Chapitre 1:
D'une démarche altière, le jeune nain brun traversa la salle d'arme en effervescence, une main crispée sur la manche de son poignard. Son allure déterminée et l'aura sombre qui émanaient de lui suffisaient à ce que les nains présents s'écartent sur son passage sans un mot. Après tout, il était le second fils de Foster et ce dernier, en soixante ans, avait fait de lui une redoutable machine de mort et, s'il n'était pas particulièrement aimé ou respecté, il était religieusement craint par ses compatriotes. Kili n'accorda pas d'attention aux chuchotements qui s'élevèrent sur son passage et vint se planter face au capitaine de la garde, un lourd pachyderme qui faisait bien deux têtes de plus que le jeune prince, pourtant grand.
- Que se passe t-il ? J'ai entendu dire que mon père avait accueilli un… nouvel hôte…
Le colosse dédaigna le plus jeune en le lorgnant d'un simple regard morne, puis il fit un léger signe de tête vers le couloir qui menait à la salle du conseil, indiquant à Kili que son père souhaitait le voir. Le brun fronça les sourcils et affermit sa prise sur son poignard, comme pour se donner du courage, puis il se dirigea vers les salons de réceptions, qui comprenaient la salle du conseil. Il y arriva en même temps que les différents conseillers qui leur prenaient place pour la session du jour. Foster arriva peu de temps après, une main ferme posée sur l'épaule de son premier héritier qui marchait dignement à ses côtés. Lorsqu'il vit que son second fils l'attendait respectueusement devant la porte de la pièce, le roi s'excusa auprès de ses conseillers et pressa affectueusement l'épaule de Fili, qui prit tout de même le temps d'envoyer un regard encourageant à son petit frère avant de pénétrer dans la salle.
- Votre majesté.
Kili s'inclina respectueusement devant son père qui appréciait, sans jamais se lasser, de voir ce nain qui ressemblait tant à Thorin se courber ainsi devant lui, lui donnant à chaque fois la sensation de goûter à une douce revanche.
- Kili, je veux que tu te rendes aux cachots pour veiller sur l'otage qui a été capturé ce matin. Ce nain a énormément de valeur et pourrait nous apporter beaucoup, je compte sur toi pour ne pas me décevoir.
- Oui, votre majesté.
Docile, Kili s'inclina de nouveau et fut heureux de constater que son frère n'avait pas assisté à l'échange. Il savait que Fili détestait lorsqu'il s'inclinait ainsi et lorsqu'il acceptait les plus basses besognes que lui donnait Foster, mais Kili était lucide et avait bien compris que, plus il s'aplatissait, plus son père l'appréciait d'une certaine manière et le laissait tranquille. Il se redressa ensuite et tourna les talons pour se rendre dans les cachots. S'il souleva les rires sur son passage lorsqu'il traversa la salle des gardes, il ne s'en préoccupa pas : ces soudards étaient ravis de voir que c'était un prince qui s'occupait de l'une des tâches les moins reluisantes, rien qui ne mérite qu'il ne sorte ses lames pour leur arracher le respect qu'ils devaient à son statut de prince.
Les cachots étaient un long couloir froid et humide, l'un de ceux où la porosité de la roche n'avait su être travaillée et qui avait donc été relégué à la détention des ennemis de Foster. Il était creusé de par et d'autres par des petites cellules fermées de barreaux d'acier et le prisonnier d'honneur avait été parqué dans la plus sombre, ce qui parvenait parfaitement à Kili parce qu'elle était, de ce fait, la plus éloignée de la sortie et les cellules voisines n'étaient pas occupées.
Il s'approcha des barreaux pour jeter un regard au nain aux cheveux gris avachi contre la pierre froide de la cellule et pinça les lèvres en remarquant son vieil âge et son allure digne. Celui-ci lui retourna un regard, qui sembla se teinter rapidement de surprise, mais Kili s'était détourné de lui avant d'en avoir le cœur net. Il sortit tout ses poignards ainsi qu'une pierre polie, s'assit en tailleur à même le sol glacé et se mit au travail. Il affuta contentieusement toutes ses lames, testa leur équilibre en les posant sur un doigt tendu ou bien la facilité à les manier en les lançant avec désinvolture sur le mur en face, au bout du couloir, à cinquante pieds de là où il se tenait, et il les plantait à chaque fois au cœur du blason de la famille de son géniteur qui y était accroché.
- Tu es doué !
Kili haussa un sourcil mais n'accorda pas plus d'attention au prisonnier qui l'observait en souriant gentiment.
- Dis moi mon garçon, ne nous serions pas déjà rencontrer, par hasard ? Ton visage m'est familier…
Le jeune nain lança un nouveau regard au vieux nain, mais il haussa vite les épaules.
- Vous vous appelez ?
- Balïn, pour vous servir.
