Note de l'auteur : J'ai plein d'idées en ce moment qui me polluent la tête et m'empêchent d'écrire Mon ange déchu. Je m'applique donc à les en sortir en les publiant. Ce drabble (OS ? presque 4000 mots tout de même…) est un Mystwalker (le précédent était un Jerza). J'aime bien l'idée d'un petit recueil pour toutes mes idées de Mystwalker que je ne peux caser dans une vraie fiction… A creuser ! :D

Contexte : Jellal est le Roi d'Edolas qui revient de voyage et Erza et les autres ont quitté l'armée.


Vagabonde de mon cœur


Le bateau s'approchait de la côte et Jellal sourit en se postant à la proue, savourant les embruns sur son visage et l'odeur de l'océan. Il n'était pas revenu à Edolas depuis de longs mois et le pays lui manquait.

Le détroit se profila à l'horizon et le bleu retourna à la barre, prenant place à côté de Simon. Le géant lui sourit et regarda Sho se démener avec les cordages. Il savait que le Mikazuchi était content de rentrer. Sa petite sœur lui manquait beaucoup.

Jellal observa sur la roue en bois entre les mains du brun. Le détroit portait bien son nom et les vagues étaient parfois traîtres – en témoignaient les débris de bois et de voiles qui surnageaient près des petites falaises qui le bordaient.

Une ombre recouvrit le navire et il leva la tête pour observer le ventre d'une large créature volante. Sur son dos, deux personnes lui firent signe.

« Salut, ô gracieuse Majesté ! Enfin rentré au bercail ?, cria l'un d'eux avec un grand sourire.
- Oui, Hugues !, rit le bleu. Bonjour, Sugar Boy ! », ajouta-t-il à l'attention du second larron.

Celui-ci se contenta de le saluer de son chapeau orné d'une plume, mais il pouvait voir le sourire du blond.

« Youhou ! », hurla une voix aigüe de l'autre côté du détroit.

Jellal tourna la tête vers la gauche et son regard tomba sur un cheval galopant à toute allure, deux personnes sur son dos.

« Bonjour, Majesté !, cria à nouveau Coco en faisant de grands mouvements de bras. Elle se rattrapa toutefois rapidement à la taille de la deuxième cavalière, juste devant elle, pour éviter de tomber de la selle.
- Hé, Erza !, s'époumona Hugues d'un ton moqueur. Tu crois quand même pas arriver avant nous avec ton canasson ?
- Rendez-vous à Alisma, bande de limaces !, rétorqua la rousse sans même daigner les regarder. Jellal la connaissait toutefois assez pour deviner le sourire ironique qu'elle devait arborer.
- Tu parles !, répliqua Hugues. Si tu gagnes, je suis prêt à l'embrasser, ta vieille carne ! », déclara-t-il, sûr de sa victoire.

Le bleu les regarda s'éloigner du bateau, chacun d'un côté de la rive, trop occupés à faire la course pour se soucier de lui. Il n'en fut pas vexé. Ils se retrouveraient au port d'Alisma.

« Toutes voiles dehors, soldats !, s'exclama-t-il. Montrons-leur ce que le Rédempteur a dans le ventre ! »

ooOoo

Le soleil commençait à descendre sur l'horizon quand Jellal mit enfin les pieds sur le quai. Sho et les autres commencèrent de suite à décharger la cargaison tandis qu'il s'aventurait sur le port, cherchant du regard les tignasses aisément reconnaissables de ses vieux amis.

Il aperçut enfin une tête violette et s'avança dans sa direction. Hugues était assis sur un tas de caisses en bois, occupé à bouder. Le roi en déduisit qu'il avait perdu son pari. Et en eut confirmation quand l'ex-Capitaine s'essuya la bouche d'un air dégoûté – ne jamais faire de promesses insensées avec Erza…

En parlant de la jeune femme, elle sauta par-dessus l'empilement de caisses avec agilité, vite rejointe par Coco et Sugar Boy. Le violet lui jeta un regard méfiant et s'éloigna un peu – des fois qu'elle veuille à nouveau lui faire embrasser son cheval…

Jellal compatit et s'approcha d'Hugues.

