On the Diagon's Alley
Ce samedi matin, le premier d'aout, le ciel était d'un bleu parfait : aucun nuage, un soleil fort, offrant aux londoniens une belle journée de vacances.
Rien à voir avec le ciel nuageux de Leicester entraperçu avant de partir dès potron minet, destination Londres.
Par moments, Calliope ne pouvait s'empêcher de penser que même si la poudre de cheminette était particulièrement utile, elle disposait de bon nombre d'inconvénients comme profiter de la beauté des paysages.
Encore étourdie par le voyage, elle se releva, prit la main de son oncle et épousseta ses vêtements avant d'observer sa petite sœur arriver aussi à destination. Ils étaient enfin tous à Londres, et pour un week end entier !
La jeune américaine était impatiente de pouvoir découvrir le Londres Non Maj et le Londres Sorcier, tout comme sa sœur et son cousin. Après tout, il s'agissait quand même de la première fois qu'ils venaient ici.
Après un rapide thé et avoir pris congé du patron du Chaudron Baveur, la petite famille se dirigea vers un mur de pierre. Une ouverture se créa dans le mur après que son oncle ait composé à l'aide de sa baguette le bon sésame.
Calliope ne fût pas particulièrement surprise dans le quartier sorcier de Chicago, il y avait quatre entrées secrètes cachées par des statues ou des bâtiments en construction.
La première vue du Diagon's Alley ne lui fit ni chaud ni froid non plus, elle observa donc avec une froide curiosité les échoppes et les passants.
-C'est vraiment plus petit que ce qu'on connaît, à moins que ce ne soit une impression, constata Walker qui lui non plus ne semblait pas étonné par cet endroit contrairement à d'autres gamins manifestement émerveillés et échappant à leurs parents afin de se ruer sur les vitrines.
Car Red Wizard le quartier sorcier américain en question, situé juste à côté d'Old Town était dix fois plus grand. Il regorgeait aussi de bien plus de boutiques tenues par des sorciers issus de tous pays : Italie, Pologne, Chine… ainsi que de d'un grand square abritant un terrain de Quidditch, de nombreux spots sportifs ou de pique nique.
Toutefois, les trois enfants étaient contents de se retrouver à nouveau au cœur d'une société qu'ils connaissaient bien, même si cet endroit ne leur était pas familier.
-Auntie ! On commence par les robes ?Allez s'il te plait, et tu m'as dit que tu m'en prendrai de neuves ! demanda Erato qui ne semblait pas trop tenir en place et faisait tous les efforts possibles pour rester avec sa sœur et son cousin.
-Ne sois donc pas si impatiente, la reprit doucement sa tante. Oui, le mieux est de commencer par les uniformes et ensuite les livres. Si nous avons besoin de retirer un peu plus de gallions par la suite, nous nous arrêterons à Gringott's avant le déjeuner. Qu'en pensez vous ?
Son fils approuva par un « aucun problème », comme son mari tandis que Calliope se contenta d'un hochement de tête muet.
La boutique de Mrs Guipure était grande et proposait une large gamme de robes de sorciers de tous âges et toutes couleurs.
Comme il n'était que 9h30 du matin, il y avait pas de monde quand la petite famille franchit le seuil de la boutique. Aussitôt une petite sorcière se dirigea vers eux, adressant un sourire chaleureux à Calliope Walker et Erato.
-Vous venez déjà chercher vos uniformes ? Par la barbe de Merlin, vous devez être particulièrement pressés d'arriver à Hogwarts. Comme ce jeune homme qui fait ses essayages. Mais suivez moi, je vous en prie continua elle à l'adresse des plus grands. J'ai tout ce qu'il vous faut.
Calliope observa le secteur dédié à Hogwarts et ignora le tabouret posé à côté d'elle avant de porter son attention sur un enfant de son âge aux cheveux plus qu'ébouriffés et des lunettes rondes sur le nez qui semblait déborder d'arrogance.
-Salut ! Première année à Hogwarts ? demanda il.
-Bonjour, oui en effet. Comme tout le monde, il me semble. A moins que tu ne sois pas assez malin pour le deviner ?
-Ooooooh, parce que tu as de l'humour en plus ? demanda il d'un ton moqueur à son adresse. Tu es amusante comme fille ! Je pense qu'ensuite j'aurai besoin de vos conseils pour des robes, mrs Guipure et…
-Ca pourra attendre, répliqua d'une voix calme et dure Calliope en lui jetant un regard noir. Tu n'es que toi aussi rien d'autre qu'un simple première année comme les autres.