- Jamais entendu parler…
Balïn ne s'offusqua pas du dédain de son geôlier et observa son jeune profil alors que ce dernier inspectait les nombreuses petites aiguilles qu'il portait constamment avec lui.
- Quel âge as-tu ?
Kili ne lui fit par l'honneur de répondre, trop occupé à imprégner quelques une de ses fines épines d'une liqueur empoisonnée.
- Tu me rappelles une personne que je connais bien…
- S'il vous plait, taisez-vous.
Et Balïn se tut, parce qu'un bruit de pas précipité qui venait en leur direction se fit entendre. Kili se releva souplement et rangea son attirail pour accueillir l'arrivant. Le vieux nain se leva lui aussi en hoquetant lorsqu'il reconnu la crinière blonde du jeune nain qui venait d'apparaître. Kili ouvrit les bras pour répondre à l'accolade de son frère qui l'étreignit, le regard sombre et le visage fermé, furieux de constater que, quoiqu'il arrive, Foster ne considèrera jamais Kili à sa juste valeur et le relèguera toujours aux tâches les plus avilissantes.
- Je suis simplement venu m'assurer que tu allais bien. Lorsque l'on m'a dit que tu étais aux cachots, j'ai eu peur que ce ne soit parce que père t'y avait encore fait enfermer pour je ne sais quelle raison.
- Je vais bien Fili, ne t'inquiètes pas pour moi. Et puis au moins, ici, je suis tranquille.
Fili sourit et allait faire demi-tour pour retourner remplir ses obligations de prince, mais une vieille voix douce l'interpella :
- Tu es Fili ? Le fils de Dis ? Je suis ravi de te revoir.
- Parce que nous nous sommes déjà rencontré ?
Balïn fut légèrement surpris d'entendre cette voix, qui fut pourtant douce lorsqu'elle s'était adressée au jeune brun, lui répondre d'un ton froid et cassant. Implacable.
- Le premier jour de ta naissance… Je me nomme Balïn et je fus un ami de ta mère.
Fili lui lança un regard dédaigneux puis il lui tourna le dos et s'en alla sans plus de cérémonie après avoir pressé une dernière fois le bras de son frère. Mais il ne fit pas trois pas qu'il s'immobilisa, parce que Foster venait d'apparaître dans le couloir des cachots. Celui-ci fronça les sourcils lorsqu'il constata la présence de son premier héritier dans ce lieu indigne et un pli amer tordit ses lèvres.
- Fili… Que fais-tu là ?
- Je suis venu rendre visite à mon frère… Père.
Balïn, qui étudiait la scène, retint un hoquet de stupeur lorsqu'il apprit que son geôlier n'était personne d'autre que le deuxième fils de Dis et cette révélation fut confirmée par la manière noble qu'usa ce jeune nain pour se redresser, portant le menton fièrement comme seul un certain prince d'Erebor savait le faire. Foster s'approcha de Fili d'une démarche raide, les yeux étincelants.
- Retourne à ta place. Tout de suite. Le prince de Nogrod n'a rien à faire ici.
Fili serra les lèvres, et défia son père du regard pendant quelques secondes. Mais lorsqu'il vit les yeux de son géniteur se teinter doucement de noir, il abdiqua et s'inclina avec raideur, conscient qu'attiser la folie de ce nain ne lui apporterait que du mal et il s'en alla sans un mot. Foster le suivit un instant du regard, puis il se tourna vers son second fils qui, dès qu'il remarqua l'éclat furieux qu'avait réveillé l'ainé, eut le reflexe de poser un genoux à terre, geste qui ne manqua pas de faire briller de plaisir la folie qui stagnait dans le regardx du roi d'Ered Luin. Méprisant Kili, qui gardait les yeux rivés au sol, Foster s'avança jusqu'à la cellule de l'ami du roi d'Erebor et ce dernier l'observait gravement, toute douceur avec quitté ses traits alors que se dressa face à lui celui qui avait fait tant de mal à son royaume.
- Nous avons envoyé un nouveau message au roi Thror, si celui-ci refuse de payer la rançon que je lui demande, tu seras exécuté.
- Tu gagnerais à me tuer tout de suite alors…
- Crois-moi, ce n'est pas l'envie qui m'en manque.
Balïn ne répliqua pas et se contenta de lui rendre un regard luisant de colère. Le vieux nain était lucide, il savait que son roi, Thror, avait succombé, au fil des années, au même mal qui pulsait si odieusement en Foster et que, de ce fait, sa réponse positive à la demande de rançon astronomique qu'exigeait le nain blond relevait de l'illusion.
- Sa réponse arrivera dans les prochains jours, mais il se peut que je perde patience et que je décide de leur envoyer ta tête avant l'heure…
Foster se détourna ensuite de la cellule et s'éloigna sans un regard pour Kili, qui attendit de le voir disparaître avant de se relever, le regard sombre.
