Titre : une semaine de toi : préquelle 2

Source : Gundam Wing AC

Auteur(e) : Lysanea

Genre : yaoi, romance, UA.

Disclamer : aucun des personnages ne m'appartient sauf les méchants et Mme Keita.

Pairing : 1+2

Personnages : Heero Yuy, Duo Maxwell. le Révérend Père Maxwell, Odin Lowe, trois méchants, des figurants aux noms empruntés dans la série.

Résumé : comment le relation entre Heero et Duo a-t-elle évolué après "l'orage".

Notes de l'auteure : Ohayo ! Un très grand merci à vous qui m'avez lu et reviewé, pour certains. Merci pour vos messages de soutien et d'encouragements, ainsi que vos conseils. Je n'ai pas répondu à tous les mails mais promis, ce sera fait. Cette préquelle numéro 2 est un os inédit, comme annoncé précédemment. Bonne lecture !


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Préquelle n°2 : vers une autre vie.

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Six mois plus tard...
Novembre AC 191

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Tililit tiiiit tililit tiiiiit tililit tiiiiit tilili ¤ couic ¤

- Allo ?

- Heero, c'est Duo.

- Qu'est-ce que tu veux ? demande-t-il avec sa froideur habituelle.

- Je t'appelle de la cabine au coin de ta rue, chuchotte Duo. Les deux types de la dernière fois, tu te souviens ? Et ben ils sont devant chez toi, avec d'autres gars louches !

- Reste à l'écart de ça.

- Tu veux que j'appelle la police ?

- Duo, rentre chez toi et oublie ça.

- Mais je peux pas, Heero !

" Heero qui est-ce ?"

- Un camarade de collège au sujet d'un devoir. Duo, je dois raccrocher. Rentre chez toi, je ne plaisante pas.

- Mais tu...

¤ couic ¤ Biiiiip biiiiip biiiiiiip...

Duo soupire, repose le combiné, mais le redécroche presque immédiatement et compose le numéro de son père, à l'église.

- Dad, j'ai un problème !

- Que se passe-t-il, Duo, où es-tu ?

- Je suis pas loin de chez Heero. Je crois que son père et lui ont des problèmes, mais il veut pas que j'appelle la police !

- Quel type de problème, mon garçon ?

- Il y a des gens méchants devant leur maison. Il y a les deux qui nous ont attaqué, cet été, et une autre personne louche. Papa, il faut faire quelque chose !

- Calme-toi, Duo. Est-ce qu'ils peuvent te voir, d'où ils sont ?

- Non, la cabine me cache un peu.

- Alors reste dedans, le temps que j'arrive. Je serai là dans quelques minutes, avec la voiture. Surtout, tu restes dans la cabine, quoi qu'il arrive, c'est promis ?

- Oui, papa.

- J'arrive.

- Je t'attends.

Duo ne repose pas le combiné, cette fois, faisant croire qu'il est encore en ligne, au cas où...

Sa maison et l'église ne sont pas très loin, mais les cinq minutes qu'il faut au Père Maxwell pour venir lui paraissent une éternité.

Surtout que les trois hommes sont déjà devant la porte des Lowe.

Duo voit avec soulagement son père garer la voiture, une rue plus haut, et il le rejoint discrètement, alors qu'il referme la portière.

Il ébouriffe les cheveux de son fils pour le rassurer, puis ils s'avancent vers la maison des Lowe.

Odin a ouvert la porte et est en train d'échanger quelques mots avec les trois hommes, lorsqu'ils y arrivent.

- Bonjour, Mr Lowe !

Odin Lowe ne montre rien de sa surprise et rend son sourire au religieux ; ils n'ont dû se croiser qu'une dizaine de fois, ces dernières années, et encore...

- Bonjour, mon Père...

- Je viens, comme promis, tenter de vous convaincre de participer à l'organisation de notre prochaine grande braderie. Vous n'avez pas oublié, quand même ?

- Je ne me souvenais simplement plus du jour convenu pour votre passage...

- Il n'y en avait pas ! C'est ça, l'effet de surprise. Ainsi, vous ne pouvez pas vous défiler. Je suis désolé de vous déranger, c'était un risque.

- Ca ira, mon Père.

- Vos amis peuvent peut-être s'inscrire, eux aussi ? Messieurs, je suis le Révérend Père Maxwell, se présente-t-il en faisant face aux trois hommes, qui s'impatientent, irrités de ce contretemps. Même si vous ne faites pas partis de la ville,, nous serions ravis de vous accueillir pour notre grande braderie, organisée par nos paroissiens. A moins que vous ne soyez nouveaux, en ville ?

