Petite précision que je mets ici (je la rajoute aussi à la première page...) cette fic est la première d'une trilogie, donc attendez-vous à une grosse histoire et un abandon quasi complet de la guerre du Nutella... J'ai pas trop le temps de m'en occuper entre les devoirs et cette fic.
Bonne lecture !

- Les sélections sont de plus en plus rudes, nous devons unir nos forces contre notre ennemi.

Ridvan hocha la tête d'un air pensif.

- Tu as raison Aric, mais que proposes-tu ? demanda-t-il au sembrosian.

- Nous devons nous rassembler !

- Non, répondit aussitôt l'Athosien, non… C'est une très mauvaise idée, il leur suffira d'une attaque pour tous nous tuer. C'est beaucoup trop risqué.

- Tu as une meilleure idée ? Nos familles se meurent ! Les enfants ont faim, nous ne restons jamais assez longtemps sur une planète pour obtenir de bonnes récoltes ! Ce ne sont plus les Wraiths qui déciment notre peuple, mais bien notre peur.

- Vous pouvez demander de l'aide aux Terriens pour vos récoltes, ils ont des outils fantastiques.

- Les Terriens… Tes fameux terriens… Ils ne nous connaissent même pas, pourquoi feraient-ils cela ?

- Ils ne nous connaissaient pas non plus lorsque les Wraiths ont attaqué. Mais je t'assure, tu peux leur faire confiance.

Il marqua la fin de sa phrase par un regard appuyé. Il représentait son peuple en l'absence de Teyla, c'était un grand honneur pour cet homme simple mais juste. Le cercle formé par les huit représentants se détendit un peu, à présent la discussion allait vraiment débuter. Ils étaient tous assis, dans la chaleur étouffante d'une tente ronde. A l'extérieur on pouvait entendre le rire des femmes, heureuses de se retrouver, et les galopades infatigables des enfants.

- Il viendra un jour où un des peuples ici présent sera touché, nous devons anticiper, dit un des membres du conseil.

Ridvan acquiesça d'un air grave.

- Vous pourrez compter sur les Athosiens à ce triste moment.

Aric eut un rictus malheureux.

- Peuvent-ils apporter leur aide dès maintenant ? cracha-t-il. Dans notre fuite continuelle mon peuple a vu trop d'horreur.

- C'est notre cas à tous.

- Il y a deux lunes de cela, continua l'homme, nous nous sommes réfugiés sur une planète amie, tout du moins c'est ce que nous croyions.

Ses yeux s'embrumèrent mais il poursuivit.

- La sélection datait d'il y a peu, peut-être deux, trois jours. Tout n'était que cendres sur notre passage, les cadavres de ceux dévorés sur place empestaient. Je me souviendrais toujours de cette odeur, tout comme mon fils, ma femme, et le reste de ma famille. Alors je te le demande une dernière fois Ridvan, es-tu certain qu'Atlantis nous aidera ? Tous autant que nous sommes ? Femmes, enfants et vieillards ?

Ridvan pâlit. Il se souvenait de ce que lui avait dit Teyla deux ans auparavant, lorsque le colonel Sheppard avait hésité à sauver des amis de l'athosienne. Pourtant la foi de la jeune femme n'avait pas failli. Il prit une profonde respiration et répondit :

- Oui.

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Le docteur Weir ouvrit les yeux sur la salle d'embarquement de la Terre. La sirène assourdissante la fit sursauter, elle s'était habituée à celle d'Atlantis. Le général Landry était posté au bas de la rampe, il l'accueillit avec un grand sourire, peut-être un peu forcé.

- Elizabeth ! Je suis content de vous revoir ! Tout se passe bien sur Atlantis ?

La femme s'avança et marmonna une réponse.

- Je pense que toutes les civilités du monde ne vous remonteront pas le moral, remarqua le général. Allons, vous vous en êtes déjà sortie, pourquoi pas une fois de plus ?

- J'ai bien peur que cela s'annonce difficile, répondit-elle tandis qu'ils quittaient la pièce pour le bureau du général, vous n'avez aucune information ?

- Je n'en sais pas plus que vous malheureusement. Mais rassurez-vous, le président est un homme censé, vous n'aurez pas trop de mal à le convaincre de l'absurdité de son idée.

- Il m'a l'air pourtant sûr du bien-fondé de ce qu'il propose, la preuve : je suis ici.