-Fais un peu plus attention à ce que tu dis, cingla le gamin qui s'empourpra d'agacement. Je suis en seconde année !
-Peu importe. Ce qui est sûr c'est que tu ignores le respect, remarqua Walker en s'avançant et ne le quittant pas des yeux. Je ne savais pas qu'Hogwarts acceptait des idiots finis égoïstes comme toi.
James Potter s'apprêta à lancer une réplique cinglante quand la couturière lui annonça qu'elle en avait fini avec sa commande et l'invita à aller autre part.
Il ne fallût pas moins de vingt minutes pour acheter assez de vêtements : uniformes et nouvelles robes.
Calliope ressortit encore une fois l'uniforme noir de son sac et eût un regard de regret. Elle aurait tant aimer pouvoir porter l'uniforme bleu et rouge d'Ilvermony… Au moins, elle avait pris une longue cape bleue foncé, même si ça n'était pas ce dont elle avait vraiment envie, ça la consolait un peu.
Le repas copieux et la délicieuse glace chocolat-framboise à la chantilly rendirent enfin le sourire à la jeune américaine.
Alors qu'elle finissait sa coupe, elle s'amusait de voir que sa sœur essayait de finir sa glace de trois boules de fraises, tandis que son cousin tout comme ses parents terminaient leur crumble pomme cranberries.
Par chance, ils n'eurent pas besoin de passer chez Gringotts. C'est ainsi qu'ils achetèrent chaudron et fioles et tous les ingrédients magiques nécessaires. Des plumes et des bouteilles d'encre ainsi que quelques rouleaux de parchemin, mais ils avaient l'intention d'acheter aussi des fournitures Non Maj car elles étaient également très pratiques en particuliers les stylos billes, les crayons de papier et les gomme.
Il était près de 17heures quand les achats furent enfin terminés. Avant de repartir à l'hotel, la famille fit un crochet au Royaume du Hibou, pour avoir un autre hibou postal.
-Regarde cette chouette, elle est magnifique, chuchota Erato à sa grande sœur en pointant du doigt une belle chouette harfang blanche et noire endormie.
-C'est vrai, admit Calliope avec un sourire. Mais pas aussi jolie et intelligente que Rumeur.
-Même si c'est une chouette exaspérante, qui va et vient à son gré, indépendante, rectifia Walker. Elle va d'ailleurs être folle de joie, vraiment avec une autre chouette à la maison…
En essayant de ne pas penser à l'éventuelle jalousie de sa chouette, Walker se joignit à ses cousines pour chercher une chouette ou un hibou qui ferait l'unanimité. Il fallût encore une bonne dizaine de minutes avant qu'ils ne trouvent un jeune hibou Moyen duc fraîchement dressé et curieux, vif et rapide.
Le dimanche matin fût tout aussi animé que le samedi. Il y avait vraiment plein de choses à visiter et une seule journée ne suffirait pas.
C'est donc après un solide breakfast qu'ils commencèrent par admirer Piccadilly Circus avant de se promener dans Covent Garden.
Vers midi, la question du déjeuner fût réglée à l'unanimité : par un si beau temps mieux valait acheter des lunches boxes au marché et aller les manger en plein air à Hyde Park.
Il fallût un petit moment pour trouver un traiteur indien et un stand de fruits et légumes, faire comprendre que par ce temps, non on ne pouvait pas acheter de grandes barres de Cadbury's chocolate.
L'après midi fila comme un éclair, Calliope s'amusa plus qu'elle ne l'aurait pensé en jouant au frisbee avec sa sœur avant de tomber sur la pelouse et d'éclater de rire.
Il y avait longtemps qu'elle n'avait pas passé un aussi bon moment, ça lui rappelait le week end avant Noël où avec ses parents ils avaient été à Red Wizard pour chercher des cadeaux et des décorations magiques, prendre un bon chocolat chaud…
Et voilà qu'elle refaisait des sorties, mais pas avec ses parents ! Sans la possibilité de leur écrire un hibou ou de prendre un portoloin. C'était vraiment trop injuste, avaient ils mérité une telle situation tous autant qu'ils étaient ? Et quand pourrait elle les voir ou retourner chez elle ?
La petite fille de onze ans se retourna brusquement avant de pleurer en silence devant tant d'injustice. Elle laissa enfin donner libre cours à sa douleur, sa tristesse, dont il restait une grande partie enfermée dans son esprit et son cœur.
Erato observa sa sœur avant d'entendre « so unfair, mom dad miss me ! » et de réaliser aussi le vide qui se creusait en elle, car même si son oncle et sa tante étaient avec elles ça ne remplaçait absolument pas des parents.