- Désolé, mon Père, nous ne sommes que de passage. Des affaires à régler et peu de temps pour le faire. Odin, nous repasserons.

- C'est toujours un plaisir de te voir, Archie. Entrez, mon Père, ajoute-t-il à l'adresse du Révérend, alors que les trois hommes s'en vont. Et toi aussi, gamin. Je ne t'avais pas vu.

- C'est mon fils, Duo, explique le Père en posant sa main sur l'épaule de son fils.

Ils suivent ensuite Odin à l'intérieur.

- Vous n'êtes pas là par hasard, mon Père.

- Mon fils est en classe avec Heero et en passant près de chez vous, il s'est inquiété de la situation, alors il m'a appelé. Je ne suis pas ici pour vous faire un sermon, Mr Lowe. Mais si vous souhaitez parler, je suis disposé à vous écouter.

- Je vous dois une explication. Avez-vous le temps pour un café ?

- Avec plaisir.

- Et toi, jeune homme, demande Odin en se tournant vers Duo. Tu veux boire quelque chose ?

- Je... Merci, mais... Est-ce que je peux voir Heero, d'abord ?

- Il doit être dans sa chambre. Tu peux monter, c'est la porte du fond.

- Merci, Mr Lowe.

Le Père Mawell sourit à son fils avec bienveillance, et Duo lui rend son sourire avant de gagner l'escalier et l'étage.

Il va au fond du couloir et frappe à la porte.

N'obtenant aucune réponse au bout de la deuxième fois, il ouvre la porte.

- Heero ? C'est moi, Duo. J'entre...

La porte totalement ouverte, il rencontre un regard glacé, le temps de quelques secondes, seulement ; Heero, assit sur son lit, son ordinateur sur les genoux, ne lui accorde qu'un bref coup d'oeil, sans s'arrêter de taper, mais il fait frissonner Duo.

- Qui t'a autorisé ?

- Bah, tu répondais pas !

- Et t'as pris ça pour une invitation ?

- Je voulais vraiment être sûr que tu allais bien.

- Ca va.

- Tu veux que je parte, alors, murmure Duo d'une voix triste.

- Tu ne fais jamais rien de ce qu'on te dit.

Prenant ça comme une invitation à rester, Duo referme la porte et s'avance dans la chambre.

Il a un serrement au coeur devant l'austérité de la pièce ; il n'y a rien sur les murs gris et bleu, pas de photos, pas de posters, ni de tableaux, rien.

Le mobilier se résume au strict minimum, bureau, commode, armoire, lit, une bibliothèque, où sont posés quelques livres et pas mal de logiciels, quand même.

Mais cet endroit n'a rien d'une chambre de garçon de 12 ans...

La pensée qui vient à l'esprit de Duo, c'est qu'il semble prêt à partir à tout instant, que tout est fait de manière à ce que les occupants de cette maison puissent disparaître, du jour au lendemain, en laissant tout derrière eux, tant tout ceci est impersonnel...

- Tu m'as demandé de ne pas appeler la police, et je ne l'ai pas fait.

- Je t'avais dit d'oublier tout ça et de rentrer chez toi, tu ne l'as pas fait non plus.

- Tu m'en veux ?

- Peut-on en vouloir à quelqu'un d'être idiot ?

- Tu te trouves pas un peu dur, avec moi ? J'ai fait ça pour toi, moi ! se défend-il en s'asseyant sur l'unique chaise de la pièce, près du bureau, face à lui.

- Je ne t'ai rien demandé, réplique Heero, toujours sans le regarder.

- Je sais, mais je ne pouvais pas rester là sans rien faire, désolé !

- Si tu crois que tu nous as sauvé, tu te trompes lourdement. On se débrouillait très bien sans vous.

- Mais Heero, c'est pas une vie, ça ! J'ai entendu plein de trucs sur ton père...

Heero relève vivement la tête et le fusille du regard;

- C'est pas ton problème et c'est pas mon père, répond-il durement, avant de reporter son attention sur son écran.

Duo soupire.

- Ok, sur ton tuteur. T'as souvent des problèmes à cause de lui, non ?

- Qu'est-ce que ça peut te faire ?

- Je t'aime bien, Heero. Je voudrais t'aider et te protéger.

Les doigts qui tapotent sur le clavier s'immobilisent pour la première fois, depuis que Duo est entré, et Heero tourne lentement son regard vers lui.

- Me protéger ?

Duo baisse les yeux un moment, puis les relève et lui sourit.