Elle se tut, ruminant de sombres pensées. Tout ceci n'avait pas le moindre sens, lorsque le colonel Caldwell lui avait transmis le message elle avait d'abord cru à une blague… Forcée de constater que le 1er avril ne tombait pas en décembre, elle était donc de retour sur Terre, et c'était bien la première fois que le sol de sa planète lui semblait étranger. Et dire qu'ils ne sont au courant de rien, pensa-t-elle amèrement. Elle regretta soudain de ne pas avoir averti le colonel Sheppard, vu sa réaction à l'arrivée du général Everett elle doutait qu'il prenne bien l'incrustation sauvage d'un nouveau militaire… Et que dire de Carson, Rodney ? Il y allait avoir des tensions, aucun doute là-dessus…
Ils arrivèrent enfin au bureau du général, après ce qui semblait être une déambulation sans fin dans les couloirs du SGC. Le docteur Weir se laissa tomber sur une chaise, complètement effondrée.

- Un peu de café ? Vous savez que ça devient de plus en plus dur d'en avoir ? Je dois presque me battre avec ma fille pour avoir le droit à ma tasse quotidienne !

Sans attendre de réponse il lui colla un mug brûlant et pris place sur son fauteuil. Elizabeth se redressa et tâcha de prendre un air digne de la chef d'expédition qu'elle était.

- Bien, déclara l'homme, nous devons nous attendre à tout, de votre côté vous n'avez pas quelques idées ?

La femme but une gorgée du breuvage noir et prit le temps avant de répondre.

- Des idées j'en ai à revendre, seulement c'est la solution qui me manque.

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Le colonel Sheppard se sentit dévisagé par des dizaines et des dizaines de paires d'yeux. Les visages affichaient la plus grande stupeur, le bonheur aussi. Il leur lança un sourire bienveillant.

- Voilà, je pense que bon nombre d'entre vous seront contents de retrouver leur famille pour les deux mois à venir.

- Un peu mon neveu ! lança un plaisantin du fond de la salle.

- Deux mois entiers ?

- Et on passe par la porte ?

- Pour Noël en plus !

- J'ai des nièces qui vont être contentes !

- Moi j'ai hâte de faire un basket avec mes potes, ils vont être surpris !

- Hé ! On va pouvoir regarder la finale des sports d'hiver !

- Des nouvelles provisions de Nutella !

John leva les mains pour obtenir un semblant de silence.

- On se calme ! Je n'ai pas besoin de savoir ce que vous allez faire pendant ces deux mois, profitez-en pour passer du bon temps avec ceux que vous aimez, c'est le principal.

- Mais il n'y a pas toute la cité, dit une femme à la voix haut perchée, où sont les autres ?

- Ce sont des volontaires, ils restent ici pour veiller à la sécurité d'Atlantis.

Un moment de recueillement collectif suivit la déclaration du militaire. Ils avaient de la chance et ils en étaient conscients. Pouvoir retourner sur Terre, voir sa famille tandis que d'autres restaient sur cet avant-poste, minuscule point dans l'immensité de l'univers…

- Quand est-ce que nous partons ? demanda un jeune homme.

- D'ici quelques heures, le SGC vous fournira des moyens de transport pour rentrer chez vous.

Un murmure d'approbation parcourut l'assemblée.

- Merci pour la surprise colonel !

- Euh… En fait c'est l'idée du docteur Weir.

Les sourires n'en furent que plus visibles. Les chaises raclèrent le sol et tout le monde se dirigea vers ses quartiers. Le militaire attendit que la dernière personne ait quitté la pièce pour s'asseoir. La cité pour lui tout seul, ou presque, pour trois jours. Il allait pouvoir organiser la compétition de surf dont il rêvait tant. Carson avait beau être Ecossais, un fils de l'eau, il le voyait mal sur une planche. Et puis Rodney… Bah, le ridicule ne tue pas, le scientifique serait mort maintes fois dans le cas inverse. Il prit à son tour la direction de sa chambre, avec la ferme intention d'accorder sa guitare. Une fois Atlantis vidée de ses habitants il n'y aura plus personne pour lui dire de jouer ailleurs. D'ailleurs cela faisait parti des rares moments où l'ordre hiérarchique n'était plus respecté puisque même un simple soldat se permettait de l'envoyer promener. Il sourit intérieurement. A lui les partitions de Johnny Cash !

- Colonel ! Colonel !

John se retourna, Carson lui courrait après, les joues en feu.

- Je voulais savoir… C'est vrai ce qu'on raconte ? Il y a des permissions pour les fêtes de fin d'année ? Parce que dans ce cas je pourrais voir ma mè…

- Je suis désolé.

- …re, ça fait quand même un bout de temps que… Pardon ?

- Je suis désolé, répéta Sheppard en toute sincérité, mais le docteur Weir n'a pas prévu votre départ.

Le médecin cligna des paupières, abasourdi par la nouvelle. Il fixa le militaire comme si celui-ci était en train de se moquer de lui.

