pourquoi, il avait essayé de sortir avec la jeune fille pour ensuite s'en lasser immédiatement et la laisser tranquille après le match contre Sawada. Désormais, ses relations avec la jeune Sasagawa étaient strictement professionnelles, Kyoko étant après tout membre honoraire du club de kendo.
Kensuke sortit dans la cour de l'école de Namimori et évita de peu les hommes du Comité de Discipline en patrouille et décida de prendre un raccourci, passant de ce fait devant les machines de l'école. Devant celles-ci se trouvaient la silhouette familière d'un garçon qui occupait ses pensées depuis l'étrange discussion dans les vestiaires.
Le garçon était à plat ventre sur le sol du préau, sa tête pressée contre la pierre et sa main droite glissée sous une des machines. Il poussait de petits halètements et bougeait de temps à autres son corps pour essayer de plonger plus loin sa main. Mochida se figea devant l'individu et l'observa en silence. Il examina les cheveux bruns clairs, virant vers le châtain, ébouriffés qui caressaient doucement les joues pleines et rosées, les lèvres habituellement pâles qui s'étaient rougies suite au mordillement nerveux imposé et les jambes qui gigotaient sporadiquement.
Sans même s'en rendre compte, Kensuke prit la parole.
"Yo, besoin d'aide ?"
Le garçon sursauta et se cogna la tête contre la machine. Poussant une petite plainte suite à la douleur éprouvée, il se releva doucement, ses mains pressées contre sa bosse naissante et leva ses yeux assombris par la souffrance vers le capitaine de kendo.
"HIIII" s'exclama le plus jeune en blanchissant de terreur. "Mochida-sempaï !"
Ce dernier claqua sa langue avec impatience et attendit que le garçon réponde à sa question. Le bébé lui avait demandé de savoir pourquoi il était le tuteur de Dame-Tsuna et pour y arriver, il allait devoir s'approcher du garçon. Ce qui s'annonçait difficile vu les tremblements qui parcouraient le corps frêle du brun.
"Alors ?" insista Kensuke en essayant de prendre une intonation apaisante.
"HIII" répéta Sawada en frottant sa bosse. "Ce n'est rien, Mochida-sempaï, je vais vous laisser passer ! Pitié, ne me frappez pas !"
L'adolescent plus âgé fronça ses sourcils et s'approcha du plus jeune. Ce dernier se tendit en le voyant s'avancer vers lui et ferma ses yeux, attendant les coups qui ne manqueraient pas de venir. Kensuke soupira et s'agenouilla devant la machine, enleva la lanière de son sac de kendo et ouvrit la fermeture éclair en son sommet pour en sortir son shinai. Dame-Tsuna entrouvrit ses yeux en entendant le bruit de la fermeture éclair et les écarquilla. Mochida-sempaï allait le frapper avec son shinai ! Le petit brun leva ses bras dans la tentative désespérée de se protéger et attendit que la salve des coups commence. Cependant, rien n'arriva et il baissa lentement ses mains, regardant entre les interstices de ses doigts son aîné utiliser son arme pour pousser les pièces sous la machine vers eux.
"Voilà" déclara calmement Kensuke en déposant les pièces trouvées dans les mains du plus jeune.
Il rangea à nouveau son shinai et remit sur son épaule son sac. Il jeta un dernier coup d'œil au petit brun qui rougit légèrement sous le regard sombre de son sempaï et Mochida s'en alla.
Tsuna regarda avec surprise les pièces dans sa main et sentit sans comprendre pourquoi un petit sourire s'épanouir sur ses lèvres.
Kensuke grogna en se laissant tomber sur son lit. Il recouvrit son visage avec ses deux bras et soupira longuement. Il ne s'était pas attendu à trouver si facile le fait de traiter gentiment Dame-Tsuna. Ça lui était venu presque naturellement, comme s'il avait déjà médité ses actions. Il poussa un autre grognement et se tourna, ses yeux se posant sur les nombreux diplômes et trophées qui ornaient sa chambre.
Quiconque se rendait dans cette pièce aurait deviné que la personne qui l'occupait était passionnée de kendo et était un élève assidu. Cependant, personne n'aurait compris la présence d'un shinaï brisé ainsi que d'une mèche de cheveux sombres. Sans oublier une lettre froissée d'avoir été relue tant de fois. Mochida soupira et tendit sa main pour saisir la lettre, ses doigts passant sur les kanjis alors qu'il relisait pour la millième fois le contenu.
Le lendemain matin, il se rendit à l'école, accompagnant ses amis, discutant et riant. En chemin, il croisa l'étrange trio que composaient Sawada, le gamin venant d'Italie et Yamamoto, un garçon avec qui il discutait de temps à autres. Sans même s'en rendre compte, Kensuke croisa le regard de Dame-Tsuna et lui sourit. Puis, un de ses amis l'appela et il se tourna pour lui répondre, ne réalisant pas que le garçon continuait à le regarder, ses sourcils froncés et ses poings serrés.
Les cours passèrent, longs et sans intérêt pour le sportif, et il se rendit à son club. Lorsque celui-ci s'acheva, il refit le même trajet que le jour précédent et croisa à nouveau Sawada. Ce dernier était devant les machines et discutait en chuchotant vivement avec un bébé. Le bébé.
Kensuke passa devant les deux jeunes sans un mot mais sentit un frisson parcourir son échine lorsque ses yeux croisèrent les trous noirs de Reborn. Celui-ci lui fit un petit sourire entendu et donna un violent coup de pied à Dame-Tsuna qui tomba à terre, les mains sur la tête et gémissant de douleur. Le capitaine du club de kendo se figea, ne sachant que faire. Devait-il aider Sawada, et risquer sa vie si cela ne plaisait pas au bébé ? Ou alors partir, et risquer sa vie si cela ne plaisait pas au bébé ? Soupirant, il saisit le bras du garçon et le força à se lever pour ensuite examiner la blessure qu'il avait à la tête.
Ignorant la sonnette d'alarme qui s'était déclenchée dans sa tête lorsqu'il avait touché la peau du petit brun, il lui fit signe de le suivre et l'emmena à l'infirmerie. Cette dernière était vide, leur infirmier probablement ailleurs, occupé à séduire de pauvres étudiantes. Mochida se détourna de Dame-Tsuna et alla vers le petit freezer qui était dans un coin de la pièce et en sortit des glaçons. Ensuite, il prit un chiffon propre et enveloppa les cubes pour tendre le tout à Sawada. Ce dernier regarda avec incompréhension le chiffon avant de sourire timidement et de le prendre, murmurant faiblement des remerciements.
Un silence inconfortable s'installa et Kensuke croisa ses bras contre sa poitrine, gigotant sur place et ne sachant plus trop quoi faire.
"Ce bébé" déclara-t-il après un long silence. "Pourquoi était-il à l'école ? Je l'ai déjà croisé."
Sawada déglutit bruyamment et tourna sa tête vers la fenêtre, des ruisselets de sueur froide coulant le long de ses joues.
"V-Vraiment ?" fit-il avec une voix suraiguë. "Ce n'est qu'un petit du voisinage qui aime bien m'ennuyer, ha, ha !"
Mochida haussa un sourcil perplexe et garda ses bras croisés. Le gamin ne savait pas mentir. Loin de là.
"Ah bon" souffla-il en prenant une intonation incrédule. "Et ses parents le laissent sortir seul ?"