- Je sais que je ne peux pas grand chose. En plus, t'es plus fort que moi ! Mais tu vois, quand y a un orage et qu'on est ensemble, j'ai l'impression de t'être utile, j'ai l'impression que tu m'acceptes et que tu m'aimes bien. J'adore cette impression, je voudrais pouvoir tout le temps la ressentir !

Heero reprend son pianotage.

- Ces gens-là, ce ne sont pas un simple orage, Duo. Ca concerne mon tuteur, et si tu t'en mêles, t'auras des ennuis.

- J'espère que ton tuteur est pas du même avis et qu'il acceptera l'aide de mon père.

- Si tu tiens à ce que ton père reste en vie, porte tes espoirs sur un autre but.

- Je veux que tout le monde reste en vie et soit heureux.

- Tu rêves.

- Tu devrais essayer, ça fait du bien.

- Pas de temps à perdre à ça.

- M'en fiche, réplique Duo en haussant les épaules. J'ai assez d'espoir et de rêves pour deux ! Ca se finira bien, tu verras.

- T'es encore plus idiot que je ne le pensais, si tu y crois vraiment.

Duo fronce les sourcils.

- Si c'est être idiot que de croire que les choses peuvent s'arranger, alors je suis idiot, ok. Mais tu devrais vraiment essayer l'optimisme, Heero, conclut-il en croisant ses bras derrière sa tête.

- La vie ne m'a pas appris à l'être.

- Trop facile ! Moi non plus, la vie n'a pas été super généreuse avec moi, mais c'est pas une excuse ! Quand tu n'as pas ce que tu veux, et bien sers-toi tout seul !

Heero ne répond rien et continue de taper.

- Tu fais quoi ? finit par demander Duo.

- Rien qui t'intéresse.

- Je peux voir quand même ?

- Tu comprendras rien.

Duo s'approche et jette un oeil par-dessus son épaule.

- T'es en train de créer un programme à toi tout seul ? s'étonne Duo.

- Rien d'extraordinaire.

- Pour toi, oui, apparemment ! Tu m'expliques ?

- Pas le temps.

- Pas le temps, ou pas l'envie ?

- Les paramètres temporels sont prioritaires.

Duo soupire à nouveau et retourne s'asseoir sur la chaise.

- On dirait une machine... Ok, je te redemanderai une autre fois.

Le silence s'installe de nouveau, uniquement troublé par le bruit des doigts enfonçant les touches.

- Dis, Heero ?

- Hn ?

- Pourquoi t'as peur de l'orage ?

Heero ne répond rien pendant un moment.

- Les gens chez qui je vivais, avant, m'attachaient à un arbre pendant l'orage, révèle-t-il, apparemment sans aucune émotion.

Duo, lui, ouvre de grands yeux horrifiés.

- Mais mais mais... pourquoi ?

- Pour m'endurcir et provoquer le ciel.

- Mais mais mais... ils étaient tarés !

- Complètement.

- T'as jamais été électrocuté ?

- Non, mais brûlé, oui.

- Bah dis donc ! Et où est-ce qu'ils sont, maintenant ?

- Odin les a tué.

Duo est choqué, mais il essaie de ne pas trop le montrer.

- Et tu... toi...

- Quelle que soit la vie que j'ai, avec Odin, explique Heero en le regardant, elle vaut mieux que tout ce que j'ai vécu, avant lui. Quelle que soit l'ordure qu'il est, pour beaucoup, quelle que soit la force avec laquelle je désapprouve ses actes, Odin reste celui qui m'a libéré.

- Mais tu ne le considères pas comme ton père.

- Nous nous servons l'un de l'autre. Il n'y a pas de place pour ce type de sentiment filial, dans ce genre de relation.

- Je vois. Mais tu sais, ce n'est pas ce qui se passe, pour nous, reprend-il après un silence.

- Quoi ?

- Je ne crois pas qu'on se serve l'un de l'autre pour supporter les nuits d'orage. Enfin si, mais derrière, y a autre chose. On devient amis.

- Je crois pas.

- Mais si.

- J'ai déjà un ami.

- Oui Trowa Barton. Mais il est parti depuis un an, tu dois te sentir seul.

- C'est toujours mon ami.

- Ok. Mais c'est pas parce que t'as déjà un ami que tu peux pas en avoir d'autres ! Y a de la place que pour une personne, c'est ça ?

- J'ai rien à voir avec tes autres amis.

- C'est vrai qu'on joue beaucoup, avec les copains, après le collège, mais tu viens jamais... Mais si je devais choisir, je préfèrerais n'avoir que toi, comme ami. Et Quatre, mais lui, c'est comme mon petit frère.