« Je pensais que tu aurais compris, depuis le temps…, le sermonna-t-il gentiment, un sourire sur les lèvres.
- Oh, ça va, grogna le violet avant de cracher par terre. Beurk, grimaça-t-il.
- Arrête, le railla Erza. Je t'ai déjà dit que la dentition de Sylpharion est impeccable. Tu crois que je garderais un cheval qui a mauvaise haleine ?
- C'est pas vraiment ça le problème ! », protesta Hugues.

Le bleu les regarda se disputer – enfin, il regarda Erza asticoter son camarade avec entrain et sarcasme. Ces deux-là n'auraient pas dépareillé à Fairy Tail, pensa-t-il. Il n'évoqua pas cette idée devant eux, connaissant d'avance l'air horrifié qu'il gagnerait en retour.

A la place, il se contenta de poser une fesse sur une caisse libre et prit des nouvelles de tout le monde.

ooOoo

La nuit était tombée et Jellal n'en pouvait plus. Une migraine atroce lui transperçait les tempes par moments et il aurait donné son royaume pour un lit douillet. Las, Erza ne semblait guère du même avis.

Un peu plus tôt dans l'après-midi, elle avait décidé de changer de victime – la raison principale étant qu'Hugues s'était défilé à l'autre bout de la ville avec un prétexte douteux. Quoi qu'il en soit, au bout de dix minutes de conversation civilisée, la rousse n'avait plus tenu et avait décidé de s'en prendre à lui à la place.

La première heure, il en avait ri. Le rire était devenu sourire, puis moue amusée au fil du temps. Mais là, il ne tenait plus. Faire face aux sarcasmes sans fin de l'ancienne militaire avait sapé son énergie et il aurait bien voulu qu'elle se calme. Vu qu'elle était comme ça au naturel, il savait déjà que c'était peine perdue.

« Dis donc, Ta majesté, tu dors ?, l'interpella-t-elle en se retournant. T'es à la traîne, dépêche !
- J'arrive, Erza, j'arrive, répondit-il d'une voix fatiguée, espérant qu'elle comprendrait le message.
- Allez, bouge-toi ! Sérieusement, on dirait une loque !, le railla-t-elle. Le travail de bureau t'as complètement ramolli, mon pauvre ! »

Raté.

Il soupira, se répétant de ne pas prendre les paroles de la rousse au sérieux. Erza passait son temps à critiquer ses connaissances et à se moquer du monde – elle avait toujours fonctionné comme ça. Le seul problème, c'est qu'il n'avait plus, mais alors plus du tout l'habitude de cette énergie. La faute à trop de temps passé sur Earthland comme un ermite, sans doute…

Heureusement, Sho le sauva d'un suicide désespéré en venant le chercher pour le raccompagner au navire. Erza haussa les épaules et il la perdit rapidement de vue dans la foule encore dense.

« Sérieusement, Majesté, commença le blond. Comment faites-vous pour la supporter ? Je ne dis pas que je ne l'aime pas, se dépêcha-t-il d'ajouter. Mais elle est…
- Exténuante ?, compléta le roi. Tu peux le dire, soupira-t-il. Je le pense aussi. Et j'en viens parfois à me dire que je préfère la Erza d'Earthland plutôt que celle-ci.
- Comment est-elle, cette Erza ?, demanda Sho d'un air intéressé.
- Et bien… Elle est assez calme, et ne parle pas pour ne rien dire. Elle a des côtés plutôt frondeurs, mais elle manie affreusement mal le sarcasme et je doute qu'elle sache faire de l'ironie, sourit le bleu.
- C'est tout l'opposé de la nôtre, alors, conclut le soldat d'un air pensif. Moi aussi j'aimerais bien que Knightwalker soit plus comme son double que… Comme elle est, quoi. Ce serait plus vivable, soupira-t-il.
- Certainement. », déclara Jellal d'un ton amusé.

ooOoo

Le lendemain matin, le roi d'Edolas salua ses amis sur le quai, prêt à repartir en direction de la Capitale. L'absence de la rousse l'étonna et il attrapa Hugues par l'épaule.

« Tu ne saurais pas où est Erza, dis-moi ?, questionna-t-il, un brin déçu qu'elle ne vienne pas lui dire au revoir.
- Erza ? Elle est en train de seller son satané canasson, répondit le violet – pas tout à fait remis de son traumatisme de la veille. Et elle a l'air assez en rogne. », ajouta-t-il.