- Ton père est fou, mon p…
- Je vous interdis de dire du mal de mon père !
- Pourquoi défends-tu celui qui prend plaisir à t'humilier ? Pourquoi fermes-tu les yeux face à sa folie ?
- Parce que tu penses que j'ai le choix ?
Acculé, Kili gronda méchamment sur le vieux nain qui sentit son cœur se serrer en constatant à quel point Foster avait bien dressé son fils.
- Tu as le choix, Kili…
Le jeune nain haussa ses épaules et s'adossa au mur, un air passablement ennuyé sur le visage. Balïn n'en démordit pas, parce qu'il se sentaiit pris d'une profonde compassion pour cet enfant que Foster semblait avoir démoli avec application, alors il lui parla. Il se heurta au début à une indifférence polie, puis à un léger agacement mais, au fil des heures, Kili se prit à écouter de plus en plus religieusement le monologue de Balïn, impressionné par la connaissance qui imprégnait les histoires passioné du vieil érudit. Ce dernier eut le plaisir de soulever de temps en temps quelques réactions du plus jeune, et il ne cacha pas sa joie quand Kili, légèrement apprivoisé, intervint de plus en plus, jusqu'à entamer une discussion extrêmement intéressante sur quelques points historiques de la terre du milieu. Et Balïn eut l'heureuse surprise de constater que le fils de Foster se trouvait magnifiquement instruit et cultivé et qu'en plus de maîtriser la langue difficile qu'était le Khudzul ancien et de connaître parfaitement l'histoire du peuple nain, le jeune prince était au fait de quelques légendes oubliées qui concernaient les elfes, les Valars ou les humains. Lorsque Kili évoqua l'anneau du Beleriand, le vieux nain l'arrêta, ébahi, ne pouvant cacher sa surprise :
- Où as-tu entendu parler d'une chose pareille ? Je doute que ce soit ton père qui t'ait parlé de ça ! Serait-ce Dìs ? J'ai pourtant été son professeur et je ne me souviens pas avoir évoqué cela avec elle…
- Ho… Bien sûr que non, c'est Fili… Il est passionné par l'Histoire de la terre du milieu… Et père lui a offert toute une collection de livres anciens qui retracent l'Histoire de ce monde, depuis les premiers chants…
- Des livres elfiques, sans doute.
- Il sait lire cette langue, père estime qu'un souverain se doit d'être capable de communiquer avec toutes les races, et il désire faire de Fili un roi d'exception…
- Et, lorsqu'il sera prêt, il lui offrira Erebor…
Ce n'était pas une question, mais bien une affirmation que Kili ne chercha pas à démentir. Fili méritait de s'asseoir sur le trône du plus grand royaume qui n'ait jamais existé et il allait s'assurer de nettoyer la place le jour où Foster lui en donnera l'ordre, pour son frère. Soudain ennuyé par la conversation, il s'attela à la longue et maborieuse tache qui consistait à fixer les empennages de plumes sur ses nouvelles flèches. Balïn, refusant de rester sur une note amère, reprit son monologue, mais l'orienta tout de même sur un sujet qui lui tenait à cœur : la lignée de Durïn, de laquelle Kili descendait, sans même le savoir, en droite ligne et il lui parla aussi, longuement, d'Erebor, prenant soin de bien choisir ses mots car, pour une raison qu'il ne pouvait que deviner, le petit-fils de Traïn était extrêmement sauvage et semblait prompt à lancer ses aiguilles empoisonnées entre les deux yeux de toute personne qui le contrarierait. Mais le vieux nain ne s'en formalisa pas et parla de la création de leur race,qui était la première de toute la terre du milieu. Il lui narra les exploits de Durïn, puis ceux de Thror, son grand père.
Balin lui expliqua la naissance d'Erebor, sa prospérité. Il décrivit les salles immenses, emplies de richesses. Il lui raconta quelques anecdotes sur la jeunesse de sa mère et de ses oncles, Frérin et Thorin.
Il lui raconta de quelle manière Dis et Foster s'étaient rencontrés, puis s'était aimés et Kili plissa les lèvres en se disant que la joyeuse princesse que décrivait Balïn ne ressemblait en rien à la pauvre naine silencieuse qui lui avait donné naissance.
Puis Balïn finit par se taire. Si Kili en fut navré, il n'en montra rien et se remit à l'empoisonnement de ses flèches qu'il avait délaissé. Il pensait savoir ce qui s'était passé ensuite : Thorin avait toujours voulut le trône pour lui tout seul et ses descendants et ne comptait pas laisser de place aux héritiers de Foster.
Celui ci était dans son droit lorsqu'il réclama le trône, après tout, son fils était le premier de la génération.