- Pourquoi ?

- Bah je sais pas, on a grandi ensemble !

- Non. Pourquoi tu me choisirais, moi ?

- T'es sincère, tu dis ce que tu penses. Tu dis pas ce que je veux entendre pour être avec moi ou que je te donne quelque chose.

- Etre ami, c'est être sincère ?

- Un ami est sincère. Entre amis, on se soutient, on se parle de tout, on se couvre pour les bêtises, on joue ensemble, on partage plein de trucs...

- J'ai pas le temps.

- On peut être amis différemment.

- Comment ? demande-t-il après une hésitation.

Depuis un moment, il ne tape plus sur son ordinateur.

- Je crois que dans l'amitié qu'on a avec les autres, y a beaucoup de nous. Tu vois, tu dis que je fais jamais rien de ce qu'on me dit. Toi, tu ne fais jamais rien comme tout le monde. Alors notre amitié sera sûrement faite de ça !

- Je comprends pas.

- On sera amis de manière différente de tout le monde ! On se soutient pendant les orages, déjà. C'est notre secret. Et puis, tu me parles plus à moi qu'aux autres.

- Je ne fais que te répondre. T'es tout le temps en train de parler. J'ai calculé les probabilités ; si je te répond pas, c'est pire, et je risque de ne jamais avoir la paix.

Duo sourit, absolument pas vexé.

- Et tu fais des calculs de ce genre avec beaucoup d'autres personnes ?

- Non.

- Tu peux, ce serait bien que tu te lies un peu aux autres ! Déjà, puisqu'on est amis, on pourra sortir, des fois, et avec les autres aussi.

Heero referme son ordinateur et le regarde un moment en silence.

- Ma vie est dangereuse et bizarre, à cause d'Odin. T'u peux être très con parfois, mais je te sais capable de comprendre que je ne suis pas vraiment le genre de garçon avec qui on a envie de traîner.

- Moi, j'ai envie. Je sais que c'est dangereux, j'étais là quand ces deux types bizarres te sont tombés dessus, et pas qu'une fois. Je sais que c'est pas un jeu, mais j'ai envie, c'est tout ! Et si je te dérange tu me le dis, et je te laisse.

- Une fois sur deux.

- Oui, mais bon, faut toujours un peu insister, avec toi, pour que t'accepte des choses qui ne te paraissent pas utiles et nécessaires, au début. D'ailleurs, tu sais, t'es pas forcé de rester avec ton tuteur.

- Je t'ai déjà expliqué pourquoi je restais avec lui.

- Même s'il est ce que tu as connu de mieux jusqu'à présent, je peux te jurer qu'il existe des gens et des familles plus sûres.

- Je suis habitué à cette vie.

- Tu pourrais vivre avec nous, alors. Mon père serait sûrement d'accord, et tu as déjà passé des week-end à la maison. On sait presque tout ce qu'il y a à savoir, non ?

- Je t'ai déjà dit d'arrêter de rêver, Duo. Ma vie me convient, c'est à toi qu'elle paraît bizarre.

- Tu serais pas comme ça, si t'avais eu une vie normale. Et c'est pas trop tard.

- Laisse tomber.

- Pourquoi ? T'as pas envie d'essayer ? T'es pas bien, avec nous ?

"Les enfants ! Descendez, c'est l'heure !"

Heero se lève, les poings serrés.

- Odin m'a libéré de chaînes pour m'en mettre d'autres. Il n'a pas tué mes gardiens pour me sauver, il l'a fait par intérêt. Il ne me laissera jamais, Duo.

- Mon père pourrait...

- Duo, le coupe Heero en lui faisant face, alors que Duo s'est levé et avancé. Je t'ai mis en garde contre les ennemis d'Odin. A présent, je te mets en garde contre Odin lui-même. Ne te laisse pas duper par son sourire et sa gentillesse apparente, ce n'est qu'un masque, ce n'est qu'un jeu. Et surtout, n'exprime plus jamais tout haut cette idée que je puisse vivre avec quelqu'un d'autre que lui, si tu tiens à ta vie et à celles des gens que tu aimes. Je ne plaisante vraiment pas, Duo.

Laissant un Duo un peu sous le coup de ce qu'il vient d'entendre, tant par les propos que le ton sur lequel ça lui a été dit, Heero ouvre la porte et sort le premier, s'avançant dans le couloir avant de s'arrêter pour l'attendre.

Duo finit par le rejoindre, sans un mot, se forçant à penser à autre chose.