"Erm" hésita Dame-Tsuna en se frottant nerveusement la nuque alors que la serviette contenant les glaçons se défaisait lentement "Oui... ?"
Kensuke soupira une nouvelle fois et secoua sa tête. Il remarqua alors que les glaçons allaient tomber d'une seconde à l'autre dans le col de la chemise du petit brun et le capitaine du club de kendo se pencha vers le lit où se trouvait son kohaï, sa main s'avançant vers le cou du garçon. Ce dernier se figea, ses yeux grands ouverts et sa respiration se bloqua. L'adolescent posa doucement sa main sur le chiffon trempé et le saisit, essayant de ne pas faire attention aux lèvres entrouvertes par la crainte du plus jeune, pour ensuite se diriger vers l'évier et y vider le contenu de la serviette. Ensuite, il s'adossa contre un mur et joua avec la lanière de son sac tout en observant Dame-Tsuna gigoter nerveusement sur le lit.
"À plus" murmura Mochida en sortant de l'infirmerie.
Une fois hors de la pièce, il se frappa plusieurs fois les joues pour se reprendre. Pourquoi s'était-il comporté ainsi avec Sawada ? Il ne comprenait pas la raison de cette gentillesse subite. Était-ce parce que le petit brun l'avait battu à plates coutures en sous-vêtements ?
Si oui, il avait un sens tordu de l'honneur. Si non, la question restait sans réponses.
Arrivé chez lui, il se dirigea vers son bureau et fouilla dans ses tiroirs pour en sortir une enveloppe froissée. Il lissa soigneusement le papier et lut attentivement les mots qui y étaient tracés.
Ensuite, pour la innombrable fois, il compara la feuille avec la lettre sur sa table de chevet et soupira lourdement en remarquant que les deux écritures coïncidaient. Kensuke rangea les lettres et se coucha sur son lit, fermant ses yeux avec lassitude tout en repassant dans sa tête ce qui s'était déroulé dans l'infirmerie.
Il se réveilla tôt le lendemain. Cillant pensivement, il resta étendu sur son lit et laissa ses pensées vagabonder librement avant de revenir sur terre. Kensuke se tourna et regarda l'heure sur son réveil.
Ses yeux s'écarquillèrent d'horreur et il s'habilla rapidement, saisissant au vol l'étui de son shinai, pour ensuite sortir de sa maison, saluant au passage ses parents qui déjeunaient tranquillement dans le salon. Il courut à un rythme régulier jusqu'à un certain point du chemin et s'arrêta net, les mains sur ses genoux.
Une fois son souffle sans heurts, il se redressa et épousseta soigneusement ses vêtements, remettant en ordre sa chemise en même temps. Satisfait de son apparence, le jeune hocha sa tête et se remit en marche. Au tournant suivant, il remarqua sans grande surprise que Dame-Tsuna, accompagné de ses deux amis, marchait également vers l'école. Kensuke frémit, ne sachant comment faire. Il soupira faiblement et remit en place la bretelle de son sac avant de recommencer à marcher. Lorsqu'il passa à côté des trois jeunes, le capitaine du club de kendo tourna involontairement ses yeux vers Sawada et les élargit quand il croisa le regard brillant du petit brun.
"B-Bonjour, M-Mochida-semp-paï" bredouilla Dame-Tsuna en détournant ses orbes chocolat.
Le cœur de Kensuke rata un battement et il trébucha sur une petite pierre, avait-il bien entendu ? Comme une réponse divine, une main agrippa férocement le devant de sa chemise blanche ouverte sur son T-shirt bleu et le secoua vivement alors qu'une tête argentée s'approchait désagréablement de la sienne.
"Oï, enfoiré" déclara le jeune italien. "Réponds au Juudaime !"
Mochida fronça ses sourcils. Il frappa sèchement la main du garçon, le forçant à reculer et regarda avec un air hautain les trois jeunes.
"Gokudera-kun" protesta Sawada en saisissant les bras de l'argenté pour l'obliger à rester silencieux.
"Je ne vois pas pourquoi j'aurais à le faire" siffla Kensuke en serrant ses poings alors que le petit brun finissait de parler. "Je n'ai pas à répondre à un idiot."
Les yeux de Dame-Tsuna s'obscurcirent et il baissa sa tête, faisant que le capitaine du club de kendo se demande ce qui s'était passé. Un grognement hargneux le fit sortir de ses interrogations et il se tourna pour voir qu'un petit chihuahua aboyait à ses pieds, essayant de le mordre avec ses ridicules dents. Kensuke s'arrêta et contempla le chien avant d'hausser ses épaules et de se remettre en marche. Il remarqua en passant que Sawada s'était figé lorsqu'il avait aperçu le chien et un petit sourire moqueur se glissa sur ses lèvres. Dame-Tsuna restait Dame-Tsuna. Curieusement, cette pensée le rassura.
"Sur ce" déclara Kensuke en commençant à courir quand il se rendit compte de l'heure tardive "À plus, Dame-Tsuna."
Le petit brun ne répondit pas, trop occupé à fuir le chihuahua.
Le visage défait de Dame-Tsuna ne quitta pas ses pensées de toute la journée. Lorsque ses activités au club de kendo furent achevées, il prit le chemin habituel et s'arrêta au tournant qui se trouvait juste avant les machines. Mochida porta une main à son sac et serra avec force la lanière. Pourquoi se sentait-il si nerveux ? Pourquoi avait-il autant envie de voir le petit brun ? Il soupira bruyamment et s'avança, ses yeux cherchant l'habituelle touffe de cheveux ébouriffés et s'écarquillant lorsqu'il se rendit compte que Dame-Tsuna n'était pas là.
Kensuke émit un petit rire sombre et passa une main dans ses cheveux sombres. Bien sûr, qui était-il pour juger que le gamin serait là ? Il avait été stupide de croire que Sawada serait comme à l'accoutumée devant les machines, avec ses joues rouges et ses yeux timides. Le capitaine du club de kendo poussa un grognement et sortit de sa poche de l'argent. Il avait soif, il avait chaud, il n'avait pas envie de croiser des gens. Secouant doucement sa tête, il avança vers la machine et s'acheta une boisson et ferma brièvement ses yeux lorsqu'il eut la canette de café glacé dans ses mains.
Un glapissement le surprit et il ouvrit ses paupières pour ensuite froncer ses sourcils lorsqu'il croisa le regard effrayé du gamin qui avait hanté ses pensées durant la journée.
"Dame-Tsuna" dit lentement le plus âgé en ouvrant sa boisson.
La canette fit un bruit sec qui résonna dans le couloir silencieux. Une corneille croassa dans la cour et un vent léger secoua les vêtements des deux adolescents. Cependant, aucun des deux ne réagit aux éléments extérieurs, trop occupés à se dévisager sans un mot.
"Tu n'es pas avec..." continua Mochida lorsque le silence devint trop lourd.
Dame-Tsuna cilla et Kensuke expira avec soulagement intérieurement. Les yeux bruns du plus jeune avaient été intenables lors de leur petite bataille de regards. L'adolescent aux cheveux sombre ne savait pas que le petit brun pouvait être si intimidant.
"N-Non" hésita ce dernier en détournant ses yeux et en se grattant nerveusement le coude. "Reborn voulait que je reste à l'école pour Hibari-san..."