Un peu étonné, Jellal remercia son ami et traversa rapidement le port jusqu'à l'endroit où la rousse avait laissé son cheval. Il y avait effectivement une certaine sécheresse dans ses mouvements et ses lèvres étaient pincées en une ligne mince.

« Un problème, Erza ? », s'enquit-il en arrivant près d'elle.

Elle lui accorda un regard glacé le temps d'un dixième de seconde avant de retourner à son occupation précédente – à savoir fixer ses sacs sur la selle. Le bleu fut un peu surpris par son attitude. Il la savait lunatique, mais à ce point-là, il y avait effectivement un souci.

« Erza ? », appela-t-il une seconde fois.

La jeune femme l'ignora. Ça l'irrita – elle pourrait au moins répondre, tout de même !

« Erza, appela-t-il à nouveau, la colère pointant dans sa voix. Tu voudrais bien me dire ce qui ne va pas ? »

Elle boucla une sangle d'un geste brusque avant de faire volte-face pour lui jeter un regard meurtrier.

« Ce qui ne va pas ?, répéta-t-elle. Mais tout va très bien, Ta Majesté, grinça-t-elle. Rassure-toi, je m'en vais. Comme ça tu pourras tranquillement retourner à ton minable train-train quotidien !
- Hé, hoqueta Jellal. Je peux savoir ce que j'ai fait pour mériter tes sarcasmes, cette fois ?, ironisa-t-il. Ils pouvaient être deux à ce petit jeu-là.
- Oh, mais j'oubliais, siffla-t-elle haineusement. Sa Majesté ne supporte pas le sarcasme. Sa Majesté préférerait vivre avec des gens calmes, des gens moins fatigants ! »

Le bleu fronça les sourcils.

« Attends, tu-
- Et bien laisse-moi te dire, Ta Majesté, le coupa-t-elle en se hissant sur la selle. Puisqu'apparemment tu apprécies tant la compagnie des gens d'Earthland, tu n'as qu'à te passer de la mienne, puisqu'elle est si exténuante ! », cracha-t-elle avec rage.

Rage et douleur, comprit Jellal en voyant son expression. Erza l'avait entendu, la veille au soir, et évidemment – évidemment ! -, elle l'avait mal pris. Il s'en voulait de l'avoir blessée avec des mots qui ne reflétaient qu'une fatigue passagère – jamais il n'aurait pu se passer d'elle.

Il dut s'écarter en vitesse pour ne pas se faire renverser par le cheval de la jeune femme. Celle-ci talonna sa monture qui hennit avant de partir au galop.

« Erza !, appela-t-il en courant après elle – geste inutile mais instinctif. Erza, cria-t-il d'un ton désespéré, attends ! Je suis désolé, je ne pensais pas ce que j'ai dit ! Erza ! »

Mais il eut beau s'époumoner à en perdre la voix, elle ne se retourna pas. Il la regarda s'éloigner, les épaules basses, maudissant sa propre bêtise.

ooOoo

Le soleil de l'été était haut dans le ciel au-dessus de la Capitale et la Grande Foire battait son plein dans l'Allée Marchande. La tête recouverte par un capuchon malgré la chaleur – précaution sine qua non dictée par sa nounou autoproclamée, alias Lady Ultear -, Jellal se glissa entre les passants, regardant d'un air absent les étals colorés.

Il était venu pour se changer les idées, mais l'absence d'Erza lui faisait mal au cœur. Elle n'avait jamais raté l'évènement et ils s'y promenaient d'ordinaire tous les deux – un moment qu'il appréciait par-dessus tout. Mais cette année, il faudrait bien qu'il se résigne à l'absence de la rousse. Il savait d'expérience que sa colère ne s'apaisait pas facilement et qu'elle était très rancunière – et on pouvait dire qu'elle en avait le droit, pour cette fois.

Pour la énième fois, le roi regretta sa sottise qui le faisait parler sans réfléchir.

Un étal brillant attira son attention et il s'en rapprocha. La majorité des passants qui s'y arrêtaient étaient des femmes ou des jeunes couples, et il comprit pourquoi en voyant les marchandises savamment disposées sur un drap.