En bas, il arrive à faire bonne figure, affichant son sourire habituel, tout en évitant au maximum de croiser le regard d'Odin, tout le temps qu'ils prennent pour se dire au revoir.

- Dad... murmure Duo, une fois rentré chez eux, après un trajet silencieux.

- Oui, mon garçon ?

- Merci d'être venu.

- C'est normal. Dieu nous commande d'aider son prochain.

- Même si c'est un méchant ?

- Oui. Ce n'est pas à nous de le punir de sa méchanceté, il affrontera ses pêchés au Jour du Jugement Dernier. Nous pouvons, à notre échelle, tenter de le ramener dans la Lumière.

- C'est ce que tu as fait avec Mr Lowe ?

- Oui.

- Il est vraiment méchant ?

- Toute créature de Dieu a une part de mal en lui, par laquelle il se laisse plus ou moins dominer, l'espace d'une vie. Odin Lowe a fait du mal, mais il y a aussi du bon en lui. Qu'en penses-tu ?

Duo raconte à son père la conversation qu'il a eu avec Heero, lui demandant que ça reste entre eux, ce que respecte le religieux.

- La seule chose que je puisse te dire, mon fils, c'est qu'Odin Lowe aime beaucoup Heero.

- Alors pourquoi il se sert de lui ? Pourquoi il ne le confie pas à une autre famille ?

- Avec des yeux d'enfants, les choses paraissent simples, Duo. Mais dans une vie d'adulte, les situations le sont beaucoup moins. Cela peut te sembler étrange, mais Heero est beaucoup plus en sécurité auprès de son tuteur.

- Tu as raison, ça me semble très bizarre ! On ne peut vraiment rien faire ?

- Prier Dieu que tout ceci trouve une issue favorable, c'est déjà une très bonne chose.

- J'ai le droit de continuer à voir Heero ?

- Reste très prudent et évite d'aller chez lui, mon fils, c'est la seule chose que je te demande. Heero sera toujours le bienvenu chez nous, cependant.

- Merci, Dad.

- De rien, mon garçon. Bien, il faut que je retourne au bureau, je n'en ai pas pour longtemps.

- D'accord, je vais commencer à préparer le dîner.

- Comme tu as fini tes devoirs, tu peux m'attendre devant la télé, nous le ferons ensemble.

- C'est pour te remercier, Dad, et ça me fait plaisir aussi ! répond Duo en se serrant contre son père.

- Alors dans ce cas, très bien. Fais attention, surtout. A tout à l'heure.

- A tout à l'heure !

Le Père Maxwell embrasse son fils, puis quitte leur maison pour rejoindre l'église, alors que Duo investit la cuisine, tout content de faire la cuisine pour son papa.

Il n'en oublie pas pour autant Heero, mais comme l'a dit son père, il ne peut pas grand chose.

Ce soir, il priera aussi pour Heero avant de se coucher...

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Deux semaines plus tard...

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- Nous avons donc, ici, deux possibilités de résolution de ce problème. Vous allez utiliser ces deux méthodes, et j'en interrogerai quelques uns d'entre vous, qui me présenterez l'une ou l'autre, en justifiant vos choix. Vous avez vingt...

Toc toc toc...

- Oui ?

La porte s'ouvre sur le Conseiller principal d'éducation du collège.

- Désolé de vous interrompre, Mme Darlian, je viens simplement chercher un élève, à la demande de Mr Romefeller.

- Je vous en prie.

- Heero Yuy, s'il vous plaît.

Tous les regards se portent vers Heero, qui se lève sans en rendre un seul, et quitte la classe, suivi du Conseiller, s'excusant encore de l'interruption.

- Allons on se calme, ordonne le professeur, frappant le bureau de son bâton pour mettre fin aux murmures et commentaires allant bon train. Vous avez un exercice à faire et vingt minutes pour cela. Je ne veux pas entendre un bruit.

Tous les élèves plongent leurs nez dans leurs cahiers.

Tous, sauf un : Duo.

Il est inquiet pour celui qu'il considère comme son ami, envers et contre tout.

Durant tout le reste de l'heure, il se force à se concentrer sur le cours, prenant la correction scrupuleusement, ainsi que la leçon, pour que Heero puisse rattraper... même s'il n'en a pas vraiment besoin.

Il est arrivé à Heero d'être absent plusieurs jours, et n'importe quel autre élève aurait eu des difficultés à rattraper le retard qu'il pouvait parfois cumuler de manière inquiétante.

Mais Heero lui, n'a jamais perdu sa place de premier élève, depuis le début du collège, soit un an et demi.