- La cité sera presque sans défense pendant trois jours, nous avons besoin de vous en cas de problème.

- Il n'y aura pas de problème, répliqua Beckett, si des vaisseaux ruches se dirigeaient par ici nous serions au courant depuis longtemps. De plus toutes les missions sont suspendues pendant ces fameux jours de battement, je ne vois pas comment…

- Un accident est vite arrivé.

- Je le sais colonel, seulement je ne vois pas pourquoi…

- Vous restez ici Carson, c'est tout. Croyez-moi sur parole, ça ne m'enchante pas de vous garder de force mais… Prenez exemple sur McKay ! Il ne se plaint pas !

Le médecin se pinça les lèvres.

- D'accord, McKay n'était peut-être pas le meilleur exemple.

- J'ai compris colonel, répliqua-t-il sèchement, mais je ne serai pas toujours là. Il faudra bien songer à me trouver un remplaçant si un problème survient un jour.

John soupira en regardant son ami s'éloigner : voilà comment se faire plomber le moral en deux minutes chrono.

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Wilho déambulait au milieu de la foule, elle scrutait chaque visage, prenant le temps de les identifier.Certains lui étaient familiers, mais les années avaient estompé les souvenirs précis. Des hommes et des femmes la dévisageaient parfois, il faut dire qu'elle sortait du lot de par sa dégaine et sa solitude évidente. Elle baissa la tête, une habitude dont elle avait du mal à se défaire. Profil bas pour ne pas attirer l'attention, pour passer inaperçue.

Idiote, ils ne vont pas te manger !

Elle s'avança d'un pas résolu vers une jeune fille qui devait avoir son âge.

- Dis, tu ne sais pas où son les Kmahos ?

- Je crois qu'ils se sont installés près du petit ruisseau, un peu plus loin, par-là, répondit-elle en montrant une direction avec son bras.

Wilho la remercia et se dirigea vers l'endroit indiqué. Oui… Maintenant elle reconnaissait les tentes aux formes si étranges. Elle pressa le pas, le cœur battant. Un enfant jouait par terre avec une toupie, il la fixa lorsqu'elle arriva à sa hauteur et se leva, son jouet à la main. Elle n'y fit pas attention et continua son chemin. Le vent charriait une délicieuse odeur de viande rôtie, le festin de ce soir allait être somptueux.

Soudain elle l'aperçut, la silhouette tant désirée. Ses yeux picotaient un peu, l'émotion sans doute. Elle inspira profondément et s'approcha. Sa main hésita puis tapota l'épaule. Un garçon se retourna.

- Je… Euh, je suis désolée, balbutia la jeune fille tandis que le rouge lui montait aux joues, je t'ai pris pour quelqu'un d'autre.

Elle recula et lui tourna le dos. Sa gorge lui faisait mal, elle avait tant espéré. Ne pas pleurer…
Pourtant une première larme roula, suivi la courbe de son nez. Elle sentait le regard de l'autre peser sur sa nuque. Tu n'en étais même pas sûre… Ne sois pas déçue.

Plus facile à dire qu'à faire. Elle s'essuya les yeux d'un revers de main et repartit. D'un geste rageur elle tapa dans un caillou, soulevant un petit nuage de poussière. Au loin, dans le campement central, les gens s'amusaient. Yuann se faisait beaucoup remarquer, criant et gesticulant au milieu de ses nouveaux amis. Elle eut un sourire triste. Lui non plus la vie ne l'avait pas raté, mais le temps passe, calme les blessures les plus profondes. Et que représente celle-là dans tout ce qu'elle a vécu ? Une petite entaille, rien de plus ! Une égratignure que les parents soignent en soufflant dessus et en murmurant des paroles réconfortantes. Sauf que toi tu n'as plus de parents… Et en plus tu…

- Wilho ?

Elle sursauta et fit volte-face. Un garçon de son âge, à la peau basanée, la regardait d'un air ahuri.

- … Mikaïl ? hésita-t-elle.

Le jeune homme acquiesça. Ils restèrent sans bouger quelques secondes puis, dans une exclamation de joie, se tombèrent dans les bras. Il la serra contre lui avec tendresse.

Sa sœur.

Sa sœur de cœur.

TBC...
Plus une petite explication : quand j'ai commencé à écrire cette fic je venais de voir la première partie de l'épisode "The return", sans dévoiler l'intrigue je vais quand même vous dire que McKay a trouvé avec Carter un moyen de faire le voyage Terre/Atlantis en 30min. J'ai gardé l'idée (ce qui explique le retour de Weir sur Terre) mais sans tenir compte de ce qui se passe dans l'épisode. Disons juste qu'ils peuvent se rendre visite à présent.