Mochida cligna lentement des yeux. Hibari Kyoya ? Que venait faire le président du comité de discipline de l'école avec Dame-Tsuna ? Il accrut alors son froncement de sourcils. Maintenant qu'il y pensait, le petit brun était souvent venu avec des bandages à l'école, tout comme ses amis et ces jours-là, le terrifiant préfet n'était nulle part en vue. Un bref tiraillement dans sa poitrine le fit réaliser que cela avait sans doute à voir avec ce que Reborn voulait qu'il apprenne.
"Pourquoi ?" demanda Kensuke en essayant de ne pas avoir l'air trop curieux.
Mais c'était peine perdue, Dame-Tsuna se rembrunit et baissa sa tête. Un bruit de pas dans le couloir les fit tous deux sursauter et le capitaine du club de kendo se retourna pour apercevoir la silhouette familière de l'individu dont ils parlaient justement peu avant.
"Herbivore" déclara Hibari Kyoya en ignorant Mochida et en tournant ses yeux d'acier vers le petit brun. "le Cheval a appelé, tu ferais mieux de rentrer avant que la tempête ne se déchaîne..."
Dame-Tsuna écarquilla ses yeux et hocha sa tête, se penchant pour récupérer son sac qui était à ses pieds et il s'avança vers le préfet, trébuchant malencontreusement mais récupérant aussitôt son équilibre.
"Quant à toi" déclara alors Hibari en se dirigeant vers Kensuke, un tonfa à la main. "Je vais te mordre à mort pour être sur le terrain de l'école hors des heures prévues..."
"Non !" fit Sawada en saisissant à une vitesse ahurissante le bras du préfet alors qu'il l'avait asséné vers le capitaine du club de kendo. "Laisse-le tranquille, Hibari-san ! Nous devons rentrer avant que..."
Il ne termina pas sa phrase mais l'adolescent aux tensions meurtrières parut comprendre ce qui suivait car il rangea à contrecœur son arme et remit en place sa veste sur ses épaules.
"Hn, allons-y" murmura avec agacement le garçon en se mettant en marche.
Le petit brun salua brièvement Kensuke et s'empressa de courir à la suite d'Hibari. Resté en arrière, l'adolescent aux cheveux sombres se remit à respirer et passa ses mains dans ses cheveux. Depuis quand Dame-Tsuna arrivait à se faire écouter de leur terrifiant préfet ? Depuis quand traînait-il avec ce dernier sans se faire mordre à mort ?
Mochida soupira longuement et jeta un regard sur sa canette de café glacé. Il n'avait plus soif. Il leva alors ses yeux vers le ciel et fronça ses sourcils. Il n'y avait pas un nuage à l'horizon et les oiseaux chantaient gaiement. Alors, pourquoi Hibari avait-il dit qu'une tempête allait se déchaîner ? Se sentant observé, l'adolescent saisit ses affaires et se dépêcha de rejoindre sa maison. Alors qu'il était en chemin, les nuages apparurent de nulle part, comme par magie, et se réunirent au-dessus de la ville de Namimori.
Kensuke sentit un frisson parcourir son échine et il surprit un éclat orangé, pareil à une flamme, fendre le ciel au-dessus de la couverture nuageuse. Une explosion, pareille à celle qu'une dynamite aurait faite, résonna dans les cieux et plusieurs éclairs zébrèrent le ciel pendant que la pluie coulait à flots. Pataugeant dans les flaques de boues, Mochida utilisa son sac de cours pour protéger sa tête et se mit à courir pour arriver au plus vite chez lui. Un rugissement semblable à celui d'un grand fauve retentit dans son quartier et il poussa un glapissement, courant désormais de toutes ses forces alors que son cœur battait follement, terrifié par un danger invisible.
Le lendemain, Dame-Tsuna ne vint pas à l'école. Kensuke ne sut s'il était soulagé ou inquiet. Le souvenir de la discussion qu'ils avaient eu la veille était toujours frais dans son esprit et il ne put s'empêcher de le repasser à nouveau. Sawada devait rester à l'école, par ordre de Reborn, car il y avait Hibari. Devait-il rester parce que Hibari devait le protéger ?
Mochida soupira et une tape sur son épaule le sortit de ses pensées.
"Que se passe-t-il ?" demanda-t-il en souriant du mieux qu'il le pouvait.
"T'as l'air vachement perdu dans tes pensées, Mochida !" déclara l'un de ses camarades de classe. "C'est l'absence de Sasagawa qui t'attriste ou quoi ?"
Les yeux sombres s'écarquillèrent et Kensuke bouscula légèrement son ami pour remarquer que le siège qu'occupait habituellement Sasagawa Ryohei était vide. Maintenant qu'il y pensait, Sasagawa traînait souvent avec Dame-Tsuna. Son absence coïncidait étrangement avec celle du petit brun. Sentant ses entrailles geler, le capitaine du club de kendo se leva et se dirigea vers la salle de réception, poussant sans même le savoir un groupe de filles qui, en temps normal, il aurait saluées avec un sourire séducteur. Une fois devant la porte de la salle qui abritait le démon de Namimori, il toqua doucement et ouvrit la porte pour découvrir sans grande surprise que Hibari Kyoya n'était pas présent.
"Que fais-tu ici ?" tonna la voix grave du second du préfet.
Mochida cilla et chercha une excuse avant de se tourner vers Kusakabe, un sourire arrogant aux lèvres.
"Hibari m'a parlé hier en disant qu'il voulait que je vienne à la pause pour le voir" déclara-t-il sans hésiter. "Je suis là. Où est-il ?"
Le second parut hésiter, sa banane bondissant alors qu'il baissait la tête en contemplait le paquet de feuilles qu'il avait dans les bras.
"Hibari-san est..." hésita-t-il "ailleurs. Occupé. Il reviendra demain."
Kensuke déglutit et hocha sa tête, prenant cela pour la fin de la discussion. Cependant, alors qu'il allait sortir de la pièce, la petite voix guillerette de Reborn résonna, le faisant se figer à l'unisson avec Kusakabe.
"La semaine est presque achevée. Alors, as-tu trouvé ?"
Mochida se tourna lentement vers le bureau du préfet et avala sa salive difficilement. Le bébé était là, habillé de son costume de marque et de son chapeau en feutre. Mais, quelque chose clochait, il n'y avait plus le petit sourire moqueur sur ses lèvres et ses épaules étaient curieusement rigides.
Reborn était à cran.
« Pourquoi ? » se demanda Kensuke en s'approchant avec précaution du bureau. « Pourquoi ce bébé étrange serait-il si nerveux ? »
"Alors ?" fit Reborn en croisant ses bras, un lézard vert tirant sa langue vers le capitaine du club de kendo sur le rebord de son chapeau. "Que sais-tu ?"
Comprenant que cette conversation allait durer, Kusakabe ferma la porte et s'en alla, laissant l'adolescent avec le bébé. Le garçon s'assit sur une chaise et posa ses yeux dans les trous noirs du bambin, cherchant ses mots.
"Sawada" commença-t-il en fronçant ses sourcils alors qu'il se mordait la langue pour oser ne serait-ce que penser ce qu'il allait dire "fait partie d'un groupe. Sasagawa, les deux gamins de sa classe et même Hibari y sont aussi, n'est-ce pas ?"
Reborn ne bougea pas et continua à le regarder en silence. Prenant cela pour une autorisation pour continuer à parler, Mochida ouvrit sa bouche et déversa toutes les théories qui l'avaient maintenu éveillé durant les derniers jours.