Tout comme Duo n'a jamais perdu sa place de second, d'ailleurs...

Les légères difficultés que rencontre Heero, en anglais, ne menace pas sa première place ; celles que Duo connaît en mathématiques, elles, semblent devoir le cantonner à jamais dans son rôle de second meilleur élève...

L'inquiétude de Duo grandit, alors que l'heure tourne, car il ne le voit pas revenir.

A la fin du cours, il range ses affaires et celles d'Heero, et s'attarde encore un peu dans la classe, à présent vide, au cas où il reviendrait.

Il fait aller son regard de la cour, où tous les élèves sont en récré, à la porte de la salle, espérant le voir.

Un moment plus tard, c'est le Professeur Darlian qui est de retour.

- J'espérai que tu serais encore là, Duo, je ne me voyais pas te courir après dans la cour.

- Il y a un problème ? C'est Heero ?

- Il a quitté le collège. Des policiers sont venus le chercher, accompagnés par ton père.

- Mon père ? répète Duo, de plus en plus inquiet.

- Oui. Il a donné ceci à Mr Romefeller, pour toi, ajoute-t-elle en lui tendant une enveloppe.

- Merci... Il est arrivé quelque chose, Mme Darlian ?

- Tu as, je pense, une partie de la réponse entre tes mains.

- Vous avez raison, répond-il avant de l'ouvrir. Mon fils, lit-il, rentre immédiatement après ton dernier cours et ramène les affaires de Heero avec toi. Fais attention sur la route et ne t'inquiète surtout pas outre mesure. Ton père.

- Mr Romefeller était en train de prévenir tout le monde que tu serais absent le reste de l'après midi, lorsque j'ai quitté la salle des professeurs. Dépêche-toi de rentrer, tu es attendu.

- Merci, Mme Darlian.

- Je t'en prie, dit-elle encore.

Mais Duo a déjà filé.

Il s'empresse de rentrer chez lui ; jamais il n'avait trouvé le trajet de l'école à l'église aussi long.

En plus, il est obligé de faire un détour parce que la police bloque une rue...

Duo a un très mauvais pressentiment : des policiers sont venus chercher Heero, son père était là, ou plus sûrement le Révérend Père Maxwell, des policiers bloquent la rue où vit Heero...

Il est encore arrivé quelque chose avec Odin, ce ne serait pas la première fois...

Mais jamais encore sans père n'avait été appelé...

Est-ce à cause de ce qui s'est passé, deux semaines plus tôt ?

Est-ce que le fait d'avoir parlé à Odin Lowe l'a conduit à être impliqué dans toutes les affaires avec lui ?

Il espère, du fond du coeur, n'avoir causé aucun ennui à son père, en lui demandant d'aider Heero.

- Dad, je suis rentré ! prévient-il en entrant chez lui.

- Rejoins-nous, mon garçon, répond son père depuis le salon.

Duo termine de se débarrasser de ses affaires, et fronce les sourcils en reconnaissant la veste d'Heero dans l'entrée.

Il entre dans le salon, où son père est assis en compagnie de quatre personnes ; Duo reconnaît l'inspecteur Dermail et un des policiers, Treize, mais les deux autres lui sont inconnus.

Et surtout, il ne voit Heero nulle part.

- Bonjour, dit-il poliment.

- Bonjour, répondent-ils tous, plus ou moins souriants.

- Voici mon fils, Duo. Il est en classe avec Heero, et...

- Où est-il ? le coupe brusquement Duo, s'attirant un regard réprobateur de son père. Désolé...

- Je vais mettre cela sur le compte de l'inquiétude. Viens t'asseoir une minute, que je te présente ces personnes et que nous t'expliquions la situation. Ensuite, tu pourras aller retrouver Heero.

- D'accord, obéit-il en s'asseyant aux côtés de son père.

- Tu connais déjà l'inspecteur Dermail et l'officier Khushrenada. Mme Keita est envoyée par les Services Sociaux et Maître Otto est avocat.

- Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi sont-ils là ? Pourquoi t'es venu chercher Heero ? Pourquoi tu m'as demandé de rentrer, pourquoi la rue où vit Heero est barrée ? Pourquoi...

- Duo, ça suffit, calme-toi, le coupe son père, sans élever sa voix, posant juste sa main sur son épaule. Es-tu prêt à écouter ?

- Oui, pardon...

Le Père Maxwell pose son autre main sur l'épaule de son fils.

- La maison où vivait Heero, jusqu'à aujourd'hui, a explosé, en début d'après-midi.

- Quoi ? Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Il a oublié d'éteindre le gaz, c'est ça ?