Les bijoux étaient magnifiques. Or et pierres précieuses côtoyaient de l'argent tout simple, permettant aux riches comme aux plus modestes de s'offrir une parure. Il y avait des bagues, des colliers, des bracelets et des boucles d'oreille en abondance.

D'autres articles étaient également proposés. Le regard de Jellal s'arrêta sur une superbe broche à cheveux. L'accessoire était en bois verni, très simple. A son extrémité étaient accrochés une ribambelle de petits fils, chacun supportant de petites décorations : minuscules plumes, perles en verre coloré… Un discret pendentif en or en forme d'oiseau aux ailes déployées était placé au milieu.

Le bleu songea que le bijou aurait été parfait pour magnifier la chevelure d'Erza. L'image de la jeune femme avec la broche dans les cheveux prit place dans son esprit et il ne put se résoudre à partir ainsi. Quelques instants plus tard, il rangea dans la poche intérieure de sa veste la boîte contenant son achat tandis que sa bourse retournait au fond de sa poche, plus légère qu'auparavant.

ooOoo

Les rues commencèrent à se vider tandis que les forains rangeaient leurs marchandises, s'interpellant joyeusement entre eux. Soupirant, le roi se décida à retourner au palais. Il était resté à la Foire jusqu'à la toute fin, espérant apercevoir la chevelure rouge caractéristique d'Erza. Las, elle semblait réellement n'être pas venue.

Le regard rivé sur l'extrémité de ses chaussures, il prit le chemin du retour. Les raccourcis s'enchaînèrent et il se rapprocha lentement du palais, imaginant déjà Lady Ultear en train de taper du pied de l'autre côté de la haute muraille.

Des éclats de voix retentirent non loin. Voix d'hommes, énervés. Puis voix de femme, irritée. Une voix dont le ton lui disait quelque chose… Jellal traversa rapidement plusieurs petites ruelles et ralentit en approchant la source des voix querelleuses. Discrètement, il passa la tête à l'angle d'une maison.

« Rendez-moi immédiatement mon cheval, bande de soûlards bons à rien. », gronda une femme aux mèches écarlates qui lui tournait le dos.

Un groupe d'hommes visiblement éméchés faisait face à la rousse. L'un d'eux tenait effectivement Sylpharion par la bride. Un autre fouillait dans le sac accroché à la selle. Il en restait trois pour barrer le passage à Erza, et le bleu devinait aisément sa fureur.

Du temps de Faust, elle n'aurait pas hésité à les massacrer. Mais maintenant que lui, Jellal, était roi, elle avait mis un point d'honneur à arrêter ses tueries inutiles – après bien sûr une longue et difficile discussion entre eux deux où elle avait beaucoup grondé, crié, et finalement pleuré. Parce que c'était affreusement dur pour elle, fière comme elle l'était, d'admettre que non seulement elle avait eu tort, mais qu'en plus tout ce qu'elle avait fait avait été inutile et qu'elle s'était fait manipuler d par le vieux Faust.

Le jeune roi s'en voulut encore plus en regardant la scène. Même affreusement fâchée contre lui, elle essayait encore d'adhérer à ses idéaux de pacifisme. Un des roublards s'avança vers elle et lui attrapa le poignet, un sourire torve aux lèvres.

« On va te le rendre, ton cheval, ma belle. Mais y faut que tu payes, pour ça.
- Hé, y'a rien, là-dedans !, grogna celui qui fouillait dans le sac. Pas un écu !
- Ôte tes pattes crasseuses de mes affaires, toi !, siffla-t-elle tout en essayant de récupérer son bras.
- Pas d'argent ?, reprit le bonhomme qui la tenait. Pas grave, ma jolie, tu peux payer en nature ! », dit-il en se rapprochant.

Ce fut le mot de trop et Jellal fusa de sa cachette. Un coup bien asséné du tranchant de la main sur le poignet du soûlard lui fit lâcher prise et il attrapa Erza par l'épaule pour la faire reculer un peu.

« Dois-je appeler les gardes que j'ai vu non loin d'ici ou partirez-vous sans faire d'histoires ? », se contenta-t-il de gronder à l'attention des sacs-à-vin.