"En apparence" fit-il en serrant ses poings. "il est toujours Dame-Tsuna. Mais il est respecté par ce voyou italien et arrive à se faire écouter par Hibari, ce qui voudrait dire qu'il est puissant, voir même doué en combat. Sans oublier tous les exploits qu'il a réalisés en caleçons..."
"Dont ce combat de kendo" commenta le bébé en souriant avec un air moqueur.
L'adolescent hocha sèchement sa tête et pinça ses lèvres. Bien sûr, le gamin devait lui rappeler cette occasion où il s'était couvert de honte.
"Puis" continua-t-il en baissant ses yeux sur ses mains crispées sur la toile de son pantalon sombre "lors des incidents sur les élèves de Namimori, lorsqu'on s'attaquait à eux et qu'on leur enlevait leurs dents... Dame-Tsuna a été mêlé à ces événements."
"D'où te viens cette idée ?" demanda Reborn en fronçant imperceptiblement ses sourcils.
"De ça" répondit doucement Mochida en sortant de sa poche une lettre.
Elle s'était aplanie avec toutes les fois où le kendoka l'avait sortie et lue. Il la posa doucement, presque avec révérence, sur le bureau et laissa le bébé lire la feuille. Le silence s'installa dans la salle et ne fut brisé que lorsqu'un murmure sortit de la bouche du petit.
"Cet idiot. Je lui avais dit de ne pas s'excuser."
Kensuke soupira faiblement et récupéra la lettre que lui tendait Reborn. Ce dernier avait décroisé ses bras et buvait désormais une tasse de café fumant, sortie de nulle part, ce qui n'étonna pas l'adolescent.
"Il n'a jamais signé sa lettre" indiqua celui-ci avec une voix faible. "Mais j'ai comparé cette lettre avec celle qu'il a du écrire après le match de kendo."
"Ah oui" sembla se rappeler le bébé. "Le principal l'a forcé à écrire une lettre d'excuses. Cet inutile paniquait lorsqu'il a dû te la donner."
"Je sais" acquiesça doucement Mochida. "Je m'en souviens. Il était sur le point de pleurer et s'excusait sans cesse."
Le silence se réinstalla, cette fois-ci paisible, et les deux garçons se contentèrent de sourire faiblement en songeant à l'absent et à sa timidité et maladresse attachantes.
"Tu le savais donc depuis longtemps" résuma Reborn en déposant sa tasse vide sur le bureau.
"Quoi donc ?" demanda Kensuke en penchant légèrement sa tête.
"Que Dame-Tsuna n'était pas ce qu'il paraissait..."
Le garçon aux cheveux sombres détourna ses yeux et toussa nerveusement. Il se ressaisit et tourna alors ses yeux vers le bébé.
"Où est-il ? Où est Sawada ?"
"Tsuna" répliqua lentement Reborn en baissant brièvement ses orbes noirs "est à l'hôpital en ce moment."
"Qu'est-il arrivé ?"
"Une attaque. C'est assez fréquent et il n'est pas trop blessé. Il reviendra demain."
Le cœur de Kensuke se remit à battre et il souffla avec soulagement. Il se redressa alors et se dirigea vers la sortie.
"Mochida" l'appela Reborn.
L'adolescent se figea devant la porte.
"Pourquoi suis-je le tuteur de Tsuna ?"
"Parce qu'il est Dame-Tsuna" répondit sans hésitation le garçon en sortant dans la salle de réception.
"Bonne réponse" sourit le bébé dans la pièce silencieuse. "Mochida Kensuke, tu feras un bon ajout à la famille..."
Le lendemain, Kensuke se réveilla tôt et s'empressa de sortir, son cœur battant à folle allure alors qu'il attendait au coin de sa rue que Dame-Tsuna apparaisse.
« Juste un coup d'œil. » se jura l'adolescent. « Juste un coup d'œil pour vérifier s'il va bien et je pars. »
Des bruits de rires et de pas s'approchèrent et il se tendit en reconnaissant la voix fatiguée du garçon aux cheveux bruns chocolat. Sortant de sa cachette derrière un lampadaire, il sentit son cœur s'arrêter lorsqu'il croisa le regard légèrement éteint de son kohaï et lui fit un petit sourire avant de se mettre en marche vers l'école.
Un bruit de course retentit derrière lui et Kensuke se retourna vivement pour recevoir contre son torse le visage de Dame-Tsuna, ce dernier ayant trébuché sur une pierre.
"M-Mochida-sempaï" s'exclama le petit brun en remarquant que les mains du plus âgé étaient toujours sur ses épaules.
"Qu'y a-t-il ?" demanda-t-il en gardant ses mains sur le corps du garçon et en tournant ses yeux sombres vers les deux jeunes qui s'approchaient d'eux.
"Reborn m'a dit que tu savais tout" murmura Dame-Tsuna en regardant ses pieds.
"Hum" acquiesça Kensuke en remarquant qu'un des deux amis le fusillait de ses yeux verts. "Pourquoi me dis-tu ça ?"
"P-Pourrais-tu ne le dire à personne ?" demanda alors le petit brun en levant ses yeux pour croiser le regard de l'adolescent.
Mochida hocha sa tête, hypnotisé par les orbes décidés du plus jeune. Quand Dame-Tsuna avait ses yeux ainsi, il était difficile de se dire qu'il n'était qu'un inutile. C'était dans des moments comme celui-là que le fait qu'il faisait partie d'une organisation de voyous paraissait couler de source.
Remarquant que les deux chiens de Sawada allaient les rejoindre, il lâcha à contrecœur les épaules du garçon et se prépara à reprendre son chemin.
"À plus, Dame-Tsuna" salua-t-il avant de se mettre en marche.
Kensuke serra et desserra ses poings, ne pouvant s'empêcher de repasser dans son esprit les dernières secondes, quand le petit brun avait été si proche de lui.
"Tu as l'air de bien t'entendre avec Dame-Tsuna" remarqua l'un de ses camarades de classe lors de leur pause.
Kensuke arrêta ses baguettes à quelques centimètres de ses lèvres et tourna ses yeux vers le sourire suffisant et moqueur de son soi-disant ami.
"Avec Dame-Tsuna" répéta-t-il pour essayer de comprendre ce qu'insinuait le garçon. "Tu penses sincèrement qu'il y a quelque chose entre lui et moi ?"
Son camarade de classe acquiesça, son sourire s'élargissant.
"Alors, c'est vrai ?" demanda ce dernier en plissant ses yeux et en essayant de créer vainement une atmosphère de confessions. "Il y avait déjà des rumeurs, tu sais. Depuis l'accident du match de kendo avec Dame-Tsuna... Beaucoup pensaient que tu l'avais défié parce que tu étais jaloux de la petite Sasagawa..."
"QU'AI-JE ENTENDU À L'EXTRÊME ! ON PARLE DE MOI À L'EXTRÊME, N'EST-CE PAS ?"
Kensuke grinça des dents et déposa calmement ses baguettes sur son bento que sa mère lui avait préparé le matin même. Autant pour le calme.
"Yo, Sasagawa" salua son ami en secouant sa main pour inviter le bruyant boxeur à manger avec eux. "Ça faisait longtemps ! Pourquoi étais-tu absent ces derniers jours ?"
"J'ÉTAIS À UN MATCH DE SUMO À L'EXTRÊME !" beugla le frère de la charmante Kyoko en boxant les airs.
