Le clan Turelim
Raziel se trouvait sur un monticule de terre dans lequel était planté le drapeau de Turel. Au-delà de ce monticule se trouvait une grande vallée dans laquelle se trouvait un village Humain. Il parut évident à Raziel que Turel avait établi son clan dans ce village, de même que Raziel s'était établi dans une ancienne garnison des Séraphéens. Le village était très grand et entouré de hautes murailles. Après quelques minutes de marche, Raziel atteint les remparts et usa de la capacité de Zephon pour remédier à cet obstacle.
Une fois en haut des murailles, il s'attendait à affronter des sentinelles, mais il n'en fut rien. De loin, Raziel aurait juré que ce village était dépeuplé, mais c'était faux. Les Humains habitaient encore dedans et apparemment, la vue de Raziel ne les affectait en rien. Raziel laissa parler sa curiosité et se promena dans les ruelles en observant le comportement des Humains. Il fut de plus en plus étonné que lorsqu'il se cogna avec un vieillard à un coin de ruelle. Ce dernier s'excusa poliment et souhaita une bonne journée à Raziel. Tout cela n'était que trop bizarre. Raziel interrogea un passant (pas effrayé le moins du monde) pour savoir où trouver le plus haut placé du village. Quelques questions l'aiderait à mieux comprendre.
Le jeune garçon qu'il avait interrogé le mena à une maison. Elle n'était pas spécialement plus grande que les autres mais paraissait en bien meilleur état.
Merci, dit Raziel au jeune garçon.
Je vous en prie, Maître, répondit-il.
Ce fut le mot «maître» qui intrigua Raziel. Il ouvrit la porte et entra dans une petite salle bien éclairée à l'aide de bougies au centre de laquelle se situait un bureau auquel un homme était assis. Il vit entrer Raziel et se leva.
Maître Vampire ! Nous sommes dans les temps. Les choisis se trouvent dans la prison. De l'autre côté du village. Si vous voulez bien me suivre.
Sur ce, l'homme se leva, prit un trousseau de clefs et sortit, Raziel sur ses talons. Raziel craignait de commencer à comprendre, les yeux brillants légèrement verdâtre sous l'effet de l'attente. Ses craintes se confirmèrent lorsqu'il arriva à la prison.
Une cinquantaine de prisonniers sans distinctions étaient entassés dans une gigantesque cellule. Ils étaient en bonne santé, mais la peur et l'angoisse se lisait dans leur regard. L'homme aux clefs se tourna vers Raziel et lui dit :
J'espère que votre maître sera satisfait et qu'il nous fera rapidement connaître les besoins de la prochaine livraison.
Je ne manquerai pas de le lui di…
Raziel n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'il entendit un rugissement de colère. Il se précipita dehors juste à temps pour voir trois soldats Turelims terroriser les habitants. L'air de rien, Raziel s'adressa à eux.
Il y a un problème ?
Silence, répondit un des trois. Ne te mets pas en travers de notre chemin ! Le lieutenant Turel nous a dit de venir chercher le bétail Humain, et ces inférieurs ont osé manquer à notre accueil !
Alors c'est donc ça ! Vous avez passé un pacte avec les Humains pour être nourris à volonté. Turel est vraiment devenu plus arrogant depuis ma chute dans les Abysses.
Les Turelims poussèrent un cri de désarroi. L'un dit :
Le blasphémateur ! Il était donc bien revenu ! C'est lui qui a tué Morlock !
Morlock ? Celui qui était au tombeau des Séraphéens ?
C'est bien lui, tuez-le.
Immédiatement, les deux Turelims qui se trouvaient sur les côtés sautèrent vers Raziel tandis que celui du milieu l'attaqua à distance. Raziel eut un petit rire amusé et contra l'attaque à distance par le même procédé, puis usa du Glyphe de la Force afin d'éjecter les deux gêneurs. Puis, avec une vélocité étonnante, il se rua sur celui du milieu et le planta au mur avec ses griffes. Ce dernier tenta de repousser Raziel, mais trop tard. Raziel avait dégainé la Soul Reaver et fait exploser l'infortuné. La pauvre âme perdue n'eut pas le temps de fuir, qu'elle fut engloutie par Raziel.
L'un des deux survivants chargea tandis que l'autre retissait quelque peu à un affrontement perdu d'avance. Le Turelim donna des coups de griffes à tord et à travers sans réfléchir. Raziel semblait prendre plaisir à les parer ou les esquiver. Puis, Raziel resta délibérément immobile, sa garde ouverte. Le Turelim tomba dans le piège. S'apprêtant à asséner un coup fatal à Raziel, il se mit dans une pose qui ne lui permit pas d'éviter à temps l'attaque de Raziel. Raziel claqua des mains tout près des oreilles de son ennemi et le Glyphe du Son retentit. Sous un tel choc sonore, le crâne du Turelim éclata.
Raziel se tourna vers le dernier qui avait assisté avec horreur à ce spectacle.
Je te laisse en vie si tu vas chercher mon frangin !
Un monstre comme toi n'a pas le droit de voir notre chef !
Alors j'irai le chercher moi-même.
Raziel s'empara de la fourche d'un fermier près d'un mur et cloua le Turelim au mur avec. Il se tourna vers l'homme aux clefs et lui demanda où se trouvait le clan de son frère. Il lui désigna une montagne au nord-ouest et Raziel partit en courant sans demander son reste. Ce ne fut qu'au bout d'un quart d'heure qu'il atteint l'entrée du véritable clan. Son frère s'était installé dans une grotte. Et une lourde herse bloquait le passage. Raziel fut presque outré de si peu de résistance de la part d'un dernier survivant. Il traversa et partit à la recherche d'un portail qui lui permettrait de revenir dans la réalité. Il en trouva un au centre d'une cour. Il se matérialisa et se retrouva en plein centre d'un cratère rebouché par des rochers et éclairé par des centaines de torches. Au bas mot, la cour devait faire 1 km d'envergure et des sentinelles patrouillaient partout. Elles furent cependant très longues à remarquer la présence de Raziel qui se contenta d'un Glyphe de la Lumière pour tous les carboniser. Puis il se délecta d'un tel festin d'âmes et appela Turel. Son appel résonna sur le toit artificiel et fit trembler la caverne entière. Puis le toit s'effondra et Raziel eut juste le temps de se glisser dans un trou dans le mur pour se cacher. Lorsqu'il sortit, il entendit une voix l'appeler vers le haut. Il leva les yeux et vit Turel, imposant et calme l'observer du haut du cratère.