Certains gamins s'approchèrent des deux filles pour le simple plaisir de se moquer de deux gosses pleurnichardes ils se virent immédiatement chassés de là par des adultes.
Deneb s'approcha de sa nièce ainée et lui demanda si elle voulait rentrer. Calliope rejeta sa main sans cesser de pleurer en répondant que ce qu'elle aurait voulu c'est de faire les courses de rentrée à Red Witch avec ses parents, de pouvoir le voir lui et Walker un jour donné et d'être ensemble.
Pas comme ici !
Deneb fût cependant accaparé par Erato qui pleurait autant et aurait eu envie que mom et dad soient là et pas dans un horrible cachot loin d'elles.
Une fois de retour au cottage, grâce cette fois au magicobus, les deux jeunes sorcières touchèrent à peine au dîner et se mirent au lit de bonne heure.
Le lendemain matin Calliope et Erato s'étaient mises à écrire une longue lettre à leurs parents pour leur raconter comment était Diagon's Alley, les boutiques, la grande banque de Gringott's et les glaces délicieuses de Florian Fortarôme.
Leur oncle et leur tante jetèrent un coup d'œil à la lettre avant d'y joindre des photos de leurs filles et du cottage ainsi qu'un mot pour leur assurer qu'elles allaient bien arrivaient à s'adapter. Et que quoi qu'il arrive elles pourraient compter sur eux en cas de danger.
Quels abrutis ces juges du Magenmagot américain ! Ils avaient expédié le procès et le juge n'avait pas prêté grande attention aux plaidoiries de l'avocat de la défense. Plus il réfléchissait, plus Deneb était convaincu que si son frère Algol et sa femme s'étaient retrouvés avec une condamnation de dix ans ferme, sans avoir été écoutés, c'est que quelqu'un souhaitait les voir disparaître. Et ce Quelqu'un avait du graisser quelques pattes pour obtenir ce qu'il voulait. Pour éviter de passer comme complices, lui et sa femme n'avaient pas eu le choix : ils devaient partir. Tellement écoeuré par cette corruption et la flagrante injustice juridique, les huées du public et les choux gras de la presse, ils avaient fait le choix de partir au Royaume Uni Britannique.
Une fois Arrow parti pour accomplir son premier vol postal, et quel vol ! Calliope et Erato se sentirent un peu mieux, comme si une partie d'un mauvais charme s'était passé…
« C'est tout ce que des enfants comme nous peuvent faire, et ça leur fera plaisir d'avoir enfin du courrier, même si ils n'auront sans doute pas le droit de répondre. Au moins, ils savent qu'on pense toujours très fort à eux.
Souviens toi, comme personne n'a voulu vraiment les écouter, ni comment personne ne s'est soucié de toi, sauf pour te plaindre et médire sur eux… Tout ce que tu peux faire c'est tenir ta promesse, en plus tu as plus de chance que tu le crois ! Alors ne penses plus à ce que tu rates mais à ce que tu vas vivre ! Ne sois pas si capricieuse ! » se dit elle.
Sur ces réflexions, la petite fille rejeta en arrière ses longs cheveux noirs avant de sortir dehors, pour aller à l'enclos des hippogriffes qu'élevaient son oncle et sa tante.
Elle adorait ces imposantes créatures très intelligentes, courageuses fortes et fières, ne pardonnant pas ce qui était insolence ou médisance, tout comme elle.
Tout en ouvrant le portail, elle siffla doucement pour signaler sa présence aux cinq hippogriffes qui la regardèrent.
Un des hippogriffes au pelage marron rouge s'avança immédiatement vers elle et posa son regard féroce sur elle. Elle s'inclina immédiatement et ce dernier s'inclina deux secondes plus tard avant de la pousser doucement de sa tête comme un chien qui réclamait une caresse.
Calliope lui caressa immédiatement le bec doucement et lentement pendant de longues minutes avant de poser sa main sur son encolure.
-C'est bon de te voir Keno, oui tu es un merveilleux hippogriffe, non je n'ai rien amené ajouta elle à son ami en le voyant essayer de plonger son bec dans une de ses poches. Quel dommage qu'à Hogwarts on ne puisse pas faire des parcours magiques avec vous comme à Ilvermony ! Les hippogriffes sont pourtant aussi efficaces que des balais, même si c'est différent, continua elle doucement.
-Tu crois que si auntie est d'accord, on pourra se promener avec un de tes amis dans la forêt ? On mettra un sort de désillusion, les Non Majs croiront que t'es un cheval. Ce n'est pas le cas, bien sûr ! ajouta elle devant le regard courroucé de Keno. Mais il n'y a pas que des sorciers ici, on ne peut pas l'oublier.