"Ah" constata calmement Mochida. "Avec Hibari et Sawada, pas vrai ?"
"COMMENT LE SAIS-TU À L'EXTRÊME ? SERAIS-TU UN EXTRÊME ESPER ?" demanda Ryohei en élargissant comiquement ses yeux.
"Non, j'ai juste remarqué que vous étiez tous absents en même temps" répondit l'adolescent en haussant ses épaules.
Il plissa ses yeux et enfourna une nouvelle bouche de riz. Sasagawa avait de nouveaux bandages autour de ses mains et avant un pansement sur son cou qui était recouvert de sang. S'il avait vraiment été à un match de sumo, ce dernier avait dû être meurtrier vu que les sumos ne s'attaquent jamais au cou. Kensuke élargit alors ses yeux et souffla doucement par son nez.
Une couverture. Ils devaient utiliser le prétexte du combat de sumo chaque fois qu'une occasion comme celle-ci se présentait. Maintenant qu'il y pensait, Dame-Tsuna s'était absenté de nombreuses fois à l'école et était réapparu avec des blessures, ses amis également, en arguant qu'il avait participé à un concours de sumo.
Ceci expliquait cela.
Sasagawa retourna à sa place et Mochida sentit un frisson parcourir son échine. Il se retourna lentement vers son camarade de classe et commencer à avoir des sueurs froides lorsqu'il remarqua le sourire digne du diable sur les lèvres de son ami.
"Tu as donc remarqué les absences de Dame-Tsuna" susurra le garçon.
Kensuke grinça des dents et se concentra sur sa nourriture.
Il poussa un long soupir et appuya sa tête contre le mur, retenant une exclamation de satisfaction lorsque la fraîcheur bienvenue se répandit sur son front bouillant.
La rumeur qu'il ressentait quelque chose pour Dame-Tsuna s'était propagée dans l'école. Désormais, il lui fallait répéter plusieurs fois ses ordres durant les heures de kendo pour se faire écouter des plus âgés et il avait surpris plusieurs fois ses camarades de classe le regarder avec un air de dégoût.
"Me faut une petite-amie" marmonna-t-il en se redressant.
Il s'arrêta devant la porte menant aux douches. Plusieurs rires en sortaient. Kensuke soupira une nouvelle fois et se détourna de la porte, préférant aller directement au vestiaire. Il s'y changea et fronça ses sourcils en voyant le graffiti qui était inscrit sur la porte de son casier.
Pédale.
Il ferma violemment la petite porte en acier et sortit des vestiaires en coup de vent, ses dents serrées. Lorsqu'il passa devant les machines, l'adolescent ralentit sans même le savoir et s'arrêta devant l'une d'elles. Sortant de la poche de son pantalon plusieurs pièces, il s'acheta un café glacé et l'ouvrit pour le boire à grandes gorgées. Un craquement de feuilles mortes le sortit de sa bulle de colère envers lui-même et les élèves de Namimori. Kensuke se tourna et entrouvrit sa bouche, prêt à invectiver le pauvre hère qui se trouvait au mauvais endroit et au mauvais moment.
Sauf que c'était Sawada Tsunayoshi. Sauf que c'était Dame-Tsuna, le coupable de sa nouvelle réputation de pédale.
Mochida serra ses poings, enfonçant sans même le savoir ses ongles dans sa chair jusqu'au sang, et tourna ses yeux enragés vers sa canette vide. Il la compacta avec colère et la jeta dans la poubelle la plus proche, poussant un grognement quand elle rebondit sur le rebord et atterrit sur le sol du couloir. Bien, il semblerait qu'aujourd'hui, RIEN ne se passerait comme il le voulait.
"Mochida-sempaï" murmura alors Sawada en s'avançant doucement vers lui.
Cependant, il s'arrêta à quelques mètres du garçon, comme s'il craignait de se salir.
"Je suppose que tu as entendu cette rumeur" renifla sarcastiquement Kensuke. "Tu dois te sentir dégoûté, pas vrai ? Mais, rassure-toi, je ne vais pas te sauter dessus. Ça risquerait de leur faire plaisir."
Dame-Tsuna fronça ses sourcils et serra ses mains avec nervosité.
"Non" protesta-t-il faiblement. "Je ne..."
"Ne t'inquiète pas" continua le plus âgé en ignorant ses pitoyables tentatives d'excuses. "Je n'ai rien dit . J'imagine que si j'aurais dit la vérité, je ne serais pas dans cette position mais bon... J'ai promis, Sawada. Je ne dirais rien."
Le petit brun ferma ses yeux et plissa ses lèvres, comme s'il se battait intérieurement pour trouver les mots corrects pour ainsi le rassurer. Kensuke n'aimait pas le voir ainsi, il n'aimait pas le voir ressentir de la pitié envers lui. Il détestait ça.
Il tourna ses talons et s'en alla, laissant la canette sur le sol vider ses dernières gouttes de café.
Il commença à sécher l'école. Lui, l'étudiant apprécié de tous qui ne séchait jamais, qui suivait attentivement les cours mais pas trop, se retrouva à lâcher prise. Passer ses pauses à éviter les autres, à manger seul, était bien vite devenu trop lourd pour Kensuke qui avait passé toute sa vie entouré de personnes. Les pratiques de kendo devinrent terriblement difficiles à gérer et le coach, un professeur qui ne voulait intervenir directement auprès des élèves, lui demanda de laisser son poste de capitaine à une autre personne. Il était vrai qu'on ne l'écoutait plus mais cela lui fit mal. Ça faisait mal d'admettre qu'il n'était plus utile, que les gens ne voulaient plus de lui à cause d'une simple rumeur qu'il ne pouvait démentir. Qu'il ne voulait démentir.
Pourquoi ?
Il ne le savait pas. Peut-être parce qu'elle était vraie. Peut-être qu'il ressentait réellement quelque chose envers Dame-Tsuna.
Mochida s'appuya contre le dossier du banc public et soupira bruyamment. Qu'allait-il dire à ses parents ? Qu'il ne voulait plus aller à l'école sans doute. L'année prochaine, il irait au lycée. S'il demandait à changer de ville, à aller dans un internat, de préférence un avec un bon club de kendo, peut-être pourrait-il échapper à ces rumeurs cauchemardesques. Ce serait bien.
Une personne s'assit à ses côtés et il l'ignora, sa tête posée contre le rebord du banc et ses yeux plongés dans la contemplation du ciel d'automne.
"Tu ne vas plus en cours" fit une voix familière.
Kensuke ferma ses yeux et continua à ignorer la personne. Peut-être que l'autre partirait s'il voyait que l'adolescent ne voulait pas parler.
"Est-ce à cause de cette rumeur ?"
Il garda ses yeux fermés mais ses épaules se tendirent. L'autre rit doucement, avec son rire d'imbécile heureux que tout le monde lui connaissait.
"Tu sais" fit la personne en se mettant dans la même position que Mochida. "En agissant comme ça, tu ne fais qu'accepter leur traitement."
"Dans ce cas" murmura l'adolescent en entrouvrant ses yeux "Que devrais-je faire ?"
"Je ne sais pas" avoua l'individu en riant joyeusement. "Mais tu devrais revenir à l'école, Tsuna est inquiet. Il pense que tout est de sa faute."