Ceux-ci se regardèrent puis filèrent sans demander leur reste, pas assez ivres pour vouloir passer une nuit en cellule. L'un d'eux jeta la bride du cheval au bleu qui l'attrapa au vol et alla cajoler la monture.

« Est-ce que ça va ?, demanda-t-il finalement en se retournant vers la rousse.
- Je ne t'ai rien demandé. », cracha celle-ci en lui arrachant les rênes des mains pour commencer à s'éloigner.

Il soupira. Ça allait prendre du temps. Il suivit la jeune femme alors qu'elle retournait dans des rues plus accueillantes et l'attendit pendant qu'elle laissait son cheval au soin du palefrenier d'une auberge. Elle se stoppa un instant sur le seuil en voyant qu'il était toujours là, avant de faire comme s'il n'existait pas et de passer devant lui sans lui adresser la parole.

« Erza, s'il-te-plaît, appela-t-il en lui emboîtant le pas. Je ne pensais pas ce que j'ai dit à Alisma.
- Oh que si, tu le pensais, gronda-t-elle sans se retourner. Et maintenant, fiche-moi la paix ! »

Ce manège continua une fois, deux fois, et encore et encore, jusqu'à ce que le roi craque. Aux grands maux les grands remèdes, il accéléra le pas et saisit la rousse par la taille pour la traîner dans une ruelle vide, l'emprisonnant entre ses bras.

« Lâche-moi !, rugit-elle en se débattant comme un beau diable. Lâche-moi, tu m'entends ?! Espèce de… de… sale… crétin… hypocrite ! », cria-t-elle en ponctuant chacun de ses mots par une secousse destinée à le faire lâcher prise.

Jellal grimaça quand son coude lui rentra dans les côtes, puis quand elle manqua lui éclater le genou, mais ne céda pas. Erza finit par s'épuiser toute seule dans son étreinte, ses tentatives devenant plus faibles et ses insultes moins fréquentes. Quand il fut sûr d'être entendu, il baissa la tête pour lui parler à l'oreille.

« Je suis désolé, Erza. Je ne t'échangerais pour rien au monde, ma belle.
- Pour rien de ce monde, n'est-ce pas ?, grinça-t-elle en recommençant à se débattre – avec moins de vigueur toutefois. Tout le monde le sait, que Scarlet est bien mieux ! »

Sa voix se voulait méprisante mais la fêlure était audible. Il resserra son étreinte autour d'elle et plaqua son visage dans ses cheveux – ses si beaux cheveux.

« Aucune d'entre vous n'est mieux ou moins bien que l'autre. Vous êtes toutes les deux Erza, dit-il d'un ton doux. Le reste n'est qu'une matière de préférence personnelle.
- Ah oui ?, gronda-t-elle à nouveau. Tu sais ce que j'en pense, moi, de tes préférences personnelles ?!
- C'est toi que je préfère, Erza, déclara-t-il sans se soucier de ses remarques. Et je te préférerai toujours.
- Ce n'est pas ce que tu disais la dernière fois, il me semble !, cria-t-elle. Sa colère ne semblait pas vouloir se tarir. Elle était trop blessée pour se calmer.
- J'ai dit des bêtises parce que j'étais fatigué et parce que je suis un imbécile, avoua-t-il d'un ton désolé. Je ne pensais pas ce que j'ai dit. Et je ne veux pas de Scarlet. C'est toi, mon Erza. La seule et l'unique. Et tu le resteras toujours. »

Ces mots semblèrent atténuer la rancœur de la rousse qui cessa de se débattre dans sa poigne. Pas fou, il ne la lâcha pas, passant sa main sur son bras fin en un geste affectueux et frottant sa joue contre la sienne. Elle détourna la tête au début, encore fâchée, mais finit par se laisser faire et il sourit.

Oui, Erza était difficile. Elle avait un caractère impossible et épuisant parfois. Mais c'était son amie et il n'en voudrait jamais d'autre. Et surtout pas Scarlet. La ressemblance physique entre les deux rouquines avait été une torture lors de ses années sur Earthland. Il voulait l'aborder à chaque fois qu'il la voyait, prêt à entamer une de leurs semi-disputes habituelles… Puis il remarquait les cheveux lisses et bien coiffés, la tenue propre sur elle et le langage soigné. Et la réalité lui revenait en pleine face.