Bientôt, le silence fut pesant, Kili avait sincèrement commencé à apprécier la leçon du vieux conseiller. Ravalant sa fierté, il lança négligemment :
- Je crois savoir que c'est à cette époque qu'ils ont déniché un beau cailloux à Erebor…
- L'Arkenstone ! Ainsi donc Foster vous en a parlé ! C'est le cœur de la montagne, le joyau des rois d'Erebor !
Rien qu'au son de la voix du nain âgé, Kili devinait les étoiles que celui-ci avait dans les yeux. Mais le ton que ce nain-ci utilisait différait grandement de celui de son géniteur. Balin en parlait avec un respect admiratif, teinté d'une certaine fierté. Foster lui, en parlait seulement avec désir: lorsqu'il évoquait la pierre, ses mains en tremblaient presque de vouloir la tenir.
Soudainement, Kili se leva et vint s'asseoir devant les barreaux, soulevant la surprise du vieux nain.
- Que s'est-il passé ensuite ? Thorin et Frérin ont t-il réellement tenté d'assassiner mon père pendant son sommeil avant de lui déclarer la guerre ?
- Mais bien sûr que non voyons !
Et, devant l'air surpris du jeune nain, Balin se mit à raconter la dernière partie de l'histoire. Les disputes, les rixes entre Thorin et Foster, puis la milice, la guerre civile, l'assassinat de Frérin par Foster suivit de son combat contre Thorin, qui était fou furieux d'avoir vu mourir son frère dans ses bras. Il parla ensuite du départ de tous les gens de Foster. Puis de la renaissance d'Erebor.
Kili n'avait pas toujours détesté son géniteur : il se rappelait d'un temps où, tout ce qu'il voulait, c'était le rendre fier de lui, ou au moins quelque chose qui s'y approchait. Mais ça n'avait pas duré. Et plus il prenait de l'âge, plus son physique, ses réactions et sa loyauté s'approchait de celle d'un digne descendant de Durin, plus sont père semblait le détester.
Lorsqu'il était jeune, Foster se contentait tout simplement de l'ignorer, de l'élever comme on élèverait une bête destinée à l'abattoir. Mais plus Kili vieillissait, plus son père le haïssait, et il ne manquait jamais de le lui faire savoir. Le brun avait fait l'erreur de grandir avec les traits et le caractère de Thorin, chose que son père voulait absolument briser.
Aujourd'hui, Kili savait que sa vie ne tenait qu'à un fil, qu'à la moindre erreur de sa part, son géniteur n'hésiterait pas à le tuer. Et aujourd'hui, Kili détestait son père. S'il ne s'était pas encore enfuie, c'était non seulement parce qu'il ne savait pas où aller, mais aussi parce qu'il y avait Fili et le brun avait très bien comprit que le jour où lui ne serait plus là, la folie de Foster se retournerait contre son aîné qui refusait de lui jurer allégence et qui continuait de lui faire front en silence.
La plaisante conversation s'arrêta là car deux soldats descendirent pour prendre la relève, en annonçant à Kili que son père l'attendait dans la salle d'entraînement. Le jeune nain ne partit pas sans avoir esquissé un hochement de tête envers Balïn, montrant par là qu'il le considérait dorénavant avec un respect sincère et le vieux nain répondit en s'inclinant poliment derrière les barreaux de sa cellule.
Kili s'en fut de sa démarche noble puis traversa une grande partie de la mine pour se rendre dans l'aile royale et rejoindre son père dans son dojo privé. Il serra les lèvres et son cœur manqua un battement lorsqu'il se rendit compte que Fili n'était pas là, et qu'il se trouvait donc totalement seul face à Foster pour sa séance d'entrainement quotidienne. Ce dernier lui ordonna de se mettre en garde et il l'attaqua sans plus de cérémonie. Ils échangèrent quelques passes à mains nues puis, lorsqu'il fut lassé, Foster feinta et mit son fils à terre d'un puissant coup de coude. Il regarda ce jeune nain aux traits si noble retenir difficilement un gémissement de douleur en se relevant, d'une manière bien trop digne pour laisser Foster indifférent qui, d'un coup de pied lui fit de nouveau mordre la poussière. Un sifflement de rage le fit sursauter et il se retourna prestement vers l'entrée de la salle, où se tenait Fili, son corps tendu irradiant d'une colère contenue. Foster soupira, son fier héritier était la seule personne pour qui il était capable de faire des efforts et il s'éloigna donc de Kili pour aller s'emparer de deux épées de bois, laissant au plus jeune le temps de se relever et d'assurer à son frère qu'il allait bien. Le roi lança l'arme de bois à son fils qui l'attrapa adroitement et commença l'entrainement sous l'œil attentif du prince blond, il s'assura que Kili maîtrisait à la perfection les enchainements les plus meurtriers, ceux qui sauraient venir à bout du guerrier le plus puissant de ce temps, le grand prince d'Erebor, Thorin.