"Je vois" dit calmement Kensuke en baissant sa tête pour ensuite la tourner vers la personne qui était à ses côtés. "Et tu es venu parce que tu te soucies de Dame-Tsuna, n'est-ce pas, Yamamoto ?"
Le baseballeur sourit et se frotta la nuque avec un sourire d'excuse.
"Un peu pour cela" admit-il à travers son large sourire. "Mais aussi pour le fait qu'en tant qu'ami de Tsuna, tu es aussi mon ami ! Donc, je m'inquiétais pour toi."
Mochida hocha sa tête en silence et se leva du banc.
"Je vais bien, je ne vais pas me suicider" ajouta-t-il avec une voix qui s'était raffermie. "Je ne suis pas aussi faible."
Les yeux de Yamamoto se rétrécirent et il se leva à son tour, surplombant l'ancien capitaine de sa haute stature. Mochida se refusa à lever ses yeux vers l'adolescent qui était plus jeune que lui et il se tourna vers la sortie du parc où il se trouvait. Une main ferme le saisit par le poignet et il fut forcé de faire demi-tour pour croiser les yeux bruns et mortellement sérieux du baseballeur.
"J'ai déjà été dans ta position" siffla le jeune en fronçant ses sourcils. "Bon, je l'admets, ce n'était pas des rumeurs et on ne me traitait pas comme un pestiféré, mais le résultat était le même. Je me suis rendu compte que les gens qui m'entouraient généralement n'étaient pas avec moi parce qu'ils m'appréciaient mais parce qu'ils voulaient profiter de mon statut. Et, lorsque je me suis cassé le bras et que j'allais me suicider, penses-tu qu'un de mes "amis" s'est avancé pour m'arrêter ? Ils sont tous resté à distance, attendant sans doute que je saute, que je les distraie. Mais Tsuna s'est avancé et m'a sauvé."
Kensuke rit jaune et frappa sèchement la main du baseballeur pour libérer son poignet. Il recula ensuite de quelques pas et contempla avec mépris le jeune.
"Donc, tu suggères que Dame-Tsuna me sauvera ?" susurra-t-il en fronçant ses sourcils. "Permets-moi d'en douter ! S'il intervenait, cela ne ferait qu'empirer ma situation ! Laissez-moi tranquille, dans un an, tout sera fini et vous n'entendrez plus parler de moi."
Il se mit alors à courir, laissant derrière lui un jeune garçon au regard désemparé. Ce dernier sortit de sa poche un téléphone et appela la seule personne qui saurait aider son sempaï.
Ce lundi matin-là, lorsque le réveil sonna, Kensuke ouvrit ses yeux et regarda sans le voir le plafond. Il avait discuté avec ses parents la veille. Son père n'avait pas très bien pris les événements, il voulait téléphoner à la direction de l'école, trouvant que c'était une honte qu'on laisse les jeunes ennuyer à ce point un élève prometteur. Sa mère n'avait rien dit, ses yeux luisants de larmes retenues et l'adolescent comprit qu'elle savait ce qu'il ressentait réellement suite à ce traitement. Ils étaient arrivés à un accord. Il irait à l'école et se diplômerait. En échange, il pourrait aller au lycée à Tokyo dans une école qui avait un club de kendo réputé pour être le meilleur du pays.
Soupirant, il sortit de son lit et mit son uniforme. Jetant un bref coup d'œil à son shinai, il prit son sac et s'en alla. Sa mère le regarda partir en silence et ils échangèrent un regard entendu.
En chemin, il croisa plusieurs camarades de classe. Il les ignora et entendit les murmures qui résonnèrent dans son dos. Réprimant un soupir exaspéré face à leur attitude, il accéléra imperceptiblement le pas et continua à avancer sans un mot. Cependant, il se figea lorsqu'il se rendit compte qu'une personne se trouvait à un coin de la rue, attendant visiblement quelqu'un. Kensuke déglutit difficilement et se remit en marche. Quand il fut à la hauteur de la personne, il échangea un regard avec celle-ci et ils avancèrent en silence.
"Yo" salua simplement Mochida en souriant avec son habituel air supérieur.
"Bonjour" répondit poliment Dame-Tsuna en hochant doucement sa tête.
Ils ne parlèrent pas, ni se regardèrent pendant tout le chemin. Lorsqu'ils furent devant l'entrée de l'école, Sawada s'arrêta et prit la parole pour la deuxième fois de la journée.
"À la fin des cours" fit-il avec sa voix faible. "Pourrais-tu rentrer avec nous ?"
Kensuke leva un sourcil perplexe et se retourna discrètement pour remarquer que les deux amis du petit brun se trouvaient derrière eux, grossièrement cachés derrière un lampadaire qui ne cachait rien de leurs corps. Comprenant qu'ils avaient voulu leur donner un peu d'intimité, l'ancien capitaine du club de kendo ne put s'empêcher de sourire lorsqu'il vit que Sasagawa venait de découvrir les deux garçons et essayait de comprendre ce qui se passait en poussant des cris qui attiraient l'attention des gens autour d'eux.
"Non" répondit-il alors en rapportant son attention sur Dame-Tsuna. "Je ne resterais pas avec des gens qui éprouvent de la pitié."
Ils ne se parlèrent plus durant l'année qui suivit.
"MOCHIDA ! SOIS EXTRÊME ET REJOINS MON CLUB !"
Kensuke déposa son cahier et jeta un regard éberlué à l'adolescent qui venait de l'apostropher.
"Non" répondit-il calmement.
"MAIS POURQUOI ?"
"C'est Sawada qui t'a demandé de veiller sur moi, pas vrai ?" soupira le garçon aux cheveux noirs alors qu'il replongeait son nez dans son carnet.
Il devait étudier. Après tout, le lycée auquel il comptait aller avait un examen d'entrée très strict, il allait devoir rattraper son retard et même améliorer sa moyenne. Ignorant Sasagawa qui continuait à essayer de l'enrôler dans son club, Kensuke se plongea dans le monde des mathématiques à plusieurs inconnues.
Une main tapota son épaule et il la secoua pour ensuite lever vivement sa tête, prêt à mordre le boxeur pour l'ennuyer alors qu'il était visible qu'il ne voulait pas rejoindre son fichu club de boxe !
"Quoi ?" aboya-t-il.
"M-Mochida" bredouilla la jeune fille qui se trouvait devant lui. "P-pourrais-je te parler en privé ?"
Il rétrécit ses yeux et accepta en silence la proposition, rassemblant ses affaires pour ensuite la suivre. Il prévoyait de toute façon de partir et cette inconnue venait de lui donner une occasion en or pour le faire. Cependant, que lui voulait-elle ? Était-ce une nouvelle méthode pour l'ennuyer ? Il était vrai qu'il ne réagissait plus à leurs piques, peut-être qu'ils étaient agacé de sa nonchalance...
"K-K-Kensuke-k-kun" bégaya nerveusement la jeune, une fille de sa classe. "V-V-Voudrais-tu s-s-sort-t-tir avec moi ?"
L'adolescent cilla. Il ne s'était absolument pas attendu à ça.
"Pourquoi ?" demanda-t-il simplement.
"Eh bien" hésita la fille dont il ignorait jusqu'au nom. "Malgré les rumeurs, tu es toujours resté cool et... tu étudies tout le temps et... tu ne parles pas à beaucoup de gens et..."
"Je vois" sourit alors le garçon en prenant une intonation suave. "Je te plais."