Quelques secondes plus tard, un hululement se fit entendre. Keno observa dédaigneusement la chouette tachetée perchée sur l'épaule de la fillette tandis que Walker les rejoignait en s'inclinant.
-J'aurais du me douter que je te trouverai ici ! J'ai un message à te transmettre.
-Que dois tu me dire ? Ca ne peut pas attendre, demanda sa cousine sans quitter des yeux l'hippogriffe.
-Pas vraiment puisque ça concerne la rentrée, même si elle n'est que dans trois semaines. On a réfléchi et on pense que le mieux serait de partir le vendredi matin par le train à Londres et de refaire comme quand on est allés sur Diagon's Alley. Comme ça, pas besoin de courir après le temps.
-C'est une solution avisée effectivement, dit sa cousine. Et une bonne occasion de pouvoir acheter des livres ou des vêtements Non Maj et d'aller dans des musées. Même si je ne suis pas spécialement pressée de partir.
-Ne me dis pas que tu as ENCORE des regrets ? demanda son cousin.
-Non. C'est simplement que je tiens à profiter au maximum de ces vacances jusqu'à ce qu'elles se terminent. Tu voudras venir faire une promenade à dos d'hippogriffe après le déjeuner ?
-Oui, pourquoi pas, répondit il attiré par cette suggestion. D'autant plus que la campagne était superbe par ici.
L'air était encore chaud et sec en ce samedi matin qui était l'avant dernier jour de vacances. Après demain, une longue année d'études débuterait. Une année où elle et Walker découvriraient bien plus de choses qu'ils n'en connaissaient même en vivant dans une société sorcière.
Cette fois, Calliope ne s'était pas jointe à l'excitation générale et l'envie de faire plein d'activités touristiques comme sa sœur et son cousin.
Aux yeux de la jeune sorcière, ce jour sonnait à la fois comme le point final d'un chapitre de livre, et la première lettre d'un nouveau chapitre.
Le second qui allait s'écrire, seulement six mois après son emménagement en Angleterre. A présent, elle deviendrait vraiment une sorcière, même si elle étudierait dans une autre école. Elle aurait peut être d'autres amis que ceux qu'elle avait connus, elle serait avec son cousin.
« Que dis tu de tout ça ? N'est ce pas ce que tu as attendu pendant si longtemps, apprendre les sortilèges, les potions ? Et si une fois là bas, tu montrais qui tu es ? Celle qui concède peu de confiance et ne croit qu'en peu de choses, mais qui a foi en l'amitié et ses compétences… »
Oui, il était temps de tourner la page et de se préparer à ce qui l'attendait. Sa tante Madison avait l'air assez contente de lui accorder cette journée shopping rien qu'elle et sa nièce sans personne d'autre.
-Entrez, lança la voix de Calliope, qui ne se leva pas de son lit encore bien fatiguée par toutes ces heures passées dans les magasins, en témoignaient les sacs posés au pied du lit. Mais ça en avait valu la peine.
-On était venus te chercher pour aller dîner, commença Erato en ouvrant la porte. Et peut être que si tu as envie, on ira dans ce qu'ils appellent « Cinéma » voir un dessin animé et…
Erato laissa sa phrase en suspens, stupéfaite devant la nouvelle apparence de sa grande sœur.
Tout du moins comme Walker qui la contempla lui aussi, sans être autant surpris.
C'était bel et bien sa cousine mais elle était différente. Elle avait revêtu des habits de Non Maj neufs : un jean bleu clair et une chemise à manches courtes d'un violet pâle, des baskets également violettes. Ses cheveux qu'elle avait l'habitude porter longs lui tombant un peu en dessous des épaules, étaient à présent coupés en un carré court, sobre et qui contrastait avec son ancien look.
-Tu… Ca te va bien ces vêtements, mais ça ne te fait pas bizarre les cheveux courts ? Non parce que moi, si, même si c'est super joli et…
-Merci, petite sœur, répondit elle. Et non, je ne trouve pas ça bizarre.
-Tu as l'air d'être prête à découvrir Hogwarts. Toi et moi, Calliope, murmura Walker. Bizarre, quand je te vois, je sens que moi aussi j'ai moins d'appréhension. Il sera intéressant de voir comment nous évoluerons ensemble dans cette école. Il lui posa une main sur l'épaule et attendit qu'elle esquisse un mouvement pour sortir et descendre au restaurant.
Tous trois repartirent, pour encore quelques bons moments en famille avant que l'heure du départ ne sonne pour de bon.
A suivre