En d'autres circonstances, cette remarque aurait pu faire sourire.

- Non, Duo. D'après les premières conclusions de l'inspecteur Dermail, cela n'avait rien d'un accident.

Duo ouvre de grands yeux, faisant aller son regard entre les différentes personnes présentes.

- Mon Dieu... Odin Lowe ! Il n'était pas chez lui, hein, dis, papa ? Il va bien, pas vrai ? Papa...

Son père secoue la tête avec tristesse.

- Il est mort, Duo.

- Mon Dieu ! Heero... Où est Heero ? demande-t-il en se levant précipitamment. Il est dans ma chambre, c'est ça ?

- Attends, Duo, le retient son père. Nous devons te dire autre chose, avant que tu n'ailles le rejoindre.

- Mais il a besoin de quelqu'un, il ne doit pas rester seul ! Il est tout seul, pas vrai ? Papa !

- Oui, il est seul, et oui, il a besoin de toi. Mais toi, tu as besoin de savoir encore certaines choses, avant d'aller le retrouver, pour pouvoir l'aider. Assis-toi, mon garçon.

Duo obéit, à contrecoeur.

- C'est tellement horrible... Vite, papa, dis-moi, il doit être tellement triste ! Il n'a plus personne, maintenant, à part nous...

- Justement, Duo. Lorsque j'ai parlé avec Odin Lowe, il y a deux semaines, nous avons longuement évoqué le cas d'Heero. Il m'a demandé si j'acceptais, dans le cas où il lui arriverait malheur, qu'Heero soit confié à l'église.

- Tu veux dire... à toi ?

- Pour simplifier, oui.

- Nous ne savons pas si Odin soupçonnait quelque chose, s'il se savait menacé, disons plus grandement encore qu'à l'accoutumée, intervient l'avocat, pour la première fois. Mais il est venu nous trouver, il y a de cela quelques jours, pour modifier son testament. N'ayant aucune autre famille, il était prévu, par le précédent document, qu'Heero soit confié au Royaume, qui l'aurait placé dans un de ses orphelinats, tout en s'occupant de ses biens, jusqu'à la majorité.

- Je veux pas que Heero aille dans un orphelinat ! papa !

- Il n'ira pas.

- C'est vrai ?

- Oui, assure l'avocat. Odin Lowe a remplacé ce document par un nouveau. Normalement, nous avons des délais à respecter, pour toutes ces démarches et l'ouverture du testament. Qui sera officiellement fait dans deux jours, à 10h, à mon cabinet. Mais tenant compte du fait qu'un jeune garçon de douze ans se retrouve à la rue, son tuteur assassiné et sa maison détruite, que les clauses du testament me sont encore bien présente à l'esprit, car sa rédaction en a été faite très récemment, et ajouté à cela votre implication, mon Révérend, et celles des Services Sociaux, ces petites entorses au règlement sont largement permises et excusables.

- J'ai rien compris, soupire Duo. Si Heero ne va pas dans un orphelinat, ça veut dire qu'il peut rester avec nous ?

- Oui, Duo. Maître Otto expliquait seulement qu'il ne devrait pas nous le dire, donc nous devrons rester discrets, mais d'après le dernier testament laissé par Odin Lowe, ce n'est pas le Royaume de Sank, qui va recueillir Heero, mais l'église. Autrement dit, nous.

Duo se serre dans les bras de son père.

- Heero le sait ?

- A toi de le lui apprendre.

- Où il est ? Dans ma chambre ?

- Non, dans le jardin. Ramène-lui un pull, il a refusé d'en prendre un lorsqu'il est sorti.

- D'accord.

Duo file dans sa chambre chercher un pull, puis redescend et gagne le jardin.

Il trouve Heero assis sur le banc, au fond, son chat Blueberry sur les genoux, qu'il caresse distraitement les yeux dans le vague.

Il s'approche de lui et s'assoit à côté ; comme Heero ne réagit pas à sa présence, il lui pose le pull sur ses épaules.

- Je suis désolé, Heero.

- Vraiment ? demande-t-il sans bouger.

- Comment ça, "vraiment" ?

- Tu n'aimais pas Odin.

- Mais il comptait pour toi, alors ça me fait mal que tu aies perdu quelqu'un que tu aimais.

- Je n'ai jamais dit que je l'aimais.

- Mais tu le ressens sûrement.

- Qu'est-ce que t'en sais ?

- Rien du tout, je suppose. Tu es triste, non ?

- Je ne sais pas, répond-il après un court silence.

- Tu sais, tu as raison. Je suis triste pour toi, mais content aussi, parce que tu vas venir vivre avec nous.