"O-Oui" couina-t-elle.
"Je comprends" fit-il en hochant doucement sa tête alors qu'il encadrait de ses deux bras la jeune fille qui était plaquée contre le mur du couloir. "Et tu veux sortir avec moi."
Elle acquiesça en silence, ses yeux bruns brillant avec espoir. Mochida la regarda pendant un instant, pesant le pour et le contre. Elle pouvait être son billet pour la normalité. Tout comme elle pouvait être sa chute. Puis, alors qu'il se penchait pour l'embrasser, Kensuke réalisa qu'il attendait qu'on l'interrompe, qu'un certain petit brun le fasse.
Il grogna et se recula brusquement de la jeune fille.
"Ton nom ?" demanda-t-il brièvement.
"Chi-Chiaki" murmura-t-elle.
"Très bien, Chiaki" déclara alors l'adolescent en se pinçant l'arête du nez. "Je ne vais le dire qu'une seule fois. Je ne suis pas gay."
Les yeux bruns s'illuminèrent et elle s'avança vers lui dans l'idée de l'enlacer.
"Cependant" continua-t-il en lui lançant un regard d'avertissement alors qu'il reculait. "Je ne sortirais pas avec toi pour la simple et bonne raison que je ne te connais pas. Sans oublier que dès la fin de l'année scolaire, je quitterais Namimori. Donc, ne rêve pas sur notre histoire d'amour, elle n'arrivera jamais."
Kensuke secoua sa tête et se mit à marcher, laissant derrière lui la jeune fille en larmes. Ses pieds le portèrent jusqu'aux machines et il regarda avec un air surpris la personne qui se trouvait devant ces dernières.
"Sawada" salua-t-il.
Sa voix était rauque, passant difficilement à travers sa gorge nouée.
"Mochida-sempaï" répliqua gentiment le garçon en ne bégayant ni ne baissant les yeux.
Il n'était plus intimidé en sa présence, réalisa Kensuke avec une pointe de soulagement. Et il n'avait plus cette lueur compatissante dans ses prunelles. Voulant oublier l'émotion que faisaient surgir les yeux couleur caramel du petit brun, l'adolescent aux cheveux sombres baissa ses orbes sombres et les écarquilla légèrement en constatant que son kohaï tenait dans ses mains une canette de café glacé.
"Je ne te pensais pas du genre à aimer cette boisson" murmura l'ancien kendoka.
Sawada sursauta et baissa vivement ses yeux sur la canette avant de les relever et de rougir vivement. Intéressé par le rougissement magistral du jeune, Mochida s'approcha du garçon et s'arrêta à deux mètres de ce dernier, s'appuyant contre un mur et regardant la cour devant lui. Le petit brun changea d'appui sur ses pieds, avala une nouvelle gorgée de sa boisson et finit par s'appuyer lui aussi contre le mur, à quelques centimètres de son aîné. Les secondes s'étirèrent et Kensuke se surprit à apprécier ce moment de paix.
"Au début" déclara alors Sawada sur le ton de la confidence "Je n'aimais pas du tout."
Le garçon aux cheveux noirs haussa un sourcil surpris et baissa ses yeux sur les mains de son interlocuteur. Le brun ne cessait de serrer et desserrer ses doigts autour de la canette, comme s'il était nerveux.
"Mais j'ai continué à en boire" chuchota ce dernier en fermant ses yeux. "Jour après jour. Puis, je me suis rendu compte que l'amertume était agréable, qu'elle pouvait être réconfortante après une journée difficile."
Kensuke resta silencieux, n'osant même pas respirer. La cour était silencieuse, pas un oiseau n'était présent et le ciel lourd d'hiver s'assombrissait à vue d'œil. Des feuilles mortes voletèrent dans les airs sous une brise infime et il resserra ses doigts autour de la lanière de son sac. En temps normal, il serait déjà sur le chemin de sa maison et se préparerait pour étudier et ainsi réussir l'examen d'entrée pour son futur lycée.
"Parce que" continua Sawada alors que sa voix se faisait quasiment inaudible. "Tu as cessé de venir à l'école."
"Je t'avais dit de ne pas ressentir de la pitié envers moi" répliqua tout aussi bas Mochida.
"Je sais" sourit doucement le brun. "Ce n'était pas de la pitié mais autre chose."
"Quoi donc ?" demanda le plus âgé en gardant ses yeux dirigés vers la cour.
"..." hésita Sawada en baissant sa tête pour contempler ses mains et la canette de café glacé. "J'étais inquiet."
Il redressa sa tête et croisa alors les yeux surpris de Kensuke. Ce dernier avait été pris de court par la déclaration du plus jeune et avait désormais sa bouche entrouverte ainsi que ses orbes écarquillés.
"Tu as cessé de venir en cours" expliqua le brun en élevant la voix. "Je ne te voyais plus et il y avait ces rumeurs ! Ils disaient que tu t'étais mis à racketter les enfants, que tu te droguais et que tu volais les petites vieilles à minuit !"
À ces mots, Mochida ne put s'empêcher de rire aux éclats. Ses éclats étaient tels qu'il dut s'essuyer les larmes d'hilarité qui perlaient à ses yeux.
"Racketter les enfants" haleta-t-il à travers sa crise de fou rire "Voler les vieilles ! Et tu les as crus ?"
"Je ne savais même pas où tu vis !" continua Sawada en serrant ses mains autour de la canette qui craqua en répandant le café sur ses doigts et dégoulinant jusqu'au sol. "Et puis, il y avait Reborn qui me disait tous les soirs que tout était ma faute, que j'avais perdu un bon élément pour la famille et qu'un corps était difficile à retrouver, principalement lorsqu'il y a des trafiquants en jeu !"
"Je vois" déclara Kensuke avec un large sourire goguenard. "Le bébé s'est bien payé ta poire..."
"Ce n'est pas drôle !" siffla le brun en le fusillant de ses orbes caramel. "J'étais vraiment inquiet ! Sans oublier le fait que je ne pouvais t'approcher ou les rumeurs auraient empiré !"
Les yeux de l'adolescent aux cheveux sombres s'écarquillèrent et il sentit son sourire moqueur s'adoucir. Sawada, ce bon vieux Dame-Tsuna, s'était sincèrement inquiété pour lui, allant jusqu'à ne pas s'approcher de lui pour éviter qu'il souffre. Sans même le réaliser, Kensuke leva une main et la posa lentement sur la tête de son benjamin. Ce dernier leva ses yeux furieux et quelque peu surpris vers l'ancien kendoka et le regarda sans un mot. Alors, l'aîné ébouriffa amicalement la folle chevelure brune et approcha doucement sa bouche de l'oreille du plus jeune.
"Dans quelques mois, tout sera fini" chuchota-t-il.
Sawada cilla et lâcha la canette de café glacé qui échoua sur le sol en pierre, le tâchant de son liquide brunâtre. Ses mains vinrent saisir la veste épaisse de l'adolescent aux cheveux noirs et les lèvres du brun se mirent à bouger vivement.
"Pourquoi ? Tu ne penses tout de même pas à..."
"Non" le rassura calmement Mochida en caressant à nouveau les cheveux du jeune, cette fois-ci plus doucement. "Dans quelques mois, je quitterais cette ville."
Les lèvres rosées s'entrouvrirent avec soulagement et les yeux caramels brillèrent avec curiosité. Avant de se ternir avec tristesse.