Oui, pensa-t-il en enfonçant son nez dans les mèches rouges, il préférait largement son Erza à lui, avec le poil de travers, les vêtements désaccordés et un caractère de cochon.

« Comment ça, un caractère de cochon ?! », s'écria-t-elle d'une voix offensée.

Jellal ouvrit les yeux et évita de justesse le poing qui manqua de l'éborgner. Oups, avait-il parlé à voix haute ? Il déglutit et se tourna prudemment vers l'ex-militaire. L'air enragé sur son visage ne le trompa pas et il fut heureux de voir qu'une petite lueur qu'il connaissait bien était revenue dans ses yeux bruns. Ça valait bien un bleu ou deux, pensa-t-il avec amusement.

Sans se soucier des grognements de la jeune femme à son encontre, il l'emprisonna à nouveau entre ses bras et lui embrassa la joue. Elle renifla, son visage se tordant en une moue boudeuse, mais ne dit rien et il sut qu'elle le pardonnait. Il l'embrassa derechef à nouveau, puis frotta son nez contre sa mâchoire avec un soupir de contentement. Il sentit une main vagabonder dans ses cheveux et sourit.

Ah, Erza. Elle pouvait être incroyablement tendre parfois – même si elle se refusait à employer ce mot. Il suffisait d'une bonne approche et de beaucoup de patience. Il inspira à fond l'odeur de ses cheveux – herbe et soleil, avec un fond de cheval.

La boîte dans la poche intérieure de sa veste se rappela à son bon souvenir en lui rentrant dans les côtes et il s'éloigna de la rousse après un dernier câlin. Elle le regarda d'un air interloqué, les sourcils un peu froncés, essayant de ne pas montrer son mécontentement. Il se mordit la lèvre pour ne pas sourire devant la figure enfantine qu'elle lui offrait et l'attrapa gentiment par le poignet.

« Viens par là, dit-il en l'entraînant un peu plus loin. J'ai quelque chose pour toi. »

Elle se laissa faire et leurs mains glissèrent l'une dans l'autre. Le pouce de Jellal caressa les phalanges féminines et elle affermit sa prise sur sa paume, lui signifiant qu'elle appréciait. Il la mena vers une petite place et la fit asseoir sur un vieux banc en bois avant de sortir la petite boîte de sa veste.

« Tu avais l'intention de m'acheter ? », ironisa-t-elle en haussant un sourcil.

Il secoua la tête et ouvrit l'écrin de bois. Le regard d'Erza se fit curieux. Sa main hésita un moment au-dessus du bijou avant de le saisir délicatement entre deux doigts. Elle porta devant ses yeux, le tournant pour l'observer sous différents angles.

« C'est joli, souffla-t-elle. Mais qu'est-ce que c'est ?, demanda-t-elle en le regardant.
- Attends, je vais te montrer, dit-il en lui prenant gentiment la broche des mains. Ne bouge pas.
- Hé, qu'est-ce que tu fais ? », s'exclama-t-elle en le sentant lui brosser les cheveux en arrière avec ses doigts.

Il se contenta de lui saisir le menton entre le pouce et l'index pour lui remettre la tête droite et retourna s'occuper des mèches rousses. Le roi parvint finalement à lui attacher les cheveux comme elle le faisait en général, la broche apportant une touche délicate à l'ensemble. Les petits fils décorés s'entremêlaient joliment dans les boucles rousses, dont la couleur faisait ressortir le petit oiseau doré.

« Je savais que ça t'irait bien. », déclara-t-il en observant son œuvre.

Intriguée, la jeune femme se leva et se posta devant une vitre proche, tournant la tête pour essayer d'apercevoir son profil. Jellal passa ses bras autour de sa taille et la serra à nouveau contre lui, prenant garde à ne pas déranger la coiffure.

« J'aime bien, déclara-t-elle après un moment. Merci, ajouta-t-elle plus bas, sans le regarder.
- De rien, ma belle. », répondit-il en se penchant pour la câliner encore un peu.

Lady Ultear allait hurler en voyant l'heure à laquelle il allait rentrer. Tant pis, pensa-t-il en passant son nez dans le cou d'Erza. Ces moments-là valaient bien un sermon.