Heero ne répond rien, ne manifeste aucune émotion, et le silence se prolonge un long moment.

- Ca ne te fait pas plaisir ?

- C'est à toi que ça fait plaisir.

- Bien sûr ! Tu verras, tu seras bien et heureux, avec nous.

- Combien de temps ?

- Toute la vie, quelle question !

- Ton père va me garder combien de temps, avant qu'on vienne me chercher ? reformule-t-il sa question.

- Personne ne viendra te chercher. Odin Lowe a fait un testament, y a quelques jours, c'est ce qu'à raconté l'avocat. Et ça a annulé l'autre qui disait que tu devrais aller dans un orphelinat si Odin...

- Un nouveau testament ?

- Oui. Il t'a confié à l'église, donc à mon père. Tu vas vivre avec nous, Heero, au moins jusqu'à ta majorité. C'est génial, non ?

- Il a fait ça... murmure Heero.

Duo le regarde attentivement, voyant pour la première fois une émotion dans ses yeux.

- Comme Trowa Barton vit loin d'ici, maintenant, il s'est sûrement dit que c'était mieux pour toi. Mon père m'a dit que tu comptais beaucoup, pour Odin.

Heero repousse le chat, qui miaule de désapprobation, puis remonte ses jambes sur le banc, entourant ses genoux de ses bras et posant sa tête dessus.

Il tourne le dos à Duo, qui en profite pour mieux poser le pull autour de ses épaules.

Avec étonnement, il sent une des mains de Heero remonter pour prendre la sienne, qu'il s'apprêtait à retirer de son épaule, une fois le vêtement bien en place.

Alors que Heero la serre fort, Duo se rapproche et pose sa tête sur son dos, sa joue entre ses omoplates, passant même son autre bras autour de sa taille, pour lui communiquer sa chaleur et son soutien.

C'est ainsi que les trouvent le Père Maxwell et ses invités, lorsqu'il viennent les chercher pour se dire au revoir.

- Comment ne pas y voir là la Main de notre Seigneur, demande Maître Otto.

- Sa Volonté peut paraître parfois bien cruelle, mais ce qui se cache derrière l'est souvent beaucoup moins, répond le Père Mawell.

- La fin justifie les moyens ? Serait-ce notre Seigneur qui aurait inspiré cette pensée à l'illustre homme qui l'a prononcé ? interroge alors l'officier Kushrenada.

- Qui sait ? Les Voies du Seigneur sont impénétrables... répond le religieux avec un mystérieux sourire.

- Quoi qu'il en soit, ne les dérangeons pas, intervient Mme Keita, des services sociaux. Heero est déjà bien difficile à approcher, le fait qu'il s'autorise à partager sa peine avec quelqu'un est une très bonne chose pour son travail de deuil. Vous leur direz au revoir de notre part.

- Merci. Je vous raccompagne, dit encore le Père Mawell en refermant la porte menant au jardin.

Dans le fond de ce même jardin, balayé par les rayons du soleil froid de novembre, les deux enfants ne bougent toujours pas, complètement indifférents aux mots qu'ont pu échanger les adultes.

Seule la présence et la chaleur de l'autre comptent, à cet instant.

Ils ne savent pas encore qu'ils vivent un moment clé de leur existence.

Mais ils ont conscience que leur vie a pris un nouveau tournant, les rapprochant avec la violence de ces événements qui la jalonnent, souvent douloureux et inattendus, mais qui sont aussi nécessaires, puisqu'ils font grandir et avancer...

Et maintenant, au moins, quelles que soient les autres épreuves qui les attendent, ils seront ensemble pour les affronter.

A cet instant, ils le savent tous les deux...

Pour Duo, c'est une promesse.

Pour Heero, c'est un espoir qu'il n'ose encore formuler.

La vie s'en chargera pour lui, même si, fidèle à son caractère, il cherchera toujours à s'en cacher...

-

A suivre...


Merci d'avoir lu cette seconde préquelle !

J'espère qu'elle a plus à tout le monde, en particulier à ceux qui me l'avaient demndé, à l'époque de la première publication du recueil.

La prochiane préquelle sera "Orphelin de toi", ça rappelra peut-être quelque chose à certains...
Elle est déjà écrite, je vais juste la reprendre pour être sûre de ma version XD, donc elle devrait arriver bientôt.

Mais je vais surtout me concentrer sur le prochain chapitre de ma fic en cours, que je dois finir...

Je vous dis donc à dès que possible !

Bon dimanche et bonne semaine !
Bises.
Lysa