"Et tu ne reviendras plus" conclut Sawada tristement.
"Et je ne reviendrais plus" accorda Kensuke.
Le café continua à se répandre sur les pierres du couloir et les deux adolescents échangèrent un long regard avant de se séparer.
"Mochida-sempaï" l'appela Sawada lorsqu'il fut arrivé au portail de l'école.
Kensuke se retourna et contempla la petite silhouette qui se trouvait à l'entrée du bâtiment scolaire, un groupe d'adolescents se tenant comme pour le protéger derrière lui.
"Lorsque tu auras reçu ton diplôme" fit le petit brun en plantant ses orbes décidés dans les yeux désemparés du garçon plus âgé. "Pourras-tu me dire au revoir ?"
L'adolescent aux cheveux sombres hocha en silence sa tête.
Le jour était arrivé. Kensuke remit en place sa cravate et surprit le regard rempli de fierté de ses parents. Son admission au lycée avait déjà été réglé et un appartement à quelques mètres de celui-ci avait été loué et préparé. Une fois son diplôme en poche, il quitterait Namimori. À jamais.
Il bailla discrètement lorsque le représentant de leur année fit son discours et remarqua une agitation dans la foule. Sawada et tout son groupe de voyous étaient présents, vêtus de costumes hors de prix. Kensuke tourna discrètement sa tête vers sa droite et sourit légèrement. Sasagawa était dans le lot des diplômés, il avait réussi à passer de justesse en étudiant avec sa dernière volonté comme il l'avait hurlé lors des examens. Une sensation de brûlure le surprit et il tourna vivement sa tête vers le public pour croiser les yeux intenses de Sawada. Ce dernier ne lui sourit pas, semblant méditer sur quelque chose.
"Mochida Kensuke."
L'interpellé se leva et alla jusqu'à l'estrade pour recevoir son diplôme. Il serra les mains du principal et de ses professeurs et alla se rasseoir auprès de ses camarades diplômés. Lorsque la cérémonie fut achevée, il se dirigea vers ses parents et leur remit le papier. Sa mère l'enlaça, pleurant silencieusement avec fierté pendant que son père lisait le diplôme en affirmant à mi-voix qu'ils l'afficheraient dans le salon.
Cependant, lorsqu'ils lui demandèrent de les suivre pour rentrer à la maison, Kensuke refusa gentiment.
"Il me reste quelqu'un à qui faire mes adieux" déclara-t-il doucement.
Ses parents acquiescèrent et se mirent en marche. Une fois seul au milieu de la mêlée d'élèves récemment diplômés et de familles, l'adolescent se dirigea vers le couloir où tout avait commencé selon lui. Il s'arrêta devant une machine et fouilla ses poches pour en sortir des pièces. Il s'acheta un café glacé et l'ouvrit avec un petit soupir. Des bruits de course se firent entendre et Kensuke se redressa, sentant un sourire s'épanouir sur ses lèvres lorsqu'il croisa le regard légèrement paniqué de Sawada.
"Je croyais que tu étais déjà parti" confia ce dernier en s'appuyant contre un mur après avoir acheté une boisson à son tour.
"J'avais promis de te dire au revoir" rappela Mochida en gardant son sourire aux lèvres.
"C'est vrai, sourit à son tour le brun.
-Dans ce cas" hésita le diplômé en se grattant nerveusement la nuque avec une main, l'autre portant sa canette à ses lèvres. "Adieu. Je suis désolé d'avoir été si désagréable avec toi."
"Ce n'est rien" déclara Sawada en continuant à sourire gentiment. "J'ai été heureux de partager ces moments avec toi. Ils... ils me manqueront."
Kensuke se détacha du mur et jeta sa canette vide dans la poubelle qui se trouvait à côté des machines. Il se tourna vers le petit brun et fronça imperceptiblement ses sourcils.
"Tu sais" murmura-t-il en restant à distance du plus jeune. "Maintenant que je suis diplômé, je peux enfin faire une chose librement."
"Quoi donc ?" demanda Sawada.
Mochida ne répondit pas. Il s'approcha du garçon et colla ses lèvres sur celles du petit brun. Profitant de la surprise de ce dernier, l'ancien élève de Namimori introduisit sa langue dans l'antre du jeune et caressa celle du brun.
Quelques secondes passèrent, goûtant le paradis selon les deux adolescents, et Kensuka se recula. Il lécha ses lèvres inconsciemment et contempla en silence Tsuna.
"J'en ai toujours eu envie" révéla-t-il à ce dernier. "Mais je m'en suis empêché pour éviter que tu aies à supporter ces rumeurs. Mais, comme je ne vais plus faire partie de ta vie, j'ai estimé qu'il serait juste que tu saches ce que je ressentais réellement pour toi, Tsuna."
Les yeux du petit brun s'écarquillèrent et il leva une main tremblante jusqu'à ses lèvres entrouvertes et luisantes de salive.
"J'ai" commença-t-il en surprenant Kensuke qui croyait que le jeune allait l'insulter. "J'ai toujours pensé que tu goûterais le café vu que tu en bois tout le temps."
Le plus âgé fronça imperceptiblement ses sourcils et croisa ses bras. Pourquoi Tsuna lui racontait-il cela à un moment pareil ?
"Alors" continua le jeune "lorsque tu as cessé de venir, j'ai bu du café. Pour me donner l'illusion que tu étais là... Et que tu m'embrassais..."
Kensuke élargit ses yeux comiquement. Il n'aurait pas pensé qu'une confession d'amour partagé suivrait son baiser. Cela compliquait son plan d'oublier Sawada Tsunayoshi une fois diplômé.
"Mochida" déclara alors Tsuna en levant ses yeux bruns qui brillaient avec détermination. "Reste en contact avec moi. Je veux te revoir."
L'émotion qu'il ressentait était sous-entendue dans ses paroles. Et l'autre garçon ne connaissait qu'une seule façon pour répondre aux sentiments du petit brun.
Il accepta.
RaR :
Emii : Aww, merci du fond du cœur pour tous ces beaux compliments ! *essuie sa larme d'émotion* Je suis plus que contente de voir que ces semaines de dure labeur ont donné des résultats XD
Haha8D : Tsuna, stupide ? Noooon, c'est juste notre Dame-Tsuna national ^^ Quant aux mots inventés, moi-même je le fais et des fois je me retrouve bien ennuyée en relisant mes textes... ^^" Heureusement que ma super-béta est là pour m'aider ! XD Mochida-Tsuna est un couple spécial ? Mmm, je ne saurais que dire... Alors, maintenant que tu as lu l'OS, ton verdict sur le couple ? Potable ? Lisible ? Une atrocité ? Pour le 10027, je ne l'ai même pas commencé mais j'ai l'intrigue en tête et crois-moi, ça va être long, très long à écrire... (Plus d'une vingtaine de pages probablement ^^") Et OUI ! Ils sont sublimes ensembles !
Nous voici à la fin de cet OS long comme un jour sans pain et je vais donc vous annoncer les chapitres qui suivront ^^
Byakuran no Mori : 10027 (Même si je ne sais pas quand la publication se fera vu que je n'ai même pas commencé à l'écrire ^^")
Il Maestro : R27 (Parce qu'il faut étoffer ce couple bien trop souvent délaissé !) Curieusement, cet OS est déjà pratiquement fini et je tiens à vous annoncer qu'il sera en deux parties ^^
